‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privéeChapitre 125 sur 238 · COI · texte numérisé non relu

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"rênes des extrémités; ces divers accidents se rattachent à des embolies, c'est-à-dire au déplacement de caillots ou de corps étrangers qui, du cœur, ont été lancés dans diverses artères.

Les blessures du cœur peuvent se terminer de trois tarons ditVéreutes : l" La mort est immédiate ou à peu près. Cette mort immédiate est assez rare (sauf dans les blessures par armes à feu). Ce ras excepté, la mort est la conséquence, soit d'un épanchement sanguin dans le péricarde et d'un arrêt mécanique du cœur, soit de la syncope.

2° La vie se prolonge pendant un temps variable. — De quelques heures à quelques mois. La mort est la conséquence du déplacement d'un caillot, d'une complication, telle que péricardite, pleurésie.

'J" La guérison est définitive. — Saris être fréquent, ce mode de terminaison est possible, ainsi que le prouvent d’assez nombreux exemples ; cependant il est rare que la plaie ne laisse pas après elle soit des adhérences péricardiques, soit des endocardites dont les conséquences peuvent à la longue être funestes.

I.es indications du traitement des plaies du cœur ont été ainsi formulées par Jamain : favoriser la formation d'un caillot obturateur au niveau de la plaie et prévenir sa chute ; prévenir et combattre la péricardite et la myocardite; dans ce but le blessé sera astreint à une immobilité absolue; on modérera l'impulsion du cœur par la saignée et l'administration de la digitale; s’il existe dans la plaie e.xtérieure un corps étranger facile à extraire, il faut se hâter de l'enlever avec les précautions voulues; mais si sa présence dans la profondeur de la plaie n’est que soupçonnée, on peut, sans ériger ce conseil en précepte absolu, rester dans l’expectation.

D' Léon Moynac.

COIFFURE. — La coiffure est cette partie du vêtement destinée à protéger la tête contre la chaleur, le froid, l'humidité, le vent, à la mettre à l’abri des chocs extérieurs et aussi à protéger les yeux contre l'action directe des rayons solaires. Avec Fonssagrives, nous répéterons qu'une bonne coiffure doit réunir plusieurs qualités ; elle doit fournir un abri convenable suivant la saison; être légère ; avoir une porosité suffisante pour ne pas emprisonner une couche d'air chaud et humide entre elle et la tète ; avoir une stabilité telle qu'elle dispense de contractions fatigantes des muscles du front; n’exercer aucune compression.

Chez les enfants nouveaux-nés , la coiffure a une grande importance; la meilleure est sans contredit le simple béguin en toile s’étendant jusqu’au front et couvrant la fontanelle antérieure, et par-dessus un simple bonnet de fil, noué sous le menton avec un ruban. Lorsque les enfants commencent à marcher, le bourrelet léger, élastique, en baleine flexible, laissant passer l'air et assez résistant pour protéger leur tête contre les chocs extérieurs et les chutes, constitue une excellente coiffure. Plus tard, jusqu'à l’adolescence, les casquettes en drap léger, avec une visière assez grande, les chapeaux de feutre mou et les chapeaux de paille seront les coiffures du dehors. Dans l'appartement et au lit, la meilleure coiffure pour eux est de n’en avoir pas.

Quant aux adultes, le chapeau de feutre mou, gris ou marron, à larges ailes, et le chapeau de paille devraient être leurs seules coiffures. Malheureusement, le chapeau de soie règne en maître ! Or, il n’existe pas de coiffure plus absurde, plus incommode et plus disgracieuse. Il est lourd, comprime le front, recouvre incomplètement la tête, préserve très mal les yeux, ne protège pas du tout les oreilles, entretient une chaleur et une humidité constante sur la tète, et le nombre de migraines, de névralgies qu’il occasionne est incalculable. Malgré cela, la puissance de la mode est telle, que rien ne le détrônera.

Les vieillards et, en général, tous les individus chauves, et par suite très sensibles aux variations de température, doivent, s’ils veulent éviter les rhumes de cerveau chroniques, les maux de tête opiniâtres et les névralgies dentaires, porter soit des perruques, soit, ce qui est préférable, des calottes de soie ou do velours pendant le jour et un bonnet de coton ou un foulard pendant la nuit. Le bonnet de coton léger est môme préférable au foulard qui, pour être maintenu sur la tête, a besoin d’être serré très fortement, ce qui peut occasionner des malaises.

Je ne parlerai pas de la coiffure des femmes qui est par trop capricieuse et presque toujours faite, quelle qu’elle soit, en dépit des règles de l’hygiène la plus élémentaire. Je ne peux que leur conseiller de porter pendant l'hiver des chapeaux fermés avec des brides qui protégeront leurs oreilles et leur cou contre le vent, le froid, et par suite leur éviteront bien des migraines et des névralgies dentaires. Quant à la coiffure de nuit, un simple bonnet de linge ou de dentelle, une résille, sont très suffisants ; mieux vaudrait même coucher tête nue.

D' Paul Labarthe.

COING. — On donne ce nom au fruit du Cognassier. De la grosseur d’une poire, très charnu, d'une belle couleur jaune quand il est mùr, le coing cru a une odeur forte qui porte à la tête et qui est dés igréable à plusieurs personnes, et une saveur en même temps acide, âpre et amère. On prépare avec eux des compotes, de la pâte, des confitures et un sirop, employés comme acidulés et astringents contre les diarrhées chroniques.

Les pépins ou grains du coing renferment de notables quantités de mucilage qu’on emploie comme émollient et adoucissant dans le traitement de l'érysipèle, des hémorrhoïdes enflammées, des gerçures des lèvres et du sein, etc. Ce mucilage est aussi employé par les parfumeurs pour fabriquer un mélange fixaleur des cheveux appelé bandoline. p. l.

COIRRE (PODOPHYLLE.) — M. Coirre, pharmacien érudit, connu par plusieurs recherches intéressantes, est le premier qui ait vulgarisé en France la podophylle (V. ce mot), cet excellent régulateur des fonctions intestinales, ce précieux remède de la constipation, fort en usage en Amérique et aussi en Angleterre. 11 prépare, avec la podophylle qu’il fabrique lui-même, des pilules petites, sans odeur ni saveur, très faciles à avaler et dosées de telle sorte qu’il suffit d’en prendre une seule, rarement

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deux, immédiatement avant le dernier repas ou en se couchant, pour avoir dans la matinée une garderobe naturelle, et cela, sans éprouver de coliques.

Lorsque, tous les jours pendant une semaine, on a obtenu une selle naturelle, à la même heure, il faut songer à supprimer peu à peu les pilules, pour laisser aux organes le soin d’agir sans auxiliaires. On n’en prend plus que tous les deux jours, puis tous les trois jours, tout en ayant soin de se présenter bien régulièrement à la garde-robe, à la même heure, et on cesse enfin tout à fait. On s’observe pendant quelque temps et, si une seule fois se passe sans qu’il y ait de garde-robe, on reprend exactement le traitement du début pendant trois ou quatre jours, pour recommencer encore en tâtonnant, une fois ou autre si besoin est, et bientôt la régularité se maintient d’une façon permanente.

Vraiment excellentes contre la constipation, les pilules de podophylle Coirre sont de plus employées avec succès à la cure des hémorrhoïdes et des coliques hépatiques. Nous ne saurions enfin trop en recommander l’usage aux femmes pendant la grossesse. D-- C. Sarran.

COÏT. — Synonyme de Copulation (V. ce mot).

COKE. — On donne ce nom à une variété de charbon léger, celluleux, provenant de la calcination ou de la distillation de la houille, très usité pour le chauffage des appartements et dans bon nombre d’usines et d’ateliers. Le coke est, sans contredit, le combustible le plus économique. Il brûle sans flamme, mais aussi sans fumée et sans odeur, et donne une chaleur suffisante quoique inférieure à celle de la houille. p. l.

COL. — Nom donné anciennement au cou (V. ce mot). — Nom donné aussi par les anatomistes à certaines parties plus étroites que le reste de l’organe auquel elles appartiennent; ainsi on dit col du fémur, col de Vhumérus, col de l'utérus, etc. p. l.

COL DE CYGNE. — {\ oyez affusion).

COLACHAU. — On appelle ainsi une huile, succédanée de l’huile de foie de morue, qui ne se trouve que depuis peu de temps dans le commerce anglais, du moins au point de vue de ses applications médicales. Elle provient d'un poisson, analogue au hareng, qui habite les côtes de Quadra, de la Colombie anglaise et des îles Vancouver. Ce poisson est tellement rempli de graisse, que, desséché, il est employé comme flambeau. p. l.

COLCHIQUE. — Le colchique d’automne est une plante herbacée, bulbeuse, vivace, qu’on trouve communément dans les prairies et les pâturages humides. Elle offre une tige courte, surmontée de feuilles engainantes, larges, ne se montrant qu’en hiver. Les fleurs grandes, d’un rose tendre ou rose lilas, paraissent toujours avant les feuilles, vers la fin de septembre. Les fruits capsulaires, à trois loges, contiennent une grande quantité de graines de la grosseur d’une tète d’épingle, sphériques, noirâtres, rugueuses, difficiles à pulvériser. Le bulbe lui-

même qui sert de support à la tige présente lagrosseur d’un marron, est conique, strié longitudinalement, convexe d’un côté, aplati et creusé d’un sillon profond du côté opposé, de couleur gris noirâtre à l’extérieur avec pulpe farineuse, blanche en dedans.

Chaque année un nouveau bulbe renaît de l’ancien qui se détériore et se réduit en poussière. 11 doit être récolté avant la sortie de la fleur, c’est-àdire au mois d’août, époque à laquelle il renferme outre la gomme, l’amidon, etc., une plus grande quantité de principe actif, la colchicine ; c’est une poudre blanc-jaunâtre, soluble dans l’eau, l’alcool, l’éther, douée d’une saveur amère persistante, qui tue à la dose de dix centigrammes seulement, en produisant une diarrhée sanguinolente incoercible. Du reste, cette amertume existe dans tontes les par-

ties de la plante sans exception et leur communique une saveur fort désagréable.

Effets. — L’action physiologique du colchique présente un grand nombre de points obscurs que la science n’a pas encore élucidé. Cela provient de ce que les expérimentateurs n’ont pas mis en usage une substance toujours identique. Les uns se sont servis des semences, les autres, et c’est le plus grand nombre, ont employé les bulbes récoltés à diverses époques de leur maturité. Or les semences sont plus actives et plus uniformes dans leurs effets ; les bulbes sont d’autant plus toxiques et curatifs qu’ils ont été récoltés à point et dans un pays plus chaud. Quoiqu’il en soit, de petites doses sont généralement reconnues pour être diurétiques, sédatives et contro-stimulantes; de hautes doses, au contraire, irritent tellement le tube digestif qu’elles sont drastiques, émétiques et dangereuses.

Usages. — D’après ce court exposé physiologique, nous ne nous étonnerons pas maintenant que le colchique ait subi tant de vicissitudes diverses. Vanté par les uns outre mesure, discrédité par les autres sans fondement, il compte encore au nom-

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bre des médicaments utiles, mais dont l’activité mérite d’ètre surveillée avec soin. Storck prétendait en retirer de bons effets dans l'hydropisie etTasthnie humide. Murray combattit ses idées et fit ressortir que ce médicament n’était qu’un faible succédané de la scille àce point de vue. Plus tard, de nombreux observateurs le préconisèrent dans la chorée, la leucorrhée, les affections cérébrales ou pulmonaires. La publication des bons résultats qu’ils en avaient obtenu trouva dans la suite une foule de savants contradicteurs qui réduisirent à néant leurs belles promesses.

Dans ces derniers temps, Fiévée fit du colchique le spécifique du principe goutteux; Garrod, Bœcker, Galtier-Boissières imitèrent en grande partie son exemple, et l’on peut dire aujourd’hui avec Gubler que, si le colchique n’est pas le spécifique proprement dit de la diathèse goutteuse, il en diminue du moins l’intensité des manifestations, en abrège les accès, en arrête momentanément le travail inflammatoire, sans avoir la propriété, ni d’en faire cesser la disposition organique, ni d’en prévenir le retour. Il en est de même du rhumatisme articulaire aigu contre lequel ce remède agit avec avantage comme antiphlogistique et palliatif des accidents inflammatoires.

En définitive, le colchique, inutile ou dangereux dans les affections morbides que j’ai mentionnées ci-dessus, ne rendra des services réels que dans le rhumatisme et surtout dans la goutte en diminuant la sensibilité cutanée, l’état inflammatoire local, et en produisant une dérivation salutaire sur le tube gastro-intestinal, accompagnée d’une ou plusieurs évacuations copieuses.

On connaît aujourd’hui un grand nombre de spécialités, pour la plupart à base de colchique, très vantées contre la goutte, les plus renommées sont : y antigoutleux Boubée, la liqueur de Laville, le vin d'Anduran, les pilules de Lartigue, etc.

Le mode d’administration du colchique varie. Il se donne souvent en teinture, peu en poudre, alcoolature, et vin, rarement en extrait. La teinture 8e prescrit depuis 5 à 30 gouttes jusqu’à 5 et même 8 grammes par jour dans une potion ou dans un véhicule approprié : eau sucrée, infusion légère soit de thé, soit de café, soit de queues de cerises, jusqu’à production de quelques évaluations alvines à la suite desquelles rengorgenient J goutteux disparaît ordinairement et le malade se . trouve subitement soulagé. Il faut toutefois aider . l’action du remède par une alimentation très légère; mais ne pas forcer les doses du colchique, ni les continuer trop longtemps, car ses effets s’accumulent) dans l’organisme et il peut en résulter des désordres fâcheux, d’autant plus à craindre que les malades semblent s’habituer plus facilement à lui.

Maintenant je n’ai plus à dire que quelques mots sur les autres modes d’emploi du colchique. Le vin se donne seulement à la dose de 10 à 4ü et rarement 60 grammes par jour dans une tasse de thé. Il est beaucoup plus actif que la plupart des vins médicinaux, et se donne pour cette raison, à une dose inférieure, jamais pur et presque toujours dans une infusion aromatique. D' Marc. Camboulives.

Empoisonnement par le colchique. — Les empoisonnements par le colchique sont presque toujours accidentels ou le résultat d’un suicide. On ne connaît pas de cas dans lesquels il ait été employé dans un but criminel. Les symptômes sont généralement bient marqués. Au bout d’une heure, quelquefois dé deux ou trois, le malade ressent une douleur brûlante dans le gosier, l’estomac et le ventre; il a une soif intense, des nausées et des vomissements violents et persistants et une diarrhée très forte conduisant rapidement à l’épuisement. Le pouls est petit, faible, les extrémités se refroidissent et la mort survient ordinairement sans convulsions et sans que le malade perde connaissance.

Lorsqu’on est en face d’un empoisonnement par le colchique, il faut, avant même de provoquer les vomissements, administrer au malade du café très fort additionné d’un peu de tannin. Puis on fait vomir le malade; mais les vomissements se produisent d’ordinaire sans qu’il soit besoin de les provoquer. Lorsqu’ils ont cessé, on administre une potion calmante d’après la formule suivante :

Eau 100 grammes

Sirop de Heur d’oranger. . . 23 —

Éther sulfurique 25 gouttes

Laudanum Sydenham 25 —

par cuillerées à bouche toutes les dix minutes, une infusion de thé additionné d’un peu de rhum, et un lavement d’eau de guimauve additionnée de 50 grammes d’huile d’olive. D' Paul Labarthe.

COLD-CREAM. — Nom donné à un cosmétique journellement employé, dont voici la formule d’après le Codex :

Huile d’amandes douces récente . . . 215 grammes

Cire blanche récente 30 —

Blanc de baleine récent 60 —

Eau distillée de roses 60 —

Essence de roses 0,30centig.

Teinture de benjoin 15 grammes

On fait liquéfier la cire et le blanc de baleine dans l’huile, à une douce chaleur; on coule le produit dans un mortier de marbre chauffé, et on triture jusqu’à refroidissement. On ajoute alors l’essence de rose, puis on incorportî par petite portion le mélange de l’eau de rose et de la teinture, préalablement passé à travers un linge.

Voici une formule de cold-cream inaltérable :

Mucilage de pépins de eoings 40 grammes

Savon d’huile d’amandes douces. ... 1 —

Acide stéarique 10 —

Glycérine neutre 2 —

Quelle que soit la formule adoptée, on peut donner au cold-cream le parfum que l’on préfère. P. L.

COLIQUES. — On donne le nom de coliques à des douleurs abdominales très vives, comparables à un resserrement, a une déchirure, à une constriction, etc.

Ces douleurs sont probablement la conséquence

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de la contraction exagérée des tissus musculaires à fibres lisses innervés par le grand sympathique.

Les coliques occupent en général l’intestin, et le mot colique employé seul sert à désigner une colique intestinale; mais elles peuvent encore siéger dans le canal cholédoque, l'urclère et l’utérus (coliques hépatiques, néphrétiques et utérines) (V. ces mots).

Bien que présentant des variétés infinies, les douleurs de la colique sont habituellement très vives; elles peuvent même plonger le malade dans une angoisse inexprimable : il a recours à toutes sortes de comparaisons pour exprimer ses souffrances ; c'est un resserrement, un tortillement, une déchirure, etc. Les uns se roulent dans leur lit, se couchent sur leur ventre; chez d’autres, au contraire, le moindre contact exagère les douleurs. Cependant, un des meilleurs caractères différentiels entre les douleurs de la péritonite et celles de la colique, c’est que les premières s’exaspèrent par le moindre contact, le mouvement le plus léger, etc., qui, en général, n’augmentent pas les douleurs de la colique. L’accroissement de la sensibilité de l’intestin rend ses mouvements appréciables. Aussi le malade a-t-il, pendant la colique, une sensation très nette des mouvements péristaltiques ,et antipéristaltiques des intestins.

Les coliques intestinales s’accompagnent d’un besoin impérieux d’aller à la garde-robe ; les efforts sont suivis de l’expulsion de matières qui ne tardent pas à devenir molles, mais dans d’autres cas ils restent infructueux [colique sèche).

Dans les coliques hépatiques et néphrétiques, il se produit par action réflexe des vomissements, etc. En général, le pouls reste calme; cependant il peut devenir petit, faible, irrégulier, le visage se couvre d’une sueur froide et visqueuse.

Ajoutons que, loin de présenter cette intensité, les coliques peuvent être légères. Leur durée est subordonnée à leurs causes.

On sait que le grand sympathique préside aux contractions de la tunique musculaire de l’intestin, de l’utérus, du canal cholédoque, de l’uretère ; on sait également que , contrairement à l’opinion ancienne, son excitation pathologique provoque de vives douleurs; or, en analysant les différentes conditions dans lesquelles se produit la colique, en tenant compte du caractère expulsif de la douleur, on est conduit à considérer les coliques comme le résultat d'une tension ou d'une contraction exagérée des muscles à fibres lisses qui forment la tunique de l'intestin, de l’uretère, du canal cholédoque, de la matrice.

Les coliques hépatiques, néphrétiques et utérines ne se produisent que dans des circonstances l'ares, parfaitement déterminées et dont la signification est très nette (V. ces mots);

11 est difficile d’établir une classification rigoureuse des coliques intestinales ; on peut cependant les diviser en deux groupes :

/ Phlcsmasies aiguës et clironi-

I qucs.

A. Coliques symploniatiqucs / Ulcérations tle rintestiu,

(l’une lésion de l'intestin, j Empoisonnements.

\ Occlusions intestinales.

j Corps irritants dans l’intestin

(tels que gaz, matières stercorales très dures.

Vers intestinaux.

Colique nerveus’e.

Colique sèche des Antilles, du Poitou, etc.

Colique par refroidissement.

Colique par émotion morale.

Nous nous bornerons à dire quelques mots des variétés les plus importantes, en faisant remarquer que la colique ne peut, à elle seule, nous révéler la nature de la maladie qui la produit.

Dans l'entérite simple le malade éprouve une douleur vague dans l’abdomen, cette douleur s’exaspère par accès et il survient des évacuations d’abord solides puis molles, liquides et muqueuses (diarrhée); ces évacuations apaisent momentanément la colique, qui se répète plus ou moins souvent suivant la gravité des cas.

Si le catharre frappe le duodénum, il survient souvent, du troisième au septième jour, un ictère produit par l’extension du catarrhe aux voies biliaires; si au contraire l’inflammation frappe le gros intestin, les selles sont tout à fait muqueuses, souvent sanguinolentes, s’accompagnent de ténesme et annoncent habituellement la dyssenterie.

Dans les empoisonnements, les coliques sont extrêmement vives, surtout dans les empoisonnements par les drastiques (bryone, coloquinte, gommegutte, etc., etc.), et s’accompagnent d’évacuations sanguinolentes : le développement rapide de la colique après l’ingestion de ces substances, les vomissements, etc., révèlent leur cause.

h'occlusion intestinale donne lieu à des coliques d’autant plus vives que l’obstacle dont cherchent à triompher les contractions intestinales est plus infranchissable, les anciens leur avaient donné le nom de coliques de miserere; à chacune d’elles, on voit toute la masse intestinale placée au-dessus de l’obstacle se dessiner sous forme d’un cylindre agité d’un mouvement vermiculaire.

On reconnaît aisément la cause de ces coliques à l’invasion brusque de la maladie, aux vomissements qui ne tardent pas à prendre le caractère fécaloïde, à la constipation opiniâtre, au ballonnement du ventre. Quant à la cause même de l’occlusion, si parfois elle est très nette comme dans la hernie étranglée, souvent elle ne peut être que pré* sumée.

La pneumatose intestinale, qu’elle que soit sa cause, nécessite de la part de l’intestin des contractions exagérées, c’est-à-dire des coliques destinées à expulser la masse gazeuse. Le météorisme, la progression des gaz à chaque colique, rapaisoment de la douleur après leur expulsion par l’anus, ne laissent aucun doute sur la nature de ces coliques. ,

La colique de plomb est l’accident le plus ordinaire de l’intoxication saturnine; précédée pendant quelques jours de phénomènes dyspeptiques (perte d’appétit, bouche pâteuse et amère, langue blanche, haleine fétide, saveur métallique, etc.), (die éclate bientôt sous forme de douleurs de ventre dont l’acuité peut acquérir un degré intolérable.

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Cotte douleur est calmée par une pression exercée sur une large surface du ventre, les muscles abdominaux déterminent une rétraction toute spéciale de la paroi ; de plus elle s’accompagne d’une constipation opiniâtre. Bien traitée, elle guérit en quelques jours.

Cette colique est probablement l’expression de la névralgie des plexus sympathiques abdominaux; la constipation peut être considérée comme l’effet de l’excitation anormale du nerf splanchnique que l’expérimentation a démontré être le nerf d’arrêt des mouvements péristaltiques.

La nature de cette colique sera aisément reconnue, d'abord par ses caractères, puis par les autres manifestations du saturnisme : profession du malade, liséré noirâtre sur les gencives, teint ictérique, etc. D'' Léon Moynac.

COLLAPSÜS. — Mot latin employé en médecine pour désigner un état particulier dans lequel il y a, d’une part, diminution de l’excitabilité du cerveau qui fait que cet organe cesse ses fonctions, ou les remplit très irrégulièrement, et, d'autre part, une défaillance extrêmement prompte du système musculaire qui fait que le malade est incapable de contracter ses muscles et abandonne ses membres à l’action de la pesanteur. p. l.

COLLATÉRAL. — Qualificatif donné en anatomie aux artères, veines et nerfs qui cheminent parallèlement ou sur les côtés d’un organe. On donne aussi ce nom aux ramifications des artères et des veines qui suivent à peu près la direction du tronc artériel ou veineux d’où elles proviennent, p, l.

COLLODION. — On donne le nom de collodion à un médicament de consistance sirupeuse dont voici la formule :

Coton-poudre ou fulmi-colon 7 grammes

Ether sulfurique 64 —

.4leooI 22 —

et qui se prépare simplement en faisant dissoudre le fulmi-coton dans le mélange d’éther ou d’alcool. Etendu sur la peau en couche mince, le collodion y laisse par évaporation un enduit transparent, comme membraneux, résistant à l’eau et à l’alcool, rétractile, très adhérent et complètement isolant. Lorsqu’on veut rendre le collodion flexible et non rétractile, il suffit d’ajouter à la formule donnée plus haut, 7 grammes d’huile de ricin : on obtient alors ce qu’on appelle le collodion élastique, de beaucoup le plus employé.

Le collodion appliqué sur la peau, détermine d'abord un abaissement de la température et une sensation de froid, due à l’évaporation de l’éther et qui d'après Robert de Latour peut être de 4 ou 5 degrés. 11 détermine ensuite de la compression, de la constriction et un certain engourdissement.

Ces différentes propriétés du collodion l’ont fait mettre à profit par bon nombre de médecins, comme adhésif dans le traitement des plaies , Comme topique dans les gerçures du sein, les crevasses des mains, les engelures; contre l’érysipèle, la dissenterie, la péritonite, l’herpès, l’eczéma, la variole, le

zona, etc., etc. Mon savant ami le D*' Bonnafond, médecin principal des armées, a employé avec succès les badigeonnages de collodion contre les orchites aiguës blennorrhagiques. Sur ses conseils j’ai expérimenté ce mode de traitement qui réussit fort bien, c’est vrai, mais qui est excessivement douloureux, et peut en outre, d’après Ricord, Richet et Gillette, causer dans certains cas des fissures et des excoriations. Rappelons enfin que plusieurs médecins prétendent prévenir le mal de mer en faisant sur la région épigastrique des badigeonnages de collodion. D' Paul Labarthe.

COLLOÏDE. — Nom donné à une variété de cancer ce mot).

COLLUTOIRE. — On donne le nom de cullutoire à des médicaments liquides, mais le plus souvent d’une consistance sirupeuse, destinés spécialement aux maladies de la bouche et de la gorge. Le collutoire se porte à l’aide du doigt, d’un pinceau ou d’une barbe de plume, ou encore d’une petite éponge, sur la partie malade plusieurs fois par jour suivant le cas. Il est surtout employé chez les enfants et les femmes qui ne peuvent ou ne savent pas se gargariser. Parmi les collutoires les plus usités, nous citerons le suivant ;

Borate de soude pulvérisé 10 grammes

Miel blanc 10 —

OU encore celui-ci :

Alun en poudre 3 grammes

Miel blanc 20 —

qui produisent d’excellents effets contre les aphtes, le muguet et les différentes stomatites ou inflamtions de la bouche. p. l.

COLLYRE. — On donne le nom de collyre à des médicaments solides, liquides ou gazeux, spécialement destinés au traitement d’un certain nombre de maladies des yeux ou des paupières.

Les collyres solides ou sels sont formés de poudres très fines (alun, calomel, sulfate de cuivre, sulfate de zinc, etc.) que l’on insuffle sur la partie malade à l’aide d’un insuffleur spécial ou simplement d’un petit tuyau de plume.

Les collyres liquides varient à l’infini et sont généralement faits avec des sels (sulfate de zinc, sulfate de cuivre, sulfate d’atropine, nitrate d’argent, borate de soude, etc.) dissous dans l’eau distillée, dans des proportions qui varient de 0,03 centigrammes à 1 gramme de sel pour 100 grammes d’eau. Ils s’appliquent ordinairement à l’aide d’un compte-gouttes ou d'un petit linge fin qu’on promène sans frottement sur la partie malade.

Les collyres gazeux ne sont autre chose que des gaz ou des vapeurs (ammoniaque liquide, baume de Fioravanti, etc.) à l’action desquels on expose le globe de l’œil ou les paupières.

Il y a encore les collyres mous qui ne sont à proprement parler que des pommades. p. l.

COLOBOMA. — Nom donné à un vice de conformation congénital qui consiste dans une fente que

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peuvent présenter les paupières, l’iris, le corps vitré, la choroïde, la rétine, et qui est due à un arrêt de développement. Le coloboma lorsqu’il n’atteint

Fig. 289. — Coloboma de l’iris.

pas la rétine, ne s’accompagne d’aucun trouble visuel. P. L.

COLOGNE (EAü DE), — On donne ce nom à une eau de toilette célèbre, journellement employée. On a publié une foule de recettes plus ou moins compliquées pour fabriquer soi-même de l’eau de Cologne : voici une formule très simple et très facile à exécuter.

Prenez :

Alcool a 90° 1 litre

Essence de citron 12 grammes

— de cédrat 12 —

— de bergamote 12 —

— de Néroli 30 gouttes

Teinture de benjoin 12 grammes

— d’ambre 13 gouttes

mêlez le tout en l’agitant ; laissez déposer pendant 3 ou 4 heures et filtrez. L’eau de Cologne ainsi obtenue est très bonne et très agréable. p. l.

COLOMBO. — Le Colombo est une plante vivace, sarmenteuse, qui croît à Madagascar et sur la côte orientale de l’Afrique. Son nom lui vient de ce qu’on importait autrefois la racine de cette plante dans la ville de Colombo, capitale de l’île de Ceylan. Aujourd'hui le Colombo des officines nous est fourni en grande partie par le continent Africain ; il nous arrive en rouelles de 3 à 5 centimètres de diamètre à surface intérieure jaunâtre, marquée de rayons médullaires prononcés. Il a une saveur amère, une odeur aromatique peu agréable. Il contient deux principes amers : la colombine et la berbérine, un extrait résineux jaune, une huile volatile, de la cire, de la gomme, des sels et 33 p. 100 d’amidon.

Par son extrême amertume, l’absence de tannin et les traces à peine marquées d’huile essentielle, la racine de colombe est un type de tonique amer, exempt d’astringence et de propriétés stimulantes. Elle favorise la digestion sans exposer à la constipation ou à la diarrhée, sans exciter les centres circulatoires ou nerveux. Aussi ne détermine-t-elle jamais ni nausées, ni vomissements, ni soif, ni fièvre, ni accès convulsifs, pourvu toutefois qu’elle ait été prise à une dose convenable. Il s’ensuit de là que le Colombo est utile dans les dyspepsies atoniques avec débilité générale, dans les gastralgies, les diarrhées, les dyssenteries chroniques, dans les

constipations opiniâtres dépendant de la paresse des contractions péristaltiques de l’intestin, dans tous les cas enfin où il y a dérangement quelconque dans

Fig. 290. — Colombo (Sommet florifère).

les fonctions des voies digestives. Aidé par les ferrugineux, les analeptiques ou les altérants, il constitue un précieux moyen de ramener à la santé les organisations délabrées par des maladies antérieures.

De toutes les préparations du Colombo, la poudre est la forme sous laquelle ce remède est le plus souvent mis en usage. Elle se donne soit seule, soit mêlée à d’autres substances telles que limaille de fer, rhubarbe, magnésie, jalap. Elle se fait prendre dans du pain azyme, du miel, des confitures, du vin vieux, de l’eau, du bouillon, en plusieurs prises et au commencement des repas. L’infusion de café, sucrée, chaude, est le véhicule qui cache le mieux son amertume. Elle peut se donner en potions, pilules ou lavements, ceci est plus rare. La macéra-

Fig. 291. — flacine de Colombo (coupe transversale).

tion de colombe trouve parfois aussi son indication tandis que l’infusion et la décoction sont plus rarement employées, elles ont l’inconvénient de dissoudre l’amidon, lequel masque en partie les propriétés toniques de la colombine. La teinture et l’extrait entrent quelquefois dans des potions et le vin peut se prescrire à la place des vins de quinquina et de gentiane. Enfin le colombe est souvent associé aux préparations martiales par la double raison qu’il augmente leur valeur curative, sans avoir l’inconvénient de les noircir, comme le font

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les amers tanniques. 11 entre dans la composition de Yéhxir de Gigon, du vin de Bellini, etc. (V. ces mots). D-- Marc. Camboulives.

COLON. — Non donné par les anatomistes à la partie du gros intestin qui s’étend du cæcum au rectum, et dont la longueur totale est d’environ 1 mètre 30 centimètres. On le divise en côlon ascendant, côlon transverse, côlon descendant et côlon

Fig. 292.

7. Côlon ascendant. — 8. Côlon iransvei’se. — 9. Côlon descendant. —1. Œsophage. — 2 Estomac. — 3. Orifice pyloriquede 1 estomac.— i. Duodénum. — 5. Intestin grêle. — 6. Cæcum. — 10. Rectum. — 11. Foie. — 12' Vésicule biliaire coupée. — 13. Veines sus-hépatiques adhérentes au tissu du foie. — Id. Rate. — lo. Vessie recouverte incomplètement par le péritoine. — A. Aorte. — B Veine cave inférieure. — C. Diaphragme et les deux feuillets séreux qui recouvrent ses deux faces.

iliaque on S iliaque. Le côlon ascendant, ou lombaire droit, compris entre le cæcum et le côlon transverse, suit le trajet d’une ligne verticale qui monterait de la partie inférieure et latérale droite du ventre jusqu’au rebord des fausses côtes, au niveau de la face inférieure du foie. 11 est en rapport en avant avec le péritoine et la paroi abdominale antérieure, dont il est séparé par les anses de l’intestin grêle, en arrière avec le muscle carré des lombes et le rein droit; sur les côtés avec les circonvolutions de l’intestin grêle.

Le côlon transverse, appelé aussi arc du côlon, décrit une courbe à concavité postérieure et supérieure qui s’étend de l’hypochondre droit à l’hypochondre gauche, et est en rapport, en avant, avec le foie, la vésicule biliaire, l’estomac et la rate; en bas avec les circonvolutions de l’intestin; en avant avec les deux feuillets antérieurs du grand épiploon qui le séparent de la paroi abdominale ; en arrière, avec le méso-côlon transverse.

Le côlon descendant, ou lombaire gauche, compris entre le côlon transverse et le côlon iliaque, est l’analogue du côlon ascendant et présente la même situation et les mêmes rapports que lui.

Le côlon iliaque ou S iliaque s’étend du côlon descendant au rectum; il occupe la fosse iliaque gauche et est en rapport en avant avec la paroi abdominale, en arrière avec la fosse iliaque gauche; et par la circonférence avec les circonvolutions de l'intestin grêle. De plus, il croise les vaisseaux spermatiques et les vaisseaux iliaques du côté gauche.

On voit d’après cette courte description que le côlon décrit dans l’abdomen une sorte de cercle où les aliments sont obligés de remonter à droite, contre leur propre poids. Lorsqu’on a des coliques, c’est dans le côlon transverse que l’on éprouve cette sensation de « barre transversale » dont parlent les malades. C’est dans le côlon iliaque que les excréments s’accumulent avant d’être poussés au dehors par la défécation. C’est auniveau du côlon que siègent le plus souvent les étranglements internes ou occlusions intestinales (V. ces mots). C’est aussi dans le côlon qu’on trouve souvent des vers intestinaux. If Paul Labarthe.

COLONNE VERTÉBRALE. — Anatomie. — La colonne vertébrale ou rachis est une tige osseuse, située à la partie médiane et postérieure du tronc, s’étendant depuis la tête, qu’elle supporte, jusqu’au bassin où elle se termine par le sacrum et le coccyx. Elle est formée par 26 os, dont vertèbres, le sacrum et le coccyx. Les 24 vertèbres parfaitement séparables se répartissent dans trois régions; il y en a 7 à la région cervicale, 12 à la région dorsale et 5 à la région lombaire. Quant au sacrum et au coccyx, appelés encore fausses vertèbres, il sont formés : le premier par la réunion de 9 vertèbres, le second par la soudure de 4 vertèbres.

En point de vue de sa direction, la colonne vertébrale présente du haut en bas ; une courbure à convexité antérieure correspondant à la région cervicale; une courbure à convexité postérieure correspondant à la région dorsale et aux côtes; une courbure à convexité en avant correspondant à la région lombaire et enfin une courbure plus accentuée que les autres, concave en avant, située à la région coccygienne. Ces diverses courbures ont pour but de donner une plus grande solidité à la colonne vertébrale qui supporte la tête et sur laquelle se fixe le thorax, les membres supérieurs et le bassin avec lequel s’articulent les membres inférieurs.

La colonne vertébrale présente à peu près la même longueur chez tous les individus du même âge ; elle est en moyenne de 73 centimètres chez l’homme et de 69 chez la femme. A ceux que cela surprendrait, nous ferons remarquer que l’inégalité

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de la taille tient exclusivement à la différence du développement des membres inférieurs. La hauteur de la colonne vertébrale augmente jusqu’à l’àge adulte et diminue dans la vieillesse. Cette diminution est due probablement à l’exagération des courbures et à la résorption des corps et des disques vertébraux. Rappelons du reste que la hauteur totale diminue jusqu’à 12 et 14 millimètres chez les

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individus qui ont fait une longue marclio avec un lardeau sur la tête. Les conscrits qui ont juste la taille réglementaire connaissent bien ce détail, et tous les ans on en compte un certain nombre qui font une longue marche immédiatement avant de passer devant le conseil de révision.

Considérée dans son ensemble, la colonne vertébrale présente une face antérieure, une face postérieure, deux faces latérales et un canal.

La face antérieure est formée par le corps des vertèbres; elle est saillante, arrondie, creusée de gouttières transversales séparées par des reliefs que forment les disques intervertébraux ; accessible, au cou, à travers le pharynx ; aux lombes, à travers la paroi

abdominale ; enfin au sacrum et au coccyx, par le toucher rectal.

La face postérieure présente : 1® sur la ligne médiane les apophyses épineuses, horizontales et bituberculeuses à la région cervicale; longues, pointues et dirigées obliquement de manière à se recouvrir naturellement à la région dorsale; horizontales, rectangulaires et aplaties transversalement à la région lombaire; 2® sur les parties latérales, les apophyses articulaires et lames vertébrales. Les apophyses épineuses sont seules accessibles dans toute la longueur de la colonne vertébrale.

Les deux faces latérales présentent les apophyses transverses et les trous de conjugaison formés par la réunion de deux échancrures appartenant aux deux vertèbres juxtaposées, et par lesquels sortent les nerfs rachidiens.

Le canal vertébral ou rachidien qui loge la moelle et ses enveloppes, est situé entre la portion postérieure de la colonne vertébrale formée par le corps des vertèbres, et la portion postérieure formée par les masses apophysaires. 11 est triangulaire à angles arrondis ; ses dimensions sont variables : plus large à la région cervicale, un peu moins à la région lombaire, il est étroit à la région dorsale. Son intérieur est tapissé par la dure-mère rachidienne qui adhère à ses parois par les prolongements qu’elle fournit aux nerfs.

La colonne vertébrale est très mobile et peut exécuter des mouvements de flexion, d’extension, d’inclinaison latérale, de circumduction et de rotation.

D' Paul LABAnraE.

Vices de conformation de la colonne vertébrale.

— Les vices de conformation de la colonne vertébrale consistent dans des déviations soit postérieure (V. Cyphose), soit antérieure (V. Lordose), soit latérale (V. Scoliose).

Mal vertébral. — (V. Mal de Poil.)

Fractures de la colonne vertébrale. — Ces fractures peuvent être produites par des causes directes ou indirectes. Les causes directes déterminent plus souvent des fractures incomplètes : ce sont des chocs reçus sur la partie postérieure de la colonne vertébrale, ou bien un projectile lancé par une arme à feu. Les causes indirectes sont des chutes d’un lieu plus ou moins élevé ; dans ces cas, la fracture peut se produire de plusieurs manières : 1“ si la fracture succède à une chute sur la tête, sur le siège, sur les genoux, ou sur les pieds, ce qui est plus rare, un ou plusieurs corps vertébraux seront écrasés (/racfwre par écrasement); 2® un individu tombant d’un lieu élevé peut être arrêté dans sa chute par un obstacle quelconque. Si la face dorsale tombe perpendiculairement sur l’axe de l’obstacle, les deux extrémités de l’individu, animées par l'impulsion, continuent à descendre pendant un certain temps, tandis que la partie moyenne du corps est retenue. La colonne vertébrale décrit brusquement un cercle à concavité postérieure. Pendant cette incurvation de la colonne, il se fait fréquemment une fracture d’un corps vertébral, qu; siège presque toujours à égale distance de deux disques intervertébraux, la cohésion du tissu osseux étant moins forte que l’adhérence du corps verté-

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bral au disque fibreux {fractures par arrachement). (Bonnet.)

Très rarement, on voit des fractures complètes, c’est-à-dire divisant la colonne vertébrale en deux tronçons distincts; le plus souvent, la lésion est incomplète, et l'on constate des fractures isolées du corps, de l'apophyse épineuse, des lames, des apophyses transverses, ou des apophyses articulaires.

Ces fractures, rarement simples, sont presque toujours compliquées soit de luxations, d’épanchements sanguins intra-rachidiens, soit de lésions de la moelle, compression, commotion, contusion, rarement d’une déchirure complète de cet organe.

I)ans les fractures par cause directe, on constate quelquefois un enfoncement de l’apophyse épineuse ou des lames vers le canal rachidien. Dans les fractures indirectes, on voit souvent le corps de la vertèbre supérieure glisser un peu au-devant de l’inférieure. Quelquefois une esquille se détache et se porte vers le canal rachidien. Nécessairement, ces derniers déplacements entraînent un changement dans les rapports de la moelle épinière, presque toujours comprimée.

Ces fractures peuvent siéger sur un point quelconque de la colonne vertébrale; mais les fractures indirectes siègent le plus souvent à la partie inférieure de la région dorsale.

Dans les cas de fractures directes, il y a une douleur sur un point limité de l’épine dorsale. On constate qu’une apophyse épineuse est quelquefois déviée de sa position normale; si on lui imprime des mouvements, on peut arriver à percevoir la crépitation.

Dans les cas de fractures indirectes, de fractures du corps, après la chute, le malade ne peut pas se relever. Si la fracture a eu lieu par écrasement d’un corps vertébral, il peut arriver que le malade présente une sorte de gibbosité au niveau de la fracture. Dans tous les cas, il y a de la douleur, et quelquefois de la tuméfaction à ce niveau. Il serait imprudent de chercher à constater la mobilité anormale et la crépitation ; on arrive au diagnostic de ces fractures par l’étude des complications.

Les fractures de la colonne vertébrale sont presque toujours accompagnées de complizations, les unes primitives, les autres secondaires. Les complications primitives, survenant au moment de l’accident, sont : la commotion, la compression, la contusion de la moelle, rarement sa déchirure ou celle de ses enveloppes. Les complications consécutives sont l’inflammation et le ramollissement de la moelle. Toutes ces complications déterminent des symptômes qui dominent ceux de la lésion osseuse, et qui donnent aux fractures des vertèbres une physionomie particulière.

Le symptôme dominant est la paraplégie, qui est d’autant plus étendue que la fracture siège sur un point plus élevé. Cette paraplégie, qui affecte en même temps le mouvement et la sensibilité, peut être complète ou incomplète. Elle est fréquemment accompagnée de paralysie du rectum et delà vessie, et conséquemment de rétention, d’abord, et, plus tard, d’incontinence de l’urine et des matières fécales. Il y a quelquefois de \u contracture, symptôme

qui indique une lésion des méninges rachidiennes.

Dans les fractures directes et sans complications, la marche est assez rapide et la terminaison souvent favorable; mais, dans les fractures indirectes, la marche et la durée sont fort variables, et placées sous la dépendance des complications. Dans le cours de la maladie, les fonctions de nutrition s’altèrent, des eschares se forment au niveau des points comprimés, et une suppuration interminable s’établit après la chute des eschares.

La terminaison est ordinairement funeste. La mort peut survenir instantanément, lorsque la fracture siège au-dessus de la troisième vertèbre cervicale, avec lésion de la moelle. Elle peut survenir au bout de quelques minutes ou de quelques heures seulement, lorsque la lésion siège au niveau de la troisième cervicale, par paralysie du diaphragme, le nerf phrénique prenant naissance à ce niveau. Lorsque la lésion de la moelle siège plus bas, la mort peut se faire attendre, et être déterminée par une maladie intercurrente, par une myélite ou par l’épuisement que détermine la suppuration après la chute des eschares. Très rarement, la moelle s’habituant à être comprimée, et les fragments étant consolidés, le malade guérit. Du reste, la gravité du pronostic est en rapport avec le siège et l’étendue de la lésion.

Le traitement des fractures directes ne présentent aucune indication ; des résolutifs et une application de sangsues suffisent dans la plupart des cas ; mais lorsque la fracture est indirecte et compliquée, le traitement est plus complexe.

D’abord, il est prudent de ne point tenter la réduction ; on relève le malade avec le plus de précaution possible, en évitant de faire exécuter des mouvements aux fragments, et on le couche sur le dos, la tête peu élevée, sur un lit mécanique.

Le traitement de cette fracture doit être complètement dirigé vers les complications. On pratiquera immédiatement au malade une ou plusieurs saignées, selon l’état de ses forces. On pourra lui faire prendre du calomel à dose fractionnée.

Enfin, s’il y avait un enfoncement des lames ou de l’apophyse épineuse dans le canal rachidien, et que les troubles fonctionnels fussent considérables, on pourrait lui faire prendre du calomel à dose fractionnée.

Dans le cours de la maladie, il faut surveiller la paralysie du rectum et i,de la vessie, traiter la paraplégie par les moyens connus, et, enfin, appliquer aux eschares un traitement convenable (nettoyages fréquents, injections détersives d’eau chlorurée ou alcoolisée, pansement au vin aromatique, au coaltar Le Beuf, à la poudre de quinquina, etc.).

Luxations de la colonne vertébrale. — Ces luxations sont rares. Elles présentent de particulier qu’elles sont toujours incomplètes, car une luxation complète supposerait une séparation totale de la colonne vertébrale en deux fragments, isolés l’un de l’autre, lésion qui ne saurait être compatible avec la vie que dans des cas exceptionnels.

Les luxations des vertèbres accompagnent souvent la fracture des os. Les vertèbres dorsales et lombaires se luxent très rarement. Il en existe neuf cas dans la science, un publié par Robert et huit

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réunis par M. Richet dans sa thèse de professorat (1831). C’est à la région cervicale qu’on observe ces luxations, le plus fréquemment à la partie inférieure de cette région, au niveau des cinquième et sixième vertèbres cervicales. Il est fort rare de voir des luxations de l’occipital sur l’atlas (3 cas), et de l’atlas sur l’axis (quelques cas seulement).

Une violence extérieure considérable, portant en arrière sur l’occipital, peut luxer en partie l’occipital sur l’atlas. L’un des condyles quitte l’atlas, se porte en avant ; le canal rachidien est rétréci, et le bulbe comprimé. Les ligaments sont déchirés du côté du déplacement.

L’atlas peut se luxer sur l’axis, à la suite de chutes sur la tète, d’un coup sur la nuque, et surtout d’une torsion violente du cou avec traction. L’atlas tourne autour de l’apophyse odonto’ide, les ligaments latéraux sont déchirés, et les surfaces articulaires de l’atlas et de l’axis ne sont plus en rapport.

Les dernières vertèbres cervicales se luxent à la suite de chutes sur la tête ou de la pression exercée par de lourds fardeaux portés sur la tête, ou bien dans un mouvement de rotation forcée, avec inclinaison latérale. Ordinairement, la vertèbre supérieure glisse au-devant de celle qui est au-dessous [luxation en avant); les ligaments sont déchirés en partie ou en totalité. Si le déplacement est plus marqué d’un côté, l’une des apophyses articulaires reste en place, l’autre se déplaçant seule [luxation latérale). Dans un seul cas, on a vu la vertèbre supérieure se porter en arrière [luxation en arrière).

Dans les cas rares ou les vertèbres dorsales ou lombaires se sont luxées, il s’agissait de violences extérieures ; pressions, chocs considérables.

Lorsque la luxation existe au niveau de l’atlas et de l’axis, on constate une position vicieuse de la tète; inclinaison, rotation, etc., en rapport avec la variété de déplacement. Presque toujours, le bulbe est comprimé, et, dans les cas où la mort n’est pas amenée subitement par cette compression, elle survient rapidement au milieu de symptômes nerveux (paralysies, troubles delà respiration, etc.).

Dans les luxations des cinq dernières vertèbres cervicales, si la luxation se fait en avant, la tête est souvent fléchie, l’extension impossible ; le malade ressent une douleur qui part du siège de la luxation et qui descend plus ou moins vers la partie inférieure de la colonne. 11 y a, en arrière, une saillie produite par l’apophyse épineuse de la vertèbre restée en place ; le doigt introduit dans le pharynx permet souvent de constater la saillie de la vertèbre luxée ; fréquemment, la moelle est comprimée, et l’on constate de la paraplégie.

Si la luxation est latérale, il est facile de prévoir quels seront les symptômes, dont le principal, lorsqu’on l’observe, est la brisure de la ligne verticale formée par les apophyses épineuses. La luxation en arrière présente les phénomènes inverses de celle qui se fait en avant.

Dans tous les autres cas, les symptômes sont tellement semblables à ceux des fractures de la colonne vertébrale, qu’il est très facile de confondre ces deux sortes de lésions.

Il est rare que ces luxations guérissent ; le plus

souvent, elles amènent la mort au bout de quelques heures ou de quelques jours, par suite de la compression de la moelle ; et nous savons que les lésions de cette portion des centres nerveux sont d’autant plus graves qu’on se rapproche davantage de la partie supérieure de la colonne. (V. Fractures de la colonne vertébrale). On a vu des cas de luxation des dernières vertèbres cervicales qui se sont terminées par la guérison.

En général, il n’est prudent de tenter la réduction des luxations de la colonne vertébrale qu’en cas de mort imminente, ou de paralysie plus ou moins complète ; dans le cas où l’on espère la réduction, de même que dans les autres, il faut tenir le malade dans l’immobilité, dans un appareil de Bonnet, pendant cinq à six semaines, et prévenir les accidents inflammatoires du côté de la moelle. Le plus souvent, le blessé conserve une raideur du cou, avec inclinaison vicieuse de la tête. j.-a. Fort.

COLOPHANE. — La colophane est une substance résineuse, d’un jaune clair et d’une cassure vitreuse, retirée de la térébenthine lorsqu’on la distille pour en obtenir l’essence, et qu’on emploie en médecine sous forme de poudre, comme hémostatique, pour arrêter les hémorrhagies légères et l’écoulement du sang provenant des piqûres de sangsues. La colophane qui est soluble dans l’alcool et l’éther entre dans la confection de l’onguent basilicum, de l’onguent styrax, de l’emplâtre du pauvre homme, etc. (V. ce mot). P. L.

COLOQUINTE. — La coloquinte, désignée aussi sous le nom de cucumère coloquinte, est une plante

originaire de l’Orient et des îles de l’Archipel. Elle a une tige herbacée s’élevant sur les végétaux voisins au moyen de ses vrilles, et des fruits de la grosseur d’une orange, recouverts d’une écorce coriace, jaunâtre, munis à l’intérieur d’une pulpe blanche, avec graines nombreuses, ovales, aplaties sur les deux faces opposées.

Le commerce nous livre la coloquinte dépouillée

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de son enveloppe et disposée en une pulpe globuleuse, sèche, blanchâtre, spongieuse, d’une saveur excessivement amère due à son principe actif, la colocynthine, qui n’est autre chose qu’une substance solide, jaune, soluble dans l’eau et l’alcool. Cet alcaloïde se trouve associé dans la coloquinte à diverses autres matières communes à la plupart des végétaux.

Des doses modérées de ce drastique, 20 à 50 centigrammes, produisent infailliblement plusieurs selles copieuses. Si l’on force les proportions, 50 centigrammes à 1 gramme, les évacuations alvines qui en résultent, de féculentes qu’elles étaient d’abord deviennent ensuite sanguinolentes, avec accompagnement de fortes coliques et de vomissements répétés. Encore quelques centigrammes de plus (2 et 4 grammes) et la coloquinte passe à l’état de poison des plus dangereux, car elle provoque des coliques si violentes et des vomissements si opiniâtres qu’ils ne tardent pas à amener la tension excessive du système nerveux, le ténesme, le priapisme, le refroidissement et la mort.

Peu employée en France, la coloquinte est pourtant un bon purgatif dans les cas d’atonie des organes digestifs avec constipation habituelle. Son action irritante sur le canal intestinal, et notamment sur le gros intestin, la désigne non seulement pour triompher des divers obstacles apportés au cours I des matières fécales, mais encore pour améliorer, comme hydragogue, les hydropisies ainsi que les cas graves d’affections comateuses, congestives ou apoplectiques les plus variés. A l’instar de tous les 1 autres drastiques, la coloquinte passe pour un I puissant emménagogue qu’on a essayé maintes fois de faire prendre dans le but coupable de provoquer un avortement criminel.

La coloquinte entre dans la composition des pilules de Bosredon (V. ce mot). D' Marc. Camboulives.

COLOSTRUM. — Nom donné au premier lait de la femme qui vient d’accoucher (V. Lait), p, l.

COLOTOMIE. — Nom donné à une opération chirurgicale qui consiste à pratiquer un anus artificiel au niveau du côlon, chez les individus atteints d’occlusion intestinale, de cancer du rectum, etc. (V. Anus). P. L.

j COMA. — Mot employé en médecine pour dési- I gner un état pathologique spécial, caractérisé par , un assoupissement plus ou moins profond, accom- I pagné de l’abolition de la sensibilité et des mouvej ments volontaires déterminée soit par des lésions I organiques du cerveau (hémorrhagies, ramollissei ment, etc.), les fractures du crâne, la méningite, la ! fièvre typhoïde, l’urémie, les empoisonnements par l’alcool, l’opium et tous les narcotiques, etc. Le coma est aussi fréquent dans l’hystérie et la catalepsie. 11 se produit encore à la fin des attaques d’épilepsie. Enfin le coma est souvent un signe d’agonie. P. L.

COMBINAISON. — Nom donné, en chimie, à l’union de deux ou plusieurs corps, résultant de la réaction qu’ils exercent l’un sur l’autre, union qui

OlCTIOKNAinE POPÜLAniE DE MÉDECINE DSÜEI.U3.

donne naissance à un nouveau corps jouissant de propriétés différentes de celles de ses composants. Toute combinaison chimique se fait toujours dans des proportions définies et invariablement constantes entre deux corps. p.

COMBUSTIBLE. — On donne ce nom aux différents corps dont on se sert pour le chauffage. Les plus usités sont le bois, le charbon de bois, la bouille ou charbon de terre, le coke et la tourbe. Leur puissance calorique et leur pouvoir rayonnant sont très variables, ainsi qu’on peut S’en faire une idée en parcourant le tableau suivant, emprunté à Michel Lévy :

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