‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privéeChapitre 123 sur 238 · COD · texte numérisé non relu

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CODÉINE. — La codéine, second alcaloïde de l'opium pour son importance, a été découverte -par Robiquet en 1823.

Elle est en cristaux prismatiques blancs, inodores, d'une saveur amère, solubles dans l'eau, l'alcool, l’éther. La codéine est un diminutif de la morphine ; son action thérapeutique est beaucoup plus faible.

Elle agit plus indirectement sur les centres nerveux, et si elle est moins ipnotique, moins anodine que la morphine, elle n’occasionne pas de la lourdeur de tète, de la perte d’appétit, de la constipation comme cette dernière. On la prescrit fréquemment aux femmes, aux enfants, aux vieillards, à toutes les personnes délicates, en un mot, qui supportent mal l’opium. C’est un calmant précieux, utile contre les rhumes, coqueluches, bronchites, asthmes, n'ayant qu’un seul inconvénient, celui d’être plus cher que l’opium et ses succédanés.

Cet alcaloïde se donne souvent en potion ou en pilules, à la dose de cinq à dix centigrammes par jour. Le sirop (20 grammes contiennent 4 centigrammes de codéine) est la préparation la plus employée soit pur, soit en potion, soit dans une tisane pectorale. Les lavements et la pommade sont d’un usage plus rare. Le sirop et la pâte de Berthé, à la codéine, ont acquis une renommée justement méritée d’ailleurs, contre les rhumes et les catarrhes pulmonaires.

D'' Marc. Combouuves.

CODEX. — On donne ce nom au recueil officiel des formules suivant lesquelles doivent être prépa-

Rapports du cœur. — 1. Face postérieure de la trachée. — 2. Face postérieure de la bronche droite. — 3 Face postérieure de la bronche gauche. — 4. Face postérieure de l’oreillette gauche du cœur dans laquelle se rendent les veines pulmonaires gauches (5) et droites (6). — 7. Branches gauches de l'artère pulmonaire. — 8. Crosse de l’aorte au moment où elle croise la bronche gauche pour s’appliquer sur le côté gauche de la colonne vertébrale. — 10,10'. Veine cave supérieure. — 11. Embouchure de la veine cave inférieure dans l’oreillette droite du cœur. — 12,12' Face postérieure des ventricules du cœur.

iiisme l’a fait appeler par les anciens le soleil de rhomme. Harvey le proclame Yempereur ou le roi de notre économie, et Cl. Bernard le considère comme le principe de la vie.

Volume, situation et rapports du cœur. — D’après Laennec, le volume du cœur est égal à celui du poing. Le cœur de la femme est donc plus petit que

liquide très clair, d’un blanc laiteux, d’une saveur douce ou sucrée, appelé lait de coco, [.orsque le fruit est arrivé à parfaite maturité, l’amande est blanche et constitue un aliment sain. Elle contient

rés tous les médicaments que délivrent les pharmaciens. L.

CŒLIAQUE — Nom donné en anatomie à des artères et à des nerfs qui se distribuent dans l’intestin. L’artère cœliaque ou tronc cœliaque naît perpendiculairement de l’aorte abdominale entre les piliers du diaphragme et se subdivise en trois branches : l’artère coronaire stomachique, l’artère hépatique et l’artère splénique. Le plexus cœliaque est un entrelacement nerveux formé autour du tronc cœliaque par les filets du nerf grand sympathique. 11 provient des plexus solaires et, comme le tronc cœliaque, se subdivise en trois plexus ; le plexus coronaire stomachique, le plexus hépatique et le plexus splénique. p. e.

CŒUR. — Anatomie. — Le cœur est le principal organe de l’économie ; c’est lui qui vit le premier et qui meurt le dernier ; Primwn vivens et ulllinuni moriens. Avec le cerveau et les poumons il forme le trépied vital des physiologistes, c’est-à-dire les trois organes essentiels à la vie.

Le rôle important que le cœur joue dans l’orga-

Fig. 280.

Fi'uit ilu coco entier. Coupe longitudinale.

une huile fluide, limpide et incolore qu’on en ex- Irait par la pression et qui sert principalement a l’éclairage. Les naturels utilisent Vhuile ou beurre de coco en friction sur le corps pour se préserver des piqûres des moustiques.

celui de riionime. Sous l’influence des affections du cœur, cet organe acquiert souvent un développement considérable et constitue alors Vhi/pertrophie cardiaque; il atteint, dans certains cas, des dimensions telles qu’on l'a comparé à un « cœur de bœuf. »

Avoir le « cœur gros » est, on le sait, une locution familière que l’on emploie pour exprimer un grand chagrin ; mais, en réalité, le volume du cœur ne varie pas sensiblement.

Le poids du cœur est, en moyenne, de 250 grammes; au contraire de tous les organes, il tend à augmenter avec l’âge.

Le cœur est situé dans le thorax, au-dessus du diaphragme, qui lui sert de coussin élastique et entre les poumons, dont la face interne est excavée pour le recevoir.

Sa forme est celle d’un cône aplati qui correspond par son sommet au quatrième espace intercostal.

Fig. 282.

Rapports du cœur avec le thorax, — 1,2, 3,4. Côtes. — a. l’ointc du cœur correspondant au quatrième espace intercostal, c’està-dire dansjl’espace placé entre la quatrième et la cinquième côte, mais beaucoup plus près de la cinquième. — à. Origine de l’aorte derrière la portion du sternum qui correspond iiux troisièmes cartilages costaux. — b'. Aorte abdominale. — c. Crosse de l’aorte (par le pointillé de cette gravure, on voit que le sommet de cette crosse n'atteint pas le bord supérieur du sternum). — </. Ventricule gauche. — d'. Ventricule droit. — e. Oreillette gauche. — e'. Oreillette droite.

dans un point situé un peu en dedans et au-dessus du mamelon gauche. C’est à ce niveau qu’on voit et qu’on sent battre la pointe du cœur à l’état normal. Le coeur déborde donc le sternum à gauche, mais dans une étendue moindre que celle qu’on lui attribue généralement. C'est en raison de cette erreur que les meurtriers ou les individus qui veulent se donner la mort, plongent le plus souvent leur arme dans le poumon, sans atteindre le cœur. Cependant le poignard de Ravaillac pénétra entre la cinquième et la sixième côte, et vint couper le tronc

de l'artère pulmonaire après avoir perforé le poumon gauche d’Henri IV.

La pointe du cœur bat quelquefois à droite, soit que cet organe ait été refoulé par un vaste épanchement de la plèvre gauche, soit encore dans le cas d’inversion de tous les organes du corps.

Conformation intérieure du cœur. — Le cœur peut être considéré comme formé de deux organes distincts : le cœur droit ou antérieur et le cœur gauche ou postérieur. Le premier est encore appelé

Fig. 283.

Face anlérieiire liu cœur. — 1. Face antérieure du ventricule gauche. - 2. Face antérieure du ventricide droit. — 3. Auricule du côté gauche. — -i Auricule du côté droit. — 5. Aorte. — 6. Artère coronaire antérieure ou externe. — 7. Artère coronaire postérieure ou interne. — 8. Tronc bronchio-cépha lique. — 9. Artère carotide primitive gauche. — 10 Artère sous-clavière gauche. — 11. Artère pulmonaire. — 12. Canal artériel. — 13. Veine cave supérieure.

cœur noir, veineux ou pulmonaire, parce qu’il reçoit le sang veineux ou noir du corps et le projette dans les poumons ; l'autre a reçu le nom de cœur rouge, artériel ou aortique, parce qu'il lance dans tous les organes le sang rouge ou artériel qu’il a reçu des poumons.

Chaque cœur est divisé en deux cavités : l’une supérieure, ror.Eu.LFTTK ; l’autre inférieure, le vf..n- TRicuLE. Ces deux cavités communiquent entre elles par un orifice muni d’une soupape membraneuse ou

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seur explique pourquoi le ventricule droit d’un cœur placé sur une table s’affaisse, tandis que le ventricule gauche conserve sa forme.

Les parois des cavités ventriculaires sont recouvertes d’un grand nombre de filaments, appelés colonnes ou piliers du cœur, qui s’e ntre-croisen dans tous sens. Les plus importantes de ces colonnes se terminent par de petits cordages tendineux qui vont se fixer au bord flottant des valvules auriculo-ventriculaires. Ces prolongements ont encore reçu le nom de muscles tenseurs des valvules, parce qu'ils régularisent le jeu de ces soupapes membraneuses. Aussi, lorsque ces filaments charnus viennent à se rompre, il en résulte un trouble plus ou moins grave dans la circulation ; leur rupture a déterminé la mort d’un courrier qui, au dire de Corvisart, fit mille lieues à cheval sans prendre du repos.

Outre l'orifice auriculo-ventriculaire, chaque ventricule est encore pourvu d’un orifice artériel; celui du ventricule droit communique avec l’artère pulmonaire, et celui du ventricule gauche avec l’artère aorte. Ces orifices sont munis de trois valvules, dites sigmoïdes ou semi-lunaires qui, en raison de leur forme, ont été comparées à des nids de pigeon. Elles permettent au sang de passer du ventricule dans l’artère correspondante et s’opposent à son retour dans la cavité ventriculaire.

2° Oreillettes. — Les oreillettes ont des parois plus minces que celles des ventricules, parce qu’elles ont moins de force à déployer que ces dernières. En effet, les cavités auriculaires ont pour unique fonction de faire passer l’ondée sanguine dans les cavités ventriculaires. Au début de la vie, l’oreillette droite communique avec l’oreillette gauche par un orifice auquel Botal a donné son nom. Si cet orifice persiste à la naissance, il établit une communication directe des deux cœurs et produit le mélange du sang artériel et du sang veineux. La peau prend alors une teinte bleuâtre qui a valu à cette maladie le nom de maladie bleue ou cyanose. On sait que ce mélange des deux sangs est normal chez les reptiles; mais, chez l’homme, il est incompatible avec la vie.

Les oreillettes sont surmontées d’un appendice flottant, à bords dentelés, qui a été comparé à une crête de coq ou à l’oreille d’un chien de chasse, d’où son nom â'auricule. Chaque auricule s’ouvre par un orifice spécial dans l’oreillette correspondante.

Les oreillettes reçoivent encore l’embouchure de plusieurs veines importantes; la droite reçoit les veines caves supérieure et inférieure, et la gauclit les quatre veines pulmonaires.

Structure du cœur. — Le cœur se compose 1® d’un squelette fibreux; 2° de fibres musculairei striées; 3° de vaisseaux et de nerfs; 4® de deux membranes séreuses, Vendocarde et le péricarde.

1® Squelette du cœur,. — La charpente du cœur est représentée par des anneaux fibreux qui entourent les quatre orifices situés à la base des ventricules et ([ui peuvent être considérés comme formés par la soudure des extrémités tendineuses des fibres musculaires du cœur. Dans les points de contact de ces zones fibreuses, on observe, quelque-

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valvule, analogue aux clapets de nos pompes et disposée de telle façon, qu’elle favorise l’accès du sang dans le ventricule et s’oppose à son reflux dans l’oreillette. La valvule du cœur droit présente sur ses bords trois festons, et celle du cœur gauche n’en a que deux, d’où les noms de Iricuspide {1res, trois.

Fig. «81.

Face postérieure du cœur. — 1. Face postérieure du ventricule gauche. — •2. Face postérieure du ventricule droit. — 3. Oreillette droite. — l. Oreillette gauche. — 5. Auricule du côté gauche. — 6.6. Veine coronaire et veine ventriculaire postérieure. — 7. .Artère coronaire postérieure. — 8. Orifice de la veine cave inférieure. — 9. Valvule d'Eustache. — tO. — Veine cave supérieure. — 11,11,11.11. Orifices des veines pulmonaires. — 12. Orifice de l’artère pulmonaire. — 13. Orifice de l’aorte. — 1 1. Orifice des artères qui naissent de la crosse de l’aorte.

cuspis, pointe) et de mitrale, c’est-à-dire semblable à une mitre d’évêque, donnés à l’une et à l’autre.

Ventricules. — Les deux ventricules diffèrent entre eux par des caractères qui sont en rapport avec leur rôle physiologique. Ainsi, les parois du ventricule gauche sont plus épaisses que celles du ventricule droit, parce que le premier est destiné à projeter le sang artériel dans tout l’organisme, tandis que le ventricule droit ne fait que lancer le sang veineux dans les poumons. Cette différence d’épais- Dictionnaire populaire de Médecine usuelle.

fois chez l'homme et toujours chez le bœuf, des concrétions calcaires app(dées os du cœur.

2“ Firues muscuLAiiiES DU coEun. — Le cœur a etc justement comparé à un muscle creux; cet organe

Fig. -28‘;.

Ventricule droit du cœur. — 1. Cavité du ventricule droit. — 2. Valvule tricuspide. — ;t. Colonne charnue dont les tendons s’insèrent au bord libre de la valvule tricuspide. — 1. Colonne charnue qui de la cloison interventriculaire se rend à la valvule tricuspide. — 5. Orifice auriculoventriculaire droit. — G. Cloison interventriculaire. — 7. Artère pulmonaire. — 8. Valvules sigmoïdes. — 9. Portion du cordon qui résulte de l’oblitération du canal artériel. — 10. Aorte. — 11. Extrémité de l’auricule gauche. — 12. Auricule droite. — 13. Veine cave supérieure.

est en effet composé d’un grand nombre de fibres musculaires qui toutes sc fixent, par leurs deux extrémités tendineuses, aux zones fibreuses que nous venons de signaler. Ces fibres sont disposées en anses dont la concavité est tournée vers la base du cœur. En se contractant, elles diminuent la longueur des ventricules et chassent, par l’orifice des vaisseaux qui s’y abouchent, le sang contenu dans ces cavités. Jœs libres musculaires sont plus abondantes sur la face antérieure du cœur que sur la face postérieure, ce qui explique le redressement de la pointe de cet organe eu avant et son choc sur la paroi thoraciipie. à chaque contraction.

Les fibres du cœui’ affectent des directions difl'érentes; les unes, profondes, sont propres à chaque oreillette et à chaque ventricule, et les autres superficielles, sont communes aux deux oreillettes ou

aux deux ventricules, mais aucune ne s’étend d’un ventricule à une oreillette ou réciproquement. De là l'indépendance des mouvements auriculaires et ventriculaires. La disposition des fibres du cœur a fait dire à Winslow que cet organe est composé de deux sacs musculeux renfermés dans un troisième également musculeux.

3» Vaisseaux du cœuu. — Les vaisseaux du cœur qui président à la nutrition du cœur ont reçu le nom de coronaires, parce qu’ils forment deux cercles perpendiculaires, dont l’un occupe la base des ventricules et l’autre longe la ligne de séparation de ces cavités. En raison de leur disposition, Haller a comparé le premier cercle à l’équateur et l’autre à un méridien.

4® Neufs du cojour. — Le cœur reçoit des filets du pneuino-gastrique et du grand sympathique. Le premier est considéré comme le nerf modérateur des battements du cœur et l’autre comme le nerf accélérateur. La section du grand sympathique détermine la paralysie du coeur et celle du pneumogastrique fait battre cet organe d'une façon bruyante. Ces résultats, obtenus par l’expérimentation, justifient la comparaison que l’on a faite du sympathique avec l’éperon qui excite le cheval et celle du pneumogastrique avec la rêne qui le maintient. Le professeur G. Sée a aussi comparé l’action du pneumogastrique sur le cœur au frein d’une locomotive. Dans l’épaisseur même du cœur et sur le trajet de ses nerfs, des petits renflements ganglionnaires semblent jouer le rôle de centres condensateurs de l’influx nerveux. Ce sont ces ganglions qui permettent au cœur, même lorsqu’il est séparé du corps, de battre encore un certain temps. Bacon et Sénac virent le cœur d’un criminel se contracter pendant quelques minutes dans le feu, où cet organe avait été jeté par le bourreau. Templier .a vu les mouvements du cœur persister deux heures après la mort chez un hérisson, et Castell assure que le cœur d’une grenouille, placé dans l’oxygène, peut battre pendant deux heures. C’est pour la même raison que les parties du cœur divisé en morceaux ont la faculté de se contracter après la mort.

5” MEMBRANES DU ctEUR. — Le cœur est renfermé dans un sac fibreux, présentant comme cet organe la forme d’un cône, mais avec une direction inverse. Ainsi, la base de ce sac se fixe au diaphragmé et correspond à la pointe du cœur, tandis que son sommet se confond avec les gros vaisseaux qui partent des ventricules. La cavitédu sac fibreux est donc plus considérable que le volume du cœur, et cette disposition, qui favorise les mouvements de cet organe, a ses inconvénients : il peut être facilement refoulé à droite, comme on l’observe dans les épanchements considérables de la plèvre gauche. C’est le danger principal de la pleurésie qui siège de ce côté.

Par sa surface extérieure, le sac fibreux est di-

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rectement en contact avec les plèvres, et ce rapport explique la facilité avec laquelle l’inflammation peut se propager d’une membrane à 1 autre.

La paroi interne du sac tibreux est tapissée d’une membrane séreuse, le 'péricarde, qui se réfléchit sur le cœur et l’enveloppe dans toute son étendue.

L’intérieur du cœur est tapissé par une membrane séreuse , l'endocarde.

Circalation dans le cœur. — Les veines caves dé-

J'-ij. Î8G.

Ventricule gauche du cœur. — I. Cavité du ventricule^ gauche. — i. Valvule mitrale. — 3. Colonne charnue du côté gauche.

l. Colonne charnue du côté droit. — 3. Orifice auriculo-ven-

triculaire gauche. — 6. Orifice ventriculo-aortique. — 7,7. Valvules sigmoïdes. — 8. Aorte. — 9,9. Origine des artères cardiaques. U). Cloison interventriculaire. — 11. Cavité du

ventricule droit. — t'2 Oreillette gauche ouverte. — 13,13 Veines pulmonaires. — 1 1. Auricule du côté droit.

versent dans les oreillettes du cœur le sang de toutes les jiarties du corps. Dès que les cavités sont remplies, leurs parois se contractent et le fluide nourricier passe des ventricules à travers les orifices auriculo-ventricu'aires. Les cavités ventriculaires se laissent distendre par l’ondée sanguine, puis leurs parois réagissent à leur tour et chassent le sang qu’elles renferment dans les artères pulmonaire et aorte. Les valvul'îs signio'ides laissent alors passer librement le sang dans les vaisseaux, mais elles s’abaissent aussitôt après pour s’opposer à son re-

tour dans les ventricules. Les oreillettes et les ventricules continuant ainsi à se dilater et à se contracter alternativement jusqu’à la mort. C’est paraît-il l’oreillette droite qui se contracte la première.

Action de la volonté sur les mouvements du cœur. — Bien que les fibres du cœur appartiennent au système musculaire de la vie de relation, leurs contractions échappent à l’empire de la volonté; et, si certaines personnes peuvent arrêter les battements de leur cœur, ce n’est qu’iudirectement, en combinant la compression des parois thoraciques avec la suspension de la fonction respiratoire. C’est par ce moyen que le colonel anglais Thownsend, au dire de Cheyne, suspendait à volonté les mouvements de son cœur; mais un jour il prolongea trop cette expérience et ne put être rappelé à la vie.

La mort des philosophes Diogène et Zénon peut être attribuée à la même cause. Bayle avait aussi la propriété d’arrêter son cœur, et Morgagni cite un médecin de Bologne qui rendait, à volonté, son pouls irrégulier. Vidocq, dans ses 31érnoires, rapporte qu’un prisonnier simulait avec tant d’habileté les apparences de la mort, que lorsqu’il mourut, on crut encore à une feinte, et on ne lui retira ses chaînes que deux jours après. Cardan parle aussi d’un prêtre qui restait à volonté étendu comme mort et sans souffle; « il ne sentait ni ceux qui le pinçaient ni même ceux qui le chatouillaient, et, lorsqu’on approchait du feu, il se laissait brûler sans paraître éprouver la moindre douleur. »

Des circonstances qui modifient les mouvements du cœur. — Les mouvements du cœur peuvent être ralentis ou accélérés suivant les circonstances. Le cui'are, l’ujias antiar, te poison di's flèches employé au Cabou et qui s’extrait de t'inée, la digitale et sou extrait, la digitaliiu;, dont se sei-vit l’homœopathe Lapommeraye pour empoisonner M”*-' de Pauw, sont des substances qui ont la propriété do ralentir les mouvements du cœur; la bile, dans la jaunisse, agit de la même manière; au contraire, le café et la nicotine, avec laquelle de Bocarmé empoisonna Gustave Fougniès, accélèrent les mouvements de cet organe.

L’appauvrissement du sang, soit en quantité, comme on l’observe dans les hémorrhagies abondantes, soit en qualité, comme dans l’anémie, augmente aussi la fréquence des battements du cœur et produit des palpitations.

L’état fébrile et les influences morales exagèrent encore les contractions cardia({ues. Corvisart faisait jouer aux influences morales un l'ùle important dans la production des maladies du cœur. L’illustre médecin de Napoléon I" pensait ([ue la Révolution avait contribué pour une part considérable à augmenter les affections de cet organe. Mais il est probable que, si depuis cette époque, on a constaté un plus grand nombre de ces affections, c’est qu’elles sont mieux connues qu’autrefo-is ; il en est, de même d’autres maladies, le diabète, par exemple.

Insensibilité du cœur. — Comme tous les mus-* des, le cœur est doué d’une faible sensibilité. I peut être piqué sans provoquer de douleur, ainsi qu’Ilarvey le démontra devant Charles D' en . faisant toucher à ce prince le cœur du jeune fils

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