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mé par le petit muscle azygos, et par un petit repli muqueux qui le recouvre et qui se détache de la partie moyenne du bord postérieur du voile du palais, dont la longueur varie de 1 à 2 centimètres et demi.
Lorsque la luette dépasse ces mesures, on dit qu’elle est hypertrophiée. Dans ce cas, elle repose sur la base de la langue et produit une titillation continuelle de cet organe, qui provoque des nausées, de la toux, un besoin incessant d’avaler la salive, et un crachotement continuel, accompagné, cela va sans dire, d’une irritation permanente. Il faut alors toucher la luette, soit avec une solution concentrée d’alun, soit avec le crayon de nitrate d’argent; si ces moyens ne suffisent pas, il faut pratiquer l’excision partielle de cet organe, à l’aide de l’amygdalotome ou simplement à l’aide d’une paire de ciseaux, et faire suivre cette excision d’un badigeonnage de la plaie avec un peu de perchlorure de fer ou, mieux, d’une application du fer rouge. Contrairement à ce que le public s’imagine, l’excision delaluette est une opération à peine douloureuse. D' Paul Labarthe.
LUMBAGO. — On donne ce nom au rhumatisme de la région lombaire. 11 consiste en une douleur vive, survenant sans changement de couleur à la peau et sans fièvre, n’augmentant pas par la pression, mais s’exaspérant beaucoup par la flexion et le redressement du tronc, et pouvant être portée au point de condamner le malade à un repos absolu. Cette douleur peut occuper un seul côté ou les deux côtés à la fois. Sa durée moyenne est de 3 à 8 jours, et il se termine toujours par résolution.
Le lumbago est surtout occasionné par le froid et par les efforts musculaires violents. Tandis que celui qui est dû à des efforts musculaires guérit rapidement et simplement par le massage, celui qui est dû à l’action du froid nécessite un traitement plus complexe; on le combat par les applications de sangsues ou de ventouses scarifiées à la région lombaire, par des cataplasmes très chauds, ou par des sachets de sable brûlant, par les bains de vapeur, ou l’exposition du dos à la flamme d’un bon feu ; par les badigeonnages à la teinture d’iode, des frictions avec des compresses sèches ou trempées dans l’essence de térébenthine, l’eau-de-vie camphrée, les liniments opiacés et chloroformés; par les injections hypodermiques de morphine, etc Onimus a guéri des lumbagos en une seule séance avec les courants électriques induits.
Dr Paul Labarthe.
LUMIÈRE. — La lumière est l’agent impondérable qui rend les objets visibles. Deux hypothèses expliquent son mode de transmission : la plus ancienne, celle de l'émission, imaginée par Newton, a été rejetée par la grande majorité des physiciens; l’autre, celle des ondulations, découverte par Huyghens et propagée par Descartes, a seule cours aujourd’hui dans la science. Celte hypothèse admet que la lumière émane des corps lumineux, et qu’elle ondoie jusqu’à nous par une série de vibrations analogues à celles que produit le son.
La transmission de la lumière a lieu en ligne
droite et se propage avec une vitesse difficile à concevoir. L’astronome Rœmer a démontré, par l’observation des éclipses des satellites de Jupiter, que la lumière met environ huit minutes à franchir la distance qui nous sépare du soleil. D’après cette donnée, elle parcourrait près de 73,000 lieues par seconde. Il faut, paraît-il, plus de trois ans à la lumière de l’étoile fixe la plus voisine de la terre pour venir impressionner notre rétine; de sorte que, si cette étoile disparaissait du firmament, elle serait encore visible pendant ce même laps de temps. Il n’est donc pas étonnant qu’il y ait des étoiles dont l’œil d’aucun homme ne verra la lumière, parce qu’elle n’aura pas le temps d’arriver jusqu’à nous.
La lumière reflétée par la lune ne met qu’une seconde pour venir jusqu’à la terre.
Les corps opaques réfléchissent les rayons lumineux sous une inclinaison égale à celle de leur incidence.
Les corps transparents se laissent, au contraire, traverser par eux en les réfractant , c’est-à-dire en leur faisant subir une certaine déviation, qui tend à les rapprocher de la perpendiculaire élevée à leur point d’émergence. On démontre cette loi de la réfraction par l’expérience suivante. Après avoir placé une pièce de monnaie au fond d’un vase à parois opaques, on s’éloigne de ce vase jusqu’à ce que la pièce cesse d’être visible. A ce moment, si l’on verse de l’eau dans le vase, la pièce apparaît de rouveau. Donc, pour arriver à l’œil de l’observateur, les rayons lumineux émanés de la pièce se sont brisés ou réfractés, en passant de l’eau dans l’air. C’est pour la même raison qu’un bâton plongé dans l’eau paraît rompu au niveau de son immersion, et que, pour atteindre un poisson avec une halle, il faut tirer au-dessous du point où on l’aperçoit. De même, dans l’œil, l’iris nous semble moins profondément situé qu’il ne l’est réellement, parce qu’il est placé au fond de l’humeur aqueuse.
Lorsqu’on fait passer un rayon de soleil à travers un prisme de verre, ce rayon lumineux se décompose en une multitude de nuances, parmi lesquelles on distingue sept couleurs principales, appelées spectre solaire, qui sont de haut en bas:
Violet, indigo, bleu, vert, jaune, orangé, rouge.
Leurs noms ainsi disposés forment un mauvais vers alexandrin facile à retenir.
Ces couleurs sont aussi celles de l’arc-en-ciel, attendu que ce météore résulte de la décomposition des rayons solaires dans les gouttelettes de pluie.
Le violet, l'indigo, le vert et l 'orangé sont dits couleurs mixtes parce qu’ils sont produits par la combinaison de deux des trois couleurs principales : le jaune, le bleu et le rouge. On appelle couleurs complémentaires deux couleurs, 1 une principale et l’autre mixte, dont le mélange correspond à celui des trois couleurs principales, c’est-àdire au blanc. Par exemple, le violet, formé de bleu et de rouge, est complémentaire du jaune, puisqu’associé à cette couleur principale il produit la couleur blanche; pour la même raison, le vert est complémentaire du rouge et l 'orangé du bleu.
C’est un mécanisme analogue qui détermine les
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tons irisés des crépuscules et des aurores. Les feux si variés des pierres précieuses sont produits par la décomposition des rayons lumineux par leurs nombreuses facettes.
L La lumière est naturelle ou artificielle : la première émane du soleil, la seconde est formée par les corps en combustion; nous ne parlerons ici que de la première, renvoyant au mot éclairage pour ce qui concerne la seconde.
La lumière solaire est indispensable à l’homme pour son développement et sa santé. En effet, voyez l’enfant privé de lumière solaire : il s’étiole, il pâlit; sa peau se décolore, 11e fonctionne plus; son sang s’appauvrit, le nombre de globules rouges diminue; il en est de même de la proportion de l'albumine du sérum du sang, et cette diminution explique la tendance à la bouffissure de la face, à l'œdème des extrémités inférieures, a l’hydropysie; enfin, à la suite de toutes ces modifications dans les principaux éléments du sang, peuvent se développer chez ces malheureux le lymphatisme, la scrofule, la tuberculose, avec toutes leurs terribles conséquences.
Les égoutiers, les mineurs, les concierges, les individus qui travaillent dans des sous-sols, ou qui vivent dans des arrières-boutiques ou des logements donnant sur des cours obscures, humides et sans air, les personnes qui travaillent la nuit, les viveurs qui font de la nuit le jour, etc., sont exposés aux mêmes conséquences résultant de l’absence de lumière solaire.
Sans empiéter ici sur l'article vue, où sera traité l'hygiène de cette importante fonction (V. ce mot), nous pouvons dire que la lumière a sur elle une très grande influence. De tous les rayons lumineux, les rayons jaunes et orangés sont, sans contredit, les plus irritants : ce sont eux qui « mangent » les couleurs des étoffes; les verts et les bleus sont, au contraire, les plus doux à la vue : aussi conseille-t-on souvent aux yeux affaiblis l’usage de lunettes à verres de ces deux dernières couleurs. Néanmoins le vert contient encoredes rayons jaunes, et le bleu, avec le reflet jaune des lumières artificielles, donne une teinte verte aux objets; il sera donc préférable de se servir de verres légèrement fumés, qui diminueront l’intensité des rayons lumineux. Remar- | quons, en passant, que les couleurs les plus répandues dans la nature sont précisément celles qui I fatiguent le moins la vue : le vert, le bleu et le | gris (V. Vue). Dr G. Witkowski.
LUNETTES. — Les lunettes sont des instruments j d’optique destinés : 1° à protéger la vision en dimi- , nuant l’intensité de la lumière, ou en préservant les yeux des corps étrangers; 2° à améliorer la vue | des myopes, des presbytes, etc., en modifiant la marche des rayons lumineux dans les yeux.
Les lunettes se composent de deux parties : 1° la monture; 2° les verres.
1° Monture. — Sous la dénomination de lunettes, | nous comprendrons les lunettes ordinaires ou lunettes proprement dites, les lorgnons ou pince-nez, | les face-à-main et les monocles.
& A. Lunettes ordinaires. — La monture des lunettes proprement dites ou lunettes ordinaires com-
DlC'IlONNAlftK POt-ULAlHE UE MEDECINE ISU>.LL|£
prend les cercles, l’arcade ou pont et les branches.
Les cercles sont destinés à encadrer et à maintenir les verres. Leur forme et leurs dimensions varient suivant l’étendue des yeux et suivant l’effet que l’on veut obtenir. La forme ovale ou elliptique est de beaucoup la plus usitée. Il ne faut pas qu’elle soit trop exagérée pour éviter que les yeux ne soient pas portés à regarder en dehors des verres. On fait aussi des cercles ronds, les plus convenables pour protéger l’œil; — des cercles octogones, très employés en Allemagne vers le commencement du siècle; des cercles en forme de demi-lune poulies presbytes; — des cercles en carré long ou rectangle, etc.
Le pont ou arcade est destiné à réunir les deux cercles et à maintenir les lunettes sur le nez. La forme du pont varie suivant la conformation du nez, puisqu’il doit toujours se mouler très exacte-
Fig. 801. — Lunettes, pont en X (Secretan).
ment sur lui. On fait des ponts en forme d’X [fi g. 801) pour les nez plats, des ponts en forme de
K [fig. 802) pour les nez convexes et des ponts en forme de C (fig. 803) pour les nez très saillants.
Fig. 803. — Lunettes, pont en C (Secretan).
Quant à la longueur, elle doit être proportionnée à la largeur du nez et a l’écartement des deux yeux, telle, en un mot, que le centre de chaque cercle^ corresponde au centre de la pupille de chaque œil.. Car si le pont est trop long ou trop court, les verres ne sont plus exactement placés devant les yeux qui alors regardent tous deux à travers le bord de» verres, ou l’un à tra vers le bord et l’autre à traversle centre du verre, ce qui détermine du strabisme, avec fatigue oculaire, céphalalgie, et une vision confuse et troublée dans la généralité des cas.
Les branches sont destinées à maintenir les lunetles fixes au-devant des yeux. Une des deux ex-
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trémités est fixée perpendiculairement à la partie externe des deux cercles, au moyen d'une charnière, l’autre extrémité, libre, se termine tantôt par
Fig. 804. — Lunettes, branches à crochet (Secretan).
une boule, tantôt par une brisure verticale (fig. 802) qui vient se replier derrière l’oreille, tantôt par un crochet à grand rayon de courbure ( fig . 804).
B. Lorgnons ou pince-nez. — Les lorgnons n’ont pas de branches comme les lunettes; ils n’ont que des cercles et un pont.
Les cercles peuvent avoir les mêmes formes que ceux des lunettes ordinaires.
Quant au pont, il est constitué par un ressort qui maintient réunis les deux cercles et les applique au moyen d’une certaine pression sur les côtés du
Fig. 805. — Pince-nez ordinaire (Secretan).
Fig. 800. — Pince-nez Japonais (Secretan).
Fig. t07. — Pincc-nez à griffes (Secretan).
nez. La longueur de ce ressort varie suivant la largeur du nez et l’écartement des yeux.
Pour arriver à satisfaire toutes les indications et tous les goûts, on est arrivé à fabriquer des pincenez de formes très variables, telles que : le pince-
nez ordinaire {fig. 805); le pince-nez japonais (fig. sofi); le pince-nez à griffes (fig. 807); le pince-
nez à écartement mobile (fig. 808); le pince-nez à verres ronds (fig. 800), etc.
C. Face -A-main. — Nous nous contenterons de signaler la face-à-main fig . 810) sans en donner la
Fig. 810. — Face à main (Secretan).
description, car c’est surtout un objet de luxe, un bijou.
D. Monocle. — Quant aux monocles (fig. 811, 812), ils sont tantôt ronds, tantôt carrés.
Les montures des lunettes — quelle que soit leur forme — se font en fer doux, en acier, en argent, en or, en buffle et en écaille. Le fer doux est mauvais, il est mou, se déforme facilement au moindre
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choc ce qui modifie la position des verres. L’acier trempé est très résistant et ne se déforme pas. C’est le métal le plus généralement employé, malgré l’inconvénient qu’il a de se rouiller. Quant à l'argent et à l’or, ce sont des métaux de luxe. J’en
dirai autant de l’écaille. Celle-ci a, ainsi que le buffle, l’inconvénient, sérieux pour bien des personnes, principalement les femmes, de ne pas être gracieux et de vieillir et d'enlaidir la figure.
Les lunettes ordinaires sont préférables à toutes les autres montures, car ce sont elles qui maintiennent le mieux les verres d’une façon stable et invariable devant les yeux, et qui offrent le plus de commodités pour les personnes qui se livrent à des travaux longs et assidus.
Les lorgnons ou pince-nez, serrent le nez, en plissant la peau, déplacent et dévient les points lacrymaux en attirant en dedans la commissure interne des paupières, ce qui occasionne du larmoiement d’abord et ensuite une instabilité presque continuelle des verres qui fatigue beaucoup la vue. De plus, beaucoup de nez, surtout les nez larges et plats, ne peuvent pas les supporter.
La face-à-main est plutôt un objet de luxe qu'un instrument utile, car on ne peut s’en servir ni pour écrire ni pour faire un travail quelconque. Elle ne peut être utilisée que pour lire et pour regarder au loin.
Quant aux lorgnons ou pince-nez, on devrait en rejeter l’usage d’une façon absolue. Car, outre leur incommodité et les grimaces disgracieuses qu’ils imposent à ceux qui les portent, ils ont encore le grave inconvénient de réduire un œil à l’inaction et de fatiguer l’autre en lui imposant un double travail.
2° Verres. — La question des verres sera traitée d’une manière complète à l’article verre (V. ce mot). Dr Paul Labarthe.
LUNULE. — Nom donné par les anatomistes à une petite tache blanche, de forme semi-lunaire, située en arrière de l’ongle, vers le point où sa racine s’enfonce sous la matrice unguéale. Elle est formée parle derme cutané aminci qui se prolonge au-dessous de la racine de l’ongle. La lunule est noire chez les nègres. Elle n’existe pas toujours chez tout le monde. p. l.
LUPULIN. —(V. Houblon.)
LUPUS. — Le lupus, ou dartre rongeante, ainsi nommé en raison de l’horrible aspect qu’il donne
au visage, que l’on a comparé, je ne sais pourquoi, à celui d’un loup, est une maladie de peau qui consiste d’abord en tubercules isolés ou réunis qui ont une grande tendance à ronger les parties atteintes ( lupus excedens ) ; cependant, il est une autre variété de lupus qui altère profondément le derme, mais sans le détruire ( lupus non excedens ).
Le lupus, affection rare, frappe surtout les enfants et les jeunes gens, mais ce serait une erreur de croire que les gens d’un certain âge en sont à l’abri; il atteint spécialement les sujets lymphatiques et scrofuleux (quelques auteurs le considèrent comme une scrofulide, c’est-à-dire une ulcération scrofuleuse). Il se montre spécialement à la face, sur le nez, les joues, les lèvres; il est très rare sur le tronc; cependant, sous le nom A’es/hiomène, on a décrit une affection des grandes lèvres que quelques auteurs rattachent au lupus.
Le lupus excedens a une prédilection marquée pour la face et surtout pour les ailes du nez; il débute par quelques tubercules durs, rouges et indolents, puis ces tubercules s’ulcèrent et se recouvrent d’une croûte; au-dessous d’elle l’ulcération fait d’incessants progrès, rongeant les parties molles et ne s’arrêtant qu’aux cartilages ou au squelette ; en même temps elle gagne en surface, produisant des désordres qui donnent à la physionomie un aspect hideux. On a vu des gens atteints de lupus chez lesquels le visage était presque complètement détruit. La marche du lupus exedens est extrêmement lente, mais elle ne rétrocède pas; elle ne détermine ni douleur, ni prurit, la santé générale reste bonne ; le pronostic n’en est pas moins très grave, car ces malheureux deviennent un objet d’horreur et de dégoût.
Le lupus non excedens consiste aussi en tubercules, mais, ceux-ci ne déterminent point d’ulcérations; ils peuvent persister plusieurs années et disparaître en laissant de petites cicatrices, mais généralement sur leur pourtour se développent de nouveaux tubercules affectant souvent une marche irrégulière et serpigineuse.
Lamarche essentiellement chronique du lupus, l’absence de douleur et de l’odeur spéciale au cancer le distingueront de 1 ’épithéliome, bien que dans certaines circonstances il soit difficile de se prononcer d’une façon immédiate.
On a essayé contre le lupus les médications les plus diverses; on a appliqué à sa surface les pommades les plus variées, on l’a cautérisé, extirpé, on l’a frappé de sphacèle, etc. Mais le lupus reparaît sur les bords de la cicatrice. Avant tout, le traitement doit être antiscrofuleux : l’huile de foie de morue à très haute dose a joui d’un moment de vogue; les eaux sulfureuses et chlorurées sodiques ont pu, dans certains cas trop rares, améliorer la maladie. Dr Léon Moynac.
LUXATION. — On donne le nom de luxation a un changement permanent survenu dans les rapports des surfaces articulaires. On considère comme déplacé l’os qui se trouve le plus éloigné du tronc ou de la tête ; mais cette règle présente de nombreuses exceptions ; pour n’en citer qu’un exemple, lorsque le déplacement survient dans les
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articulations de la clavicule, c’est toujours elle qui est considérée comme luxée. Ainsi les mots luxation de l’épaule ou luxation scapulo-humérale veulent dire que l’humérus s’est déplacé, tandis que l’omoplate conserve sa position normale. Pour exposer les nouveaux rapports contractés par l’os déplacé, les avis sont malheureusement partagés : quelques chirurgiens se servent des mots en avant, en arrière, en haut, en bas ; d’autres, à mon sens, plus précis, emploient des dénominations qui expriment les nouveaux rapports contractés par l’os déplacé; exemple: luxation sous-glénoïdienne, lorsque la tète de l’humérus est venue se placer audessous de la cavité glénoïde, etc.
Quelles sont les diverses variétés de luxation? — Les luxations présentent trois variétés principales : 1° les luxations traumatiques ; 2° les luxations spontanées ; 3° les luxations congénitales.
Quelles sont les causes des luxations ? — Les luxations traumatiques sont, ainsi que leur nom l’indique, constamment le résultat d’une violence extérieure ; de même que pour les fractures, on admet deux ordres de causes, les unes prédisposantes, les autres déterminantes.
1° Causes prédisposantes. — Les luxations sont, ainsi que l’a démontré Malgaigne, rares chez les enfants, plus communes chez les adultes et plus fréquentes encore chez les vieillards, malgré l’ancienne opinion qui, s’appuyant sur la fragilité des os à cet âge, le considérait comme plus prédisposé aux fractures.
Les luxations sont plus fréquentes chez l’homme que chez la femme, ce qui tient à la nature de ses travaux ; plus communes en hiver, par suite des chutes.
Les maladies articulaires qui relâchent les ligaments, peut-être l’affaissement des muscles périarticulaires et surtout une luxation antérieure, constituent des prédispositions puissantes au déplacement.
Tous les os ne sont point également exposés aux luxations. Les luxations de l’épaule sont plus communes à elles seules que toutes les autres luxations réunies, ce qu'il faut attribuer au peu de profondeur de la cavité articulaire, à la laxité des ligaments, à la longueur du levier que représente le bras, etc.
2° Causes déterminantes. — Ce sont les violences extérieures et Yaction musculaire.
Violences extérieures. — Elles peuvent agir directement sur l’os et le chasser assez loin pour qu’il ne puisse reprendre sa place, exemple : luxation de l’humérus à la suite d’une chute sur le moignon de l’épaule. Mais il est plus ordinaire de voir les luxations se produire sous l’influence d’une cause indirecte: ainsi la force qui produit la luxation étant appliquée à l’extrémité de l’os opposée à celle qui se luxe, tend à exagérer un mouvement normal ou à en produire un que la jointure ne possède pas; exemple: luxation de l’humérus à la suite d’une chute sur le coude.
Action musculaire. — Dans la plupart des luxations, l’action musculaire se joint à la violence extérieure pour produire le déplacement, les contractions musculaires peuvent à elles seules le
déterminer ; ainsi il n’est point rare de voir les luxations de la mâchoire succéder à un bâillement, à un spasme, etc.
Suivant Boyer, un certain nombre de luxations se produiraient en deux temps: dans le premier temps l’os serait chassé de la jointure par le fait de la violence extérieure; dans le deuxième temps l’os déplacé serait entraîné en divers sens par la contraction musculaire, par des mouvements communiqués, etc. Malgaigne n’admettait point cette transformation d’une luxation en une autre, sous la seule influence de la contraction musculaire.
Quelles sont les lésions produites par les luxations? — Les luxations sont complètes ou incomplètes (subluxations) : dans les premières, les surfaces articulaires ont perdu tout rapport; dans les dernières, elles se correspondent encore dans une partie de leur étendue.
La luxation entraîne forcément une déchirure plus ou moins étendue des ligaments articulaires, des fibres musculaires; elle détermine des infiltrations sanguines, des déplacements de tendons (les fractures, les lésions des gros vaisseaux et des nerfs sont de véritables complications). A côté de ces désordres produits par le traumatisme, il en est d’autres qui se rattachent à la situation nouvelle occupée par l’extrémité osseuse déplacée : ainsi les ligaments et les muscles placés du côté opposé au déplacement sont naturellement tiraillés, allongés, ils contribuent ainsi à donner au membre luxé sa position particulière et à l’y maintenir. Une chose remarquable, c’est la rapidité et la perfection avec lesquelles se cicatrisent et se réparent ces désordres dès que la réduction est faite, à tel point que si l’on venait à examiner la jointure quelques mois après l’accident, on n’y trouverait pas les traces de la luxation.
Lorsque la luxation n’est pas réduite, il se produit un double travail qui aboutit à la formation d’une nouvelle jointure au niveau de l’os déplacé et à la disparition de l’articulation ancienne.
Formation d'une nouvelle jointwe. — Dans le point qui correspond à l’os déplacé, se creuse une nouvelle cavité articulaire, formée par l’usure de l’os dans le point comprimé et par son développement, ainsi que par l’hypertrophie du périoste sur son pourtour; cette cavité est même tapissée par un tissu fibro-cartilagineux qui représente le cartilage diarthrodial ; le tissu cellulaire du voisinage se condense au point de former une véritable capsule articulaire. La synoviale se reproduit-elle? C’est assez probable, vu le degré de perfection auquel peut atteindre l’articulation nouvelle.
L’ancienne cavité articulaire s’efface peu à peu, son cartilage disparaît et des ostéophytes comblent graduellement l’excavation devenue inutile.
Lésions du voisinage. — Les luxations non réduites s’accompagnent presque constamment de l’atrophie du membre luxé; de plus, lorsque la luxation est congénitale, ou qu’elle survient pendant la période de développement, il se produit des déformations qui, lorsqu’elles portent sur le bassin, peuvent créer de sérieuses difficultés à l’accouchement.
La rétraction et l’atrophie des muscles placés
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dans le relâchement par le fait des nouveaux rapports contractés par les os, le retrait des vaisseaux et des nerfs, rendent souvent inutiles et dangc- *euses les tentatives de réduction entreprises un .ertain laps de temps après l'accident.
Quels sont les symptômes des luxations ? — Les symptômes des luxations peuvent se grouper sous quatre chefs :
t° La déformation du membre;
2“ Son attitude;
3° Ses variations de longueur;
3° Ses troubles fonctionnels.
1° La déformation est le symptôme le plus frappant; de plus, cette déformation, image fidèle des nouveaux rapports contractés par l’os déplacé, est toujours la même pour chaque luxation; elle constitue ainsi un symptôme fort important, mais rapidement masqué par le gonflement. On conçoit que, suivant la position de l’os déplacé, on peut rencontrer des reliefs osseux là où existaient des dépressions, et réciproquement ; on peut même reconnaître ces reliefs à leur configuration particulière (apophyses, condyles, etc.) et arriver ainsi au diagnostic.
2" L 'attitude du membre est tout aussi spéciale; on l’apprécie bien en la comparant à celle du membre opposé.
3° Variations de longueur. — Le membre luxé peut être allongé, raccourci, ou avoir conservé sa longueur naturelle, cela dépend de scs nouveaux rapports; ainsi il est allongé lorsqu’il s’est placé sur un plan plus éloigné du tronc que celui qu’il occupait, etc.
4“ Troubles fonctionnels. — Habituellement, le membre luxé ne peut exécuter aucun mouvement, ce que l’on exprime en disant que les mouvements actifs sont abolis ; mais il est, en général, possible de lui en imprimer quelques-uns, désignés sous le nom de mouvements passifs. Règle générale, on peut exagérer la situation anormale du membre et non la combattre.
I)e plus, on peut parfois imprimer au membre luxé des mouvements que l’intégrité de la jointure ne permettrait pas, exemple : mouvements de latéralité dans les luxations du coude. (Ces mouvements anormaux ont une assez grande importance.)
Les luxations s’accompagnent parfois d’ecchymoses, d’une douleur, assez vive au moment de l’accident, mais qui se calme très vite ; enfin d’une crépitation sourde, produite par le frottement de l'os luxé contre les parties du squelette avec lesquelles il s’est mis en rapport ; cette crépitation est lacile à distinguer de la crépitation fine, sèche et en général très nette, qui appartient aux fractures.
Quelles sont la marche et la terminaison des
luxations? — Lorsque la luxation est réduite, le membre reprend très vite ses fonctions, mais il reste prédisposé à de nouvelles luxations ; de plus, il se produit parfois, même après la réduction, des douleurs persistantes, des atrophies musculaires, qui doivent être rapportées à la lésion des nerfs péri-articulaires, déchirés ou contus au niveau de la luxation.
Si la luxation n’est1 pas réduite, le membre,
après un laps de temps toujours long, recouvre d’ordinaire une partie de ses fonctions (nous avons exposé la formation de la nouvelle jointure) : c’est ce que l’on observe assez fréquemment après les luxations de l’épaule ; mais d’autres luxations non réduites, comme celles du coude, par exemple, entraînent l’abolition définitive des mouvements de la jointure.
Comment reconnaît-on les luxations? — Souvent
très faciles à reconnaître, les luxations peuvent toutefois être confondues avec une contusion, une entorse ou une fracture ; dès que le gonflement est dissipé, la contusion et l’entorse sont aisément reconnues. Les signes rationnels d’une luxation, tels que la vive douleur et le sentiment de déchirure perçus par le blessé au moment de l’accident, la perte des fonctions du membre, etc., sont des signes inconstants et peu significatifs. Les fractures voisines des articulations ressemblent davantage aux luxations, en raison du relief que peut former un des fragments, de la déformation, de l’ecchymose, des circonstances de l’accident, etc. Cependant la crépitation, l’aspect de la déformation, son siège, les vives douleurs occasionnées par les mouvements, et bien d’autres signes, permettent d’établir le diagnostic. Enfin on se rappellera que dans la luxation l’articulation est raide et ne peut exécuter ses mouvements naturels, tandis que dans la fracture, malgré la douleur qui porte instinctivement le malade à immobiliser le point blessé, vous pouvez produire non seulement les mouvements naturels, mais des mouvements normaux.
Dans la fracture, la réduction est difficile à obtenir, mais facile à maintenir ; dans la luxation c’est l’inverse. On se rappellera qu’en général le diagnostic est facile peu de temps après l’accident, mais que les difficultés augmentent à mesure que le gonflement se produit.
Quel est le pronostic des luxations? — Les luxations récentes se réduisent aisément et, lorsqu’elles sont dépourvues de complications, elles ne présentent aucune gravité ; lorsque la luxation n’est pas réduite, le membre recouvre, au bout d’un certain temps, une grande partie de ses mouvements.
Quel est le traitement des luxations? — 11 présente trois indications principales :
A. Replacer les os dans leur position naturelle.
R. Prévenir un nouveau déplacement.
C. Favoriser le rétablissement des fonctions de l’articulation.
A. Réduction. — Avant d’exposer les divers procédés auxquels on peut recourir pour réduire une luxation, il convient d’étudier la nature des obstacles qu’ils ont à combattre et les causes qui s’opposent à la réduction.
La réduction des luxations est parfois très facile, parfois presque impossible. — Une luxation récente est infiniment plus facile à réduire qu’une luxation ancienne. — Quelles sont les causes de ces différences? à quoi tient la persistance du déplacement? On les a attribuées :
1° Aux spasmes musculaires ;
2° A l’engrenage des surfaces osseuses déplacées ;
3° A l’interposition des parties molles entre la tète osseuse déplacée et sa cavité de réception.
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\ ° Spasme musculaire. — La situation anormale créée à certains muscles par la luxation détermine leur contraction spasmodique aussitôt, que l’on cherche à réduire le déplacement, contraction qui maintient les os dans leurs fâcheux rapports, et lutte directement contre la force extensive. Ce qui prouve l’importance du spasme musculaire, c’est la facilité de la réduction chez les blessés soumis aux inhalations du chloroforme ; ce sont, d’une autre part, les bons résultats obtenus par l’emploi du caoutchouc, dont la traction incessante fatigue les muscles et détermine la réduction au moment précis où cède la contraction musculaire. Cependant, dans certains cas, malgré l’emploi des anesthésiques et du caoutchouc, la réduction est impossible ; le spasme musculaire n’est donc pas le seul agent qui s'oppose à la réduction.
2° Engrenage des surfaces osseuses déplacées. — Les os déplacés peuvent, par la rencontre et l’opposition de leurs saillies naturelles, constituer un sérieux obstacle à la réduction (exemple : accrochement de l’apophyse coronoïde au-dessous de l’os
malaire, dans les luxations de la mâchoire, etc.).
3° Interposition des parties molles entre la télé osseuse déplacée et sa cavité de réception. — Ces parties molles sont tantôt, des muscles, tantôt des tendons, tantôt des ligaments.
4° Il faut encore mentionner d’une façon spéciale l’obstacle que peut apporter à la réduction d’une luxation la déchirure en forme de boutonnière par laquelle s’est échappée la tête de l’os déplacé. — Sortie de sa capsule par cette étroite déchirure, elle ne peut y rentrer, car précisément les tractions resserrent plus fortement sur elle les lèvres de cette boutonnière.
Les luxations anciennes sont infiniment plus difficiles à réduire que les luxations récentes, carnaux obstacles que nous venons d’énumérer viennent se joindre les rétractions des muscles, les adhérences fibreuses, l’effacement de l’ancienne cavité.
Malgaigne a divisé les moyens propres à réduire les luxations en deux catégories :
A. Méthodes de douceur ; B. méthodes de force.
A. Les méthodes de douceur souvent suivies de succès* surtout, lorsqu’elles sont employées peu de temps après l’accident, comprennent la pression directement exercée sur l'os déplacé, l’impulsion qu’on lui imprime obliquement dans tel outel sens, le dégagement qui permet de faire cesser , Je chevauchement ou enclavement des deux os.
B. Les méthodes de force se rapprochent beaucoup des moyens employés pour la réduction des fractures; elles comprennent Y extension, la contreextension et la coaptation.
La contre-extension se pratique à l’aide d’alèzes ou bandes disposées de manière à fixer le tronc et à empêcher l’os qui se trouve le plus rapproché de lui de céder à la traction que l’on se propose d’exercer sur l’os déplacé ; ces bandes ou liens seront noués ou fixés aussi près que possible de l’articulation luxée, leurs extrémités libres seront attachées à un anneau ou à un barreau fixe. Il suffit donc d’attirer le tronc dans un sens opposé à celui vers lequel on exercera des tractions sur le membre luxé.
L 'extension consiste à tirer sur l’os déplacé, de façon à le dégager et à lui permettre de reprendre sa place ; pour cela on enveloppe le membre luxé de lacs, de bandes, disposés de manière à former des étriers ou anses propres à fournir un point d’appui quelconque, mais solide, à la force extensive. Il faut, lorsqu’on se propose d’exercer l’extension, attirer fortement la peau vers la racine du membre, afin de diminuer autant que possible son tiraillement.
Le sens suivant lequel doit être pratiquée l’extension varie suivant le sens du déplacement: tantôt on tirera le membre luxé suivant la direction anormale qu’il a prise, en le ramenant graduellement dans une direction convenable; tantôt on tirera perpendiculairement à l’os déplacé, c’est ce que conseillait Gerdv pour les luxations de la hanche. Du reste on pourra varier les tractions.
La traction peut être pratiquée de trois façons différentes: l°par des aides;2° par des moufles; 3° par le caoutchouc. Malgaigne et Sédillot ont hautement préconisé l'emploi des moufles dont on peut, graduer la force et, apprécier la tension avec un dynamomètre ; ils ont démontré leur supériorité sur les tractions irrégulières et saccadées exécutées par les aides. Nous ne pouvons indiquer ici toutes les machines imaginées dans le but de réduire les luxations,les moufles son t celles dont l’emploi est le plus général ; la machine de Charrière, modifiée par Robert et, Collin ( Jig . 813), est également très usitée.
Les bandes ou tubes de caoutchouc sont également, très utiles ; nous décrirons leur mode d’application à propos des luxations de l’épaule.
Ajoutons que le chloroforme aide singulièrement la réduction des luxations.
Fig. 813.
Appareil de Charrière, modifié par Robert et Collin, pour réduire ■les luxations de l’épaule récentes ou anciennes. Un dynamomètre sert à graduer 1a, force de traction obtenue par la crémaillère.
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La coaptation consiste à diriger les surfaces vers leurs anciennes positions; très souvent la coaptation s’effectue spontanément, dès que la traction a ramené les surfaces articulaires au même niveau. Cependant, dans certains déplacements, le chirurgien doit, par des pressions bien dirigées, aider à ce retour.
On reconnaît que la réduction est opérée à un tressaillement particulier, sur la nature duquel le patient ne se méprend guère; souvent il s’y joint un bruit sourd produit par le raclement des surfaces osseuses; de plus, la déformation s'efface et ; il devient possible de produire les mouvements que la luxation avait rendus impossibles; cependant, lorsque le gonflement est considérable ou encore dans certaines luxations anciennes, il n’est pas aisé de reconnaître la réduction.
Jusqu’à quelle époque peut-on tenter la réduction? — On ne saurait formuler à cet égard de lois générales; toutefois, après un ou deux mois, il est un grand nombre de luxations que l’on doit abandonner.
Accidents qui peuvent survenir pendant la réduction. — Les tentatives de réduction faites i sans mesure exposent à la contusion des parties molles, au déchirement des muscles, de la peau, à des fractures. On a observé des déchirures de vaisseaux, de nerfs, accidents dont on apprécie sans : explication la haute gravité; on a même vu se produire l’arrachement d’un membre.
Ces complications s’expliquent d’elles-mêmes ; mais il en est une plus étrange, c’est la syncope qui survient parfois pendant les tentatives de réduction et crée un danger spécial pour l’anesthésie I appliquée au traitement des luxations; il est probable que le tiraillement des troncs nerveux et la douleur sont pour beaucoup dans la production de la syncope.
Pour prévenir la reproduction du déplacei ment, il suffit d’immobiliser l’articulation pendant quelques jours seulement, et cela à l’aide d’un i simple bandage, car le déplacement n’a nulle tendance à se reproduire de lui-même.
Pour rendre à l’articulation ses mouvements, il faut les lui faire exécuter en augmentant chaque jour leur étendue; des frictions, des massages, des bains excitants, viendront en aide à ce traitement.
Dans les cas où, pour un motif quelconque, la réduction n’a pu être obtenue, on peut, par un exercice méthodique, rendre au membre déplacé la ; plus grande partie de ses mouvements.
Cet exercice consiste à assouplir les parties par des frictions, des massages, et à faire exécuter plusieurs fois par jour au membre luxé des mouvements méthodiques, d’une étendue de plus en plus grande; ces mouvements seront exécutés soit à la main, soit à l’aide de machines (V. Ankylosé).
Dr Leon Moynac.
LDXEUIL (eadx minérales de). — Luxeuil est une petite ville de 4000 habitants, située dans le département de la Haute-Saône, à l’extrémité d’une plaine délicieuse, au pied de la chaîne des Vosges, qui possède des eaux minérales chlorurées sodiques faibles qu'on administre dans les cas de rhuma-
tisme musculaires, les engorgements lymphatiques, les maladies des os et des articulations, etc. p. l.
LYC0P0DE. — Le lycopode, appelé aussi herbe aux massues, mousse terrestre, est une herbe vivace qui pousse surtout dans les bois montueux et sur les montagnes de la Suisse et de l’Allemagne,
Fig. 814. — Lycopode.
Tige, Bractée sporangifère et spores.
et dont les spores desséchés laissent échapper une poudre très fine d’un jaune pâle, très inflammable et difficile à mouiller, appelée poudre de lycopode, employée en pharmacie pour enrober les pilules, et en médecine, comme poudre absorbante et isolante pour saupoudrer la peau des jeunes enfants et celle des personnes grasses sujettes aux excoriations. p. l.
LYMPHADÉNOME. — On donne les noms de lymphadénome, lympho-sarcome, adério-lymphome, à des tumeurs formées par du tissu lymphatique.
Les causes de ces tumeurs sont complètement inconnues; on ne s’accorde même pas sur la fréquence relative aux divers âges, car, en France, elles paraissent avoir été observées surtout dans l’âge adulte, tandis qu’en Allemagne elles seraient plus communes dans la jeunesse.
Les lymphadénomes frappent de préférence les ganglions lymphatiques et plus particulièrement les ganglions du cou, de l’aine, de l’aisselle; on les observe également dans tous les organes lymphoïdes, rate, thymus, amygdale, estomac, intestin, etc. Dans leur période de généralisation, ils envahissent la plupart des organes ou tissus, le foie, les reins, les poumons, le cœur, les os, etc.
Au point de vue clinique, les lymphadénomes présentent deux variétés : 1° dans une première variété l’affection se localise dans un groupe de ganglions; 2° dans une seconde variété, elle se généralise non seulement aux organes lymphoïdes, mais encore aux autres tissus.
La première variété présente tous les caractères de l’hypertrophie ganglionnaire simple, dont elle se distingue difficilement; elle ressemble pour l’aspect et la marche aux adénites scrofuleuses, reste, comme elles, localisée dans les ganglions du cou, plus rarement dans ceux de l’aine ou de l’aisselle;
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mais, contrairement aux adénites scrofuleuses, elle ne suppure pas.
La deuxième variété se rapporte à la maladie décrite sous le nom de leucocythèmie (V. ce mot). En voici les principaux caractères : un homme, en général, dans la période moyenne de la vie, voit, sans cause appréciable, se développer un certain nombre de tumeurs au niveau du cou, de l’aisselle ou de l’aine.
Ces tumeurs, arrondies, indolentes, élastiques, sans adhérences à la peau, sont formées par le développement des ganglions de ces régions.
Leurs progrès sont plus ou moins rapides, mais constants; non seulement les tumeurs primitives s’accroissent, se fusionnent de manière à former d’énormes masses lobulées, mais encore des tumeurs semblables se développent aux dépens de tous les organes lymphoïdes (rate, amygdale, etc.), il s’en développe même dans les organes dépourvus de tissu lymphatique et dans le tissu cellulaire sous-cutané.
A cette époque on peut noter : 1° que les tumeurs ganglionnaires sont indolentes par ellesmêmes et qu’elles n’ont aucune tendance à suppurer, contrairement à ce qui a lieu pour les adénites ordinaires : très souvent la rate est en même temps gonflée;
2° Que ces tumeurs déterminent des phénomènes de compression sur les vaisseaux, les nerfs et les organes voisins. Phénomènes extrêmement variés, puisque ces tumeurs peuvent occuper le cou, le thorax, l’abdomen, le bassin, etc.
3° Que l’état du sang n’est pas toujours le même : tantôt il présente une augmentation considérable dans le nombre des globules blancs (leucocythémie), tantôt, au contraire, le chiffre des globules blancs reste normal (adénie).
Après un certain temps, en général quelques mois, le malade présente des symptômes de cachexie; il pâlit, maigrit, est atteint de diarrhée, de vomissements, d’hémorrhagies par les diverses muqueuses, souvent les urines sont albumineuses, la fièvre hectique s’allume et il succombe. A côté de ces symptômes généraux, qui se rattachent au développement de lympho-sarcomes dans la plupart des organes, il faut noter les accidents locaux souvent assez graves pour entraîner par eux-mêmes la mort.
La marche de la maladie est constamment progressive et elle se termine par la mort, après un laps de temps qui ne dépasse guère deux années (Potain).
La première forme est bénigne, la seconde presque constamment mortelle.
Le traitement doit être médical et chirurgical.
Le traitement médical consiste à chercher à modifier par les toniques, l’iode, le phosphore, l’arsenic, etc., l’état spécial et inconnu de l’organisme.
Le traitement chirurgical n’est applicable que dans des circonstances assez rares, lorsque la maladie est encore localisée dans un groupe de ganglions, que la rate n’est pas développée, que le sang ne renferme pas un excès de globules blancs (Verneuil). Certains chirurgiens (Trélat) repoussent toute intervention chirurgicale, par ce motif qu’on
ne saurait dire si la lésion est encore locale ou si elle est généralisée. Dr Léon moynac.
LYMPHANGITE. — On donne le nom de lymphangite ou angioleucite , à l’inflammation des vaisseaux lymphatiques. Cette maladie se développe sous l’influence de causes nombreuses que l’on peut ranger sous trois chefs :
1° Lésions traumatiques. — - Ce sont les causes les plus fréquentes, non point les larges plaies, mais les excoriations, les écorchures superficielles, étendues, mal soignées , exposées à des causes d’irritation, compliquées de la présence de corps étrangers, surtout lorsque ces lésions occupent des régions abondamment pourvues de lymphatiques, comme les doigts, les orteils, etc.
Un grand nombre d’affections cutanées, eczéma, lichen, furoncle, ulcères, engelures, peuvent se compliquer d'angioleucite.
2° Introduction dans le vaisseau d'un principe septique , piqûres anatomiques, pus altéré. — C’est dans cette catégorie que nous rangeons les lymphangites utérines assez communes après l’accouchement, et peut-être ces lymphangites de la verge qui viennent parfois compliquer le chancre infectant.
3° Lymphangites par voisinage. — Dans ces cas exceptionnels, l’inflammation des régions parcourues par les lymphatiques se propage aux parois de ces vaisseaux.
Quelques auteurs ont pensé que certains tempéraments, le tempérament lymphatique par exemple, prédisposaient à la maladie que nous étudions, qui pourrait être spontanée chez eux; enfin on a dit que l’angioleucite pouvait régner d’une façon épidémique. Il est certain que l’encombrement des blessés, les mauvaises conditions hygiéniques dans lesquelles ils sont placés, favorisent le développement des lymphangites comme celui des érysipèles, des infections purulentes, etc.
La lymphangite reconnaissant habituellement une cause externe, on constatera au voisinage de la partie malade une plaie, une écorchure, un furoncle, etc. , dont la cicatrisation est en mauvaise voie.
Les vaisseaux enflammés ayant augmenté de volume et pris une teinte rosée, traduisent leur présence par une série de filets rouges, de stries irrégulières, formant des réseaux à mailles plus ou moins serrées; parfois elles sont tellement rapprochées qu’il en résulte des plaques (angioleucite réticulaire ou en plaques) dont les bords se dessinent par un relief plus ou moins accentué. Ces plaques s'observent dans les régions pourvues de riches réseaux lymphatiques, tels sont la main, le pied, le pourtour des orifices naturels, etc. Ces stries partent directement de la plaie ou seulement à une certaine distance, elles peuvent se prolonger sans discontinuité jusqu’au ganglions ou être çà et là interrompues.
Au membre supérieur, par exemple, on voit plusieurs filets rougeâtres, occupant le côté de la flexion, traverser le pli du coude et longer la partie inlerne du bras, enlaçant souvent la veine basilique pour aboutir aux ganglions de l’aisselle, qui eux aussi sont gonflés et douloureux.
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Les vaisseaux enflammés sont le siège d’une douleur superficiel'e, cuisante, à peu près semblable à celle de l'érvsipele et s’étendant tout le long des vaiss' anv jusqu’aux ganglions.
Très souvent il s'effectue dans le lissu cellulaire voisin une légère suffusion séreuse, la peau peut même prendre une teinte érythémateuse: enfin on observe assez souvent un léger œdème, dû à lobs- I tacle que l’oblitération des vaisseaux apporte à la circulation de la lymphe.
Les ganglions auxquels aboutissent les vaisseaux sont gonflés et douloureux, mais d’ordinaire cetie | adenile tombe dès que l’angioleucite s’améliore.
Les symptômes généraux sont habituellement I très peu accentues, cependant, surtout dans les cas I où la phlegmasie reconnaît pour cause l'introduction d’un principe septique, le malade est pris de | frissons, de fièvre, son sommeil est agité, et dans le l| cas de piqûre anatomique les accidents peuvent | devenir tort graves.
La lymphangite se termine : 1° habituellement i| par résolution, leS douleurs sc calment, la rougeur s’efface (parlois très rapidement, en quelques heures), souvent à ce niveau l’épiderme s’exfolie.
2° Par suppura/ion. — Cette issue assez rare I s’annonce par une intensité toute particulière de la j phlegmasie, le tissu cellulaire voisin se prend, s’en- I flamme, enfin de peiites rollections purulentes peu- | vent se développer sur tout le trajet des lymphaj tiques et jusque dans les ganglions; on a meme observé, surtout dans les lymphangites septiques,
1 de véritables suffusions purulentes étendues au loin et produisant les graves desordres du phlegmon j diffus.
3° Par passage à l'état chronique. — Terminaison I fort rare, cependant les enfants présentent parfois j certains œdrmes durs, qu’à tort ou à raison on a rattachés à l'angioleucite.
4° Par infection purulente. — Terminaison en- I core plus rare que la précédente. La présence des ganglions constitue un obstacle à peu près insur- | montableau passage dans le torrent circulatoire du pus ou des principes septiques capables de déteri miner une infection générale.
11 n'est pas fort rare de voir l’angioleucite se compliquer de phlegmon et d'érysipèle.
Les lymphangites disparaissent d’ordinaire en j quelques jours, sauf lorsqu’elles sont consécutives à des piqûres anatomiques, auquel cas elles peuvent être graves. Lorsque la lymphangite se développe j au milieu d’une épidémie d’infection purulente, elle peut etre mortelle.
La première indication consiste à soigner, net- > loyer, protéger, laver la plaie qui a engendré l’anj gioleucite.
2° Des cataplasmes émollients, de l’onguent na- I polilain, des bains tiedes très prolongés, calment la vivacité de la douleur et l’intensité de linflami mation.
On ne négligera pas de favoriser par une position I élevée la circulation de la lymphe.
3° 11 sera très utile de chercher par des purgatifs salins à produire une révulsion sur le tube digestif. Les vésicatoires de Velpeau , les applications de Dictionnaire populaire de Médecine usuelle.
sangsues, la çompression, sont justement abandonnés aujourd’hui. Si le malade était affaibli, il faudrait le relever par l’usage de l'alcool, de l’extrait de quinquina, du sulfate de quinine etc.
Dr Léon Moynac.
LYMPHATIQUE systèmes — Anatomie. — On donne
le nom de système lymphatique, en anatomie, à l’ensemble des organes qui sont préposés à la circulation de la Igmphe et du chyle II comprend :
A. — Les vaisseaux lymphatiques ou vaisseaux blancs, conduits très grêles, à parois minces et transparentes, qui naissent de capillaires ( disposés en réseaux ou en culs-de-sac), traversent au moins un ganglion et vont se jeter dans le canal thoracique ou dans la grande veine lymphatique.
B. — Les ganglions lymphatiques, petites glandes disséminées sur le trajet des vaisseaux lymphatiqueset destinéesàexereer sur lalymphe une action dont la nature nous échappe.
C. - La grande veine lymphatique et le canal thoracique , deux gros troncs auxquels aboutissent tous les vaisseaux lymphatiques; ces deux troncs se jettent dans le système veineux, au niveau du confluent des veines jugulaires internes et sous clavières (la veine lymphatique à droite et le canal thoracique à gauche).
A. Vaisseaux lymphatiques en général. — Les
vaisseaux lymphatiques, ou vaisseaux blancs, forment un vaste ensemble de conduits qui convergent de toutes parts vers le canal thoracique et la grande veine lymphatique.
Nous étudierons :
1° L’or i i me des vaisseaux lymphatiques ;
2° Leur trajet;
3° Leur structure.
t° Origine. — L'origine des vaisseaux lymphatiques n’est pas encore bien connue et les opinions émises à ce sujet peuvent se grouper sous trois chefs :
a. — Les lymphatiques naissent de culs-de-sac ou de réseaux capillaires parfaitement fermés (Kolliker, Frey, Dis. Robin).
b. — Les lymphatiques naissent de culs-de-sac et de réseaux capillaires qui communiquent avec les vaisseaux sanguins (Mascagnv, Sappey).
c. — Les lymphatiques naissent de culs de-sac et de réseaux capi aires qui communiquent avec le tissu conjonctif et les grandes cavités séreuses (llunter. Bichat, Recklinghausen, Ranvier).
Jusqu’à plus ample informé, nous admettrons que les lymphatiques naissent par des capillaires disposés en forme de réseaux ou de culs-de-sac terminaux, ne communiquant ni avec les artères et avec les veines.
Les réseaux sont superficiels et profonds, c’est-àdire disposés sur deux plans, du moins dans un as«ez grand nombre de régions.
La distribution de ces réseaux varie tellement dans chaque région et dans chaque tissu qu’elle ne peut être indiquée d’une façon générale. Disons seulement que la peau et les muqueuses possèdent les réseaux les plus riches.
Ainsi pour la peau, nous signalerons ceux delà face palmaire des doigts et des orteils, de la paume
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de la main et de la plante du pied, du scrotum, du sein, du pourtour des orifices natuie's.
Pour les muqueuses, nous signalerons le pourtour de leurs orifices, la surface du gland, la muqueuse de l'appareil digestif.
Les culs-de sac terminaux ne s’observent que dans les villosités intestinales et les papilles linguales; c’est une disposition à signaler.
Les séreuses en sont abondamment pourvues, et nous avons vu que, revenant à une opinion ancienne, on croit à l’existence d’ouvertures ou stomates, établissant une communication entre la cavité séreuse et le roseau lymphatique.
Les lymphatiques abondent dans certaines glandes.
Les tissus fibreux sont très pauvres en lymphatiques et l’on n’a pas prouvé leur existence dans les os, les muscles et le tissu nerveux.
2° Trajet. — De ces divers réseaux et culs-de-sac naissent un certain nombre de troncs qui se dirigent vers les deux grands canaux (canal thoracique
1,1. Réseau lymphatique. — 2,2. Vaisseaux lymphatiques.
et grande veine lvmphatique) en suivant un trajet superficiel ou profond, d’où la distinction des lymphatiques en superficiels et profonds.
Les vaisseaux lymphatiques superficiels se dirigent tous de la périphérie du corps vers la face antérieure de la colonne vertébrale (puisque le canal thoracique et la veine lymphatique sont placés audevant de cette colonne), ils cheminent dans le tissu cellulo-graisseux. souvent accolés aux veines superficielles, et leur trajet présente plusieurs particularités : 1° Ils occupent, en général, le côté de la flexion des membres; 2° au lieu de converger les uns vers les autres, ils restent parallèles entre eux et ne communiquent que par quelques bifurcations assez rares; 3° tout lymphatique traverse au moins un ganglion avant, d'atteindre le canal thoracique ou la grande veine lymphatique ; 4° leur surface présente un aspect noueux dù à la présence de valvules placées dans l’intérieur du vaisseau Leur calibre ne dépasse guère 1 a i millimétrés.
Les vaisseaux lymphatiques profonds , moins nombreux que les superficiels, accompagnent les vaisseaux sanguins.
3° Structure. — La structure des lymphatiques se rapproche beaucoup de celle des veines ; comme elles, ils se composent de trois tuniques:
1° Une tunique ex'erne, formée par du tissu connectif et des fibres é astiques étroitement enlacées et présentant, pour la plupart, une direction longitudinale ;
2° Une tunique moyenne, composée de fibres musculaires lisses et de fibres élastiques disposées transversalement ;
3° Une tunique interne, composée de deux couches superposées : la plus interne, formée de cellules épithéliales fusiformes ; la seconde, interposée entre la couche épithéliale et la tunique moyenne formée par du tissu élastique.
Les lymphatiques p >ssèdent des valvules constituées par un repli des tuniques interne et moyenne, disposées par paires et très rapprochées, à une distance variable de 2 à 15 millimètres.
Le canal thoracique et la grande veine lymphatique présentent la même structure que les troncs lymphatiques; leurs parois sont plus épaisses et ressemblent à celles des veines.
Les réseaux et les culs-de-sac lymphatiques ont, au contraire, une structure bien différente et si diversement appréciée, qu’il est encore aujourd’hui difficile de se prononcer à cet égard : on peut cependant les considérer comme des canaux creusés dans les tissus et tapissés par une couche de cellules épithéliales dentelées.
B Ganglions lymphatiques en général. — On donne ce nom à de petits organes arrondis, situés sur le trajet d'S vaisseaux lymphatiques et dont la structure compliquée parait démontrer la nature
1,1. Vaisseau lymphatique afférent — 2,2. Vaisseaux lymphatiques afférents.
glanduleuse et l’intervention dans la composition de la lymphe, d’où le nom de glandes lymphatiques, qui leur était autrefois donné et auquel on tend à revenir.
Leur nombre est très considérable; bien que
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sujet à de nombreuses variations , il peut être évalué à six nu sept cents.
Leur situation doit être parfaitement connue dans chaque région; eu général on peut dire qu’ils accompagnent les vaisseaux sanguins et se rencontrent en plus grande quantité dans les régions abondamment pourvues de tissu cellulo graisseux.
Dans les membres, ils siègent du côté de la flexion et vers les plis articulaires (pli de l’aine, creux de l’aisselle), et sont distingués en superficiels et profonds. Dans les cavités splanchniques, ils entourent les gros vaisseaux.
Ils sont, en général, elliptiques, et leur grand axe est dirigé dans le sens des vaisseaux lymphatiques qui les abordent.
Leur volume est très variable, depuis un petit pois jusqu’à un haricot ; en général leurs dimensions et leur activité sont bien plus grandes chez l’enfant que chez l’adulte et surtout que chez le vieillard, aussi les affections du système lymphatique appartiennent-elles surtout à la jeunesse.
Les ganglions lymphatiques ne peuvent plus être considérés comme formés par un enroulement de vaisseaux lymphatiques; leur structure est , au contraire , des plus complexes, ils possèdent : 1° une enveloppe de tissu conjonctif ; 2° des alvéoles, arrondis dans la substance corticale, tubulaires dans la substance médullaire ; 3° des sinus; 4° une substance fondamentale formée de corpuscules arrondis qui seraient des leucocytes ou, pour lîobio, des éléments d'épithélium nucléaire.
Des vaisseaux et ganglions lymphatiques en particulier. — VAISSEAUX E I GANGLIONS LYMPHATIQUES DE la tete et du cou. — Les ganglions de celte région sont disposés sous forme de deux traînées (ou chapelets) : 1° une suit la direction du slerno-mastoïdien, au-dessous de laquelle elle est placée: elle est formée par un assez grand nombre île ganglions dits cervicaux et dislingu s, d'après leur situation, en supéiieurs et en inférieurs;
2” La seconde traînée ganglionnaire présente au contraire une dit ection presque horizontale, elle s’étend transversalement de la nuque au menton (en remontant dans la loge parotidienne). Les ganglions qui la composent sont distingués d'après leur situation en ganglions sous-occipitaux, parotidiens et sous-maxillaires.
Tous les vaisseaux lymphatiques de la tête et du cou aboutissent à ces ganglions.
Ces vaisseaux peuvent être divisés en trois groupes :
1° Les uns proviennent de la face; ils naissent par des réseaux assez riches, principalement disposés autour des orifices de cette région, c’est-àdire sur les lèvres, les ailes du nez et les paupières; de ces réseaux naissent des troncs qui se jettent, les uns dans les ganglions parotidiens, le plus grand nombre dans les ganglions sous-maxillaires;
2° Les autres proviennent de la partie latérale du crâne, c’est-à-dire de la région temporale et surtout du pavillon de l’oreille qui est rerouvert d'un réseau très remarquable : ces lymphatiques se jet tenl, les uns dans les ganglions parotidiens, les autres dans les ganglions sous-occipitaux;
, 3° Les lymphatiques de la partie postérieure du
crâne se rendent dans les ganglions sous-occipitaux.
Aux ganglions du cou aboutissent encore les lymphatiques de l’intérieur «lu crâne, de l’orbite, des fosses nasales, dont le trajet suit celui des artères méningées et de la veine jugulaire interne; ceux du voile du palais, de Carrière- gorge, des amygdales, de la voûte palatine, des gencives et de la langue dont la face dorsale est tapissée par un admirable réseau lymphatique à mailles circulairement disposées autour des papilles.
Vaisseaux et ganglions lymphatiques du membre supérieur et des parois du thorax. — On rencontre dans le creux de Faisselle un nombre considérable de ganglions groupés autour des vaisseaux axillaires qu'ils enveloppent à la façon d’un chapelet, étendu de la base du creux de l’aisselle jusqu'au-dessous de la clavicule, où ils se continuent avec les ganglions du cou.
D’après leur situation on les a divisés un peu artificiellement en ganglions axillaires, placés dans le creux même de 1 aisselle; sous claviculaires, placés au-dessous de la clavicule; thoraciques ou appliqués sur les parois mêmes du thorax; sous-scapulaires, c’est-à-dire logés dans la fosse de ce nom.
A ces ganglions aboulissent les lymphatiques du membre supérieur, des parois du thorax et de la mamelle.
Les lymphatiques du membre supérieur sont superficiel' et profonds.
Les premiers naissent de réseaux étalés à la surface palmaire des doigts, et particulièrement de la dernière phalange; de ces réseaux parlent des troncs qui, arrivés à l’av.mt-bras, gagnent sa face antérieure et suivent le trajet des veines radiales et cubitale- et de la veine médiane. Arrivés au niveau du pli du coude, ces lymphatiques sont étalés sur ses faces anterieure et latérale. Les plus internes rencontrent, au-dessus de l’épitrochlée, un ou deux ganglions dit épitrochléens et les traversent pour continuer leur trajet.
Au niveau du bras, les troncs lymphatiques superficiels se rapprochent de plus en p'us de sa partie interne, ils se groupent autour de la veine basilique et vont sejeierdans les g nglions axillaires.
Les lymphatiques profonds, bu n moins nombreux que les superficiels, suivent le trajet des a tères; chaque artere est accompagnée de deux troncs lymphatiques, de même qu’elle est accompagnée de deux veines. Tous ces lymphatiques se rendent dans les ganglions axillaires, ils rencontrent sur leur trajet deux ou trois ganglions du volume d’une lentille.
Les lymphatiques des parois latérales du thorax se d.rigent à peu près transversalement vers les ganglions axillaires : en avant, ils serpentant audevant du muscle grand dentelé et se j. tient, les uns dans les ganglions les plus élevés, les autres dans les ganglions les plus inférieurs du creux de faisselle; eu ai r ere, ces vaisseaux provi< nnent de la partie supéiieiire des lombes, du dos et de la nuque et gagnent également les ganglions axillaires.
Les lymphatiques de la mamelle méritent une description spéciale : ils sont superficiels et pro-
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fonds. Les premiers naissent du mamelon et de son aréole; les seronds des lobules mêmes de la glande : il en résulte plusieurs troncs qui serpentent les uns à la surface de la glande mammaire, les autres sur sa face p ofonde. Ces troncs se réunissent et vont se jeter dans les ganglions axillaires (d'où l’engorgement de ces glandes dans les maladies du sein).
Les ganglions du pli de l'aine, nombreux et important-, sont divisés en superficiels et profonds.
Les ganglions superficiels, placés dans le tissu cellulaire sous-cutané, au-devant du fascia crebri-
Fig. 818.
Vaisseaux lymphatiques superficiels du membre inférieur.
Fig 819.
Vaisseaux lymphatiques superficiels du membre supérieur.
ormis, sont groupés en grande partie autour du point où la veine saphene interne traverse ce fascia.
Les ganglions profonds sont placés, au contraire, au dessous de ce fascia, en dedans de lu veine fémorale.
D'autres ganglions , faisant suite aux ganglions profonds, entourent les vaisseaux iliaques externes;
ils sont, en réalité, logés dans l’abdomen, mais peuvent être considérés comme appartenant au pli de l’aine.
Vaisseaux et ganglions lymphathiques du memure