V. Propriétés hygrométriques des différents
tissus. — Tous les tissus ne possèdent pas les mêmes propriétés hygrométriques : plus ils sont aptes à se charger d'humidité et moins ils sont chauds, car promptement imprégnés d'humidité, ils tendent à s'en débarrasser par l’évaporation, d'où un refroidissement très rapide, que cette humidité vienne de la peau en sueur, ou de l’extérieur parla pluie ou simplement par la vapeur d'eau qui se trouve en plus ou moins grande quantité dans l’atmosphère.
11 résulte des recherches de Coulier, que l’eau absorbée par les différentes étoffes se divise en deux parties : l’une, véritablement hygt omélrique, qui peut être absorbée en quantité considérable sans qu'il soit possible au toucher d’apprécier un changement physique dans l'étoffe, et qu’il est impossible de chasser parla pression; l’autre, appelée eau d'inter position, qui obstrue les pores de l’étoffe et en change totalement les propriétés physiques; donne à la main la sensation d’humidité et est chassée en partie par la pression.
La puissance hygrométrique des étoffes varie suivant la substance qui entre dans sa fabrication. D’après Coulier, le coton possède le moindre pouvoir absorbant au point de vue de l’eau hygrométrique, la toile de chanvre vientensuite ; quant, à la laine, c’est la substance qui en absorbe le plus.
Quant à l’eau d’interposition, mécaniquement, ce sont les étoffes de laine qui en absorbent une plus grande quantité que les autres étoffes. Elles seront donc portées de préférence par les individus qui se livrent à des exercices violents ou ceux dont le corps entre le plus rapidement en transpiration.
« Il y a, dit Coulier, dans la manière dont les vêtements absorbent l’humidité, une circonstance qui est également digne de fixer l’attention du médecin. Si le corps couvert de sueur est mis sans défaut en contact avec l’atmosphère, la sueur s’évaporera en soustrayant, directement et brusquement une quantité considérable dè calorique latent. Cette soustraction deviendra même excessivement rapide si l’atmosphère est agitée par un courant d’air. Le vêtement, au contraire, se sature d’eau hygrométrique sans qu’il y ait dépression de chaleur, puisque l’eau ne passe pas définitivement à l’état gazeux. Il est bien vrai que, dès qu’il est saturé, il cède une portion de son eau à l’atmosphère, jusqu’à ce que son équilibre hygrométrique soit rétabli; mais il est faede de voir que le froid qui en résulte se produit à la surface même du vêtement, et beaucoup plus lentement. Ce froid agit donc sans transition brusque, d’une manière lente et graduée, c’est-à-dire dans les meilleures conditions pour ne pas devenir cause morbide. »
En résumé, comme le dit judicieusement Lacassagne, dans beaucoup de circonstances, nos vêtements se mouillent et se refroidissent pour nous, fort heureusement.
VI. Forme des vêtements. — La forme des vêtements, il est à peine besoin de le dire, a une importance énorme. D’une manière générale, les vêtements, quels qu'ils soient, doivent être assez amples pour n’entraver aucune fonction de l’organisme. 11 faut qu’ils ne gênent pas la circulation du sang, la respiration, Indigestion, qu'ils ne compriment pas certaines parties du corps, qu’ils n’y déterminent aucun frottement irritant, qu'ils n'interceptent ni la circulation ni le passage de l’air extérieur, etc. (V. Bas, Caleçon, Chemise, Chaussure, Coiffure, Corset, Maillot, etc.).
Dr Paul Labarthe.
VEULES (bains de mer de). — Veules est un charmant petit bourg du département de la Seine-Inférieure, situé à 8 kilomètres de Saint-Valéry, station du chemin de fer de Paris à Eécamp, sur un coin de terre des plus pittoresques et des plus romantiques, qui possède une jolie plage, un établissement de bains de mer et un casino. P. L.
VIABLE. — En médecine, on dit qu’un enfant est né viable, lorsqu’il sort vivant du sein de la mère, et qu'il présente, au moment de sa naissance, le développement nécessaire à la continuation de son existence. La loi ne considère que comme viable l’enfant né le cent quatre-vingtième jour au moins après la conception. P. L.
VIAL (Capsdles). — Les capsules Vial, à l’huile de genévrier, ont été imaginées par E. Vial, pharmacien distingué de Paris. Elles permettent au médecin de faire prendre commodément aux malades
VIA
YI A
l’huile de genévrier oxycèdre, obtenue par un procédé mixte de distillation et de combustion des baies et du bois de cet arbuste, qu’on n’avait pu avant lui, adapter au traitement des maladies internes. Grâce à des procédés et à des appareils spéciaux qui sont sa propriété exclusive, E. Yial est arrivé à renfermer une proportion d’huile de genévrier mathématiquement dosée, dans des petites capsules, très commodes à avaler, et qui masquent complètement la saveur aromatique amère de ce médicament, quoique très facilement solubles dans l’estomac.
Ces capsules sont indiquées toutes les fois qu’on a à recourir à l'action excitante des premières voies que possède l’huile de genévrier, et surtout à son action modificatrice des sécrétions, principalement de la sécrétion urinaire qu’elle augmente d'une manière très abondante. C’est dire que les capsules Vial doivent être administrées dans la gravelle, les coliques néphrétiques, les catarrhes chroniques de la vessie, les calculs biliaires, les coliques hépatiques, la goutte et les rhumatismes, toutes affections dans lesquelles elles produisent des effets constants vraiment remarquables. Ajoutons que les maladies du cœur, compliquées d’anasarque et d’ascite, sont aussi améliorées par leur emploi.
Les capsules Yial s’administrent, suivant les cas, à la dose de 4 ou 6, soit t gramme d’huile environ, par jour pour les adultes, de préférence au milieu du repas. La dose sera réduite de moitié pour les enfants. 11 est bon que les malades prennent concurremment des eaux minérales diurétiques, telles que Ileucheloup, La Preste, etc. or c. Saiuian.
VIAL (sirop phénique). — Le sirop phénique Vial, comme l’indique suffisamment son nom, est un sirop à base d’acide phénique qui a été préparé pour la première fois, il y a de longues années, par E. Vial, pharmacien distingué de Paris, sur le conseil du D‘ Arnal, alors médecin de l’Empereur. Depuis celle époque il a été adopté par les professeurs Axenfeld, Chauffard, Denonvilliers, Gendrin, Jaccoud, Piorry, Trélat, Trousseau, Sée, etc.; par les médecins et chirurgiens d’hôpitaux Bazin, Besnier, Bergeron, Blache, Bouchut, Bricheteau, Demarquay, Delpech, Devergie, Desprès , Fauvel, llillairet, Ilervez de Chégoin, Ilorleloup, Forget, Leudet, Landrieux, Monod, Péan, Raymond, Richard, Roger, Vigla, Vidal, etc., et par l’immense majorité du corps médical, comme la meilleure préparation permettant d’administrer commodément et avec certitude de succès l’acide phénique (V. ce mot) à l’intérieur, dans tous les cas où ce précieux médicament, puissant antiseptique et modificateur, est indique.
En première ligne, nous citerons les maladies de poitrine avec ou sans crachement de sang, où il agit en prévenant ou en arrêtant les hémorrhagies, en diminuant rapidement les sécrétions trop abondantes, en facilitant l’expectoration et en faisant disparaître rapidement l'odeur et le goût désagréable que donnent aux malades et même à leur entourage les sécrétions muco-purulentes qui séjournent soit dans les gros tuyaux bronchiques,
soit dans les dilatations des bronches et plus spécialement dans les cavernes des phthisiques.
Viennent ensuite la bronchite aiguë, l’asthme, les rhumes, la grippe, les granulations de la gorge, la coqueluche, l’angine couenneuse, la diphthéric simple, le muguet, et toutes les affections contagieuses, telles que la rougeole, la scarlatine, la variole, affections dans lesquelles son action est modificatrice des sécrétions, anti-contagieuse et antiseptique.
Enfin, en raison de l'influence heureuse qu’il exerce sur la membrane muqueuse intestinale et de sa double action résorbante et antiseptique, le sirop de Vial convient encore aux individus atteints de fièvre typhoïde et de diarrhées chroniques ayant pour cause, soit une débilité profonde, soit une ulcération du canal intestinal.
Le sirop phénique de Vial se prend, selon le cas, à la dose quotidienne de 2 à 3 cuillerées à soupe pour les adultes, à café pour les enfants, avant le repas, soit pur, soit dans une tisane appropriée.
1)' C. Sahuan.
VIANDE. — On donne le nom de viande de boucherie ii la chair et principalement aux muscles des animaux qui servent à notre alimentation. Le ventre de Baris seul engloutit, chaque année, 2(36,800 bœufs, 216,300 veaux, 1,722,000 moutons, 237,300 porcs, sans compter plus de 10,000 chevaux. D’après les dernières statistiques, ces chiffres réunis représentent le septième du total des animaux produits ou importés en France. En France on consomme, dans une année, par habitanl, une moyenne de 30 kilogrammes de viande. U y a loin de ces 32 kilogrammes aux chiffres établis par Dumas, Dayen , .1. Reynaud, etc., qui portent à 228 grammes par jour ou 83 kilogrammes par an, la consommation en viande nécessaire à l’homme. D’après ces chiffres, la consommation moyenne en France s’élève donc à peine au tiers de ce qui serait physiologiquement nécessaire. Et comme le dit avec juste raison le professeur Proust, le mal est bien plus grand que ne l’exprime cette moyenne, car la répartition de la viande consommée est extrêmement variable suivant les régions. Ainsi, en 1840, alors que la consommation moyenne, et par habitant, était en France de 20 kilogrammes, cette moyenne éprouvait les variations suivantes dans divers départements :
Seine
. 55kil,G2
Hautes-Pyrénées. .
Il lu 1,27
Seinc-et-Oisc . .
Nièvre
Rhône
Cher
il)
Gironde
Gers
Meuse
Creuse
Cette répartition de la viande consommée est encore inégale entre les villes et les campagnes. A Paris, elle atteint par an et par individu 80 kilogrammes, 82 à Versailles, 87 à Pau, 73 à Bordeaux, 66 à Lyon, 45 à Rouen, 50 à Lille, etc., ce qui donne une consommation moyenne de 64 kilogrammes par habitant dans les chefs-lieux de département, tandis que cette moyenne descend audessous de 15 kilogrammes pour toutes les popula-
VIA
VIA
nos
lions rurales. C'est dans les villes que le chiffre est le plus élevé et c’est aux travailleurs des campagnes que la viande serait le plus nécessaire.
Composition de la viande. — La chair des animaux de boucherie se compose essentiellement : t° de matières albuminoïdes (musculine, myosine); 2° de substances azotées (créaline, créatinine, etc.); .'î0 de graisse; 4° d’eau; 5° de matières minérales composées principalement d'acide phosphorique, de potasse et d’oxyde de fer.
Le tableau suivant, emprunté à Lehmann, donne la composition de la chair du bœuf, qui peut cire prise comme type :
Eau "4,00 a 80,00
Matières solides 20,00 20,00
Albuminoïdes coagulés
Myosine noyau 15,1 17,7
Vaisseaux et fibres élastiques. . . )
C, lutine 0.6 1,9
Albuminatc, albumine coagulable a
Créatine 2,7 0,14
Graisse 1,5 2,30
Potasse 0,50 0,54
Soude 0,07 0,09
Magnésie 0,04 0,03
Acide lactique 1,5 2,30
Acide phosphorique 0.66 0,70
Sel marin 0,04 0,89
Chaux 0,12 0,13
Richesse des viandes de boucherie en matières albuminoïdes ou azotées. — Le tableau suivant,
que nous empruntons au Traité de chimie physiologique de Gorup-Besanes, donne en principes albuminoïdes, c’est-à-dire en matière azotée, la richesse pour 100 parties des différents morceaux du bœuf, du veau, du mouton et du porc.