‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 88 sur 344 · VESPETRO · texte numérisé non relu

VESPETRO

Essence d’anis 8 grammes.

— de earvi 5 —

— de fenouil doux 1,50 cent.

— de coriandre 0,50 cent.

— de citron distillée. ... 3 grammes.

Alcool à 85° 6 litres.

Sucre 8 kilos.

Eau 7 litres.

On fait dissoudre les essences dans l’alcool, puis on ajoute l’eau dans laquelle on a ait fondre le

LIS BLANC. — Le lis blanc est une plante de la famille des Liliacées, originaire d’Orient, cultivée dans le sud de l’Europe, dont les fleurs et les bulbes sont employées en médecine. On fait avec les fleurs une eau distillée qui jouit de propriétés antispasmodiques. Elles servent aussi à préparer, par macération avec l’huile d’olive, Y huile de lis qui est un remède populaire contre les douleurs d’oreilles. Quant aux bulbes frais, cuits sous la cendre et pilés, ils servent à confectionner des cataplasmes émolients et maturatifs. p. l.

LISERON. — Le liseron, appelé aussi petit liseron, clochette des champs, est une plante grimpante de la famille des Convolvulacées, très commune dans nos pays où on la rencontre dans les champs et au bord des chemins, dont la racine jouit de propriétés purgatives utilisées par les habitants des campagnes. p. L.

LISIÈRE. — On donne ce nom à des ceintures faites avec un tissu solide et assez large, qu’on attache autour du corps des petits enfants auxquels on veut apprendre à marcher et qui sont destinées à les soutenir. A ces ceintures sont fixées deux lanières que tiennent les personnes auxquelles sont confiés les enfants. Leur utilité a été fort discutée, et le nombre est grand des médecins qui leur reprochent de favoriser les déformations du corps, de fatiguer l’estomac et de gêner la respiration par la compression qu’elles exercent sur la cavité thoracique et sur les organes qu’elle renferme. Ces dangers sont réels, dirons nous avec le professeur Fonssagrives, surtout pour les enfants chétifs , mal nourris, enclins au rachitisme, mais ce que, avec lui, nous reprochons surtout aux lisières, c’est de favoriser les tentatives prématurées de marche pour les enfants. Mieux vaut les abandonner à euxmêmes sur un tapis. Ils sauront au juste quand la marche leur sera possible. L’habitude de compter sur les lisières gêne du reste leur initiative, et ils ne savent pas aussi bien éviter les occasions de chute. P. R-

LISTER (pansement de). — (V. Pansement.)

LIT. — On donne ce nom à l’ensemble des diverses pièces dont se compose le meuble sur lequel l’homme se couche pour se reposer et dormir. Un lit complet se compose du lit proprement dit, en bois ou en fer, du sommier ou de la paillasse, du lit de plume, des matelas, du traversin,

LIT

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des oreillers, des draps, des couvertures et des rideaux.

Le lit en fer est préférable au lit en bois, parce qu’il ne donne pas asile aux punaises. Il a de plus l'avantage d’être d’un entretien plus simple et de se démonter plus facilement. Malgré cela, les lits en bois sont d’un usage plus général, évidemment parce qu’ils sont plus meublants.

Les sommiers sont les uns en ressorts élastiques, les autres en crin : les premiers sont aujourd’hui bien plus usités que les seconds. Dans certaines contrées cependant, principalement dans nos campagnes, les paysans en sont encore à faire usage des paillasses, toiles remplies de paille ordinaire et plus souvent de spathes de maïs. Les paillasses ont besoin d'être journellement remuées et d’être souvent renouvelées.

Le lit de plume est encore d’un usage très répandu. Il se place entre le sommier ou la paillasse et le matelas. Nous ne sommes nullement partisans du lit de plume qui rend le coucher trop mou et trop chaud. Or un coucher trop chaud et trop mou a de nombreux inconvénients : « Il maintient le corps, dit Bouchardat, dans un état de chaleur et de moiteur qui affaiblit le système musculaire ; allanguit toutes les fonctions et spécialement la digestion, la respiration et la circulation ; provoque l’anémie, la chlorose, les névralgies, les pollutions nocturnes, les congestions viscérales, etc. » D’un autre côté on peut lire dans le Journal de médecine (1846) , l’observation d’un asthmatique qui était invariablement pris d’un accès lorsqu’il couchait sur un lit de plume. Enfin, les lits de plumes sont très difficiles à nettoyer, et, ainsi que le fait remarquer avec juste raison Fonssagrives, on frémit quand on songe que des générations peuvent se transmettre, sans que le contenu en ait été changé, des lits de plumes devenus les réceptacles impurs de toutes sortes de miasmes.

Les matelas se font soit en laine cardée, soit en crin, soit avec de la laine et du crin mélangés. Ces derniers nous semblent préférables. Cependant, comme dans presque tous les lits, on a deux matelas, on peut en avoir un tout en laine et un autre tout en crin, et on met l’un ou l’autre dessus suivant la saison.

Les traversins et les oreillers, destinés à maintenir la tête un peu plus haute que le reste du corps, sont les uns en plume, les autres en crin. Ces derniers sont plus frais, n’exposent pas à la transpiration du cou et de la tète comme les premiers et leur sont par conséquent de beaucoup préférables.

Les draps peuvent être en toile de fil ou de coton. On préfère avec raison faire usage de la toile de fil, malgré son prix plus élevé.

Quant aux couvertures, elles sont en laine ou en coton. Les premières, plus chaudes sont employées pendant l’hiver, les secondes sont réservées pour le printemps et l’automne , le simple drap étant généralement suffisant pendant les chaleurs de l’été.

Nous ne dirons rien ici de Yédredon et des rideaux, renvoyant le lecteur à l’article qui leur a été consacré, à leur ordre alphabétique. Pour la

même raison nous ne parlerons pas non plus de la bassinoire et du moine (V. ces mots).

Dans les ménages, les matelas doivent être refaits au moins une fois par an. Chaque fois qu’ils auront servi à un malade, surtout à un malade atteint d’une affection contagieuse, ils devront être désinfectés.

Quant aux draps de lit, ils seront changés au moins tous les quinze jours, et même plus souvent si cela est possible.

Dans les casernes, les navires, les prisons et surtout dans les hôpitaux, les soins à apporter aux objets de literie doivent être encore plus rigoureux.

Voici les prescriptions que proposait en 1879, pour les hôpitaux militaires, M. Lefranc, pharmacien principal des armées, dans un mémoire intitulé : Des laines de couchage au point de vue hygiénique :

« On devrait annuellement, dans chaque hôpital, procéder, au printemps, au battage mécanique de toutes les laines ayant un an de service en salle ; cette opération serait faite en dehors de toute habitation.

« Les laines battues seraient soumises, tous les trois ans, à une fumigation d’acide sulfureux et d’acide arsénieux (3 kilos de soufre et 1 kilo d’orpiment pour 10 quintaux de laine). •

« Cette fumigation serait toujours suivie d’un lavage par lixiviation à l’eau froide légèrement alcalisée et phéniquée, soit 1 kilogramme d’acide phénique et 40 kilogrammes de carbonate de soude dans 40 mètres cubes d’eau pour 10 quintaux de laine.

« Quand les laigées fumigées seraieht destinées un emmagasinage prolongé, elles ne seraient lavées qu’au moment de leur remise en service.

« Quant à la laine des matelas retirés des salles, soit après décès de sujets fiévreux, soit après l’occupation de sujets atteints d’affections contagieuses, elle serait toujours soumise immédiatement à une fumigation soufrée, suivie d’un lavage en eau légèrement alcalisée et phéniquée ».

Pour les hôpitaux civils, les médecins et les chirurgiens de ces établissements ont réclamé des mesures de désinfection encore plus énergiques.

Pour les maternités en particulier, le professeur Tarrvier a demandé que tout matelas sur lequel aurait couché une femme en couches atteinte d’une maladie contagieuse fut détruit. Cette mesure radicale, qui effraye l’administration de l’Assistance publique, pourrait être prise sans trop grever son budget, à la condition de n’employer dans les services d’accouchement que des matelas en balles d’avoine, en varech ou en crin végétal.

Dr A.-L. Labahthe, père.

LIT DE MISÈRE. — On appelle ainsi un lit usité en France dans les hôpitaux, sur lequel on place la femme pendant le travail de l’accouchement. Il est formé : 1° d’un lit de sangle dont la tête est appliquée contre le mur, et dont les pieds sont munis d’une barre solide, fixée en travers, destinée à servir de point d’appui aux pieds de la femme pendant le travail; 2° de deux matelas, dont l’un est étendu sur tout le lit, et dont le second, recouvert d’une toile cirée, est plié en deux vers son tiers supérieur, de façon à élever et à isoler le bassin de la parturiente

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LITS POUR MALADES ET BLESSÉS. - Pour les

malades et les blessés on fait subir aux lits 'ordinaires des modifications variées suivant la maladie

la moindre secousse et le moindre déplacement des membres, etc.

Parmi ces appareils mécaniques, le plus usité, le

Fig. 769. — Appareil de Dupont pour soulever la malade et lui donner la garde-robe.

ou le genre de blessure. Tantôt on remplace les matelas ordinaires par des matelas imperméables à air ou à eau, tantôt on adapte au lit des appareils

seul admis dans les hôpitaux, est celui de Dupont, qui permet de suspendre le malade pour le changer de literie et lui donner la garde-robe, de le remettre

Fig. 770. — Le même appareil appliqué pour coucher la malade sur le côté droit.

'La même manœuvre en sens inverse permet de le coucher sur le côté gauche).

destinés il permettre de soulever le malade, de le coucher sur un côté ou sur l’autre, ou encore de le sortir de son lit et de le poser sur un fauteuil, sans

sur son séant, de l’asseoir dans un fauteuil, de lui donner des bains, de le coucher sur le côté droit et sur le côté gauche, afin de panser les eschares et

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d'exécuter ces divers mouvements sans bruit et sans le secours des bras, en épargnant au malade des souffrances et aux personnes qui le soignent,

LITHIASE. — Mot employé par les médecins pour désigner la formation de graviers, de calculs ou de pierres dans le rein, la vessie et le foie. p. L.

Fig. 771. — Le même appareil appliqué pour sortir la malade de son lit et l'asseoir dans un fauteuil.

fatigues et efforts. Une seule personne suffit pour donner les soins nécessaires. Enfin, dans les hôpitaux, cet appareil, d’une locomotion facile, puis-

LITHINE. — La lithine ou oxyde de lithium, découverte en 1817 par Arfwedson dans quelques minéraux de Suède, tels que le spodumen, la pétalite,

Fig. 77‘2. — Le même appareil appliqué pour transporter la malade de son lit dans la baignoire.

qu’il est monté sur roulettes, permet de panser et de nettoyer plusieurs malades dans la même salle, ajoutons qu’il peut s’adapter à tous les lits.

LITHARGE. — Nom donné communément au protoxyde de plomb rendu demi-vitreux par la fusion (V. Plomb) p. L.

la tourmaline rouge, le mica, est une substance blanche, cristalline, sans odeur, d’une saveur caustique, d’une réaction alcaline prononcée, analogue à la potasse et à la soude. Quoique un peu moins irritante que ces deux bases, elle l’est encore trop pour servir à des usages thérapeutiques. En revanche, ses composés sont très fréquemment employés.

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Parmi les plus usités nous citerons le carbonate de lithine, le citrate de lithine, le benzoate de lithine, le bromhydrate de lithine, le bromure de lithium et le salicylate de lithine.

Carbonate de lithine. — Le carbonate de lithine est un sel blanc, dont la saveur se rapproche beaucoup de celle du bicarbonate de soude, insoluble dans l’alcool, peu soluble dans l’eau pure, plus soluble dans l’eau additionnée d’acide carbonique.

Lippowitz, Ure, Garrod nous ont fourni les premières expériences sur le carbonate de lithine, et nous ont fait connaître sa valeur curative réelle dans la goutte et la gravelle urique. Ces auteurs ayant remarqué la facilité avec laquelle une solution de carbonate de lithine dissout les concrétions d’acide urique ou les dépôts tophacés des goutteux dans un verre à expérience, ces auteurs, dis-je, ont administré cette solution à l’intérieur dans leur pratique, et en ont obtenu de très bons résultats.

Mais le carbonate de lithine n’a pas seulement la propriété de dissoudre l’acide urique de l’urine et les urates qui entrent dans la composition du tophus des goutteux, il a encore la propriété précieuse d’empêcher la formation de ce produit, à la condition d’être administré longtemps en solution dans une grande quantité d’eau. 11 constitue un des meilleurs dissolvants de l’acide urique, rend les urines alcalines et augmente tellement leur fréquence que certains malades en sont incommodés pour vaquer aux affaires de la vie commune. Il agit particulièrement sur la goutte et le rhumatisme chronique, sur la gravelle et les affections des voies urinaires. La dose quotidienne varie de 30 centigr. à 1 et 2 grammes.

Citrate de lithine. ■ — Le citrate de lithine est une poudre blanche déliquescente, assez soluble dans l’eau, qui s’administre dans les mêmes cas et aux mêmes doses que le carbonate de lithine.

Benzoate de lithine. — Le benzoate de soude, qui se présente sous forme de beaux cristaux prismatiques ou aplatis, est très soluble dans l’eau. Il est préféré par un certain nombre de médecins au carbonate et au citrate, surtout dans les cas de coliques néphrétiques ou hépatiques, dans le diabète et l’albuminurie.

Bromhydrate de lithine. — Bromure de lithium.

— Ces composés jouissent de toutes les propriétés de la lithine auxquelles vient s’ajouter l’action calmante et sédative du bromure, et peuvent être administrés dans tous les cas où l’élément de douleur est très prononcé.

Salicylate de lithine. — Le salicylate de lithine joint aux propriétés de la lithine, la double action antirhumatismale et antiputride de l’acide salicylique. Il s’emploie contre les rhumatismes et dans les affections catarrhales des voies urinaires pour faire cesser la fétidité des urines.

Tous les sels de lithine peuvent s’administrer en poudre, en pilules, ou en solution dans l’eau. L'n des meilleurs modes d’administration consiste à les faire prendre sous la forme de granules effervescents de Le Perdriel (V. Le Perdriel).

Rappelons, en terminant, que le bromure de lithium entre dans la composition des pilules de Pocher (V. ce mot). D'Marc. Cambouuves.

LITHOTOME. — Nom donné à un instrument employé dans l'opération de la taille (V. ce mot).

LITHOTOMIE. — Nom donné à l’opération de la taille (V. ce mot). p. l.

LITHOTRITEUR. — On appelle lithotriteur ou brise-pierre l’instrument dont on se sert pour broyer la pierre dans l’opération de la lithotritie (V. ce mot). p. l.

LITHOTRITIE. — Cette opération consiste à débarrasser la vessie des pierres qu’elle contient par la voie naturelle, le canal de l’urèthre, au moyen d’un instrument broyeur, appelé brise-pierre, que l’on introduit par l’urèthre dans la vessie, et au moyen d’une sonde métallique placée dans l’urèthre par laquelle on fait sortir les fragments de la pierre.

Ainsi, c’est une opération sans lésion, sans plaie des tissus, sans perte de sang.

La première lithotritie a été faite avec succès par Civiale en 1824. Le brise-pierre qu’il employa était une pince à trois branches. Entre les trois valves des branches tenant la pierre était une fraise en acier, à laquelle de l’extérieur on imprimait des mouvements de rotation avec un archer de coutelier placé sur la tige de la fraise.

Ce brise-pierre était volumineux ; avec lui on prenait difficilement la pierre dans les trois branches. La fraise agissait lentement et quelquefois difficilement sur les pierres dures. Souvent il fallait d’abord perforer en plusieurs sens la pierre, pour en obtenir la fragmentation complète.

Mais les chirurgiens français , Civiale, Leroy d’Etiolles, Amussat, après avoir contribué à ces premiers résultats par les perfectionnements qu’ils apportaient incessamment dans les instruments, ont maintenu pendant des années cette opération, malgré les attaques de Dupuytren.

En 1831, le baron Heurteloup inventa l’instrument dit courbe. C’est une pince latérale ayant la disposition du podomètre dont se sert le cordonnier lorsqu’il mesure la longueur du pied. C’est là le plus grand progrès de la lithotritie. Cet instrument est encore celui dont tous les chirurgiens se servent. Les progrès réalisés depuis n’ont jamais modifié la disposition générale primitive de l’instrument du baron Heurteloup. Ils ont consisté dans des modifications des becs de cette pince latérale, dans des appareils mécaniques variés placés aux extrémités externes de ces branches, et destinés à produire la force broyante entre les deux becs ; mais l’invention du baron Heurteloup domine toujours.

Ces deux becs, qui latéralement viennent s’appliquer l’un contre l’autre, sont chacun à l’extrémité d’une tige. L’une des tiges est creuse, cannelée dans toute sa longueur, c’est la branche dite femelle, qui porte le bec le plus éloigné; l’autre est une tige pleine qui glisse dans la cannelure à mortaises de la première, elle porte l'autre bec, c’est la branche mâle. On dit aussi bec mâle ou bec femelle.

Pendant le broiement, le corps droit de l’intrument occupe l'urèthre.

Le baron Heurteloup employait des becs présen-

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tant des dents latérales qui s’enchevêtraient l’une dans l’autre, et n'admettait comme moyen mécanique de rapprochement que la percussion.

Il fixait l’extrémité de la tige femelle dans un étau, et il frappait avec le marteau sur l’extrémité de la tige mâle. La pierre, prise entre ces deux mors fortement dentelés, était brisée. Mais pour manœuvrer ce brise-pierre à dents acérées, pour saisir avec lui la pierre ou ses fragments sans blesser la vessie, il fallait une grande habileté, ou se servir de la pesanteur, c’est-à-dire faire tomber la pierre entre les becs de l’instrument. Heurteloup réalisa ce grand progrès. Au moyen de son lit, en mettant le malade dans une position telle que l’instrument étant introduit, son bec touche le point le plus i déclive de la paroi delà vessie. Celle-ci étant dilatée avec du liquide, naturellement la pierre occupe I ce point. Alors il suffit de déprimer la paroi vésii cale, avec le talon du bec femelle, pour faire tomber la pierre entre les becs, et la saisir en poussant le bec mâle.

C’était là un bien grand progrès. Mais les chirurgiens , ses contemporains, n’ont jamais voulu accepter le lit. Il est vrai qu’il était très volumineux, et par suite d’un transport très difficile.

N’acceptant pas le lit, ils ne pouvaient penser à employer son puissant brise-pierre, dont les dents ne leur permettaient pas de prendre directement comme avec une pince , la pierre ou ses fragments, sur les parois vésicales, sans s’exposer à les blesser.

Alors se produisirent des brise-pierres, permettant d’opérer, en mettant simplement un coussin sous le siège du malade couché, l'instrument permettant de prendre la pierre ou ses fragments partout sans pincer la vessie, pourvu qu’il y ait de l’habileté : le brise-pierre à mors plat ou bec-de- I cane , le brise-pierre à cuillères dont les deux becs sont creux en forme de deux cuillères qui viennent s’appliquer par leurs bords. Avec ces becs, on ne pouvait se servir de la percussion, alors on mit aux extrémités externes des branches des appareils mécaniques agissant en rapprochant les becs par simple pression, sans choc.

Contre les pierres dures, ce moyen était presque nul; et on inventa ce mot de lithotritie par effritement, c’est-à-dire que ces becs plats en raclant la surface de la pierre en désagrégeaient les couches superficielles. Mais pour arriver à faire un broiement complet, il fallait un temps très long, de là les nombreuses séances. En 1865, lorsque j’ai commencé à exercer la chirurgie, il était absolument admis qu’il fallait un grand nombre de séances pour broyer les pierres, même celles de deux centimètres de diamètre. Et cela d’autant qu’on ne faisait que des séances très courtes, de deux à cinq minutes au plus. A cette époque beaucoup de chirurgiens ne faisaient pas l’évacuation par la sonde. On disait : les graviers sont très facilement rendus par l’urèthre, entraînés par les urines ; c’était l’opinion de H. Thompson et de ses imitateurs français.

Cette pratique entraînait de nombreux accidents: les irritations persistantes de la vessie, la cystite, et tous les accidents généraux qui en sont la consé-

quence ; très souvent des graviers s’arrêtaient dans l’urèthre, de là des accidents locaux et généraux graves. Cela tenait justement au mode de broiement. Par l’effritement avec les becs plats, on détachait souvent de larges coques, ou bien la fragmentation étant insuffisante ; il y avait des morceaux de pierre, qui, comme les coques, s’engageaient dans l’urèthre et s’y arrêtaient en raison de leur volume et de leur forme.

Ajoutons que ces brise-pierres à mors plats s’engorgeaient très souvent. A chaque prise une masse de graviers fortement comprimés, s’accumulaient de plus en plus épaisse entre les deux becs et les maintenaient écartés.

Trop souvent le chirurgien ne pouvant pas débarrasser ces becs de cette masse de pierre, s’est vu obligé de retirer tel quel l’instrument. Alors il déchirait forcément l’urèthre à la partie moyenne du pénis. J’ai vu plusieurs malades qui avaient subi de pareilles manœuvres et qui avaient des rétrécissements traumatiques du canal dus à cette cause. Combien d’opérés ont succombé à la suite de pareils traumatismes.

Maintenant, grâce au brise-pierre que j’ai fait en 1872, à sa puissance broyante, à ce qu’il ne peut pas s’engorger, à la rapidité avec laquelle il agit sur les calcaires les plus durs, tous les accidents dus à l’insuffisance du broiement, cystites dues aux séances répétées, graviers arrêtés dans l’urèthre, irritations violentes de la vessie, etc., ne se voient plus.

Le brise-pierre uréthral, que j’ai fait en 1868, qui est si puissant, avec lequel on peut casser dans l’urèthre les graviers, sans blesser les tissus, ne m’a plus servi dans le cours de la lithotritie depuis que je me sers de mon brise-pierre vésical.

Maintenant en se servant de mes instruments, de mon brise-pierre et de mon appareil pour la lithotritie, il est devenu de règle d’enlever une pierre même volumineuse en une séance. Sans chloroforme, couramment, dans une séance courte de trois à quatre minutes, je broie en fragments, tous assez petits pour sortir par la sonde évacuatrice, une pierre de deux centimètres de diamètre.

J’ai fait cela bien des fois, avant que, en 1878, nous fûmes amenés à employer le chloroforme pour faire la lithotritie, et cela, par Bigelow de Boston. Nous avions peur du chloroforme dans les affections des voies urinaires, nous savions qu’il était sans action, du moins à son degré d’administration possible, sur la sensibilité propre de la vessie ( Leçon sur les spasmes de la vessie et de l'urèthre. Reliquet, 1878). Mais incité par Bigelow , nous donnons mieux le chloroforme et nous pouvons, en annihilant ainsi la sensibilité de l’urèthre, faire des séances de lithotritie plus longues, ce qui permet de broyer complètement et de retirer de la vessie des pierres très volumineuses de 4 centimètres et même plus de diamètre, en une seule séance.

Avec mes instruments je n’ai jamais eu besoin de prolonger la séance plus de 35 à 40 minutes, ce qui est déjà énorme, en raison de la fatigue éprouvée par l’opérateur, pour conserver toujours la sûreté absolue dans ses manœuvres.

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Dans mon travail De la lithotntie rapide, publié en 1882 chez A. Delahaye et Lecrosnier, Paris, et couronné par l'Institut, je décris tous ces perfectionnements et je montre combien cette opération est devenue parfaite à condition d’être exécutée sans léser les tissus, les organes, sans traumatisme.

Mécanismes et manœuvres — La lithotritie comprend deux ordres de manœuvres opératoires : 1° le broiement; 2° l’évacuation des graviers.

Le broiement comprend :

1er Temps. — Introduction de l’instrument par l’urèthre dans la vessie. C’est le cathétérisme, et je renvoie à ce mot. Cette introduction du brise-pierre est souvent très difficile pour les chirurgiens qui n’en ont pas une grande habitude. J’en ai décrit tous les détails dans mon Traité des opérations des voies urinaires. Paris, 187t.

2e Temps. — Préhension de la pierre ou des fragments.

3e Temps. — Broiement.

Préhension. — Comme nous l’avons dit, tous les brise-pierres ont la forme générale inventée par le baron Heurteloup. Lorsque le brise-pierre est dans la vessie, sa longue tige droite occupe l’urèthre, redresse et maintient droit ce canal qui est courbe. De là des compressions et les distensions obligées de certains points de l’urèthre et en particulier du col vésical qui est d’autant plus abaissé que le sujet est plus âgé. On conçoit qu’il soit important de ne pas augmenter cette distension du col qui provoquerait des accidents consécutifs. Aussi j’ai dit : Les seuls mouvements qu’il soit permis d’imprimer au brise-pierre, sont :

1° Les mouvements directs d’entrée et de sortie, qui permettent de porter les becs contre les parois postérieures de la vessie, ou de les ramener contre le col ;

2° Les mouvements de rotation du brise-pierre sur son axe (l’axe de sa tige), qui permettent d’imprimer aux becs la rotation complète, si les parois vésicales ne les arrêtent pas lorsqu’elles sont horizontales comme il arrive chez les enfants, ou plus ou moins inclinées en bas comme cela arrive chez les adultes et les vieillards, selon le développement de la prostate qui élève, plus ou moins, le col vésical en haut.

Mais lorsque le brise-pierre arrive ainsi au milieu de la cavité vésicale, le sujet étant horizontal, il est évident que la pierre occupera la face de la vessie qui est au-dessous de l’instrument. Pour prendre la pierre, il faudra ou bien abaisser fortement le bec en déprimant le col, ce qui est mauvais en raison de la lésion traumatique du col qu’on produirait, ou bien il faudra retourner le bec en bas, et la prendre dans celte position. Or c’est là une manœuvre d’exploration possible avec les becs plats, mais dangereuse avec les becs de mon instrument qui présente des dents puissantes. Il faut arriver à ce que la pierre soit au point de la paroi vésicale que touche le brise pierre à l’extrémité de son mouvement direct d’entrée. Pour cela il faut déplacer le sujet, incliner son tronc en arrière en élevant le bassin, afin de porter la pierre vers le point de la paroi postérieure de la vessie où est le brisepierre et souvent incliner en même temps le tronc

latéralement à droite ou à gauche, pour ramener la pierre toujours vers le brise-pierre, quand la vessie est plus excavée d’un côté que de l’autre, et que la pierre est, par cela même, à droite ou à gauche. Le plus souvent la pierre est à droite.

Toutes ces indications opératoires, le baron Heurteloup les réalisait avec son lit. Mais il est trop volumineux et en cela pas pratique. Tous les chirurgiens, sauf de très rares exceptions, se bornent à mettre sous le siège du malade des coussins qui élèvent le siège; jamais ils n’arrivent par ce moyen à la coïncidence parfaite du point touché avec le brise-pierre, avec le point le plus déclive de la vessie où est la pierre. Ils sont obligés de porter à droite, à gauche, ou en bas, le brise-pierre, en surdistendant le col, et de prendre directement la pierre ou ses fragments sur la paroi vésicale.

Pour éviter la lésion de la vessie, à laquelle ils s’exposent, ils se servent de brise-pierres à mors plats, ou de mon brise-pierre. Mais ils ont bien soin d’en émousser les dents, et par suite, ils en diminuent la puissance ; de là leurs longues séances nuisibles.

Pour rendre la préhension sans danger, même avec mon brise-pierre à dents très acérées, j’ai résolu les indications opératoires si bien posées par Heurteloup, au moyen d’un appareil peu volumineux, peu lourd, très transportable, puisque je le mets devant moi dans ma voiture, et pouvant se poser sur tous les lits. J’ai présenté cet appareil en 1871 à l’Académie de médecine. Avec lui on peut élever ou abaisser le siège du sujet, le brise-pierre étant dans la vessie.

En raison de dispositions toutes particulières, il arrive que l’élévation du siège ne suffit pas pour faire que le talon du brise-pierre touche le point le plus déclive de la vessie. Alors ce point le plus déclive est sur le côté. Pour le ramener vers le point de la vessie que touche l’instrument, on est obligé, au moyen des coussins, de mettre le bassin dans une position oblique. Pour remplir cette indication avec mon appareil, j’ai ajouté à son mécanisme d’élévation et. d’abaissement un second mécanisme qui permet d’incliner latéralement, à droite ou à gauche, le bassin du sujet, et cela à tous les degrés d’élévation. Cette inclinaison latérale, qui peut être courte et brusque, produit une secousse du bassin qui est très utile ; car par elle on déplace facilement les fragments qui sont retenus par une colonne vésicale, ou qui, posés sur leur surface plane, ne tombent pas au point déclive de la vessie occupé par le bec femelle du brise-pierre.

Ce mouvement d’inclinaison latérale et celui d’élévation sont imprimés au sujet par le chirurgien qui, tenant avec la main droite le brise-pierre dans la vessie, agit avec la main gauche sur la vis d’élévation ou sur la vis d’inclinaison, selon les indications qui se présentent.

Cet appareil, fait par M. Collin, présente une large base plane, qui, mise sur le lit, fait cesser l’enfoncement dans les matelas dû au poids, et constitue une large surface d’appui (fig. 773 et 774).

Le mécanisme d’élévation {fig. 773 et 774) se compose d’une vis A dont les deux pas sont en sens opposés de chaque côté du centre F, qui est dans

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un coussinet. Le mouvement est imprimé à cette double vis par la manivelle G au moyen de l’engrenage D.

Sur les deux pas de visse meuvent les pièces BB, qui, selon qu on tourne la manivelle C à droite ou à gauche, se rapprochent du centre F ou s'en éloignent. Ces pièces BB s’articulent près de leurs extrémités, qui glissent sur les patins K dans les coulisses 1, avec les leviers G. A mesure que les pièces B se rapprochent du centre F, les leviers G s’élèvent, soutenant la tablette E aux quatre coins de laquelle s’articulent les quatre leviers G ( jig . 774).

Naturellement, quand les pièces BB s’éloignent du centre F, les leviers G s’abaissent comme dans la figure 773.

Pour que ces mouvements d’élévation et d’abaissement soient bien réguliers et fixes, aux deux angles du bord postérieur de la tablette sont articulées les deux branches d'un régulateur H ( fig . 773), dont les extrémités glissent sur patins dans des coulisses.

Sur la tablette E est le siège S qui peut s’incliner latéralement autour de l’axe central. Pour lui imprimer ces mouvements d’inclinaison latérale que les pointillés indiquent [fifj. 774), en arrière est une noix qui est manœuvrée grâce à la tige et à la poignée M.

Ainsi, en agissant sur la manivelle C, on élève ou abaisse le bassin, on incline plus ou moins le tronc en arrière. En agissant sur la poignée M, on incline à droite ou â gauche le bassin.

Or, lorsque le sujet est sur ce siège (/?</. 775), le tronc incliné en arrière, les épaules et la tète sur les oreillers, le brise-pierre introduit dans la vessie, l’opérateur tenant cet instrument avec la main droite, ajuste à la portée de sa main gauche la manivelle C et la poignée M.

Ainsi le chirurgien peut, pendant la séance, selon l’indication opératoire qu’il rencontre, modifier, soit l’élévation du siège, soit l’inclinaison latérale du bassin, et cela instantanément et d’une façon vive ou lente, selon les cas. Enfin le mécanisme d’élévation et celui d’inclinaison sont tels, que, quelle que soit la position donnée, celle-ci reste fixe.

Cet appareil pour la lithotritie a les avantages d’être portatif et de pouvoir être mis sur tous les lits; de la son usage facile.

En résumé, cet appareil rend plus facile et plus sûre la préhension de la pierre, et, par conséquent, rend la séance de lithotritie plus productive.

Le malade étant sur cet appareil est déplacé (selon la volonté du chirurgien) sans en éprouver la moindre gène, si ce n’est celle d’avoir le tronc plus ou moins incliné en arrière ou latéralement. La possibilité d’incliner latéralement le sujet, en le maintenant au degré d’inclinaison voulu, m’a permis d’opérer, sans difficulté, avec mon brise-pierre, Dictionnaire populaire de Medecine usuelle

des sujets dont l’urèthre déviait fortement le brisepierre à droite ou à gauche. Deux d’entre eux présentaient un développement incomplet d’un membre inférieur et de la moitié du bassin correspon-

Fig. 773.

Appareil pour la lithotritie , le siège étant abaissé.

dant. Chez ces derniers, la vessie était déviée en totalité du côté le plus développé, et, pour ramener

Fig. 774.

Appareil pour la lithotritie , le siège étant élevé. ■

Les pointillés indiquent les inclinaisons possibles du siège.

Fig. 775.

Sujet à opérer sur l’appareil pour la lithotritie.

la pierre vers l’instrument, j’ai dû les incliner fortement du côté atrophié.

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Pour prendre la pierre avec le lithotribe, le malade étant sur mon appareil, on commence par porter le bec de l'instrument contre la paroi vésicale ; si l’on y touche la pierre, on est au point le plus déclive; sinon, avec la main gauche on agit sur la manivelle C [fig. 775), le bassin du sujet s’élève de plus en plus en augmentant d’autant l’inclinaison du tronc en arrière. A un moment on sent la pierre contre un des bords du bec, le plus souvent du côté droit du malade, quelquefois la pierre tombe sur le bec. Ainsi est réalisée la donnée opératoire : le brise-pierre touche le point le plus déclive de la vessie.

On n’a plus qu’à faire la première manœuvre de préhension que j’ai décrite page 468 de mon Traité des o-pérations des voies urinaires. — L’instrument étant dans la vessie, le bec près du col et dirigé en

Premier temps de la première manœuvre : le brise-pierre ouvert dans la vessie. Bec femelle au point le plus déchiré de la vessie ; bec mâle près du col de la vessie. H, H. Ligne horizontale. — I, 1. Ligne de l’inclinaison donnée au sujet.

haut, on tient fixe la branche mâle maintenant la concavité de son mors près du col vésical, et l’on pousse la branche femelle dont le talon va s’appliquer contre la paroi vésicale {fig. 776). On déprime légèrement la paroi vésicale avec le talon, par un léger mouvement d’élévation de l’extrémité externe de l’instrument, cette dépression fait tomber la pierre dans la concavité de la branche femelle.

Alors, maintenant cette branche femelle fixe, pour ne pas déplacer le calcul, on ferme l’instrument en poussant la branche mâle M, dont 1 ebec vient comprimer la pierre contre celui de la branche femelle [fig. 777).

Deuxième temps de la première manœuvre : la branche femelle F fixe, la branche mâle M est poussée; son bec arrive contre la pierre et la comprime contre le bec femelle. — H, H. Ligne horizontale. — I, 1. Ligne d’inclinaison donnée au sujet.

Dans cette manœuvre, les becs restent toujours dirigés en haut et la pierre est prise sans qu’on ait cherché à la sentir.

Dans la séance de broiement, le malade étant sur mon appareil [fig. 775), le point déclive de la

vessie étant le même que celui touché par l’instrument, il suffit de répéter cette manœuvre, et chaque fois on saisit les fragments. Les gros morceaux ayant leur face plane appliquée sur la vessie, peuvent rester de chaque côté de l’instrument malgré la dépression faite avec le bec femelle. Alors, tenant le brise-pierre ouvert, son bec femelle contre la paroi postérieure de la vessie, avec la main gauche on imprime une secousse au sujet en touchant brusquement sa crête iliaque, ou mieux on saisit la poignée M {fig. 774) et brusquement on incline à droite et à gauche le siège de l’appareil et par cela même le bassin du sujet. Que de fois j’ai senti tomber les gros fragments dans le bec femelle de mon brise-pierre en faisant cette manœuvre, que l’on répète tant qu’il tombe des fragments dans le brise-pierre.

Il est bien rare que j’aie recours aux autres manœuvres de préhension de la pierre que j’ai décrites dans mon Traité des opérations — - des voies urinaires , il faut qu’il y ait des co-

lonnes vésicales, ou que la pierre et les fragments étant très plats ne se déplacent pas fa- »■£ cilement.

Alors, je fais la seconde ou la troisième manœuvre. Dans la seconde, l’instrument étant fermé, on cherche la pierre, comme dans l’exploration de la vessie avec la sonde coudée. Le bec étant contre la pierre {fig. 778), on reconnaît

Fig. 778.

Premier temps de la seconde manœuvre. — Bec fermé contre la sonde.

la position : si la pierre est à droite ou à gauche de l’instrument. Par le mouvement simple de rotation on incline le bec du côté opposé

H à la pierre. Là, en maintenant fixe la branche

femelle, on ouvre en tirant sur la branche mâle {fig. 779).

Puis on ramène le bec de la branche femelle dans sa position primitive en rapport immédiat avec le calcul, on déprime la paroi vésicale avec le talon, la pierre tombe dans le bec femelle, et l’on ferme en tenant fixe la branche femelle et en poussant la branche mâle {fig. 776).

Dans la troisième manœuvre, au lieu de terminer en déprimant la paroi vésicale, tout près du calcul avec le talon du bec femelle, ce bec étant ramené contre la paroi vésicale tout près du calcul, on l’incline de façon à le passer entre le calcul et la vessie, et l’on ferme en le tenant fixe dans son inclinaison latérale et en poussant la branche mâle [fig. 779).

Les trois autres manœuvres de préhension de la

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pierrejque j’ai décrites dans mon Traite des opérations des voies urinaires sont destinées à des conditions spéciales. La quatrième consiste à prendre un gravier ou un petit calcul fixé au pourtour du col de la vessie. La cinquième consiste à prendre la pierre, le bec du brise-pierre étant retourné en bas, lorsque, en raison de la disposition de la vessie, il est impossible d'amener la pierre contre le bec du brise-pierre, quelle que soit la position donnée au sujet. Enfin la sixième consiste à saisir une grosse pierre occupant toute la cavité vésicale.

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Deuxième temps de la seconde manœuvre. — Bec tourné du côté opposé à la pierre, et ouvert là en attirant la branche mâle M . M' , tout en maintenant fixe la branche femelle qui reste au niveau de la pierre.

Bec femelle comprimant la paroi vésicale et passant derrière la pierre.

Ces trois dernières manœuvres assez complexes ne doivent être faites qu’avec des instruments à mors plats n’ayant qu’une action broyante très faible, et ne sont point faites dans la lithotritie rapide. Quand elles sont nécessaires, le mode opératoire dont nous nous occupons n’est pas indiqué.

Ainsi, grâce à mon appareil pour la lithotritie, les contacts des becs avec la vessie sont très diminués, et leurs frottements sur la muqueuse vésicale sont le plus souvent inutiles, car il est exceptionnel que je sois obligé de faire la troisième manœuvre, où le frottement contre la paroi vésicale consiste seulement à passer le bec femelle derrière la pierre ou le fragment. Toujours les becs de l’instrument sont dirigés en haut, c’est-à-dire vers l’aire de la cavité vésicale. 11 n’y a que le talon et le dos du bec femelle qui touchent la vessie.

On comprend combien cet appareil est précieux pour la recherche des pierres, surtout les petites. La vessie étant dilatée par du liquide, un brisepierre explorateur à mors plats dans la vessie, il suffit de faire la première manœuvre de préhension, à tous les degrés d’inclinaison du tronc, pour, sûrement, à une de ces manœuvres, faire tomber la petite pierre dans l’instrument et la saisir.

Bien des fois j’ai pris dans la vessie, et en ai débarassé immédiatement le malade, des petites pierres qui irritaient la vessie, mais qui étaient trop petites pour être reconnues par le frottement ou le choc d’un instrument métallique sur elles.

Broiement. — La pierre saisie est maintenue fixée entre les mors par la main gauche ( fig . 781), dont les autres doigts et la paume entourent la branche fe-

La pierre saisie est maintenue fixée entre les mors par la main gauche dont les quatre doigts et la paume entourent la branche femelle, et dont le pouce appliqué sur la virole externe de la branche mâle, en comprime le bec contre la pierre.

melle, et dont le pouce, appliqué sur la virole externe de la branche mâle, en comprime le bec contre la pierre. On attire légèrement le lithotriteur au dehors, pour en éloigner le bec femelle de la paroi vésicale. On imprime un léger mouvement de rota-

tion à l’instrument. Ainsi on a la certitude que l’on n’a pas pincé la vessie.

Pour celui qui a l’habitude de la lithotritie, dès que le dos du bec femelle quitte la paroi vésicale, il y a immédiatement une sensation très nette de liberté de l’instrument, qui donne la certitude que la vessie n’est pas prise.

Avant d’aller plus loin, je crois nécessaire de décrire le brise-pierre que j’emploie depuis le 23 janvier 1872, année où je le présentai à l’Académie, et qui est connu depuis sous le nom de brisepierre Reliquet.

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Son bec femelle largement fenêtré est formé d’un pourtour présentant en dedans des dents de scie inclinées vers la tige rie l’instrument; elles arrêtent la pierre et l’empêchent de glisser du bec. I,a face interne du pourtour de ce bec porte des dents transversales triangulaires ayant une face lisse du côté

Fig. 783. — Brise-pierre de Reliquet ouvert.

Fig. 784. — Brise-pierre de Reliquet fermé.

du dos de l’instrument, et un bord saillant en dos d’âne du côté de la cavité du bec; elle se continue par une large base à l’instrument; leur sommet est mousse, leur longueur est égale à la moitié de la largeur de la fenêtre générale du bec femelle. Le bec mâle présente des dents latérales alternes

Brise-pierre de Reliquet. — Figure montrant bien les faces internes du brise-pierre avec l’aspect des dents.

analogues, comme disposition, à celles de la scie à doubles dents des couteaux. Chaque échancrure profonde sur un côté diminue de profondeur en allant vers le côté opposé, et arrive à se terminer à la crête de la dent sur le côté opposé. Cette crête saillante, pour qu’elle soit plus active (fig. 785), est aiguisée au moyen de coups de lime transversaux donnés dans cette échancrure et se terminant à la crête de

la dent. Cette dernière disposition donne à la dent une action vive sur la pierre qu’elle grippe. La face externe des dents est partout lisse.

Lorsqu’on rapproche les deux becs, le bec mâle s’engage complètement dans la large fenêtre du bec femelle, et occupe complètement ce bec. Les dents du bec mâle se placent entre les dents transversales du bec femelle, et elles se logent dans les échancrures profondes du bec mâle. Ainsi l’enchevêtrement des deux becs est complet, et l’instrument, complètement fermé, les crêtes des dents du bec mâle dépassent la face postérieure du bec femelle (fig- 786).

L’engagement complet du bec mâle dans le bec femelle , et cet enchevêtrement complet de leurs dents font que les fragments de pierre sont tous chassés au delà du brise-pierre quand celui-ci est fermé. Ainsi plus d’engorgement des becs.

Mais pour l’introduction, pour le passage du bec de l’instrument dans l’urèthre, il faut que les petites dents du pourtour interne du bec femelle (fig. 785), et les arêtes vives des dents du bec mâle soient masquées, soient rendues inoflfensives. Pour cela sur la tige mâle est une virole E (I fig. 788) qui a une course limitée sur un pas devis. En s’appliquant sur l’extrémité de la branche femelle, elle

Fig. 78G. — Becs du brise-pierre complètement fermé. — La figure montre les saillies des dents du bord du bec femelle et les saillies des dents du bec mâle.

Fig. 787. — Cette figure montre le bec mâle masquant par son dos les dents des bords du bec femelle, et ayant ses propres dents cachées dans le bec femelle.

limite l’engagement du bec mâle dans le bec femelle, et met les becs dans la position (fig. 787). Alors les dents du pourtour du bec femelle sont masquées par le dos du bec mâle, et les arêtes vives des dents du bec mâle sont cachées dans la fenêtre du bec femelle. Ou bien celte virole E (fig. 788) placée à l’extrémité externe de sa course permet l’engagement complet des deux becs l’un dans l’autre, comme cela est représenté ( fig. 786).

Quel que soit le mécanisme employé avec mon bec: pignon (fig. 788), ou écrou brisé ()fy.790), toujours, cette virole doit exister.

Mais le mécanisme qu’il convient de combiner avec mon bec, c’est le pignon. Nous le devons à Charrière. Cet appareil mécanique très simple est constitué par un pignon (fig. 789 C), pré-

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Lorsque le pignon est en place, selon qu’on lui imprime un mouvement de rotation dans un sens ou dans l’autre, les deux becs sont rapprochés ou éloignés. La branche mâle présente, en R, une virole qui sert à limiter l’engagement des deux becs l’un dans l’autre.

La liberté de la tige mâle dans la branche femelle, rend cette disposition des deux branches du brise-pierre très favorable pour la percussion qui se fait à l’aide du marteau (/ig. 789).

Le mécanisme du pignon qui agit, bien manié, par saccades se rapprochant du coup de marteau, ferme rapidement le brise-pierre dès qu’il n’y a plus de gravier entre les becs, permet de faire facilement en ne perdant rien de sa puissance la percussion avec le marteau, la branche femelle étant tenue avec la main gauche comme dans un étau ; toutes ses qualités font préférer ce mécanisme à tous les autres et surtout à l’écrou brisé (/ig. 790), qui, n’agissant que par simple pression continue, par écrasement, ne met pas en jeu dans toute sa puissance l’action possible des dents du bec mâle.

Ainsi la pierre tenue entre les becs par la main gauche, l’opérateur manœuvre le pignon par petit coups saccadés. Si la pierre résiste, il lâche le pignon et prend de suite le marteau (/ig. 789), et il frappe sur l’extrémité de la tige mâle de telle façon que la force qu’il produit aille jusqu’au bec mâle et que les dents de celui-ci agissent sur la pierre. Celle-ci prise entre le pourtour du bec femelle et les dents du bec mâle, ne tarde pas à éclater. A cette première prise, le plus souvent, les morceaux de la pierre tombent de chaque côté des becs et le brise-

sentant une grosse poignée en bois tenant bien dans la main" et une extrémité métallique dentée comme une roue d’engrenage. A l'extrémité de la

pÉxht

Fig. 790. — Écrou brisé.

place, ses dents s’engrènent dans celles de la crémaillère qui existe sur la face latérale et supérieure de la branche mâle.

Fig. 791.

Pierre éclatée en i morceaux à l’aide du brise-pierre de Reliquet.

Fig. 788. — Pignon.

Fig. 789. — Marteau.

branche femelle est une saillie D, creuse transversalement, destinée à recevoir l’extrémité dentée du pignon. Quand celui-ci est en

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pierre se ferme brusquement. C’est ce qui m’est arrivé dans le cas suivant (fig. 791), où la pierre, volumineuse et dure, éclata en quatre morceaux.

Cette pierre était avec deux autres aussi volumineuses. Je fis une fragmentation des pierres avec mon brise-pierre, par la lithotritie, pour, en faisant la taille, éviter une ouverture trop grande des tissus.

Ceci démontre la puissance cassante de mon brise-pierre.

Mais, le plus souvent, après cette première fragmentation, lorsqu’on a des fragments entre les becs, alors l’action de mon instrument est double : des fragments tombent de chaque côté, et il reste entre les deux becs une tranche de pierre qui, poussée par le bec mâle dans le bec femelle sur les dents transversales de celui-ci, se fragmente en morceaux tous assez petits pour sortir par la sonde.

Ainsi, à chaque prise, il y a une tranche de pierre suffisamment broyée, et comme tous les fragments quittent le bec quand il est fermé, qu’ils tombent au delà, il en résulte qu’à chaque prise l’action broyante de mon instrument est complète. De là la très grande rapidité de son action. Joignons à cela l'action heureuse de mon appareil ou lit pour la lithotritie qui rend la préhension très rapide et aussi peu irritante que possible. On comprend comment je suis arrivé, dans un temps court (moins de 15 minutes), à réduire en fragments tous assez petits pour sortir par la sonde, des pierres dures • de plus de quatre centimètres de diamètre.

Très souvent, après le premier éclatement de la pierre, je n’ai pas besoin du pignon pour continuer, je percute sur la branche mâle avec la paume de la main droite, et cela suffit pour casser et fermer mon instrument, alors la rapidité du broiement est encore plus grande.

Lorsque l’instrument étant ouvert dans la vessie, le bec femelle contre la paroi postérieure, les mouvements de latéralité imprimés au sujet soit avec la poignée de mon appareil, soit avec la main, en secouant légèrement le bassin du sujet, il ne tombe plus de fragments entre le bec, le broiement est terminé et on procède de suite à l’évacuation.

Évacuation des graviers. — Au début, Civiale fit de suite l’évacuation des graviers au moyen d’injections brusques faites dans la vessie par une grosse sonde occupant l’urèthre. Le liquide injecté ramenait les graviers et la vessie se contractant chassait le liquide et les graviers au dehors. Mais cette manœuvre n’était pas exempte de danger. L’injection faite avec trop de force distendait la vessie et provoquait de la cystite. Souvent des graviers trop gros pour passer par la sonde, s’engageaient dans les yeux de celle-ci et s’y fixaient, ils restaient saillants en dehors de l’œil ; alors impossibilité de retirer la sonde sans blesser grièvement l’urèthre.

Avant 1835, le baron Heurteloup, Leroy d’Etiolles retiraient les graviers au moyen du brise-pierre à

cuillère. Il y a à peine dix ans, beaucoup de chirurgiens préconisaient encore ce moyen, malgré le perfectionnement apporté à la sonde évacuatrice. Il est vrai qu’ils se servaient toujours du bnsepierre à mors plat..

Evacuation par i,a sonde évacuatrice. — Dès 1835,

Fig. 792.

Sonde évacuatrice munie de son mandrin métallique flexible.

Leroy d Etiolles parle de la sonde évacuatrice avec mandrin métallique flexible pouvant débarrasser les yeux de la sonde des graviers qui s’y fixent. Mais comme toujours, personne ne s’en servait.

Dès le début de ma pratique (1865), je me suis servi de la sonde évacuatrice (fi g. 792). Elle est du calibre 23 à 26 de la filière Charrière avec bec à courbure allongée, elle présente deux grands yeux latéraux : l’un commence à 1 centimètre du bec, 1 autre, plus éloigné du bec, est dans la courbure, il a la même longueur que le premier. Ces deux yeux sont en partie 1 un devant l’autre. La largeur des yeux est la plus grande possible, sans atteindre à leur milieu le diamètre de la sonde. La sonde est munie de son mandrin de Leroy d’Etiolles (A,

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B, C,fig. 790), ce mandrin glisse au frottement dans la sonde jusqu’au delà des yeux, à l’extrémité du bec. Il est constitué : t° par la poignée en bois et une portion de métal plein qui occupe la partie droite de la sonde ; 2° par une portion flexible G, souple, qui occupe la partie courbe de la sonde; à l’extrémité est une masse d’acier dont la surface plane terminale est taillée en lime.

Lorsque le mandrin est dans la sonde, on peut lui imprimer des mouvements de rotation, et l’extrémité taillée en lime agissant sur le gravier engagé dans l’œil brise ce gravier, l’use au niveau du bord de l’œil et débarrasse celui-ci. Ainsi on n’a plus à craindre la déchirure de l’urèthre par le gravier engagé dans l’œil en retirant la sonde.

Le 12 septembre 1871, je communique à l’Académie un procédé d’extraction des graviers fixés dans l'œil sans blesser l’urèthre. Il consiste à faire dans la sonde pendant qu’on la retire, une injection à grande eau. Cette eau lancée sort par les veux autour du gravier, écarte les parois du canal du gravier et permet à celui-ci de franchir l’Urèthre sans le blesser. Cette manœuvre ne vaut cependant pas l’action du mandrin de Leroy d’Etiolles qui est plus certaine.

La seringue doit être d’une capacité de 225 centimètres cubes au moins; son piston doit être parfait; elle doit pouvoir se manier d’une seule main, et là moindre pression sur la tige du piston doit le mouvoir.

Le sujet étant dans la position propre à la lithotritie, ou couché horizontalement, le siège sur une planche de 50 centimètres carrés, pour empêcher le retrait du bassin en arrière, on introduit la sonde évacuatrice. Le liquide contenu dans la vessie s’échappe en entraînant des graviers, puis on fait l’injection. Le liquide doit arriver rapidement dans la vessie. Mais la main qui manie la seringue doit reconnaître la légère résistance qu’oppose la vessie dès quelle est pleine. Il ne faut jamais surdistendre la vessie.

Cette injection évacuatrice mal faite, distendant la vessie, luttant contre ses fibres, produit sûrement une irritation consécutive violente du tissu des parois vésicales, qui provoque des phénomènes de cystite, avec contracture plus ou moins énergique. Mais l’injection bien faite par une main qui reconnaît la résistance de la vessie dès que celle-ci commence à lutter contre l’arrivée du liquide, n’a aucune action fâcheuse consécutive. Presque toujours je sens cette résistance avant que le malade manifeste l’envie d’uriner.

En tous cas, sitôt cette sensation de résistance perçue, brusquement, tenant avec la main gauche le pavillon de la sonde, on retire la seringue. Immédiatement le liquide chargé de gravier s’échappe au dehors. On répète cette injection jusqu’à ce qu’il ne sorte plus de gravier, l’eau s’échappant toujours à plein jet du pavillon de la sonde.

S'il reste dans la vessie des morceaux de pierre trop gros pour passer par la sonde, on les entend et on les sent qui viennent choquer la sonde, pendant qu’on fait l’injection.

Lorsque la vessie se contracte bien, 'qu’elle n’offre pas un bas-fond profond en arrière du col vésical,

ce procédé d’évacuation m’a toujours très bien réussi. Les graviers sont rapidement évacués. Bien des fois quatre ou cinq injections m’ont suffi pour évacuer tous les débris d’une pierre de trois centimètres de diamètre. Dans ces conditions de la vessie lorsqu’il ne reste pas de gros morceaux de pierre qui viennent s’engager ou s’appliquer sur les yeux de la sonde, le résultat complet est certain.

D’après mon expérience personnelle, lorsqu’une pierre est tout entière réduite en fragments assez petits pour passer par la sonde, la vessie se contractant bien et n’offrant pas un bas-fond très profond en arrière du col, l’évacuation de tous ces graviers est bien plus facile et bien plus rapide par ce procédé, qu’en se servant des aspirateurs.

Lorsque je suis obligé de faire l’aspiration des graviers, je ne manque jamais de la faire précéder d’injections pour entraîner toutes les poussières qui se suspendent facilement dans le liquide.

On a proposé depuis longtemps , lorsque les injections faites, le sujet étant couché horizontalement, n’entraînent pas les graviers, de le mettre debout et même debout penché en avant. Mercier préconise ce moyen pour faire ces injections. Je l’ai fait, dans ces conditions, lorsque j’étais aussi certain que possible d’avoir réduit le calcaire en fragments tous assez petits pour sortir par la sonde. J’ai, ainsi, fait des évacuations très rapides et très complètes, sans qu’il en résultât la moindre excitation consécutive. Ce n’est certes pas un moyen à dédaigner. Quand il n’y a pas de fragments assez gros pour se fixer dans un des yeux de la sonde, tout se passe vite et bien, surtout si les injections bien faites ne surexcitent pas la contraction de la vessie ; alors on n’a pas à craindre l’engagement des graviers dans l’urèthre par-dessus la sonde.

Évacuation par aspiration. — Éoacuateurs à milieu, liquide fixe. — Le premier évacuateur par aspiration qui a rendu des services est celui de Clover (/?<?. 793). Il se compose d’une sonde courbe ayant un grand œil latéral sur son bec ou un œil terminal. Son pavillon s’engage de plusieurs centimètres dans un récipient cylindrique en verre. Sur l’extrémité supérieure ouverte de ce récipient, est fixée une poire en caoutchouc.

La sonde conduite dans la vessie, la cavité vésicale et celle de l’instrument (c’est-à-dire les cavités de la sonde, du réservoir en verre et de la poire en caoutchouc) constituent un milieu fermé par l’urèthre qui entoure la sonde. Tout ce milieu étant plein de liquide, quand on comprime la poire en caoutchouc, la masse liquide chassée afflue dans la vessie et la dilate d’autant, en même temps qu’elle remue les graviers. Dès qu’on ne comprime plus la poire en caoutchouc, la quantité de liquide qui a été poussée dans la vessie y revient brusquement, attirant les graviers dans la sonde. Ceux-ci sortent par le pavillon et tombent autour de ce dernier, dans la section inférieure du réservoir en verre. Dès que cet instrument fut connu en France, le professeur Nélaton remplaça la sonde courbe ayant un œil sur le côté, par une sonde ayant la forme de la branche femelle d’un brise-pierre à cuiller ( fig . 794, A), présentant ainsi une curette creusée

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dans la face antérieure du bec, et un long tube droit ouvert au fond de cette curette, dans l’angle de courbure. Cette sonde introduite, le sujet étant dans la position propre à la lithotritie, son bec touche le point le plus déclive de la vessie, là où sont les graviers. Pour introduire cette sonde on y pousse un mandrin en baleine dont l’extrémité remplit la cuiller ; de même, pour la retirer, on

Fig. 793. Fig. 794.

Évacuateur de Clover. Aspirateur de Clover

modifié par Nélaton et Collin.

y place ce mandrin C, qui chasse les graviers engagés dans l’œil et vide la cuiller. M. Collin remplaça la poire en caoutchouc par un corps de pompe ayant une canule fixée dans l’orifice supérieur du manchon en verre. Le piston est manœuvré au moyen d’une tige à crémaillère dans laquelle s’engrènent les dents d’une assez grande roue mue par une manivelle transversale.

La manœuvre est ici tout entière soumise à la volonté de l'opérateur, il injecte le liquide en tournant d’un côté, et l’aspire en tournant dans le sens inverse.

Dans mon Traité des opérations des voies urinaires j’ai décrit longuement les manœuvres de ces instruments. J’ai donné la préférence à ce second. Toutes les fois que l’évacuation par la sonde ordinaire ne se faisait pas, je m’en suis servi avec succès. Nous avons déjà dit pourquoi l’évacuation par la sonde ne se faisait pas dans certains cas. Cela tient, soit à la disposition de la vessie, qui

présente un bas-fond profond en arrière du col, soit à ce que la vessie ne se contracte qu’incomplètement ou pas du tout. Ajoutons que presque toujours, dans le cas de bas-fond profond, la vessie se contracte incomplètement. Dans ces conditions, la manœuvre de l’aspirateur de Clover, modifié avec la sonde évacuatrice ordinaire [fi g. 792), est très simple. La sonde introduite, la vessie contenant un peu d’eau tiède, assez pour permettre d’y injecter encore de l’eau sans la surdistendre; l’appareil aspirateur, le manchon en verre et le corps de pompe, plein d’eau tiède, placé sur la sonde, le milieu liquide d’action formé par la cavité vésicale et celle de l’appareil est complet. Alors la manœuvre d’aspiration se fait facilement; on n’est ni troublé, ni interrompu par la perte du liquide par-dessus la sonde, la vessie ne se contractant pas. Il suffit de manœuvrer le piston du corps de pompe assez vite en injectant, et un peu plus vite en aspirant, pour retirer les graviers. Rien ne vous arrête, si tous les graviers sont assez petits, si un gravier ne vient pas se fixer dans l’œil ou ne s’arrête pas dans la continuité de la sonde. La vessie étant inerte, ne pouvant pas chasser le liquide qu’elle contient par-dessus la sonde, tous les graviers étant assez petits pour sortir par elle, cet appareil de Clover modifié rend un service complet.

Mais si la vessie se contracte et chasse le liquide par-dessus la sonde, toute l’eau tiède contenue dans l’appareil pourra s’échapper, et la manœuvre d’évacuation sera forcément interrompue.

Soins préparatoires. — Maintenant que nous connaissons tous les détails du mécanisme de la lithotritie, il est facile de bien préciser dans quelles conditions locales et générales doit être le sujet à opérer.

Localement l'urèthre doit pouvoir laisser passer facilement les instruments : brise-pierres, sondes évacuatrices. La vessie doit pouvoir se dilater et recevoir une quantité de liquide tiède suffisante pour permettre les manœuvres de préhension et de broiement, et que la quantité de liquide injecté par la sonde évacuatrice soit suffisante pour remuer les graviers et les entraîner au dehors en sortant par la sonde, chassé par la contraction de la vessie, c’est-à-dire 80 centimètres cubes d’eau au moins.

L'urèthre doit être examiné avec le plus grand soin dans toute sa longueur. L’opérateur doit en connaître exactement tous les points : son degré de courbure, ses saillies ou déviations latérales, pour les franchir sans tâtonnement et avec la plus grande douceur, quand il introduira le brise-pierre ou la sonde.

L’urèthre dans tous ses points doit avoir un diamètre permettant le passage facile des instruments. Si le prépuce est étroit, il fa,ut de suite en ouvrir largement l’orifice et, dans ce cas, le plus souvent, le meilleur moyen est d’inciser le prépuce en haut, sur la ligne médiane, muqueuse et peau, jusqu'au cul-de-sac. Alors le gland reste tout à fait découvert.

Si le méat, orifice externe de l’urèthre, est trop étroit, et ici il y a étroitesse dès que les instruments y entrent à frottement , il faut le débrider. Pour

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cela il faut faire l’incision à la commissure inférieure, et exactement dans le raphé fibreux d’union des deux corps spongieux. Cela se fait facilement avec des ciseaux.

Cette petite opération préparatoire effraye beaucoup les malades. Civiale conseille de la faire sans les prévenir. Depuis 4883, je fais ce débridement immédiatement avant la lithotritie, dès que le malade est chloroformisé. Aussitôt l’incision faite avec les ciseaux, je touche les surfaces de la plaie avec le thermo-cautère de Paquelin. Ainsi il n’y a plus de sang et les mouvements du brise-pierre n’irritent pas la plaie.

S'il y a un rétrécissement de l’urèthre, il faut faire l’urélhrotomie interne, la section du rétrécissement seule, assure le diamètre et la souplesse des parois de l’urèthre.

La vessie doit être suffisamment tolérante pour garder au moins 80 centimètres cubes de liquide tiède injecté.

Pour obtenir cela, il faut :

1° Imposer au malade de rester couché horizontalement sur le dos, et d’uriner dans cette position. Alors la vessie se vide moins bien, il arrive bientôt qu’elle ne se vide pas complètement, alors la pierre ne vient plus toucher le col vésical et l’irriter. En raison de la position du sujet elle reste en arrière sur la face postérieure de la vessie, et celle-ci devient de plus en plus tolérante, c’est-à-dire se laisse mieux dilater, et garde une plus grande quantité de liquide :

2° Il faut maintenir à l’état de vacuité constant le gros intestin. Pour cela le malade étant toujours couché sur le dos, on lui donne, matin et soir, au moyen de ma longue canule en gomme et d’un irrigalcur d’un litre, un grand lavement d’eau tiède avec un peu de glycérine ou de l’huile émulsionnée. La canule introduite d'au moins 42 centimètres, on ne laisse arriver le liquide que très lentement dans l’intestin. Le lavement doit être rendu, le malade étant couché horizontalement. Ce moyen est indispensable, il diminue la congestion de la prostate, du col et de la vessie, ces organes deviennent moins sensibles, saignent moins facilement. Ainsi le passage des instruments dans l’urèthre est plus facile et la vessie est plus tolérante. Au besoin, on donne des petits lavements avec 5 à 10 centigrammes d'extrait de jusquiame dans 100 grammes d’eau pour calmer la vessie.

Il ne faut pas manquer pendant cette période préparatoire de faire des injections dans la vessie avec de l’eau boriquée à 40 p. 1000 tiède, pour juger de la dilatabilité de la vessie. Ces injections ont aussi l’avantage de modifier la surface vésicale, lorsque celle-ci sécrète du pus. Dans ce cas il est bon de faire dans la vessie une injection d’eau phéniquée à 1 gramme pour 1000 grammes entre deux injections d’eau boriquée. Il faut toujours laisser de l’eau boriquée dans la vessie, pour que celle-ci ne se contracte pas sur la pierre.

Lorsque le malade présente un état général urineux , en même temps qu’on donnera les soins I locaux, on purgera avec des eaux salines. On donnera du sulfate de quinine à moyenne dose ; on ; maintiendra la peau moite par des boissons Dictionnaire populaire de Médeclne usuelle.

chaudes. C’est le traitement de l’intoxication urineuse.

Maintenant, à moins d’avoir affaire à un sujet dont l’état général est parfait, il faut toujours faire faire l’analyse des urines de 24 heures. Il faut qu’il ait au moins 1 ,200 à 1,500 centimètres cubes d’urines, et il faut que la quantité d’urée soit normale, de 25 à 30 grammes pour 24 heures. Sinon on mettra le sujet au régime lacté, et on lui donnera de la tisane de graine de lin et de queues de cerises mélangées par moitié. On refera l’analyse, et on n’opérera que lorsque les urines seront en quantité normale, c’est-à-dire de 12 à 1500 centimètres cubes, et que l’élimination de l’urée sera rétablie.

Immédiatement , deux heures avant l’opération, on donnera le grand lavement pour que l’intestin soit absolument vide.

Opération. — Il faut un lit étroit et dur sans sommier. On a, tout près, douze litres d’eau boriquée à 40 pour mille, dont sept sont dans des sceaux pleins d’eau chaude, et quatre litre d’eau phéniquée au millième dont deux sont chauffés au bain-marie, comme les précédents. Sur une table sont deux grandes cuvettes dans lesquelles on prépare l’eau boriquée, et l’eau phéniquée à la température voulue. Un aide est spécialement chargé de ces soins, et de remplir les deux seringues à injections vésicales de l’une ou l’autre solution, selon la demande de l’opérateur.

Sur une table placée près de la tête du lit sont rangés les instruments.

Tous ces préparatifs sont pris pendant qu’on chloroformisé le malade. Quand il est en résolution on le place sur le siège de mon appareil avec un oreiller derrière la tête contre les épaules.

L'opérateur à la droite du malade, passe une sonde en gomme dans la vessie et la vide de l’urine, puis il injecte de l’eau boriquée juste la quantité que la vessie gardait la veille, pour ne pas provoquer la contraction vésicale. Puis il introduit le brise-pierre. Tenant cet instrument avec la main droite, son bec contre la paroi postérieure de la vessie, il élève le siège avec la manivelle (/??. 773) de l’appareil jusqu’à ce que la pierre soit contre le bec de l’instrument. Lorsque l'élévation du siège ne suffit pas, à chaque degré d'élévation l'opérateur incline le sujet à droite ou à gauche au moyen de la poignée M ( fïg . 774) de l’appareil, jusqu’à ce que la pierre soit contre le bec. Alors il conserve au sujet cette position pendant tout le broiement. Immédiatement il fait la première manœuvre de préhension de la pierre, et il la casse jusqu’à ce qu’il ne tombe plus de fragments assez volumineux dans les becs. Ce qu’il reconnaît à l’écartement des extrémités externes du brise-pierre. Alors il imprime des mouvements brusques d’inclinaison latérale au bassin du sujet, soit avec la poignée M de l’appareil, soit avec la main, pour déplacer les fragments et les faire tomber dans le brise pierre. Quand il ne tombe plus que des petits fragments dans l’instrument, on retire le brise-pierre et on fait de suite l’évacuation des graviers.

Pour faire l’évacuation on peut laisser le sujet sur l’appareil dans la position du broiement. Cela est nécessaire lorsque la vessie ne se contracte pas et

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qu’on agit avec l’aspirateur. Mais quand la vessie se contracte, j’enlève l’appareil et je le remplace par une planche recouverte d’une serviette. Une planche à dessin de 50 centimètres carré suffît pour que le sujet ne s’enfonce pas dans le matelas.

La sonde évacuatrice introduite, le liquide contenu dans la vessie pendant le broiement s’écoule. Il est trouble, boueux, tant il est chargé de poussières, et on fait de suite les injections évacuatrices avec l’eau boriquée tiède. L’opérateur, tenant de la main gauche le pavillon de la sonde, manœuvre avec la main droite la seringue, dont la canule doit être très large. Par un mouvement rapide mais doux imprimé au piston, il remplit brusquement la vessie pour remuer les graviers, et dès qu’il sent que la vessie résiste, que pour injecter le liquide il faut la moindre force, alors, brusquement il retire la seringue de la sonde et le liquide chargé de graviers s’écoule avec plus ou moins de force à l’extérieur. Le liquide évacué devient de plus en plus clair. Au moment de l’arrivée du liquide dans la vessie on entend souvent les graviers qui viennent choquer contre la sonde dans la vessie. Cela indique qu’il y a un gravier qui peut-être est trop gros pour sortir, mais ce signe n’est pas absolu.

Lorsque, avec les injections d’eau boriquée, il ne sort plus de graviers, on fait des injections avec de l’eau phéniquée. Jamais je ne termine une opération sans injecter cette eau dans la vessie, elle agit sur les parois vésicale en cautérisant légèrement les points de la paroi dont l’épithélium a pu être enlevé, elle concrète le mucus vésical et par cela décolle de la paroi vésicale la poussière et les graviers qui y sont retenus par le mucus. Toujours, après cette injection d’eau phéniquée, il y a évacuation de poussières et de graviers que l’eau boriquée ne faisait pas sortir.

Quand il ne sort plus de gravier, le malade étant toujours chloroformisé, je le remets sur l’appareil. Je dilate la vessie avec de l’eau boriquée, et j’introduis un brise-pierre explorateur à bec plat avec lequel je cherche s’il reste un fragment de pierre. Si j’en trouve, comme il est presque toujours petit, je le brise avec cet instrument; s’il est trop gros, je me sers de mon brise-pierre. Puis je fais encore une évacuation par la sonde, et je termine en laissant la vessie pleine d’eau boriquée.

Si la vessie ne se contracte pas, on fait l’évacuation avec l’aspirateur décrit plus haut.

Ainsi, pendant cette opération on ne doit employer que des liquides antiseptiques : eau boriquée et eau phéniquée.

Le chloroforme permet de prolonger l’opération. C’est là un progrès dû à Bigelow; mais cependant il ne faudrait pas croire que cela permette d’opérer quand même. Dès que la vessie s’irrite, qu’elle ne se laisse plus dilater malgré le chloroforme, il vaut mieux s’arrêter que de forcer, de léser par contusion ou autrement les parois de la vessie et son col. 11 ne faut pas oublier, non plus, que cette opération doit être faite avec l’habileté de main la plus parfaite.

Soins consécutifs immédiats. — Aussitôt l’opé-

ration, le malade est enveloppé dans une couverture de laine chaude; on met des boules d’eau chaude à ses pieds et autour de lui. Il a un urinoir entre les jambes, la verge dans le goulot.

Quand il est réveillé, s’il n’y a pas de nausées dues au chloroforme, on lui donne des tisanes chaudes, surtout de la bourrache pour maintenir la peau en moiteur, mais sans sueurs abondantes. Si les nausées du chloroforme existent, on attend qu’elles passent, on ne donne qu’un grog à l’eau-de-vie très léger.

Si les envies d’uriner sont fréquentes et par trop douloureuses, dans les heures qui suivent l’opération on donne au malade le petit lavement avec de l’extrait de jusquiame ou on met dans le rectum un suppositoire contenant de 5 à 10 centigrammes de cet extrait, et cela deux fois par jour; au besoin on associe la jusquiame avec du laudanum.

En tous cas on continue les grands lavements, matin et soir, le malade étant toujours couché.

Soins consécutifs. — Le premier et le second jour, le malade ne prend que du bouillon, du potage et surtout du lait. Il faut éviter l'indigestion due principalement au chloroforme. Puis on commence à le nourrir avec les aliments solides, viandes et légumes non acides; jamais d’asperges, et on donne du lait et la tisane de graine de lin et de queue de cerise.

Dès le lendemain de l’opération on lave la vessie avec de l’eau boriquée tiède au moyen d'une sonde en gomme; à toutes les fois on laisse de cette eau dans la vessie.

Puis, quand l’irritation due à l’opération est passée depuis deux jours, vers le troisième ou quatrième jour, le malade étant debout, on passe une sonde en gomme et on fait dans la vessie des injections d’eau boriquée et d'eau phéniquée, qui nettoient complètement la vessie.

Presque toujours huit jours après l’opération, tout est au mieux.

Au début de cet article, j’ai cherché à montrer les énormes progrès réalisés dans cette opération depuis vingt ans et auxquels nous avons beaucoup contribué par nos instruments.

Un malade actuellement est débarrassé de sa pierre, reprend ses occupations en moins de quinze jours et le plus souvent en dix jours; j’ai même vu des malades reprendre leurs affaires après quatre jours de traitement.

Contre-indications. — Les contre-indications de la lithotritie sont d’autant plus rares que le chirurgien sait mieux faire cette opération. J’ai dit cela en 1871 dans mon Traité des opérations des voies urinaires. Maintenant cela est encore plus vrai. Bien souvent j’ai fait la lithotritie et avec succès là où on avait proposé la taille.

Les contre-indications réelles sont : 1° lorsque la pierre est très grosse, qu’elle a plus de 6 centimètres de diamètre. Lorsque la pierre est d’un volume ordinaire, mais qu’elle est assez dure pour ne pas pouvoir être cassée. J’en ai rencontré trois cas seulement sur le très grand nombre de calculeux que j’ai opérés. Les pierres murales étaient entièrement formées d’oxalatc de chaux (V. Pierre ). Lorsque je les ai retirées par la taille, j’ai constaté que mon

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brise-pierre, si puissant, ne les avait même pas égratignées.

2° Lorsque la pierre est fixée contre la paroi vésicale, qu’elle soit adhérente, ce qui est très rare, alors c’est une incrustation de la muqueuse vésicale; ou qu’elle soit dans une loge dont elle ne peut sortir, comme dans l’enchatonnement.

Dans ce dernier cas, souvent en dilatant la vessie par les moyens indiqués dans les soins préparatoires elle quitte sa loge, et devient mobile. J’en ai publié plusieurs faits. Quelquefois il est possible de prendre la pierre dans sa loge avec le brise-pierre à mors plats et de l’en extraire pour la broyer ensuite. Mais quand la pierre ne peut être rendue mobile dans la vessie il faut renoncer à la lithotritie.

3° Lorsque la vessie est tellement irritée, qu’il a été impossible d’en obtenir la dilatation, qu’elle ne peut pas retenir l’eau boriquée tiède qu'on y injecte, et que l’urine ne s’y arrête pas, le malade urinant constamment malgré lui.

4° Lorsque l’urèthre par un développement énorme de la prostate est très allongé et très courbe, son orifice vésical étant très haut derrière le pubis. Dans ces cas on peut franchir l’urèthre avec les sondes molles, ou avec les sondes métalliques qui ont une grande courbure. Mais on ne peut pas redresser l’urèthre en abaissant son col vésical pour y introduire le brise-pierre. Cet instrument redresse forcément l’urèthre. Je n’en ai vu que deux cas, dont un sur un homme célèbre dont l’urèthre était en plus induré dans une grande longueur. Dans ces cas seulement il faut renoncer à la lithotritie et pratiquer l’opération de la taille (V. Taille).

Reliquet,

Lauréat de l'Institut.

L1VÈCHE. — La livèche ou ache des montagnes est une petite plante de la famille des Ombellifères, très commune dans les Alpes et les Pyrénées, qui se rapproche beaucoup de l’ache des marais dont elle a du reste les mêmes propriétés thérapeutiques (V. Ache). j p. l.

LIVIDITÉ. — Mot employé par les médecins pour désigner les taches de coloration rougeâtre, violacée ou blanchâtre qui se forment sur la peau de l’homme vivant à la suite des contusions et des blessures. On donne aussi le nom de lividités cadavériques à de petites taches rouge-bleuâtres, superficielles, qui se montrent sur les cadavres, principalement aux parties déclives, sous forme de plaques et de vergetures irrégulières , quelques heures après la mort, ordinairement 4 ou 3, alors que la chaleur du corps commence à disparaître. Les lividités produites par les contusions sur l’homme vivant et existant par conséquent avant la mort, se distinguent des lividités cadavériques. Les premières, en effet, ne disparaissent jamais parle changement de position du cadavre, tandis que les secondes disparaissent lorsqu’on change le cadavre de position dans les 12 ou 13 premières heures après la mort. De plus, les premières donnent naissance à un épanchement et à une infiltration de sang qui s’étend profondément dans le tissu cellulaire sous-cutané, tandis que dans les secon-

des la couleur livide ne s’étend pas profondément et ne dépasse guère la couche papillaire de la peau. Ces distinctions ont leur importance en médecine légale. Dr Paul Labarthe.

LIVONIENNES (gouttes). — Les gouttes livoniennes sont de petites capsules médicamenteuses, ovoïdes, à base de créosote de hêtre, de baume de tolu et de goudron de Norwège, très heureusement combinés, dont nous sommes redevables aux habiles pharmaciens Trouette-Perret , si connus du monde médical par leurs beaux travaux sur le carica papaya.

Nous disons : très heureusement combinés, car il était difficile de réunir trois médicaments ayant des propriétés plus remarquables et plus efficaces, ainsi qu’il est facile de s’en rendre compte en se reportant aux articles Créosote, Goudron, Tolu (V. ces mots), où sont étudiées leurs actions physiologiques et thérapeutiques.

De plus, ces trois médicaments associés se complètent et se corrigent l’un l’autre. En effet, le goudron et le tolu, ajoutés à la créosote de hêtre, font disparaître les inconvénients que présente cette substance qui, employée seule, est souvent mal tolérée, à cause de sa causticité et de son odeur d’abord, ensuite à cause des nausées, des renvois et des vomissements qu’elle détermine chez bon nombre de malades. D’où la tolérance parfaite des gouttes livoniennes.

Ces gouttes ou capsules, toujours exactement dosées, contiennent chacune : 0,03 centigrammes de créosote.pure de hêtre, 0,07 centigrammes 1/2 de goudron purifié de Norwège, et 0,07 centigrammes 1/2 de baume de tolu.

Leur emploi est des plus efficace dans toutes les affections des organes respiratoires, chroniques ou non, bronchites, catarrhes, rhumes, crachement de sang, phthisie, etc.

Elles se prennent, dans les cas légers à la dose de 2 capsules matin et soir ; dans les cas graves, il faut élever la dose : on commencera par en prendre 4 matin et soir, et on ira en augmentant progressivement jusqu’à 12 par jour, suivant l’état du malade et les effets que l’on veut obtenir. Chaque fois qu’on avale des gouttes livoniennes, il faut boire quelques gorgées d’eau sucrée, de lait, ou d’une tisane quelconque, froide ou chaude. Dans tous les cas, il est bon de ne pas cesser brusquement leur emploi , lorsqu’on aura obtenu le résultat désiré, mais de les continuer pendant un certain temps, en diminuant la dose tous les deux jours.

Dr P.-L. Tarride.

LIVRES. — Hygiène publique. — Les livres qui sont de si utiles et admirables instruments d’instruction et de moralisation, — comme aussi de corruption, hélas — peuvent, dans certains cas, devenir des instruments de propagation de maladies contagieuses. Le Dr Attwel a écrit que des livres maniés par des individus atteints de variole ou de scarlatine pouvaient transmettre ensuite ces deux maladies aux personnes qui en faisaient usage après. Nous pouvons ajouter à la variole et à la scarlatine les maladies parasitaires ûe la peau, le

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affections vénériennes et syphilitiques. Aussi seraitil bon que dans les bibliothèques des hôpitaux, dans les cabinets de lecture, ainsi que dans les familles, on désinfectât tout livre qui aura passé entre les mains d’un malade atteint de maladie contagieuse. D' Paul Labarthe.

LIXIVIATION. — La lixiviation, appelée aussi méthode par déplacement, est une opération pharmaceutique qui consiste à extraire des plantes les principes actifs solubles qu’elles renferment, à l’aide de liquides dissolvants, eau, éther, alcool, que l’on fait passer sur elles lentement et régulièrement. Elle constitue un procédé applicable à la préparation d’un grand nombre de médicaments, solutions concentrées, teintures, extraits, etc.

L’appareil le plus simple pour la lixiviation se compose d’une sorte d’allonge de forme conique, en fer-blanc, verre ou étain, introduite dans le goulot d’une carafe de verre. Un entonnoir ordinaire peut être employé pour la même opération. Qu’on se serve de l’allonge ou de l’entonnoir, l’instrument doit être muni de deux diaphragmes : l’un inférieur percé de trous, est destiné à supporter la substance réduite en poudre que l’on a à traiter par déplacement; l’autre supérieur, également percé de trous, est destiné à recevoir le liquide pour qu’il pénètre la poudre par un grand nombre de points à la fois, afin que l’imbibition de celle-ci soit la même sur toute la circonférence. L’allonge est souvent munie à l’extrémité conique d’un robinet permettant de retarder à volonté la sortie du produit médicamenteux. La carafe n’a d’autre but que de servir de récipient. L’appareil ainsi construit, on verse le liquide à la surface, et, à mesure qu’il pénètre et qu’il s’écoule, on le remplace par une nouvelle quantité, jusqu’à épuisement complet dans la constitution de la poudre de ses principes actifs. Voilà en quelques mots la construction et la manière de fonctionner de l’appareil.

Pour faire une bonne lixiviation, la première des conditions, c’est que la poudre ne soit ni trop fine, ni trop grossière : trop fine, elle empêcherait le liquide de passer; trop grossière, il s’écoulerait trop vite et n’aurait pas le temps de s’imprégner des principes médicamenteux qui lui sont nécessaires. Si la substance est trop sèche, elle peut se gonfler outre mesure et arrêter le déplacement, malgré l’addition d’une nouvelle quantité de liquide; dans ce cas, le mieux est de mouiller la poudre avant de l’introduire dans l’appareil, pour éviter cet inconvénient. Enfin, on doit opérer le plus souvent avec un liquide chaud qui dissout plus facilement la substance végétale; quelquefois cependant avec un liquide froid et un appareil fermé l’opération réussit mieux, c’est lorsqu’on craint la déperdition d’une certaine quantité de liquide par évaporation. Dr marc. Camboulives.

LOBE. — Mot employé en anatomie pour désigner les portions arrondies et saillantes plus ou moins circonscrites d’un organe : lobes du cerveau, lobes du foie, etc. (V. Cerveau, Foie). r. l.

LOBÉLIE ENFLÉE. — La lobélie enflée ainsi

nommée à cause de ses fruits à capsules vésiculeuses, est une plante de la famille des Lobéliacées, originaire de l’Amérique du Nord, qui renferme dans sa composition une huile volatile, un principe âcre, la lobéline, de la résine et d’autres matières moins importantes. Telle qu’elle arrive en France, la lobélie est d’un vert jaunâtre, d’une odeur nauséeuse, d’un goût âcre et amer, ressemblant un peu à celui du tabac.

A petite dose, la lobélie active la sécrétion de la salive et du suc gastrique, passe dans la circulation qu’elle régularise, puis elle est éliminée par la peau qu’elle pousse à la sueur et par les conduits bronchiques qu’elle débarrasse des mucosités, tout

en calmant l’éréthisme nerveux et délivrant les asthmatiques des accès de dyspnée qui les étouffent. A de fortes doses, elle provoque des nausées, des vomissements, de la diarrhée et quelques phénomènes de stupéfaction, lesquels peuvent aller jusqu’au narcotisme complet si les doses ont été portées trop loin.

Il résulte des effets physiologiques de la lobélie que la poudre donnée à la dose de 2 centigrammes à 2 grammes est vomitive et qu’elle est simplement expectorante à dose trois fois moindre. Mais elle est très rarement employée sous cette forme. On préfère généralement prescrire ses racines ou ses feuilles, soit en infusion, soit en teinture alcoolique. L’infusion se prépare avec t à 5 grammes par litre d’eau bouillante, la teinture se donne de 5 à 30 gouttes répétées trois fois par jour, ce qui revient aux proportions de 1 à 4 grammès dans la journée.

Administrée de cette manière, la lobélie devient un précieux antispasmodique et un bon expectorant, avantageux surtout contre les accès d’asthme qu’elle calme quelquefois, alors que le datura ou la belladone ont échoué. On la surnomme en An-

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