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obtenu pendant la distillation de la houille. C’est un liquide noir qui a l’odeur du goudron ordinaire et une odeur de benzine et d'acide phonique. Sa composition est assez complexe. On y trouve plusieurs acides, principalement l’acide phénique; des substances alcalines : ammoniaque, aniline, quinéine, etc.; des corps neutres, toluène, benzine, naphtaline, etc.
Ces diverses substances sont loin d’avoir la meme activité, quelques-unes d’entre elles ont même des propriétés sensiblement différentes; de là pour le coaltar une action qui n’est celle ni ne l’acide phénique ni d’aucun autre de ses composants et qui, au contraire, se distingue par des caractères à lui propres.
Le coaltar est astringeant, il stimule la contractilité des capillaires sanguins, resserre les tissus et les fait pâlir ; de plus, il constitue pour les êtres inférieurs, microzoaires ou microphytes, un toxique énergique. 11 arrête la putréfaction et les autres décompositions organiques en même temps qu’il masque les odeurs des produits de la fermentation putride.
Ces propriétés lui sont communes avec l’acide phénique, mais il diffère de ce dernier en ce qu’il n’est ni caustique, ni irritant. Le pouvoir toxique du coaltar s’arrête encore aux espèces inférieures et ne se montre ni chez les animaux supérieurs ni chez l’homme. Ce sont là des avantages assez sérieux, qui sont dus vraisemblablement à la combinaison des acides avec les substances basiques et aussi à la présence de quelques corps neutres qui, comme la naphtaline, sont doués de propriétés adoucissantes et sédatives, capables de modifier ou tout au moins de tempérer l’action irritante de l’acide phénique et de la benzine.
Le coaltar se rapproche certainement aussi du goudron végétal; il s’en distingue pourtant d’une façon très nette par ses propriétés balsamiques notoirement moindres et, d’un autre côté, par ses propriétés antiseptiques infiniment supérieures. De plus, sa réaction au papier de tournesol est neutre, tandis que celle du goudron végétal est acide.
Le coaltar conserve donc dans la grande classe des médicaments antiseptiques sa physionomie propre, et c’est commettre une erreur que d’attribuer ses propriétés soit à l’acide phénique, soit à la benzine, soit à tel autre corps que la chimie a pu en retirer. Son action est complexe comme sa composition : elle est la résultante de toutes les actions propres de ses éléments, modifiées elles-mêmes par des combinaisons sur la nature desquelles la chimie, malgré ses progrès, n’a pu encore nous édifier d’une façon satisfaisante.
Le coaltar n’est pas d’un maniement facile, et c’était là, on peut le dire, le plus grand obstacle à son emploi. Les digestions qu’on en pouvait obtenir n’avaient aucune valeur et les quelques essais de mélange tentés soit avec le plâtre, soit avec la sciure de bois, n’avaient pas donné grand résultat. MaisM. F. Le Beuf, pharmacien distingué de Bayonne, en préparant son émulsion, a résolu le problème de la façon la plus satisfaisante. Et le coaltar saponiné est aujourd’hui la seule forme pharmaceutique sous laquelle est employé le coaltar. u' G. iiAUM.^xn.
COALTAR SAPONINÉ LE BEUF. — Le coaltar saponiné de Le Beuf n'est autre chose que l’émulsion du coaltar obtenue par l’intermédiaire de la teinture quillaya saponaria. C’est un liquide laiteux, d’une couleur jaune verdâtre, doué d’une odeur presque agréable, et d’une conservation indéfinie.
Le coaltar dans cette émulsion n’a subi aucune altération chimique ; il a simplement été divisé mécaniquement à l’aide d’un procédé spécial qui permet de pousser cette division aussi loin que possible.
C’est là, on le conçoit, un point important, l’altération du coaltar ne pouvant qu’entraîner une modification fâcheuse de ses propriétés, sans parler de l’action topique que pourrait avoir la substance artificiellement combinée au coaltar pendant l’opération.
La saponiné, agent de cette émulsion, est bien connue, puisqu’elle constitue le principe actif de la saponaire officinale : c’est au point de vue chimique un corps neutre comme la gomme et le sucre. Elle ne peut donc, comme on l’a prétendu, se combiner au coaltar pour former un savon.
Le coaltar saponiné Le Beuf est donc une simple émulsion du coaltar en nature.
Cette émulsion est, d’ailleurs, parfaite, et il serait impossible, même à la loupe, de distinguer la moindre parcelle médicamenteuse en suspension. Enfin, ce qui la caractérise d’une façon toute particulière, c’est sa stabilité et sa propriété de diffusion au sein des liquides avec lesquels on la mélange. Quelque soit son âge, elle conserve son intégrité et reste toujours miscible à l’eau en toutes proportions.
Le coaltar, n’ayant subi aucune altération chimique, conserve nécessairement dans l’émulsion Le Beuf les propriétés que nous lui avons reconnues. Son extrême division mécanique présente même, en outre, l’immense avantage de rendre son contact plus régulier et d’assurer son action antizymotique.
L’alcool qui entre dans la préparation de M. Le Beuf, mais qui ne s’y trouve qu’en assez faible proportion, ajoute ses propriétés bien connues à celle du coaltar, et sa présence dans l’émulsion Le Beuf ne peut être qu’avantageuse.
Quand à la saponiné, son action topique est légèrement excitante, de plus elle a la propriété de dissoudre les corps gras à la manière d’un savon de soude. Ce sont là encore des vertus précieuses dans les cas ouest indiqué le coaltar saponiné. Grâce à la saponiné, les plaies et les muqueuses parfaitement détergées sont toujours dans un état de propreté remarquable. Nous n’avons pas à nous occuper ici de l’action de la saponiné à l’intérieur. Disons cependant qu’elle est bien anodine, si l’on en juge par le peu d’efficacité des préparations de saponaire, et que, d’ailleurs, la faible quantité nécessaire pour obtenir l’érnulsion la rend, dans tous les f cas, absolument inoffensive; elle passe inaperçue.
En résumé, le coaltar saponiné Le Beuf jouit de propriétés antiseptiques remarquables ; il maintient les plaies très propres, il exerce une action légèrement stimulante sur les tissus, sans que jamais cetic excitation aille jusqu’à l’irritation ; dans l’ini-
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nuMise majorité des cas, son application n’est nullement douloureuse ; enlin, il n’est en aucune façon toxique et peut être laissé sans danger entre toutes les mains. Ce sont là des avantages précieux, puisqu’ils permettent d'éviter tous les inconvénients justement reproeliés à l'acide pliénique (V. Phénique).
L'émulsion de coaltar saponiiié Le lîeuf est d’un emploi très facile. L'émulsion mère est titi'ée au cinquième ; rien donc de plus simple que son dosage. .Si l'on veut par exemple, une solution au dixième, on mélange parties égales d'eau et d’émulsion mère; si on veut une solution au cinquième, on uiélange une partie d'émulsion mère et deux pailfies d' eau, etc. Ce mélange se fait avec la plus grande facilité et avec une perfection telle qu'il est impossible d'isoler la moindre parcelle du médicament. 11 peut, d'ailleurs, être effectué avec plusieurs liquides, l'alcool, la glycérine, etc., ce qui permet, selon les cas, de varier le pansement.
L'émulsion de coaltar ou coaltar saponiné Le Hcuf accueilli, dès son apparition, par le corps médical avec la faveur la plus marquée, fut admise dès 1862, dans le service des hôpitaux de Paris. C’était pour elle une première consécration.
Employée avec succès en 1870, pendant le siège, à Paris, ainsi qu'à l'hôpital maritime de Brest, elle reçut un second témoignage en 1875 : par décision ministérielle, en date du 11 mai, son emploi fut autorisé dans le service des hôpitaux et infirmeries de la marine nationale française.
Objet d'études aussi sérieuses que prolongées de la part d'un grand nombre de médecins distingués, chefs de service dans les hôpitaux, le coaltar saponiné reçut de tous les mêmes éloges ; et il suffit de rappeler les noms de Jules Lemaire, de Broca, de Bazin, de Gratiolet, de Michon, de Blache, de Bouchut, de Courty, de Jossic, de Beau, de Duplouy, de Siredey, de Lorain, de Le Blond, etc., etc., pour montrer que ses états de service sont dûment enregistrés.
Le coaltar saponiné Le Beuf a été employé avec succès dans le traitement des affections génito-urinaires chez la femme (accouchement, lochies, hémorrhagies utérines, leucorrhées simples ou liées à une métrite, vaginite, vulvite, cancer de l’utérus, etc.) ; dans le traitement des affections des organes génitaux urinaires chez l’homme (balanite, balano-posthite, herpès du prépuce, chancres, etc.); dans le pansement des plaies et des ulcères; dans le traitement des brûlures ; contre certaines maladies de peau (intertrigo, croûtes de la tète, impétigo, herpès tonsurant, pityriasis, eczéma, rupia, etc.) ; contre l’eczéma et l’otorrhée, enfin contre la stomatite ulcéro-menibraneuse, ladiphthérite, etc. D' G. Harmant.
COAPTATION. — On donne ce nom en chirurgie à un procédé qui consiste à rapprocher exactement les unes des autres les deux cxtrémilés d’un os fracturé, ou les deux surfaces articulaires d'une articulation luxée. P. L.
COCA. — La coca est le nom donné aux feuilles d'un arbrisseau de r.Vméri(jue du .Sud, l'érythroxile
du Pérou. Ses feuilles, les seules parties de la plante, usitées en médecine, sont entières, elliptiques, allongées, d’une couleur jaune verdâtre, d’un arôme particulier qui rappelle celui du thé. Leur composition, analogue à celle du thé et du café, renferme comme eux un alcalo’i'de, la cocaïne, dont les petits prismes incolores sont peu solubles dans l’eau, beaucoup dans l’alcool et l’éther.
Employée depuis un temps immémorial par les Indiens de l’Amérique du Sud, la coca jouit, aujourd'hui plus que jamais, d’une réputation immense dans la Bolivie, au Pérou et dans la partie occidentale du Brésil. Les habitants de ces pays lui attribuent des propriétés extraordinaires. On raconte que ceux qui en font usage peuvent passer un ou deux jours sans prendre aucune sorte d’aliments. Les voyageurs euxmêmes résistent pendant longtemps aux fatigues, à la faim et à la soif sans éprouver la moindre déperdition des forces, s’ils ont pris la précaution de se munir d’une provision de coca suffisante. Ces .
récits merveilleux ont pique la curiosité des physiologistes. Un certain nombre d’expérimentateurs ( Montegazza,
Campbell, Niemann,Tschudy) Fig. Tn. — Coca.
ont voulu se rendre compte
par eux-mêmes et leurs résultats ne sont pas sans
avoir une certaine concordance avec les symptômes
mentionnés.
Effets. — La coca placée dans la bouche y développe, en s’humectant, la saveur du thé; mâchée, elle augmente la sécrétion salivaire et laisse dans l’arrière-gorge un goût amer, faiblement astringent. L’estomac reçoit de sa présence une impression favorable, un sentiment de bien-être suivi d’une amé lioration sensible dans les fonctions digestives. En circulant à travers les nombreux canaux de notre organisme, la coca produit l’augmentation de l’urée, la fréquence des pulsations cardiaques, l’accélération des mouvements respiratoires et l’élévation de la témpérature; au lieu d’être un médicament d’épargne, comme le café et le thé, elle est, au contraire, un agent d’oxydation qui relève les forces au dépens de notre propre substance. Elle surexcite le système nerveux, active toutes les fonctions, d’où résulte une augmentation du travail de la machine animale et un amaigrissement proportionné aux dépenses qui ont été nécessaires. De là, l’explication des marches forcées de plus de cent lieues qu’exécutent les Indiens avec une nourriture insuffisante et avec la même énergie musculaire. On n’observe, à la fin de leurs voyages, qu’un peu de diminution dans leur embonpoint qui ne serait pas survenue s’ils étaient afimentés d’une façon convenable.
Prise en infusion, à doses peu élevées (10 gram. pour 150 gram. d’eau), la coca produit une stimulation légère comme le thé; à doses plus fortes, elle détermine, comme lui, de l’iusomnie et de l’agita-
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tion, si on va plus loin, elle engendre une ivresse analogue à celle du hachisch ; enfin à doses excessives et continuées pendant longtemps, on observe tous les phénomènes du cocdisme, c’est-à-dire d’une intoxication chronique caractérisée par la maigreur, la teinte ictérique, les obstructions intestinales, l’anorexie, l’ascite, l’insomnie, le marasme et la mort. Quelques individus réfractaires ont survécu à l’abus de ce stimulant dangereux et ont présenté une longévité surprenante. Toujours est-il que prise avec modération, elle n’offre pas d’inconvénients, elle excite, réveille les sens engourdis, facilite les digestions paresseuses, dissipe les flatulences et redonne une nouvelle vitalité à tous les rouages de notre organisation.
Usages. — De ces effets physiologiques dérivent des indications thérapeutiques importantes. La première de ces indications se concentre sur la muqueuse gingivale et les maladies de la bouche. Les voyageurs vantent la coca comme précieuse pour conserver les dents, calmer l’odontalgie, dissiper l’engorgement consécutif. Son efficacité est reconnue dans les stomatites aphtheuses, scorbutiques, ulcéreuses, gangréneuses, mercurielles (Gubler, Richelot). Elle n’agit pas moins bien sur les maladies de l’estomac en favorisant les fonctions de ce viscère et diminuant sa sensibilité maladive. Aussi est-elle indiquée dans les gastralgies, les embarras gastriques, les anoréxies (Montegazza), etc. Mais la coca exerce en outre une action stimulante générale sur l’économie tout entière, elle doit combattre avec avantage les troubles nerveux, les états d’atonie et de faiblesse, les grandes prostrations, l’hypocondrie, le spleen, l’anémie, la chlorose, la leucorrhée les convalescences longues et pénibles. En qualité d’agent d’oxydation, les personnes obèses pourront trouver en elle un précieux remède contre leur embonpoint embarrassant.
En définitive, la coca rend des services réels contre les affections non inflammatoires du tube digestif, certaines névroses, certaines cachexies et quelques diathèses.
Les modes d’administration doivent varier suivant l’état morbide qu’on veut modifier. S’agit-il d’une stomatite, d’une gingivite, on fera mâcher les feuilles de la coca à la dose de 4 à 6 grammes par jour; s’agit-il d’une gastralgie, on fera prendre la coca en infusion, en poudre, en extrait, en teinture, en élixir, en sirop ou en vin. L’infusion se fait avec 4 à 5 feuilles, elle a la couleur, la saveur et l’arome du thé, c’est la préparation la plus employée. On se sert souvent aussi de l'élixir, du sirop et du vin au nombre de deux ou quatre cuillerées par jour et même davantage au besoin. La spécialité est venue augmenter, à son tour, les moyens d’emploi de cette substance et nous avons actuellement plusieurs préparations parmi lesquelles nous citerons le vin de coca de Chevrier, le qiiina Rocher, à base de quina, de coca et de cacao, etc.
D'' Marc. Camboulives.
COCCYGIENNE. — Nom donné en anatomie à une branche de l’artère ischiatique. p. l.
COCCYX. — Le coccyx qui doit son nom à sa res-
semblance avec le bec d’un coucou, est un os impair, médian, symétrique, formé par la réunion de quatre ou cinq fausses vertèbres très incomplètes, qui continue le sacrum et termine la colonne vertébrale. Sa base , dirigée en haut, s’articule avec la pointe du sacrum ; son sommet présente un tubercule osseux qui est souvent dévié en arrière, sur les côtés et surtout en avant; sa face antérieure légèrement concave est en rapport avec le rectum, tandis que sa lace postérieure , convexe , irrégulière, est recouverte par quelques fibres du muscle grand fessier et par la peau ; ses bords latéraux sont rugueux et donnent insertion au grand ligament sacro-sciatique et au muscle ischio-coccygien.
Le coccyx est quelquefois le siège de fractures. Toutefois, elles sont très rares et ne s’observent guère que chez les vieillards. p. l.
COCHENILLE. — Nom donné à de petits insectes hyménoptères qui fournissent une poudre d’un beau rouge vif, vantée jadis contre la coqueluche, mais employée seulement maintenant en pharmacie pour colorer diverses préparations. p. i.
COCHLÉARIA. — Nom donné à une plante herbacée, bisannuelle, de la famille des crucifères, qui croît abondamment sur les bords de la mer, et qu’on cultive aussi dans les jardins, et dont on emploie surtout les feuilles, les sommités fleuries et les tiges. Le cochléaria, inodore lorsqu’il est intact , exhale , lorsqu’on l’écrase , une odeur forte et pénétrante.
Lorsqu’on le mâche, il a une saveur amère et piquante peu agréable , mais stimulante. Le cochléaria est surtout employé comme antiscorbutique et il entre dans la composition du sirop antiscorbutique ; on l’a administré aussi comme antiscrofuleux. p. L.
Fig. 279. — Cochléaria.
COCO. — On donne le nom de coco à une boisson populaire à Paris et dans les grandes villes, où on le vend sur les places publiques, les promenades et devant les théâtres, pendant l’été, et qui est faite avec de la réglisse macérée dans de l’eau et additionnée d'un peu de citron. Son nom lui vient de ce que jadis les débitants la servaient dans des coques de noix de coco. Cette boisson n’a rien de malsain. p. l.
COCO. — Le coco est le fruit du cocotier, arbre de la famille des palmiers, très gros, enveloppé extérieurement d’un brou fibreux et renfermant dans une coque ovale très dure, une amande creuse qui contient, avant d’être complètement mûre, un
Fig. 278.
Coccyx (Face antérieure).