‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 97 sur 344 · INFÉRIEUR, DES ORGANES GÉNITAUX, DES FESSES ET DU · texte numérisé non relu

INFÉRIEUR, DES ORGANES GÉNITAUX, DES FESSES ET DU

périnée. — Demêmequenousavons vu les ganglions du creux de l’aisselle recevoir à la fois les lyhiphatiquesdu membre supérieur et ceux des paroisthoraciques, de même nous voyons leurs analogues, les ganglions du pli de l’aine, recevoir les lymphatiques : 1° du membre inféri ur; 2° des organes génitaux, de l’anus, des fesses, du périnée; 3° de la moitié sous-ombilicale des parois de 1 abdomen.

1° Les lymphatiques du membre inférieur sont superficiels et profonds

Les premiers naissent des orteils et de la plante du pied par des réseaux dont la disposition rapp' Ile ceux de la main; ces réseaux donnent naissance à des troncs lymphatiques qui se groupent autour des veines saphènes. Ceux qui longent la saphène interne s’élèvent comme cette veine sur la face antérieure de la jambe, puis sur la lace interne de la cuisse, r cu< illent çà et là quelq >es lymphatiques et se je lien ' dans les ganglions du pli de famé. Ceux qui longent la saphène externe s’arrêtent comme elle au niveau du creux poplité : à ce niveau, les uns vont se joindre aux lymphatiques qui longent la saphène interne; les autres traversent l'aponévrose pour se jeter dans trois ou quatre ganglions que l’on rencontre dans le creux poplité (ganglions poplités;.

Les lymphatiques profonds suivent le trajet des artères, et vontse jeter pour la plupart dans le- ganglions poplitos et en partie dans les ganglions profonds du pli de l’aine, auxquels se rendent egalement les lymphatiques efférents des ganglions profonds.

i° Lymphatiques des orgams génitaux, de l' nus, des fesses e< du périnée. — Les organes génitaux se font remarquer par la richesse des réseaux lymphatiques qui les tapissent; voi i quetques détails sur leur disposition. Les deux surfaces du prëruce sont couvertes d’un plexus qui se deverse dans un ou plusieurs troncs circulairement disposés autour de la couronne du gland; à ces troncs aboutissent également les lymphatiques nés de la muqueuse de l 'urèthre et du gland; de ce tronc circulaire partent des rameaux qui cheminent sur le dos de ia verge, recueillant à droite et à gauche les lymphatiques émanés des téguments de cet organe, et arrivés au ligament suspenseur, ils se séparent en deux groupes pour se jeter dans les ganglions inguinaux superficiels. Le 'Cro'nm est également tapissé par un réseau lymphatique d’une richesse extraordinaire et dont les troncs accolés aux vaisseaux honteux externes vont gagner les ganglions inguinaux.

Les organes génitaux externes de la famine (face interne des grandes et petites lèvres, clitoris, méat, etc ), possèdent des réseaux lymphatiques aussi développés q e ceux des organes génitaux de l’homme; b s troncs auxquels ils donnent naissance accompagnent les vaisseaux honteux externes et se jettent dans les eanglion- inguinaux.

Les lymphatiques du périnée, des fesses et de l 'anus, contournent la racine de la cuisse pour se rendre aux ganglions superficiels du pli de l’aine.

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3° Les lymphatiques de la moitié sous-ombilicale de l’abdomen sont superficiels et profonds : les premiers, correspondant à la distribution de l’artère tégumenteuse abdominale, suivent son trajet et descendent vers les ganglions inguinaux où ils se rendent; les seconds accompagnent les artères épigastrique et circonflexe iliaque et aboutissent aux ganglions iliaques.

Ganglions et vaisseaux lymphatiques ou thorax. — Il existe dans la cavité thoracique un grand nombre de ganglions que l’on peut diviser, d’après leur situation, en ganglions médiastinaux antérieurs et ganglions médiastinaux postérieurs, en accordant, vu leur importance, une mention spéciale aux ganglions bronchiques.

Les ganglions logés dans le médiastin antérieur ne sont pas nombreux; on les rencontre sur la face postérieure du sternum, le long des artères mammaires internes, au-devant du péricarde et des gros vaisseaux", et sur la partie antérieure de la face supérieure du diaphragme.

Us reçoivent : t° Les lymphatiques nés de la portion sous ombilicale de la \iaroi abdominale antérieure; ces vaisseaux suivent le trajet des artères mammaires internes et, chemin faisant, recueillent les lymphatiques des parties médianes et antérieures du diaphragme, et plus haut, ceux du ! thymus ;

2“ Les lymphatiques de la partie antérieure de la face convexe du fuie, qui se réunissent dans le ligament suspenseur du foie, traversent les attaches I antérieures de diaphragme et atteignent les ganglions médiastinaux antérieurs;

3° Les lymphatiques du péricarde et ceux du I cœur : ceux-ci suivent exactement le trajet des artères coronaires qu’ils abandonnent au niveau de l'aorte pour aller gagner les ganglions antérieurs.

Les ganglions logés da s le m diastin postérieur | sont remarquables par leur nombre, leur -volume et | la fréquence de leurs altérations. Ils forment pluj sieurs groupes, largement reliés entre eux : ce sont d’abord, une série de petits ganglions placés au niveau de la partie la plus reculée des espaces in- 1 tercoslaux (ganglions intercostaux), puis une traînée de ganglions disposés le long de l’œsophage et de l’aorte et logés dans le médiastin postérieur I (ganglion- médiastinaux postérieurs!-, enfin de gros ganglions, souvent noirâtres, placés dans l’angle de bifurcation de la trachée et autour de la racine des bronches (sanglions bronchiques).

A ces ganglions aboutissent :

t° Les lymphatiques des espaces intercostaux ;

2° Les lymphatiques de l' œsophage et de la partie postérieure du lianhragmr ;

3° Les lymphatiques du poumon , qui sont superficiels et profonds. Les premiers forment à la surface de l’organe un réseau très riche et souvent variqueux, provenant soit de la plevre, soit de la base des lobules pulmonaires, et dont les troncs se dirigent vers le hile du poumon pour ab uitir aux ganglions bronchiques. Les lymphatiques profonds partent du lobule pulmonaire (Voy. structure du poumon) et forment de petits tronc> qui cheminent vers le hile du poumon, en meme temps que les canaux aériens et sanguins ; dans l’épaisseur même

du parenchyme pulmonaire, puis du hile, ils rencontrent quelques ganglions qu’ils traversent pour atteindre ensuite les ganglions bronchiques.

Vaisseaux et ganglions lymphatiques de l’aisdomen et nu bassin. — Ils peuvent se diviser en trois groupes :

A Les ganglions sus-aortiques recevant les lymphatiques du tube digestif et de ses annexes;

B. Les ganglions lombaires recevant les lymphatiques des reins et des capsules surrénales, du testicule, de l’utérus, de la trompe et de l’ovaire;

C. Les ganglions pelviens recevant les lymphatiques du rectum, de la vessie, du col de l’utérus, des vésicules séminales, etc.

A. Ganglions sus-aortiques. — On rencontre audevant de l’aorte abdominale un grand nombre de ganglions auxquels se rattachent d’autres groupes ganglionnaires logés entre les deux feuillets du oéritoine qui vont former des enveloppes à l’estomac, a la rate, au foie et aux intestins, et que l’on désigne souvent sous les noms de ganglions siomucaux, splénique v, h patiq ies e t mésentériques .

Ces ganglions aortiques et leurs ganglions accessoires reçoivent :

t° Les lymphatiques de l’estomac, formant deux réseaux : l’un, superficiel, placé sous la séreuse; l’autre, profond, placé sous la muqueuse; les troncs qui en émanent suivent le trajet des artères, traversent les petits ganglions placés au niveau des courbures de l’estomac et se rendent dans les ganglion^ sus-aortiques;

2° Les lymphatiques du foie, formant également deux reseaux : l’un superficiel, dont quelques rameaux (ceux de la surface convexe) traversent le diaphragme pourgagnerles ganglions médiastinaux, mais dont les autres, associés aux lympha'iques de la vésicule biliaire, vont gagner les ganglions susaortiques : le réseau profond provient de la substance hépatique, et forme des troncs dont les uns, suivant les divisions de la veine porte, aboutissent au sillon tranverse pour se jeter dans les ganglions sus-aortiques, tandis que les autres, accolés aux veines sus-hépatiques, atteignent la veine cave inférieure, traversent avec elle le diaphragme et se jettent dans les ganglions médiastinaux;

3e Les lymohatiques du pancréas, qui ne présentent rien dp spécial ;

4° Les lymphatiques de la rate, qui naissent, pour la plupart, des gaines lymphatiques placées autour des capillaires sanguins;

5° Les lymphatiques des intestins : ceux de l’intestin grêle, si remarquables par leur nombre, leur volume et le rôle capital qu’ils jouent dans l’absorption, portent le nom de chylitères.

De même que ceux de l’estomac, les lymphatiques de l’intestin forment deux plans, superficiel et profond.

Le plan superficiel , placé au-dessous de la séreuse, forme à la surface de l’intestin un réseau très riche dont les troncs marchent perpendiculairement à l'axe de l’intestin et arrivent ainsi entre les deux feuillets du mésentère où se trouvent les ganglions dont, ils sont tributaires.

Le plan profond, placé au-dessous de la muqueuse, est constitué par les chylitères. Les chyli-

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fères naissent de l’intérieur des villosités intestinales par de petits cuN-de sac, forment au-dessous de la muqueuse un réseau d où se détachent de petits troncs qui traversent la tunique musculaire de l’intestin pour atteindre les ganglions mésentériques et, de là, les ga> glions sus-aortiques.

Les follicules clos et les plaques de Peyer de l’intestin grêle doivent être considérés comme de véritables ganglions, ils en présentent, la structure et font partie des organes lymphoïdes. Ils sont entourés d’un réseau lymphatique formé par leurs vaisseaux efférents dont le trajet est semblable à celui des chylifères.

Les lymphatiques du gros intestin, bien moins nombreux que ceux de l'intestin grêle, se comportent comme eux.

B. Les ganglions lombaires sont placés en dehors de la veine cave inférieure à droite, et de l'aorte à gauche, au-devant des insertions du psoas; ils reçoivent :

1° Les lymphatiques des reins et des capsules surrénales : ces lymphatiques suivent le trajet des vaisseaux sanguins et ne sont pas très nombreux;

2° Les lymphatiques du testicule, très nombreux et se distinguant en superficiels et profonds : les premiers sont placés au dessous de la tunique vaginale; les seconds proviennent dns canalicules séminileres, ils se dirigent tous vers le bord supérieur du tesiirule, y reçoivent les lymphatiques de l’épididyme et, accolés aux autres éléments du cordon, pénètrent dans l'abdomen pour se jeter dans les ganglions lombaires;

3° Les lymphatiques du corps de V utérus, de la trompe et de V ovaire : ces vaisseaux suivent le trajet des artères uléro-ovariennes et se jettent dans les ganglions lombaires, dont le volume s'accroît notablement pendant la grossesse.

C. Ganglions pelv eus. — On trouve dans le bassin une série de ganglions dont les uns, groupés autour des vaisseaux iliaques, se continuent, en haut, avec les ganglions lombaires, en bas, avec les ganglions iliaques (étudiés avec ceux du pli d • l'aine), et dont les autres sont placés entre le rectum et le sacrum, et entre les deux feuillets du meso-rectum.

Les ganglions pelviens reçoivent :

1° Les lymphatiques du rectum, dont la disposition est la même que celle des lymphatiques intestinaux ;

2° Les lymphatiques de la vessie et ceux des vésicules séminales ;

3° Les lymphatiques du col de l'utérus et ceux de la partie postérieure du vagin ; ces vaisseaux accompagnent, les arteres utérine et vaginales;

4° Enfin, quelques lymphatique qui accompagnent les arteres fessière et obturatrice.

C. 1° Grande veine lympha+ique. — La grande veine lymphatique représente le tronc commun des lymphatiques qui proviennent de la moitié droite du cou, de la tête et du thorax, du membre supérieur droit, d’une partie du poumon droit et du côté droit du diaphragme. Enfin, il reçoit les lymphatiques qui accompagnent les veines sus-hépatiques. La veine lymphatique est très courte : sa longueur ne dépasse guere 10 à 12 millimètres et elle s’ouvre

dans le confluent des veines jugulaire interne et sous-clavière droites.

2° Canal thoracique. — Le canal thoracique représente le tronc commun de tous les lymphatiques de la portion sous-diaphragmatique du corps et de la moitié gauche de sa portion sus-diaphragmatique (V Thoracique).

Inflammation des lymphatiques. — L’inflammation peut porter sur les vaisseaux lymphatiques, et prend alors le nom de lymphangite (V. ce mot), ou bien sur les ganglions et elle s’appelle alors adénite (V ce mot).

Hypertrophie des ganglions lymphatiques. — Cette

hyperthophie a reçu le nom de lymphome (V. ce mot). D1' Léon Moynac.

LYMPHATIQUE (tempérament). — (V. Lymphatisme.)

LYMPHATISME. — Le lymphatisme ou tempérament lymphatique est celte forme de tempérament, cet état général constitutionnel d’un individu caractérisé par la prédominance du système lymphatique et par f abondance de la lymphe.

Le squelette des individus lymphatiques est souvent mal conformé ou inharmonique; la taille est très élevée ou au contraire fort petite: les différentes parties du corps ne sont pas, les unes envers les autres, dans de justes proportions: les membres, et surtout les supérieurs, sont trop longs; les pieds sont plats; la tète et les articulations sont trop grosses; le thorax est mal conformé, trop étroit; la colonne vertébrale es! parfois déviée; les dents sont tordues et se carient prématurément.

La peau et les membranes muqueuses sont pâles, décolorées; le sang n’y alflue point, et le système capillaire superficiel n’est point apparent ; la peau est fine, le teint pâle, blafard, verdâtre, subiclérique; parfois, au contraire, il est éclatant, et la blancheur de la peau fait ressortir la coloration rouge des tissus; mais cette coloration est par plaques. plutôt rose que rouge, et bornée aux joues et même aux pommettes. Le système pileux est peu abondant, la calvitie précoce et les cheveux plus souvent blonds ou roux que châtains, et rarement noirs. Les lèvres sont grosses et saillantes, les yeux ordinairement bleus, les ailes du nez épaisses et écartées.

Le système musculaire est peu développé; les muscles sont grêles, sans contraction énergique; les mouvements lents, les chairs molles, les formes lourdes et sans grâce; les tissus adipeux et cellulaires sont abondants, lâches, infiltrés, et il en résulte une bouffissure de la face et de tout le corps pour ainsi dire.

La puberté est tardive; la menstruation s’établit difficilement, et reste souvent douloureuse, peu abondante et irrégulière; parfois les testicues n'abandonnent 1 abdomen que vers l’âge de quinze ou dix-huit ans, et ne présentent qu'un petit volume; le pénis e-t peu développé; les seins sont peliis, pendants; la voix est enfantine, d'un timbre aigu, désagréable ou ridicule.

Toutes les fonctions sont paresseuses ; le pouls est petit, lent ; la respiration peu active, et la

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Graisse Sels. .

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quantité d'acide carbonique exhalée moins considérable que chez les sujets sanguins et d’une forte constitution ; l’appétit est irrégulier, capricieux : les secrétions sont peu abondantes, les désirs vénériens peu impérieux.

L’intelligence, et surtout l’imagination n’ont pas de vivacité; les individus lymphatiques sont apathiques, froids, peu amateurs des arts, des beautés naturelles ; rebelles aux grandes passions, aux émotions violentes; mais ils ont une volonté ferme qui souvent dégénéré en entêtement, de la ténacité dans le caracLere, de la persévérance, de l’opiniâtreté.

Complétons ce porlrait de lymphatiques tracé de main de maître par le professeur Bouchurdat, en disant que le lymphatisme s’accompagne toujours d’anémie et de chlorose, qu'il prédispose aux engorgements et aux abcès des ganglions lymphatiques, surtout du cou, à certaines maladies de peau de nature herpétique, à la scrofule, aux tubercules et à la phthisie.

Un très grand nombre d’enfants et beaucoup de femmes sont lymphatiques. On peut modifier ce lemperamment, surtout chez l’enfant, par l’hygiène et par la thérapeutique proprement dite. Banni les moyens fournis par l’Iiygiène, nous citerons la vie au grand air. à la campagne, au bord de la mer, les exercices gymnastiques, l'hydroihérapie. Quant aux moyens fournis par la thérapeutique proprement dite, ce sont ceux qui sont indiqués aux articles consacres à l'Anéaie, la Chlorose, 1 Herpttisine et la bcro/uie (V. ces mots).

Dr Paul Labarthe.

LYMPHE. — On donne le nom de lymphe au liquide qui circule dans les vaisseaux lymphatiques. C'est un liquide homogène, un peu xisqueux, transparent, d une couleur jaune pâle ou jaune citron, d une odeur nulle, d'une saveur legerement salee, et d'une réaction un peu alcaline, dont la deusite serait de 1,U22, d'apres Magendie.

ba composition est analogue a celle du sang, ce qui lui a valu le nom de sang blanc. Elle renferme en etiet une partie liquuie, legerement rosee et des globules blancs semblables aux leucocytes. La partie liquide est loi mee comme le plasma sanguin, d'albumine, de fibrine, de graisse, de sel minéraux et d’une grande quantité d'eau. Le tableau suivant emprunte a VVurtz, donne l’analyse de la lymphe d'un taureau en pleine digestion:

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