C. Hémoptysies adynamiques par altération du sang
A. Hémoptysies par lésions traumatiques ou organiquks. — L’hémoptysie se montre à la suite des plaies pénétrantes de la poitrine, des fractures avec enfoncement des côtes, et même d’une simple contusion du thorax ou de la pénétration de certains corps étrangers dans les voies aériennes. Un anévrysme de l'aorte peut user la trachée ou les bronches et s'ouvrir brusquement dans leur cavité en déterminant une hémoptysie mortelle.
La tuberculose est, de beaucoup, la plus fréquente cause des hémoptysies, et le crachement de sang peut se montrer à toutes les phases de son évolution. — Souvent l'hcmoptysie est l’accident initial, elle survient au milieu de la santé et sans que l'examen de la poitrine puisse révéler la moindre altération, elle est produite par la rupture de petits vaisseaux qui avoisinent les tubercules, vaisseaux dans lesquels la tension est accrue (soit par les poussées congestives que provoquent les granulations tubercul uses, soit par l’oblitération de certains d’entre eux), ou dont les parois sont altérées par la production de granulations tuberculeuses.
Les hémoptysies peuvent se répéter dans la période de crudité des tubercules, elles sont plus rares dans leur période de ramollissement, car les vaisseaux qui les avoisinent sont en général oblitérés à une certaine distance; elles réapparaissent, assez fréquentes, lorsqu'il existe des cavernes. L'hémoptysie est beaucoup plus rare dans la tuberculose aiguë.
On l’observe également dans la dilatation bronchique, dans la gangrène pulmonaire et dans les thromboses et embolies de l’artère pulmonaire, et, ainsi que l'a démontré mon ami AV. Hearn, elle constiiue un des symptômes les plus importants des kystes hydatiques du poumon.
B. Hémoptysies par fluxion ou stase sanguine dans les vaisseaux du poumon. — L’excès de tension dans les vaisseaux pulmonaires se rattache à des causes nombreuses; parmi elles il faut, placer en première ligne les maladies du cœur, non seulement l’hypt rtrophie du ventricule droit qui élève la tension sanguine dans l'artère pulmonaire, mais surtout les lésions mitrales qui, gênant le cours du sang dans l'oreillette gauche, s’opposent au dégorgement des veines pulmonaires, et par suite déterminent une stase dans tous les vaisseaux pulmonaires.
Aussi, l'hémoptysie ne se montre-t-elle qu’à une période avancée, elle est à peu près contemporaine de l’asystolie et coïncide fréquemment avec une infiltration de sang dans le parenchyme pulmonaire (apoplexie pulmonaire).
C’est encore dans cette classe qu’il convient de ranger les hémoptysies supplémentaires ou succédanées, soit du flux menstruel, soit du flux hémorrhoïdal ; les hémoptysies produites par les fatigues de l'appareil vocal ou respiratoire, par les efforts prolongés (excès de coït), par 1 inhalation de poussières irritantes (tailleurs de pierres, cardeurs de matelas), par l'ascension dans les hautes régions de l’atmosphere.