‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privéeChapitre 108 sur 238 · C. Sarran · texte numérisé non relu

C. Sarran

CHARBON. — 11 y a deux sortes de charbon ; le charbon végélal et le charbon animal.

Charbon végétal. — Le charbon végétal, vulgairement désigné sous le nom de magnésie noire,

\ s’obtient par la combustion en vase clos d’un bois léger, tel que le bouleau, le saule ou le peuplier. On le réduit en poudre très fine lorsqu’on veut le faire servir à l’usage externe. On le laisse, au contraire, à l’état de poudre grossière pour le faire prendre à l’intérieur; de cette manière, sa porosité étant plus grande, ses propriétés absorbantes en sont doublement accrues.

Ce produit de combustion s’empare énergiquement des acides et des gaz qui se développent dans le tube gastro-intestinal à la suite de digestions difficiles. Les acides sulfhydrique et carbonique, les gaz ammoniac, hydrogène sulfuré et d’autres gaz méphitiques semblables pénètrent dans les poroi sités de cette substance et sont rejetés avec elle au dehors. Mais pour avoir une action réellement efficace, le charbon de bois doit être pris entre les repas, à la dose quotidienne d’une à deux cuillerées à bouj che, dans du pain azyme ou un cachet médicamenteux Limouzin, ou en électuaire, et non dans un liquide, afin que ses pores ne soient pas remplis par le li- , quide en question, ce qui empêcherait le charbon I de s’imprégner de produits morbides. Ce point est important, car ce n'est qu’à ces conditions qu’il devient un absorbant et un désinfectant d’une grande 1 utilité.

' 11 est spécialement recommandé contre les gas-

tralgies, les dyspepsies, le pyrosis, les aigreurs, les digestions difficiles, les crampes d’estomac, la constipation, la dysenterie, les diarrhées fétides. 11 absorbe les gaz et les acides en excès, diminue la puanteur des matières fécales, fait disparaître la fétidité des éructations et modifie par cela même les accidents généraux que produirait la présence de CCS matières dans l'économie. 11 augmente par suite l'appétit, calme les douleurs gastralgiques, supprime la flatulence et facilite la digestion.

l’extérieur, le charbon de bois reçoit encore de nombreuses indications en lavements, en applications topiques et comme dentifrice. Les lavements sont utiles dans la dysenterie, la diarrhée, toutes les fois enfin que les déjections des matières fécales offrent une certaine putridité. Les applications topiques se font avec la poudre, soit seule, soit associée au quinquina pour combattre la gangrène, les eschares du sacrum, la pourriture d’hôpital. Elles neutralisent les odeurs fétides, excitent les tissus vivants à la formation de bourgeons charnus et hâtent la cicatrisation. Le cérat et la pommade carbonés servent à panser les ulcères cancéreux, rongeants ou phagédéniques, les plaies atteintes de gangrène, les surfaces suppurantes. Une mèche enduite de l’un de ces deux corps gras et introduite dans l’anus enlève toute odeur fétide à l’écoulement produit par le cancer du rectum. Enfin la poudre dentifrice au cliarbon, employée avec une brosse, ! raffermit les gencives, blanchit les dents, fait dis-

paraître la mauvaise haleine et maintient la propreté de la bouche.

Charbon animal. — Le charbon animal ou noir animal étant un produit de la combustion des os en vase clos possède non seulement des propriétés absorbantes qui le rendent désinfectant, mais encore des propriétés décolorantes beaucoup plus énergiques que celles du charbon végétal. Le pharmacien utilise ces dernières pour décolorer les sirops et les liqueurs. D’’ Marc. Cambouuves.

CHARBON (ASPHYXIE par lej. — Les produits de la combustion du charbon sont formés surtout par de l’acide carbonique et une bien moindre proportion d’oxyde de carbone. L’oxygène contenu dans ces gaz est emprunté à l’air, qui se trouve ainsi altéré par suite de la diminution de cet agent. On a également noté une très faible quantité d’hydrogène carboné; mais ce gaz provient probablement de l’action de la chaleur sur quelques fragments de charbon mal carbonisés ou fumerons (Coulier). L’air rendu asphyxiant par le charbon présente du reste de grandes variétés de composition, selon le mode de combustion qui est employé; mais il est reconnu aujourd’hui que le gaz acide carbonique ne joue qu’un rôle secondaire dans l’asphyxie, et que c’est à l’oxyde de carbone qu’est due la mort.

Les individus éprouvent d’abord de la pesanteur de tête, de la céphalalgie, une sorte de compression des tempes, des vertiges, un tintement ou un bourdonnement d’oreilles, de la propension au sommeil. A ce moment, ils perdent leurs forces musculaires. L’intelligence reste nette. Bientôt la vue se trouble, les mouvements du cœur sont désordonnés, la respiration s’embarrasse, l’anxiété augmente, le pouls s’accélère et s’affaiblit. Quelquefois il y a des vomissements, puis le coma, et la mort précédée parfois de convulsions violentes.

Un malheureux, appelé Déal, a eu l’idée de laisser une description des remarques qu’il a faites sur lui-même. Voici comment il décrit de dix minutes en dix minutes les symptômes de son agonie :

« J’ai pensé qu’il serait utile, dans l’intérêt de la science, de savoir quels sont les effets du charbon sur l’homme. Je place sur une table une lampe, une chandelle et une montre, et je commence la cérémonie. 11 est 10 h. 15 m. Je viens d'allumer mes fourneaux; le charbon brûle difficilement. — 10 h. 20 m. Le pouls est calme et ne bat pas plus vite qu’à l’ordinaire. — 10 h. 30 m. Une vapeur épaisse se répand peu à peu dans ma chambre ; ma chandelle paraît près de s’éteindre; je commence à avoir un violent mal de tête ; mes yeux se remplissent de larmes; je ressens un malaise général; le pouls est agité. — 10 h. 40 m. Ma chandelle s’est éteinte, ma lampe brûle encore; les tempes me battent comme si les veines voulaient se rompre; j’ai envie de dormir; je souffre horriblement de l'estomac; le pouls donne 80 pulsations. — 10 h. 50 m. .rétoliffe : des idées étranges se présentent à mon esprit et je puis à peine respirer; je n’irai pas loin ; j’ai des symptômes de folie. — 10 h. 60 m. Je ne puis plus écrire; ma vue se trouble, ma lampe s'éteint; je ne croyais pas qu’on dût souffrir autant pour mourir. — 10 h, 62 m » (Ici sont quelques caractères illisibles.)

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Les lésions qu’on observe sur le cadavre d’un individu asphyxié par le charbon sont du reste variables et dépendent de la marche plus ou moins rapide de l’asphyxie et du temps plus ou moins long écoulé entre la mort et l’autopsie. Tantôt la face est injectée, les yeux vifs et brillants et les membres flexibles ; tantôt on observe une pâleur générale et une roideur tétanique qui survient immédiatement après la mort et peut disparaître après quelques heures. Mais le caractère le plus saillant que présentent les cadavres est la présence de larges 'plaques roses plus ou moins foncées sur les cuisses , le ventre et la poitrine. Ces taches roses ne se rencontrent dans aucune autre espèce d'asphyxie et persistent même après un commencement de putréfaction. 11 est rare de rencontrer, dans le poumon, les noyaux apoplectiques et ecchymoses sous-pleurales, que nous avons décrits dans la mort par strangulation et suffocation. Le cerveau est sain ou congestionné, selon que la mort a été plus ou moins rapide.

Un autre caractère important est la fluidité et la rutilance du sang. Ce fait a été expliqué par Claude bernard, qui a démontré que les corpuscules sanguins ont pour rox3'de de carbone une affinité bien supérieure à celle qu'ils ont pour l’oxygène. Sous l’influence du premier de ces gaz, ils prennent la teinte du sang artériel , et cette teinte , au lieu de disparaître pendant la circulation , sous rinfluencc de la désoxygénation, est stable et persiste. Cette action de l’hémoglobine explique également la présence des taches rosées sur la peau.

La lenteur de la putréfaction est tout à fait caractéristique sur les cadavres des asphyxiés par le charbon ; elle a été signalée par tous les observateurs. 11 importe également de rappeler que Vasph'yxie arrête complètement la digestion.

Secours à donner aux asphyxiés par le charbon.

— Pénétrer dans la pièce où se trouve l’individu asphyxié et ouvrir immédiatement toutes grandes les portes et les fenêtres pour faire pénétrer l’air respirable; — projeter sur les charbons de grandes quantités d’eau mêlée de chaux éteinte ou de chlorure de chaux; — enlever immédiatement la victime et la porter dans un endroit frais et aéré, à l’air libre plutôt que dans une chambre; — la déshabiller sans craindre le froid, la placer assise sur une chaise ou un fauteuil, la tête relevée ; — chercher à rétablir la respiration en comprimant légèrement et alternativement la poitrine et le ventre, afin d’imiter le jeu de la respiration naturelle ; — après trois ou quatre tentatives de ce genre, projeter brusquement au visage de l’asphyxié un verre d’eau fraîche et même très froide; — renouveler ces deux manœuvres plusieurs fois et à de courts intervalles ; — dès que la respiration se rétablit et que le malade éprouve des frissons et du tremblement, le transporter dans un lit bien chaud, la tète un peu élevée, et placer une boule d’eau chaude à ses |)ieds — s’il a des nausées et des envies de vomir, aider les vomissements en lui titillant la luette avec les barbes d’une plume d’oie préalablement huilée;

— lui faire boire de l’eau vinaigrée ou de la limonade citrique; — s'il est trop faible, lui faire prendre un i)eu de grog ou de vin généreux ; — tels

sont les moyens à employer lorsqu’on se trouve en présence d’un individu asphyxié par le charbon : ils doivent être continués pendant plusieurs heures dans les cas graves, avant de renoncer à bout espoir de succès.

Médecine légale. — L’asphyxie par le charbon peut donner lieu à un grand nombre de questions médico-légales dont voici les plus importantes ;

1“ L’asphyxie peut-elle avoir lieu lorsque la PIÈCE EST liMPARFAITEMEKT CLOSE? — De nombrCUX exemples permettent de répondre affirmativement à cette question. L’asphyxie peqt avoir lieu lors même que la cheminée n’est pas bouchée, que la fenêtre et la porte sont mal fermées. Bien plus, deux personnes peuvent être placées à des hauteurs inégales dans une chambre et n’être pas toutes deux atteintes, ou succomber à des intervalles très différents. Ces faits s’expliquent par la disposition des ouvertures, le tirage des cheminées, et surtout la densitéde l’oxyde de carbone, qui est de 0,967. Il faut donc avoir présentes à l’esprit les règles suivantes formulées par M. Coulier :

1' L’air vicié qui s’échappe du fourneau est plus léger que l’air et va occuper la partie supérieure de la pièce;

2° Lorsqu’il est suffisamment refroidi, il est plus lourd et va se rassembler sur le parquet ;

3“ Lorsque la diffusion a eu le temps de s’opérer, le mélange devient uniforme;

4“ Cette diffusion s’opère assez lentement pour que, dans une pièce de capacité moyenne, telle couche puisse être asphyxiante sans que les autres aient cette propriété.

La disposition et le tirage des cheminées peuvent êire la cause d’asphyxies accidentelles. D’Arcet rapporte le cas de deux dames qui furent asphyxiées dans une maison de la rue de Bondy parce que le tuyau du poêle de la salle à manger donnait dans une cheminée de l’étage inférieur, oii l’on avait entretenu du feu pendant toute la nuit. On possède également de nombreux exemples d’asphyxie par carbonisation de poutres placées sous les foyers ou de pièces de bois adossées à des poêles ou à des calorifères. L’introduction des poêles mobiles, si dangereux pour la sécurité publique, a donné lieu à un grand nombre d’asphyxies accidentelles.

2° Quelle est la quantité de charron nécessaire POUR PRODUIRE l’asphyxie. — Il faut, pour que l’atmosphère d’une pièce devienne asphyxiante, qu’un centième de fair soit converti en oxyde de carbone. Il faudra donc, pour résoudre cette question, se rendre compte des dimensions de la pièce, puis de la quantité de charbon qu’on a dû brûler pour produire la quantité de carbone néce.ssaire. D’après Leblanc, un kilogramme de charbon ou braise en combustion libre peut rendre asphyxiants 23 mètres cubes d’air. D’après Devergie, cet effet peut être produit par 600 grammes environ de charbon. Mais on ne peut résoudre qu’ approximativement cette question. On sait du reste que la nature du charbon permet une production plus ou moins grande d’oxyde de carbone, suivant la marche de la combustion. D’après Ebelmen, cité par M. Coulicr, la braise des boulangers fournit plus d’oxyde de carbone que le charbon ordinaire.

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3" COMIUEX DE TEMPS FAET-IE POEP. PP.ODUIP.E l’AS-

piiYxiE? — C'est en exîiniinant les eirconstances relatives à cha(|iie cas que l’expert püiii’ra fournir une réponse aflirmative à celte question. Il faut tenir compte des dimensions de la pièce, de la quantité de charbon, de l’activité de la combustion ct<lc la ventilation. Dans l’observation de Déal (cité plus haut), la mort semble avoir été produite en moins d’une heure.

4" U.NE PKOMPTE SYNCOPE EST-ELLE I AVOUABLE A l’iN- DIVIDU EXPOSÉ A l’ACTIO.X DES VAPEUUS DE ClIAUBON?

— La syncope peut retarder les accidents, mais il est difficile d’admettre qu’elle les éloigne complètement. La respiration continue de s’effectuer; elle est faible, mais cependant suffisante pour que l’inspiration du gaz amène la mort au bout d’un temps plus ou moins long.

0“ QcELLE est l’influence DE l’aGE et du SEXE SUR LA MARCHE DE l’asphyxie? — Castelnau a prétendu, probablement avec raison, que les enfants périssent plus vite. Quelques faits semblent également démontrer que les hommes succombent plus facilement que les femmes.

En résumé, l’expert appelé à la constatation d’un cas d’asphyxie par la charbon ne se contentera pas de constater la cause de la mort, mais recherchera si, sous les apparences d’un suicide, il n’y a pas un crime. 11 recherchera d’abord les lésions et les symptômes que nous avons décrits plus haut, et ne conclura qu’après avoir étudié les lieux et les circonstances qui se rattachent à l’accident.

D'' A. Lutaud.

CHARBONNIÈRES (eaux minérales de). — Charbonnières est un petit village des environs de Lyon, dont les eaux, très faiblement bicarbonatées ferrugineuses, sont utilisées par les habitants du pays et les Lyonnais contre la dyspepsie, la chlorose et l’anémie. P. L.

CHARBONNIERS. — Hygiène professionnelle. —

Dans la profession de charbonnier nous comprenons les ouvriers qui font le charbon dans les meules et dans les fours et les marchands qui le vendent en boutique ou le portent à domicile.

Les ouvriers qui font le charbon dans des meules opèrent toujours en forêt et à l’air libre, aussi ne sont-ils jamais incommodés sérieusement par les vapeurs qui se dégagent du bois pendant sa carbonisation. Les seules affections auxquelles ils soient sujets sont les catarrhes et les affections rhumatismales, parce qu’ils sont exposés aux intempéries des saisons et qu’ils couchent souvent par terre.

Quant à ceux qui vendent le charbon et le portent à domicile ; ils sont continuellement exposés à l’action des poussières de charbon. Celles-ci irritent les paupières et peuvent déterminer des éruptions à la peau chez ceux qui se lavent rarement la figure et qui ne prennent jamais de bains. Elles amènent aussi de l'irritation des bronches qui se manifeste par de la bronchorrhée, mais qui n’entraine jamais la phthisie.

A ceux qui font le charbon, il suffit donc de recommander de se vêtir suffisamment et de ne pas Dictionnaire populaire de Médecine usuelle.

dormir sur la terre nue et en plein air, mais sur des paillasses ou des matelas, et abrités sous des petites cabanes en bois, recouvertes d’une toile imperméable; à ceux qui débitent le charbon, de se laver souvent la figure, de prendre des bains de corps fréquents et de faire usage de masques respirateurs lorsqu’ils trient et mesurent la marchandise. D' Paul Ladauthe.

CHARCUTIERS. — Hygiène professionnelle. —

Les charcutiers, au point de vue professionnel, sont exposés aux mêmes accidents que les bouchers. (V. ce mot.)

Police sanitaire. — Nous croyons devoir reproduire ici les principales prescriptions imposées aux charcutiers de Paris par l’ordonnance de police et l’instruction de 1835 encore en vigueur :

1° Aucun établissement de churcutier ne sera autorisé dans la ville de Pans qu’après qu'il aura été constaté... que les diverses localités où l’on se propose de le former réunissent toutes les conditions de sûreté publique et de salubrité prescrite ;

2“ Les cuisines et laboratoires auront au moins 3 mètres d’élévation, ils seront plafonés. Le sol et les parois seront convenablement revêtus de matériaux imperméables pour faciliter les lavages et prévenir toute adhérence ou infiltration de matières animales. Les pentes' du sol seront réglées de manière que les eaux de lavage puissent s’écouler rapidement jusqu’à l'égout le plus voisin. Un courant d’air sera établi dans les cuisines et les laboratoires ; les uns et les autres devront être suffisamment éclairés par la lumière du jour;

3° Les fourneaux et chaudières devront être toujours disposés de telle sorte qu’aucune émanation ne puisse se répandre dans l’établissement ou au dehors. Les chaudières destinées à la cuisson des grosses pièces de charcuterie et à la fonte des graisses devront être engagées dans des fourneaux en maçonnerie ;

4° A défaut de puits ou d’une concession d’eau pour le service de l’établissement, il y sera suppléé i)ar un réservoir d’un demi-mètre cube, qui devra être rempli tous les jours;

5° Les caves destinées aux salaisons devront être d’une dimension proportionnée aux besoins de l’établissement; elles devront être saines et bien aérées, ne point renfermer de pierres d’extraction pour la vidange des fosses d’aisance, ni être traversées par des tuyaux aboutissant à ces mêmes fosses. Les caves devront avoir au moins 2 mètres 67 d’élévation sous clef; il y sera pratiqué, s’il n’en existe pas, des ouvertures de capacité suffisante pour y entretenir une ventilation continuelle. Le sol des caves sera con.vena’blement revêtu pour faciliter les lavages et prévenir toute adhérence ou infiltration de matières animales. Les pentes du sol des caves seront disposées de manière à faciliter l’écoulement des eaux de lavage dans les cuvettes destinées à les recevoir. Si à défaut des paves, le local destiné aux salaisons est situé au rez-de-chaussée, le local sera disposé de manière que les eaux de lavage puissent être dirigées sur l’égout le plus voisin;

6° 11 est défendu de faire usage dans les établissements de charcutiers, de saloirs, pressoirs et autres ustensiles qui seraient revêtus de feuilles de plomb ou de tout autre métal. Les saloirs ou pressoirs seront établis en pierre, en bois ou en grès ;

7° L’usage des ustensiles de cuivre, même étamé, est expressément détendu. Ces vases et ustensiles seront remplacés par des vases en fonte ou en fer battu ;

8“ 11 est défendu aux charcutiers de se servir de vases en poterie vernissée. Ces vases seront remplacés par des vases en grès, ou par toute autre poterie dont la couverte ne contient pas do substances métalliques;

9“ 11 est défendu aux charcutiers d’employer, dans leurs salaisons et préparations de viande, des sels de morue, de warech ou des salpêtiiers;

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10” Les charcutiers ne pourront laisser séjourner les eaux de lavage dans les cuvettes destinées a les recevoir. Ces cuvettes devront être lavées et vidées tous les jours;

11“ Il est défendu aux charcutiers de verser avec les eaux de lavage, qu’ils devront diriger sur l'égout le plus voisin, les débris de viande ou de toute autre nature. Ces débris seront réunis et jetés chaque jour dans les tombereaux de nettoiement au moment de leur passage.

Hygiène publique. — Nous ne nous occuperons pas ici de la question des viandes de porc vendues par les charcutiers, renvoyant aux mots : Porc, Viande, Ladrerie, Trichine. p. p.

CHARDON BÉNIT — Le chardon bénit ou cnique, est une plante de la famille des synanthérées très commune dans le midi de la France et de l’Europe, où elle fleurit au printemps, remarquable par ses tiges très velues, laineuses, rameuses; ses feuilles oblongues, dentées, velues, un peu épineuses et ses fleurs terminales entourées de bractées, qui jouissait autrefois d’une grande réputation comme remède contre la peste et qu’on emploie encore dans la médecine domestique comme tonique, fébrifuge, sudorifique. L’action du chardon bénit est due à un principe cristallisable isolé par Nativelle et appelé Cnicin. Malheureusement son excessive amertume en rend l’administration difficile et très désagréable; de plus, à la faible dose de 1 gramme, il occasionne la plupart du temps des vomissements compliqués de diarrhée. P.

CHARPENTIERS. — Hygiène professionnelle. —

Nous renvoyons le lecteur au mot Menuiserie, où ils trouveront réuni dans un même article tout ce qui concerne l’hygiène des cliarpeniier&, des ébénistes et des menuisiers. P. p.

CHARPIE. — La charpie est une substance molle, souple et spongieuse, faite avec les fils provenant de morceaux de toile à demi usée que l’on a effilée, c’est la charpie brute, ou avec du vieux linge réduit^ à l’état de duvet pulvérulent, c’est la charpie râpée.

La charpie doit toujours être faite avec du linge de fil, bien lessivé et bien blknc, ni empesé ni passé au bleu, et ses filaments doivent avoir une longueur moyenne de 8 à 10 centimètres. 11 faut avoir soin de la conserver dans un endroit sec, bien aéré et à l’abri de toute émanation putride.

On emploie la charpie pour le pansement des' plaies, sous forme de plumasseau, de mèche, de gâteau, de bourdonnets, etc., sèche, ou imbibée d’une solution antiseptique d’acide phénique, de phénol Boboeuf, de coaltar Le Beuf, de vinaigre de Pennes, d’acide borique, de vin aromatique, etc., ou encore enduite d’un corps gras, axonge ou cérat, simple ou médicamenteux. P. l.

CHASSIE. — Nom donné à une humeur épaisse, jaunâtre, sécrétée sur le bord libre des paupières par les glandes de Méibomius, qui, dans certaines maladies des yeux, surtout dans la blépharite et la conjonctivite, s’accumule sur le bord des paupières, où elle forme des croûtes qui soudent les deux paupières. L

CHATAIGNE. — La châtaigne, ou fruit du châtaignier, joue un rôle important dans l’alimentation des habitants de plusieurs parties de la France, principalement des régions montagneuses où la culture des grains est peu étendue et leur récolte incertaine. On la mange cuite à l’eau, grillée, réduite en purée avec du lait, et associée à la viande. Comme les principales céréales, la châtaigne renferme une grande abondance de fécule amylacée, une petite quantité de gluten, de sucre et de sels minéraux, soit, pour 100 parties, 26 parties d’eau, 52 de fécule amylacée, 4 de substances grasses, 3 de substances azotées, 12 de sucre, 2 de sels minéraux et 1 de cellulose. Elle constitue un aliment bon marché et très salubre, d’un goût très agréable, d’une digestion généralement facile, mais cependant moins riche et moins nutritif que le pain. Son seul inconvénient est d’être carminative, c’est-à-dire de produire en abondance des gaz intestinaux.

Dans certains pays on fait avec la châtaigne bouillie dans du lait, puis écrasée et mélangée avec du sucre et un peu de cannelle, et additionnée de quelques gouttes d’eau-de-vie, une sorte de chocolat de châtaignes très agréable, dont font usage les convalescents et les personnes délicates et affaiblies. P. L.

CHATEAÜ-GONTIER (eaux minérales de). — Château-Gontier, sous-préfecture de la Mayenne, possède des eaux minérales, bicarbonatées, calciques, sulfatées, magnésiques, ferrugineuses, utilisées en boisson, en bains et en douches contre la chlorose, l’aménorrhée, la dysménorrhée et les digestions lentes et laborieuses. p. l.

CHATEAÜNEUF (eaux minérales de). — Châteauneuf est un village du département du Puy-de- Dôme et de l’arrondissement de Riom, bâti sur les deux rives de la Sioule, au milieu des montagnes si pittoresques de l’Auvergne. Ses eaux minérales qui proviennent de plusieurs sources, sont bicarbonatées sodiques et potassiques et très chargées d’acide carbonique ; malheureusement leur minéralisation n’est pas constante, car, comme elles sourdent sur les bords de la Sioule, elles sont exposées à des inondations qui les privent de leur vertu pendant une partie de l’année. Aussi nous ne conseillons pas d’en faire usage, d’autant que nous possédons en France assez de sources similaires et à composition constante et invariable. P- L.

CHATELDON (eadx minérales de)., — Châteldon est une petite ville située non loin de Vichy, dont les eaux minérales bicarbonatées calciques et gazeuses, peuvent être utilisées dans certaines affections de l’estomac et de la vessie. p. l.

CHATELGÜYON (eaox minérales de). — Châtelguyon est un charmant village du département du Puy-de-Dôme, situé dans l’arrondissement et à 5 kilomètres de Riom, au milieu d’un des sites les plus admirables de l’Auvergne. Ses eaux minérales proviennent de plusieurs sources, qui émergent de chaque côté du ruisseau le Sardon, parmi lesquelles nous citerons surtout les sources Deval, du

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Sopinet, du Gargouilloux, du Gouffre, du Surdon et la source Gubler, la plus connue et de beaucoup la plus importante, qui sert surtout à l’exportation pour la cure à domicile.

Les eaux de Chàtelguyon, dont la température varie de 31 à 35 degrés, présentent d’après la dernière analyse faite en 1879 dans le laboratoire delà Faculté de médecine, par M. Magnier de La Source, prépcirateur de chimie au laboratoire des Hautes études , une minéralisation totale de 8 grammes 391 milligrammes, dans laquelle le chlorure de magnésium entre pour 1 gramme 563, le chlorure de sodium pour 1 gramme 633, le bicarbonate de chaux pour 2 grammes 179, le bicarbonate de soude pour 0 gramme 9o5, le bicarbonate de fer pour 0 gramme 068, le sulfate de chaux pour 0 gramme 499 et le gaz acide carbonique libre pour 1 gramme 112. Les eaux de Chàtelguyon sont donc des eaux gazeuses, chlorurées sodiques et magnésiennes, bicarbonatées calciques, sodiques et ferrugineuses. Elles sont claires, transparentes, d’une saveur piquante et un peu amère qui n’a rien de désagréable, et s’administrent en boissons, en bains et en douches. Bues à la dose de 3 à 6 ou 8 verres, elles sont purgatives, révulsives et résolutives, grâce aux sels de soude et aux sels de magnésie, mais surtout au chlorure de magnésium qui à lui seul purge à dose relativement très faible, sans produire aucune colique, sans fatiguer le malade et, en général, sans constipation consécutive ainsi que cela résulte des expériences de Laborde et de Rabuteau et des observations cliniques du D' Baraduc, médecin inspecteur de la station. La présence du gaz acide carbonique, des chlorures et du fer, les rendent en outre apéritives, toniques et reconstituantes.

Grâce à ce double avantage d’être purgatives en même temps que toniques et reconstituantes , les eaux de Chàtelguyon permettent d’entretenir sans danger, une action purgative continue, qui seule a raison de certaines maladies chroniques et rétablit toujours et sûrement les fonctions intestinales. Il faut les employer progressivement, en partant d’une faible dose, qu’on augmente tous les jours jusqu’à la purgation complète, et qu’on maintient ensuite aussi longtemps que la maladie l’exige. Lorsqu’on veut cesser le traitement, on diminue la dose, toujours progressivement, pour déshabituer l’intestin de l'action des eaux. On obtiendrait ainsi un effet révulsif et résolutif continu que ces eaux sont pour ainsi dire seules à produire en France et qu’on ne saurait demander sans danger à toute autre médication purgative. A ce titre, elles remplacent avec avantage les eaux allemandes de Kissingen, Marienbad, Mannheim et Carllijad, ainsi que le disait notre regretté maître le professeur Gubler.

Les eaux de Chàtelguyon sont excellentes pour combattre tous les genres de constipation, les dyspepsies, et principalement la dyspepsie flatulente, les engorgements des viscères abdominaux, principalement ceux du foie, de la rate, produits par les fièvres intermittentes, la cachexie paludéenne, l(!s gastro-entérites chroniques, les calculs biliaires, la gravelle urique,’ l’anémie, la leucorrhée, les catarrhes utérins, etc. Elles produisent aussi des effets remarquables contre l’obésité et d’après Gubler con-

tre le diabète cachectique, si commun aujourd’hui, et dans divers cas d’albuminurie.

Grâce à leur haute minéralisation, à leur thermalité et à leur richesse en acide carbonique, le traitement externe sous forme de bains, de douches, etc., n’est pas moins important à la station que le traitement interne. Les bains sont donnés à eau courante ; pendant toute leur durée l’eau s’échappe avec une telle abondance de gaz, qu’en un instant le corps se couvre de perles; ce sont de véritables petites ventouses qui excitent la peau, activent la circulation périphérique et débarrassent les poumons, le cœur, l’utérus, du sang qui en entravait les fonctions. Cette action si puissante est utilisée non seulement dans les cas indiqués par la spécialité purgative des eaux de Chàtelguyon, mais elle convient encore à tous les sujets chlorotiques, anémiques, nerveux et affaiblis qui quittent la station entièrement modifiés.

L’établissement thermal de Chàtelguyon complètement transformé, agrandi et complété par M. Brocard, l’intelligent gérant de la Société des eaux minérales de Chàtelguyon, réunit aujourd’hui tout le confortable et tous les avantages qu’on est en droit d’attendre d’une station de cette importance, qui voit tous les ans s’accroître dans des proportions considérables le nombre de ses clients.

Je dois même ajouter que depuis 1882, M. Brocard a organisé dans l’établissement un service spécial pour les lavages de l’estomac. Ces lavages sont installés de telle manière que l’eau minérale est conduite directement de la source dans l’estomac du malade à la température native de l’eau minérale qui est de 33 degrés. Les appareils employés sont d’une très grande simplicité. Ils établissent dans l’estomac un courant qui fonctionne automatiquement et sans interruption et qu’on peut ralentir ou supprimer à volonté. Les lavages ainsi perfectionnés sont opérés sans fatigue pour le malade qui ne ressent aucune espèce d’appréhension, car il peut lui-même, par une simple pression des doigts sur les tuhes conducteurs toujours souples, régler à volonté l’arrivée et la sortie du liquide. Notre ami, le D' Baraduc, retire de ces lavages les meilleurs effets, et obtient grâce à eux la guérison radicale des dilatations de l’estomac dans une période de 20 à 23 jours.

Les eaux de Chàtelguyon, grâce à leur conservation parfaite qui permet de les transporter, ont l’immense avantage de permettre aux malades qui ne peuvent se rendre auprès de la station, de faire une cure à domicile. La source réservée à cette cure est ia source Gubler, qui peut se boire pui'e ou coupée avec du vin dont elle n’altère ni le goût, ni la couleur. U' Paul Labarthe.

CHATOUILLEMENT. — On donne ce nom à une sensation particulière qu’on ressent à la surface de la peau ou des muqueuses lorsqu’on les titille avec un corps étranger, sensation due à l'excitation légère et superficielle des extrémités nerveuses. La plante des pieds, la paume des mains, les orifices le pourtour du nez et de la bouche, la luette, le conduit auditiî externe, sont les parties du corps les plus sensibles au chatouillement. p. l.

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CHAUDES AIGUES (eadx minérales de). — Chaude saignes est un gros village de rarrondissement de Saint-Flour, dans le Cantal, situé dans une gorge sauvage, aux pieds des montagnes qui séparent l’Auvergne du Gévaudan. Ses eaux minérales proviennent de plusieurs sources excessivement abondantes, d’une minéralisation très faible, mais dont la température varie de 57“ à 81®. Ce sont les plus chaudes que l'on connaisse. Elles se distribuent dans plusieurs petits établissements, malheureusement très médiocrement installés au point de vue hydrothérapique, et s'administrent surtout en bains, en douches et en étuves, contre les rhumatismes chroniques musculaires, les névralgies, certaines maladies des articulations et du système osseux de nature scrofuleuse. p. l.

CHAUDRONNIERS — Hygiène professionnelle.

— (V. Cuivre.)

CHAUFFAGE. — Le chauffage n’est autre chose que l’art d'utiliser de la manière la plus complète la chaleur artificielle produite par les divers combustibles pour élever et maintenir dans les appartements ou lieux clos une température de 15, 18 ou 20 degrés, lorsque l'air extérieur sc trouve à une température inférieure, afin de garantir l’homme contre l'influence du froid.

11 existe plusieurs méthodes de chauffage. — Le chauffage direct, dans lequel on brfilc le combustible dans un vase, tel que le brasero ou. le réchaud',

— le chauffage par rayonnement, comme celui des cheminées ou des poêles ; — le chauffage par introduction d’air chaud, qui sc fait au moyen des différents calorifères.

Les appareils de chauffage doivent remplir un certain nombre de conditions très bien résumées par M. Coulicr, dans le Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales ;

1° Dégager une quantité de chaleur variable à volonté, de manière à entretenir dans les locaux habités une température constante malgré les influences saisonnières;

2“ Fonctionner pendant la nuit, malgré l’absence ou la négligence des préposés ;

3“ Ne pas laisser pénétrer dans l’atmosphère respirable des appartements les produits gazeux de la combustion ;

4" Ne pas modifier l'état hygrométrique de l’air cl.-.uffé ;

5° Réaliser toutes ces condilions avec économie et présenter toutes les garanties possibles contre l’incendie. (Voyez Brasero, Calorifère, chaufferette. Cheminée, Comb uslible. Réchaud). P. L.

CHAUFFERETTE. — La chaufferette est un petit appareil dont sc servent beaucoup de femmes pour sc chauffer les picls. La plus commune est un petit meuble en bois doublé de tôle, avec un couvercle à claire-voie également doublé d'une tôle percée de trous. Je ne parle pas du gueux vulgaire eu terre cuite, qu’on ne retrouve plus guère qu’au fond des campagnes.

La chaufferette chaufifi'e au charbon de liois, à la braise, au charbon de Paris, est absolument nui-

sible et expose les personnes qui en font un usage habituel à une série d’accidents, tels que : incendie des vêtements, brûlures, engelures, rhumes, douleurs rhumatismales, irritation de la peau des jambes, asphyxie. Les personnes atteintes de flueurs blanches, en particulier, ne devraient jamais en faire usage.

Depuis quelques années on tend à remplacer l’ancienne chaufferette par des bouillottes en étain, en zinc ou en fer, remplies d’eau bouillante et hermétiquement fermées et recouvertes de moquettes de laine qui conservent l'eau très longtemps chaude.

Ces bouillottes sont moins nuisibles que les chaufferettes, car, avec elles, on n’a pas à l’edouter les incendies, les brûlures et l’asphyxie.

Mais en somme, gueux, chaufferette ou bouillotte, ne devraient être tolérés qu’aux personnes âgées ou infirmes. D'' Paul Labarthe.

CHAULAGE. — Hygiène professionnelle. — Le

chaulage est une opération que pratiquent les laboureurs et qui consiste à mélanger de la chaux, du sulfate de cuivre ou du sulfate de chaux, ou encore de l’acide arsénieux, au blé destiné aux semailles, pour le préserver des attaques de la carie ou du charbon et pour détruire les germes de divers champignons qui adhèrent au grain et qui germeraient avec lui.

Lorsque le chaulage est fait d’après le procédé de Dombasle avec du sulfate de soude, il ne présente aucun inconvénient. Mais lorsqu’il est fait avec le sulfate de cuivre, la chaux ou l’acide arsénieux, il devient dangereux pour le semeur. Si le blé est chaulé avec de la chaux, le semeur, en jetant le grain, s’expose, ainsi que le dit avec raison Combes, à respirer, à avaler la poussière calcaire et à la re- î, cevoir par application sur tout le corps, et Faction caustique de la chaux se fait sentir sur la peau des mains et des bras qu’elle attaque et détruit même souvent. Si le chaulage est fait avec de l’acide arsénieux, celui-ci agit non seulement sur la peau, mais il pénètre encore dans les voies respiratoires et digestives et détermine les accidents de l’intoxication arsénicalc (V. B7'senic).De plus, des expériences communiquées à l’Académie des sciences, en 1846, par Girardin, Dubreuil, Pauchet et Bidard, ont éta- Idi que les blés chaulés avec l’arsenic sont les moins productifs. Enfin, Tardieu dit que des volailles sont mortes souvent après avoir mangé du blé chaulé avec l’arsenic. Nous ne saurions donc trop recommander aux laboureurs d’adopter d’une manière exclusive le chaulage par le procédé de Mathieu de Dombasle, qui consiste à employer le sulfate de soude dissous dans l’eau dans la propor ■ tion de 8 kilos par hectolitre. D' i>aul Labartue^

CHAUSSETTES. — (Voyez Bas.)

CHAUSSURES. — Hygiène privée. — La chaussure n’est autre chose que le vêtement du pied destiné à le protéger contre les aspérités du sol, contre le froid et l’humidité. Le soulier, la bottine et la botte sont les principales variétés de chaussures généralement usitées.

Les chaussures pointues, ou trop courtes, ou trop I

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otroitos, ou à lalons trop Inuits sont nuisibles et entraînent toutes une série (t'accidents plus ou moins graves.

Les chaussuiTS en pointe, laites comme si le troisième orteil était le plus grand et que la longueur des autres diminuât en se rapprochant des deux bords latéraux du pied, ainsi que, cela a lieu à la main, sont absurdes. En effet, il suffit de regarder ses pieds, une minute, pour voir que le gros orteil est plus grand que le second et que les trois autres tout en diminuant de longueur jusqu’au cinquième, qui est le plus court. Sous l'intluence des chaussures pointues, les pieds se déforment, les orteils se rapprochent, ne restent plus sur la même plan et chevauchent plus ou moins les uns sur les autres, suivant que la pointe est plus ou moins accusée.

I,es chaussures trop courtes entrainent aussi des déformation des orteils qui se replient vers la face plantaire et deviennent crochus.

Les chaussures trop étroites occasionnent des durillons, des cors, des œils-de-perdrix, des ongles incarnés, accidents observés aussi chez les personnes qui font usage de chaussures en pointe ou trop courtes.

Mais les accidents les plus graves sont produits par les talons hauts, auxquels ne veulent pas renoncer nos élégantes. Ils déplacent le centre de gravité du corps qui se trouve penché en avant. Les femmes marchent avec difficulté, en sautillant, le dos tendu et la tète courbée en avant, parce que le poids du corps porte sur les doigts de pied. Le moindre obstacle leur fait faire des faux pas qui peuvent entraîner des entorses, des luxations et même des fractures. Leurs pieds sont gonflés et douloureux après la moindre marche un peu longue. Leurs mollets s'atrophient, la chose est facile à constater chez nos Parisiennes qui, si elles ont « pied mignon et jambe fine », ont aussi en général les mollets petits. Enfin, et ceci est plus grave, les talons trop hauts entraînent chez la femme des déviations de la matrice, dont les conséquences sont toujours fâcheuses. Il est à peine besoin de dire que les femmes qui sont dans un état intéressant et qui continuent à porter des talons haut pendant leur grossesse, s’exposent à des fausscs-couches ou à avoir des enfants chétifs et mal Conformés, surtout si, avec des talons hauts, elles emprisonnent encore leur taille dans un corset.

Pour éviter tous les inconvénients produits par les chaussures mal faites, il n'y a qu’un remède : porter de la chaussure qui s’adapte exactement à la forme naturelle du pied.

Je ferai remarquer avec le professeur Ponssagrives, dussé-je être avec lui taxé d’outrecuidance par les cordonniers, que ces messieurs prenuent fort mal la mesure du pied. Presque tous se servent de podomètres ou de lanières de papier, le pafient étant assis, ce (jui est éminemment vicieux. On n'a qu'à mesurer le pied dans celte attitude, qui l'affranchit du poids du corps et à comparer les dimensions obtenues avec celles prises sur une empreinte, tracée par le pied sur le plancher saupoudré de poudre de riz, et dans la position debout, on constate que le pied s'allonge et s'applatit. Une mesure prise dans la première altitude donnera donc des so.iliers trop

courts, c’est-à-dire réunissant toutes les conditions de malaise et de déformation du pied. M. Nistrom, dans son livre {Du pied et de la forme hygiénique des chaussures, Paris, 1870), veut que la mesure soit prise sur le pied nu, le bas suffisant, en effet, pour maintenir involontairement une direction vicieuse ou exagérée du gros orteil ; une ligne verticale est tracée sur une feuille de papier, les deux pieds nus sont placés l’un auprès de l’autre, de façon à ce que les saillies des deux gros orteils et des deux talons viennent affleurer ; on trace an crayon l'ellipse intermédiaire et deux autres lignes parallèles à la première sont menées tangentiellement à la partie la plus saillante du cinquième orteil. On a ainsi la forme et les dimensions de la semelle dont l’extrémité interne doit offrir un angle mousse arrondi destiné à loger aisément le gros orteil.

Une bonne chaussure normale doit donc avoir la forme du pied, être assez ample tout en maintenant celui-ci. La semelle doit être épaisse, en cuir très sec, bien battu, bien ferme, bien résistant, imperméable, large et d’une longueur dépassant d’un douzième celle du pied. L’empeigne doit toujours être en cuir souple quelle que soit son épaisseur, pour éviter les froissements douloureux et les écorchures pendant la marche. Enfin le talon doit être large, plat, et à peine incliné en avant, et ne pas dépasser, comme hauteur totale, 2 centimètres pour l'homme et 3 centimètres pour la femme.

En terminant cet article, nous dirons quelques mots du Sahol qui constitue la véritable chaussui'e agricole. Nos campagnards lui trouvent trois avantages capitaux : il est bon marché, il conserve la chaleur du pied, il est imperméable à l'humidité. Ils mettent dans leurs sabots leurs pieds nus, ou revêtus de chaussettes de cuir qui embrassent le talon et représentent assez bien une demi-bottine, ou bien des chaussons de Strasbourg ; ou bien ils se contentent de garnir le fond de leurs sabots avec de la paille ou du foin, et s’inquiètent rarement de la fatigue qu’ils lui occasionnent lorsqu’ils marchent dans les champs labourés, en se chargeant de lourdes mottes de terre. Affaire d’habitude. Mais cependant les sabots ont l’inconvénient, étant durs et inflexibles, d’occasionner, par le frottement et la pression du rebord libre de leur voûte, des excoriations assez fréquentes sur la surface dorsale du pied, et de déterminer même, dans certains cas, la production d’une bourse séreuse accidentelle au niveau de la face dorsale du pied qui est en contact avec ce rebord. Cette bourse séreuse peut s’enflammer et suppurer. Aussi est-il prudent de garnir celte partie du sabot d’un bourrelet de cuir ou d’étoffe. ■ D' Paul LADAnTiiE.

CHAUX. — La chaux est un alcali qu'on obtient en calcinant les carbonates calcaires naturels. Elle se présente dans le commerce sous deux états différents : en masses compactes ou en poudre blanche ; dans le premier cas on a la chaux vive, dans le second, la chaux éteinte.

Chaux vive. — La chaux vive, chaux caustique, est solide, en Ijlocs épais, d’un blanc grisâtre, d’une saveur brûlante. Exposée à l’air, elle en absorbe rimmidité, augmente de volume, se désagrège et se

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transforme au bout d’un certain temps en souscarbonate ou en chaux éteinte à l’air, d’où le précepte de la renfermer dans des vases hermétiquement bouchés pour qu’elle se conserve plus longtemps.

La chaux vive sert à préparer de bains à vapeur que l’on obtient différemment suivant que le malade se lève ou garde le lit. Si le malade est retenu dans son lit, on enveloppe un morceau de chaux caustique de 1 à 2 kilos avec un linge grossier et bien mouillé, on le met à ses côtés après avoir soulevé les draps avec un cerceau pour que la vapeur se répande partout et provoque chez le patient une sueur abondante. Si le malade peut se lever, on le fait asseoir sur une chaise sous laquelle on a placé une assiette remplie de chaux mouillée; ses épaules sont enveloppées d’une couverture qui descend jusqu’à terre et permet à la vapeur de parcourir toute l’étendue du corps, à l’exception de la face seulement. On obtient ainsi de la chaux de bons résultats dans les refroidissements, les sueurs rentrées, les rhumatismes, les névralgies et certaines affections cutanées rebelles.

La chaux vive entre dans la préparation du caustique de Vienne et du caustique Filhos (V. ces mots).

Chaux éteinte. — La chaux éteinte, chaux hydratée, s’obtient encore en versant une petite quantité d’eau sur la chaux vive; le liquide est d’abord absorbé, puis le mélange s’échauffe jusqu’à 300 degrés centigrades, laisse dégager une grande quantité de vapeurs aqueuses, se fendille, blanchit et se réduit en poussière. On dit alors que la chaux est délitée. Si l’on ajoute de l’eau à cette poudre blanche de manière à en former une sorte de bouillie claire on a le lait de chaux. Si l’on verse de l’eau sur cette poudre dans les proportions de 1 d’hydrate de chaux pour tOO de véhicule aqueux, on a Veau de chaux, la seule préparation de cette base que l’usage interne puisse mettre à profit; car la chaux vive, la chaux éteinte et le lait de chaux sont trop caustiques pour pouvoir être à l’intérieur de quelque utilité.

Prise à l'intérieur, l’eau de chaux est un absorbant anti-acide efficace contre le pyrosis, les vomissements acides, l’ulcère simple de l’estomac, la diarrhée cholériforme; elle se donne à la dose de 30 à 60 et 1 00 grammes par jour dans de l’eau ou du lait, soit par la bouche, soit en lavements. On en fait aussi des lotions et des injections contre les éruptions prurigineuses et la leucoi-rhée. Cette eau est un agent de conservation pour le lait qu’elle préserve de la fermentation acide et dans lequel elle empêche le développement des champignons microscopiques. Le sirop de chaux préparé à froid avec une partie d’eau de chaux pour deux parties de sucre blanc se prend aux mêmes doses que l’eau de chaux dans une potion ou du lait et se donne dans les mêmes cas.

Mais le Uniment oléo-calcaire préparé avec :

Chaux éteinte 30 grammes

Eau 300 —

Huile d’amandes douces 100 —

Inêlées et agitées jusqu’à ce que le mélange forme fin vrai savon demi-liquide, est encore plu« souvent

employé, surtout contre les brûlures et les engelures ulcérées qui en retirent les meilleurs effets.

Enfin la chaux éteinte entre dans la. pommade des frères Mahon, dont voici la formule :

Chaux éteinte 3 grammes

Carbonate sodique 6 —

Axonge 30 —

et qui est employée par eux dans le traitement de la teigne.

Carbonate de chaux ou craie préparée. — Le

carbonate de chaux, sous-carbonate de chaux, carbonate calcique, marbre, craie, pierre calcaire, est un sel blanc, insipide, très peu soluble dans l’eau ordinaire, facilement soluble au contraire dans l’eau acidulée. Il est répandu à profusion dans la nature. Les terrains crétacés le renferment presque en totalité seul ou combiné à de la silice, des oxydes de fer, de manganèse. Il existe en plus ou moins forte proportion dans toutes les eaux potables et surtout dans les eaux de puits, qu’il rend indigestes lorsqu’elles en renferment de trop grandes quantités : ces eaux chargées de carbonate de chaux ont encore l’inconvénient d’empêcher la cuisson des légumes par la combinaison insoluble que forme la base terreuse avec leur albumine (Gubler). Les eaux minérales carbonatées calciques en contiennent de faibles proportions, en général quelques centigrammes à 2 grammes au plus par litre. Enfin le carbonate de chaux se retrouve dans les plantes, les animaux, le sang, les humeurs, les os et le squelette entier. Les poudres d’yeux d’écrevisse, d’os de sèche, de coquilles d’œufs, d’écailles d’huîtres, et souvent employées autrefois à titre d’absorbants, ne sont que du carbonate de chaux uni à de la matière animale, aujourd’hui à peu près inusitées en médecine.

Donné à de faibles doses, 50 centigrammes à 2 grammes, le carbonate calcaire est un absorbant mécanique à la manière du sous-nitrate de bismuth ; il est utile dans le pyrosis, la dyspepsie flatulente et contre l’empoisonnement par les acides minéraux. S’il se prescrit au moment des repas, il se. rencontre avec les acides de l’estomac, se combine avec eux pour laisser dégager son acide carbonique, et devient par conséquent un absorbant chimique en même temps qu’il agit par son gaz comme digestif, anesthésique et anti-émétique.

Tel est le résultat que donnent de faibles doses de ce sel. De hautes doses cheminent le long du tube digestif, en absorbent les sécrétions anormales, et peuvent se montrer utiles contre la diarrhée, la dysenterie et les flux divers. On peut aller jusqu’à 10, 20, 30 grammes par jour sans avoir à craindre le moindre inconvénient. Il se prend en poudre dans du pain azyme, du sirop, des confitures, délayé dans l’eau ou dans une potion, soit .seul, soit associé à la magnésie, au colombo, au cachou, à l’opium, etc.

Phosphate de chaux. — Le phosphate de chaux ou phosphate tribasique de chaux ou phosphate iricalcique, se présente sous la forme d’une poudre blanche, insipide, inodore, insoluble dans l’eau, soluble dans les acides. Il se rencontre fréquemment dans les trois règnes de la nature et principalement dans les os des animaux, qui en renferment de fortes

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proportions, combiné à une petite quantité de phosphate de magnésie, de carbonate de chaux et d’oxyde de fer. Le système osseux de l'iiomme contient plus de la moitié de son poids de ce sel calcaire. L'économie le possède à l’état de dift’usion dans une foule de liquides, dans le sang, l’urine, la salive, le sperme, le lait, dans presque tous les tissus comme aussi dans presque toutes les humeurs. Il n’est pas de médicament plus essentiel à la reconstitution de l’organisme que ce précieux médicament. Aussi tous les aliments que nous ingérons en sont généralement pourvus. Toutefois la nourriture des villes étant moins riche en ce principe nutritif réparateur, il est plus fréquent d’observer des lésions graves produites par le manque de ce sel dans les grands centres que dans les petites localités. Il faut admettre pourtant que le mauvais air, les excès de toute nature ne contribuent pas peu dans les cités populeuses à rendre l’absorption de ce composé de plus en plus difficile; il est bon alors d'en ajouter à l’alimentation une certaine quantité pour restituer à l’organisme la dose qui lui est absolument nécessaire.

Ingéré à faibles doses, à celles de 50 centigrammes à 2 grammes par jour, le phosphate de chaux se dissout dans l’acide du suc gastrique, est absorbé, passe dans la circulation, où il fournit au liquide sanguin les principes calcaires qui lui manquent, pour être ensuite éliminé par nos principaux émonctoires. Dans l’estomac, et en raison de son état pulvérulent, il fait l’office d’absorbant anti-acide, facilite l’appétit, les digestions laborieuses, se montre utile contre le pyrosis, les gaz intestinaux. Dans la circulation générale, il apporte du phosphate à tous les tissus qui en ont besoin pour leur alimentation ou leur réparation : ainsi, il fournit du tissu osseux au squelette, un aliment corroborant à nos organes; il facilite la transformation crétacée des tubercules pulmonaires, modifie la composition de la lymphe. Puis, il est éliminé par les urines qu’il augmente, par les sueurs et les mucosités bronchiques qu’il élimine.

Ces notions physiologiques étant admises, il est facile d’en tirer des conclusions pratiques importantes. Il est évident de prime-abord que cet aliment minéral est utile contre toutes les maladies des os, savoir contre les fractures non consolidées, la carie, le mal de Pott, le rachitisme, l’ostéomalacie, les arthrites, les rhumatismes articulaires. Comme tonique reconstituant, anti-diarrhéique, anti-sudorifique, il rend des services contre la dyspepsie, la scrofule et la phthisie pulmonaire au même titre que l’huile de foie de morue qu’un bon nombre de personnes ne peuvent supporter ; il est même indiqué dans toutes les circonstances morbides où il existe une dépression notable de l’économie, comme par exemple dans les anémies, les cachexies, l’assimilation insuffisante, les convalescences longues et pénibles.

Le phosphate de chaux peut se donner en poudre au commencement des repas dans de l’eau, du vin, du lait, du sirop, du pain azyme ou de plusieurs autres manières. On peut encore en préparer un sirop tonique, un vin reconstituant. La décoction blanche de Sydenham si souvent employée de nos jours con-

tre la diarrhée n’est autre chose qu’un composé de corne de cerf calcinée, c’est-à-dire de phosphate de chaux mêlé à de l’eau gommeuse sucrée et de la mie de pain.

Un grand nombre de médecins préfèrent avec raison administrer les préparations solubles de phosphate de chaux, comme fatiguant moins l’estomac et n’ayant pas besoin de la sécrétion norma-le du suc gastrique pour être absorbées. Ces préparations sont le chlorhy do-phosphate de chaux, le lacto-phosphate de chaux et le biphosphate de chaux. Parmi les plus employées nous citerons le sirop et le vin de Dusart au lacto-phosphate de chaux, la solution Pautauberge au chlorhydro-phosphate de chaux créosoté, etc. (Y. ces mots.)

Sulfate de chaux. — Le sulfate de chaux ou plâtre, est un corps blanc, pulvérulent, peu soluble, employé uniquement en chirurgie pour la confection des appareils inamovibles.

Hypophosphite de chaux. — L’hypopliosphite de chaux est un sel blanc, soluble dans l’eau, l’alcool et les acides. Vanté par Churchill à la dose de 50 centigrammes à 3 grammes par jour en sirop, solution ou pilules contre les diverses périodes de la phthisie, il n’a pas donné les bons résultats qu’on en attendait, a exposé les malades à des complications sérieuses : hémoptysies, congestions pulmonaires, etc.

Hypochlorite de chaux ou chlorure de chaux. —

L’hypochlorite de chaux ou chlorure de chaux se trouve dans le commerce sous forme de poudre blanche, peu soluble dans l’eau, d’une saveur caustique. On en prépare une solution au quarante-cinquième connue sous le nom de chlorure de chaux liquide. C’est de cette liqueur mêlée à une plus ou moins grande quantité d’eau qu’on se sert pour faire l’eau chlorurée si souvent employée pour l’usage externe. L’eau chlorurée au centième est utilisée dans plusieurs services des hôpitaux de Paris, pour le pansement des plaies et des ulcères comme antiseptique et cicatrisante. Elle rend des services pour désinfecter les chambres et tous les endroits d’où s’exalent de mauvaises odeurs.

D'' Mahc. Camüoulives

CHAUX (FOURS A). — Hygiène publique et professionnelle. — On donne le nom de fours à chaux à des appareils spéciaux dans lesquels on prépare en grand la chaux, en calcinant la pierre à calcaire ou carbonate de chaux. Ils sont d’ordinaire construits en briques et accolés contre un escarpement pour faciliter aux ouvriers l’accès de leur orifice supérieur.

La fabrication de la chaux présente une série d’inconvénients graves non seulement pour les ouvriers qui y sont employés, mais encore au point de vue de l'hygiène publique, inconvénients qui résultent de la combusion du charbon et qui varient suivant la variété de charbon employé. Les divers charbons, d’après le professeur Chevallier, donnent lieu pendant la cuisson : 1° à des proportions plus ou moins considérables de vapeurs chargées de produits pyrogénés et carbonés ; 2° à des quantités plus ou moins considérables d’acide sulfureux, résultant de la combustion d’une partie du soufre des

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sulfures qui cxislent dans la liouille; 3“ à la Imée, eau vaporisée qui entraîne encore des produits pyj’ogénés résultant de la décomposition des matières organiques qui se trouvent dans la pierre à chaux; 4° au dégagement d’une très grande quantité d’acide carbonique; 3° à des poussières provenant du maniement des pierres et de la chaux, du chargement et du défournement de celles-ci.

Toutes ces émanations sont nuisibles et dangereuses, non seulement pour les ouvriers chaufourniers et pour les habitants du voisinage, chez lesquels elles peuvent produire l’asphyxie, ainsi que cela est malheureusement arrivé maintes fois, mais elles sont encore préjudiciables à la végétation environnante jusqu’à une distance de 6 à 800 mètres; c’est ainsi que les vignes placées dans le voisinage des fours à chaux donnent un vin d’un goût empyreumatique très accusé et absolument désagréable; il en est de même des fourrages que les animaux refusent de manger.

Aussi les fours à chaux ont-ils été rangés dans la deuxième classe des établissements insalubres. Us doivent toujours être construits à loO mètres au moins de tout endroit habité, à t kilomètre au moins des forêts et à 30 mètres d’une roule. Leurs ouvertures doivent être dirigées du côté opposé aux habitations et aux routes. Enfin, ils doivent être surmontés d'une cheminée assez élevée pour entraîner les vapeurs et la fumée très haut dans l’atmosphère, et munie à son sommet d’une gueule de loup, destinée à disperser et à changer la direction des vapeurs et de la fumée. Enfin on doit se servir du coke à l’exclusion de tout autre combustible.

Disons en terminant que la loi sur le travail des enfants dans les manufactures, interdit de les employer dans les fours à chaux et dans tous les locaux où les poussières provenant du broyage ou du tamisage se dégagent librement. d' Paul Labarthe.

CHÉLIDOINE. — La chélidoine, vulgairement appelée éclaire, ou herbe d'hirondelle, est une plante de la famille des papavéracées qui croît communément dans les haies, le long des murs et dans les décombres, à tiges herbacées et rameuses de 40 à 30 centimètres de hauteur, à feuilles alternes, dentées, lobées, d’un vert plus foncé à leur face supérieure, à fleurs jaunes s’épanouissant de mai à octobre.^ Les diverses parties de la plante, qui dégage une odeur vireuse désagréable qu’on a comparée à celle des œufs couvés, laissent couler, lorsqu’on les coupe, un suc jaune, visqueux, à saveur très amère et caustique, qui purge violemment à la façon des, purgatifs drastiques, et qui, appliqué sur les ulcères de mauvaise nature, les déterge et modifie heureusement leur évolutiom On ne se sert plus guère aujourd’hui de la chélidoine en thérapeutique. Seuls, les campagnards de certaines contrées de la France emploient son suc frais en applications topiques, pour le traitement des cors et des verrues. P l

CHEMINS DE FER (accidents de). — Médecine légale. — Les accidents de chemins de for donnent lieu à des applications médico-légales extrêmement

fréquentes et d'un grand intérêt. Ils ont été particulièrement étudiés en Angleterre et désignés sous le nom général de railway pathology. M. Tourdes leur a consacré une excellente note dans son article BLESSURES du Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales. Comme dans la plupart des cas de blessures accidentelles ou par imprudence, l’intervention médicale est utile, tant pour écarter l’idée de crime que pour fournir aux tribunaux les notions nécessaires pour fixer l’étendue du dommage matériel ; elle est encore nécessaire pour déterminer s'il y a eu imprudence de la part de la victime.

D’après M. Tourdes, les genres d’accidents peuvent se diviser ainsi : 1° le tamponnement qu’on observe sur les hommes d’équipe, les employés et les personnes imprudentes qui sont saisies entre deux voitures. « Le thorax est aplati d’avant en arrière, ou un peu obliquement, suivant le lieu d’application des tampons ; la peau est intacte ou à peine ecchymosée, la cage thoracique a éclaté, on rencontre des fractures multiples des côtes, du sternum et du rachis, avec déchirure du poumon, du cœur et des gros vaisseaux; la mort est instantanée , 2“ \ écrasement sur les rails ; on observe alors des empreintes allongées et souvent la section complète d’une partie du corps ; à côté des parties broyées, il s’en présente d’autres sans lésions. Le chasse-pierre laisse souvent des empreintes spéciales et amène de l’irrégularité dans le siège et la forme des lésions ; 3“ les chutes d’un wagon ; on observe alors les effets combinés de la contusion et de la commotion. Les chutes, par l’effet même de l’impulsion horizontale, se font souvent contre les rails et une partie du corps est broyée. » Les traces de luttes permettront de déterminer si le corps est tombé accidentellement ou s’il a été projeté par des etforts criminels; 4“ les chocs et les collisions de trains; ici encore on observe les caractères de la commotion. On a calculé que dans les chocs, les effets produits sur un corps par la projection horizontale sont les mêmes que ceux d’une chute verticale d’une certaine hauteur. Ainsi, pour un train animé d’une vitesse de tl‘",tl par seconde, l’effet est le même que si la victime tombait de 6‘“,20 environ d'un second étage; avec 15'", 88, c’est la hauteur d’un troisième, 9'",82 ; le train express, qui parcourt 1 6'", 16 par seconde, produirait le même effet qu'une chute de 14‘",13 ou d’un quatrième étage, sauf les diminutions causées par les frottements. C’est à la suite des cas de ce genre qu’on observe le plus souvent la commotion et l’épuisement nerveux; 5“ genres de mort exceptionnels ; brûlures par l’incendie ou la vapeur; asphyxie par submersion à la suite de la chute des wagons dans un cours d’eau ou un marais, etc.; 6" les accidents de manœuvre ou de travail observés sur les hommes d’équipe, ouvriers, chauffeurs, terrassiers, qui n’ont, le plus souvent, rien de spécial et rentrent dans la catégorie des accidents professionnels ; 7® les attentats qui se commettent dans les voitures ou sur la voie publique soulèvent des questions qui se rattachent au lieu même où ils se sont accomplis.

En ce qui concerne les accidents consécutifs qui se rattachent à la commotion et qui donnent si sou-

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vent lieu à des demandes d’indemnités exagérées, l'expert doit se mettre en garde contre la simulation ; mais il ne faudra pas cependant mettre systématiquement en doute les symptômes souvent obscurs qu’accusent les personnes intéressées. Le • passage suivant de Tardieu, qui a trait à la question, ne saurait être cité plus à propos : « Enfin, dans quelques circonstances, les centres nerveux eux-mêmes ont ressenti assez profondément le contre-coup des contusions extérieures pour qu’un travail morbide s’y développe et détermine des symptômes d’abord obscurs, à marcbe insidieuse, dont les progrès finissent pourtant par épuiser la constitution et amener lentement, mais sûrement, la mort plusieurs années après l’accident qui en est la cause première. Je signale ces faits avec confiance, car j’en ai vu un assez grand nombre pour être assuré de ne pas me méprendre sur leur nature, et avec autant plus de force qu’ils sont peu connus et qu’on est disposé aies méconnaître au début, et à les ranger parmi les cas si nombreux, en pareille matière, de plaintes exagérées ou de simulation. »

D-- A. Lutaud.

CHEMINÉE. — Hygiène et salubrité. — La cheminée est un appareil de chauffage constitué essentiellement par une cavité, la plupart du temps rectangulaire, creusée dans un gros mur ou juxtaposée à cel«i-ci, au-dessus de laquelle est adapté un tuyau plus ou moins vertical et ascendant qui vient déboucher au faîte de la maison. Le chauffage par les cheminées est incontestablement le plus simple, le plus sain et le plus agréable, mais il a l’inconvénient de n’utiliser qu’une très faible proportion du calorique développé par le combustible. Si ce combustible est du bois, on n’utilise que 6 p. 100 de la chaleur totale; si c’est du charbon de terre ou du coke, on utilise de 12 à 14 p. 100 de la chaleur totale. Avec les perfectionnements apportés, on est arrivé à augmenter encore la quantité de chaleur utilisée, en rétrécissant l’orifice, en avançant le foyer, et en disposant un plan incliné plus favorable pour le tirage. On augmente encore la chaleur produite par les cheminées, en faisant circuler dans des espaces vides ou dans des tubes placés sur les côtés ou au fond du foyer, l’air froid qui s’échauffe par la chaleur perdue et par la fumée et est versé dans la pièce au moyen de bouches de chaleur. Reconnaissons cependant avec le professeur Bouchardat, que pour un travailleur solitaire, qui aime à tisonner, une cheminée avec un foyer avancé garni de cendres, peut utiliser une bonne partie de la chaleur, si l’on a soin de diriger la fumée, à l’aide des cendres, sur les parties incandescentes du foyer.

11 arrive parfois que les cheminées laissent refluer la fumée dans les appartements, ce qui est toujours désagréable et parfois nuisible, à cause des accidents que cela occasionne. Les clieminées fument soit parce que l’accès de l’air extérieur ne répond pas à l’appel de la cheminée, soit parce que la cheminée a un foyer trop grand, soit parce que le tuyau de tirage de la cheminée est trop court, soit parce que plusieurs tuyaux communiquent les uns avec les autres ; enfin, l'action du soleil, des vents

OiCTION.NAIBE POPDLAIRE DE MÉDECINE USUELLE.

ou de la pluie, peut aussi faire fumer les cheminées. Les modifications à apporter aux cheminées pour éviter tous ces divers inconvénients sont du ressort des architectes et des fumistes, et ont été formulées dans une ordonnance de police du 24 novembre 1849, qui serait trop longue à reproduire ici et qui est par trop technique pour un dictionnaire de la nature de celui-ci.

Nous insisterons, par contre, sur la nécessité qu’il y a de ramoner les cheminées au moins une fois par an, pour prévenir les feux de cheminée qui peuvent être le point de départ d’incendies parfois considérables, et sur les mesures à prendre en cas de feu.

Voici, du reste, l’avis du Préfet de police relatif au ramonage des cheminées et au secours en cas d’incendie ;

Le Préfet de police recommande aux propriétaires, locataires et sous-locataires de faire ramoner souvent leurs cheminées, et surtout celles des cuisines, fours et fondoirs, qui exigent plus de précautions.

Aussitôt qu’un incendie se manifeste, il doit encore donner avis au plus prochain poste de sapeurs-pompiers, au commissaire de police ou au commandant des pompiers.

11 est défendu de tirer des coups de fusil dans les cheminées où le feu se manifesterait.

Il est enjoint à toutes personnes chez qui le feu se manifesterait, d’ouvrir les portes de leur domicile, à la première réquisition, h peine de l’amende déterminée par la loi.

En cas de refus, les portes seront enfoncées à la diligence du commissaire de police. Le service des incendies est fait gratuitement par les sapeurs-pompiers.

Indépendamment du ramonage, on a encore recommandé de faire enduire l’intérieur des tuyaux d’un mélange de chaux éteinte et d'argile, la suie ne s’attachant pas à cet enduit.

Rappelons en terminant un moyen simple d’arrêter les feux de cheminée. Aussitôt que le feu a pris dans un tuyau de cheminée, il faut vivement étendre sur l’âtre le feu allumé, et y jeter, le plus également possible, 3 ou 4 poignées de fleur de soufre ; puis boucher immédiatement le devant de la cheminée avec un drap bien mouillé, qu’on a soin de tenir fortement tendu. Ce moyen facile permettant de prévenir de grands désastres, il serait bon qu’on eût en réserve, dans chaque ménage, un kilogramme de fleur de soufre, en cas d’accident.

D"' Paul Labarthe.

CHEMISE. — Hygiène privée. — La chemise est au tronc et aux bras ce que le caleçon est aux jambes. Elle est destinée à préserver le corps du frottement des vêtements de dessus, et à absorber les produits de la sécrétion cutanée. Si la chemise de toile est plus solide et plus fraîche, elle expose plus facilement aux refroidissements, lorsqu’on est en transpiration. La chemise en coton est préférable, parce qu’elle préserve mieux du froid, des changements brusques de température, et parce que, pendant les chaleurs, elle absorbe plus facilement la sueur.

La propreté la plus vulgaire exige que l’on change de chemise 2 ou 3 fois par semaine et qu’on ne conserve pas pendant la nuit la chemise portée le jour. Les ouvriers, plus particulièrement, dont la chemise est très vite imprégnée de sueur et chargée de pous-

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