‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 328 sur 344 · VET · texte numérisé non relu

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à l’inverse des premières, elles emprisonnent pour ainsi dire, la chaleur dans notre corps.

Voici l’ordre de conductibilité, du plus au moins, des substances employées d’ordinaire dans la confection des vêtements : 1° le lin et le chanvre; 2" le coton; 3“ la laine; 4° la soie; 5“ les cuirs; 6° le caoutchouc.

1° Lin et chanvre. — Les toiles fabriquées avec le lin et le chanvre sont bonnes conductrices de la chaleur, et par suite très fraîches. Elles se mouillent très vite et refroidissent la peau avec laquelle elles sont en contact, parce qu’elles enlèvent du calorique au corps pour réduire en vapeur leur humidité qu’elles laissent échapper facilement. La toile de chanvre et de lin est donc, de tous les tissus, celui qui favorise le plus chez nous l’explosion des maladies qui résultent de l’impression de l’humidité sur notre corps. C’est assez dire que toutes les personnes sujettes aux affections de l'appareil respiratoire, aux rhumatismes, aux névralgies, etc., ne doivent pas porter de linge de fil sur la peau. Par contre, les individus sujets aux maladies de peau, qui s’accompagnent presque toujours de chaleur et de démangeaisons, se trouveront bien de l’usage du linge de fil sur la peau, le fil de lin ou de chanvre étant bon conducteur de la chaleur et, par suite, frais et incapable d’augmenter la chaleur et les démangeaisons que les malades cherchent toujours à apaiser et h diminuer.

2" Coton. — Les tissus fabriqués avec le coton sont un peu moins bons conducteurs de la chaleur que ceux de lin et de chanvre; ils laissent moins échapper la chaleur du corps, absorbent et retiennent une portion de la transpiration, et, par suite, en laissent moins refroidir à la surface de la peau. La toile de coton, sauf pour les individus atteints de maladies cutanées, est donc préférable à la toile de fil. Pendant l’été, elle n’expose pas le corps aux dangers d’un refroidissement trop rapide, et, en hiver, elle a l’avantage d’ètre plus chaude.

3° Soie. — La soie joint à une finesse idéale comme tissu, de la résistance, de l’élasticité, des propriétés caloriques et électriques remarquables. Elle tient plus chaud que le lin, le chanvre et le coton, et moins chaud que la laine.

4° Laine. — La laine est très mauvaises conductrice du calorique, elle a donc au plus haut degré la propriété d’empêcher la chaleur de s’échapper du corps. De plus, grâce aux aspérités qui la constituent, elle occasionne une irritation de la peau, une accélération dans la circulation de ses vaisseaux capillaires, et détermine des démangeaisons; enfin elle augmente l’exhalation cutanée, mais absorbe très bien les produits de cette excrétion, les retient, et ne les laisse pas se refroidir à la surface de notre corps. u

L’usage de la laine sur la peau est excellent pour les enfants chez lesquels la chaleur ne se prc ■ duit pas avec l’énergie qu’elle doit avoir à cet âge. 11 est aussi très bon pour les marins, les soldats, les ouvriers des champs et des usines, les chasseurs, etc., pour tous ceux qui séjournent dans les pays ou des milieux humides, ou qui sont exposés aux changements atmosphériques les plus extrêmes.

Les gilets et les caleçons de laine doivent être recommandés aux individus sujets aux bronchites, aux rhumes, aux rhumatismes, aux névralgies, à la goutte, aux inflammations intestinales chroniques, etc., aux convalescents pour lesquels il importe de ne rien négliger de ce qui peut empêcher les refroidissements dangereux. Ajoutons qu’il est dangereux d’abandonner l’usage de la laine une fois qu’on a pris l’habitude d’en porter. Toutefois, lorsqu’on porte accidentellement de la laine sur la peau, à cause d’un rhume, d’une bronchite, d’un rhumatisme aigu, etc., on peut en cesser l'usage après la guérison, sans inconvénient. Rappelons enfin que si la flanelle est utile en hiver pour conserver la chaleur du corps, elle est aussi utile en été pour absorber la sueur, la retenir, et empêcher ainsi, comme nous l’avons dit plus haut le refroidissement de la surface de la peau ; seulement, il faut avoir soin d’en changer fréquemment, deux fois par semaine plutôt qu’une.

3° Peaux des animaux. — Les peaux d’animaux avec leurs toisons, autrement dit les fourrures, sont mauvaises conductrices de la chaleur, aptes à empêcher les échanges de température entre le corps et une atmosphère plus froide. Elles constituent d’excellents vêtements pour les habitants des pays froids du Nord. Quant aux peaux d’animaux privées de leurs toisons et préparées en cuirs, elles constituent d’excellentes chaussures (V. Chaussure ).

6° Caoutchouc. — Les vêtements en caoutchouc ou caoutchoutés, sont de mauvais conducteurs delà chaleur. Ils conservent donc très bien la chaleur du corps, le garantissent de l’humidité extérieure, mais ils ont de graves inconvénients; s’ils empêchent l’eau extérieure d’arriver sur la peau, ils conservent aussi la vapeur d’eau produite intérieurement par la transpiration du corps, et par suite maintiennent celui-ci dans un milieu saturé d’humidité.

III. Texture des substances qui servent à former les vêtements. — Tout le monde sait que les substances qui joignent à une grande légèreté une forte épaisseur, donnent la sensation de chaleur, tandis que les substances très serrées mais très minces, donnent celle du froid. Rumford a démontré en outre, que plus un tissu servant d'enveloppe au corps, offre do laxité, de mollesse et d’épaisseur, et plus le refroidissement du corps s’opère avec lenteur. Ainsi, la laine tissée à larges mailles et disposée de telle façon qu’elle contienne dans l’interstice de ces mailles une certaine quantité d’air, constitue une étoffe qui conduit le plus mal le calorique, par conséquent isole le mieux le corps et s’oppose le plus au refroidissement de la surface cutanée. Au contraire, le lin et le chanvre tissés en toile mince et à mailles fines et serrées, constituent des étoffes qui sont très bonnes conductrices du calorique, par conséquent tendent à mettre la température du corps en équilibre avec celle de l'air extérieur ambiant.

IV. Couleur des vêtements. — Franklin, Davy, Stark, ont démontré expérimentalement que les vêtements de laine colorée sont bien plus perméables à la chaleur que ceux de laine blanche. Les vêtements de laine blanche, souple, moelleuse,

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légère et en même temps épaisse, par suite contenant beaucoup d’air dans ses mailles, sont les plus mauvais conducteurs de la chaleur, ceux qui conservent le mieux la chaleur du corps et qui l’isolent le mieux de l'influence des agents extérieurs. Les vêtements blancs présentant le minimum de pouvoir absorbant et de pouvoir émissif, le burnous en laine blanche et le turban que portent les Arabes sont donc bien appropriés à la chaleur torride du jour et à la température glaciale des nuits dans le climat africain. Dans nos pays où le froid est plus à craindre que la chaleur, il faut au contraire porter, en général, des vêtements de laine foncée, de façon à conserver la chaleur du corps et en même temps absorber la chaleur solaire. Voici du reste quel est le pouvoir absorbant des couleurs : la couleur noire est celle qui a le pouvoir absorbant du calorique maximum ; puis \iennent le bleu, le vert, le rouge, le jaune et enfin le blanc qui est la couleur dont le pouvoir absorbant du calorique est le minimum.

Ce que nous venons de dire sur le choix des couleurs suivant les climats, concerne les civils. En ce qui louche nos soldats, si l'on se place au point de vue de la perception des couleurs à longue distance par l’ennemi , d’après les expériences de J. Gérard et Devismes, le gris et le brun sont les couleurs le moins facilement vues de loin , puis vient le bleu foncé et enfin le rouge et le blanc. Si au contraire on se place simplement au point de vue du pouvoir émissif et absorbant des étoffes, il résulte des expériences de Coulier et Ilammoud, que le drap bleu des capotes est, entre toutes les étoffés, celle qui protégé le mieux le corps contre le froid, et que, dans les pays chauds, lorsque le corps est exposé au soleil, les étoffes de coton sont au contraire très utiles.

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