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La variole s’observe à tous les âges, elle est cependant plus fréquente chez l’adulte que chez l’enfant, ce qui s’explique par la vaccination à laquelle les enfants sont généralement soumis après leur naissance. C’est une affection contagieuse ; tantôt la contagion est directe et transmise par un malade atteint de variole aux personnes qui l’entourent ; tantôt elle est indirecte et se produit souvent loin du foyer d’origine. C’est ainsi que les croûtes, divisées en tines parcelles, peuvent se conserver longtemps dans les vêtements, dans la chambre des malades, ou, grâce à leur légèreté, être entraînées par l’atmosphère à de grandes distances. La variole règne parfois à l’état épidémique; elle frappe en peu de temps tous les individus susceptibles de la contracter, puis finit par disparaître, faute d'aliment. Une première atteinte confère généralement l’immunité.
La variole revêt deux formes principales, différent par leurs symptômes, leur marche et leur terminaison : la forme discrète et la forme confluente. Nous décrirons simultanément ces deux formes sous le nom de variole vraie, puis nous étudierons la variole hémorrhagique.
Variole vraie. — Dans la forme discrète, les pustules sont séparées les unes des autres par des intervalles de peau saine, tandis que dans la forme confluente, l’éruption est si généralisée qu’il n’existe plus trace de peau saine entre les pustules, la première se termine généralement par la guérison, tandis que la seconde aboutit presque toujours à une terminaison funeste.
On décrit dans l’évolution de la variole quatre périodes : 1 invasion, l'éruption, la suppuration et la dessiccation.
1° Invasion. — Cette période est précédée d’une période d’incubation qui dure, en moyenne, une dizaine de jours. Dès le soir du premier jour, le thermomètre s’élève jusqu’à 40 et 41 degrés; les adultes éprouvent un ou plusieurs frissons souvent remplacés chez les enfants par des convulsions. Ils se plaignent de céphalalgie et surtout de douleurs au niveau de la région lombaire ( rachialgie ). On observe fréquemment des nausées, des vomissements et de la constipation. A cette époque se rattache une éruption spéciale, passagère, désignée sous le nom de rash. Le rash apparaît vers le deuxième jour, il ressemble parfois à l’éruption de la rougeole ( rash morbilleux), mais il présente plus souvent l’aspect de la scarlatine et consiste en larges plaques framboisées siégeant surtout au niveau des régions du pli de l’aine [rash scarlatiniforme). Dans la forme confluente, les symptômes du début sont les mêmes. Cette période présente une durée moyenne de trois jours.
2“ Eruption. — L’éruption apparaît généralement vers la fin du troisième jour; à ce moment, les symptômes de la première période disparaissent, la défervescence se fait brusquement et le malade éprouve une sensation de bien-être. L’éruption débute par la face et envahit rapidement le reste du corps; elle présente d’abord l’aspect de petits boutons rouges, légèrement acuminés, se transformant en vésicules puis en pustules qui contiennent un liquide séreux. Les pustules, sauf celles du visage,
présentent une dépression centrale désignée sous le nom d'ombilication ; elles envahissent les muqueuses (bouche, pharynx et larynx), on en trouve même sur la conjonctive. Dans la forme confluente, les symptômes de la première période au lieu de disparaître, augmentent d’intensité: la fièvre persiste et certains malades sont déjà atteints de délire. Le visage est le siège d’une rougeur diffuse, semblable à celle de l’érysipèle; les pustules se confondent et soulèvent l’épiderme.
3° Suppuration. — A la face, le contenu des pustules se transforme en pus, la suppuration ne commence sur le tronc que vingt-quatre heures après. On constate en même temps une élévation de la température qui dépasse quelquefois celle du début, mais cette fièvre qui commence vers le huitième jour, dure généralement peu. Dans la forme confluente, les pustules sont confondues, l’épiderme est soulevé par une nappe de pus qui s’écoule constamment, souille les draps du malade et répand une odeur fétide. On observe une abondante salivation, les mains et les pieds présentent un gonflement considérable, les paupières tuméfiées sont agglutinées par le pus que sécrète la conjonctive, les ulcérations du pharynx déterminent une dysphagie telle, que le malade peut à peine satisfaire la soif qui le tourmente, la laryngite et la bronchite donnent lieu à une dyspnée intense et, le plus souvent, le malade succombe en proie à d'intolérables souffrances. Dans les cas favorables, la fièvre de suppuration cesse du douzième au quinzième jour.
4° Dessiccation. — Dans la forme discrète, les pustules desséchées se recouvrent de croûtes qui durcissent peu à peu et laissent en tombant des cicatrices blanchâtres, déprimées, souvent indélébiles. Dans la forme confluente, les croûtes se présentent sous l’aspect de larges écailles et donnent lieu à de vastes cicatrices qui déforment le visage.
Dès que la fièvre a disparu, l’appétit revient, les forces renaissent et l’état général s’améliore rapidement.
Variole hémorrhagique. — Cette forme est caractérisée par des hémorrhagies multiples qui apparaissent tantôt avant l’éruption, tantôt pendant la période éruptive. Elle s’annonce par des symptômes plus accusés que ceux de la variole vraie, le malade présente de l’agitation et une dyspnée intense, puis on voit apparaître de larges ecchymoses sur le visage, sur le cou, aux plis de l'aine, sur la conjonctive, etc. Le malade a des saignements de nez, crache du sang et rend des urines sanguinolentes, et la mort survient généralement vers le quatrième ou le cinquième jour. La variole hémorrhagique désignée quelquefois sous le nom de variole noire, s’observe surtout dans certaines épidémies.
Parmi les complications les plus fréquentes, nous signalerons le délire et la dyspnée qui se manifestent parfois dès le début avec une intensité très grande, la laryngite résultant des lésions du larynx, certaines phlegmasies (péricardite, endocardite, néphrite, adénite, orchite, phlegmons, etc.). Les pustules de la cornée peuvent donner lieu à des ulcères qui, dans certains cas, entraînent une cécité com-