C. Hématuries adynamiques par altération du sang
A. Hématuries par lésions traumatiques ou organiques DES REINS, DE L’URETÈRE ET DE LA VESSIE. — Les plaies et les contusions violentes de ces organes déterminent les hématuries dont la pathogénie ne se prête pas à de fausses interprétations. Elles peuvent se produire à la suite de la lithotritie, de la taille ; il est à peine besoin de le rappeler.
Les maladies organiques des reins qui comptent l’hématurie parmi leurs symptômes sont: 1° les calculs rénaux : l’écoulement du sang est dû à la déchirure des canalicules du rein, de la muqueuse des calices ou de l’uretère, sous l’influence de la progression de ces calculs à surface rugueuse et irrégulière; 2° le cancer du rein, qui produit l’héma-
turie par son ramollissement et son ulcération ; 3° le strongle rénal, entozoaire qui se développe dans le rein, mais qui est fort rare dans nos climats.
Les maladies organiques delà vessie qui donnent lieu à des hématuries sont : 1° les calculs vésicaux, qui irritent et déchirent les parois vésicales : aussi l’hématurie se montre-t-elle surtout lorsque le calcul est rugueux, irrégulier, et lorsque le malade a fait une marche prolongée, une promenade à cheval ou en voiture; 2° le cancer de la vessie; 3° les varices du col vésical; 4° les dégénérescences tuberculeuses des reins et de la vessie, dégénérescences fort rares d’ailleurs.
B. Hématurie par fluxion ou stase sanguine dans les vaisseaux des reins et de la vessie. — Ces hématuries sont tout aussi fréquentes et importantes que les premières. Dans le rein elles se relient : 1° au mal de Brigt; dans la première période de cette maladie, c’est-à-dire dans la période congestive, l’urine est rouge, et au microscope on y trouve des globules rouges intacts et des cylindres fibrineux formés par la coagulation du sang épanché dans les tubes. Ce sang provient de la rupture de quelques vaisseaux du rein, dont les parois n’ont pu résister à la congestion ; 2° la pyélo-néphrite peut également donner lieu à des urines sanglantes. Dans ces deux maladies le sang est peu abondant, intimement uni à l’urine; sa présence ne peut être parfois révélée que par le microscope; 3° l’absorption des cantharides détermine une irritation des voies urinaires qui peut aller jusqu’à produire de l’hématurie.
Dans la vessie, ces hématuries se relient : 1" à la surdistension des parois vésicales par la rétention d’urine. C’est un fait sur lequel Civiale a beaucoup insisté et que tous les chirurgiens qui s’occupent des maladies des voies urinaires ont maintes fois l'occasion d’observer chez les vieillards à grosse prostate; 2° au diverses variétés de cystites et surtout à la cystite du col, l’effort que fait le malade pour expulser les dernières gouttes d’urine amène souvent quelques gouttes de pus et de sang pur.
Hématurie des pays chauds. — L’hématurie est endémique à l’île Maurice et sous les tropiques ; parmi les indigènes elle frappe de préférence les enfants; les étrangers en sont fréquemment atteints; il n’est pas rare de lavoir se prolonger pendant des années, elle peut même résister au changement de climat; ses causes sont inconnues, cependant on l’attribue assez généralement à la présence des vers Bilharzia haematobia qui ont été rencontrés sous la muqueuse des voies urinaires.
On a cité quelques cas d’hématuries périodiques, supplémentaires du flux menstruel ou hémorrhoïdal, mais ces faits sont rares et douteux.
C. Hématuries adynamiques. — L’altération du sang peut déterminer des hématuries comme elle détermine des hémorrhagies par d’autres muqueuses; citons les pissements de sang observés dans les fièvres éruptives, hémorrhagiques, la fièvre jaune, l’ictère grave, le purpura hœmorrhagica, etc.
Le diagnostic de l’hématurie comprend trois points; il faut: 1° reconnaître l’hématurie ; 2° reconnaître son point de départ dans les reins, la vessie ou l’urèthre ; 3° préciser sa cause.
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1° L’hématurie est aisée à reconnaître. — Tantôt le sang est pissé pur, tantôt il est môlé à une assez grande quantité d’urine, mais encore parfaitement reconnaissable; tantôt enfin il colore à peine l’urine mais, par le repos, il forme un dépôt dans lequel on reconnaît sans peine les globules sanguins.
2° 11 est plus difficile de préciser son point de départ.— Le sang fourni par l’urèthre s’écoule spontanément dans l’intervalle des mictions, ou bien il est balayé par les premières gouttes d’urine.
On a dit que le sang provenant des reins était intimement mêlé à l’urine, que le malade éprouvait des douleurs dans la région lombaire ; il y a eu parfois des coliques néphrétiques, ou bien on observe les signes du mal de Bright, etc. Habituellement le sang vient de la vessie ; on peut admettre cette origine lorsqu’aucun symptôme ne fait croire à son origine prostatique ou rénale.
3° Un point des plus importants consiste à reconnaître la cause de l’hématurie. Si le pissement de sang a succédé à un traumatisme accidentel ou opératoire, son point de départ est évident; s'il s’est produit après un accès de colique néphrétique, il doit être attribué à la déchirure de la muqueuse uréthrale par le gravier.
L’hématurie fait songer à un cancer rénal lorsqu'elle se produit à intervalles variables chez un homme d'un certain âge qui s'affaiblit, maigrit, ne présente aucun signe de désordre dans la vessie, mais souffre des reins ; parfois, mais assez rarement, on peut constater l’existence d’une tumeur rénale.
On supposera que l’hématurie se rattache à un calcul vésical, lorsqu’elle survient chez un individu qui, depuis un certain temps, souffre de la vessie, surtout lorsque les douleurs sont plus fortes après la miction, que le jet de l’urine est arrêté, bifide, sans qu’il y ait rétrécissement de l’urèthre, et que l’hématurie survient après une marche, une promenade en voiture, etc. D’ailleurs le cathétérisme pratiqué avec une sonde exploratrice à petite courbure fera connaître l’existence de la pierre.
L’hématurie par surditension des parois vésicales, c’est-à-dire se rattachant à la rétention d’urine, s’observe chez les gens dont la prostate est volumineuse: elle accompagne fréquemment le catarrhe vésical.
L’hématurie des pays chauds se reconnaît aux circonstances dans lesquelles elle se produit ; il en est de même de l’hématurie cantharidienne.
Le pronostic de l’hématurie est très variable; cependant une hématurie est toujours chose grave d’abord par elle-même, puisqu’elle peut être assez abondante pour anémier profondément le malade ou pour occasionner une rétention d’urine par le fait d’un caillot obstruant le canal de l’urèthre ou un uretère, et surtout par sa signification, car la plupart des maladies qui la produisent sont sérieuses.
Son traitement présente trois indications :
1° Faciliter l’issue de l’urine sanglante. — En général le sang sort aisément, mais s’il s’accumule dans la vessie, s’il obture l’uretère, il faut procéder au cathétérisme et même au lavage de la vessie.
Il est très exceptionnel d’observer la stagnation des caillots dans la vessie et de se trouver dans la
nécessité, soit de les aspirer avec la sonde qui a poussé l’injection, soit même de les broyer ou de leur ouvrir une voie à l’extérieur ainsi que cela a cependant été fait.
2° Prévenir l’effusion d’une nouvelle quantité de sang. — Pour cela on prescrira au malade un repos absolu, on fera des applications froides sur l’hypogastre, le périnée, on donnera des quarts de lavements froids ; il sera utile de prescrire une potion hémostatique ( eau de Lècl telle , ergot de seigle, perchlorure de fer, etc.).
3° Combattre la maladie dont l'hématurie est un symptôme. — Les moyens médicaux et chirurgicaux à employer dans ce but sont naturellement extrêmement variés et ne se prêtent pas à des considérations générales. Dr Léon Moynac.
HÉMÉRALOPIE. — Affection dans laquelle les sujets voient plus ou moins bien dans la journée, tandis qu’ils ne voient plus ou qu’ils distinguent à peine, dès que le soleil est couché. On l’appelle aussi aveuglement de nuit \ cécité nocturne, amblyopie crépusculaire.
On a compris sous le nom d’héméralopie deux états morbides differents : 1° l’état nocturne de la vision chez des malades atteints d 'amaurose. Ici il existe une diminution de l’acuité de la vision. Celle-ci ne peut s’exercer que si la rétine est stimulée par une somme suffisante de lumière. Ce n’est pas du tout parce que le soleil est couché que ces prétendus héméralopes cessent de voir. Si en plein jour on les conduit dans une cave mal éclairée, ils ne peuvent plus se conduire, ils distinguent, au contraire, par une belle nuit, alors que le ciel est parsemé d’étoiles et que la lune brille de tout son éclat: 2° l’héméralopie véritable, qui a les caractères d’une névrose à type intermittent.
La distinction que nous venons d’indiquer là rend compte des faits suivants: il arrive parfois qu’une agglomération d’individus se trouvant dans des conditions générales propres à produire l’amaurose, est atteinte de troubles visuels qui sont nécessairement plus accentués de nuit que de jour. C’est de cette façon qu’il faut interpréter ces relations d’héméralopies épidémiques et endémiques rapportées par des médecins de l’armée de terre et de la flotte. Si, dans ces cas, l’examen des malades avait été fait de jour, on aurait probablement reconnu une diminution notable de l’acuité visuelle. Pareille interprétation convient à ces cas d’héméralopie héréditaire , signalés par quelques auteurs ; c’étaient probablement des amblyopies congénitales avec diminution relative de la sensation visuelle pondant la période nocturne. Par cela seul que l’héméralopie n’est souvent qu’une manifestation de l’amaurose, on comprend que toutes les circonstances de nature à diminuer l’activité nerveuse de la rétine, puissent donner lieu à cette affection. C’est par ce mécanisme qu’on s’en explique la production, à la suite de l'impression plus ou moins prolongée d'une lumière vive sur l’organe de la vision. On se rend ainsi compte de l’héméralopie dite épidémique, alors qu’un grand nombre d’individus est soumis simultanément à cette influence d’une lumière exagérée. Les relations d’épidémies
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de ce geure données par Fleury, chirurgien de la marine française, et de Steinberg, chirurgien de la garnison prussienne de Mayence, viennent à l’appui de l’opinion précédente.
Toutes les circonstances qui débilitent l’économie prédisposent à l’héméralopie. La maladie se montra dans l’armée russe de Crimée, pendant le carême, sous l’influence d’une alimentation insuffisamment anirnalisée. Elle disparut avec le retour au régime ordinaire. On s’explique de la même façon l’influence exercée par le scorbut, la grossesse et même de simples troubles gastriques. Récemment, Cornillon et Parinaud ont fait ressortir l’influence exercée sur la production de l’héméralopie par certaines affections du foie, notamment l’hypertrophie, la cirrhose.
L’héméralopie est parfois franchement intermittente, c’est-à-dire qu’elle se développe sous forme d’accès pendant lesquels la vision est complètement abolie. Dans les intervalles des accès, la vision revient, alors même que le sujet est placé dans un lieu sombre.
L’héméralopie se développe en général d’une manière lente ; il est rare que le début en soit brusque. La pupille est très dilatée et se contracte à peine sous l’influence de la lumière. L’ophtalmoscope ne révèle en général aucune lésion, à moins que la maladie ne soit liée à une amaurose. Dans un cas observé par Cornillon, et coïncidant avec une affection hépatique, il existait une dilatation des veines rétiniennes et une atrophie des artères correspondantes.
On a signalé, chez les héméralopes, l’existence d’une tache nacrée ou argentée, placée sur la conjonctive, tout près de la cornée. Cette tache serait formée par une production squameuse spéciale de l’épithélium de la conjonctive.
Le traitement est préventif et curatif.
Lorsqu’on a lieu de craindre l’héméralopie chez les marins qui naviguent dans les régions équatoriales, on les met à l’abri de l’action de la lumière solaire, par des abris dressés sur le pont du bâtiment ; on augmente la quantité d’aliments azotés dans le régime journalier. Si, malgré ces précautions, la maladie éclate, on insiste sur l’emploi des moyens précédents.
De nombreuses médications ont été conseillées : le vésicatoire ou le séton à la nuque, les pédiluves sinapisés, des purgations légères, les collyres stimulants ; les boissons acidulées, le suc de citron, de l’eau ferrée, un régime substantiels, en cas de scorbut ; le sulfate de quinine dans la forme intermittente du mal ; l’arsenic à l’intérieur. Les indigènes de l’Inde se servent de savon anglais qu’ils font mousser, et dont ils introduisent la mousse entre les paupières, ce qui provoque un larmoiement abondant.
Desponts a employé avec succès l’huile de foie de morue brune ; Valette les instillations journalières, derrière les paupières, d’une solution aqueuse d’extrait de belladone ; Roussilhe la cautérisation du pourtour de la cornée avec la pierre infernale ; Grazia l’administration à l’intérieur du foie de bœuf rôti, à la dose de 125 grammes par jour. On a soumis les yeux à l’action de vapeurs émanant
d’une décoction de foie de bœuf. D’autres praticiens ont obtenu des guérisons promptes en faisant séjourner les malades pendant un certain nombre d’heures dans une chambre complètement obscure.
Parfois tous les moyens thérapeutiques ont échoué dans l'héméralopie développée à bord d’un vaisseau, et il a suffi du seul retour en Europe, ou dans des climats tempérés où la vue se repose sur des lieux ombragés pour guérir le mal.
Lorsque l’héméralopie n’est que le symptôme d’une amaurose, c’est contre cette dernière affection qu’il faut diriger le traitement. dc Fano.
HÉMICRANIE. — (V. Migraine.)
HÉMIOPIE. — Nom donné par les oculistes à une variété d 'ambliopie (V. ce mot), caractérisée par la perte de la moitié du champ visuel, qui fait que l'individu qui en est atteint ne voit que la moitié des objets qu’il regarde.
L’hémiopie peut être verticale ou horizontale.
L’individu atteint d’hémiopie verticale ne voit que la moitié droite ou gauche de l’objet qu’il regarde. Cette variété peut se montrer d’une façon transitoire et temporaire, comme dans la migraine, ou bien elle peut être permanente, et alors elle est liée à une affection du cerveau, le plus souvent à l’existence d’une tumeur.
L’individu atteint d’hémiopie horizontale ne voit que la moitié inférieure ou supérieure de l’objet qu’il regarde. Cette variété, qui n’est en réalité qu’une ambliopie, ne se manifeste d’ordinaire que dans un seul œil ; elle est presque toujours due à une lésion, principalement à un décollement de la rétine. Le traitement de l’hémiopie est avant tout celui de la maladie qui l’occasionne. p. l.
HÉMIPLÉGIE. — L’hémiplégie est la paralysie de la moitié du corps : Elle est complète ou incomplète, localisée aux membres ou étendue à la face.
L’hémiplégie est souvent précédée d’une attaque d’apoplexie, c’est-à-dire que le malade, brusquement frappé, tombe privé de connaissance, il est insensible à toute excitation, ses membres sont dans la résolution ; soulevés, ils retombent comme une masse inerte, et ce n’est qu’après la disparition de cet état apoplectique que l'hémiplégie devient évidente. Ce début apoplectique s’observe surtout dans les hémiplégies liées aux hémorrhagies cérébrales, aux compressions brusques de l’encéphale par une fracture, un épanchement sanguin, etc.; dans d’autres cas, l’hémiplégie se dessine immédiatement, c’est-à-dire sans apoplexie préalable, ou encore son développement est graduel : c’est ce que l’on observe lorsqu’elle est sous la dépendance d’une tumeur.
Lorsque l’hémiplégie est complète, le bras et la jambe (d’un même côté) sont absolument inertes; mais une paralysie aussi complète est assez rare ; d’ordinaire le malade peut imprimer quelques mouvements aux extrémités, surtout à la jambe, qui est ordinairement moins immobile que le bras. — Si l’hémiplégie est incomplète, on le reconnaît à ce que le malade traîne la jambe, marche en fauchant,, serre moins énergiquement, etc.
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A la face, l'hémiplégie est moins accentuée que dans les lésions du nerf facial ; cependant la face et surtout la commissure des lèvres, paraît être entraînée du côté sain, ce qui est surtout appréciable lorsque le malade parle, rit, etc.; du côté paralysé la joue est flasque, l’œil ouvert (V. Paralysie faciale).
La langue est déviée du côté paralysé. Ce qui tient à l’action du muscle génio-glosse qui, en tirant la langue hors de la bouche, dirige sa pointe du côté Opposé; lorsque les deux muscles agissent simultanément, les mouvements de latéralité s’annulent, mais ils deviennent manifestes lorsque l’un d'eux est paralysé.
Les paralysies des muscles de l’œil sont plus rares. Parfois il existe une hémiplégie du voile du palais, qui devient flasque et dont la luette est déviée vers le côté sain ; elle rend la déglutition difficile, les liquides tombent souvent dans les voies aériennes et provoquent la toux.
Les paralysies viscérales (vessie, rectum) existent dans certains cas; elles donnent lieu, suivant le muscle qu’elles frappent, à la rétention, ou au contraire à l’incontinence de l’urine et des matières.
La sensibilité est souvent éteinte dans les parties paralysées, dont la température s’élève au point de dépasser d’un degré celle des parties opposées.
La marche de l’hémiplégie est extrêmement variable ; certaines hémiplégies s’effacent rapidement, tout à coup et d’une façon complète (hémiplégie hystérique); dans d’autres cas, leur guérison est lente, graduelle et incomplète (hémiplégies liées à une hémorrhagie cérébrale qui se résorbe, à une tumeur syphilitique qui disparaît, etc.); souvent elles persistent indéfiniment.
Or, lorsqu’une hémiplégie se prolonge plusieurs mois (quatre à cinq, Türck), surtout lorsqu’elle se rattache à une hémorrhagie cérébrale, il n’est pas rare de voir les membres paralysés se contracturer; leur nutrition s’altère, la peau est sèche, squameuse; les nerfs, les os s’atrophient et la réaction électrique s’éteint.
L’hémiplégie indique une altération organique ou fonctionnelle de l'hémisphère cérébral opposé aux membres paralysés, cela tient à l’entre-croisement des pyramides et même de la plupart des filets nerveux au niveau du bulbe, de telle sorte que les nerfs du côté droit, par exemple, se rendent à l'hémisphère cérébral et réciproquement.
Les causes des hémiplégies peuvent se diviser en quatre groupes :
1° Hémiplégies organiques. — Elles se rattachent à une altération organique d’un hémisphère cérébral, telle que : hémorrhagie cérébrale, hémorrhagie méningée, pachyméningite, fracture du crâne avec épanchement sanguin intracrânien ou compression du cerveau par un fragment, ramollissement cérébral, encéphalite, plaies du cerveau, tumeurs (sarcomes, carcinomes, exostoses, tumeurs syphilitiques, tubercules, etc.).
2° Hémiplégies ischémiques. — Cette hémiplégie s’observe à l’occasion de la ligature de la carotide primitive ou interne, d’une embolie obstruant soit ces artères, soit l’artère svlvienne.
3° Hémiplégies discrasiques. — Beaucoup plus rares; elles sont liées à une altération du sang.
4° Hémiplégies fonctionnelles. — Tout aussi rares; elles ne s’observent guère que chez les hystériques*.
Lorsqu’on a constaté l’existence d’une hémiplégie, il faut déterminer les causes qui lui ont donné naissance, c’est-à-dire reconnaître si elle se rattache à une hémorrhagie cérébrale, à un traumatisme, hune pachyméningite, à un ramollissement cérébral, à une tumeur, à une embolie ou à l'hystérie, car ce sont là les causes ordinaires des hémiplégies.
Voici à quels signes on reconnaîtra que l’hémiplégie se rattache :
1° A une hémorrhagie cérébrale. — C’est ordinairement un individu d’un certain âge dopt la santé était bonne ou qui souffrait depuis peu de temps de vertiges et de maux de tête, lorsque tout à coup il tombe : tantôt il est frappé d’apoplexie, c’est-à-dire qu’il a perdu le sentiment, le mouvement et l’intelligence, il est dans une résolution complète, sa respiration est lente, stertoreuse, et ce n’est que lorsque cette phase apoplectique se dissipe (quelques heures à deux ou trois jours) que l'hémiplégie se dessine ; tantôt l’apoplexie fait défaut, l’hémiplégie est soudaine, le malade conserve sa connaissance, mais il est paralysé de la moitié du corps.
Tel est le début ; les choses restent en cet état pendant quatre à huit jours : alors se manifestent du mal de tête, des douleurs, des contractures et des secousses dans les membres paralysés, la température s’élève un peu; ce sont les signes d’un travail inflammatoire, d’une encéphalite développée autour du foyer sanguin.
Si le malade traverse ces deux phases de début et d’encéphalite, il entre dans une phase d’état à durée indéterminée, phase pendant laquelle l’hémiplégie se présente dans toute sa pureté, accompagnée ou non de troubles de l’intelligence, de la sensibilité, etc.; en général elle s’amende graduellement, le mouvement reparaît d’abord dans le membre inférieur, etc., mais le retour à la santé n’est jamais complet; d'ailleurs les récidives sont presque toujours fatales.
2“ A un traumatisme — Si l’hémiplégie est survenue à la suite d’une violence extérieure, la simple connaissance de ce fait vous permet d’affirmer qu’elle est due, soit à une fracture du crâne avec enfoncement d’un fragment, et l’examen direct vous instruit à cet égard, soit à un épanchement sanguin, soit à une contusion cérébrale qui se révèle quelques jours après l’accident par l’encéphalite qu’elle provoque (légère élévation de la température et phénomènes d’excitation, tels que délire, convulsions, contractures, etc.).
3° A une pachyméningite. — Ici l’hémiplégie est précédée des symptômes d’une méningite chronique, l'individu est aliéné, les accidents présentent des intermittences, la paralysie est mal limitée, tardive, précédée de contractures ou de convulsions épileptiformes.
4° A un ramollissement cérébral. — Il s’agit d’un individu avancé en âge, dont l’intelligence s’affaiblit graduellement, qui souffre de la tête, devient irritable, morose, pleure sans motif, perd la mémoire et les forces, et chez lequel survient une attaque apoplectique, laissant après elle une hémiplégie.
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. 5° A une embolie. — Il s’agit , en général, d’un individu jeune, atteint d’une lésion cardiaque (athérome ou endocardite ulcéreuse); il tombe tout à coup frappé par une attaque d’apoplexie, comme s’il s’agissait d’une hémorrhagie cérébrale ; l’apoplexie se dissipe, et l’hémiplégie apparaît; parfois il existe en même temps des signes d’obstruction embolique dans d’autres viscères et surtout dans la rate, qui est grosse et sensible. Cette hémiplégie peut disparaître en quelques heures ou se prolonger indéfiniment en ne présentant ni l’amélioration graduelle, ni les convulsions ou contractures, si fréquentes dans les hémiplégies liées à une hémorrhagie cérébrale.
6“ A l'hystérie. — C’est à propos des paralysies partielles que nous étudierons les paralysies hystériques.
Sauf dans les cas de paralysies hystériques, le pronostic de l’hémiplégie est toujours grave.
Quant au traitement, il ne saurait être exposé d’une manière générale, car l’hémiplégie n’est qu’un symptôme étroitement lié à l’altération d’un hémisphère cérébral, altération dont la nature variée présente des indications thérapeutiques diverses.
Dr Léon Moynac.
HÉMOGLOBINE. — On donne ce nom à la partie constituante essentielle des globules rouges du sang (V. Sang). r. l.
HÉMOPHYLIE. — Mot employé par les médecins pour désigner une disposition constitutionnelle, héréditaire et congénitale aux hémorrhagies. Chez les hémophy tiques , c’est-à-dire les individus qui présentent cette disposition, l’écoulement de sang survient à tout propos, sans cause ou sous une influence insignifiante, et il compromet la vie par son abondance. p. l.
HÉMOPTYSIE. —On donne le nom d’hémoptysie à un crachement de sang provenant d’une hémorrhagie de l’appareil respiratoire ou d’un organe voisin dont le sang a fait irruption dans les bronches.
Parfois l’hémoptysie est précédée de quelques phénomènes congestifs vers les poumons : oppression, gène et chaleur dans la poitrine, dyspnée, palpitations, toux sèche, goût salé dans la bouche ; dans d’autres cas, le début est brusque, le malade tousse, crache du sang, et à cette vue il éprouve un sentiment de terreur tout spécial et bien plus marqué que dans les autres hémorrhagies.
En général, le sang est rejeté par expectoration, c’est-à-dire après une quinte de toux ; dans des cas exceptionnels, il est rendu, soit par expuition, c’est ce qui arrive lorsque l’hémorrhagie étant 1res peu abondante, le sang séjourne dans les bronches sans éveiller le besoin de tousser; soit à flots par la bouche et le nez ; pour cela il faut que l’hémorrhagie soit de prime abord considérable, souvent alors le sang excite dans son passage la luette et le voile du palais et il provoque le vomissement.
En général, le sang expectoré est rouge, vermeil, spumeux, c’est-à-dire mêlé à de l’air, c’est ce qui a
lieu lorsqu’il est expulsé dès son arrivée dans les bronches ; mais s’il y séjourne il prend une teinte noirâtre et foncée ; souvent dans le cours d’une même hémoptysie il présente ces deux caractères, et après avoir rendu du sang rouge et vermeil, le malade expectore pendant quelques jours des crachats noirâtres, crachats par lesquels les voies aériennes se débarrassent peu à peu du sang qui y a séjourné. La quantité du sang rejeté varie entre quelques grammes et plusieurs livres, et la marche de l’hémoptysie est des plus variables : parfois elle est foudroyante; le malade meurt épuisé par la quantité de sang qu’il perd et plutôt encore par l’asphyxie résultant de l’occlusion des bronches par le sang. Mais ce cas est rare; en général, l'hémoptysie s’arrête rapidement, il est des personnes qui n’en ont qu’une ; souvent, il est vrai, le crachement de sang se reproduit plusieurs fois le même jour et plusieurs jours de suite ou à des intervalles indéterminés.
Les hémoptysies supplémentaires des règles peuvent reparaître chaque mois pendant un laps de temps fort long.
L’examen de la poitrine pratiqué au moment de l’hémoptysie révèle l’existence de râles muqueux, sous-crépitants, disséminés dans les deux poumons ou circonscrits dans un point limité ; mais souvent la respiration reste pure et la poitrine sonore, à moins toutefois que le sang ne se soit creusé un foyer et que ce foyer soit superficiel (apoplexie pulmonaire).
Le malade est pâle, très effrayé, haletant, couvert d’une sueur froide, il peut tomber en syncope; dans des cas rares, il succombe asphyxié ou épuisé par la perte de sang ; d’ordinaire, l’hémoptysie ne laisse après elle qu'un certain degré d’anémie, mais on voit se dérouler les diverses phases de la maladie dont elle n’a été qu’un épisode.
L’hémoptysie est aisément reconnue à l’aspect rouge, spumeux du sang, à la façon dont il est rendu (expectoration) ; on ne la confondra point avec l’épistaxis, car, alors même que le sang venant du nez serait descendu dans le larynx et rejeté par expectoration, il présente une teinte noire, les narines portent des traces du sang, il n’existe pas de symptômes pulmonaires.
L'émathémèse ou vomissement de sang est composé d’un sang noir, non aéré, acide, mêlé à des débris alimentaires. Si le sang, provenant des voies aériennes, était descendu dans l’œsophage et l’estomac, il prendrait, il est vrai, les caractères précédents, mais il est bien rare qu’une partie au moins ne soit rendue par expuition; de plus, l’examen de la poitrine et de la région épigastrique indique souvent le siège de la maladie qui a provoque le rejet du sang.
Le diagnostic de la cause se fera d’après les notions pathogéniques que nous allons examiner et surtout par l’examen de l’ensemble des symptômes que présente le malade.
L'hémoptysie étant un symptôme commun à des états morbides très divers, son élude pathogénique doit se diviser en trois classes :
A. Hémoptysies par lésions traumatiques ou organiques des voies aériennes ;
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B. Hémoptysies par fluxion ou stase sanguine dans les vaisseaux pulmonaires;