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son action morbide commence. Les circonstances qui déterminent cette dénudation de la peau ou de la muqueuse sont, le plus souvent, de petites écorchures, des éraillures à peine perceptibles, produites, dans la plupart des cas, par le simple frottement du coït. Une vésicule herpétique, psorique, eczémateuse, une pustule d’acné ou d’impétigo, une végétation préexistante, peuvent aussi la déterminer.
Quelques auteurs, que l’on peut classer en deu.x catégories, ont prétendu, à tort, que le chancre simple a une incubation. Les uns se fondant sur des observations de faits, dans lesquels le pus virulent avait été déposé sur un tégument sain, et dans les- (juels, par conséquent, la pustule ne s'était montrée que 7, 8, 9 ou même 10 jours après le coït, ont admis une période d'incubation de 7, 8, 9, et même 10 jours. Nous leur répondrons avec Ricord que lorsque le pus virulent est déposé sur un tégument sain, il ne se développe pas une inoculation immédiate; il faut d'abord que le pus se fasse une voie, s’ouvre une tranchée, en corrodant, en détruisant l’épiderme, après quoi, seulement, il exerce son action spécifique. Or, ce travail préparatoire demande évidemment un certain temps pour s’accomplir et retarde d'autant l'éclosion du chancre. De là, comme conséquence, une incubation apparente, laquelle n’est, en réalité, qu’un stade d'élaboration insensible et de silence actif de la maladie.
Les autres, déclarant que le chancre n'a commencé à exister qu’à partir de l'apparition de l'ulcération spécifique, ont considéré, comme période d'incubation, tout le temps qui s'écoule entre l’inoculation et le moment où se montre l’ulcération. Les auteurs sont dans l’erreur en raisonnant ainsi, car ils prennent pour le début du chancre un symptôme qui n'est pas le premier. Le chancre, en effet, date du moment même de l’apparition delà rougeur érithémateuse (|ui ,se montre presque aussitôt après le co'ït.
Le chancre simple n’a donc pas d'inoculation. Il débute, dans l'immense majorité des cas, par une pustule ecthymateuse. On peut cependant observer des chancres débutant sous une autre forme, sans pustule, et d’emblée : c’est lorsque le pus virulent a été déposé sur une surface dénudée, sur une fissure, une écorchure, une plaie, en un mot. 11 est évident que dans des cas, la pustule initiale est physiquement impossible.
2* PÉRiouE DE PROURÈs. — Que la maladie ait débuté par une pustule ou par une excoriation, elle aboutit toujours à une ulcération spécifique, qui constitue le chancre simple. Cette ulcération qui apparaît vers le cinquième jour, progresse dans les premiers jours d'une manière rapide et continue, elle s’agrandit en conservant la forme arrondie, et se creuse en même temps. Dès le premier septénaire, elle atteint le diamètre d’une lentille ; dans le second elle prend les dimensions d’une pièce de vingt ou de (ûnquante centimes, rarement elle dépasse cette limite; toutefois, on a observé des chancres qui atteignaient la proportion formidable d’une pièce de cinq francs.
Lorsqu’il est parvenu à son etilier développement,
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le chancre simple se présente à l’œil de l'observateur avec les caractères suivants : ulcère arrondi, plus ou moins profond, et dont les bords sont taillés à pic comme avec un emporte-pièce, légèrement décollés, à base molle et souple, suppurant abondamment, et occasionnant une douleur assez vive. 11 est bien entendu que ces caractères s’appliquent au chancre développé sur les tissus homogènes. En les étudiant chacun séparément nous verrons que certaines conditions peuvent les modifier.
La forme du chancre, avons-nous dit, est généralement arrondie, principalement dans les premiers jours de son évolution. Toutefois, elle peut subir de nombreuses variations, dues à diversi's causes. C’est ainsi que la vieillesse du chancre la modifie, soit par suite de la réunion de plusieurs chancres en un seul, soit par suite du développement du chancre qui se fait de préférence sur les points où il rencontre moins de résistance. Le siège des chancres peut encore modifier leur forme. Ainsi, lorsque ceux-ci s’établissent dans une solution de continuité préalable, et à forme déterminée, comme dans les fissures du prépuce, de la fourchette, de l’anus, etc..., ils sont allongés, linéaires, fissuaires; lorsqu’ils se développent dans la rainure glando-prépuliale, ils sont d’ordinaire elliptiques, et ont leur axe principal dirigé parallèlement à la couronne du gland; lorsqu’ils prennent naissance dans des replis ou des enfoncements, qui permettent aux parties voisines de se toucher, comme dans l’anneau inférieur du prépuce chez les individus affectés de phimosis congénital ou accidentel, ils sont fissuaires ou divisés en deux moitiés adossées comme les feuillets d’un livre, etc.
2“ Le fond de l’ulcère chancreux est plus ou moins profond et d’étendue variable. 11 est tapissé, surtout à son centre, d’une sorte de membrancitrès adh(’‘reiitc, rugueuse et inégale, de couleur grisâtre, que les auteurs ont comparée les uns à une. couenne, les autres à un enduit pultacé, d’autres à une sorte de détritus organique. Cet aspect diphthéritique que prend le fond de la plaie n’est point dù, comme dans la diphthérite, à la production d’une pseudomembrane fibrineuse blanche, mais bien, comme l'a dit Robin, à la mortification qui continue à la surface des tissus dénudés.
30 Les bords du chancre offrent le même aspect que le fond. Ils sont taillés à pic et comme à Yemporte-pièce, parce que l’ulcération détruit dans toute leur épaisseur les diverses membranes qu’elle rencontre sur son passage. Ils sont ordinairement décollés; cela tient à la résistance inégale qu’offrent à l’ulcération les différents tissus. Or les tissus cellulaires sous-cutanés et sous-muqueux, et, en général , le tissu lamineux, cédant plus facilement que la peau et la muqueuse, on comprend très bien comment la maladie fait plus de progrès au-dessous de ces dernières membranes qu à leur surface. Quel quefois, ils sont renversés en dehors et comme enroulés légèrement sur eux-mêmes, ce qui donne alors à la plaie l’aspect un peu infondibuliforme.
Lirconscrits par une auréole inflammatoire, rouge plus ou moins foncé, suivant l’intensité de l’inflam mation des parties voisines, mais surtout suivant le degré de décollement et d’altération, les bords
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offrenl. enlin à l'œil armé d'une loupe, une série de petites dentelures qui ont quelque chose de caractéristique.
4® La base du chancre simple est molle et souple, comme celle des plaies ordinaires. Ce caractère est si constant, et quelques auteurs lui ont donné une telle importance, que pour eux il est pathogonomique et qu’ils ont appelé le cliancre simple : chancre mou. Il n’existe pas toujours cependant, et on peut observer quelquefois un épaississement et un engorgement des tissus sur lesquels repose l’ulcère, nu qui l’environnent; mais cet engorgement n’a jamais ra])parence du disque fibro-{)lastique induré caractc'u'istique du chancre infectant. Il ne déborde ])as d'ulcération ; il est mal circonscrit, et consiste simplement dans une sorte d’empâtement diffus de la base du chancro’ide. Jamais il ne précède l’ulcération de la surface du chancre; il apparaît, au contraire tardivement, et diminue et disparaît même avant la cicatrisation de la plaie.
Lorsque l’on rencontre cette induration spéciale du chancre simple, elle est presque toujours duo à l’emploi de certaines substances médicamenteuses spéciales, telles que le nitrate d’argent, la pâte de Vienne, le chlorure de zinc, les acides sulfurique et nitrique, et en général presque tous les escharoti- (pies usuels : le sublimé, le bichromate de potasse, l’alcool et la cendre de tabac, à laquelle le public attribue, à tort, une grande propriété cicatrisante.
li® Le chancre simple fournit une suppuration abondante. Le pus, qui est contagieux au plus haut degré, et qui seul communique la maladie, est jaunâtre, mal lié, souvent mêlé de sang, de sanie et de détritus organiques. Il jouit au plus haut degré de la propriété virulente, et a reçu des syphilisateurs le nom de pus fort, ce qui veut dire qu’il détermine infailliblement un chancre lorsqu’on l’inocule soit au malade, soit à un autre individu. L’epmen microscopique n’y a fait découvrir jusqu’ici aucun parasite, ainsi que l’ont prétendu quelques auteurs.
6® Le chancre est ordinairement assez douloureux. Le contact de certains médicaments irritants, lels que le vin aromatique, le tartrate ferrico-potassique; les ablutions d’eau froide, les frottements contre les corps étrangers, les érections, provoquent des douleurs assez vives qui s’exaspèrent encore chez certains malades, ceux qui se livrent, par exemple, à des excès alcooliques. Moins douloureux, en général, chez la femme que chez l’homme, le chancre simple acquiert cependant une sensibilité excessive chez la femme, lorsqu’il siège sur certaines parties. C’est ainsi que le chancre du clitoris est excessivement douloureux et rend quelquefois le sommeil impossible. Viennent ensuite les chancres de l’anus, de la peau qui recouvre les parties voisines de l’appareil génital ; ceux qui siègent sur la muqueuse des grandes lèvres, sur les nymphes ; ceux qui entourent le méat urinaire. Celui de la fourchette, ainsi que celui de l’orifice du vagin, sont à peine sensibles. Chez l’homme, les chancres du frein sont les plus douloureux.
L’observation a démontré que les dimensions et la profondeur des chancres n’ont pas une grande influence sur la douleur qu’ils occasionnent.
.1® PÉiuoDE d’état. — Lorsque le chancre simple a atteint son entier développement, on le voit rester un certain temps stationnaire, sans avoir aucune tendance à s’étendre, non plus qu’à se limiter, et présenter tous les symptômes de la période de progrès que nous venons de passer en revue ; surtout son aptitude inoculatrice et éminemment contagieuse.
Cette période, trop variable pour être précisée, peut durer de quelques jours seulement à deux ou trois semaines; il n’est pas très rare de lavoir durer plusieurs mois, et même en dépit de tout traitement. V
4® PÉRIODE DE RÉPARATION. — Api’ès être l’esté plus ou moins stationnaire dans sa marche, l’ulcère, qui jusque-là avait sécrété abondamment un pus virulent, change tout à coup de physionomie. Et d’abord la suppuration diminue d’une manière très sensible ; le fond se déterge, grâce à la chute de cette membrane pulpeuse qui le recouvrait ; de grisâtre qu’il était, il devient rose. Les bords, qui étaient décollés et renversés, s’affaissent et se rapprochent du fond auquel ils adhèrent. Bientôt, on voit poindre, sur divers points de l’ulcération, des bourgeons charnus qui font disparaître les inégalités du fond; ils sont recouverts d’un pus jaune, facile à détacher, et en tout semblable à celui qui se produit à la surface d’une plaie ordinaire en voie de cicatrisation. L’auréole rouge qui entourait le chancre change de couleur et devient d’un gris perle ; celui-ci perd sa forme arrondie à mesure que le travail de réparation se fait. Enfin, apparaît, sur les bords, une pellicule de couleur cendrée, doublée d’un liseré violacé qui indique l’apparition du tissu cicatriciel ; alors la cicatrisation s’opère de la périphérie au centre par la formation d’une série de zones concentriques qui se juxtaposent et finissent par recouvrir toute la surface de l’ulcération.
La cicatrisation ne marche pas toujours d’une façon aussi régulière. Il peut arriver qu’au lieu de s’établir d’emblée sur toute l’étendue de la plaie, elle se fasse seulement sur quelques points, tandis ({ue les autres continuent à sécréter un pus virulent. Dans ces cas, il est dangereux de laisser longtemps le pus spécifique en contact avec les parties qui se cicatrisent, car ces parties pourraient s’inoculer de nouveau.
Plusieurs auteurs, Hunter et Ricord entre autres, ont prétendu que le signe caractéristique de la période de réparation serait Yextinclion de la spécificité virulente. Le premier disait dans son remarquable ouvrage : « Le pus qui est sécrété le dernier par un chancre n'est pas vénérien, » et le second : « A cette dernière période, la spécificité est éteinte; le pus sécrété n’est plus que l’analogue du pus des plaies simples ; il a perdu toute propriété virulente! » Mais depuis, de nombreuses expériences ont été faites par Fournier, Poisson et autres, et ces expériences ont amené une conclusion tout à fait contraire à celle des deux illustres syphiligraphes, à savoir que le chancre reste chancre jusqu’à ce qu’il soit complètement et absolument cicatrisé; c’est-à-dire que tant qu’il reste un point ulcéré, ce produit, si petit soit-il, continue de fournir du pus spécifique et, par conséquent, inoculable.
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Ainsi que nous venons de le voir, le chancre simple ofl're dans son évolution quatre périodes parfaitement distinctes, dont la marche est plus ou moins rapide. Règle générale, le chancre progresse assez rapidement à son déhut et dans la quinzaine (pii suit sa naissance. Passé cette période, il se ralentit sensiblemi'nt, et cela d'autant plus qu'il de- \ient plus ancien. Entin, pendant la période de réparation, le travail cicatriciel, s'il n’est entravé par aucune complication, se fait assez rapidement.
Les chancres n’ont pas toujours la marche régulière que nous venons de décrire. Ainsi, l'on en voit, qui semblaient parfaitement limités, et même en voie de réparation, subir une recrudescence subite, dont on ne peut pas toujours apprécier la cause. D'autres fois, on en voit qui se cicatrisent sur un point de leur surface et s'étendent en progressant sur un autre. Mais ce sont là des exceptions, et dans l'immense majorité des cas, les chancres accomplissent leur évolution complète d’une manière très régulière.
Quelle est la durée des chancres simples? — Elle est très variable; mais d'une façon générale, on peut dire qu’elle est longue, car jamais elle n’est moindre de 3 semaines, et le plus souvent elle est de 5, 6, 7, 8 et 9 semaines. Les chancres qui durent plus de 2 mois sont très rares, et alors ils sont toujours compliqués de phagédénisme.
Plusieurs circonstances influent d’une façon très marquée sur la durée de cette affection. Parmi les principales, nous citerons son étendue, son siège, son traitement et le régime du malade, enfin les complications.
Ainsi il est bien évident que des chancres de petites dimensions guériront plus promptement que les chancres présentant une vaste surface d’ulcé- I ration.
Les chancres qui siègent sur des régions exposées aux frottements des corps extérieurs, tels que le limbe du prépuce, le gland chez les circoncis, l’anus I dans les deux sexes, la vulve et la fourchette chez I la femme, guérissent lentement. Ceux qui siègent i sur le méat sont continuellement irrités par l’urine, ce qui rend leur guérison longue et rebelle. Sou- I vent même celle-ci entraîne des rétrécissements I inodnlaires, plus ou moins grands, de l’orifice du I canal. Nous en dirons autant des chancres intra- I uréthraux. Les chancres qui siègent sur la verge, en général, sont très longs à guérir, exposés qu’ils sont à des tiraillements violents occasionnés par l'érection. De même ceux qui si(’:gent sur le clitoris chez la femme, la turgescence de cet organe, expo- ' sant ces parties à des tiraillements et à des congestions répété(!S. Ou comprend enfin que la défécation rend très difficile et très longue la cicatrisation des ' chancres de l’anus.
Les chancres que l’on ne panse pas et sur les- ; I quels on laisse séjourner le pus, ceux que l’on panse I avec des topiques irritants, d’une manière abusive,
' s’enflamment, s’étendent et durent un temps parfois ‘ I très considérable.
I Les excès de marche, d’équitation, les abus des I liqueurs fortes de la part des malades, prolongent t j aussi la durée de leurs chancres.
) Enfin, tout le monde comprend que les complica-
fions, telles que les phimosis, les paraphimosis, le phagédénisme, augmentent d’une manière quelquefois terrible et toujours déplorable la durée des chancres. Seule parmi toutes les complications, la gangrène diminue leur durée en détruisant le principe virulent de l’ulcération, qu’elle transforme en une cscliarc qui s’élimine assez promptement pour ne laisser subsister qu’une plaie simple.
Quelle est la terminaison du chancre simple? — Le chancre simple, lorsque aucune complication ne survient, se termine toujours par la guérison. Nous disons : lorsque aucune complication ne survient, car on a observé des chancres compliqués de phagédénisme entraîner la mort des malades.
La cicatrice, qui indique la terminaison réelle du chancre simple, n’offre rien de particulier et ressemble à celle des plaies ordinaires. Si le chancre a été superficiel et de peu d’étendue, elle est à peine visible et disparaît à la longue ; si, au contraire, le chancre a été profond, vaste, elle est très apparente, ressemble à la cicatrice que laisse la vaccine, et, comme elle, est ineffaçable. Éphémère lorsque le chancre siège sur la muqueuse, elle persiste d’une façon indélébile lorsque le chancre siège sur la peau.
Existe-t-il un moyen sûr de reconnaître un chancre simple? — Dans beaucoup de cas, le chancre simple se présente à l’observateur avec un tel ensemble de symptômes qu’il suffit d’un coup d’œil, au praticien un peu exercé, pour le reconnaître.
Ainsi, lorsqu’un individu se présente à l’observation avec une ulcération de forme arrondie, à base molle, à bords taillés à pic et comme à l’emporte-pièce ; à fond grisâtre recouvert d’une couche comme diphthéritique, entourée d’une auréole ronge et enflammée, sécrétant un pus abondant et manifestant une tendance marquée à l’agrandissement dès les premiers jours qui suivent son apparition ; lorsqu’enfin l’individu ajoute que l’ulcération s’est montrée dans les trois ou quatre premiers jours qui ont suivi h; co’it suspect, vous pouvez affirmer qu’il a un chancre simple. A pins forte raison porterez-vous ce diagnostic si les ulcérations se sont montrées multiples d’emblée, ou consécutivement par suite d’antoinoculation, et s’il existe dans le pli de l’aine des adénites aiguës ou bubons.
Toutefois, nous devons dire que, malgré leur grande importance, aucun de ces signes n’est véritablement pathognomonique. Un seul, que nous n’avons pas encore indiqué, permet d’établir d’une façon péremptoire le diagnostic du chancre simple. Ce signe est fourni par VinoculatAon du pus qu’il sécrété; car, ainsi que l’a dit très justement Ricord, le chancre n’est, ni dans sa forme ni dans son fond, ni d’une manière absolue dans aucun de ses caractères extérieurs : il est tout entier dans le pus qu'il sécrète.
1“ Le chancre simple est inoculable à coup sûr au sujet qui le porte, à toutes ses périodes, sauf à la période de cicatrisation très avancée.
2“ Le chancre simple est la seule des ulcérations d'origine vulgaire, vénérienne ou syphilitique, qui soit susceptible de reproduire par auto-inoculation une ulcération semblable à elle-même.
Ces deux propositions qu’il est aujourd’hui inipos-
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sible de nier, reposent sur de nombreuses expériences faites dans les hôpitaux par plusieurs auteurs, et qu’il est inutile de rappeler ici.
L’auto-inoculabilité est donc le seul et véritable signe pathognomonique du chancre simple.
Voyons dans quelles circonstances et comment doit se pratiquer l’inoculation.
Pendant longtemps il fut d’usage à l'hôpital du Midi de pratiquer l’inoculation avec une lancette. Depuis quelques années, la lancette a été abandonnée, et on l’a remplacée par l’épingle ordinaire.
A l'hôpital du Midi, on pratique d’ordinaire l'inoculation sur le bas-ventre, au-dessous du nombril et sur la ligne médiane. En ville, quelques praticiens la font sur la cuisse, d'autres sur le bras ou l’avant-bras. Nous n’avons, pour notre part, aucune préférence, et nous nous en rapportons au gré des malades.
Pour pratiquer l’inoculation, on charge avec soin la pointe de l’épingle sur l’ulcération dont on veut établir le diagnostic, puis on fait sur la partie désignée d’avance une piqûre aussi petite et aussi superficielle que possible. On doit se contenter de soulever l’épiderme avec l’épingle et n’intéresser que le réseau vasculaire de la peau : l’apparition d'une gouttelette de sang indique que la dilacération des vaisseaux capillaires a eu lieu.
Pour reconnaître plus facilement le point inoculé, on fait autour un léger attouchement de nitrate d'argent. Quelques auteurs ne trouvent pas utile de le protéger et l’abandonnent à lui-même. Nous trouvons plus sage de protéger l'inoculation contre les froissements qui pourraient enlever le pus, déchirer la pustule et irriter la plaie. Ricord avait l’habitude de recouvrir ses inoculations d’un verre de montre, appliqué et maintenu sur l’endroit inoculé au moyen d’une bande de diachylon. Cette pratique ne nous paraît pas très commode pour le malade, et nous préférons recouvrir le point inoculé d’un morceau de baudruche gommée recouvert, sur ses bords, d’une légère couche de collodion.
Si l’inoculation doit être positive, le travail morbide qui doit donner naissance à un chancre simple commence aussitôt. Si l’inoculation doit être négative, on n’observe à l’endroit inoculé qu’une légère rougeur avec inflammation de la peau, qui disparaît bientôt.
A quel moment faut-il pratiquer la cautérisation destructive de la pustule produite par l'inoculation, lorsque celle-ci est positive? 11 fut longtemps d’usage au Midi de la pratiquer immédiatement après son installation, afin, disait-on, d’abréger le plus possible la durée du nouveau chancre inoculé. Rien de plus logique en apparence et rien de plus mauvais en réalité. En effet, si l’on pratique la cautérisation aussitôt que la pustule d’inoculation est produite, on ne sait pas ce que l’on détruit, et l’inoculation ne donne qu’un résultat incertain. Il ne faut détruire par le caustique la plaie d’inoculation que lorsqu’on a bien et dûment constaté le caractère chancreux. Inutile de dire que nous ne partageons nullement l’opinion de ceux qui, ennemis acharnés des cautérisations, préfèrent abandonner à lui-même le nouveau chancre.
Quelles sont les affections qui peuvent être con-
fondues avec le chancre simple ? — Elles sont assez nombreuses. Parmi les principales et les plus communes, nous citerons le chancre infectant ou syphilitique, I’herpès, les affections secondaires et tertiaires de la syphilis, les plaques muqueuses et
les GOMMES ULCÉRÉES.
Un mot sur chacune de ces affections.
Le diagnostic différentiel du chancre simple et du chancre infectant constitue un des points les plus importants de la pathologie vénérienne. Il importe donc de le bien établir. Le chancre infectant présente une incubation qui varie entre douze jours et deux mois, il est presque toujours unique et débute par une papule. Cette papule s’excorie au bout d’un certain temps, et l’exulcération qui en résulte se présente avec des caractères spéciaux. Elle est généralement superficielle et, dans les neuf dixièmes des cas, elle n’intéresse que la surface des téguments, recouverte d’une fausse membrane grisâtre, excepté sur ses bords. Ceux-ci sont d’un rouge vif ou même rouge vineux, luisants comme s’ils étaient recouverts d’une couche de vernis, inclinés et se raccordant avec le fond, ce qui donne à l’ulcération l’aspect cupuliforme, sur lequel a insisté Ricord. Dans beaucoup de cas, les bords sont continus et de niveau avec le fond. La base présente une induration spécifique, élastique, et donnant au doigt la sensation d’une feuille de parchemin ou d’une rondelle de caoutchouc, d’un morceau de fibro-cartilage ou môme de cartilage. Elle est parfaitement limitée à l’étendue de l’ulcère, et ne se perd pas en se confondant insensiblement avec les tissus sains environnants comme l’induration inflammatoire; enfin, elle persiste longtemps après la cicatrisation du chancre.
Le chancre infectant est le plus souvent unique ; il s’enflamme rarement, n’a pas de tendance à s’étendre, suppure peu, détermine peu ou pas de douhuir, donne naissance à une suppuration peu abondant!' ijui a une tendance à se concréter, en une pelliciib' blanchâtre d’apparence couenneuse, ou bien en une l véritable croûte. ;
Le chancre infectant s’accompagne toujours d'une : adénopathie symptomatique spéciale. Cette adeno- i patliie se montre le plus souvent au moment où i l’induration du chancre se produit. Elle débute | d’abord par une simple tension ganglionnaire du côté correspondant au siège du chancre, et, dans i beaucoup de cas, des deux côtés. Au bout de quel- • ques jours, on remarque une tuméfaction dure et I indolente des ganglions. Ces ganglions qui constituent une véritable pléiade, forment une série de ' petites tumeurs ovoïdes, très dures, mobiles sous le ' doigt et indépendantes les unes des autres. Parmi eux, on en trouve toujours un plus développé que j les autres ; c'est celui, dit Ricord, auquel viennent aboutir directement les lymphatiques de la partie ulcérée. Ces ganglions ne s’enflamment et ne sup- ' purent jamais, et leur induration persiste longtemps après la cicatrisation du chancre.
Le chancre infectant provient toujours d’un chancre infectant ou d’un accident secondaire. Il ne peut pas s’inoculer à l’individu qui eu est porteur, ni à ; tout autre individu atteint de syphilis. 11 est la première manifestation d’une maladie générale et ;
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i s’accompagne toujours d’une série d’accidents qui I apparaissent dans un ordre régulier et à des époques j à peu près déterminées. Enfin, il est spécial à I l’espèce humaine et ne peut pas se transmettre aux i animaux.
. Tel est l’ensemble des caractères du chancre in- I fectant. Si on le compare à l’ensemble des caractères il propres au chancre simple, il sera facile d’établir le diagnostic ditférentiel.
I Les AFFECTIONS HERPÉTIQUES peuvent être confon- ! dues avec le chancre simple, et leur diagnostic dif- I férentiel est parfois très difficile à établir. Reconj naissons toutefois que, le plus habituellement, on I \ parviendra en tenant compti* des quelques consil| dérations suivantes que nous empruntons à Fouri| nier.
! 1“ Les ulcérations herpétiques sont généralement
plus nombreuses, plus petites et plus superficielles que les ulcérations chancreuses. Ce triple signe i n’e.st cependant pas absolu, puisque l’herpès peut être solitairi', creux et large, mais il ne présente I que rarement ces trois caractères associés.
I 2" Li's ulcérations de l’iu'rpès sont généralement 1 prurigineuses, et produisent une ardeur, une excitation locale, « un feu », comme disent les malades, dont ne s’accompagne pas habituellement le I chancre.
: .3“ Fort souvent l’ulcération herpétique présente
I une configuration, consistant en ceci : le contour j de l’ulcération n’est pas constitué, comme celui du l| chancre, par une ligne plus ou moins régulièrei ment circulaire, mais bien par une série de segi| ments de circonférence, ce qui tient à ce que la I plaie totale résulte de la fusion de plusieurs plaies i' circulaires. Cette disposition, quand elle existe, est , presque pathognomonique de l’herpès. Elle ne 'j s’observe pas avec le chancre. Lors même que plusieurs chancres viennent à se fusionner, leur contour figure plusieurs grands cercles réunis, mais il ne présente jamais ces petits segments de circon- ' férence, que je n’hésite pas à donner comme carac- ' téristique de l’herpès.
4" Il existe presque toujours, en même temps que les ulcérations chancriformes de l’herpès, d’autres manifestations herpétiques non douteuses, telles que vésicules encore intactes, ulcérations petites et groupées, etc. .^joutons que l’éruption herpétique S(‘ fait quelquefois par poussées successives, de sorte que la présence d’une vésicule, soit antérieure, soit postérieure à l’ulcération douteuse, peut éclairer le diagnostic de cette dernière.
.7“ Il est assez rare que l'herpès ne .se produise que pour une fois et d'une façon purement accidi'ntelle. Le pins souvent il constitue une affection clironique, une véritable diathèse à poussées multiples. Il est même un grand nombre de malades qui sont affectés d’herpès génitaux se répétant de mois en mois, de quinzaine en quinzaine, et cela plusieurs années de suite. Cette disposition singulière s’observe aussi dans le sexe féminin, mais à ' un degré moindre de fréquence. Certaines femmes toutefois sont prises d’herpès vulvaire presqu’à cha- ; (|ue période menstruelle.
0" Enfin l'évolution de la maladie est plus significative encore que tous les caractères précédents.
L’herpès ne tend pas à s'étendre et se répare bien plus facilement que le chancre. — Cependant il faut savoir qu’il affecte parfois une durée assez longue, surtout dans sa forme ulcéreuse, ou bien lorsqu’il a été irrité par de mauvais pansements ou des cautérisations répétées.
Dans ces cas, si ce que nous avons dit plus haut ne suffit pas pour faire reconnaître l’herpès du chancre, l’inoculation ne laisse plus de doute. Si elle est positive, l’ulcération sera un chancre simple, si elle est négative, ce sera de l’herpès.
Le diagnostic est peut-être plus important chez la femme que chez l’homme, car il peut se faire que le médecin soit consulté par un tribunal, comme cela arriva à Legendre. On lui amena un jour une jeune enfant qui avait été victime d’une tentative de viol, et que l'acte d’accusation disait atteinte « de chancres de la vulve. » Ce médecin l’examina et aperçut, en effet, des ulcérations qui simulaient très bien les chancres simples. Mais un examen plus attentif et quatre inoculations, toutes négatives, lui permirent de dire, avec toute la certitude possible, que la jeune enfant n’avait pas de chancres simples, mais seulement de l’herpès de la vulve.
Les AFFECTIONS SECONDAIRES ET TERTIAIRES DE LA
SYPHILIS peuvent, dans certains cas, être prises pour des chancres simples. Ainsi les plaques muqueuses qui siègent sur les parties génitales peuvent embarrasser le médecin et lui en imposer, surtout lorsqu’elles ont été irritées et ulcérées par des frottements, des cautérisations répétées ou diverses autres causes. Elles offrent alors une ressemblance très grande avec les chancres simples ; comme lui elles sont multiples, de couleur grisâtre, à base molle, etc. 11 en est de même des tumeurs gommeuses ulcérées qui siègent sur le fourreau de la verge, le gland, le scrotum, la vulve, le col de l'utérus, etc. Comme le chancre simple, en effet, elles ont les bords taillés à pic, le fond grisâtre et pultacé, une longue durée, etc. Dans ces cas, il faut consulter les antécédents, examiner toutes les parties du corps, pour voir si on ne rencontre pas sur d’autres points des ulcérations du même genre, et si cet examen ne suffit pas pour éclairer le diagnostic — mais il suffit souvent, — avoir recours à l’inoculation, car le chancre simple, ainsi que nous l'avons vu, s’inocule à l'infini au porteur, tandis que les affections syphilitiques ne s’inoculent jamais à l’individu qui en est porteur.
Dans la pratique, on rencontre souvent des malades chez lesquels manque l’ensemble des signes caractéristiques du chancre simple que nous avons énumérés au commencement de ce chapitre, et chez lesquels l’affection est en quelque sorte marquée par des symptômes insolites. Le diagnostic est alors comjdiqué, et dans certains cas, il peut devenir très difficile.
îs’ous avons dit plus haut que le chancre simple avait une base molle. Cela est vrai d’une manière générale. Cependant on observe assez fréquemment des chancres simples dont la base offre au toucher une résistance qui est l’indice manifeste de l'existence de produits plastiques. Celte induration est loin d'êtn' spécifique ; elle est accidentelle, de nature purement inflammatoire, et déterminée par des topi-
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ques irritants ou des caustiques que les malades appliquent sur leurs chancres avant d'aller consulter un médecin. Celui-ci ne la confondra pas avec l’induration spécifique du chancre infectant ; car elle présente des caractères parfaitement distincts. Ainsi, tandis que l'induration propre au chancre infectant est nettement circonscrite, « ne se perd point, comme l’a dit Hunter, d’une manière graduelle et insensible, dans les parties environnantes, mais se termine brusquement », ressemble assez, suivant l’expression si juste de Bell, « à la moitié d’un pois qui serait placé au-dessous de l'ulcération; » tandis qu’elle présente presque toujours une surface plus étendue ou plus large que celle de l’ulcération, se montre tardivement, augmente d’intensité à mesure que le chancre vieillit et persiste très longtemps après sa cicatrisation. L’induration qui accompagne quelquefois le chancre simple est au contraire diffuse, mal circonscrite et ne dépassant guère les limites de l’ulcération, d’une courte durée et ne persistant pas après la cicatrisation de l’ulcération.
Enfin, \âqe du chancre, les modifications de forme qu’il présente parfois, le siège qu’il occupe, la coïncidence avec d'autres maladies vénériennes, peuvent devenir autant de causes d’erreur et compliquer le diagnostic.
Quel est le pronostic du chancre simple ? — Le
pronostic du chancre simple peut être divisé en pronostic général et en pronostic local.
Le pronostic général a été magistralement formulé par Ricord dans la phrase suivante : Le chancre simple est une affection purement locale qui borne ses effets à la région qu'elle attaque, qui n'a jamais de retentissement général, qui ne s'accompagne jamais d'accidents constitutionnels; en d'autres termes, c'est un chancre qui n'infecte pas l'économie, c’est un chancue sans vérole.
Le pronostic local est peu grave, nous pouvons même dire bénin, dans l’immense majorité des cas, lorsque l’ulcération suit sa marche naturelle, est soignée selon les règles, et qu’aucune complication ne survient.
Nous venons de dire que la constitution de l'indidu est toujours à l'abri des atteintes du chancre simple. 11 n’en est pas de même de l’organe sur lequel il siège. Gelui-ci est bien moins protégé ; l’ulcération peut le mutiler, le déformer, le détruire même, en tout ou en partie, selon que se produisent certaines complications qui viennent accroître son extension ou sa durée ; et le pronostic, dans ces cas-là, peut devenir plus ou moins grave.
Les principales complications qui aggravent le pronostic du chancre .sont, chez l’homme : la balanite, la balano-posthite, le phimosis, le paraphimosis, les abcès péri-aréthraux, etc.; chez la femme : Vce lème des grandes lèvres, la mélrite, les condylomes de l’anus, etc.; dans les deux sexes l’inflammation, les bubons, Va gangrène, \c phagédénisme, cic.. (V. ces mots.)
La grande tendance à s’étendre et à se multiplier par auto-inoculation ou par des inoculations de voisinage, sont deux conditions qui retardent souvent la guérison du chancre simple et font varier
son pronostic. Sa forme et son étendue ont aussi sur lui une grande influence. Ainsi, il est évident qu’un chancre superficiel exulcéreux sera moins grave qu’un chancre profond ulcéreux, à bords taillés à pic et s’étendant jusqu’au tissu cellulaire sous-cutané ou sous-muqueux ; un chancre de petites dimensions guérira plus vite qu’un autre dont la surface ulcérée sera très étendue.
Le siège qu’il occupe exerce encore sur la marche et la durée du chancre simple une influence très manifeste, et doit être pris en grande considération relativement au pronostic. D’une manière générale, celui-ci est d’autant plus grave que l’ulcère occupe une région plus exposée aux contacts extérieurs, aux tiraillements, et sur laquelle les applications topiques sont moins faciles à faire.
Ainsi, le chancre du frein est grave, parce que, s’il le détruit en partie, il laisse sur le prépuce et sur le gland deux petits tubercules qui constituent une difformité, et s’il le détruit en totalité, il laisse sur le gland une sorte d’entaille ou de rigole régulière , en forme de V. Dans quelques cas, heureusement fort rares, le chancre du frein, après avoir totalement détruit cet organe, peut en sc creusant arriver jusqu’à l’urèthre et déterminer une perforation du canal compliquée bientôt elle-même d’un chancre endo-uréthral.
Le chancre du méat urinaire est long à guérir, irrité qu’il est sans cesse par le contact de l’urine ; son pronostic est grave, parce que des rétrécissements inodulaires de son orifice peuvent survenir après sa cicatrisation.
Le chancre uréthral et endo-uréthral est aussi rebelle et long à guérir. Son pronostic est grave, parce que les érections nocturnes peuvent le dila- > cérer et produire des hémorrhagies, des abcès périuréthraux, et même des perforations du canal ; de plus, leur cicatrisation détermine, comme au méat, la production d’un rétrécissement.
Les chancres sous-préputiaux sont graves, à cause de leur grande tendance à s’enflammer, à s’élargir et à se creuser. De plus ils peuvent se compliquer de lymphite et de phimosis. Enfin, lorsqu’ils sont multiples, ils peuvent se réunir et, dans certains cas, entraîner des perforations du prépuce qui nécessitent son excision, sous peine d’une difformité • très désagréable. Comme les chancres du frein, du méat et de l’urèthre, ils sont sans cesse irrités et dilacérés par l’érection.
Les chancres des grandes lèvres peuvent déterminer un œdème et des abcès de cet organe, et le détruire en partie. Ceux du clitoris sont très longs à guérir, la turgescence de cet organe s’opposant à la cicatrisation. Ils sont de plus très douloureux. Ceux du capuchon présentent les mêmes inconvénients que ceux du prépuce.
Les chancres du vagin se cicatrisent difficilement , par suite des conditions anatomiques de cet organe. ' Ceux du coi de l’utérus sont moins graves et guérissent plus vite. Ceux du corps de l’utérus sont plus graves, guérissent lentement et se compliquent souvent de métrites.
Les chancres de \anus sont fatalement graves, irrités qu’ils sont par les produits de la défécation et par le tiraillement qu’ils subis,sent chaque fois
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que celle-ci a lieu. Inutile d'ajouter qu'ils sont de j)lus très douloureux.
Indépendamment de toutes les conditions locales que nous venons de passer en revue, il faut encore tenir compte, pour le pronostic, des conditions générales de l'individu. Ainsi, il est évident qu’il sera plus ou moins grave selon que le malade sera d’une bonne ou d’une mauvaise constitution, d’un tempérament fort, lymphatique ou scrofuleux ; selon qu’il sera alcoolique ou non, qu’il observera ou non les règles d’une bonne hygiène, etc.
Disons enfin que le chancre simple des organes génitaux est en général moins grave chez la femme que chez l’homme. Nous ne connaissons pas encore toutes les raisons de cette différence; mais nous pensons qu’il faut l’attribuer au régime, au genre de vie, à la conformation toute différente des organes génitaux de la femme, etc.
Quel doit être le traitement du chancre simple ? .Vujourd’hui que la théorie du dualisme chancreux est bien établie et acceptée par la presque universalité des syphiligraphes, le traitement du chancre simple se simplifie singulièrement. En effet, ce chancre étant une maladie purement locale, point n’est besoin pour le guérir d’un traitement général : un traitement simplement local suffit.
Ce traitement peut être abortif et curatif, selon qu’il détruira le chancre radicalement dès son apparition ou qu’il ne fera, pour ainsi dire, que l’accompagner dans sa marche naturelle, en accélérant son évolution.
Traite.mext abortif. — Le traitement abortif est celui qui consiste à détruire complètement le chancre dès son apparition, c’est-à-dire à transformer un ulcère virulent et contagieux en une plaie simple non contagieuse. Plusieurs auteurs en ont à tort attribué l’invention à Ilunter, car bien avant lui, Jean de Vigo l'avait indiqué dans son remarquable ouvrage sur la maladie vénérienne; mais c'est à linnter que revient l’honneur de l’avoir, le premier, formulé d’une façon claire et magistrale. Après Ilunter, Ricord, Velpeau, Diday, Rollet, etc., ont préconisé le traitement abortif.
Ce traitement comprend deux méthodes distinctes : {'excision et la cautérisation.
{.'excision ne peut se pratiquer que dans des cas tout à fait exceptionnels, lorsque les chancres siègent sur des parties qui peuvent être sacrifiées sans aucun inconvénient, comme l’extrémité du prépuce chez rhomme, le bord libre des nymphes ou des grandes lèvres chez la femme. Elle est absolument impraticable lorsque les chancres siègent sur le prépuce, le frein, le sillon balano-préputial, le méat urinaire, le col de l’utérus, etc., d’abord à cause de la structure et de la conformation de ces parties, ensuite à cause de la très grande douleur et de la mutilation qu’elle entraîne avec elle, des précautions très minutieuses qu’elle exige, et enfin, parce qu'il suffit qu’une seule goutte de pus chancreux tombe sur la plaie pour que celle-ci se transforme en un nouveau chancre de plus grande étendue que le premier.
La cautérisation, au contraire, est applicable, sinon à la totalité, du moins à rimmense majorité des cas. Son bul,avons nons dit, est de Iransfonner
OlCTIO.N.NAlIlE POPIL.XIIIE DE MÉDECINE USIIEI.I.F..
le chancre en plaie simple. Pour l’atteindre, il faut donc avoir recours non pas à des cautérisations légères, superficielles et fréquemment répétées, mais à une seule cautérisation énergique et profonde, de façon à détruire le chancre dans toulc son étendue et dans toute sa profondeur. La cautérisation doit tuer le chancre sur place.
Quels sont les caustiques capables de produire cette destruction? Il y en a plusieurs qui ont été préconisés par divers auteurs, entre autres le Jer rouge, le nitrate acide de mercure, la potasse caustique, le caustique de Tienne, le caustique Filhos, la pâte de Ganquoin au chlorure de zinc. Un mot sur chacun d’eux.
Le fer rouge est évidemment le plus sûr et le plus énergique de tous les caustiques, et nous nous en servirions de préférence à tout autre, si les malades effrayés ne refusaient obstinément de s’y soumettre.
Le nitrate acide de mercure a eu un moment de vogue, mais il a été abandonné dès qu’on s’est aperçu (ju’il ne produisait que des cautérisations superficielles, bornait son action à la surface de l’ulcère et ne pouvait que très rarement atteindre toute la profondeur de la couche chancreuse.
La potasse caustique cautérise très bien ; mais elle se liquéfie facilement et détermine souvent des eschares sur les parties saines.
Le caustique de Vienne a été pendant longtemps préconisé par Ricord, puis abandonné par lui, à cause de l’inconvénient qu’il a de se ramollir, de couler souvent sur des parties saines et d’y produire des eschares très graves, comme cela peut avoir lieu lorsqu’on l’applique sur des chancres siégeant sur le prépuce dont il peut amener la perforation.
Le caustique Filhos a été imaginé pour obvier aux inconvénients de la potasse caustique et du caustique de Vienne. 11 est formé d’un mélange de deux parties de potasse et d’une partie de chaux ; il se solidifie et se durcit en refroidissant et peut recevoir toutes les formes voulues, selon les usages auxquels on le destine; il n’est pas déliquescent, il n’éprouve au contact de l’air ou des tissus qu’un simple ramollissement; il est comparativement moins douloureux que les autres caustiques ; son action est prompte, énergique, et toujours bornée au point où on l’applique. Quelques minutes suffisent pour détruire le chancre. Quant à l’eschare qu’il produit, elle s’étend beaucoup plus en prafondeur qu’en largeur, et tombe du 5“ au 8® jour laissant à découvert une plaie simple qui marche très rapidement vers sa cicatrisation.
La pâte carbo- sulfurique, imaginée par Ricord et à peu près exclusivement employée par lui, depuis quelques années, est formée d'acide sulfurique uni à la poudre de charbon dans les proportions nécessaires à la constitution d’une pâte demi-solide. Ce caustique, je le reconnais, est un caustique profond qui modifie au loin les tissus avec lesquels il est en contact, mais il a le grand inconvénient d’être d’une application excessivement douloureuse.
La pâte de Ganquoin au chlorure de zinc est à peu près exclusivement employée à Lyon par Rol- Ict, Diday et Dron. Ces messieurs la laissent en
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place pendant deux heures. L'eschare produite se détache ordinairement le troisième jour et laisse à découvert une plaie simple sans virulence, qui marche vers la cicatrisation d’une manière assez rapide, puisqu’elle est complète au bout de 8 à
10 jours. La cautérisation à la pâte de Canquoin est bien moins douloureuse que la cautérisation à la pâte carbo-sulfurique de Ricord, et Rollet dit que ses malades lui ont toujours avoué qu’ils n’avaient pas beaucoup souffert.
En résumé, de tous les caustiques, le caustique Filhos et la pâte de Canquoin sont ceux auxquels nous donnons de beaucoup la préférence.
La cautérisation doit être pratiquée à la période de début, alors que le chancre est petit, peu étendu, car alors on a pour soi toutes les chances de succès, et la douleur déterminée par l’opération est très minime. Plus tard elle est inutile ou dangereuse.
Il faut s’abstenir de cautériser les chancres multiples l’un après l’autre, car on s’exj)Oserait à les renouveler sans cesse. 11 faut les détruire tous ensemble, dans la même séance, ou n’en détruire aucun.
Enfin, il faut, dans la cautérisation des chancres, tenir compte de leur siège. Lorsqu'ils occupent une partie où on ne peut les atteindre que très difficilement et très incomplètement, il faut renoncer aies cautériser. Ainsi, les chancres du méat urinaire, les chancres uréthraux, les chancres préputiaux compliqués de phimosis congénital ou accidentel, ne doivent pas être cautérisés. 11 en est de même des chancres du vagin et du rectum. Dans tous ces cas, outre la difficulté de faire une cautérisation complète, à cause de la conformation particulière des parties, on s’expose à avoir des accidents plus ou moins graves, tels que des perforations de l'urèthre et du prépuce, des perforations de la cloison l'ectovaginale, des rétractions et des rétrécissements du rectum, etc.
Tuaiïement curatif ou RATIONNEL. — Lorsquo la cautérisation ne peut pas être pratiquée, soit à cause du siège du chancre, soit, ce qui arrive le plus souvent, à cause du refus obstiné des malades par trop pusillanimes, à quel traitement doit-on soumettre l’individu atteint d’un chancre simple?
Tout d’abord, ainsi que l’indique le simple bon sens, on proscrira les alcooliques, on engagera le malade à éviter les fatigues, les marches forcées, les veilles, et à garder le repos, afin d’éviter le plus possible la production du bubon. S’il est anémique ou faible de constitution, on lui conseillera un bon régime, les amers et les ferrugineux. Ce traitement tonique aura pour effet de relever l’organisme affaibli par la suppuration de l’ulcère, et de placer ce dernier dans les meilleures conditions de cicatrisation et de guérison.
Quant aux pansements locaux, quelle que soit la substance médicamenteuse employée, ils devront être fréquents, c’est-à-dire renouvelés, selon les cas, deux à quatre fois par jour. Chaque fois qu’on les renouvellera, on aura soin de mettre à nu la partie malade et de la laver, afin d’éviter l’accumulation et le séjour du pus dans les tissus environnants, car
11 constitue une cause réelle d’excitation, d'entretien
et souvent d’inoculation. Il faudra cependant éviter de faire saigner la plaie et de la déchirer, car chaque écorchure s’inocule aussitôt et augmente l’étendue du chancre ou en forme un nouveau.
Quels sont les médicaments à opposer au chancre simple? Ils sont excessivement nombreux : chaque auteur a préconisé le sien. Nous n’avons pas la prétention de les passer ici tous en revue; nous nous contenterons de signaler les principaux.
Tant que la distinction entre le chancre simple et le chancre infectant ne fut pas établie d’une façon irréfutable, on fit usage de Yonguent napolitain contre les deux espèces d’ulcérations, indistinctement. Plusieurs médecins continuent encore de nos jours cette pratique. C’est là un traitement déplorable, aussi nuisible au chancre simple qu’il est favorable au chancre infectant. « L’onguent napolitain, dit avec raison Ricord, constitue pour le chancre simple un irritant par excellence ; c’est une cause d’inflammation et d’extension violente ; c’est même l’une des origines les plus fréquentes du phagédénisme. » 11 doit donc être absolument abandonné, ainsi que tous les corps gras en général, qui tous agissent de la même manière que l’onguent napolitain, mais avec plus ou moins d’intensité, suivant le médicament qui leur est incorporé.
Fournier emploie la charpie sèche et lui donne même le premier rang parmi les divers topiques. C’est, dit-il, le plus simple et le plus utile peut-être de tous les pansements. Je ne partage pas son avis. Certes, on rencontre des chancres qui guérissent sans autres remèdes, mais ils sont rares. De plus, la charpie sèche est souvent irritante à la période de progrès et pour les ulcérations qui s’enflamment.
Ricord a recours d’ordinaire au vin aromatique, qu’il considère comme un des meilleurs topiques pour diminuer la sécrétion du chancre. 11 fait laver l'ulcère avec le vin aromatique, en évitant de le faire saigner; puis il le fait recouvrir avec un tampon de charpie fine, assez imbibé du même topique pour rester humjde sans couler, et il fait renouveler les pansements quatre ou cinq fois par jour. Lorsque le chancre est trop douloureux, il additionne le vin aromatique de 60 centigrammes d’extrait d’opium pour 30 grammes de vin.
Rollet, de Lyon, emploie à peu près exclusivement les applications de charpie imbibée de nitrate d’argent au 30% au 20' et même au 10% Ce traitement est assez douloureux.
Melchior Robert, de Marseille, employait souvent le traitement de Ricord. 11 avait aussi recours à la solution de Tartrate ferrico-potassique.
Liégeois avait institué à l’hôpital du Midi le traitement par Yalcool concentré. Ce traitement était très douloureux et les malades s’y soumettaient très difficilement.
Chatnpollion, chirurgien militaire, a préconisé le camphre en poudre. Un de ses collègues, M. llémard, a conseillé de soumettre les chancres simples à des vi'igations d'eau fraîche d’une demi-minute, 8 à 10 fois par jour, ce qui est un moyen bien peu pratique.
Desprès, Mauriac et quelques-uns de leurs élèves pansent les chancres simples avec une solution de chlorure de zinc qui varie de 1 à 4 grammes de
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chlorure de zinc pour 100 grammes d’eau distillée, selon le cas.
l’iusieurs médecins ont employé divcrs(!s aulres solutions telles que la solution Au sulfate d'alumine pur, à la dose de 5 grammes pour 100 grammes d’eau; la solution de coaltar saponiné de Le Beuf, an 40'*; la liqueur de Labarraque, additionnée d’un poids égal d’eau ; le Phénol Bobæuf, au 100' ; la solution de salicylate de chaux à la dose de 2 grammes pour 100 grammes d'eau, etc.
.\près Besnier, Féréol et Simonet, nous avons employé et nous employons encore journellement, depuis 1871, avec le plus grand succès, ViodoJornLe, non en glycérolé ou en pommade, mais simplement en poudre très fine. Ce précieux médicament jouit de propriétés anesthétiques remarquables, et nous avons toujours vu les malades atteints de chancres excessivement douloureux, éprouver un soulagement notable dans leurs souffrances dès le premier jour du pansement à Tiodoforme, et celles-ci disparaître totalement après le second ou le troisième jour. Il jouit aussi de propriétés cicatrisantes manifestes, et dès le lendemain de son application on peut constater la modification survenue dans l’ulcération et sa tendance à la cicatrisation.
Voici comment nous pratiquons le pansement à l’iodoforme. Après avoir lavé le chancre, nous projetons sur toute la surface, à l’aide d’une petite poire en caoutchouc, la poudre d’iodoforme très finement pulvérisée, puis nous recouvrons le chancre avec des bandelettes de diachylon imbriquées les unes dans les autres, ou avec un carré de baudruche gommée ou de taffetas Marinier, ou seulement avec un petit tampon d’ouate, suivant la partie où siège l’ulcère. De cette façon, le médicament est maintenu en contact intime avec les tissus malades, l’occlusion de la plaie est obtenue et celle-ci se trouve ainsi saturée en quelque sorte par les émanations du médicament. Nous renouvelons le pansement tous les deux ou tous les jours, ou même deux fois par jour, selon les cas ou suivant le siège du chancre.
En somme, l’iodoforme nous paraît supérieur à la plupart des autres médicaments dont nous avons parlé. 11 n’a que deux inconvénients ; il est un peu cher et il a une odeur très désagréable, très pénétrante et très persistante, ce qui le rend souvent inapplicable. Cependant, on est arrivé aujourd’hui à masquer d’une maniéré très sensible l’odeur de l’iodoforme, à le désinfecter presque complètement, sans rien lui enlever de ses vertus curatives, par l’addition d’une goutte d’extrait alcoolique de fève de Tonga, qui lui donne une odeur d’amande, ou d’une goutte d’essence de musc, ou encore d’un peu d’essence d’eucalyptus, ou de menthe, ou de bergamotte. On peut aussi l’additionner d’un peu d’essence de néroli, de vanille et de lavande, comme le conseille M. Turquéti, et l’iodoforme exhale alors un véritable parfum.
Depuis 1881, chez les malades qui refusent l’iodofornie, j’emploie l’acide pyrogallique qui me donne de très beaux succès. M.M. Besnier et Terrillon, de leur côté, ont constaté les excellents effets de ce médicament; seulement, tandis que mes confrères l’emploient en pommade, je l’emploie en poudre
comme riodotorme. Son application détermine tout d’abord un léger sentiment de brûlure ou plutôt de cuisson, mais très supportable et qui disparaît du reste au bout de cinq ou six minutes. Sous l’influence de l’acide pyrogallique, le chancre se modifie et se nettoye très rapidement, et dès le quatrième jour sa virulence a disparu, ainsi que j’ai pu m’en assurer par des inoculations qui ont été négatives dans la presque totalité des cas. Grâce à ce médicament, le chancre est donc rapidement transformé en une plaie simple qui guérit en très peu de jours. Pendant la période de réparation de la plaie, je mélange l’acide pyrogallique avec de la poudre d’amidon ou de talc, par parties égales.
Maintenant que nous connaissons les principaux médicaments mis en usage dans le traitement du chancre simple, il nous reste, pour terminer, à dire quelques mots des indications thérapeutiques spéciales auxquelles il donne lieu par son siège. Mais, auparavant, disons que dans tous les cas de chancres génitaux de l’homme, l’érection étant un obstacle sérieux à la guérison, il faut administrer des antiphrodisiaques tels que le sirop de bromure de potassium de Laroze ou les capsules au bromure de camphre du Z)' Clin.
Lorsque le chancre siège à V ouverture du méat, il faut avoir soin d’intercaller entre les lèvres de l’orifice un petit cône de charpie imbibée du liquide que l’on devra employer, ou un petit cône de ouate chargé d’iodoforme en poudre ou sous forme de glycérolé.
Lorsque les chancres siègent sous le prépuce et qu’il existe un phimosis congénital, ou qu’un phimosis accidentel est en train de se former, il faut pratiquer plusieurs fois par jour dos injections détersives, désinfectantes et résolutives, en se gardant bien d’avoir recours aux cataplasmes, et se con • tenter de bains locaux plusieurs fois répétés dans les vingt-quatre heures.
Lorsqu’on a affaire à des chancres de l’anus ou de la partie inférieure du rectum, la première condition sera une extrême propreté. Il faudra, de plus, faire prendre au malade des laxatifs par en haut ou en lavements, afin de diluer les matières et d’éviter ainsi les tiraillements et les déchirements de l’ulcère. Les chancres seront traités au moyen de mèches de charpie, introduites dans le rectum, après avoir été préalablement enduites d’iodoforme incorporé à un glycérolé d’amidon, ou d’une pommade à l’acide pyrogallique.
Les chancres de la vulve réclament des soins tout particuliers, qui sont d’une application en général difficile. Ce qu’il faut éviter ici, ce sont surtout les inoculations de voisinage, et pour cela, assurer le mieux possible l’isolement des surfaces ulcérées. Dans ce but, on recouvre les chancres d’un tampon de charpie ou d’ouate imprégnés du médicament choisi ; puis on introduit dans l’origine du vagin, en les y étalant, des tampons aplatis de charpie destinés à éponger le pus virulent. On fixe le tout à l’aide d’un bandage en T, ou par un procédé analogue à celui que les femmes emploient pour se garnir à l’époque de leurs règles. Ce pansement sera renouvelé après chaque mixtion, puisque cet acte physiologique exige qu’il soit défait et que, d’un
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autre côté, on ne peut, sans danger, laisser séjourner longtemps dans le vagin les tampons de charpie imbibes de pus virulent.
Les chancres du vagin et du col de l'uténis doivent être cautérisés avec le caustique Filhos ou une solution de chlorure de zinc, puis, on pousse dans le vagin une injection d'eau tiède, et on pratique le tamponnement avec de la charpie ou de la ouate recouverte de la poudre médicamenteuse choisie. Pour faire ce tamponnement, nous nous servons d'un tampon composé de la manière suivante : dans une petite pièce de grosse gaze, nous plaçons un petit carré d’ouate dans lequel nous mettons la poudre médicamenteuse; nous enfermons la poudre dans la ouate; nous replions la gaze autour de la ouate et nous nouons les chefs du carré de gaze réunis en bourse, avec un gros fil double dont on laisse pendre les chefs d’une longueur de 15 ou 20 centimètres. Ce fil, qui pend en dehors du vagin, sert à enlever le tampon que l’on place, à l’aide du spéculum, jusque sur le col. On renouvelle ce pansement tous les jours, afin de ne pas laisser séjourner ce pus dans la cavité vaginale, et, au bout de quelques jours de ce traitement, on arrive à la guérison des ulcérations chancreuses des organes génitaux internes de la femme. D'- Paul Labarthe,
Ex-médecin des vénériens militaires et du Dispensaire de salubrité , Professeur de Syphiligraphie et de Chirurgie urinaire à l’École pratique de la Faculté.
CHANCRELLE. ■— (V. Chancre.)
CHANCROÏDE. — (V. Chancre.)
CHANDELLES (FABRiauES de). — Hygiène industrielle. — Les fabriques de chandelles ont été rangées dans la troisième classe des industries insalubres à cause de l’odeur incommode qu’elles dégagent et des dangers d’incendie auxquels elles exposent. Pour obvier à ces deux inconvénients, le conseil d’hygiène et de salubrité de la Seine impose aux fabricants de faire la fonte au bain-marie ou à la vapeur et de n’employer que du suif en pains, épuré en dehors de l’établissement, de n’avoir aucun bois apparent dans les ateliers de fusion et de rendre son sol imperméable, de le ventiler convenablement ; de placer la chaudière sous une hotte suffisamment élevée, et de placer l’ouverture du foyer en dehors de l’atelier. p, l.
CHANT. — (V. Voix.)
CHANTERELLE. — (V. Champignons.)
CHANTEURS. — Hygiène professionnelle. — (V.
Voix.)
CHANVRE INDIEN. — Le chanvre indien, appelé cannabis indica, Hachi'ch est une plante de la famille des cannabinées, originaire de l’Inde et de la Perse. Il paraît être identique à notre chanvre indigène que nous utilisons comme matière textile, sauf qu’il est plus petit, à feuillage plus sombre, à ramifications moins étalées et à semences plus petites.
Les propriétés physiologiques et thérapeutiques du chanvre indien sont dues à deux principes : une huile essentielle, fluide, plus légère que l’eau, do couleur ambrée et dégageant une odeur de chanvre caractéristique, et surtout une résine appelée cannabine ou hachischine, de couleur vert brunâtre, dégageant une odeur nauséeuse et pénétrante, et douée d’un goût âcre, poivré, nauséabond qui s’oppose à ce qu’on l’emploie seule. Ces deux produits • se retirent des feuilles et des sommités fleuries.
Les orientaux utilisent les sommités du chanvre indien sous forme de tabac qu’ils fument dans des pipes ordinaires ; trois ou quatre pipes suffisent pour leur donner un sommeil agrémenté de rêves et d’allucinations voluptueuses, Ils les font aussi torréfier et les prennent mélangées avec du miel; ou bien ils les font bouillir dans l’eau avec du beurre frais et, ainsi préparé, il constitue un aliment recherché ; enfin, ils font aussi une teinture alcoolique qui, prise à petite dose, les plonge dans une ivresse voluptueuse.
Effets. — Toutes les préparations de cannabis indica ou hachisch exercent une action remarquable sur le système nerveux. « Sous son influence, ditlo professeur A. Iléraud, dans son nouveau Dictionnaire des plantes médicinales, toutes les manifestations des nerfs acquièrent une plus grande activité; cette excitation se communique également aux fonctions digestives et génésiques. A dose plus élevée, elles déterminent de l’analgésie, de l’anesthésie, un état cataleptique; la pupille se dilate. L’ivresse qu’elles occasionnent est gaie, quoique accompagnée d’hallucinations bizarres, surtout du côté de la vue et de l’ou'ie. Cependant, il arrive parfois que les mangeurs de hachisch deviennent furieux et portés à commettre toutes les violences. Les breuvages à l’aide desquels le Vieux de la Montagne, au temps des croisades, obtenait le dévouement fanatique de ses sectateurs op hachischins (dont on a fait le nom français assassm), avaient, dit-on, le hachisch pour base. Ces symptômes d’excitation font place, suivant la dose, soit au sommeil, soit à la stupeur. Son usage permanent détermine une intoxication qui plonge ceux qui s’y livrent dans un état de torpeur, d’imbécillité et d’idiotisme. En résumé, le hachisch serait enivrant, exhilarant, soporifique, stupéfiant, anesthésique, mydriatique et modérateur de la contraction musculaire. Quelques-unes de ces propriétés sont utilisées en médecine. »
Usages. — Le cannabis indica a reçu plusieurs applications en thérapeutique. Moreau, de Tours, qui, un des premiers en Franco, a expérimenté ce médicament dès 1845, l’a administré avec succès contre la monomanie. On l’a ensuite employé contre le délirium tremens, la manie aiguë et chronique, les névralgies, l’hystérie, la chorée. Debout et Van der Corput, de Bruxelles, Font donné, associé au lupulin, dans les cas d’aménorrhée accompagnée de migraine, aux époques menstruelles. Le D'' Michel, de Cavaillon, a publié, en 1880, dans le Montpellier médical, un mémoire dans lequel, après avoir constaté les bons effets relatifs du cannabis indica dans la chorée, le tétanos, le délirium tremens et les névralgies, il insiste plus particulière-
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incnl sur l’action de ce médicament dans les metrorrliagies et dans le travail de l’accouchement, (jn'il compare à celle du seigle ergoté.
C'est principalement comme anti-asthmatique que le cannabis indica a été préconisé dans ces dernières années. Parmi les préparations anti-asthmatique à base de cannabis indica, nous citerons, en les recommandant d'une manière spéciale, les cigarettes indiennes de Grimault, qui sont composées avec les cigarettes de belladone du Codex, préalablement imprégnées d’une solution titrée de cannabine et de nitrate de potasse. Ces cigarettes amènent un grand soulagement chez les asthmatiques pendant l’accès, et peuvent le prévenir.
l)'' Paul I.adarthe.
CHAPELIERS. — Hygiène professionnelle. — Les
ouvriers chapeliers sont disposés à une série d’accidents professionnels qui varient suivant qu’ils sont employés à la fabrication des chapeaux de feutre ou à celle des chapeaux de soie.
OUVIUERS EMPLOYÉS A LA FABRICATION DES CHAPEAUX DE FEUTRE. — Saiis eutrcr dans tous les détails de la fabrication des chapeaux de feutre, qui ne seraient pas à leur place dans ce dictionnaire, nous devons cependant rappeler sommairement les principales opérations de cette fabrication.
Tout d’abord, on commence par le nettoyage des peaux qui consiste à les racler et à les battre jusqu’à ce qu’on les ait débarrassées de toutes les poussières qu’elles contiennent. Puis vient le secrétage, qui consiste à frotter les peaux avec une brosse imbibée d’un liquide destiné à faciliter la chute du poil. Le plus souvent le liquide employé est une solution mercurielle de nitrate acide liquide de mercure, que quelques fabricants additionnent de 3 à 4 parties d’acide arsénieux. Après le secrétage on procède à Véjarrage, qui n’est autre chose que l’arrachage de tous les poils adhérents à la peau, soit avec la main, soit avec une machine. Lorsque les poils sont arrachés on procède à Varçonnage, opération par laquelle, au moyen d’une sorte d’archet mis on vibration, on agite les poils, additionnés de laine dans les proportions voulues, dans tous les sens, de manière à en former une masse nuageuse et vaporeuse qu’on appelle étoffe. Lorsque les poils sont suffisamment arçonnés, on commence leur agglutination, on en forme par le /eu/ra^e une sorte d’étoffe que Ton dispose en cônes creux ou bonnets. Ces cônes sont ensuite soumis à la foule, qui leur donne la forme de chapeau. Pour cela, on trempe le bonnet dans une chaudière remplie d’eau très chaude (80°) additionnée d’acide sulfurique et de lie de vin, et on le presse, on le foule dans tous les sens, pendant trois ou quatre heures, sur un banc avec un rouleau de bois ou avec -les mains, à la façon des blanchisseuses qui pressent le linge au lavoir. Puis le bonnet est arrosé d’eau froide et mis à la forme.
Plusieurs de ces diverses opérations exercent une action nuisible sur les ouvriers. Le nettoyage, par le grand dégagement de poussières auquel il donne lieu ; le secrétage, par l’action des vapeurs acides, mercurielles et arsénicales ; Varçonnage, par l’action des poussières mêlées de laine et de poils et
aussi de particules de sel mercuriel, déterminent chez eux des ophthalmies rebelles et douloureuses, avec larmoiement, de l’inflammation de la bouche et des gencives; l’altération et la chute des dents; l’irritation des bronches, du catarrhe bronchique, s’accompagnant à la longue d’accès d’asthme, de crachements de sang et de phthisie chez ceux dont la poitrine est délicate. Enfin, la foule occasionne des ampoules, des gerçures, des crevasses aux doigts et aux mains, et les buées acides qui se dégagent de la chaudière exercent aussi une action très irritante sur les bronches et les poumons.
Les mesures prophylactiques consistent à pratiquer le nettoyage, le sécrétage et Varçonnage au grand air, ou dans des pièces largement ventilées; à employer pour Véjarrage des machines spéciales, comme celle de M. Gaumont, approuvée par l’Académie des Sciences, ou si cette opération est pratiquée par des ouvriers, imposer à ceux-ci un masque respirateur, destiné à débarrasser des poussières nocives l’air qu’ils respirent. Il serait même préférable de se servir d’un masque à double grillage métallique garni de morceaux de gaze trempée dans une solution alcaline. Enfin, pour neutraliser autant que possible les vapeurs nitreuses et mercurielles, les patrons devront avoir recours au dégagement de vapeurs ammoniacales dans les ateliers.
Quant aux ouvriers employés à la foule, nous leur conseillons de ne pas se servir de gants de caoutchouc comme ils le font d’habitude, mais plutôt de se frotter les mains avec de la graisse ou tout autre corps gras, qui protégera bien mieux leur peau contre l’action de Teau acide.
Ouvriers emfloyés a la fabrication des chapeaux DE soie. — La fabrication des chapeaux de soie est beaucoup plus simple que celle des chapeaux de feutre. Ils sont formés : 1“ d’une galette ou carcasse, en grosse toile gommée ou enduite d’un vernis imperméable, composé de caoutchouc, de gomme copal et de térébenthine ou de gomme laque et d’alcool; 2“ d’une calotte en peluche de soie qu’on applique sur la galette.
I.a préparation du vernis qui est très inflammable, expose les ouvriers à des brûlures; de plus, Todeur âcre qu’il dégage les saisit à la gorge et les incommode souvent. Enfin, les vapeurs de l’alcool méthylique employé pour dissoudre les vernis, les exposent à une série d’accidents fort bien décrits par Dron, chirurgien de l’Antiquaille, dans un excellent mémoire publié dans le Lyon Médical, en 1874, et qui consistent dans l’inflammation de la conjonctive, accompagnée de larmoiement et de photophobie, dams un coryza intense, dans une irritation des bronches avec toux opiniâtre et fatigante; enfin, dans de violents maux de tète, compliqués d’étourdissements. Avec notre éminent confrère de Lyon, nous ne voyons de remède préventif contre ces divers accidents que l’abandon de l’alcool méthylique dans la préparation des vernis.
D' Paul Labarthe.
CHAPOTEAUT (pepsine de). — La pepsine (V. ce mot) est un suc particulier, sécrété par l’estomac de l’homme et des animaux, qui porte le nom de suc gastrique, et qui possède la propriété de désa-
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gréger, dissoudre et digérer les aliments azotés tels que viande, poisson, œufs, autrement dit de les transformer en peptones assimilables.
Toutes les fois que la digestion s'opère mal, c’est qu’il y a dans l’estomac insuffisance de suc gastrique ou pepsine, on a alors recours à la pepsine extraite des estomacs des animaux que nous sommes obligés de sacrifier pour notre nourriture quotidienne.
M. Chapoteaut, pharmacien distingué de Paris, ancien préparateur des célèbres chimistes Pelouze et P. Thénard, extrait sa pepsine de l’estomac des moutons, d’abord parce qu’elle est très active, ensuite parce qu’elle ne peut introduire dans le corps aucun germe malfaisant, tandis qu’avec la pepsine retirée de l’estomac du porc, animal essentiellement carnivore, se nourrissant de toutes sortes de détritus, on peut se trouver en présence de microbes, d’œufs de tœnia, de vers, qui ne peuvent avoir été détruits par la chaleur, puisque la pepsine est préparée à une température ne dépassant pas 40 degrés.
Grâce à de puissants appareils mus par la vapeur, M. Chapoteaut traite par jour plus de 7,000 estomacs de mouton, deux heures après que l’animal a été sacrifié et que le suc gastrique est encore dans toute son activité. La pepsine qu’il obtient ainsi possède une grande puissance digestive; à la dose de 1 gramme, elle digère 80 grammes de viande de bœuf hachée menu, dépouillée de la graisse et des tendons ; chacun peut en faire l’expérience chez soi, car il suffit de mettre cçtte pepsine en contact avec de la viande et de l’eau acidulée avec l’acide lactique à une température de 40“, pour voir la viande se digérer exactement comme cela arrive dans l’estomac. Mên)e dans de l’eau froide et sans acide, cette pepsine attaque la viande et la digère en partie.
Par son procédé, M. Chapoteaut obtient la pepsine en poudre pure, sans aucun mélange d’amidon ou d’aucune autre substance, dont l’intervention est absolument inutile pour la conservation de la pepsine comme on le croyait jadis, et il l’introduit ensuite dans des capsules minces, très solubles, ayant la forme et ta grosseur d’un pois et auxquelles il a donné le nom de Perles de pepsine de Chapoteaut. Sous cette forme la pepsine se conserve indéfiniment. Chaque perle contient 20 centigrammes de pepsine pure, j)ar conséquent 5 de ces perles représentent 1 gramme de pepsine pure. .h volume égal, le pouvoir digestif de la pepsine de Chapoteaut est 5 à 6 fois plus élevé que celui de la pepsine amylacée du Codex.
Les Perles de pepsine de Chapoteaut, tout particulièrement recommandées aux personnes dépourvues d’appétit, dégoûtées des aliments, qui digèrent mal, dont l’estomac et le ventre se gonflent et se ballonnent, et deviennent douloureux à la moindre pression; qui, en sortant de table, sont disposées à la somnolence, à des congestions de la tête, à des migraines violentes, accompagnées souvent de renvois acides et môme des vomissements.
Deux perles de pepsine de Chapoteaut, prises après le repas, suffisent pour accélérer la digestion, la rendre normale et faire disparaître tous les
symptômes fâcheux que nous venons d’énumérer (V. Digestion, Dyspepsie, Gastralgie, Gastrite, Pepsine). D'' C. Sarran.
CHAPOTEAUT (peptones de). — La peptone (V. ce mot) n’est autre chose que de la viande digérée artificiellement au moyen de la pepsine et rendue assimilable par l’estomac et les intestins, par conséquent servant directement à la nutrition, sans le concours actif de ces organes.
La peptone préparée par M. Chapoteaut est de la peptone de viande de bœuf, obtenue au moyen de la pepsine gastrique extraite de l’estomac des moutons. Elle est liquide et neutre; elle ne renferme aucun sel étranger, tel que chlorure de sodium ou sel marin, tartrate de soude, sels qui provoquent souvent des accidents d’intolérance ou des effets purgatifs. La richesse de cette peptone a été successivement affirmée par plusieurs analyses, entre autres celle d’un professeur de l’École de pharmacie de Paris, qui constate qu’elle contient plus du double de son poids de viande, et celle du laboratoire municipal de Paris qui lui reconnaît 33 p. 100 de peptone, tandis que les peptones du commerce en contiennent seulement 8, 13, 15 ou 20 p. 100.
M. Chapoteaut, pour faciliter l’emploi de sa peptone pepsique, a établi les trois préparations suivantes, qui répondent à toutes les indications d’une façon très satisfaisante :
1“ Le vin de peptone de Chapoteaut, qui contient, par verre à Bordeaux, la peptone pepsique de 10 grammes de viande, mise en dissolution dans un vin tonique, généreux et agréable, qui contribue lui-même à exciter l’appétit et à favoriser la nutrition. Il se prend à la fin du repas, à la dose quotidienne de 2 à 4 verres à Bordeaux pour les gramles personnes, et de 2 à 4 cuillerées à potage pour les enfants.
2® La conserve de peptone de Chapoteaut , qui contient par cuillerée à café de 8 grammes, 20 grammes de viande de bœuf. Cette conserve liquide a la saveur de la viande rôtie, avec une petite pointe d’amertume qui tient à son extrême concentration et que l’on corrige facilement en la prenant avec un peu de sucre, du bouillon ou de la confiture. Elle s’administre à la dose quotidienne de 2 à 4 cuillerées à soupe pour les adultes et de 2 à 4 cuillerées à café pour les enfants. La conserve peut aussi s’administrer au moyen de lavements dans lesquels on en délaye 2 à 4 cuillerées à bouche.
3° La poudre de peptone de Chapoteaut, qui contient, par cuillerée à café, près de 4 grammes de peptone représentant 21 à 22 grammes de viande de bœuf entièrement digérée et assimilable. Elle offre l’avantage de pouvoir être prise avec la première cuillerée de bouillon dans lequel elle est soluble, ainsi que dans l’eau et le vin. Cette poudre s’emploie aussi en lavement. Chaque flacon contient 30 grammes de peptone qui représentent 160 grammes de viande de bœuf, pouvant suffire seule à la nourriture d’un adulte.
Ces diverses préparations rendent les plus grands services dans l’anémie et la chlorose, la dyspepsie, l’atonie de l’estomac et des intestins, les diarrhées chroniques, les convalescences, les cachexies, dans
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ralimentjition des nourrices, des enfants, des vieil- I lards, des diabétiques et des phthisiques, etc.