‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 73 sur 344 · BUR&UN · texte numérisé non relu

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Fig. 759.

Ligature de l'artère axillaire dans l’aisselle.

Peau. — b Aponévrose. — c. Nerf médian. — d. Veine axillaire. — e. Brachial cutané interne. — f. Gaine des vaisseaux axillaires. — G. Artère axillaire.

Fig. 760. — Montrant les différents points du bras au niveau desquels on peut faire la ligature de l’artère humérale.

Fig. 7G1. — Montrant les divers points de l’avant-bras au niveau desquels on peut faire la ligature de l’artère radiale et de l'artère cubitale.

N° 1 . — A. Artère radiale. — B. Gaine de l’artère. — C. Muscle rond pronateur.

N° 2. — D Artère radiale. — E. Tendon du long supinateur. — F. Tendon du grand palmaire.

N° 3. G. Artère cubitale. — H. Nerf cubital — E. Muscle cubital antérieur. — J. Erigne écartant le muscle fléchisseur sublime.

N° i. — K. Gaine de l’artère ouverte. — L. Artère cubitale. — M. Erigne écartant le muscle cubital antérieur sous lequel on voit le nerf.

empêcher le caillot d’arriver jusqu’à l’origine de cette collatérale. Si la ligature est éloignée d’une collatérale, le caillot a une longueur égale à la distance qui sépare la ligature de l’origine de la collatérale.

M. Notta (de Lisieux), examinant l’artère fémorale d’un homme liée neuf heures avant la mort, a trouvé un long caillot remontant jusqu’à l’origine de l’artère fémorale profonde, tandis que le caillot

Fig. 762. Fig. 763.

Fig. 762. — Montrant le point de l’aine au niveau duquel on peut pratiquer la ligature de l’artère iliaque interne et les différents points de la cuisse au niveau desquels on peut pratiquer la ligature de l’artère fémorale.

Fig. 763. — Montrant les différents points de la face interne de la jambe, au niveau desquels on peut pratiquer la ligature de l’artère tibiale postérieure.

n’offrait que deux millimètres dans l’artère iliaque primitive, liée dix-huit heures avant la mort. 11 ne faut donc pas appliquer de ligature au voisinage des branches collatérales situées enlre la ligature et, le cœur. Lorsque le caillot s’est formé, il s’est opéré insensiblement, au niveau de l’artère, un travail fort long, dont le résultat est la chute du fil à ligature. Ce fil tombe, d’après Malgaigne,du seizième au dix-septième jour, sur des artères, telles que la

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carotide primitive, l’iliaque externe et la fémorale. Si l'artère n’a pas été bien dénudée, ou si l’on a compris quelque autre organe dans la ligature, la chute du fil est retardée.

Les ligatures peuvent être faites à l’aide de fils de chanvre, de soie, de lin, ou avec des fils métalliques, ou encore avec du catgut, c’est-à-dire du boyau de chat, de la corde à boyau, de la corde à violon , qu’on a préalablement trempés dans de l’huile, puis dans une solution antiseptique. Le catgut n’irrile pas les tissus et aurait, d’après les recherches de Talamon, la propriété précieuse de pouvoir être résorbé, de disparaître sans laisser de traces. Certains auteurs, entre autres Fléming, admettent même que le catgut s’organise et devient partie intégrante de l’organisme du sujet sur lequel on l’a employé.

B. Ligature des artères a l’extrémité divisée. — Ces ligatures se font après les amputations, après l'ablation d'une tumeur ou à la suite d’une plaie quelconque. Pour les pratiquer, le chirurgien recherche d’abord au milieu des tissus le bout de l’artère sectionnée dont l’orifice est béant, puis il le saisit à l’aide d’un ténaculum ou même d’une pince à ligature dont il applique chacun des deux mors sur les deux points opposés de l'axe de l’artère, de façon à mettre en contact les deux faces internes. Alors, il attire légèrement l’artère, un aide passe la partie moyenne du fil à la ligature audessous de l’artère, ramène les deux chefs au-dessus, fait un premier nœud qu’il serre avec ses deux pouces ou ses deux indicateurs introduits dans

Fig. 764.

Ligature de l'artère après l'amputation de la cuisse. Manière de disposer les pouces pour serrer le premier nœud.

a plaie, en pressant les deux chefs du fil avec les deux faces palmaires des doigts. L’aide doit serrer assez fortement de façon à rompre les tuniques moyenne et interne de l’artère, mais il doit aussi avoir bien soin de n’exercer aucune traction pendant l’opération qu’il termine en faisant un second nœud semblable au premier.

2° Ligatures des tumeurs. — Les ligatures des tumeurs peuvent se pratiquer par divers procédés, suivant le volume de celles-ci et les dimensions plus ou moins grandes de leur pédicule.

Premier procédé. — Lorsque la tumeur est toute petite, on la comprend simplement dans une anse de fil à ligature que l’on serre au moyen d’un double nœud.

Deuxième procédé. — Lorsque la base de la tumeur est trop épaisse, on traverse celle-ci avec deux épingles en croix, et au-dessous de ces épingles on passe le fil à ligature que l’on serre fortement. La tumeur est ainsi pédiculisée et la ligature ne peut glisser, retenue qu'elle est par les épingles.

Troisième procédé. — Lorsque les tumeurs ont un grand volume et une Irès large base, il faut faire sur cette tumeur plusieurs ligatures partielles. Le meilleur procédé de ligatures multiples est celui de Rigal de Gaillac. Voici en quoi il consiste:

1" Temps. — On traverse les parties molles sous-jacentes à la tumeur avec plusieurs épingles parallèles et séparées par le môme intervalle. Les orifices d’entrée et de sortie des épingles se trouvent à 3 millimètres de la base de la tumeur.

2e Temps. — Au milieu des intervalles qui séparent les épingles, on passe avec une aiguille un fil double, comme on a passé les épingles. A ce moment, il existe au-dessous de la tumeur cinq trajets parallèles, dont trois renferment une épingle et deux un double fil.

3' Temps. — On saisit les deux fils les plus voisins de l’épingle moyenne, et on fait une ligature, d'un côté sous la tête de l’épingle, d’un autre côté sous la pointe, et l’on étrangle ainsi le tiers moyen de la tumeur. On prend ensuite les fils extrêmes, et l’on fait un nœud au dessous de la première et de la troisième épingle, de manière à étrangler les deux autres tiers de la tumeur. A la fin on fait un étranglement général de la base de la tumeur, au-dessousdes épingles, avec tous les bouts restants des fils; et l’on n’a qu’à attendre la gangrène de la tumeur.

Le procédé de Luke repose sur le même principe que le précédent, c’est-à-dire sur la ligature multiple. Plusieurs aiguilles sont passées sur un même fil ; la première est enfoncée dans les parties saines, immédiatement en dehors de la tumeur; la seconde et les suivantes placées à égale distance les unes des autres, contournent la tumeur à sa base; elles doivent passer profondément, au delà des limites du mal. La dernière aiguille est placée comme la première. Cela fait. On coupe les fils au niveau du chas des aiguilles, on obtient ainsi une série d’anses, dont chacune est fermée par un nœud fortement serré. Dr J.-A Fort.

LILAS. — Le lilas est un arbuste de la famille des jasminées, dont les fruits capsulaires, doués d’une saveur franchement amère, ont été jadis employés en médecine par Cruveilhier, qui leur avait trouvé des propriétés toniques et fébrifuges. Ce professeur avait fait préparer un extrait qu’il administrait à la dose de 4 grammes par jour. Le lilas est aujourd’hui inusité. p. l.

LIMAÇON. — (V. Escargot.)

LIMANDE. — (V. Plie.)

LIMONADES. — Les limonades sont des boissons

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acidulés, rafraîchissantes, qui s’édulcorent avec les mêmes substances que les tisanes, se donnent aux mêmes doses et servent aux mêmes usages. On les divise en limonades minérales, végétales ou sèches et on les subdivise en gazeuses ou non gazeuses.

On prépare les limonades minérales avec 1 à 2 grammes d’acide par litre d'eau, c’est ainsi que l’on obtient les limonades avec les acides sulfurique, azotique, phosphorique , chlorhydrique. La limonade sulfurique est la plus usitée; les autres ne le sont que rarement. La dose de ces acides peut varier beaucoup suivant leur degré de concentration; aussi le médecin en prescrit il souvent une quantité suffisante pour aciduler agréablement le véhicule sans désigner le nombre de grammes qu'il faut y mettre.

La préparation des limonades végétales se fait soit avec les acides végétaux, soit avec les fruits acidulés, soit avec les sirops de ces produits. Avec les acides végétaux la préparation en est facile puisqu’il suffit de mettre 1 à 2 grammes d’acide citrique, tartrique, malique, acétique (vinaigre) dans un litre d’eau pour avoir la limonade demandée; les sirops de ces acides à la dose de 60 à 100 grammes donnent les mêmes résultats. Avec les fruits acidulés la préparation varie un peu selon les variétés. A-t-on affaire à une orange, un citron, on en met un ou deux pour une pinte de véhicule; à cet effet on enlève les zestes et les semences, on coupe par tranches la partie succulente et on laisse le tout en contact pendant une heure, soit avec l’eau froide, l’on a la limonade crue (macération), soit avec l’eau bouillante et l’on ala limonade cuite (infusion), dont la saveur parait moins acide et dont la consistance est plus mucilagineuse. A-ton affaire à des fruits peu volumineux comme des groseilles, des cerises, des mûres, des framboises, on les égrappe, on les écrase, et on en met deux à quatre cuillerées par litre d'eau pour obtenir une limonade convenablement acidulé. Les sirops de tous ces fruits à la dose de deux onces environ produisent une excellente limonade qui n’a pas besoin d’édulcorant comme celle des fruits euxmêmes.

Pour les personnes qui voyagent, les limonades sèches sont plus commodes; elles consistent en une poudre composée d’acide citrique 8 grammes, de sucre blanc 125 grammes et d’essence de citrons ou d’oranges 8 gouttes, le tout mêlé exactement et renfermé dans un flacon bien fermé. Une cuillerée à soupe de cette poudre dissoute dans un verre d’eau forme une limonade non gazeuse très agréable. On peut la rendre gazeuse par l’addition d’une quantité de bicarbonate de soude égale ou un peu supérieure à celle de l’acide citrique, 10 grammes par exemple, et que l’on tient dans un flacon séparé. 11 suffit dans ce cas d’ajouter à la cuillerée à soupe du mélange dissous dans le verre d’eau une demicuillerée à café du bicarbonate de soude et à boire aussitôt pendant que s’opère le dégagement du gaz acide carbonique. On peut encore préparer de la limonade gazeuse en introduisant dans une bouteille pleine d’eau de l'acide citrique cristallisé et du bicarbonate de soude, 8 grammes de chaque, édulcorant avec 100 grammes de sucre, aromatisant

avec quelques gouttes d’essence et bouchant tout de suite pour éviter la déperdition du gaz; la suppression du sucre et de l’essence donnerait une bouteille d’eau de seltz.

Usitées seulement à l’intérieur, les limonades s’administrent comme les tisanes, par verres ou par quarts de verres, ordinairement froides et en quantités variables suivant la soif des malades. Elles se prennent comme boisson d’agrément en vertu de leur action tempérante, rafraîchissante et digestive qu’elles possèdent à un très haut degré. La médecine en retire aussi de précieux avantages contre les gastro-entérites, les fièvres muqueuses, les fièvres typhoïdes et contre un grand nombre d’autres affec lions irritantes du tube intestinal. On n’en prépare, comme les tisanes, qu’un litre tout au plus à la fois et on les conserve dans des vases de verre, de porcelaine ou de grès exposés dans un endroit frais pour éviter leur décomposition si facile à la saison d’été. Ce sont des adjuvants nécessaires souvent mis en usage pour aider l’action curative de remèdes plus énergiques. Dr Marc. Camboulives.

LIMOUSIN (appareil). — (V. Oxygène.)

LIMOUSIN (cachets médicamenteux). — (V. Cachet.)

LIMOUSIN (CAPSULES TÆNIFUGES). — (V. Fougère.)

LIMOUSIN (CHLORAL PERLÉ). — (V. Chloral.)

LIMOUSIN (COMPTE-GOUTTE). — (V. Compte- goutte.)

LIN. — Le lin est une plante annuelle cultivée partout en Europe et généralement connue de tout le monde. Elle présente une tige haute de 50 centimètres à un mètre, droite, grêle, peu rameuse; des feuilles nombreuses, sessiles, lancéolées, entières, d’un vert glauque avec trois nervures longitudinales; des fleurs, longuement pédicellées, d’un bleu pâle et disposées en corymbe; un fruit à dix valves séparées par des cloisons; des graines petites, brunes, luisantes, oblongues et aplaties sur les deux faces Ces graines ont un épisperme contenant du mucilage et un embryon contenant de l’huile siccative, sans compter l’amidon et d’autres matières moins importantes qui entrent dans leur composition.

En médecine, on a recours au lin pour ses tiges et ses graines. Ses tiges en effet servent à faire la filasse, le til et la toile. La filasse roulée en cylindres sert à la confection des moxas ; lissée en quantité suffisante autour d’un piston, elle maintient le frottement et le glissement régulier de cet appareil dans le corps de pompe. Le fil fin, résistant et préalablement ciré forme la plupart des ligatures et des sutures qu’on pratique sur les vaisseaux, sur les tumeurs ou sur les solutions de continuité. La toile blanchie et usée est journellement utilisée par tous les praticiens sous forme de compresses, de charpie et de bandes toutes les fois que le cas exige un pansement quelconque.

Quant aux graines de lin, elles sont émollientes, adoucissantes et légèrement purgatives. Une ou deux cuillerées de ces graines mises dans un demi-

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verre d’eau et avalées le soir en se couchant produisent le lendemain matin un effet laxatif efficace. Bouillies entières, seules ou enveloppée dans un nouet de linge, les semences de lin donnent une eau mucilagineuse très recherchée en lavements, injections, lotions, fomentations et surtout en tisanes si utiles dans les irritations des voies digestives et urinaires comme rafraîchissantes. Réduites en poudre ou en farine en les pilant dans un mortier ou à l’aide d’un moulin, elles font la base de cataplasmes doublement émollients par le mucilage et l’huile qu’elles contiennent.

Ces cataplasmes sont de l’usage le plus vulgaire et constituent le traitement habituel de la médication antiphlogistique. Enfin 1 huile de lin par ses propriétés éminemment siccatives est employée à la fabrication des sondes, des pessaires et des bougies dites de gomme élastique. Leur préparation consiste à étendre sur des moules de toile des

Le muscle lingual inférieur, pair, est un faisceau musculaire situé à la face inférieure de la

Fig. 765. — Région sus-hyoïdienne.

( La 'glande sous-maxillaire a été enlevée.)

Couches successives d’huile de lin nu’on Artère linguale. — 1,1. Artère faciale accompagnée par la veine faciale. — fait séchor ot cnlimn^» „„ „i„:„ 2 Muscle masseter. — 3. Expulsion aponévrotique étendue du bord antérienr

du muscle sterno-mastoïdien à l’angle de la mâchoire, et séparant la glande parotide de la glande sous-maxillaire. — 4. Glande parotide. — 5,5'. Muscle digastrique. — 6. Artère carotide externe. — 7. Artère carotide primitive. — 9. Veine jugulaire interne. — 10. Os hyoïde. — 11. Nerf grand hypoglosse. — 12. Muscle mylo-hyoïdien. — 13. Muscle stylo-hyoïdien. — 14. Muscle sternomastoïdien. — 15. Muscles sterno-hvoïdien et thvro-hyoïdien.

fait sécher et solidifier en plein air.

Dr Marc. Camboulives.

LINGUAL. — Qualificatif employé par les anatomistes pour désigner les artères, les muscles et les nerfs de la langue, et aussi quelquefois, l’os hyoïde.

Artère linguale. — Elle prend naissance sur la carolide externe, un peu au-dessus de 1 artère thyroïdienne supérieure et se porte au-dessus de la grande corne de l’os hyoïde, entre les muscles constricteurs moyens du pharynx et l'hyo-glosse. Puis elle sedirige vers la pointe de la langue. Dans son trajet, elle donne : le rameau hyoïdien , qui se porte au-dessous de l'os hyoïde et s’anastomose avec le rameau du côté opposé pour former une arcade; Y artère dor .s ale de la langue, qui va se perdre à la face dorsale de cet orgone ; \ artère sublinguale , qui se termine à la face inférieure de la langue, et Yartère ranine, qui constitue la terminaison de 1 artère linguale à la pointe.

Muscle lingual. — On distingue deux muscles linguaux, le lingual supérieur et le lingual inférieur.

Le muscle lingual supérieur , impair et médian occupe la face supérieure de la langue. 11 est placé au-dessous de la muqueuse. Il s’incère en arrière par trois iaisceauv : un médian, qui se fixe au repli musqueux glosso-épigluttiquc médian, et deux latéraaux petites cornes de l’os hyoïde. Ces trois faisceaux se portent en avant en s élargissant, et constituent un plan musculaire longitudinal qui sinsère à la face profonde la muqueuse jusqu’à la pointe. Ce plan forme à la face dorsale de la langue un vrai muscle peaucier, que complètent sur les côtés les fibres des muscles palatoglwse, styloglosse et amygdalo glosee.

Fig. 766. — Nerf maxillaire inférieur et ses branches.

4. Nerf lingual. — 1. Ganglion de Glasser. — 2. Nerf buccal. — 3.Nerfauriculo-temporal — 5. Corde du tympan étendue du nerf facial au nerf lingual. — 6. Nerf facial sectionné à la sortie du trou stylo-mastoïdien. — 7. Nerf dentaire inférieur, devenant à sa sortie du trou mentonnier le nerf mentonnier (71;. — 8. Rameau mylo-hyoïdien — 9. Ganglion sous-maxillair , appendu au nerf lingual et logé dans la glande sous-maxillaire. — 10. Petit ganglion développé sur les filets du nerf lingual. — 11. Nerf grand hypoglosse.

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