‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 64 sur 344 · LAY · texte numérisé non relu

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LAVANDE. — La lavande est une plante aromatique de la famille des Labiées, fréquemment cultivée dans nos jardins. Elle est reconnaissable à sa tige grêle, carrée, haute quelquefois d'un mètre, à ses feuilles linéaii es, blanchâtres et à ses fleurs bleues, petites. Elle répand une odeur agréable, possède une saveur forte, caustique, qui la rend stimulante et dangereuse si on la fait prendre à des doses trop élevées.

Comme la menthe poivrée dont elle a une composition à peu près identique, la lavande produit d’abord une légère sensation de fraîcheur à la

bouche et dans l’estomac, puis survient de la chaleur avec stimulation de l’appétit et augmentation momentanée des forces. Son absorption est marquée par la plénitude des pulsations cardiaques, l’élévation de la température. Son élimination s’opère par les voies aériennes, dont elle favorise l’expectoration des mucosités, par les voies urinaires et cutanées sur lesquelles elle agit d’une manière à peine sensible. Sa prescription est indiquée contre les dyspepsies, les gastralgies, le météorisme non fébrile et la plupart des maladies de langueur.

A l’intérieur, la lavande se prescrit en infusion, eau distillée, essence ou alcoolat. A l’extérieur, on s’en sert en cataplasmes, fomentations, sachets résolutifs ou bains aromatiques. L'eau-de-vie et le vinaigre de lavande sont d’un usage fréquent pour la toilette. Quelques gouttes dans un demi-verre d’eau adoucissent la peau du visage, en font disparaître les rongeurs et les éruptions papuleuses; elles servent aussi pour se rincer la bouche et se nettoyer les dents.

Voici une formule d’eau-de-vie de lavande excellente et facile à préparer :

Huile volatile de .lavande 12 grammes.

— de bergamote .... 12 —

— de roses 6 gouttes.

— de girofle 6 —

— de romarin ls*, 50f.

Musc 0*r, 1 décig.

Miel 30 grammes.

Acide benzoïque 2sf, 50e.

Alcool 300 grammes.

Eau distillée 90 —

on mélange le tout, on laisse en contact pendant vingt quatre heures et on filtre.

La lavande officinale est du nombre des plantes qui sont comprises dans la préparation du baume tranquille, de l'eau de Cologne, du vinaigre des quatre voleurs, etc.

Cette plante n'est pas la seule usitée en médecine, on a recours aussi parfois à la grande lavande ou spic, lavandula spira, qui possède la même valeur physiologique et thérapeutique. On en retire une huile essentielle dite huile de spic ou d’aspic, utile en frictions contre la paralysie. On en fait par macération des sommités fleuries un vin également employé en frictions contre la même affection morbide. Dr Marc. Camboulives.

LAVEMENT. — Par lavements ou clystères, on entend des préparations magistrales liquides qu’on introduit par l’anus dans le gros intestin au moyen d’une seringue, d’un clysopompe ou d’un irrigateur. Le liquide injecté est ordinairement de l’eau froide, tiède ou chaude, simple ou chargée de principes médicamenteux; il peut être aussi du vin, du lait ou du bouillon dégraissé. On administre sous cette forme les mêmes substances que par la bouche, mais à des doses un peu plus fortes.

Le malade qui va prendre un lavement doit être couché sur le côté droit, jamais sur le côté gauche, le bassin plus élevé que le tronc, et le corps légèrement courbé en arc pour que les muscles du ventre soient dans le relâchement. Le liquide sera poussé jusqu’au bout de la seringue pour éviter l’introduction de l’air dans la partie inférieure du tube digestif, la canule sera préalablement enduite d’un corps gras; puis, on engagera le malade à faire un petit effort, comme s’il voulait aller à la selle, on saisira ce moment pour introduire la canule en la dirigeant obliquement de bas en haut, et on donnera le clvstère, en grande ou en petite quantité suivant qu’on l’aura jugé convenable. En moyenne, chez un adulte, le poids d’un quart de lavement est de 125 grammes; celui d’un demilavement, de 250 grammes; celui d’un lavement entier, de 500 grammes: celui d’une douche ascendante de I à 8 ou 10 litres. Les lavements entiers conviennent toutes les fois qu’il y a constipation ou irritation du tube gastro-intestinal. On peut en prendre jusqu’à deux ou trois par jour; ils sont faits en général avec une tisane émolliente. Les demi et les quarts de lavements sont des lavements médicamenteux proprement dits, ils sont destinés à être gardés le plus longtemps possible. On débarrasse, à cet effet, le rectum des matières fécales qu’il peut contenir par l’administration d’un grand lavement, et l’on ert fait prendre, immédiatement après, un petit parce qu’alors l’intestin vide absorbera mieux la substance médicamenleu-e que s’il eût été obstrué. L'on a de la sorte, suivant leur action, des lavements calmants, toniques, astringents, laxatifs, anthelmintiques, etc.

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