‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 60 sur 344 · LA · texte numérisé non relu

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de pénétrer clans la trachée, se trouve subitement, dans la plupart des cas, diminué de moitié. La gêne respiratoire est plus souvent entretenue par la cause même de la paralysie. La toux n’est pas la règle; elle n’existe qu’autant que l'affection, cause de la paralysie, la détermine.

Les signes fournis par l’examen laryngoscopique sont exactement les mêmes, quelle que soit la cause de la paralysie.

Si ce sont les muscles dilatateurs de la glotte qui sont atteints, on trouve la corde vocale immobile; le cartilage aryténoïde correspondant est complètement immobile , ou fait des mouvements insignifiants. Ce cartilage, très souvent, opère un mouvement de bascule d’arrière en avant, de telle sorte que son sommet masque les portions postérieures de la corde correspondante qui paraît être raccourcie. En même temps, il semble être plus rapproché de l'épiglotte, ce qui donne au larynx un aspect de déformation qui frappe l’œil tout d’abord. Cette différence de niveau est surtout appréciable pendant les efforts de la phonation. Lorsque le malade fait, au contraire, des mouvements inspiratoires, la corde paralysée reste sur la ligne médiane, si la paralysie est complète; si elle est incomplète, elle ne s’en écarte que très peu.

Si ce sont les muscles constricteurs (crico-aryténoïdiens) qui sont atteints, le bord libre de la corde vocale, au lieu d’ètre rectiligne, est concave, et pendant les plus grands efforts de phonation, il reste toujours un espace entr’ouvert entre les deux cordes. Cette ouverture est toujours elliptique.

La corde vocale saine finit, avons-nous dit, par acquérir des mouvements plus étendus qu’à l’état normal, de telle sorte que pendant l’inspiration elle s’efface presque complètement, et se cache sous la corde vocale correspondante.

Quant à la muqueuse et aux autres parties constituantes du larynx, elles sont le plus souvent saines.

Quel est le pronostic des paralysies du larynx ? — Il varie avec les causes de ces paralysies.

Toutes choses égales d’ailleurs, les paralysies de causes générales sont moins graves que les paralysies de causes locales. En effet, parmi les premières nous n’en avons que rarement trouvé qui fussent rebelles au traitement. Les paralysies par anémie sont subordonnées aux causes de déglobulisation. Les paralysies syphilitiques sont plus sérieuses, car elles indiquent une infection profonde.

Parmi les paralysies de causes locales, celles qui tiennent à un anévrysme de l'aorte (les plus fréquentes d’ailleurs), celles qui tiennent à une adénopathie bronchique , compliquée de tuberculose pulmonaire, ou à une tumeur du médiastin ou de l’œsophage, tirent leur gravité de leur cause même, car, dans tous ces cas, ce n’est que lorsque les tumeurs sont très volumineuses, qu’elles en arrivent à comprimer le récurrent correspondant.

Quel est le traitement des paralysies du larynx? — Il est absolument subordonné à la cause de la paralysie.

Dans les paralysies de causes générales, il doit être local et général. Nous entendons par traite-

ment local les électrisations soit externes, soit internes, et les applications topiques sur les cordes vocales paralysées.

L’électrisation se fait à l’aide d’une pile dont les deux pôles, terminés par des plaques métalliques recouvertes de peau, sont appliqués de chaque côté du cou sur le trajet des nerfs récurrents.

Cette méthode donne de très bons résultats, mais seulement quand la paralysie ne date que de peu de temps.

Dans les cas de paralysies anciennes, il est préférable d’employer l’électrisation interne qui, croyons-nous, fut faite pour la première fois par Duchenne (de Boulogne) et ensuite par Mackenzie.

Cette électrisation se fait de deux manières.

Dans l'une, l’un des pôles est porté dans le larynx, précisément sur la corde paralysée, tandis que l’autre pôle est mis en communication avec la main du malade ou mieux avec un collier portant à sa partie antérieure et interne une plaque métallique qui s’applique sur le devant du cartilage cricoïde ou sur le thyroïde.

La seconde manière consiste à porter dans le larynx les deux pôles de la pile. Cette opération, qui se fait avec un rhéophore double, est extrêmement facile en se guidant avec le laryngoscope.

On devra faire en sorte que le courant ne soit pas trop intense pour éviter au malade des spasmes trop violents. Pour cela, avant d’introduire le rhéophore dans le larynx, on devra graduer le courant en appliquant les boutons de l’instrument sur les lèvres du patient.

L’électrisation du larynx est généralement très bien supportée. Lorsque la voix revient, le malade rejette une grande quantité de mucosités visqueuses et filantes, et en même temps les cordes, si elles étaient rouges, se décongestionnent instantanément.

Les séances doivent être continuées régulièrement jusqu’au retour complet de la voix, qui quelquefois peut se faire attendre très longtemps.

Mackenzie cite des cas où la voix n’est revenue qu’à la trentième électrisation. Nous-même, nous avons été témoin de faits où le retour complet de la phonation ne s’est fait qu’au bout de plusieurs semaines. 11 est bien entendu que nous ne parlons ici que d’aphonies nerveuses.

Dans les cas de paralysies par peur ou a frigore, la voix revient presque toujours à la première séance.

Dans les cas de paralysies anémiques, diphthéritiques, syphilitiques, les électrisations ne donnent pas d’aussi bons résultats. Il n’en est pas de même des applications topiques et même caustiques.

Dans les paralysies syphilitiques et diphthériques, ces applications rendent les plus grands services. On devra donner la préférence aux solutions de nitrate d’argent au vingtième, à la teinture d’iode pure et au perchlorure de fer, portés dans le larynx à l’aide de l’éponge. Mackenzie propose des inhalations de chloroforme et de créosote. Il cite plusieurs cas de guérison.

Comme traitement général dans les paralysies hystériques, on prescrira le bromure de potassium à doses assez fortes, jusqu’à 6 et 8 grammes par

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jour, et on conseillera, en même temps un régime tonique et l’hydrothérapie.

Dans les paralysies par pour et a frigore , les préparations de strychnine, de noix vomique en particulier, sont indiquées.

Pour 1 anémie et les suites de la diphthérie, ce sont le fer et le quinquina qui donnent les meilleurs résultats.

Quant aux paralysies syphilitiques, nous conseillons les frictions mercurielles, l’iodure de potassium à haute dose, les inhalations de cinabre et les bains de vapeur.

Pour terminer le traitement des paralysies de causes générales, il ne nous reste plus qu’à parler de la gymnastique vocale. Nous entendons par gymnastique vocale l'exercice méthodique de la voix par le solfège. Toutes les fois que l’on sera parvenu à rendre la voix à une personne atteinte de paralysie laryngée, il est bon de lui recommander de faire pendant quelque temps du solfège pour taire manœuvrer méthodiquement les muscles de son larynx.

De 1 ensemble des faits que nous avons observés, il ressort qu il est rare que la thérapeutique soit impuissante contre les paralysies de causes générales.

Il est loin d'en être de même pour les paralysies de causes locales. En effet, chacun sait combien le tj ailement est inefficace dans les cas d’anévrysmes soit de 1 aorte soit de toute autre artère inlra-thoracique.

Or, dans ces cas, la paralysie de l’une des cordes n’est plus qu’un symptôme, et c’est à la cause que doit s’attaquer la médication.

Il n’en est pas de même tout à fait dans l’adénopathie bronchique, surtout si l’adénopathie est de nature scrofuleuse ou syphilitique.

Da.ns ces cas, le meilleur médicamenta employer est l’iode sous ses différentes formes, et principalement sous la forme de teinture alcoolique non acide (1 gr. d’iode pour 10 gr. d’alcool à 90°). On prescrit au malade de prendre cette teinture par gouttes en commençant par 5 gouttes et en augmentant chaque jour d’une goutte jusqu’à ce qu’il ait atteint 30 ou 40 gouttes selon les âges. Lorsque le nombre voulu est atteint, on lui recommande de diminuer la dose de une goutte chaque jour.

La teinture peut être prise telle quelle dans du vin de Malaga ou de Xérès, comme le prescrit Guéneau de Mussy, ou bien encore dans de l’eau d’amidon.

La teinture d’iode pourra encore être prescrite en badigeonnages, et concurremment avec 1 usage qu’on en fera à l’intérieur.

Il est aussi d’usage de prescrire de l’huile de foie de morue. Il faut pour cela que l’estomac du malade soit en bon état.

Dans l’adénopathie de nature scrofuleuse, les eaux arsenicales donnent souvent de bons résultats, de plus le séjour à la campagne vient se joindre dans ces cas à l’heureuse influence du traitement.

L’adénopathie syphilitique devra être combattue par les frictions mercurielles et par l’iodure de potassium.

Enfin, c’est encore à l’iodure que l’on devra avoir recours dans les tumeurs du médiastin dont la nature est si difficile à préciser.

Dans les cas de paralysies des cordes par tumeurs du cou, il est indiqué d’enlever la tumeur, si elle est simplement ganglionnaire, et si les organes voisins permettent celte ablation. Quant aux kystes du corps thyroïde, s’ils ne sont pas de nature cancéreuse, si l’état général du malade le permet, on peut tenter de les ponctionner, mais il faut être prévenu que ces ponctions sont loin d’être exemptes de tout danger.

Enfin, dans le cas de cancer de l’œsophage, la maladie est au-dessus de toutes les ressources de l’art.

Dans toutes ces paralysies de différentes natures, le médecin devra surtout s’appliquer à soulager le malade en lui prescrivant surtout des narcotiques (belladone, ciguë, opium), car c’est souvent la gêne de la respiration et surtout les quintes de toux, qui le fatiguent. Contre la toux, on se trouve généralement bien de gargarismes au bromure de potassium (15 pour 300) et de fumigations de guimauve et de pavot.

L’électricité elle-même ne devra pas être négligée, surtout si la paralysie est incomplète. Il arrive quelquefois que l’on peut rendre ainsi au malade un peu de voix, ce qui le trompe sur son état et lui donne de l’espoir. D' G. Poyet.

LATRINES. — (V. Vidange .)

LAUDANUM. — On donne ce nom en pharmacie à diverses préparations d’opium, dont les plus connues sont le laudanum de Sydenham et le laudanum de Rousseau. Voici leurs formules d’après le Codex français :

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