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Face supérieure du corps de la vertèbre

Pédicules de la vertèbre creusées en haut et en bas de deux demi-eouttières formant avec celles des vn-tèbres voisines les trous de comugaison par les nerfs rachidiens sortant du canal vertébral.

— 3. Trou vertébral. — 4. 1. Apophyses transverses présentant à la partie antérieure de leurs extrémités une surface articulaire (CJ sur laquelle s’appuie la tubérosité de la côte. — 7. Apophyse transverse.

épineuse) , deux latéraux ( apophyses transverses), deux ascendants (apophyses articulaires supérieures)i, et deux descendants ( apophyses articulaires inférieures). On donne le nom de lame à la portion te l’os vertébral qui forme la paroi postérieure du trou vertébral.

2" Caractères distinctifs. — Vertèbres cervicales. — Le corps, peu volumineux, est allongé transversalement. Le trou est triangulaire. L’apophyse épineuse, courte, horizontale, est bifide à son sommet. Ues apophyses transverses sont situées sur les cô- 4és du corps, non en arrière comme dans les autres régions, et percées à leur base d’un trou qui xlonne passage à l’artère vertébrale. Les apophyses articulaires sont situées en arrière des apophyses transverses.

Ua lre et la 2e vertèbre cervicales présentent des caractères spéciaux (V. Atlas el Axis).

Vertèbres dorsales. — - Le corps présente de chaque côté deux demi-facettes, l'une supérieure, l’autre inférieure, pour l’articulation des côtes. Le trou est ovalaire. L'apophyse épineuse longue, triangulaire, est oblique eu bas et en arrière. Les apophyses transverses sont volumineuses, longues

et présentent en avant une facette articulaire pour la tubérosité de la côte correspondante. Les apophyses articulaires intérieures manquent, elles sont remplacées par des facettes articulaires creusées sur les lames.

Les 11e et 12e vertèbres dorsales ne présentent qu’une seule demi-facette pour l’articulation des 11e et 12e côtes; leurs apophyses transverses sont rudimentaires.

Vertèbies lombaires. — Leur corps est très volumineux. Le trou est triangulaire. L'apophyse épineuse est grosse, horizontale et terminée par un tubercule volumineux. Les apophyses transverses sont longues et effilées; les apophyses articulaires sont verticales; les supérieures, pourvues en arrière d’un tubercule saillant (tubercule apophgsaire) présentent des facettes articulaires concaves dirigées en arrière et en dedans, les inférieures ont des facettes convexes dirigées eu avant et en dehors.

Luxations des vertèbres. — (V. Colonne vertébrale.)

Fractures des vertèbres. — (V. Colonne vertébrale.)

Tuberculose des vertèbres. — (V. Vertébral [mat].) Dr Paul Labarthe.

VERTIGE. — Le vertige est difficile à définir, car il comprend un ensemble de phénomènes variés- L’individu atteint de vertige voit les objets tourner autour de lui; il croit tourner lui-même et il est obligé de s’asseoir ou de saisir un point d’appui pour éviter une chute qu’il ne prévient pas toujours ; sa vue est obscurcie, couverte d’un nuage ou éblouie par des sillons, des éclairs lumineux; il éprouve en même temps des bourdonnements d’oreilles, des battements de cœur, des nausées, un sentiment de défaillance, etc.

11 y a longtemps qu’abandonnant l’idée ancienne, qui rattachait le vertige à un trouble visuel, on le regarde comme un trouble du fonctionnement cérébral; mais on n’a pu déterminer la localisation précise de ce désordre, dont les causes très nombreuses peuvent se grouper sous quatre chefs:

1" Vertiges par lésions de l’encéphale ou d’autres organes. — Le vertige peut s’observer dans la plupart des maladies organiques du cerveau (tumei.rs, hémorrhagies cérébrales, etc.). On l’observe souvent aussi dans les maladies du cervelet. Enfin les lésions de l’estomac, de l’intestin, de l’œil et de l’oreille, s’accompagnent fréquemment de vertiges.

Les dyspepsies donnent souvent lieu à des vertiges sur lesquels Trousseau a surtout appelé l'attention et qu'il a désignés sous le nom de rertigo a stomai ho læso ; ces vertiges se produisent soit lorsque l’estomac est vide, et ils ressemblent aux vertiges de l’inanition, soit lorsque l'estomac est surchargé. Les vers intestinaux déterminent parfois, par action réflexe, des convulsions et des vertiges, circonstance qu’il faut bien connaître, car elle est pour la thérapeutique une indication capitale.

Un certain nombre de maladies de l’œil (diplopie, glaucome) donnent lieu à des vertiges, mais c est surtout la vue de certains objets qui provoque cet

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état, ainsi que nous allons le dire dans un instant.

Certaines maladies de l'oreille sont très remarquables parles vertiges qu'elles provoquent; l’expérimenlation physiologique apprend que le vertige accompagne toute augmentation de pression du liquide intra-labyrinthique; or, cette augmentation de pression peut se rencontrer dans les lésions diverses de l'appareil auditif, mais elle est surtout remarquable dans la maladie de Ménière.

2° Vertiges par altération nu sang. — Les altérations du sang déterminent fréquemment des vertiges; ils se rencontrent dans l’anémie, ia chlorose, dans les étals cachectiques et dans la convalescence des maladies graves qui ont profondément débilité l’organisme.

A côté du vertige anémique, il convient de placer le vertige congestif que l’on observe chez les gens pléthoriques, à la suite de la suppression d’hémorrhagies habituelles, d'in>o!ations, etc.

La congestion cérébrale a été de tout temps regardée comme une cause fréquente de vertige; cependant Trousseau a voulu diminuer son importance relativement à la production du \ertigc, et, d’après Vulpian, le vertige est bien plus ordinaire dans les états congestifs par stase veineuse de l’encéphale (stases très fréquentes dans les affections cardiaques), que dans les congestions actives du cerveau.

Les vertiges se rencontrent dans la plupart des intoxications : empoisonnement par le tabac, l’alcool, les solanées vireuses, les narcotiques, etc.

3° Vertiges dans les névroses. — Le vertige se rencontre dans l’épilepsie dont il constitue une forme.

Le malade est pris d'un étourdissement soudain, il tombe ou bien il a le temps de s'asseoir, parfois, obéissant à une impulsion motrice irrésistible, il se précipite en avant, tourne sur lui-même et tombe étourdi ; il a perdu la notion des objets extérieurs, il présente une immobilité à peine troublée par quelques grimaces, quelques soubresauts; cet état ne dure que quelques instants, le malade se releve et n’a souvent conservé aucun souvenir de ce qui lui est arrivé.

Le vertige est plus rare dans l’hystérie, il est fréquent chez les aliénés.

4° Vertige nerveux. — On désigne sous ce nom le vertige qui se produit à l’etat physiologique dans plusieurs circonstances déterminées, lorsque, par exemple, on regarde d’un lieu elevé, quand on tourne rapidement sur soi-même, ou qu'on lixe des objets soumis à un mouvement de rotation rapide; le mal de mer s’accompagne d’un vertige dont la cause n’est pas encore élucidée.

Nous n’exposerons pas ici le traitement des vertiges, nous ne pouvons que renvoyer aux articles qui traitent des affections dans lesquelles ils se produisent. D‘ Léon Moynac.

VERVEINE. — Nom donné par les botanistes à un genre de plantes de la famille des Verbenacées, qui présente deux variétés uLilisées en médecine ; 1° la verveine odorante; 2° la ve/ veine oi /iccriule. On lui attribuait autrefois une foule de propriétés merveilleuses. Elle est légèrement tonique et sto-

machique, et se prend alors en infusion. Elle est aussi antiseptique et entre sous forme d’alcoolat dans le Vinaigre de Pennes (V. ce mot). p. l.

VÉSANIE. — Mot employé comme synonyme de folie. p. l.

VESICAL (calcul). — (V. Pierre.)

VÉSICAL (catarrhe). — (V. Cystite .)

VÉSICALE (FISTulej. — (V. Vessie.)

VÉSICANT. — Synonyme d ’épispaslique (V. ce mot). P. L.

VÉSICATOIRE. — On donne ce nom à des topiques qui, appliqués sur la peau, y produisent des décollements de l’épiderme remplis de sérosité. Ils se placent sur tous les points du corps et y agissent soit comme préservatifs, soit comme curatifs dans une foule de maladies. Ils se divisent en vésicatoires volants et vésicatoires permanents.

Les vésicatoires volants, les plus employés de tous, présentent des dimensions variables suivant les besoins de la médication et la partie qu’on a à traiter. En moyenne, un emplâtre vésicant doit offrir 9 centimètres de largeur sur 12 de longueur, mais celte moyenne varie à l’infini. Chez les enfants, la dimension doit être moitié moindre. Lorsqu’il s’agit de vastes épanchements pleurétiques, on applique parfois sur la poitrine des vésicatoires d’une étendue deux ou trois fois plus grande que la moyenne.

Quanta 1 application et au pansement d’un vésicatoire volant, quoique ce soit une chose bien facile à faire, elle mérite pourtant certaines considérations. Dans l’hiver, il est bon d’approcher l’emplâtre du feu avant de le mettre en place; puis il faut le presser fortement sur les parois costales par exemple, alin que toutes les parties de la surface adhèrent intimement à la peau. L’appareil étant maintenu à l'aide d’une serviette pliée en trois ou quatre doubles, le patient doit garder le lit et tâcher de se remuer le moins possible pour que le révul-if reste appliqué sur le point d’élection. Dans le cas où le vésicatoire viendrait à changer de place, il se produirait deux inconvénients: le malade en éprouverait de plus vives douleurs et l'effet voulu ne s’effectuerait pas d’une manière convenable. Ces notions sont utiles à connaître, car il arrive souvent qu’un vésicatoire n’agit pas parce qu’il est mal appliqué ou mal contenu, et alors, on ne manque jamais d’accuser soit la mauvaise qualité ou produit, soit la gravité de la maladie du patient, soit le manque d’humeurs dans son organisme, tandis que c'est tout le contraire qui a lieu.

Cela dit, le vésicatoire doit rester appliqué sur le même point de 8 à 15 heures, rarement davantage, à moins qu’au bout de ce temps il n’ait pas opéré son effet, ce qui est un cas exceptionnel.

Une fois le temps prescrit écoulé, ou enlève le vésicatoire avec précaution. Caez certaines personnes très impressionnables, on est obligé de soulever

un des coins de l'emplâtre et de le détacher lentement, en interposant entre lui et la peau les barbes d’une plume préalablement huilée. On perce les pblyctènes à leurs parties déclives avec les ciseaux, pour en faire sortir la lymphe albumino-fibrineuse. On laisse l’épiderme adhérent pour ne pas occasionner de nouvelles douleurs au malade, et on panse la plaie matin et soir avec du cérat étendu sur du papier de soie, du papier brouillard ou un linge de fil très fin. Quand on se sert du papier, il faut mettre par dessus celui-ci une feuille de papier ordinaire de crainte que le premier, mouillé par le corps gras, ne se brise, et que le linge destiné à maintenir le pansement, n’irrite trop vivement la surface enflammée du derme.

Par ce procédé, l’exutoire estcomplètement fermé au bout de trois jours. Il est toutefois quelques individus chez lesquels la plaie coule plus longtemps malgré ces précautions, on l'ait alors le pansement avec du cérat saturné, des bandelettes de sparadrap ou de la ouate qu’on laisse à demeure jusqu a fermeture de l’ulcération. Il en est d’autres, ceci est rare, chez lesquels la surface suppurante se recouvre de fausses membranes, de végétations ou d’éruptions dartreuses : les cataplasmes de farine de lin, lorsque la plaie sera trop irritée, et, après eux, les pommades épispastiques énergiques, les cautérisations avec le nitrate d’argent, la poudre d’alun, le sulfate de cuivre, les pommades à l’acétate de plomb ou au précipité rouge, les dépuratifs généraux ne larderont pas à en avoir raison.

Les vésicatoires permanents, généralement de dimension moindre que ceux que je viens d’étudier, s’appliquent de la même façon et doivent rester en place pendant 24 heures au moins. Ils ont, comme les cautères, les mêmes points d’élection et agissent dans le même sens. Leur pansement consiste à enlever aussitôt toute la portion soulevée de l’épiderme, soit en la coupant avec des ciseaux tout autour de la phlyctène, soit en l’arrachant si l’on veut produire une irritation plus vive. On panse le premier jour avec du cérat et les jours suivants avec du papier ou de la pommade épispastique (cantharide, garou) étalée sur une feuille de blette. On les appelle permanents parce qu’ils sont maintenus ouverts tout le temps que le médecin le juge nécessaire.

Presque tous les vésicatoires sont préparés avec la poudre de cantharides (V. ce mot). Aussi, pour éviter les phénomènes consécutifs à l’absorption d’une trop grande quantité de cantharidine, tels que l’albuminurie passagère, la cystite douloureuse, le priapisme, les érections douloureuses, etc., il faut toujours avoir le soin de saupoudrer de camphre les vésicatoires, ou mieux répandre à leur surface de l’éther saturé de camphre : l’éther se volatilise, et le camphre reste adhérent sous forme de poussière fine à la surface extérieure de la couche emplastique.

De tous les sparadraps vésicants que le médecin peut avoir à sa disposition, il n’en est pas de plus commode que le vésicatoire d'Albespeyres. Pour s’en servir, il suffit de couper dans la pièce un carré de la dimension voulue et de l’appliquer sur

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la peau par le côté noir, la face verte signée Albespeyres étant inerte. On le laisse généralement en place pendant 4 heures chez les enfants et 8 heures chez l’adulte, on panse ensuite différemment suivant qu’il est nécessaire de n’avoir qu’un exutoire volant ou de maintenir un exutoire permanent. Dans le premier cas, le pansement au cérat et au papier de soie, ferme la plaie en trois jours ; dans le second, les pommades épispastiques maintiennent ouvert le fonticule tout le temps que le médecin le juge à propos. Ici encore, le papier épispastique d'Albespeyres remplit admirablement le but. Divisé en feuilles de trois ou quatre degrés j de force différente, il entretient généralement bien la suppuration, empêche la formation de fausses membranes, n’irrite point les voies urinaires, reste adhérent à la plaie sans s’étendre dans le voisinage, et ne laisse enfin exhaler aucune odeur désagréable comme le font les pommades épispastiques.

Il n’est pas de médicaments plus utiles et plus souvent employés que les vésicatoires. Ils ont toujours joué et ils jouent aujourd’hui plus que jamais un rôle des plus importants. 11 n’est pas possible de trouver un révulsif plus puissant, pliis prompt, plus efficace et en même temps moins dangereux. Les vésicatoires peuvent être appliqués sur tous les points du corps, conviennent à tous les âges, à tous les tempéraments, à presque toutes les maladies. Ils purifient le sang en faisant disparaître en partie l’excès de nos humeurs ou en les attirant en partie sur une région de l’organisme d’une moindre vitalité. Ce sont, en un mot, des dépuratifs et des dérivatifs que la thérapeutique utilise avec les plus grands succès dans les affections morbides les plus variées, telles que pleurésie, pneumonie, phthisie pulmonaire, certaines affections du cœur, et une foule d’autres maladies qu’il serait trop long d’énumérer.

Dr Marc. Camboulives.

VÉSICO-UTÉRINE (fistule). — (V. Vessie.)

VÉSICO-VAGINALE (fistule). — (V. Vessie.)

VÉSICULE. — Nom donné par les anatomistes à des organes en forme de poche ou de vessie. Telles sont : la vésicule biliaire (V. Foie) et les vésicules séminales (V. Séminale). On donne aussi le nom de vésicules à des élevures de l’épiderme contenant une goutte de liquide séreux ou parfois purulent. Les principales maladies caractérisées par des vésicules sont l’ herpès, Y eczéma, la varicelle, etc. p. l.

VESSIE. — Anatomie. — La vessie est une poche musculo-membraneuse située dans le bassin. Elle est destinée à servir de réservoir à l’urine et à l’expulser au dehors. Intermédiaire aux uretères et au canal de l’urèthre, la vessie est située dans l’excavation du bassin, derrière le pubis, au-devant du rectum chez l’homme, du vagin et de l’utérus chez la femme.

Elle est maintenue dans cette situation : 1° en haut, par l’ouraque qui se détache de son extrémité supérieure pour se porter à l’ombilic et par les artères ombilicales oblitérées; 2° en avant, par deux

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cordons fibreux, ligaments antérieurs de la vessie, qui se détachent de sa partie inférieure pour se fixer derrière le pubis ; 3“ en bas, par la prostate et l’urèthre chez l'homme, parle vagin chezla femme; 4“ en arrière et sur les côtés, par le péritoine.

Pelotonnée derrière le pubis lorsqu’elle est vide, au fur et à mesure de sa distension, la vessie s’élève dans l’abdomen et peut atteindre l’ombilic ou même le dépasser dans certains cas de rétention d’urine.

La capacité de la vessie présente de nombreuses variétés, elle peut être évaluée à un demi-litre. Cette capacité diminue chez les gens qui, par habitude ou par besoin, vident fréquemment leur vessie; elle augmente chez ceux qui, par habitude ou par difficulté, la vident rarement.

Moyennement distendue, la vessie a la forme d’une ovoïde dont le grand axe est dirigé en

bas et en arrière. La petite extrémité de l’ovoïde est dirigée en haut et en avant, sa grosse extrémité en bas et en arrière.

Cette forme a permis de considérer à la vessie: un corps, une base et un sommet.

Coups. — Sa face antérieure répond au pubis dont elle est séparée par un tissu adipeux plus ou moins abondant et par une ou plusieurs veines, et aux ligaments antérieurs de la vessie qui, ainsi que nous l’avons vu, vont se fixer au pubis.

Sa face postérieure est tapissée par le péritoine qui la sépare du rectum chez l’homme, et de l’utérus chez la femme.

Sur les côtés, la vessie répond, dans son tiers supérieur, au péritoine; plus bas, elle est croisée par le canal déférent et l’artère ombilicale oblitérée; elle répond encore à une certaine quantité de tissu cellulaire qui la sépare de l’aponévrose pelvienne.

Sa face inférieure a des rapports différents chez l’homme et chez la femme :

1° chez l’homme, elle répond aux vésicules séminales et aux canaux déférents (placés en dedans de ces vésicules) et à l’aponévrose proslato-périlonéale qui les enveloppe pour se fixer sur le cul- I de-sac péritonéal vésico-rectal. Derrière ces organes elle répond au rectum ;

| 2a chez la femme la vessie» répond au vagin et au col de l’utérus.

Son sommet est tapissé par le péritoine. C’est delui que se détache l’ouraque.

Fig. 1-260. — Coupe antéro-postérieure de 1 appareil génital de l'homme.

L Vessie. — 2. Rectum. — 3. Anus. — 4. Vésicule séminale. — ;>. Prostate. — 6. Portion prostatique de l’urèthre. — 7. Bulbe de l'urètl.re. — 8. Gland. — y. Fosse navic.daire.

Fig. 1261. — Bassin de la femme (coupe antéro-postérieure).

1. Coupe du sacrum. — 2. Symphyse du pubis. — 3. P,ectum. — A. Utérus. — 5. Trompe utérine. — 6. Ovaire. — 7, Ligament rond. — 8. Lèvre postérieure du col de Futérus. — 9. Cul-de-sac péritonéal utéro-rectal (on voit qu’il tapisse le quart supérieur de la paroi postérieure du vagin). — 10. Vagin. — 11. Cul-de-sac péritonéal utéro-vésical. — 12. Cavité vésicale. — 13. Canal de l’urèthre. — 14. Clitoris. — 1S. Petites lèvres. — 16. Grandes lèvres.

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Surface interne. — Elle est lisse, pâle, grisâtre et parcourue par des plis qui s’effacent parla distension ; elle présente parfois (surtout chez les

n. Vessie — t Prostate. — b. Portion prostatique de l’urèthre.

— r. Bulbe. — c Portion membraneuse de l’urèthre. — d Portion spongieuse. — r. Paroi spongieuse de l’urèthre. — s. Gland et fosse naviculaire. — o Corps caverneux. - n. Glande de Cowper. - e. Uretère. - f. Testicule — g. Tete de l’épididyme.

— h Queue de l’épididyme. — k. Canal déférent. — l. Vésicule séminale. — m. Canal éjaculateur.

•vieillards dont la prostate hypertrophiée a gêné la ■miction), des reliefs permanents constitués par 4”hyperlrophie de la tunique musculaire (colonnes de la vessie), ces colonnes circonscrivent naturellement de petites cavités dites cellules de la vessie.

La partie inférieure de la vessie présente trois ■orifices disposés aux trois angles d'un triangle : l'un, antérieur, col de la vessie, est l’oritice de l'urèthre; les deux autres, postérieurs, sont les orifices des uretères. Le triangle, limité par ces orifices, présente une surface lisse, unie : c’est le trigone vésical de Lieutaud. En arrière de ce triangle, la partie inférieure de la vessie est déprimée (bas-fond de la vessie), et c’est là que, chez les gens atteints de catarrhe vésical, s’accumulel’urine que la vessie ne peut expulser, et que se placent les calculs.

L’orifice antérieur ou uréthral correspond au col de la vessie: il est circulaire chez l’enfant, mais, plus tard, il devient transversal etprésentedeux lèvres, l’une supérieure, l’autre inférieure.

Les oritices des uretères, peu visibles et cachés

par un petit repli muqueux, sont placés aux deux extrémités de la hase du trigone vésical, ils cheminent obliquement entre les tuniques de la vessie avant de s’ouvrir dans sa cavité.

Structure. — Les parois de la vessie présentent une épaisseur variable suivant l’état de vacuité ou

Fig 1263.

Face postérieure de la vessie, vésicules séminales et prostate.

1. Face postérieure de la vessie. — 2,2. Uretères. — 3. Face postérieure de la prostate — l Sillon médian de la face postérieure de la prostate — 5,3. Vésicules séminales. — 6,6 Canaux déférents. — 7. Réunion des canaux déférents et des vésicules séminales.

de distension de cet organe (de un centimètre à un tiers de centimètre); lorsque la miction a été longtemps gênée, ces parois peuvent acquérir une épaisseur considérable.

Elles sont formées, à part la tunique séreuse péritonéale incomplète, par deux tuniques qui sont : 1° une tunique musculeuse ou externe; 2° une tunique muqueuse ou interne.

La tunique muscu'aire, de beaucoup plus épaisse, est formée par des fibres qui présentent une double direction, les unes sont longitudinales, les autres sont circulaires. Les fibres longitudinales sont plus superficielles, elles ne forment pas un plan continu, elles revêtent les faces antérieure et postérieure de l'organe, au niveau de ses faces latérales, et se réunissent entre elles en formant des anses. En bas, elles se perdent sur la prostaie et sur les ligaments antérieurs de la vessie; sur les côtés elles se continuent avec les fibres du rectum, et en liant avec les fibres longitudinales de l’ouraque.

Les fibres circulaires sont, les unes parallèles entre elles, les autres (plus profondes) entre-croisées en réseaux Au niveau du pourtour de l’oritice uréthral (col de la vessie), les fibres circulaires forment un sphincter.

La tunique muqueuse, séparée de la tunique mm-culaire par une couche de tissu cellulaire, est très mince et se moule exactement sur les reliefs de la tonique musculaire; elle se compose d’une couche conjonctive tapissée par un épiihé-

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liuiii pavimenleux stratifié qui présente les mêmes variétés de forme que l'épithélium qui revêt les uretères : au voisinage du col de la vessie, la muqueuse présente quelques papilles et quelques glandes tubuleuses.

Vaisseaux. — Les artères viennent de l’hypogastrique, elles sont grêles mais très nombreuses.

Les veines suivent le trajet des artères, elles vont se jeter dans des plexus veineux qui entourent le col et le bas-fond de la vessie; elles sont tributaires du plexus hémorrhoïdal.

Les nerfs proviennent du plexus hypogastrique et des branches antérieures des troisième et quatrième neres sacrés; aussi la vessie est-elle en partie soumise et en partie soustraite à l’influence de la volonté.

Vices de conformation de la vessie. — Exstrophie. — L’exslropbie de la vessie est un vice de conformation congénital qui consiste dans l'absence de la moitié antérieure de la vessie et dans la hernie de sa moitié postérieure à travers une large ouverture du pubis et de l’abdomen. Ce vice de conformation qui tient à un arrêt de développement, coexiste habituellement avec d’autres \ices de conformation, épispadias, et, plus rarement, pied-bot, spina-bifida. Il est plus fréquent chez l’homme que chez la femme. Ses causes sont inconnues.

Le traitement peut être palliatif ou curatif.

On a cherché, par l'emploi de réservoirs en métal, en caoutchouc, à préserver la vessie exstropliiée et à recevoir l’urine; la mobilité de la paroi abdominale a rendu ces tentatives infructueuses;

I mais, combinées au traitement chirurgical, elles ont pu rendre de grands services.

L'autoplaslie par redoublement doit donner d'assez bons résultats. On pourrait tailler un \aste lambeau quadrilatère au-dessus de la tumeur, et en dépasser latéralement les limites. Ce lambeau I rabattu de haut en bas va former la paroi antérieure de la vessie, sa surface saignante regardant en avant, sa surface tégumentaire en contact avec l’urine; toutefois, dans les points où cette face dé- | borde latéralement la tumeur, elle sera avivée pour se fixer sur les bords de la tumeur. Enfin, les bords j de ce lambeau s’insinueront au-dessous de deux lambeaux latéraux qui , s’ouvrant à la maniéré d’une porte à deux ballants, enchâssent ses bords, recouvrent sa surface cruentée, et sont unis l’un a l’autre sur la ligne médiane. C’est le procédé I d’épispadias de Nélaton appliqué à l’exstrophie vé- I sicale.

Hernie de la vessie. — (V. Cyslocèle.)

Inflammation de la vessie ou catarrhe vésical.

: — (V. Cystite.)

Plaies de la vessie. — Les plaies de la vessie sont rares, car cet organe, protégé par la ceinture osseuse du bassin, peu accessible par le périnée, pelotonnée sur elle-même lorsqu’elle est vide, n’est guère atteinte que lorsque, distendue par l’urine, elle s’élève dans l'hypogastre ou que la violence extérieure a brisé les os du bassin.

Ces plaies sont produites par des instruments piquants, tranchants ou contondants, surtout par les balles.

Dictionnaire poi* llaire de Médecine usuelle.

Elles sont simples, ou, ce qui est plus fréquent, compliquées de la lésion d’un organe voisin, péritoine, urèthre, prostate, os du bassin, etc. Elles peuvent se compliquer de la présence de corps étrangers.

La vessie peut être encore perforée de dedans en dehors par un instrument de 1 i thotritie ou des sondes à demeure.

L’existence d’une plaie située dans la région vésicale pourra, par sa direction, sa profondeur, faire craindre une lésion de la vessie.

Habituellement les plaies de la vessie donnent lieu : \° à un écoulement d’urine; il peut se faire à l’extérieur, si la plaie est large et rectiligne; dans le cas contraire, l’urine s’infiltre dans les tissus; 2° à une hémorrhagie, qui s’effectue à la fois à l’extérieur de la vessie et dans sa cavité; le sang peut être évacué par le méat urinaire, ou se coaguler dans la vessie, et produire une rétention d’urine des plus dangereuses; 3° les malades sont en proie à une fièvre vive, à des douleurs intenses; souvent il survient des nausées et des vomissements, la température s’élève, les sueurs deviennent profuses. Ces symptômes généraux indiquent à la lois l’inflammation violente de la vessie et l’infiltration d’urine que l’on reconnaît à la turgescence livide des parties envahies. Ainsi, meme sans complication, ces plaies sont fort graves. Cependant on cite quelques cas de guérisons complètes ou avec fistules urinaires.

Les plaies de la vessie présentent un certain nombre de complications. Les plus fréquentes consistent en : 1° une lésion du péritoine avec péritonite rapidement mortelle; 2° fracture avec plaie des os du bassin, lésion par elle-même fort grave; 3° perforation de l’intestin, du rectum, passage des matières fécales dans la vessie; 4" blessures de la prostate, de l’urèthre, entraînant des rétentions d’urine redoutables; 5° présence de corps étrangers dans la vessie.

Le traitement comprend trois indications: 1° assurer le libre', écoulement de l'urine; pour cela, on pratiquera le cathétérisme; s’il était impossible, et que la matité de la région hypogastrique indiquât la plénitude de la vessie, il faudrait la ponctionner avec un appareil aspirateur; inciser largement les parties infiltrées; 2° calmer l’inflammation : saignée, bains généraux, sangsues; 3° nettoyer les plaies ; extraire les corps étrangers.

Ruptures de la vessie. — Elles sont fort rares , parmi les quarante-quatre observations réunies par llouel, dans sa thèse, il en est plusieurs qui sont contestables.

Deux conditions sont nécessaires à la production de la rupture : 1“ la distension de la vessie ; 2° une violence extérieure, soit un coup, soit une chute d’un lieu élevé. Ces deux conditions se trouvent souvent réunies chez les individus en état d’ivresse, car, d’une part, ils sont peu sensibles au besoin d’uriner, et, d'une autre part, ils sont exposés à toutes sortes de chutes et de contusions.

Les altérations organiques prédisposent aux ruptures de la vessie, mais existe-l-il des ruptures spontanées? On le nie avec raison.

La rupture porte sur toutes les tuniques. L’élen-

due de la déchirure, sa direction, son siège, sont fort variables ;• suivant la région qu’elles occupent, elles se compliquent ou non de lésions du péritoine. On a remarqué que les ruptures spontanées se trouvaient presque toujours sur la face postérieure de la vessie et en dehors du péritoine.

Les symptômes des ruptures de la vessie sont complexes ; car il y a à la fois péritonite, infiltration d’urine et cystite.

Le malade éprouve une vive douleur à l’hypogastre, de fréquentes envies d’uriner; cependant il urine peu, et la sonde n’amène qu’un peu de liquide sanguinolent.

La fièvre s’allume avec une grande intensité; le pouls est fréquent, petit, serré, la face grippée; il survient des nausées et des vomissements, et le malade succombe. Si la vie se prolonge quelques jours, on peut sentir une tuméfaction diffuse produite par l'infiltration d’urine , et le phlegmon diffus du tissu cellulaire pelvien emporte le malade.

Le pronostic est presque absolument fatal, et les deux cas de guérison rapportés par Syme et Denonvilliers ne suffisent pas pour modifier sa gravité.

Le traitement est presque toujours infructueux; cependant on cherchera par une sonde à demeure à prévenir ou à diminuer l’infiltration d’urine; par de nombreuses incisions à évacuer l’urine déjà infiltrée dans le tissu cellulaire; par des antiphlogistiques à prévenir l’inflammation des tissus blessés.

Fistules vésico-vaginales. — On donne ce nom à une ouverture faisant communiquer la vessie avec le vagin. Ces fistules sont ordinairement produites par un accouchement laborieux. En effet, si, pour une cause quelconque, la tête du fœtus, après avoir franchi le col utérin, reste longtemps dans le vagin, elle presse fortement contre le pubis la cloison vésico-vaginale, qui, par le fait de cette pression prolongée, se mortifie danssune étendue variable, l’eschare tombe et la fistule est établie.

Un cancer du col de la matrice peut envahir la cloison vésico-vaginale, la détruire et produire une fistule dont les dimensions s’accrois>ent chaque jour. Enfin les corps étrangers de la vessie et du vagin (calculs, pessaires), les plaies de ces organes peuvent, mais très rarement, les faire communiquer ensemble.

Les symptômes des fistules vésico-vaginales sont fonctionnels et physiques. 11 est un trouble fonctionnel qui est pathognomonique, c’est l'issue de l’urine par le vagin.

Quelques jours après l'accouchement, c’est-à-dire au moment de la chute de l’eschare, la femme est étonnée de se sentir mouillée, ses linges exhalent une odeur urineuse et elle n’éprouve plus le besoin d’uriner. Cependant, si la fistule est étroite ou transversale, l’écoulement de l'urine par le vagin n’est pas continu; il ne se produit que dans certaines positions ou bien lorsque la vessie présente une certaine distension.

Si la fistule est très petite, elle peut se cacher dans les replis du vagin. Pour la découvrir, il faut faire une injection dans la vessie et modifier la po-

sition du spéculum jusqu’à ce qu’on aperçoive un pertuis d’où sort le liquide.

Mais souvent on aperçoit sans peine sur la paroi antérieure (supérieure si la femme est couchée), du vagin une ouverture arrondie ou allongée dans un sens variable, transversal, vertical ou oblique ; cette ouverture peut avoir plusieurs centimètres de diamètre ou seulement quelques millimètres ; ses bords sont calleux, irréguliers, irrités par le passage de l’urine; elle n’a d’autre épaisseur que celle de la cloison vésico-vaginale et elle laisse constamment suinter de l’urine.

Cette fistule siège plus ou moins haut; elle peut faire communiquer le bas-fond de la vessie avec la partie la plus reculée du vagin, celle où il s’insère sur le col de l’utérus (fistule vésico-utéro-vaginale superficielle de Robert); elle peut se trouver placée plus bas ; elle peut enfin être plus bas encore, et faire communiquer le col de la vessie avec le vagin.

Si les choses sont abandonnées à elles-mêmes, il peut se faire que la fistule guérisse spontanément, alors même qu’elle aurait plus d’un centimètre de diamètre (Nélalon, Danyau). Mais la guérison spontanée est exceptionnelle; la fistule persiste indéfiniment, et, par l’écoulement incessant de l’urine, Codeur et l’irritation qu’elle provoque, elle constitue une infirmité assez pénible pour convaincre les femmes qui en sont atteintes de la nécessité d’une intervention chirurgicale.

Il serait trop long de passer en revue les nombreux procédés imaginés pour la cure des fistules vésico-vaginales; nous ne décrirons que la méthode américaine, à laquelle on a aujourd’hui généralement recours.

Nous rappellerons qu’il ne faut trop se hâter d’opérer, puisque certaines fistules guérissent seules, et que les petites fistules peuvent guérir par le séjour d’une sonde dans la vessie ou la cautérisation au fer rouge, etc.

La méthode américaine imaginée par Marion Sims,et qui a donné de remarquables succès, exige les instruments suivants : uu spéculum de Sims ou de Boseman, une érigne, de longs ciseaux ou de longs bistouris, de petites éponges montées sur de longs manches, des aiguilles tubulées courbes, des fils d’argent, un lord-fil, et une table recouverte de couvertures et de draps.

Suivant les cas, la femme est couchée sur le dos, sur le côté, ou appuyée sur les coudes et les genoux. * I

Le spéculum de Sims est appliqué sur la paroi postérieure du vagin, qu’il doit déprimer fortement, afin que la fistule soit bien visible, on procède alors à l'avivement des bords de la fistule, après les avoir rendus aussi saillants que possible, soit par l’abaissement du col de l’utérus saisi avec une pince de Muzeux, soit à l'aide d’une sonde introduite dans le canal de l’urèthre. Cet avivement pratiqué avec des ciseaux spéciaux, ne doit porter que sur la muqueuse vaginale, qu’il doit exciser dans une étendue d'un centimètre environ sur tout le pourtour de la fistule.

11 faut alors rapprocher les parties avivées à l’aide de fils d’argent qui ne doivent jamais pénétrer dans

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la vessie. A l'aide d’un porte-aiguille spécial on les enfonce dans la muqueuse vaginale à un demi-centimètre de l’avivement, et, les faisant cheminer dans l’épaisseur des tissus, on les fait ressortir près du bord interne de la partie avivée, pour leur faire suivre sur l’autre lèvre de la fistule un trajet inverse.

Les points de suture sont placés à un demi-centimètre les uns des autres; pour les fixer, on peut les tordre comme le fait Sims : on place leurs deux chefs dans une petite fourche tenue de 1$ main gauche, et avec une pince à mors plats on les saisit et on les tord ensemble, ou bien on se sert du tord-fil.

La femme est alors rapportée sur son lit; un coussin glissé sous ses genoux maintient les cuisses dans la demi-flexion ; on place dans sa vessie une petite sonde spéciale, et l’on administre quelques pilules d'extrait thébaïque,afin que la femme n’aille à la selle que le plus tard possible.

Les fils sont enlevés au bout de 8 à 12 jours. Souvent le succès n’est que partiel, et l’occlusion de la fistule demande plusieurs séances.

Fistules vésico-utérines. — Dans cette variété de fistule, la communication au lieu de s’effectuer entre la vessie et le vagin, se fait entre la vessie et la cavité utérine. Ces fistules, plus rares que les précédentes, sont également produites par un accouchement laborieux dans lequel le travail a été lent et le col ne s’est que tardivement dilaté, de telle sorte que la tète du fœtus, encore logée dans le segment inférieur de la matrice, l’a longtemps comprimée sur le pubis.

L’issue de l’urine par le vagin a lieu comme dans la fistule vésico-vaginale, mais par l’examen, on constate que la cloison vésico-vaginale est intacte et l’on voit sourdre l'urine du col utérin. Pour assurer le diagnostic, on peut injecter un liquide coloré dans la vessie ; ce liquide revient dans le vagin en passant par l’orifice du col.

Contre ces fistules, Jobert de Lamballe avivait les lèvres du col de l’utérus et les réunissait de façon à clore la matrice ; le sang menstruel devait sortir par la vessie et l’urèthre.

Fistules vésico-utéro-vaginales. — Jobert de Lamballe a donné ce nom aux fistules qui font communiquer la vessie avec le vagin et l’utérus, la perte de substance comprenant à la fois le col de la matrice et la partie supérieure du museau de tanche; il les traitait par des procédés divers, mais I dont le principe consistait à unir la lèvre inférieure ou vaginale de la fistule à la lèvre postérieure du col de la matrice; le sang menstruel devait encore s’écouler par la vessie et l’urèthre.

Corps étrangers de la vessie. — Ils peuvent : 1° se former dans la cavité ou descendre des reins (V. Calculs, Pierre);

2° V pénétrer par une plaie des téguments (esquilles, débris de vêtements, balles, etc.);

3° Y être introduits par l’urèthre (sondes, instruments de lilhotritie se brisant dans la vessie, épingles, etc.);

4° Pénétrer dans la vessie par perforation d’un organe voisin (vagin, rectum).

Quelle que soit leur voie d’entrée, très rapide-

ment ces corps s'incrustent de sels calcaires qui se déposent souvent de façon à leur donner une forme ovoïde.

Leurs faibles dimensions leurs permettent parfois d’être éliminés avec l’urine; cela n’est point rare chez les femmes dont l’urèthre est court et essentiellement dilatable. Si cette expulsion n’a pas lieu, il survient une cystite très violente avec une douleur très vive et très localisée à l’épigastre. Abandonnés à eux-mêmes, les uns perforent les parois vésicales, d’autres en déterminent le sphacèle, quelques-uns peuvent séjourner longtemps au prix d’une cystite chronique plus ou moins vive (V. Cystite)-, souvent le malade succombe (V. Calculs, Pierre.)

Le traitement des corps étrangers consiste à les extraire. Cette extraction peut se faire : 1° à travers les plaies des téguments (méthode surtout praticable dans les plaies par armes à feu); 2° par le canal de l’urèthre: pour cela, on se servira de la pince de llunter ou de Mercier (Y. Urèthre [ corps étrangers de F]), et des instruments de lithotritie (V. ce mot) ; 3° par la taille (V. ce mot).

Calculs et pierre dans la vessie. — (V. Calculs, Pietre, Lithotritie et Taille).

Hypertrophie de la vessie. — L’hypertrophie peut présenter deux variétés : 1° il y a épaississement des parois avec conservation intégrale ou diminution de la cavité ; 2° il y a à la fois hypertrophie des parois et dilatation de la cavité ou simple dilatation de la cavité.

Quelle que soit sa forme, l’hypertrophie est toujours symptomatique d’un obstacle au cours de l’urine, qui a forcé les plans musculaires de la vessie à un travail exagéré (rétrécissement de l’urèthre, hypertrophie de la prostate, valvule du col delà vessie, calcul, etc.).

La tunique musculaire de la vessie, dont l’épaisseur normale ne dépasse pas 2 millimètres, jieut acquérir 1 centimètre et demi; ses fibres longitudinales se dessinent dans la cavité vésicale sous forme de reliefs ou colonnes (vessie à colonnes), circonscrivant des poches ou cellules (vessie à cellules), dont la profondeur est parfois étonnante. Il n’est pas rare de rencontrer des calculs dans ces cellules, la stagnation de l’urine favorisant singulièrement leur production ; il est encore bien plus ordinaire de voir la muqueuse qui les tapisse atteinte de catarrhe.

La muqueuse présente l’épaississement et le ramollissement habituels à la cystite.

Simple conséquence d’un obstacle au cours de l’urine ou d’une irritation exagérée de la vessie, l’hypertrophie n’a pas par elle-même de signes fonctionnels, et l’épaisseur des parois vésicales ne saurait être appréciée; hâtons-nous d’ajouter cependant qu’il est très facile de constater avec le bec de la sonde le relief formé par les colonnes de la vessie, colonnes qu’il faudrait se garder de prèndre pour un calcul.

On ne saurait rendre aux parois vésicales leur état primitif; mais si on fait disparaître l’obstacle qui a engendré l’hypertrophie, la vessie reprendra le libre exercice d« ses fonctions.

Cependant, l’hypertrophie peut se compliquer

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d’une Tfiminution très notable de la capacité de la vessie, habituée pendant longtemps à no tolérer qu’une très faible quantité d'urine. Dites au malade que vous aurez guéri de son affection première de résister le plus longtemps possible au besoin d’uriner, vous produirez ainsi une dilatation mécanique dont les effets seront peut-être favorables.

Par contre, l’hypertrophie peut se compliquer d’une ampliation très notable de la capacité de la vessie, quelquefois même la vessie dilatée a contracté des adhérences avec la paroi abdominale.

La dilatation de la vessie peut d’ailleurs exister sans que la tunique musculaire soit hypertrophiée. Les causes sont toujours les mêmes, c’est-à-dire un obstacle au cours de l’urine.

Après avoir fait disparaître la cause de la dilatation, on préviendra, par le cathétérisme, la stagnation de l’urine dans la vessie; s’il existe un peu d’atonie, on cherchera, par des injections à peine tiedes ou même froides, à rendre leur ressort aux fibres musculaires.

Paralysie de la vessie. — La vessie est chargée d’un double rôle : elle doit recevoir l’urine, et elle doit la chasser au dehors. Un système musculaire distinct est affecté à chacune de ces fonctions: c’est d’abord un sphincter, c’est-à-dire un anneau musculaire placé au niveau du col de la vessie; ce sphincter est habituellement fermé, par conséquent il force l’urine à séjourner dans la vessie et ne lui livre passage que lorsque, par notre volonté, nous faisons contracter la tunique musculaire de la vessie, ou bien lorsque l’urine distend la vessie outre mesure (incontinence par regorgement); c’est ensuite une poche musculaire, c’est-à-dire la vessie elle-même qui se laisse distendre par l’urine, jusqu’à ce qu’une sensation spéciale (besoin d’uriner) nous porte à déterminer sa contraction.

Or, ces deux systèmes musculaires peuvent être atteints de paralysie, soit isolément, soit simultanément.

1° La paralysie du sphincter se traduit par l’incontinence d’urine, c’est-à-dire par l’écoulement continu et involontaire de l’urine [V. Urine ( In~ continence d’)].

2° La paralysie de la tunique musculaire de la vessie se traduit par la rétention d’urine, c’est-àdire par l’impossibilité d’évacuer l’urine, rétention qui, arrivée à certain degré, est suivie d’une incontinence par regorgement, c’est-à-dire que le tropplein de la vessie s'écoule d’une façon involontaire [V. Urine (Rétention d ’)] .

La paralysie de la vessie est beaucoup plus rare qu'on ne le croyait jadis; on sait aujourd'hui qu’habituellement la rétention d’urine se rattache à un obstacle organique à son cours (hypertrophie de la prostate, valvule du col de la vessie, etc.) et non à la paralysie des fibres musculaires de la vessie; toutefois, cette paralysie peut se rencontrer dans des circonstances assez variées :

\° Dans les lésions de la moelle, accompagnées de paraplégie (mal de Pott, fractures ou luxations des vertebres avec lésion de la moelle, ataxie locomotrice, etc.

2° Dans un certain nombre de lésions cérébrales avec hémiplégie;

3° Dans le cours d'un grand nombre de fièvres graves (fièvre typhoïde, fièvres éruptives, érysipèle); la paralysie vésicale doit être considérée ici comme étant une conséquence de l’état de stupeur du système nerveux ;

4° A la suite d’une surdistension, la vessie peut être frappée momentanément de paralysie ou de parésie. Chacun peut avoir remarqué surlui-même qu’après avoir longtemps résisté au besoin d’uriner on éprouve une certaine difficulté dans la miction ; c’est que la vessie, distendue, a perdu une partie de son ressort.

De même, lorsqu’un obstacle a longtemps gêné la miction, la vessie se distend, perd une partie de sa contractilité, et, alors même que l’obstacle a disparu, elle ne se vide pas complètement; c’est plutôt de l’atonie ou de la parésie qu’une paralysie véritable.

On en arrive ainsi à se demander si les paralysies essentielles de la vessie existent réellement.

Une classe très importante de paralysies temporaires du sphincter vésical, c'est l’incontinence nocture d’urine que l’on observe chez les enfants au-dessous de la puberté, aussi fréquemment chez les enfants nerveux que chez les enfants lourds et lymphatiques; c’est seulement pendant leur sommeil qu’ils laissent involontairement échapper l’urine; à leur réveil, on les trouve mouillés.

Nous avons déjà indiqué les symptômes en disant qu’ils consistent en incontinence d’urine, rétention avec ou sans incontinence par regorgement. Le point le plus important consiste à reconnaître la cause de ces désordres de la miction ; on y arrivera en recherchant successivement l’existence des differentes causes énumérées dans la pathogénie.

Quelle que soit la cause de la paralysie, la première indication est de vider la vessie ; puis, s’il est possible, de faire disparaître l’obstacle au cours de l'urine.

Ola fait, pour rendre sa contractilité à la tunique musculaire, on peut recourir à des injections d eau froide dans la vessie et au passage d’un courant électrique : l’un des pôles est placé dans la vessie et l'autre sur la paroi abdominale antérieure.

Contre l’incontinence nocture d’urine des enfants, on a conseillé l’exercice, l’hydrothérapie et surtout la belladone, soit seule, soit associée à la strychnine ; dans les cas absolument rebelles, et qui persistent jusqu’à la puberté, Thompson a obtenu de bons résultats de l’introduction fréquemment renouvelée d’une bougie de gomme laissée en place deux ou trois minutes; de plus, il faut songer à régulariser les digestions, à expulser les vers intestinaux, etc.

Varices de la vessie. — Les veines de la muqueuse vésicale, surtout celles qui se trouvent au niveau du col, peuvent présenter une dilatation variqueuse, se rompre et donner lieu à des hématuries.

Cependant, en présence d’un pissement de sang, on se gardera de porter comme diagnostic exclusif: varices du col de la vessie; car, d’une part, il n’est aucun moyen de s’assurer de l'existence de cette lésion, et, d’une autre part, bien différentes des varices du rectum (hémorrhoïdes), il n’est pas prouvé

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