‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 324 sur 344 · Y EH · texte numérisé non relu

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mince, ne recouvrant que les deux premières portions; elle est remplacée sur le gland par une membrane muqueuse; 2° par une cloison verticale qui sépare le bulbe en deux moitiés; 3° par une trame aréolaire, analogue à celle des corps caverneux, et dont les cavités sont tapissées par les parois des capillaires.

Vaisseaux et nerfs. — Les artères de la verge sont fournies par l’artère honteuse interne; ce sont : l’artère bulbeuse, l’artère caverneuse et l'artère dorsale de la verge , qui se divisent en un grand nombre de branches, se subdivisant elles-mêmes en une multitude de ramifications Les veines forment deux plans, un superficiel ou sous-cutané, l’autre profond; le premier aboutit à la veine dorsale superficielle qui se jette dans la veine saphène interne; le second aboutit à la veine dorsale profonde qui se jette dans le plexus de Sanlorini. Les vaisseaux lymphatiques, très nombreux, suivent le trajet des veines superficielles et se rendent dans les ganglions du pli de l’aine. Enfin, les nerfs proviennent du nerf honteux interne et accompagnent les vaisseaux.

Maladies de la verge. — Adhérence du prépuce.

Les adhérences du prépuce au gland succèdent généralement à des balanites répétées, à des ulcérations chancreuses ou au phimosis. Quelquefois, surtout chez les enfants, elles sont assez lâches pour être facilement rompues en passant un stylet entre le gland et le prépuce, dans d’autres cas, elles sont très résistantes et doivent être détruites avec le bistouri.

Phimosis. — (V. ce mot.)

Paraphimosis. — (V. ce mot.)

Plaies de la verge. — Elles sont superficielles ou profondes. Les premières n’intéressent que l’enveloppe cutanée de la verge, et ne présentent que peu de gravité; on réunira leurs bords à l’aide de bandelettes de diachylon ou de serres-fines.

Les plaies profondes sont celles qui intéressent les corps caverneux ; nous les diviserons en plaies par instruments piquants, par instruments tranchants, par armes à feu et par arrachement.

Les plaies par instruments piquants sont très rares; elles sont généralement produites par un coup d’épée ou un coup de baïonnette. Elles s’accompagnent d’ordinaire d’une douleur très vive, et sont immédiatement suivies d’une hémorrhagie parfois très abondante. Elles sont en général peu graves et guérissent rapidement sous l’influence d’applications locales résolutives et d’une légère compression.

Les plaies par instruments tranchants sont celles qu’on observe le plus fréquemment. Elles peuvent être accidentelles, mais elles sont le plus souvent volontaires; dans ce cas, ce sont généralement des aliénés qui se mutilent eux-mêmes, dans le but de se mortifier ou dans l’intention de se donner la mort. Demarquay rapporte l’histoire d’un homme qui, dans un accès de délire alcoolique, se trancha, d'un coup de rasoir, la verge et les testicules. Enfin, dans un certain nombre de cas, ce sont des femmes qui, poussées par une violente jalousie, ont sectionné à l’aide d’un instrument tranchant, la verge d’hommes dont elles voulaient se venger. Ces

plaies provoquent une hémorrhagie généralement très abondante, surtout si elles ont été produiles pendant l’état d’érection delà verge. Elles donnent quelquefois lieu à une cicatrisation vicieuse qui entraîne une déviation des corps caverneux et peut mettre obstacle au coït.

lant que la verge n’est pas complètement séparée, on doit commencer par introduire une sonde à demeure, afin de rétablir le cours normal de 1 urine, puis on cherchera à obtenir une réunion immédiate à l’aide de points de suture.

Les plaies par armes à teu ne s’observent guère qu’en temps de guerre, aussi nous n’insisterons pas. Au point de vue des lésions, elles sont très variées. L’hémorrhagie est généralement peu abondante, mais on observe presque toujours de la rétention d’urine, même quand l’urèthre n’est pas intéressé. Ces plaies sont très souvent compliquées de la blessure d’un organe voisin (testicule, vessie, rectum, etc.).

Les plaies par arrachement sont caractérisées par leur grande étendue en surface et par leur peu de profondeur. Elles sont habituellement produites par des accidents de machines. Les morsures d’animaux déterminent les mêmes lésions. Elles s’accompagnent d’hémorrhagie peu abondante. Le rôle du chirurgien se borne le plus souvent à surveiller la réparation des tissus et à éviter, autant que possible, la formation de cicatrices vicieuses.

Contusions de la verge. — Elles reconnaissent un grand nombre de causes qui sont celles des contusions en général; cependant on trouve dans les auteurs un certain nombre de cas de contusions dont la cause mérite d’être rappelée. Voillemier cite l’histoire d’un individu en chemise qui, voulant fermer un tiroir de sa commode, se pencha si maladroitement au-dessus de celui-ci, que sa verge fut prise dans le tiroir et fortement contusionnée. Dupuytren rapporte l'histoire d’un homme qui, en état d’ivresse, voulut uriner par une fenê're disposée en guillotine. 11 la soulève et se penche en avant, mais il lâche bientôt prise, et la fenêtre se rabattant brusquement, lui trancha net la moitié de la verge. Quelle que soit la cause, la contusion s’accompagne d’une vive douleur et d’une hémorrhagie qui s’étend sous l’enveloppe cutanée de la verge et forme une ecchymose plus ou moins étendue. Dans certains cas, la violence de la contusion déchire les aréoles du tissu caverneux; il se produit alors un épanchement sanguin sous forme d’une tumeur molle, fluctuante, augmentant de volume à chaque érection ; s’il existe en même temps une rupture de l’urèthre, on observe une uréthrorharrgie abondante.

Lorsque la contusion est peu intense, le repos et quelques applications résolutives suffisent à produire une guérison rapide. Dans les cas d'épanchement sanguin abondant et circonscrit, il faut surtout se garder d’inciser la tumeur, sous peine de provoquer une hémorrhagie qui peut être mortelle. On se bornera à l’application de topiques résolutifs, et on exercera une compression méthodique.

Rupture de la verge. — Cet accident est rare, il ne peut se produire que pendant l’érection. Les

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causes déterminantes de cette lésion sont très variables : Parker rapporte l’histoire d’un jeune homme qui, dans la première nuit de ses noces, voulant pratiquer le coït, se livra à un effort tellement énergique, qu’il se rompit la verge. Fontan cite le cas d’un homme qui, cherchant à ployer sa verge en état d’érection, se rompit les corps caverneux. Huguier rapporte l’histoire d'un homme qui, dans un rapport sexuel avec sa femme, la plaça au-dessus de lui ; celle-ci, par suite d’un faux mouvement, vint presser de tout son poids sur la verge qui fut brusquement rompue.

Quelle que soit sa cause, la rupture du pénis s’accompagne d’un bruit sec suivi d’une douleur, parfois très intense, et l'érection cesse aussitôt. Il se produit un épanchement sanguin quelquefois très abondant qui détermine un gonflement considérable de la verge. L’ecchymose et le gonflement disparaissent peu à peu et l’affection se termine le plus souvent par la guérison , cependant elle laisse généralement à sa suite, quelques troubles fonctionnels plus ou moins accusés.

Le traitement consiste à garder le repos absolu et à maintenir la verge relevée sur le ventre et entourée de compresses résolutives ou de sachets remplis de glace.

Etranglement de la verge. — On trouve dans les auteurs un certain nombre de cas d’étranglements de la ver^e par des corps étrangers; cet accident est assez fréquent chez les enfants qui, dans la crainte de pisser au lit, se lient la verge avec une corde ou un ruban. Mais, dans le plus grand nombre des cas, ce sont des adultes qui, par libertinage et cédant au désir d’éveiller des sensations voluptueuses , s’introduisent la verge dans des corps creux, comme une bague en or (G i i Ilot) ; un anneau de fer ovale (Gauthier); une bobèche de chandelier en fer (Dupuytren); une douille de baïonnette (Larrey); un goulot de bouteille (Gu i I lot) ; une douille de robinet de bain (Chassaignac) , etc. Quel que soit l'agent constricteur, la verge ne tarde pas k se gonfler d'abord au-dessous, puis au-dessus du lien. On observe de la rétention d’urine, il se forme bientôt une ulcération au niveau du corps étranger, et si l’on n’intervient pas rapidement, il se produit souvent de la gangrène de la verge.

Quand la tuméfaction de la verge n’est pas trop considérable, on pourra extraire le corps étranger en faisant diminuer le volume du pénis par des applications glacées. Le plus souvent on est obligé de sectionner l’anneau constricteur avec des pinces, des limes, ou à l’aide de moyens appropriés à sa nature.

Posthite, balanite, balano-posthite. — (V. Ba-

lano- pont hile.)

Inflammation de la verge ou pénitis. — On donne le nom de pénitis à l'inflammation de la verge. Cette affection peut être due à un coït immodéié ou à un excès de masturbation; mais le plus souvent elle succédé à d’autres affections (inflammation des corps spongieux, des corps caverneux, blennorrhagie, tievre typhoïde, etc.). La verge est tuméfiée et douloureuse a la pression, la peau qui la recouvre est le siège d’une rougeur uniforme. Un observe généralement une certaine difficulté à

uriner, quelquefois même de la rétention d’urine. Le pénitis se termine le plus souvent par la résolution. Demarquav conseille les cataplasmes émollients, les fomentations elles bains.

Gangrène de la verge. — Elle survient sous l’influence de causes locales et générales ; parmi les causes locales, nous signalerons les lésions traumatiques, le phimosis, le chancre mou, la balanoposthite, les corps étrangers de l’urèthre, etc Les causes générales qu’on rencontre habituellement sont: la fièvre typhoïde, la variole, la fièvre intermittente, le diabète, l’alcoolisme, etc. Cabrol rapporte l’histoire d’un homme qui, après avoir absorbé deux drachmes de cantharides, fut pris d’un tel priapisme, qu’il chevaucha sa femme quarante fois en une nuit; le lendemain on le trouva mort, la verge gangrenée. Fournier décrit sous le nom gangrène de la verge, une sorte de gangrène qui atteint, sans cause apparente, les sujets jeunes et vigoureux; elle évolue avec une grande rapidité en l’espace de 24 ou 3G heures, et se termine souvent par la mort.

Le traitement consiste à pratiquer dès le début, des incisions multiples et. profondes, à entourer la verge décompresses imbibées de solutionsantiseptiques, et à administrer des toniques et des stimulants.

Induration des corps caverneux. — Cette affection se renconlre surtout chez les vieillards, et elle débute entre cinquante et soixante ans. On l’observe généralement chez les arthritiques et chez les diabétiques. Elle apparaît sous forme d’une plaque indurée, peu saillante et à contours nettement délimités. Elle se présenie quelquefois sous l’aspect d’un noyau plus ou moins volumineux. Elle peut occuper toute l’étendue des corps caverneux ou siéger en un point seulement. Si l'induration n’occupe qu’un des côtés de la verge, cet organe subit, pendant l’érection une déviation latérale; lorsqu’elle a envahi presque toute l’étendue des corps caverneux, l’extrémité antérieure de la verge ne se gonfle plus pendant l’érection, elle reste flaccide et, selon l’expression piitoresque de Ricord, forme fléau. L’éjaculation est troublée ; dans un grand nombre de cas, le sperme sort en bavant. Lorsque celte affection survient chez des sujets âgés, comme c’est d’ailleurs la règle, elle ne constitue qu’une légère infirmité, mais chez les individus encore jeunes où elle est un obstacle insurmontable à l’accomplissement du coït, elle constitue une infirmité que les malades supportent avec peine, qui les jette souvent dans un profond marasme et va même jusqu’à leur inspirer des idées de suicide. On a conseillé des applications d’onguent mercuriel et l'iodure de potassium à l’intérieur, l’emploi des courants électriques, etc.; j’ai, grâce à l’iodure de potassium combiné avec des applications d’emplâtres de Vigo et l’usage de courants électriques, obtenu de très sérieuses diminutions dans le volume de ces noyaux indurés chez deux malades — les seuls que j’ai observés, — mais tous les moyens thérapeutiques employés jusqu’ici, sont impuissants à guérir complètement celte affection. Eléphantiasis de la verge. — (V. ce mot.) Végétations. — (V. ce mot.)

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Cancer de la verge. — Le cancer de la verge est rare. Il débute tantôt par le prépuce, tantôt par le gland. On ne connaît pas sa cause, mais l'expérience a démontré qu’il survenait souvent à la suite du phimosis. Celte affection i e se rencontre que chez les adultes et surtout chez les vieillards; on l’observe rarement chez les sujets âgés de moins de quarante ans. Le cancer est, au début, difficile à reconnaître: il apparaît, tantôt sous la forme d'une petite fissure, sans caractères particuliers, mais ne présentant aucune tendance à la cicatrisation; tantôt sous la forme d’une petite excroissance d’abord indolente et ne produisant que peu de gêne dans le coït, mais qui s’étale peu à peu, finit par s’ulcérer et s’accompagne bientôt d’écoulements douloureux. Quel que soit le mode de début, le cancer présente une marche extensive, il envahit le prépuce, puis le gland, et les ganglions de l’aine ne tardent pas à s’engorger. Les corps caverneux, grâce à leur enveloppe fibreuse, résistent assez longtemps à la marche envahissante du cancer, mais ils finissent par s’ulcérer à leur tour. Le cancer détermine une sorte d’induration des tissus voisins qui, dans certains cas, comprime l’uièthre et gène la miction. Lorsqu'il est parvenu au terme de son évolution, il se présente sous forme d’une excroissance fongueuse ou d’une ulcération qui est le siégé d’un suintement sanieux plus ou moins abondant.

Dès qu’on aura reconnu la présence d'un cancer, on devra pratiquer l’ablation des parties malades; dès le début, cette ablation peut se faire sans entraîner une mutilation trop étendue, mais si l’on n’intervient pas rapidement, on sera bientôt obligé de pratiquer l'amputation de la verge.

Dr Paul Labarthe.

VERMICELLE. - (V. Pâtes alimentaires.)

VERMICULAIRE. — En physiologie on donne le

nom de mouvements vermiculaires tiques aux contractions alternantes et successives des fibres circulaires et longitudinales des parois musculaires du tube intestinal, qui se font du haut en bas et se propagent d'un bout à l’autre de ce tube, c’est-à-dire de l’estomac vers lanus, de manière à chasser le bol alimentaire et à le faire progresser en imitant les mouvements d’un ver. p. l.

VERMIFUGE. — Nom donné à certains médicaments destinés à provoquer l'expulsion des vers intestinaux. Les principaux vermifuges sont : le semen-contra, la santonine , le kousso , Y écorce de grenadier , la fougère mâle , etc.

(V. ces mots). p. l.

ou péristul-

administre en boisson, en pulvérisations et inhalations, en bains et en douches, dans les affections chroniques des voies respiratoires, les rhumatismes et les maladies de nature herpétique, p. l.

VÉROLE. — On donne le nom de vérole ou grosse vérole à la syphilis (V. Syphilis ), celui de petite vérole à la variole (V. Variole), et celui de petite vérole volante à la varicelle (V. Varicelle), p. l.

VÉRONIQUE OFFICINALE. — Cette petite plante, de la famille des Scrofulariacées, d’un vert sombre, à fleurs violettes en épis axillaires, si commune dans nos bois et que tout le monde connaît, a été jadis très vantée comme anticatarrhale, vulnéraire et diurétique, mais ses propriétés sont problématiques, et son usage est aujourd’hui complètement abandonné. p l.

VERRES DE LUNETTES. — Les verres de lunettes, adaptés à des montures de différentes (ormes, constituent les lunettes, lorgnons, pince-nez, face-àmain, monocles, montures plus ou moins élégantes et plus ou moins commodes, mais dont l'importance est en somme secondaire au point de vue des secours que les verres peuvent apporter à la vision (V. Lunettes). Nous nous occuperons donc ici uniquement des verres en eux-mêmes.

Quelles sont les diverses formes des verres? — Les verres peuvent être incolores ou colorés; dans ce dernier cas, ils constituent les conserves. Incolores et pourvus d’une courbure déterminée, ils sont désignés sous le nom générique de lentilles , à cause de la ressemblance de forme qu’affecte la lentille biconvexe, l’une des plus employées, avec le légume de ce nom.

Les lentilles sont toutes soit convergentes, soit divergentes. Parmi les premières sont : la lentille biconvexe ([ig. 1242) dont les deux faces appartiennent à des sphères de même courbure, c’est à-dire dont

Fig. 1-24-.'.

Lentille biconvexe (Secretan).

Fig. 1243.

Lentille biconcave (Secretan).

VERNET (EAUX minérales du). — Le Vernet est un petit village des Pyrénées-Orientales, situé à 8 kilomètres de Prades, aux pieds du Canigou, qui possède des eaux minérales sulfureuses faibles, qu’on

les deux rayons de courbure sont égaux; la lentille plan convexe, dont une face seulement est convexe, l’autre étant plane; la lentille convexe concave, convexe sur une face, concave sur l’autre, mais telle, que le rayon de la face convexe est plus court que celui de la face concave.

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Toutes les lentilles convergentes offrent ce caractère commun que le verre est plus épais dans sa partie centrale que sur les bords. Ces lentilles sont dites 'positives et sont représentées par le signe +.

Les lentilles divergentes au contraire, ou négatives, représentées parle signe — , sont toutes moins épaisses au centre que sur les bords. Le type en est la lentille biconcave ( fi g . 1243), très employée chez les myopes.

Wollaston a proposé l’emploi des verres périscopiques convexes, lentilles convexes concaves [fig. 1244)

et des verres périscopiques concaves (lentilles concaves convexes) {fig. 1245). Ces verres offrent l’avantage de moins altérer les images lorsqu’on regarde obliquement, mais c’est leur seul avantage ; ils n'améliorent en rien la vision de face, la vision habituelle; d’autre part, ils sont plus lourds que les verres ordinaires et leur face concave, qui doit toujours être placée du côté de l’œil, offre l’inconvénient de réfléchir une certaine quantité de lumière, plus ou moins gênante pour la vue.

En outre des verres convexes et des verres concaves, on emploie, de plus en plus, des verres cylindriques destinés à remédier à un vice de réfraction très commun et qu’on appelle l’astigmatisme. Lorsque l’œil est conformé de telle sorte que sa partie antérieure ait la forme d’une portion de sphère, les verres sphériques, convexes ou concaves, permettent d’obtenir une perception nette des objets ; mais très souvent, et c’est en particulier le cas chez presque tous les myopes, la forme du segment antérieur de l’œil n’est pas celle d’une portion de sphère, la courbure de haut en bas par exemple est plus forte que la courbure transversale, le méridien vertical est plus convexe que le méridien transversal. Dans ce cas on ajoute au méridien le moins convexe, le moins réfringent, un cylindre choisi de telle sorte que la somme de la réfraction ainsi obtenue soit égale à la réfraction donnée par le méridien le plus réfringent. L’axe de ce cylindre offre une direction variable que les oculistes arrivent facilement à déterminer.

On désignait autrefois, et beaucoup d’opticiens désignent encore aujourd’hui, les verres sphériques par des numéros qui indiquent en pouces la longueur

du rayon de la sphère sur laquelle ces verres ont été taillés. Ainsi un verre convexe n° 12 indique que la sphère à laquelle appartiendrait ce verre aurait 12 pouces de rayon. Cette notation, outre qu’elle est surannée, puisqu’on a complètement abandonné aujourd’hui les pieds, les pouces et les lignes pour le système métrique, offrait de graves inconvénients. D’abord le pouce n’est pas le même partout : le pouce français diffère du pouce anglais, du pouce de Bruxelles, du pouce de Berlin. En second lieu, en prenant comme unité la lentille de 1 pouce, les autres, ayant une réfraction de moins en moins considérable, devaient être représentées par 1/2, 1/6 1/13, etc. Pour avoir la valeur totale de deux lentilles superposées, il fallait ajouter deux fractions, opération qu’il n’est pas toujours facile de faire de mémoire.

Aussi, sur la proposition de M.

le professeur Monoyer, de Nancy, les oculistes de tous les pays ont abandonné les pouces pour le système métrique et ont choisi comme unité la lentille ayant 1 mètre du foyer. M. Monoyer adonné à cette lentille le nom de dioptrie. Une lentille n’ayant que 50 centimètres de foyer aura une force de réfraction deux fois plus considérable, elle vaudra deux dioptries. De même les lentilles ayant 25 centimètres, 20 centimètres de foyer, vaudront 4, 5 dioptries. Une lentille de 2 dioptries et une lentille de 3 dioptries superposées vaudront une lentille de 5 dioptries. La notation est donc commode et la même pour tous les pays.

Il est d’ailleurs facile de passer d’un système à l’autre au moyen d’un calcul très simple. Il suffit pour cela de rappeler qu’un mètre vaut environ 37 pouces. Une lentille de 37 pouces, ou mieux 36 pouces pour reprendre les chiffres habituels de l’ancienne notation, vaut donc 1 dioptrie, 1 D; une lentille de 18 pouces, soit d’un rayon moitié moindre, vaudra deux fois plus, soit 2 dioptries; unelen-

Fig. 1246.

Lentille plan cylindrique (Secretan).

tille de 12 pouces ou d’un tiers de mètre du foyer vaudra 3 dioptries; d’une façon générale il suffira de diviser 37 ou 36 par le numéro en pouces pour

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avoir le numéro en dioptries. Inversement, on divisera 37 ou 36 par le numéro en dioptries pour avoir le numéro en pouces.

Les verres cylindriques peuvent être plans d’un côté et cylindriques de l’autre : ce sont les verres plans-cylindriques ( fig . 1246); ils peuvent être convexes d’un côté et cylindrique de l’autre (convexescylindriques) {fig. 1247); de même ils peuvent être concaves d’un côté et cylindriques de l’autre (concaves-cylindriques) [fig. 1248). On emploiecesverres

dans les cas d’astigmatisme compliqué. Dans ces verres on détermine en dioptries la courbure de la face sphérique, concave ou convexe, et on désigne par un degré : 90°, 100°, 110°, la direction que l'on donne à l’axe du cylindre.

On fait également des verres coniques dans les cas ou la cornée elle-même affecte cette forme, mais ils sont bien peu répandus.

Les verres prismatiques [fig. 1249) employés dans les cas où il faut remédier à l’insuffisance de l’un

des muscles moteurs de l’œil, sont des prismes limités par des faces planes inclinées l’une sur l’autre. On les désigne d’après l’angle que ces faces forment entre elles. Ainsi on dit un prisme de 2°, de 5°.

Les verres colorés ou conserves, destinés à atténuer l’intensité de la lumière et à diminuer la fatigue de la vue, sont le plus souvent de couleur fumée, et ce sont les meilleurs Ces verres sont à base d’oxyde de fer, de cuivre et de cobalt. Souvent on emploie des verres bleus faits avec du bioxyde de cuivre ou de l’oxyde de cobalt. Dans des cas plus rares et déterminés par une susceptibilité particulière des individus, on emploie les verres violets , à base de peroxyde de manganèse et de nitrate dépotasse; les verres verts, obtenus avec l’oxyde de chrome, le vert d’antimoine mêlé à

l’oxyde de cobalt, le bioxyde de cuivre mêlé à l’oxyde d’uranium; les verres jaunes, à base d’oxyde d’urane ou de chlorure d’argent; les verres jaune orangé, à base d’oxyde d’argent; les verres rouges à base de protoxyde de cuivre.

Les conserves ont une forme plane ou la forme de coquilles qui protège mieux l’œil contre la lumière.

Avec quelle matière sont faits les verres? —

Les verres, en général, sont faits avec des verres de vitre, du flint-glass, du crown-glass ou du cristal de roche.

Le verre simple, verre de vitre, silicate double d’aluminium et de chaux, sert pour les lunettes bon marché. 11 se raye très facilement et n’a que peu de valeur.

Le flint-glass , silicate de potasse et de plomb, est dur et se raye difficilement, mais il décompose beaucoup la lumière.

Le crown-glass, silicate de potasse et de chaux, plus dur et plus léger que le flint-glass, est le meilleur de tous les verres. Le cristal de roche, en effet, qui est si recherché, a cet inconvénient qu’il est doué de la propriété de la double réfraction, et qu’en regardant de côté, quand le verre n’est pas très bien taillé, on peut voir les objets doubles.

Si le choix de la matière qui constitue le verre n’est pas indifférent, surtout nous ne saurions trop insister en terminant sur la nécessité de ne pas s’en rapporter, quand on veut porter des verres, à de simples marchands de lunettes qui peuvent manquer absolument de compétence pour déterminer le numéro des verres convexes, concaves ou cylindriques appropriés à la vue. Les verres bien choisis apportent toujours un soulagement notable, empêchent la progression de la myopie, etc.; mal choisis, ils peuvent être la cause d’accidents d’autant plus redoutables qu’ils viennent sournoisement et sans que les malades en aient généralement conscience. Dr a. Chevali-ereau,

Chirurgien oculiste du chemin de fer de Lyon.

VERRIERS (ouvriers). — Hygiène professionnelle.

— Les ouvriers employés dans les verreries et les cristalleries sont exposés à un certain nombre d’accidents et de maladies, variables suivant les diverses branches de ces industries auxquelles ils sont plus particulièrement attachés.

Les ouvriers qui broient et blutent les matières premières (sable fin ou quartz, carbonate de sodium ou de potassium, carbonate de calcium, chaux, minium ou oxyde rouge de plomb); ceux qui pulvérisent et tamisent l’émeri qui sert au polissage des glaces; ceux qui savonnent et polissent les glaces; ceux qui taillent les verres et cristaux; tous ces ouvriers sont continuellement exposés à l’absorption des poussières siliceuses et minérales et

Fig. 1249.

Verre prismatique (Secretaïq.

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à toutes les conséquences de cette absorption sur l’appareil respiratoire (catarrhe bronchique, phthisie professionnelle). La pénétration de ces poussières dans l’œil détermine en ou're des blépharites, des conjonctivites et des rétinites. De plus, l’absorption de la poussière de minium ou oxyde rouge de plomb, expose les ouvriers aux accidents saturnins (dyspepsie, gastro-entéralgie, colique de plomb, etc.) (V. Plomb). Enfin, le mélange de l’acide arsénieux en poudre à la composition, pour faciliter la fonte du verre et son affinage, détermine des accidents cutanés (vésico-pustules, exulcérations aux mains, au cou, au front) (V Arsenic).

Les ouvriers spécialement attachés à la taille du cristal, outre qu'ils sont exposés aux accidents que nous venons d’énumérer, sont, de plus, souvent atteints d’une gingivite parliculière, avec dégagement d’une odeur nauséabonde, salivation abondante, altération de l’émail des dents qui sont envahies par la carie, tombent en morceaux, et ne laissent qu’un chicot.

Le soufflage du verre, qui consiste à souffler de toute la force de ses poumons, très rapidement et sans intervalle, dans de longs tubes de fer en forme de queue de billard, en même temps qu’on imprime à ces tubes un mouvement de rotation rapide, expose les ouvriers chargés de cette partie de la fabrication du verre, à une irritation chronique des lèvres, s’accompagnant de gonflement et parfois de fissures, à la congestion et à l’emphysème du poumon et à des affections organiques du cœur consécutives aux troubles respiratoires. « Ceux qui soufflent dans les tubes, dit encore Pâtissier, ont ordinairement, à la suite d’un travail assidu, les joues pendantes et plissées ». De plus, comme ces ouvriers employés au soufflage du verre, sont par équipes de trois, se passant successivement le même tube pour y souffler, cette manœuvre, si l’un des ouvriers est atteint d’accidents syphilitiques primitifs ou secondaires de la cavité’buccale, devient une cause de transmission de la syphilis.

Les ouvriers employés aux fours, à la fonte, à l’affinage, à l’écrémage des matières, au soufflage du verre, ceux qui coulent les glaces, sont exposés à un feu ardent, avec rayonnement de chaleur qui détermine des sueurs abondantes et continues. Ils ont donc à subir les conséquences de cette tempé rature élevée, ils ont des inflammations des yeux, ils perdent l’appétit, maigrissent, s’affaiblissent, sont dans un état comme fébrile presque continu, attrapent souvent des refroidissements, des pneumonies et des rhumatismes, conséquences de ces refroidissements.

L’hygiène professionnelle des ouvriers verriers doit être d’abord préservatrice. Ceux qui sont exposés à l’absorption des poussières siliceuses et minérales, pendant toute la durée de leur travail, du respirateur Leffrey, masque en toile métallique à mailles très serrées, qu’ils pourront encore recouvrir d’une légère gaze. Cet appareil les mettra à l’abri de l’absorption des poussières nocives. Ceux qui travaillent aux meules, aux polissoirs et qui taillent le cristal, pratiqueront le mouillage fréquent des meules. Ceux qui font le soufflage du verre, auront soin de placer entre le tube en fer à

souffler et leur bouche l’embout proposé par Chassagny, de Lyon, et les chefs d’atelier soumeltront fréquemment à l’examen médical les ouvriers, de façon à n’en admettre aucun qui présenterait des accidents syphilitiques Enfin, ceux qui sont employés au travail des fours, porteront des vêtements légers et bien exactement fermés; l’usage d’une large ceinture de flanelle leur sera conseillé; enfin et surtout, ils éviteront de s’exposer aux courants d’air, le corps étant en transpiralion.

Tous auront soin : 1° de se débarrasser des vêtemenls de travail et de les laisser à l’aielier, lorsqu’ils iront prendre leurs repas et à la fin de la journée de travail; 2° de se laver la figure et les mains avec de l’eau alcaline, avant les repas et à la fin de la journée; 3° de ne jamais prendre leurs repas dans l’atelier; 4° de se nourrir le mieux possible. d’éviter les écarts de régime et Es excès de toute sorte. Enfin, si, faute de précautions suffisantes, des accidents arsénicaux ou saturnins se manifestent, on aura immédiatement recours aux moyens curatifs employés en pareil cas et qui ont été exposés dans ce dictionnaire à la partie des articles arsenic et plomb , consacrée aux empoisonnements par ces substances (V. Arsenic, Plomb).

Dr Paul Labarthe.

VERRUE. — On désigne sous le nom de verrues ou de poireaux, de petites excroissances charnues qui se développent à la surface de la peau, chez certaines personnes, et sont constituées par une hypertrophie des papilles de la peau. Elles forment de petites tumeurs arrondies, grisâtres, plus ou moins pédiculées et à surface grenue. Les verrues se développent sans cause connue, elles siègent de préférence sur le dos des mains, sur le cou et sur la face; elles sont rarement solitaires, on en trouve souvent un grand nombre chez la même personne. Elles disparaissent quelquefois spontanément, mais le plus souvent, elles persistent et constituent par leur nombre ou par leur volume une légère difformité.

On les guérit facilement par l’excision ou parla cautérisation avec le nitrate d’argent, l’acide acétique ou le nitrate acide de mercure. Ces cautérisations doivent être répétées quotidiennement pendant deux ou trois jours. Outre la douleur parfois très vive et prolongée qu’elles occasionnent, ces cautérisations ont l’inconvénient de laisser après elles des cicatrices. J’ai eu l’idée, i.l y a plusieurs années, de traiter les verrues par des applications d’une préparation à base d’acide salicylique, appelée l 'ami-cors Guyot (V. ce mot) et j’en ai toujours obtenu d’excellents résultats. Après quelques badigeonnages qui ne sont jamais accompagnés ni de douleur, ni de changement de couleur à la peau, ni de cicatrices, les verrues se détachent et tombent pour ainsi dire toutes seules. Dr Paul Labarthe.

VERS. — (V. Entozoaires.)

VERSION. — On donne ce nom à une opération obstétricale qui a pour but de ramener au détroit supérieur une autre partie du fœtus que celle qui se présente spontanément.

YER

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I,a version s’opère de deux manières, soit par manœuvres internes, soit par manœuvres ex

ternes.

I.a première est mise en usage pour ramener au détroit supérieur la tête du fœtus quand ce dernier présente l’épaule ou le siège. On l'appelle encore version céphalique. Four l'exécuter, il suffit d’appli-

quer les deux mains sur le ventre de la femme et, par des pressi ns graduelles, on fait descendre la tète fœtale avec une main pendant que l’autre repousse le siège vers la partie supérieure de l’utérus. Four exécuter celle opération, il est nécessaire que le fœtus soit mobile dans l'utérus; aussi ne se faitelle généralement qu’avant la rupture de la poche

des eaux.

Le mode de version de beaucoup le plus employé e-t celui qui consiste à introduire la main dans l’utérus et à aller chercher les pieds de l’enfant, de là le nom de version podaliçMequ’onluidonne généralement.

Cette version s’opère d’autant plus facilement que les membranes ne sont pas rompues, mais on peut encore la faire quand les eaux sont déjà écoulées, à condition toutefois que la partie qui se présente (tète ou épaule) ne soit pas encore engagée dans le détroit supérieur et que l’utérus ne soit pas tellement contracté sur

Manière de tirer les pi ds de façon à faire pelotonner l'enfant sur son plan antérieur.

Fig. 1251. — Version.

Manière de tirer les pieds de façon à faire pelotonner 1 enfant sur son plan antérieur.

l’enfant, qu’il empêche le cheminement de la main jusqu’aux pieds du fœtus.

Four pratiquer cette version, la femme est placée sur le bord du lit, les jambes écartées et rnain-

UlCTIONN URB POPULAIRE DE MÉDECINS USUELLE.

tenues par un aide. On divise cette opération en» plusieurs temps :

1er temps. Introduction de la main et recherche des pieds. — La main, préalablement graissée, disposée en cône, franchit la vulve et l’orifice utérin, déchire les membranes si elles sont encore intactes et passe en arrière du fœtus ou sur le côté pour aller chercher les pieds (fig. 1250); pendant ce temps, la matrice doit être fixée à l’extérieur par un aide qui applique ses deux mains sur le fond de l’organe.

2e temps : Pris» des pieds et pelotonnement du fœtus. — Quand la main a reconnu dans le fond de la matrice un des pieds de l'enfant, grâce aux malléole-», il faut le saisir, sans chercher à prendre l’autre pied.

Ou ramene tout doucement avec soi ce pied, et sitôt qu’il est entraîné hors de la vulve, on s’empresse de le fixer avec un lacs. Les tractions que l’on opère sur ce pied ont pour but d’amener peu à peu l’extrémité pelvienne au détroit supérieur et d’engager cette partie dans l’excavation. Ces deux temps doivent s'opérer dans l’intervalle des contractions utérines. Il ne faut jamais brusquer sous peine de déterminer des désordres très gravescomme la rupture de l’utérus (/ ig . 1251).

3e Temps. Dégagement du siège et du tronc. — On continue à faire des tractions jusqu’à ce que le siège apparaisse à la vulve, on place alors un doigt dans l’aine de la cuisse fléchie sur le tronc 'celle qui n’a pas été saisie) et quand le siège est dégagé, on défiéchit la seconde jambe et on se sert de ces deux membres pour continuer rengagement de l’enfant [fia- 12521.

4a Temps. Dégagement des h ras.

— On attirelelmnc le plus possible en dehors, puis, on glisse deux doigts sur l’épaole qui est en arrière, jusqu’à ce qu’orrparvienne au pli du coude; on abaisse alors le. bras de l’en la lit en le faisant glisser sur le plan* anterieur et on le conduit ainsi à l'extérieur. Pour l'an Ire bras, on relève le tronc et l’incline, afin que la seconde épaulé regarde à son tour en arrière, et on exécute une seconde fois la même manœuvre

Fig. 1252.

Dégagement du siège.

[/ig. 1253).

5e Temps. Dégagement de la télé. — On commence par fi ire des tractions sur le cou pour engager la lète au détroit supérieur et la faire descendre dans 1 excavation, puis, l’occiput étant ramené derrière la symphyse pubienne, on relève le tronc de l’enfant vers le ventre de la mère, en même

VER

VER

VERT-DE-GRIS. — Nom donné par le vulgaire à Y acétate de cuivre (V. Cuivre). p. l.

VERT DE SCHÉELE. — Nom donné par les chimistes à une couleur, formée d’arsénite de cuivre, qu’on obtient en faisant bouillir du sulfate de cuivre et de potasse avec de l’acide arsénieux dissous dans l’eau, employée dans la teinture. p. l.

temps qu’on introduit deux doigts dans la bouche ou sur les côtés du nez afin de fléchir cette tète et de lui faire franchir la vulve [fig. 1254).

Quelle main doit-on introduire pour faire la ver-

bre, une hémorrhagie grave au début du travail ou des accès d’éclampsie, en un mot, toutes les fois qu’on veut terminer rapidement l’accouchement. Mais on ne doit y avoir recours que si l’orifice est complètement dilaté ou dilatable.

Les plus grandes précautions antiseptiques devront être mises en usage. Dr a. de soyre.

VERTÉBRAL (mal). — On désigne sous le nom de mal vertébral ou mal de Pott, une affection chronique de la colonne vertébrale caractérisée par une gibbosité et s'accompagnent généralement d’abcès par congestion et de paralysie.

Le mol de Pott se rencontre surtout chez les enfants et chez les adolescents. La scrofule est la cause principale de cette affection; quant aux causes prédisposantes, ce sont toutes les causes d’affaiblissement de l’organisme que nous avons déjà signalées au sujet de l’étiologie, de la phthisie pulmonaire et de la scrofule. On a regardé la masturbation comme une cause fréquente, mais il est probable qu’elle n’agit qu’à titre de cause débilitante.

Quelles sont les lésions anatomiques? —

Les lésions du rachis se présentent sous deux formes principales: 1° la forme enkystée; 2° la forme diffuse. Dans la forme enkystée, le corps d’une ou de plusieurs vertèbres se creuse d’une excavation, tantôt centrale, tantôt communiquant avec l’extérieur, à parois irrégulières et rugueuses. Cette caverne renferme une substance blanchâtre, semblable à du mastic de vitrier ou, dans certains cas, plus liquide. On y trouve aussi des fragments osseux et du pus séreux.

Dans la forme diffuse, les corps vertébraux présentent seulement des érosions superficielles, au niveau desquelles le périoste est détruit et qui sont recouvertes de bourgeons charnus, fongueux et grisâtres. Les disques intervertébraux sont ramollis et finissent même par être complètement détruits. 11 résulte de recherches récentes que, dans l’immense majorité des cas, ces lésions sont de nature tuberculeuse ; cependant à côté de cette origine tuberculeuse, il faut reconnaître que certaines arthites vertébrales, rhumatismales, peuvent devenir le point de départ du mal de Pott. Les lésions de la colonne vertébrale déterminent des altérations médullaires; ces altérations sont dues tantôt à la compression résultant d’une déviation considérable du rachis, tantôt et plus souvent, à la propagation de l’inflammation à la moelle et à ses enveloppes. Les lésions de la colonne vertébrale sont aussi le point de départ des abcès par congestion. Enfin, le mal de Pott, comme toutes les

Fig. 1253. Fig. 1254.

Vig. 1253. — Dégagement du liras relevé sur les côtés de la tète. Fig. 1254. — Moyen de faciliter le dégagement de la tète, lorsque l’occiput est en avant.

sion? Dans la présentation de l’épaule celle qui est du même nom que l’épaule qui se présente: Exemple, épaule gauche — main gauche {fig. 1255, 1256). Dans les autres présentations, celle dont la paume répondait plan antérieur du fœtus. Ainsi l’occiput

Fig. 1253. Fig. 1236.

Fig. 1255. — Version dans la deuxième position de l’épaule gauche. introduction de la main et saisie des pieds.

Fig. 1256. — Version dans la deuxième position de l’épaule droite. Saisie des pieds.

étant tourné à gauche — main gauche. La main droite, au contraire de l’occiput, répond à la moitié droite du bassin.

La version céphalique ou par manœuvres externes devra toujours être tentée quand on est en face d’un bassin vicié avec une autre présentation que celle de la tète.

La version podalique s’emploie dans les présentations de l’épaule et dans les présentalions de la tête, lorsqu’il y a providence du cordon, d'un mem-

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suppurations prolongées, s’accompagne de lésions viscérales (foie, reins, etc.). Lorsque la guérison survient, les abcès par congestion se tarissent et les vertèbres malades se cicatrisent.

Quels sont les symptômes du mal vertébral? — Le mal de Pott débute généralement d’une façon obscure; cependant la douleur est généralement le premier symptôme qu’on observe. Elle siégé au niveau de la partie malade; elle est spontanée, mais elle s’exaspère sous l’influence de la pression ou de la percussion; elle s’irradie parfois sur les côtés du thorax ou de la paroi abdominale. La douleur est continue ou intermittente, elle présente parfois des exacerbations nocturnes. En même temps, on constate de la gêne et de la roideur dans les mouvements du rachis qui se meut tout d’une pièce. Puis apparaît ensuite le symptôme caractéristique de l’affection : la déformation du rachis ou gibbosité qui présente le double caractère d’être médiane et angulaire ; cependant dans quelques

Fig. 1257.

Gibbosité du mal vertébral ou mal de Pott.

cas, au lieu d’un angle brusque, on observe une courbure latérale. La gibbosité entraîne une difformité de tout le thorax. Le plus souvent elle se produit d’une manière lente, graduelle, elle est due au tassement progressif des corps vertébraux malades; mais dans certains cas, rares, elle se produit tout d’un coup à la suite d’un effort et d'un mouvement brusque. On remarque généralement au-dessus et au-dessous de la gibbosité, des courbures, dites courbures de compensation, en sens inverse de la courbure pathologique. On observe aussi des troubles de la sensibilité, ils consistent d’abord en une sensation de constriction douloureuse à la base du thorax (douleur en ceinture;; plus tard, les malades se plaignent de fourmillements dans les membres et de diminution de la sensibilité, cependant cette dernière n’est jamais complètement abolie. Les troubles de la motilité sont généralement plus accusés; on observe d’abord de la gêne dans la marche, bientôt les malades ne peuvent plus mar-

cher, mais peuvent encore remuer les jambes; enfin, tous les mouvements volontaires des membres inférieurs sont abolis; la paraplégie est complète. A ce moment apparaissent des troubles paralytiques du rectum et de la vessie (rétention ou incontinence des matières fécales et de l’urine). Enfin, comme dernier symptôme, on voit apparaître des aocesp ar congestion (V. Abcès

Quelle est la marche du mal verte’nral — - ; e mal de Pott est une affection essentiellement chronique, pouvant persister pendant huit mois, douze mois, deux ans et même plus. La guérison peut, sous l’influence d’un traitement approprié, survenir à toutes les périodes de la maladie; cependant la mort est la terminaison la plus fréquente, les malades pâles et anémiés succombent, emportés par la généralisation de la tuberculose ou par l’épuisement qu’entraîne une longue suppuration.

Quel est le traitement du mal de Pott ? — On

commencera par soumettre les parties malades à une immobilisation aussi rigoureuse que possible, soit en maintenant les malades au lit, dans un appareil approprié, tel que la gouttière de Bonnet; soit en immobilisant seulement la colonne vertébrale à l’aide d’appareils spéciaux parmi lesquels nous signalerons les corsets construits dans ce but et l’appareil en plâtre de Sayre. D’une manière générale, on peut dire que tant que l’affection vertébrale est douloureuse, le séjour au lit est préférable, tandis que dans la période de réparation qui précède la guérison, on se contentera d’une immobilité relative. En même temps, on aura recours aux vésicatoires volants et aux badigeonnages de teinture d’iode au niveau de la partie malade. En cas de paraplégie, on prescrira l’usage de la noix vomique, du seigle ergoté et on fera surtout des applications de pointes de feu le long de la colonne vertébrale. Enfin, on ne négligera pas le traitement général : on conseillera une bonne hygiène, le séjour à la campagne ou aux bords de la mer, une alimentation fortifiante (viandes rôties, vin, préparations de quinquina, de quassia amara, de gentiane, etc.). On soumettra aussi les malades au traitement antiscrofuleux (huile de foie de morue •pancréatique Defresne, sirop de Dus art , vin de Baudon, solution Pautauberge, etc.). (V. Scrofule, Phthisie). Dr Louis Thomas.

VERTÈBRES. — Anatomie. — Nom donné par les anatomistes aux os qui constituent la colonne vertébrale. On les divise en vraies vertèbres et en fausses vertèbres; les premières se distinguent, selon la région qu’elles occupent, en 7 vertèbres cervicales, 12 dorsales, 5 lombaires; les secondes forment le sacrum et le coccyx (V. ces mots).

Les vertèbres présentent des caractères communs et des caractères distinctifs.

1° Caractères communs. — Chaque vertèbre présente à sa partie antérieure un renflement volumineux ( corps de la vertèbre ) dont les faces supérieures et inférieures donnent insertion au disque fibreux intervertébral. En arrière, on trouve le trou vertébral qui forme avec le trou des autres

vertèbres le canal rachidien, renfermant la moelle « 7

TER

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ët ses enveloppes. Le trou vertébral est circonscrit en arrière par un demi-anneau (arc vertébral}. I.’arc vertébral est réuni au corps par une partie

Fig. 1258.

Vertèbre dorsale vue de côté.

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