POUVOIR
rayonnant.
Bois sec,
Bois ordinaire
Charbon de bois
Houille
Coke
Plus que le charbon de bois.
Tourbe sèche
Inutile d’ajouter que ces chiffres varient suivant l’appareil de chauffage dans lequel est brûlé le combustible. p. l.
COMBUSTION SPONTANÉE. — « La théorie delà combustion spontanée, dit M. lourdes, s’est introduite il y a deux cents ans dans la science; frappant les imaginations, elle est devenue populaire; elle s’est écroulée subitement lorsqu’une critique sérieuse a examiné les faits sur lesquels elle se fonde.»
Jusqu’en 1850, les hommes les plus sérieux avaient admis que le corps humain était susceptible de s’enflammer par le contact plus ou moins immédiat d’une substance en ignition et sans que le corps comburant soit en rapport avec la masse des parties brûlées. On admettait même que la conflagration humaine pût avoir lieu spontanément sans cause déterminante. Un grand nombre d’observations étaient publiées et venaient à l’appui de cette croyance qui était passée à l’état de dogme scientifique.
Le 13 juin 1847, à Darmstadt, le corps de la comtesse de Gœrlitz est trouvé en partie consumé au milieu de meubles incendiés. Un des experts croit à un cas de combustion spontanée ; l’Allemagne scientifique est consultée par les tribunaux. Siebold et plusieurs experts se prononcent en faveur de la combustion spontanée; mais Bishoff et Liebig nient que la morte ait été victime d’une combustion de ce genre et contestent la possibilité en général de la combustion spontanée, MM. Magendie, Pelouze et Régnault, également consultés sur ce fait, émettent la même opinion. La justice suit son cours, et en 1850, trois ans après l’accident, l’auteur du crime est condamné à la prison perpétuelle où il fit des aveux complets. Après avoir étranglé la comtesse, il l’avait entourée de matières combustibles et avait
COM
COM
allumé l’incendie pour détruire les traces de son crime. L’Allemagne scientifique avait été bernée.
Ce fait a porté à la combustion spontanée un coup fatal. Aucune observation nouvelle n’a été publiée depuis cette époque; les traités de médecine légale, qui s’étendaient autrefois avec complaisance sur ce sujet, ne lui consacrent plus que quelques lignes et nient, pour la plupart, la possibilité de la combustion spontanée.
S’il nous était permis de joindre notre opinion à celle des savants qui ont jeté tant de lumière sur l’affaire Gœrlitz, nous dirions que la combustion spontanée doit être reléguée parmi les merveilles d’une autre époque. « Il suffit de réfléchir un instant à la difficulté de combustion des matières qui constituent le corps de l’homme, à l’immense quantité d’eau qui doit être évaporée avant que la calcination et la combustion de la matière puissent commencer, à l’absence de l’oxygène dans les cavités intérieures, la petite quantité de gaz qui s’y trouve étant bientôt consommée et la combustion de l’alcool ou autres matières volatiles s’arrêtant par cela seul, pour admettre l’impossibilité matérielle du fait » (Régnault). «Il est affligeant, dit Casper, d’être obligé dans une œuvre sérieuse de parler encore (en 1861) de la combustion spontanée. » La combustion spontanée n’a donc plus aujourd'hui qu’un intérêt historique et la question aboutit à l’étude de la combustibilité humaine qui présente un grand intérêt tant en médecine légale qu’en hygiène. Il est, en effet, important de savoir si certaines conditions n’augmentent pas la combustibilité humaine, si certains corps, notamment ceux des personnes obèses et abandonnées aux alcooliques, peuvent être plus combustibles que d'autres; mais nous possédons encore trop peu de documents scientifiques pour aborder ce sujet d’une manière satisfaisante. Néanmoins il est permis d’espérer que ces questions seront bientôt résolues grâce aux progrès de la crémation comme mode de destruction des cadavres humains. ^ lutaud.
COMESTIBLE. — (V. Aliment.)
COMMINUTIF. — Mot employé en chirurgie pour désigner une fracture dans laquelle l’os fracturé est pour ainsi dire écrasé et présente un grand nombre de fragments ou d’esquilles (V. Fracture). p, p.
COMMISSURE. — Mot employé en anatomie pour désigner les angles formés par la réunion de deux parties symétriques. Ainsi on appelle commissure des lèvres, commissure des -paupières, les angles qu’elles forment à leur point de réunion interne et externe. p, p.
COMMOTION CÉRÉBRALE. — (V. Cerveau (commotion du).
COMPERE LORIOT. — Nom donné par le vulgaire à \ orgelet (V. ce mot). P. p
COMPLEXÜS. — On donne ce nom, en anatomie, à deux muscles de la nuque, le grand et le petit complexus.
Le grand complexus s’insère, d’une part aux apophyses transverses des six premières vertèbres lombaires et aux apophyses articulaires des quatre dernières vertèbres cervicales, d’autre part sur les côtés de la crête occipitale externe. Les deux grands complexus sont séparés par une gouttière qui, chez les personnes maigres est très accusée; ce sont eux qui forment les reliefs de cette gouttière de la nuque. Ce sont deux extenseurs puissants de la tête qu’ils tendent à renverser en arrière et qu’ils empêchent de fléchir en avant. Lorsqu’un seul complexus se contracte, il tourne la face du côté opposé.
Le petit complexus, situé en dehors du grand, s’insère aux apophyses transverses des cinq ou six dernières vertèbres cervicales d’une part, et, d’autre part, au sommet de l’apophyse masto'i'de. Les deux petits complexus sont des extenseurs de la tête. Lorsqu’un seul se contracte, il incline légèrement la tête de son côté. p. l.
COMPRESSES. — On donne le nom de compresses à de petites pièces de linge dont on se sert en chirurgie pour le pansement des plaies, et plus particulièrement pour maintenir les premières pièces d’un pansement. Elles doivent être faites avec du linge souple, un peu usé, sans ourlets ni coutures. On fait des compresses longuettes, triangulaires, fendues en croix de Malte, fenêlrées, graduées, etc. p. L,
COMPRESSES. — Hydrothérapie. — Les compresses constituent une pratique hydrothérapique d’une application simple et d’une grande efficacité. Elles peuvent être excitantes ou sédatives.
Compresses excitantes. — Ce sont des compresses peu mouillées qu’on recouvre d’un linge sec ou d’un molleton, de manière à soustraire la partie malade à l’influence de l’air extérieur et qu’on laisse en place des heures entières. Sous leur influence l’évaporation cutanée est supprimée et le calorique, s’accumulant sur la partie intéressée, y détermine une vive excitation qui active la circulation et amène des effets révulsifs et résolutifs des plus marqués. Quelquefois pour exagérer l’action thérapeutique, on renouvelle la compresse, et ce changement a pour résultat de refroidir de nouveau la peau; mais comme ce refroidissement passager est immédiatement remplacé par une réaction nouvelle, on accroît de cette façon l’action que l’on voulait produire. Cully a vu quelquefois une transpiration graisseuse succéder à cette seconde application ; nous n’avons pu voir ce phénomène, mais nous avons observé souvent, consécutivement, une augmentation sensible de l’évaporation cutHnée, une séparation de l’épithélium et des éruptions de toutes sortes.
D’après ces effets thérapeutiques il est facile d’entrevoir les ressources que ces compresses peuvent offrir au praticien.
Compresses sédatives. — C’est un moyen de la méthode hydrothérapique qui a été, dès le début, préconisé par Piiennitz. Il appliquait des compresses mouillées indifféremment sur toutes les parties du corps et en retirait d’excellents résultats. Ces compresses froides peuvent en effet être utilisées dans
GOM
GON
un grand nombre d’affections localisées. Quand on veut produire une action sédative, rafraîchissante ou antiplilogistique, on se sert donc de compresses très mouillées qu’on place sur la région malade et dont on renouvelle l'application jusqu’à ce que le phénomène morbide ait disparu. Le renouvellement a lieu à peu près toutes les cinq minutes, et il a pour conséquence d éteindre toute tentative de réaction dans la partie malade, en opérant une soustraction constante de calorique. On fait ce renouvel lement en trempant dans l’eau froide la compression déjà appliquée ou en remplaçant cette compresse par une autre récemment mouillée ou encore en arrosant -par le système de l’irrigation continue la partie intéressée.
11 arrive parfois que le malade ne peut supporter sans douleur le contact prolongé du froid, il faut alors employer de l’eau à une température plus élevée. Dans d’autres circonstances, sous l’influence de ces applications prolongées, la vitalité des tissus semble s’éteindre ; il est nécessaire alors de mettre un certain intervalle entre ces applications et de laisser se manifester quelques phénomènes de réaction qu’il est ensuite facile d’apaiser. Le nom de ces compresses indique dans quel cas il faut les employer. D"' beni-barue.
COMPRESSEUR. — On donne ce nom à des appareils chirurgicaux employés pour exercer la compression sur une artère ou une veine, soit pour arrêter ou suspendre une hémorrhagie, soit pour arrêter ou suspendre le cours du sang dans une artère ou une veine atteinte d’anévrisme. p. l.
COMPRESSION. — On donne le nom de compression à l’action spéciale d’une force exercée sur un corps d’une manière continue et qui tend à diminuer son volume par le rapprochement de ses parties constituantes. En médecine et en chirurgie, la compression s’exerce à l’aide des doigts, de bandes, de bandages ou de compresseurs spéciaux.
1 Elle est appliquée au traitement des varices et des
[ ulcères variqueux, des anévrismes, de l’œdème des
j extrémités, des hydropisies articulaires. Après l’accouchement, après l’opération de la paracenthèse, une compression modérée sur les parties abdominales produit d’excellents effets. La compression est indiquée aussi dans l’entorse et dans les cas de ruptures ou de luxations des tendons et des muscles, dans les aténites subaiguës, chroniques et indolentes. On a combattu la céphalalgie fébrile par la compression des artères temporales, la migraine par la compression des carotides. p. l.
! COMPTE-GOUTTES. — On donne ce nom à de petits instruments en verre destinés à compter et à doser exactement les gouttes de liquide médicamenteux, de façon à ce que chaque goutte ait un poids égal. 11 existe plusieurs variétés de comptesgouttes : les plus simples sont sans contredit ceux de Lebaigue et de Limousin. Celui de Limousin est même plus commode que celui de Lebaigue. 11 se compose d’un tube capillaire d’un diamètre total de 3 millimètres, terminé à sa partie supérieure par un ampoule de verre, de forme cylindrique, dont la
capacité est plus grande que celle de la poire e*! caoutchouc qui complète l’instrument, afin d’empêcher la pénétration du liquide pendant l’aspiration- Cette poire est adaptée à l’ampoule en verre et mise en communication avec elle par un petit renflement troué latéralement. Elle y est fixée solidement par un fil métallique qui rend la fermeture hermétique.
Pour faire fonctionner l’instrument, rien de plus simple : on comprime légèrement entre le pouce et l’index la poire en caoutchouc, après avoir plongé le bec du compte-gouttes dans le liquide. En décomprimant graduellement, ou voit ce dernier monter dans le réservoir en verre. Dès que la quantité introduite est jugée suffisante, on porte l’instrument audessus du vase où l’on veut compter les gouttes, et il suffit de comprimer très légèrement le caoutchouc pour faire sortir le liquide goutte à goutte.
Des expériences comparatives ont établi que la pression qui s’exerce sur le liquide n’a aucune influence sur le poids de la goutte qui est exactement le même, soit qu’elle tombe spontanément à l’air libre, soit qu’elle se détache sous l’influence de la poussée de l’air contenu dans le réservoir élastique. En entourant la partie supérieure de l’ampoule cylindrique, un peu au-dessous de la poire, d’un anneau en caoutchouc ou d'un bouchon percé , on peut fixer aisément le compte-gouttes sur le goulot d’un flacon ou sur une éprouvette.
Le tableau suivant indique le nombre de gouttes correspondant à 1 gramme pour les médicaments liquides les plus employés :
Eau distillée 20 gouttes
Liqueur de Person 20 —
— de Fowler 23 —
Laudanum de Sydenham 38 —
Chloroforme o4 —
Eau de Rabel 56 —
Alcoolé de noix vomique 58 —
— d’aconit 58 —
— de colchique 58 —
Alcoolature d’aconit 60 —
Liqueur d’Hoffmann ’ÎO —
Éther sulfurique 98 —
Ces chiffres, utiles à connaître, sont exacts, car ils sont le résultat de nombreuses expériences répétées par M. Limousin avec ses compte-gouttes rigoureusement titrés. D' Paul Labarthe.
CONCEPTION. — (V. Génération.)
CONCOMBRE. — Tout le monde connaît cette plante de la famille des cucurbitacées, très commune dans nos pays, et son fruit oblong, plus ou moins arqué, un peu anguleux, à surface lisse ou parsemée de tubercules rudes au toucher, d’une couleur verte ou vert jaunâtre lorsqu’il est mur, et dont la chair blanche et ferme a un goût un peu sucré et une odeur légèrement vireuse.
Le concombre est employé dans l’alimentation et en médecine.
GON
GON
Comme aliment, il se mange cru en horsd’œuvre, coupé en tranches et assaisonné avec du sel et du poivre, ou bien en salade additionné suivant les pays, de persil, de tomates ou d’un oignon rouge. On le mange aussi cuit, farci ou en ragoût. Très indigeste à Tétat cru, il se digère plus facilement lorsqu’il est mangé cuit, mais dans un cas comme dans l’autre, il constitue un aliment bien peu nutritif.
En médecine, on emploie la pulpe du fruit râpée, en cataplasmes contre les démangeaisons qui accompagnent la plupart des affections de la peau. La pharmacie fait encore avec cette pulpe la 'pommade de concombre, très employée comme adoucissante et sédative et aussi comme cosmétique. Pour préparer cette pommade, on prend :
Axonge 100 grammes.
Graisse de veau 60 —
Baume de tolu 0,20 centig.
Eau distillée de roses 1 gramme.
Suc de concombres 120 —
On fait fondre les graisses au bain-marie, en y ajoutant le baume de tolu, préalablement dissous dans un peu d’alcool et l’eau de roses. Lorsque la graisse est éclaircie, on la décante et on la verse dans un bassin étamé. On laisse refroidir et on ajoute le tiers de suc de concombres. On remue continuellement pendant 4 heures; on retire le suc et on met le second tiers, puis le troisième de la même manière. On sépare la graisse du liquide ; on la fait fondre au bain-marie, et après quelques heures de repos, on enlève l’écume. On retire alors la pommade et on la coule dans des pots.
On peut faire la pommade de concombre d’une manière plus rapide en prenant :
Axonge au benjoin 300 grammes.
Blanc de baleine 100 —
Essence de concombres 50 —
On fait fondre l’axonge et le blanc de baleine, en ayant soin de toujours remuer pendant que le mélange se refroidit, puis on le malaxe en ajoutant l’essence de concombre peu à peu.
Les graines de concombres macérées dans de l’eau constituent un purgatif doux que je recommande. Enfin, on a l'etiré des semences, par des procédés spéciaux mais assez simples, environ 7 0/0 de sucre.
Indépendamment du concombre ordinaire, on utilise encore dans l’alimentation le concombre nain (V. Cornichon), et en médecine le concombre sauvage (V. Élatérium). Paul Labarthe.
CONCOMITANT. — On désigne sous ce nom les signes et les symptômes accessoires qui accompagnent les signes et les symptômes essentiels et caractéristiques d’une maladie. p. l.
CONCRÉTION. — On appelle ainsi les productions solides, organiques ou non, qui se développent anormalement dans nos tissus ou dans nos organes, consécutivement à des inflammations chroniques. p. l.
village des environs de Montélimar dont les eaux minérales proviennent de deux sources, baptisées par Mathieu (de la Drôme), l’ancien représentant de 1848, et l’auteur des almanachs si populaires, du nom de ses deux filles : Anastasie et Lise. Elles sont bicarbonatées calciques et gazeuses et se boivent surtout comme eaux de table. p. l.
CONDIMENTS. — On donne ce nom aux difi’é- j rentes substances douées d’une saveur développée | et de propriétés stimulantes particulières, qu’on « ajoute en petite quantité aux aliments pour en rehausser ou en améliorer le goût et pour en faciliter la digestion. On divise généralement le&.condiments en : 1® condiments salins, qui comprennent le sel, indispensable à notre alimentation ; 2° condiments acides : vinaigre, verjus, citron-, 3° condiments ACRES : ail, ciboule, échalotte, oignon, poireau, moutarde, raifort, radis, câpres, capucines, cornichons, etc,; 4» condiments aromatiques : persil, cerfeuil, estragon, th-ym, serpolet, pimprenelle, anis, cannelle, girofle, muscade, vanille, etc.; 5® condiments AROMAT1CO-AMERS : eau de fleurs d'oranger, safran, etc.; 6® condiments sucrés : sucre, miel-,
7® condiments gras : graisses, beurre, huiles. 11 convient d’ajouter à ces condiments simples un certain nombre de condiments composés : vinaigres aromatisés, fruits confits dans le vinaigre, viandes fumées, poissons salés ou inarinés, etc. (V. ces mots).
Avec le professeur Bouchardat on peut rapporter l’utilité des condiments à quatre causes principales : r ils excitent l’appétit en flattant Torgane du goût;
2” ils irritent la muqueuse, excitent la sécrétion des sucs digestifs, salive, suc gastrique, suc pancréatique, suc intestinal ; 3® ils dirigent les fermentations digestives et s’opposent aux fermentations seco»daires qui pourraient les entraver; 4° enfin, dans bien des cas, ils complètent l’alimentation.
Les condiments, lorsqu’on en abuse, produisent de l’irritation, déterminent des phlegmasies aiguës du côté du tube digestif ou de la peau, réveillent les anciennes; enfin, ils engendrent chez beaucoup de personnes de la constipation. Il faut donc user modérément des condiments.
D' Paul Labarthe.
CONDOM. — On donne ce nom, qui est celui de l’inventeur, à une enveloppe mince, sans couture, ayant la forme d’une capote, faite avec l’extrémité inférieure du ciecum des agneaux lavé, séché, et rendu souple en le frottant entre les mains avec du son et de l’huile, employé pour recevoir et protéger le membre viril contre les maladies vénériennes pendant le coït. p, l.
CONDYLE. — Nom donné par les anatomistes à une variété de surface osseuse articulaire, arrondie dans un sens et aplatie dans l’autre. Il existe des condyles à la mâchoire inférieure, à l’occipital, à l’extrémité inférieure du fémur, etc. p. L.
CONDYLOME. — (V. Vég'étaiions.)
CONFITURES. — Les confitures dont certains
CONDILLAC (EAUX minérales de). — Condillac est un
GON
GON
fruits (pommes, poires, figues, cerises, groseilles, abricots, etc,), et le sucre sont la base, et qui comprennent les marmelades, les gelées, les compotes et les fruits confits, constituent un aliment agréable et utile, mais qu’il faut manger avec modération à cause des effets constipants du sucre, et dont doivent complètement s’abstenir les diabétiques.
CONGÉLATION. — Nom donné par les chimistes au passage d’un corps de l’état gazeux ou liquide, à l’état solide, par suite d’un abaissement de température, et par les médecins à l’ensemble des lésions produites sur nos tissus et nos organes par l’action
du froid (V. Engelures, Froid). p. l.
CONGÉNÈRE. — Qualificatif employé en anatomie pour désigner des muscles qui produisent les mêmes mouvements. p. l.
CONGÉNITAL. — Qualificatif employé en anatomie et en pathologie pour désigner des infirmités, des vices de conformation, des maladies qui existent au moment de la naissance, et qui constituent la plupart du temps ce qu’on appelle des monstruosités. p. L.
CONGESTION. — On donne le nom de congestion ou A'hyperhémie à la présence d’une quantité anormale de sang dans une région ou dans un organe. I.a congestion se distingue de V hémorrhagie en ce que le sang n’a point quitté les vaisseaux, et de V inflammation en ce que les tissus périvasculaires ne présentent aucune altération nutritive (Jaccoud).
Le fonctionnement régulier d’un organe exige un équilibre parfait entre l’apport du sang artériel et le débit de sang veineux. Lorsque cet équilibre est rompu, il y a congestion; or, on^. voit immédiatement que la rupture de cet équilibre peut se faire de deux façons et qu’il existe par conséquent deux espèces de congestions : 1» L’apport artériel est trop considérable, la congestion est dite active ; 2® Le débit veineux est trop faible, la congestion est dite passive. La congestion active est souvent aigue, la congestion passive souvent chronique.
Co.NGESTios ACTIVE. — La congestion active est l'apport trop considérable du sang artériel dans une région ou dans un organe; or cet excès d’apport peut tenir à des causes diverses : 1® A l’obstruction d’une branche artérielle; 2“ à l’irritation du tissu ; 3® à un trouble direct ou réflexe de l’innervation vaso-motrice ; 4® à l’abaissement de la pression extravasculaire.
1“ Obstruction d'une branche artérielle. — Lorsqu’une embolie , une ligature , une compression quelconque interrompt le cours du sang dans une branche artérielle, tout son territoire est anémié; mais le sang dont la voie naturelle est interceptée s’accumule au-dessus de l’obstacle et dans les vaisseaux collatéraux restés perméables : il en résulte une congestion active au-dessus et sur le pourtour du territoire anémié.
Dans cette catégorie peuvent se ranger les congestions par suppression d’un flux habituel (menstrues, hémorrho'ides).
2® Irritation de tissu. — On sait qu’il suffit d’irriter la peau par n’importe quel agent (frictions, sinapismes, électricité, etc.) pourvoir le point irrité rougir et se congestionner, la congestion est souvent précédée d’un peu de pâleur et d’anémie.
Dans cette classe se rangent les congestions gastriques par excès ou vice d’alimentation, les congestions rénales par élimination d’un principe irritant tel que la cantharide , la congestion cérébrale à la suite de travaux intellectuels, etc.
Les congestions irritatives ne sont que le premier degré de l’inflammation.
3° Trouble direcl ou réflexe de l'irritation vasomotrice. — La fameuse expérience de Cl. Bernard qui, sectionnant le grand sympathique au cou, vit la moitié correspondante de la face se congestionner, est le type le plus net des congestions par trouble du système vaso-moteur.
Ces congestions sont directes lorsqu’elles occupent la région même où se distribue le nerf affecté (ex. : congestion de la joue et de la conjonctive dans la névralgie de la cinquième paire); elles sont réflexes lorsqu’elles sont placées à distance, ex.: congestion céphalique à la suite du travail digestif, vertiges, étourdissements à la suite de troubles de l’estomac; la rougeur de ta face occasionnée par une émotion est encore une congestion réflexe : l’impression agit sur le cerveau, de là elle passe au bulbe et agit sur les nerfs vaso-moteurs de la face.
Les congestions viscérales, si fréquentes à la suite de l’impression du froid ou des brûlures, peuvent s’expliquer de deux façons : ou bien par une action réflexe, ou bien par la contraction brusque des vai.sseaux tégumentaires qui refoule le sang dans les organes profonds.
4® Abaissement de la pression extra-vasculaire. — Si la pression exercée habituellement sur certains vaisseaux est brusquement supprimée, il peut en résulter une certaine congestion, mais cet état est rarement réalisé.
La congestion active détermine habituellement une perturbation dans les fonctions de l’organe congestionné ; or, ces troubles fonctionnels sont naturellement trop variés pour se prêter à une description générale.
Les symptômes communs de la congestion sont : 1° la tuméfaction, produite par la présence d’une quantité anormale de sang ; 2® la rougeur; 3° l’élévation de la température bien moins accentuée que dans le processus inflammatoire; 4“ une sensation do gêne, de pesanteur, de battement, plutôt qu’une douleur véritable. La congestion pure est apyrétique, la fièvre indique une suractivité nutritive spéciale à l’inflammation.
La congestion détermine une transsudation séreuse étroitement liée à l’augmentation de la tension intravasculaire; de plus, lorsqu’elle se répète dans un même organe , elle y détermine des troubles nutritifs qui consistent soit dans l’augmentation de volume des éléments anatomiques [hypertrophie) soit en une production d’éléments nouveaux [hyperplasie) soit en une exagération des sécrétions (Jaccoud).
Congestion passive. — La congestion passive est
GON
caractérisée par une insuffisance de la circulation veineuse. Cette insuffisance peut tenir à deux causes ; 1° à un obstacle mécanique au cours du sangveineux; 2“ à une diminution dans la force de projection du sang artériel.
1“ Obstacles au cours du sang veineux. — Ce sont : la compression ou l’oblitération d’une veine (phlébite, thrombose, cirrhose du foie, etc.), une altération cardiaque. Ces congestions passives sont remarquables par l’abondance des transsudations séreuses qu’elles provoquent.
3° Diminution dans la force de projection du sang artériel. — On sait que l’impulsion cardiaque et la réaction des artères sont les principaux agents de la circulation veineuse; or, leur force s’affaiblit dans le cours des maladies graves adynamiques ; il en résulte une lenteur et une faiblesse de la circulation veineuse, qui devient bien rapidement une stase congestive dans les régions où l’action de la pesanteur ne lui vient pas en aide. Ces congestions ont reçu le nom A'hypostatiques ; elles sont surtout fréquentes dans le poumon, d’où le précepte d’éviter le décubitus dorsal trop prolongé, soit chez les vieillards, soit dans les maladies de longue durée.
Les congestions passives déterminent une turgescence des tissus, une abondante transsudation séreuse, les tissus congestionnés sont noirâtres, chargés d'acide carbonique, leur nutrition est languissante.
Fréquemment répétées, elles déterminent la dilatation permanente des vaisseaux et une tendance aux catarrhes chroniques.
Le traitement, on le conçoit, est essentiellement subordonné à la nature et au siège de la congestion, et ne peut donc être formulé ici.
D"- Léon Moynac.
CONGRE. — Le congre, appelé aussi anguille de mer, est un poisson abondant sur toutes les côtes d’Europe, dont la chair est fade, huileuse et souvent coriace, d’une digestion difficile et d’une valeur nutritive médiocre. p. l.
CONICINE. — (V. Ciguë.)
CONJONCTIF (TISSU). — (V. Cellulaire.)
CONJONCTIVE. — Anatomie. — La conjonctive est une membrane muqueuse qui couvre la face postérieure des paupières, et qui se réfléchit sur la partie antérieure du globe oculaire. Elle est constamment lubrifiée par les larmes et un mucus spécial.
Confondue avec la peau au niveau du bord libre des paupières, elle se porte sur la face postérieure de ces voiles membraneux pour se réfléchir sur le globe oculaire, en formant un cul-de-sac circulaire, appelé cul-de-sac oculo-palpébral, et interrompu seulement à la commissure interne des paupières. On est dans l’habitude de lui décrire plusieurs parties, selon les régions qu’elle occupe. Nous étudierons par conséquent : 1» la conjonctive palpébrale ; 2® la conjonctive à\i cul-de-sac ; 3® la conjonctive de la commissure inlerne des paupières ; 4° la conjonctive oculaire.
1® La conjonctive palpébrale est très adhérente aux paupières et très vasculaire ; elle présente de petites papilles qui s’hypertrophient sous l’influence de l’inflammation pour former des granulations.
2° La conjonctive du cul-de-sac forme le cul-desac oculo-palpébral, qui occupe les parties supérieure, inférieure et externe du globe oculaire. Ce cul-de-sac est plus profond à la partie supérieure qu’à la partie inférieure, et plus à ce niveau qu’à la partie externe. En haut et en bas, il correspond au sillon oculo-palpébral.
3® La conjonctive de la commissure interne des paupières forme la caroncule lacrymale et le repli semi-lunaire. La caroncule est une saillie de la conjonctive, de couleur rougeâtre, et située au grand angle de l’œil. Cette saillie muqueuse est due à la présence de dix à douze follicules pileux et de quelques glandes sébacées situées à ce niveau. A la surface de la caroncule, on voit sortir l’extrémité de petits poils situés dans ces follicules pileux. Le repli semi-lunaire est situé en dehors de la caroncule ; il est formé par la conjonctive qui s’adosse à ellemême. Ce repli forme un croissant vertical dont la concavité regarde en dehors. Lorsque la pupille se porte en dedans, le croissant diminue de surface ; lorsqu’elle se porte en dehors, sa surface augmente. Ce repli est le rudiment de la membrane clignotante de quelques animaux.
4® La conjonclive oculaire se comporte différemment sur la cornée et sur la sclérotique. Au niveau de la sclérotique, elle glisse sur cette membrane au moyen d’un tissu cellulaire lâche, et recouvre à ce niveau l’extrémité antérieure des tendons des muscles de l’œil. Au niveau de la cornée, la conjonctive se réduit à son feuillet épithélial qui passe seul sur la face antérieure de la cornée. (V. Cornée.) La conjonctive oculaire s’appelle aussi bulbaire.
La conjonctive est formée de deux couches superposées, de vaisseaux, de nerfs et de glandes.
La couche profonde, ou derme, est mince; des éléments de tissus cellulaire et élastique la constituent. La couche superficielle est formée de cellules épithéliales, cellules qui sont pavimenteuses et disposées en une seule couche sur la cornée; pavimenteuses et polyédriques mélangées sur le reste de la conjonctive, où elles forment plusieurs couches superposées.
Les glandes de la conjonctive sont de petits lobules pourvus d’un canal excréteur qui traversé l’épaisseur de la muqueuse. Ces lobules sont disséminés dans le tissu cellulaire sous-conjonctival.
Les artères de la conjonctive sont nombreuses; elles proviennent des artères palpébrales et des artères ciliaires antérieures. Les veines forment audessous de la conjonctive bulbaire un riche réseau très apparent dans les inflammations de cette membrane; elles se jettent toutes dans la veine ophthalmique. Enfin, les nerfs viennent des nerfs ciliaires pour la partie oculaire et des divisions terminales de la branche ophthalmique pour la portion palpébrale. D'' J.-A. Fout.
Blessures de la conjonctive. — Les blessures bornées à la conjonctive sont bien plus souvent occasionnées par l’art qu’elles ne sont accidentelles.
CON
CON
Elles rentrent dan la catégorie des plaies par instruments piquants ou tranchants dans le premier cas, tandis qu’elles appartiennent plutôt, dans le second, à la classe des plaies déchirées, des plaies contusps ou dos contusions simples. Dans tous les cas, que la blessure soit accidentelle ou volontaire, les suites en sont généralement simples : il se produit, aux environs de la solution de continuité, une extravasation sanguine limitée ; la conjonctive s’injecte dans la sphère seulement de la partie lésée, et il est très rare qu’il se développe une phlegmasie réelle. Le pronostic est plus grave s’il s'agit d’une piqûre occasionnée par certains insectes , qui déposent dans la plaie un principe vénéneux ou un corps étranger.
Dans les premiers jours qui suivent la blessure, on aperçoit, sur la portion de conjonctive lésée, une exsudation blanchâtre qui, plus tard, se résorbe et laisse une cicatrice à peine apparente, parce que la muqueuse attirée de tous les points voisins comble la perte de substance. Une ligne grisâtre est le seul vestige de l’ancienne plaie. )..orsque celle-ci se rapproche des angles de l’orbite, des culs-de-sac conjonctivaux, ou qu’elle intéresse à la fois le feuillet palpébral et oculaire de la muqueuse, il en résulte parfois un symblépharon.
Le traitement est simple ; il faut se borner, dans les premiers jours qui suivent la blessure, à appliquer sur la région une compresse de toile fine imbibée d’eau froide, et à baigner l’œil dans une solution légèrement astringente. Si la conjonctive reste hyperhémiée, on prescrit des collyres plus énergiques. Quelques purgatifs salins sont aussi utiles. Les plaies déchirées comportent le même traitement. S’il y a un lambeau de conjonctive pendant, on en pratique l’excision, ou bien, si ce lambeau est trop étendu, on le réunit aux parties voisines par un un point de suture.
Les contusions de la conjonctive sont suivies d’une infiltration de sang dans le tissu cellulaire sous-conjonctival, et souvent en même temps dans le tissu cellulaire des paupières. La muqueuse offre alors une couleur rouge foncé ou lie de vin. C’est encore aux topiques astringents qu’il faut donner la préférence pour favoriser la résorption de ce liquide. Un genre de collyre, dont j’ai observé les bons effets, c’est la solution d’arnica, à la dose d’une cuillerée à café pour un verre d’eau froide.
Les blessures de la conjonctive sont quelquefois compliquées de la présence de corps étrangers {y oy. plus loin).
Brûlures et cautérisations de la conjonctive. — Les brûlures de la conjonctive sont produites tantôt par la flamme, tantôt par des liquides bouillants projetés sur la face, tels que de l’eau à une température élevée, du suif ou de la poix fondus, enfin des métaux en fusion ; tantôt encore par l’explosion de la poudre à canon.
Les cautérisations de la conjonctive sont occasionnées par des acides projetés sur la face, tantôt volontairement, tantôt accidentellement. Le plus souvent, c’est l’acide sulfurique, ou bien le vinaigre, des liqueurs spiritueuses, telles que le wiskeg. D’autres fois, ce sont des caustiques proprement dits : le beurre d’antimoine, des particules de po-
tasse, de nitrate d’argent; la chaux, soit à l’état de chaux vive, de chaux éteinte, ou à l’état de mortier Les effets produits par ces divers agents, physiques ou chimiques, varient en raison de la température qui leur est propre, de leur force cautérisante, de la durée de leur séjour à la surface de la conjonctivite, de leur état solide ou liquide, etc.
Lorsque c’est de la chaux qui est projetée à la surface de l’œil, la conjonctive oculo-palpébrale blanchit, se gonfle et s’exfolie; elle est décomposée par l’action caustique de cette substance. La cornée est toujours atteinte et prend une teinte blanchâtre d’un bleu perlé. Les effets consécutifs varient : quelquefois les phénomènes réactionnels sont modérés ; il se développe une phlegmasie peu intense de la conjonctive, qui ne laisse à sa suite que quelques nuages de la cornée. D’autres fois, cette membrane fortement désorganisée se rompt et l’œil se vide en partie ou en totalité. Chez d’autres sujets, la cornée demeure opaque, subit la fonte purulente et devient le siège d’un siaphylome. Les eschares de la conjonctive une fois éliminées, les plaies se cicatritrisent, en produisant souvent des adhérences entre le feuillet palpébral et le feuillet oculaire, d’où un symblépharon.
Le traitement des brûlures de la conjonctive par la chaux comporte deux indications : enlever toutes les particules de cette substance qui sont restées dans la cavité conjonctivale et combattre les accidents inflammatoires consécutifs. Pour remplir la première, on fait écarter les paupières et on extrait avec une spatule, une pince ou tout autre instrument, les parcelles de chaux ; on retourne la paupière supérieure, et on commande au malade de regarder en bas, pour enlever les parcelles qui sont logées dans le cul-de-sac conjonctival supérieur. Des manœuvres analogues sont répétées pour la paupière inférieure. On dirige ensuite, à la surface de l’œil, un courant continu d’eau tiède, pour entraîner les parcelles de chaux restantes. Pour prévenir et combattre la phlegmasie consécutive, on maintient en permanence sur les paupières des compresses trempées dans l’eau froide. S’il se déclare une conjonctivite simple, on prescrit un collyre à l’azotate d’argent; si la phlegmasie est plus forte et qu’il y ait menace d’ophthalmie interne, on a recours à la saignée générale et locale, à la diète, au calomel administré à dose fractionnée.
L'acide sulfurique produit de graves désordres, lorsqu’il est projeté sur l’œil : la conjonctive blanchit, se ramollit et se gonfle d’abord t plus tard, elle s’exfolie; la cornée devient opaque et se recouvre parfois de vésicules ou de phlyctènes ; elle est souvent désorganisée par suppuration, ulcération ou par gangrène immédiate. Les lésions sont parfois plus profondes qu’on ne le croit tout d’abord. Ainsi la sclérotique peut être atteinte en même temps, quoique la cornée soit restée transparente, et l’on a la douleur, après avoir porté un pronostic assez favorable, de voir, au bout de quelques jours, une large perforation de l’œil qui entraîne la perte de l’organe. On a conseillé de laver l’œil à grande eau, avec une solution étendue de carbonate dépotasse; on neutralise ainsi la portion d’acide restante, et on limite les effets de cet agent destructeur. On
GON
CON
peut, dans le but de prévenir une réaction violente, soumettre l’œil à un courant continu d’eau tiède. La phlegmasie consécutive sera combattue par les moyens appropriés. Ces derniers préceptes sont les seuls applicables, dans les cas où la brûlure a été faite par l’eaw bouillante, le suif fondu.
Les particules de substances caustiques, telles que la potasse, l’azotate d’argent, déposées dans la cavité conjonctivale, produisent des désordres d’autant plus profonds, qu’elles ont séjourné plus longtemps. 11 faut se hâter de les extraire, laver l’œil avec une solution qui neutralise le principe du corps caustique, une solution de sel marin, par exemple, s’il s’agit du nitrate d’argent.
Les brûlures de la conjonctive et de la cornée, par suite de l’explosion de la poudre, présentent un autre phénomène : l’implantation et le séjour, dans ces deux membranes, de grains du mélange inflammable. Si on n’en fait pas l’extraction immédiate, la conjonctive se cicatrise par-dessus, et il en reste des traces ineffaçables. On enlève ces grains avec la pointe d’une aiguille à cataracte.
Corps étrangers de la conjonctive. — Ils sont de diverse nature : des particules de poussière, des morceaux de paille, des rognures d’ongles ou de plumes, de petits insectes, des particules de fer projetées à l’état d’ignition ou à froid, des germes de graminées, des particules de coke ou de houille, un fragment de la glume d’un grain d’avoine, le périsperme d’une graine de chènevis, une mouche commune, une portion de pousse de buisson, des œufs et des larves d’insectes, des yeux d’écrevisses, un nœud de mèche de fouet, etc.
Dès qu’un de ces corps étrangers, si petit qu’il soit, a pénétré dans la cavité conjonctivale, il détermine, à l’instant même, une sensation de gêne plus ou moins pénible, d’après la place qu’il occupe. Le blessé cligne constamment, se frotte les paupières, essaye de les ouvrir, sans pouvoir y arriver; la conjonctive oculo-palpébrale s’injecte, il s’échappe un flot continu de larmes. Quelquefois le corps étranger finit par être entraîné en dehors avec les larmes et les mucosités conjonctivales. D’autres fois, il reste adhérent à la conjonctive; ou bien encore il pénètre dans l’épaisseur de la muqueuse, c’est ce qui arrive pour les dards de certains insectes. 11 en est qui se fixent dans l’épithélium de la cornée.
Toutes les fois qu’on soupçonne la présence d’un corps étranger, on examine la conjonctive oculopalpébrale de la manière suivante : on commence par abaisser fortement la paupière inférieure, en commandant au malade de regarder en haut; do cette manière on explore le cul-de-sac conjonctival inférieur. On retourne la paupière supérieure de façon à porter en avant la face conjonctivale, sur laquelle le corps étranger est souvent accolé. Pour explorer le cul-de-sac supérieur, on fait renverser fortement en arrière la tête du malade; on attire la paupière supérieure à la fois en haut et en avant, et on plonge le regard de bas en haut jusqu’au repli de la conjonctive.
Le traitement comporte deux indications: extraire les corps étrangers; combattre la conjestion et la phlegmasie consécutives.
La plupart des corps étrangers adhèrent si peu à la conjonctive, que le moindre effort suffit pour les détacher. On se sert communément d’un cure-dent ou d’un morceau de papier roulé sur lui-même. Les gens du peuple ont recours à d’autres manœuvres, qui ne sont pas toujours inoffensives; il en est qui se servent de bagues; d’autres soufflent fortement à la surface de l’œil. Le plus souvent, le petit corps étranger est niché derrière la paupière supérieure. On commence donc par renverser le voile, puis on ramasse le corps avec la grosse extrémité du curedent. Cette dernière manière de procéder convient également aux corps étrangers simplement adhérents à la conjonctive cornéale. Lorsque le corps a traversé la conjonctive scléroticale et qu’il s’est enfoncé audessous de cette membrane, on est parfois obligé de soulever avec des pinces à griffes la portion de conjonctive qui le recouvre et d’emporter le tout d’un coup de ciseaux. Les dards de certains insectes fixés dans la conjonctive doivent être enlevés avec des pinces ou dégagés avec la pointe d’une aiguille à cataracte.
Les corps étrangers qui traversent la conjonctive s’implantent parfois assez profondément dans la sclérotique, pour que l’extraction en soit difficile et exige qu’on enlève avec précaution les lamelles superficielles de la fibreuse avec une aiguille à cataracte, pour saisir le corps étranger avec une pince.
11 n’est pas toujours facile de pratiquer l’extraction d’un corps étranger de la cavité conjonctivale; parfois il existe une contraction spasmodique des paupières, qui s’oppose à ce qu’on écarte ou à ce qu’on renverse suffisamment ces voiles. On commence par calmer ces phénomènes, en appliquant les topiques sédatifs sur l’œil, des sangsues sur la région temporale; en maintenant le malade dans une chambre médiocrement éclairée; après quoi on procède à l’extraction du corps étranger. Une fois ce dernier enlevé, on se borne à recommander des lotions d’eau froide ou un collyre légèrement astringent. La congestion conjonctivale disparaît promptement. Je l’ai vue quelquefois cependant persister avec opiniâtreté pendant plusieurs jours.
Inflammation de la conjonctive. — (V. Conjonctivite.)
Œdème de la conjonctive. — (V. Chémosis.)
Hypertrophie de la conjonctive. — (V. Ptérygion.)
Atrophie de la conjonctive. — (V. Xérosis.)
D" Fano.
CONJONCTIVITE. — On donne ce nom aux affections inflammatoires de la conjonctive. Ces inflammations se présentent sous des formes très différentes. Au point de vue de la lésion anatomique, on peut distinguer 6 groupes de conjonctivites qui sont ; 1“ la conjonctivite phlycténu laire ; 2® la conjonctivite catarrhale ; 3“ \b. conjonctivite purulente; 4“ la conjonctivite granuleuse ; 5“ la conjonctivite folliculaire ; 6® la conjonctivite diphtéri tique.
A. Conjontivite phlycténulaire. — Elle a été souvent aussi désignée sous le nom de conjonctivite scrofuleuse, conjonctivite lymphatique, conjonctivite pustuleuse ou herpès de la conjonctive.
GON
GON
Dans celte affection, on observe sur la conjonctive, en un point toujours très voisin de la cornée, une ou plusieurs petites vésicules saillantes, de dimension variable, bien nettement délimitées, transparentes, contenant un liquide citrin ou laiteux pouvant se résorber ou tourner à la purulence. Autour de cette vésicule se développent des vaisseaux de nouvellb formation qui constituent par leur disposition une sorte de triangle dont le sommet correspond à la phlyctène.
I,a durée de cette affection ou plutôt de la vésicule ne dépasse guère huit jours; mais les récidives sont fréquentes et elles éternisent cette maladie tant que la constitution lymphatique ou scrofuleuse n’est pas franchement modifiée. Cette maladie apporte, du reste, peu de troubles dans les fonctions de l’organe et elle ne cause qu’un sentiment de gravier plus ou moins pénible, à moins toutefois que cette conjontivite ne vienne à se compliquer du catarrhe conjonctival ou de kératite; dans ces cas, il y a ou une sécrétion abondante de mucus épais, blanchâtre, rappelant le pus, ou une photophobie intense accompagnée de douleurs vives.
La guérison est le mode de terminaison habituel et l’on pourrait presque dire fatal; mais elle est hâtée par la projection de poudres médicamenteuses entre les paupières, telles que le calomel qui semble agir en usant le sommet de la vésicule, l'acide borique dont les propriétés antiseptiques sont favorables à la prompte terminaison de l’inflammation, l’iodoforme qui agit à la fois comme corps solide et comme antiseptique. J’ai l'habitude de pratiquer la cautérisation de la phlyctène au moyen du fil de platine rougi par l’électricité; aucun moyen n’est plus efficace. L’excision du sommet de la vésicule est loin d’agir avec autant de promptitude. Un emploie souvent aussi les collyres légèrement astringents au borax, au sulfate de cuivre ou de zinc, au nitrate d'argent, à l’acétate de plomb, etc., les pommades à l’oxyde rouge ou jaune d'hydrargyre associé, au 1,20, à la vaseline. Quel que soit le traitement local prescrit, il ne faudra jamais négliger la médication générale. Dans le but de modifier la constitution, on s’adressera au fer, à l’arsenic, au phosphore, à l’huile de foie de morue, au sirop de raifort iodé, aux ablutions froides, aux frictions générales, et on recommandera l’exercice en plein air et une nourriture substantielle.
H. Conjonctivite catarrhale. — Elle est souvent désignée sous le nom de catarrhe de la conjonctive, conjonctivite simple, catarrhe sec, hyperémie de la conjonctive, ophthalmie catarrhale, coup d'air, etc.
Deux formes se présentent à l'observation : r le CATAFUUIK sec; 2“ la CO.NJONCTIVITE CATAKRHALE. CeS deux formes qui ont pour origine les mêmes causes : le froid, l’humidité, les poussières, les vapeurs irritantes, les lésions des paupières ou des voies lacrymales, se substituent souvent l'une à l’autre, c’està-dire que, débutant par le catarrhe sec, la maladie se termine fréquemment par la conjonctivite catarrhale ou à sécrétion.
Le mot le dit, le catarrhe sec est une simple inflammation de la conjonctive, se traduisant par l'injection générale des vaisseaux, sans que la sé-
crétion de là muqueuse soit exagérée. Cette maladie qui gêne surtout le soir en déterminant un alourdissement très pénible des paupières, qui s’exaspère par le séjour à la vive lumière ou dans la fumée, se guérit assez aisément par les lotions antiseptiques chaudes, les collyres astringents au sulfate de zinc ;
Sulfate (le zinc 23 ceutigr.
Eau distillée 20 grammes
au nitrate d’argent :
Nitrate d’argent 3 a 10 gr.
Eau distillée 30 grammeit
ou au borate de soude :
Borate de soude 50 centigr.
Glycérine pure 10 grammes
et les projections de poudre de calomel.
Le catarrhe conjonctival est caractérisé par une injection plus prononcée de tout le système vasculaire, on observe parfois de petites hémorrhagies miliaires, suite de la rupture des vaisseaux et toujours un œdème plus ou moins prononcé, avec sécrétion séreuse d’abord, purulente ensuite.
Les symptômes accusés par les malades sont d’abord unq petite gêne qui se transforme bientôt en douleurs vives, rappelant celles dues à la présence de corps étrangers entre les paupières et s’accompagnant de blépharospasme, de photophobie avec trouble considérable de la vision dû à la présence des mucosités épaisses qui tapissent l’œil et recouvrent la cornée. Nous verrons bientôt que, n’étaient la gravité rapidement croissante de la conjonctivite purulente, on pourrait confondre le catarrhe conjonctival avec cette dernière affection.
Au début, alors que l’écoulement est simplement séreux, de légers collyres astringents seront suffisants. Nous donnons la préférence dans ces cas au collyre glycériné etboraté suivant ;
Borax 50 centigr.
Glycérine pure 10 grammes.
On conseille généralement l’usage du collyre :
Nitrate d'argent 5 centigr. k 1 gr.
Eau distillée 20 grammes
il faut, surtout lorsque cette solution est concentrée, ne pas négliger la neutralisation du sel d’argent par l’eau salée, afin d'éviter autant que possible l’imprégnation de la conjonctive par ce sel métallique, qui a le grave inconvénient de colorer les tissus d’une façon indélébile.
Quand la sécrétion est abondante, j’ai recours au traitement suivant, qui donne des résultats aussi prompts et satisfaisants que possible : lotions chaudes antiseptiques trois fois par jour (le salicophénol rend à cet égard d’importants services); instillations entre les paupières d’une goutte de collyre d’acétate de plomb dissout dans la glycérine, et le soir introduction entre les paupières de vaseline phéniquée dans la proportion de 1/100 à 1/300.
Conjonctivites purulentes. — Elles sont aussi appelées conjonctivites blennorrhagiques, blennorrhée de la conjonctive, ophthalmie purulente.
Ainsi que nous l’avons déjà dit, cette maladie se
GON
rapproche beaucoup du catarrhe conjonctival; toutefois la nature et l’abondance de la sécrétion, le gonflement considérable de la muqueuse et les complications suffisent à différencier ces deux maladies. La conjonctivite purulente marche, du reste, avec une effrayante rapidité; le larmoiement de l’œil qui marque le début du mal est rapidement remplacé par un écoulement citrin, puis par une sécrétion épaisse, gluante, se concrétant parfois en fausses membranes et se terminant par une vraie source purulente qui donne sur les joues deux longues traînées d’un blanc verdâtre.
Les paupières sont œdématiées, rouges, tendues, luisantes et tombantes. Si, au prix de vives douleurs pour le patient, on arrive à soulever les paupières, la conjonctive est épaissie par suite de la gêne circulatoire, elle présente des ecchymoses et un chémosis considérable, qui parfois vient faire un bourrelet dans la fente palpébrale et le plus souvent menace d’étrangler la cornée et amène même parfois son sphacèle total, soit par infiltration de leucocythes, soit par l’obstacle apporté à la circulation cornéenne.
L’un des caractères de cette terrible maladie est la transmission facile d’un œil à l’autre ou du patient aux personnes qui lui donnent des soins.
Sans insister davantage sur les douleurs ressenties par le malade et qui très rapidement s’exaspèrent au point de devenir intolérables, il faut signales complications de l’état général, la fièvre, l’inappétence, la soif vive, la perte de sommeil que ne peuvent toujours rendre les injections sous-cutanées de morphine ou l’emploi des calmants tels que l’hydrate de chloral, le bromure de potassium, les préparations opiacées.
Les causes de cette affection, en dehors de la contagion et du défaut de soins donnés à la conjonctivite catarrhale, sont les sécrétions blennorrhéiques dont une parcelle a pu être transportée sur l’œil. Cette dernière source apporte une gravité plus grande encore à cette terrible affection qui est la cause de la majeure partie des cas de cécité venue par suite de sphacèle cornéen.
Les traitements préconisés sont très nombreux, celui qui est le plus généralement adopté est la cautérisation des culs-de-sac par le nitrate d’argent que les uns emploient sous forme de crayon, les autres sous forme de solutions plus ou moins concentrées.
Certains auteurs recommandent les compresses d’eau glacée et même l’usage de sacs remplis de glace pilée. Nous donnons la préférence à la médication suivante déjà développée à la conjonctivite catarrhale ; les lotions chaudes antiseptiques, le collyre d’acétate de plomb à la glycérine, la pommade de vasehne phéniquée, l’atropine ou l’ésérine suivant les indications de perforations. A cette médication nous associons les fulmigations antiseptiques et les bains d’air sec, ainsi que les calmants administrés soit par la voie hypodermique, soit par l’estomac.
Conjonctivite des nouveaux-nés. — C’est une forme de la conjonctivite purulente que nous venons de décrire; elle en diffère par son origine. Elle s’accompagne de sécrétions purulentes très abondantes, se concrétant à la face interne des pau-
pières en fausses membranes qui ont fait donner à cette maladie le nom de croup des paupières. Cette maladie, très grave, en ce sens qu’elle amène très rapidement, parfois même avant que la famille se soit inquiétée de l’affection, la perforation des cornées, s’accompagne d’une turgescence caractéristique des papilles de la conjonctive.
Cette affection se rencontre presque fatalement chez tous les enfants dont les mères ont présenté un écoulement vaginal infectieux à l’époque de l’accouchement ; mais elle peut aussi être la suite d'un refroidissement de l’enfant. C’est donc, au point de vue de l’hygiène, un grand progrès, que la . constatation du sexe soit faite par les soins de l’ad- | ministration au domicile de la mère. ,
Le traitement est le même que celui de la conjonctivite purulente. On y associe souvent les scarifications de la face interne des paupières. L’émis- i sion sanguine qui en résulte amène souvent un im- ■ mense soulagement chez les petits malades. j
Conjonctivite granuleuse. — Cette variété que l’on ’ appelle encore : conjonctivite granulaire, granula- \
Fig. 296.
Granulations chroniques de la conjonctive.
tions des paupières, ophthalmie d'Égypte, ophthalmie militaire, trachomes, esl caractérisée par le développement à la face interne des paupières, et principalement dans les culs-de-sac, de petits corps particuliers, que l’on a comparés à des grains de semoule ou à des œufs de poisson non cuits et que l’on appelle trachomes ou granulations.
Les yeux atteints de cette terrible maladie, qui est très contagieuse, sont faciles à recoiyiaître, même de loin. Pour peu que la maladie soit un peu avancée, la paupière supérieure est tombante, les cils sont agglutinés les uns aux autres sous forme de pinceaux par une matière poisseuse qui irrite peu à peu les paupières, amène une obstruction des voies lacrymales, une irritation constante des paupières et surtout du bord ciliaire, tandis que la cornée, irritée par le frottement des granulations, se couvre peu à peu d’un pannus vasculaire qui masque progressivement la vue et détermine des ulcérations plus ou moins graves; de sorte que le tableau final du processus granuleux, est ptosis, larmoiement, trichiasis,ectropion, pannus cornéen , ulcération cornéenne, enfin perte de la vision.
Ainsi qu’il a été dit plus haut, la contagion est l’une des causes de la conjonctivite granuleuse ; il
CON
GON
faut y ajouter l’irritation incessante du globe de l’œil par les poussières et la malpropreté.
Le traitement a pour but de détruire ces granulations. Les moyens préconisés ne manquent pas précisément, parce qu’aucun n’est absolument efficace. Les cautérisations au nitrate d’argent, au sulfate de cuivre, au fer ronge, ont été préconisées; on a conseillé l’ablation de la muqueuse. Les collyres de plomb agissent efficacement, même dans le cas où il y a pannus de la cornée, sans qu’il y ait lieu de redouter les taches plombiques de la cornée.
.Aujourd’hui on emploie avec succès, d’après une pratique du Brésil importée en France, la macération dans l’eau froide de graines de Jequirity à la dose de 3 p. 100 d’eau. Une lotion pratiquée toutes les vingt-quatre heures environ à la face interne des paupières pendant quelques jours, suffit à déterminer une violente ophthalmie dont le résultat est d’amener la destruction assez rapide des granulations, sans danger pour la cornée et sans crainte de cicatrices vicieuses de la conjonctive palpébrale.
E. Conjonctivite folliculaire. — Elle peut être prise pour la conjonctivite granuleuse ; mais au point de vue anatomique la différence est capitale : tandis que cette dernière a pour élément un tissu de nouvelle formation, la première est le résultat d’une inflammation des éléments folliculaires qui existent normalement dans la conjonctive.
, Cette maladie n’amène jamais, par elle-même, de complication du côté des cornées et elle n’est jamais suivie de cicatrices vicieuses des paupières, car l’inflammation cessant, les follicules disparaissent en reprenant leur volume primitif et se dissimulent dans l’épaisseur de la muqueuse. Le plus souvent, elle a pour cause un usage immodéré du collyre d’atropine et la cessation de ce médicament suffit le plus souvent à arrêter le mal. L’atropine peut alors être remplacée par le sulfate de Duboisine, l’homatropine ou l’hyosciamine. Ou bien on peut supprimer tout collyre et le remplacer par la pommade suivante à la Belladone :
Extrait de belladone .... 1 gramme.
Vaseline 10 —
dont on fera des embrocations autour des orbites, ou par la solution suivante qui sera employée en compresses :
Extrait de belladone .... 1 gramme.
Eau :200 —
Les collyres astringents légers, la projection de poudre d’acide borique constituent un traitement efficace.
F. Conjonctivite diphtéritique. — Elle est caractérisée par une infiltration fibrineuse dans l’épaisseur du tissu de la conjonctive.
Cette affection assez rare se présente sous un aspect I qui ne manque pas d’analogie avec la conjonctivite I purulente ; les paupières sont lisses, tendues, rouges, luisantes; mais, de plus, elles offrent une résistance caractéristique ; le doigt ne peut plus les déprimer et il éprouve la plus grande difficulté à I les renverser. Le liquide qui s’écoule entre les pau- ; pièces est peu abondant, séreux ; si l’on écarte les paupières, la conjonctive bullaire est grisâtre, infil-
trée, épaisse, dure au toucher; elle se laisse difficilement entamer par le bistouri et sa section ne donne ni sang, ni sérosité. Elle est privée pour ainsi dire de toute circulation.
Cette conjonctivite, qui atteint les enfants de 2 à 10 ou 12 ans, semble très douloureuse, surtout dans la période d’induration. Au bout de 4 à 6 jours, la révolution commence, la conjonctive se ramollit en même temps que la sécrétion purulente apparaît ; mais tout danger n’est point écarté, car bientôt commence le sphacèle de la conjonctive, et si la cornée -étranglée pendant la première période n’est pas tombée, les cicatrices de la conjonctive peuvent encore être cause de son ulcération ultérieure comme elles sont l’origine des trichiasis et des entropions.
Le traitement de cette conjonctivite n’est point nettement établi et la science n’est point maîtresse d’une semblable affection. Tout a été employé, chaud, froid, émissions sanguines, frictions mercurielles, sans que l’on puisse dire qu’aucune de ces médications ait rendu de réels services. Comme traitement général, on a tantôt donné les toniques, tantôt les altérants, calomel. On doit s’estimer fort heureux si, par l’emploi de ces moyens auxquels j’ajouterai le badigeonnage des paupières à la teinture d’iode, on peut abréger la durée de la période d’induration et éviter le sphacèle conjonctival. En tous cas, il ne faut pas négliger de surveiller la cornée, d’instiller l’atropine pour calmer les douleurs et de faire une paracentèse s’il y a lieu de redouter un sphacèle cornéen. Cette évacuation d’humeur aqueuse rétablit la circulation entre les lames de la cornée. D'' Gillet de Grandmont.
CONJUGAISON (TROüs de), — On désigne en anatomie, sous le nom de trous de conjugaison, les trous formés par les échancrures des apophyses transverses de deux vertèbres juxtaposées et par lesquels passent les nerfs spinaux ou rachidiens.
CONNAISSANCE (perte de). — La perte de connaissance est cet état d’abolition de toute manifestation intellectuelle de l’expression et de tout mouvement volontaire, la respiration et la circulation continuant leur cours, et les mouvements réflexes étant conservés. La perte de connaissance est le symptôme le plus caractéristique de la syncope. 11 s’observe dans les maladies graves du cerveau, dans l’épilepsie, la catalepsie, etc. p. l.
CONSANGUINITÉ. — Qualificatif employé pour désigner deux individus provenant de mêmes parents, à des degrés plus ou moins rapprochés (V. Mariage). p. L.
CONSERVES. — (V. Lunettes.)
CONSERVES ALIMENTAIRES. — (V. Yiande , Poissons, Légumes. )
CONSOMMÉ. — (V. Bouillon.)
CONSOMPTION. — E.xpression employée pour
GON
GON
désigner un état de diminution, d'amaigrissement, d’épuisement lent et progressif de tout l'organisme d’un individu et de toutes ses forces vitales. La consomption est presque toujours consécutive à des maladies chroniques organiques ou fébriles, et se montre à son plus haut degré chez les phthisiques, si bien que pour quelques médecins, le mot consomption est synonyme de phthisie pulmonaire.
CONSOUDE. — On donne ce nom à une plante herbacée, de la famille des borraginées, vivace, haute d'environ 50 centimètres, à feuilles grandes, rudes au toucher, à fleurs blanches, quelquefois rosées, réunies à la partie supérieure des rameaux en forme d’épis renversés, et à racine allongée.
Fig. 297. — Grande consolide.
cylindrique, noire en dehors, blanche à l'intérieur, qui pousse en France, dans les bois et les prés humides, sur le bord des étangs et des ruisseaux. La racine, qui a une saveur douce, est dépourvue d’odeur et renferme une grande proportion de mucilage et un peu de tannin, auxquels elle doit ses propriétés émollientes et légèrement astringentes, était jadis employée en topique sur les tumeurs enflammées et en macération ou décoction contre la diarrhée et la dyssenterie ; elle est aujourd'hui à peu près inusitée. i>, i,.
CONSTIPATION. — La constipation peut être définie, la rareté des évacuations alvines par suite d’une difficulté d’aller à la selle et de leur durcissement par séjour prolongé dans la partie inférieure du gros intestin. Toutefois, la constipation est relative, car il existe un très grand nombre de variétés individuelles, quant au plus ou moins de fréquence de ces évacuations. Ainsi, certains individus ne sont nullement incommodés de n’aller à la garde-robe que tous les trois ou quatre jours, tandis que d’autres éprouvent des malaises avec deux selles dans les vingt-quatre heures.
La constipation reconnaît des causes nombreuses et variées qui sont ; 1° la paresse de l’intestin et la diminution de la contractilité intestinale et des
muscles de l’abdomen qui jouent un rôle important dans l’acte de la défécation, résultant d’une alimentation insuffisante ou de l’excès de nourriture azotée, d’une inflammation chronique des intestins, des affections aiguës ou chroniques des centres nerveux, telles que méningite, hémorrhagie ou ramollissement du cerveau, ataxie locoi;notrice; de la chlorose, de l’épilepsie; 2“ l’altération ou le défaut de sécrétions intestinales biliaire ou pancréatique qui accompagne la gastralgie, la dyspepsie, les maladies du foie et du pancréas ; 3® le spasme du rectum déterminé par les hémorrho'ides ou une fissure à l’anus; 4“ la paralysie de l’intestin produite par les coliques de plomb ou toute autre cause; 5° un obstacle mécanique au cours des matières fécales; corps étrangers, calculs biliaires volumineux ou aglomérés, noyaux de cerise, etc.; rétrécissement, invagination ou tumeur des intestins; occlusion intestinale. L’abus des lavements chauds, la vie sédentaire, les travaux intellectuels prolongés, la mauvaise habitude de résister aux besoins de la défécation, la grossesse, provoquent aussi la constipation.
La constipation se rencontre à tous les âges, cependant elle est beaucoup plus commune dans l’àgo adulte et surtout dans la vieillesse que dans l’enfance. La femme y est beaucoup plus sujette que l’homme.
Dans les cas les plus ordinaires, les symptômes auxquels donne lieu la constipation ne sont pas bien graves. « En général, dit Valleix, les sujets qui ne vont à la garde-robe qu’une fois tous les trois ou quatre jours, et qui ne rendent qu’une médiocre quantité de matières fécales très dures, sont maigres et d’un appétit médiocre; ils ont des , digestions peu faciles et un caractère irritable. Ils ) sont parfois sujets à une céphalalgie plus ou moins î, opiniâtre; ils sentent des bouffées de chaleur au , visage. Ils éprouvent des étourdissements et ont de I la tendance au sommeil après le repas ; le travail intellectuel est difficile chez eux, et enfin les borborygmes, parfois un besoin non satisfait d’aller à la garde-robe, la tension de l’abdomen et la pesanteur vers le périnée, complètent le tableau de ce symptôme.
Dans les cas où la constipation dure pendant un certain temps, ces symptômes se prononcent davantage. De plus, l’accumulation des matières fécales dans le colon et plus fréquemment dans le rectum et dans l’S iliaque, forme vers la fosse iliaque droite ou gauche des tumeurs consistantes, dures, irrégulières, bosselées qui peuvent entraîner tous les accidents de l’obstruction intestinale : nausées, hoquets, éructations, vomissements alimentaires d’abord, puis glaireux, bilieux et fécalo'ides, ballonnement du ventre, faiblesse, agitation extrême, parfois délire, refroidissement des extrémités, etc.
La première condition pour éviter la constipation a été formulée par le professeur Trousseau : « 11 faut que chaque jour, à la même heure, on se pré- ' sente à la garde-robe et qu’on fasse pendant assez i longtemps de puissants efforts; si ces efforts restent t infructueux, il faut attendre au lendemain, quand ^ même le besoin se ferait sentir auparavant. Si le U deuxième jour il n’y a pas d'évacuation, on prendra n
CON
GON
immédiatement un lavement d’eau dégourdie, puis d’eau froide. La répétition de l’acte invariablement à la même heure finit par amener le sentiment du besoin au moment où l’on veut aller à la selle, et il est rare qu’après huit ou dix jours de ces patientes et métliodiques manœuvres, on n’obtienne pas une exonération quotidienne. »
Le régime a aussi une grande influence. 11 faut manger des viandes blanches de préférence aux viandes rouges, des légumes verts, des fruits verts, boire le vin coupé avec de l'eau de Saint-Galmier- Hadoit, de Chatelguyon, etc.; faire usage du café, du lait, de la bière, éviter les alcools ; se livrer après chaque repas à des exercices corporels ; prendre fréquemment des bains entiers, etc.
Le traitement médical comprend un certain nombre de moyens thérapeutiques, parmi lesquels les purgatifs et les laxatifs tiennent le premier rang.
Les purgatifs salins, sulfate de magnésie, sulfate de soude, eau de Sedlitz, eau de Rubinat, etc., traduisent leur action par une augmentation de contractions et de sécrétions intestinales. Ils ont leur indication dans le cas de constipation due à la sécheresse des matières. Ils sont surtout utilement administrés, ainsi que le dit fort justement le professeur Villemin, dans le but de délayer les matières fécales échouées dans le côlon.
Les purgatifs végétaux : aloès, jalap, coloquinte, gomme-gutte, scarnmonée, séné, etc., qui font la base des pilules Bosredon, des grains de santé de Franck et de plusieurs autres préparations spéciales journellement prescrites, sont principalement remarquables par l'action énergique qu’ils produisent sur la sécrétiou'dela bile et par l’excitation manifeste des contractions intestinales, mais ils doivent être administrés avec prudence, à petites doses et à des intervalles un peu éloignés, si l’on ne veut pas qu'ils déterminent de l'irritation intestinale et la congestion des organes situés dans le bassin. La podophylle {podoph'jlle Coirré),\e principe amer de la quassia (quassine Fremint), la poudre laxative de Rocher, le séné, la casse, etc., produisent aussi d’excellents efl'dts contre la constipation, en stimulant et en réveillant l’action des fibres musculaires de l'intestin qui expulse plus vigoureusement et plus régulièrement les déchets de la nutrition.
L’hydrothérapie a aussi été préconisée contre la constipation. Le col de cygne dirigé sur la région lombaire, le bain de pieds froid à eau courante, court et administré sur la plante des pieds, la douche hémorrho'i'dalc et enfin la douche ascendante animée d’une force de projection modérée, constituent, d'après notre savant collaborateur et ami Beni-Barde, les procédés lcsi»lus efficaces. Ajoutons que l’application du froid sur l’abdomen a bien des fois réussi contre la constipation, et que nous avons entendu le professeur Trousseau, dans ses cliniques do l'Ilôtel-Dicu, conseiller de se recouvrir le ventre, le matin en se levant, avec une compresse en plusieurs doubles, imbibée d'eau froide et séparée de la chemise par une feuille de caoutchouc ou de taffetas gommé.
Enfin l'électricité a été aussi utilisée dans le traitement de la constipation, sous forme de courants
continus, un réophore étant placé dans le rectum et l’autre appliqué sur l’abdomen.
Telles sont les différentes médications employées dans le traitement de la constipation. Toutes comptent des succès, la seule difficulté consiste à savoir les employer d’une façon opportune.
D' Paul Labarthe.
CONSTITUTION. — On entend par constitution l’état général et l’organisation particulière d’un individu d’où résultent son degré de force physique, la régularité plus ou moins grande de ses fonctions, la puissance de résistance qu’il oppose aux maladies, et le plus ou moins de chance de vie qu’il possède (V. Tempérament). p. l.
CONSTRICTEUR. — Nom donné à certains muscles qui ont pour fonctions de serrer circulairement et de fermer certaines cavités du corps humain : constricteurs du larynx, constricteurs de l'urèthre, constricteur du vagin, constricteur de l'anus.
CONTAGION. — On donne le nom de contagion à la propriété que possèdent certaines maladies de se transmettre d'un individu à un autre. Le développement d’une maladie contagieuse réclame deux conditions ;
1“ Un germe ou agent capable d’opérer la transmission de l’individu malade à l’individu sain ; 2“ un terrain convenablement préparé pour recevoir l’agent contagieux, c’est-à-dire une prédisposition spéciale de l’individu.
La contagion s’effectue de plusieurs manières :
f® Par inoculation, c’est-à-dire par une plaie qui ouvre une porte d’entrée au principe contagieux; 2“ par contact direct, avec les objets contaminés; 3“ par contact indirect, c'est-à-dire au moyen de l’atmosphère viciée par des miasmes, des particules morbifiques, etc. Dans ce dernier cas, la contagion se rapproche beaucoup de l’infection, ce qui la fait désigner par quelques auteurs sous le nom d'infecto-contagion.
Le germe contagieux, habituellement inappréciable à nos moyens d’investigations, consiste souvent en parasites, microzoaires, bactéries, etc., visibles seulement au microscope.
Parmi ces principes contagieux, les uns appartiennent en propre à l'espèce humaine, c’est-à-dire que, nés chez l’homme, ils ne sont point transmissibles aux animaux (scarlatine, syphilis, etc.). D’autres nés chez les animaux, sont transmissibles à l’homme (rage, pustule maligne, morve).
L’activité de ces principes est très variable; d'ailleurs leur degré de développement dépend à la fois de leur force et de l'aptitude de l’individu atteint. Certains virus s’affaiblissent sous l’influence d'inoculations successives; ainsi, il est certain que le vaccin n’a plus la force et, par conséquent, les propriétés préservatric.es qu'il possédait à l’époque de.lenner; la syphilis affaiblie par le temps et par le traitement, est loin de produire des accidents aussi redoutables qu’autrefois.
Les nombreux problèmes qui se rattachent à l’étude de la contagion sont loin d'être élucidés, ils
CON
CON
ont cependant, au point de vue de la pathologie générale et de l’hygiène, une importance capitale. Nous ne saurions, dans ce dictionnaire, aborder ces études complexes; tout au plus pouvons-nous essayer de présenter sous forme de propositions les points les plus importants et sur lesquels l’accord général paraît être fait.
1“ De nombreux points de contact rapprochent l’étude de la contagion de celle des épidémies; ainsi la plupart des maladies épidémiques sont contagieuses, alors même qu’à l’état sporadique elles ne le seraient pas.
2“ Des maladies, endémiques dans certaines régions, peuvent être transportées dans des lieux plus ou moins éloignés, où elles deviennent le point de départ d’une épidémie; ce transport a lieu soit par un individu malade, soit par des objets inanimés sortant du lieu infecté.
3® Cette maladie, ainsi transportée, peut, ou bien se développer avec activité, frapper un grand nombre d’individus et devenir un foyer d’infection, ou bien rester limitée à quelques personnes et s’éteindre rapidement.
La cause intime de ces différences est inconnue. Les germes contagieux rencontrent dans les constitutions médicales et dans les dispositions individuelles des terrains favorables ou contraires à leur développement; mais, malgré de nombreux efforts, ce fait ne peut être expliqué, on se borne à le constater.
4® L’isolement ou la fuite sont les seuls moyens propres à prévenir sûrement la contagion. Souvent, il est vrai, on voit des individus quitter les foyers d’épidémie et tomber malades dans leur nouvelle résidence ; c’est que déjà leur organisme était envahi par le germe contagieux dont l’éclosion a mis plusieurs jours à se manifester.
11 est très ordinaire de voir des individus s’exposer journellement à la contagion sans en éprouver les atteintes, cette immunité peut être innée ou bien être acquise par une attaque antérieure de la maladie régnante, soit par un contact habituel avec les malades. L’immunité peut ne pas être absolue : ainsi, après avoir longtemps échappé à la maladie on peut en être atteint.
5® Certains âges sont bien plus exposés que d’autres à certaines épidémies : ainsi les fièvres éruptives, la coqueluche, etc., frappent de préférence les enfants.
6° Les maladies virulentes ont une façon spéciale d’être contagieuses : les unes le sont par inoculation c’est-à-dire par l’introduction directe du poison dans le torrent circulatoire, introduction nécessitant une déchirure de l’épiderrne, c’est 'ce qui a lieu pour la rage, la vaccine. D’autres le sont par simple contact des muqueuses pourvues de leur épiderme (pour quelques auteurs une éraillure de l’épithélium muqueux serait indispensable à la contagion) : c’est ce qui a lieu pour la syphilis, la variole, la morve, la pustule maligne, etc.
7“ Le principe contagieux et inoculable des maladies virulentes réside soit dans les liquides sécrétés par la partie malade (variole, syphilis, pustule maligne), soit dans le sang (morve, charbon, syphilis), soit dans la salive (rage); sauf cette excep-
tion, les sécrétions physiologiques ne renferment pas le principe inoculable. d' Léon Moynac.
CONTENTIF. — On appelle ainsi les divers bandages et appareils employés en chirurgie pour maintenir rapprochées les lèvres d'une plaie, les fragments d’un os fracturé. p. l.
CONTINENCE. — La continence n’est autre chose que l’abstinence du co'it, volontaire ou forcée. Si cet état peut être sans aucune influence fâcheuse chez les individus faibles, débiles et lymphatiques, il n’en est pas de même chez les individus forts et robustes. « Dans le plus grand nombre des cas de ce -genre, dit Becquerel, aucun accident particulier ne se développe, et des pollutions nocturnes abondantes accompagnées de rêves érotiqnes, viennent presque toujours rétablir l’équilibre. 11 est rare qu’il n’en soit pas ainsi, mais enfin cela peut être, et quand les pollutions critiques n’arrivent pas, on peut observer certains phénomènes sur la nature desquels tous les médecins ne sont pas d’accord, et qu’on attribue généralement à la pléthore spermatique. Ces accidents sont : un sentiment général de torpeur, de malaise et d’impatience; des érections fréquentes et répétées se développent spontanément à la simple vue d’une femme, ou sous l’influence de stimulations de diverse nature; ces érections constituent fréquemment les principaux accidents, et elles sont quelquefois tellement violentes, qu’elles peuvent conduire celui qui les subit à des actes de folie criminelle. Si la pléthore spermatique est portée à son dernier degré, le caractère change, s’altère de plus en plus, et la plupart des médecins s’accordent à reconnaître que de véritables accès de folie peuvent se développer. »
Etant donné que dans l’admirable machine humaine, à tout organe est dévolue une fonction, l’état de continence est un état anti-physiologique. « La chasteté, dit Fleury, peut devenir une convenance, un devoir, mais elle ne saurait être une vertu. Non, la nature n’a pas créé l’homme et la femme pour la plus grande gloire de la chasteté. Comment nne contravention à la loi la plus générale et la plus admirable de la nature serait-elle une vertu? L’amour, maternel, l’amour conjugal, l’amour filial, l’amour, sont les sentiments les plus nobles et les plus élevés du cœur humain. Cessez donc d’appeler la chasteté une vertu. Tous les médecins, ajoute-t-il, depuis Hippocrate jusqu’à nos jours, ont signalé les dangers de la continence, de la chasteté, et ont énuméré, parmi ses plus funestes effets, le priapisme, les maladies des testicules, la monomanie érotique, la folie, les hallucinations, les pollutions nocturnes, etc. »
CONTRACTILITÉ. — On donne ce nom en physiologie à la propriété qu’ont les fibres musculaires de se contracter sous l’influence de la volonté ou de certains agents d’excitation, tels que les agents mécaniques, les agents chimiques, les agents physiques, en particulier, l'électricité. p. l.
CONTRACTION. — On donne ce nom en physiologie au phénomène par lequel un muscle, en vertu
CON
GON
oH
de la propriété de contractilité dont il jouit, se contracte, change de forme, se raccourcit en augmentant d’épaisseur et en développant une certaine quantité de chaleur. P. L.
CONTRACTURE. — On donne ce nom à un état de contraction musculaire anormale, permanent et involontaire, généralement douloureuse, limitée tantôt à un membre, tantôt à un groupe de muscles et qui s’observe surtout dans les membres, et plus fréquemment dans le membre supérieur que partout ailleurs.
Les contractures reconnaissent souvent pour point de départ les altérations organiques des centres nerveux. On les observe dans les méningites, les encéphalites, les hémorrhagies et les ramollissements du cerveau, les compressions de la cervelle, les scléroses, etc. On les observe aussi dans les affections rhumatismales, dans l’hystérie, etc.
CONTRE-COUP. — On donne ce nom à l’ébranlement ressenti dans une partie du corps à la suite d’une chute ou d’un choc sur une autre partie du corps plus ou moins éloignée ou opposée. p. L.
CONTRE-EXTENSION. — On donne ce nom à une action inverse et opposée de l’extension qu’on met en jeu dans les réductions des fractures et des luxations. L’aide, qui dans ces réductions maintient immobile le tronc ou le segment supérieur du membre lésé, pendant que le chirurgien tire sur le segment inférieur de ce membre, fait de la contreextension. P. L.
CONTRE-INDICATION. — Nom donné en médecine thérapeutique à toute circonstance qui empêche de faire ce que la nature même de la maladie semblait indiquer tout d’abord. p. L.
CONTRE-OUVERTURE. — On donne ce nom à l’incision que pratique le chirurgien dans un point plus ou moins éloigné de l’ouverture d’une plaie, dans le but de faciliter l’écoulement du pus qu’elle suinte, ou pour faciliter l’extraction d’un corps étranger qui s’y trouve. P. L.
CONTRE-POISON. — Nom donné à toute substance jouissant de la propriété de prévenir, de diminuer notablement ou de détruire les effets d’un poison. p. L.
CONTRE-STIMULANT. — Nom donné en thérapeutique à une' série de médicaments auxquels on attribue la propriété d’agir en sens inverse des stimulants, c’est-à-dire de ralentir l’action de la contractilité capillaire locale ou générale. Parmi les principaux contre-stimulants nous citerons : la diète, la saignée, le froid, le sulfate de quinine, la digitale, etc. La plupart des purgatifs et des diurétiques sont aussi des contre-stimulants. p. l
CONTREXÉVILLE (eaux minérales de). — Contrexéville est un village de 700 habitants, situé dans le département des Vosges, qui possède des eaux mi-
nérales sulfatées calciques et bicarbonatées calciques froides, contenant par litre ls‘’,16 desulfate de chaux et Os’’, 40 cent, de bicarbonate de chaux. Elles s’administrent en bains et en douches, mais surtout en boisson, dans un certain nombre d’affections des voies urinaires (gravelles uriques et phosphatiques, catarrhe vésical, engorgement de la prostate, etc.), contre la goutte, les coliques hépatiques, le diabète goutteux, etc. Le climat de cette station est malheureusement rude, variable et souvent humide. Paul Labarthe.
CONTUSION. — On donne le nom de contusion à une lésion des tissus vivants produite par une pression extérieure, le plus souvent brusque, et sans qu’il en résulte de solution de continuité de la peau.
Plusieurs causes peuvent produire des contusions. Les unes agissent par pression, les autres par percussion. Les premières comprennent la pression exercée par de lourds fardeaux sur les diverses parties du corps, par des blocs de pierre, par une morsure, etc. Dans la seconde se trouvent toutes les violences extérieures ; coup de bâton, etc., etc.
Indépendamment de ces causes qu’on peut appeler occasionnelles, il faut citer une prédisposition particulière de certaines personnes, surtout des femmes à peau fine et délicate, chez lesquelles la moindre pression détermine la rupture de petits vaisseaux et la formation d’ecchymoses. Cette prédisposition existe à un haut degré chez les scorbutiques et chez les malades atteints de purpura.
Depuis Dupuytren, on admet quatre degrés de contusions : — 1" DEGRÉ, caractérisé parla rupture de vaisseaux très fins, et une infiltration sanguine qui constitue V ecchymose (V. ce mot) ; — 2' degré, caractérisé par la rupture de vaisseaux plus volumineux, la déchirure des tissus et la formation d’une collection sanguine, dite bosse sanguine', — 3® degré dans lequel les tissus sont plus profondément altérés et les collections sanguines mal limitées à cause du grand nombre de vaisseaux déchirés ; 4® DEGRÉ, dans lequel les parties sous-jacentes à la plaie sont pour ainsi dire broyées et forment une sorte de bouillie.
Quelques mots sur les symptômes spéciaux à chacun de ces degrés.
1®® DEGRÉ. — Souvent la contusion détermine uniquement une douleur plus ou moins intense, que la pression et les mouvements exagèrent. Mais dans la plupart des cas, une ecchymose ne se fait pas longtemps attendre. Cette ecchymose apparaît, d’abord au niveau du point contus, pour s’étendre, ensuite, dans tous les sens, en suivant cependant la direction des couches celluleuses. Elle est d’autant plus lente à paraître qu’elle est située plus profondément.
Dans les régions où la peau est mince, scrotum, paupières, etc., l’ecchymose prend quelquefois une coloration noirâtre.
2® DEGRÉ. — Dans la contusion au second degré, qui s’accompagne de déchirure des tissus, on voit le plus souvent se former une tumeur sanguine. Cette tumeur se forme immédiatement dans certaines régions où la peau repose presque directe-
ol2
ment sur un plan résistant, comme au front et à la face interne du tibia. Quelquefois elle se montre plus lentement. Le volume de la bosse sanguine varie depuis celui d’une noisette jusqu’à celui du poing. Elle est peu douloureuse au toucher; le centre est mou et presque fluctuant, tandis que le pourtour peut présenter une assez grande consistance. Lorsqu’on en presse fortement la circonférence avec le doigt, la pression triomphe de la résistance, et l’on obtient le phénomène connu sous le nom de crépitation sanguine, espèce de craquement produit par le broiement du caillot sanguin, et comparable à celui que l’on perçoit lorsqu’on presse une poignée de neige entre les doigts.
On voit rarement la bosse sanguine ne point altérer la couleur de la peau. Presque toujours, immédiatement, ou un peu plus tard, on aperçoit une ecchymose qui accompagne la contusion au second degré.
3* DEGRÉ. — L’attrition des parties molles est si grande que la vie est momentanément suspendue dans le point lésé, qui devient insensible. La partie est froide et prend souvent une coloration livide. Au bout de quelque temps, on voit la chaleur et la sensibilité revenir, mais quelquefois les premiers phénomènes persistent, et alors survient soit un phlegmon, soit une gangrène.
4' DEGRÉ. — La gangrène frappe inévitablement toute partie contuse au quatrième degré : aussi en renvoyons-nous la description à l’article Gangrène.
La contusion a une marche, une durée et une terminaison qui varient suivant le degré.
1“' DEGRÉ. — L’ecchymose se fonce en couleur pendant les premiers instants qui suivent la contusion et en quelques heures, quelquefois en deux ou trois jours, selon l’étendue de l’ecchymose et son siège, elle est arrivée à son summum d'intensité. A mesure qu’elle s’étend en surface, sa coloration se modifie. De livide ou noirâtre qu’elle était au début, elle devient bleuâtre, puis verdâtre, puis jaunâtre, puis elle disparaît complètement. Le temps nécessaire à la disparition de l’ecchymose varie; cependant on peut dire qu’une ecchymo.se de moyenne intensité ne disparaît point avant trois ou quatre semaines. Elle se termine constamment par la résolution.
2' DEGRÉ. — La contusion au second degré peut se comporter de différentes manières.
'fantôt le sang se résorbe graduellement, la tumeur diminue de volume, elle disparait en même temps que l’ecchymose qui passe par les mêmes phases que celles du premier degré. Cette terminaison s’observe surtout lorsque la collection sanguine est peu considérable.
Tantôt la tumeur devient fort douloureuse, la peau rougit et se tuméfie, en même temps que le malade est pris de fièvre. Très probablement alors le foyer sanguin fournit du pus qui se mélange au sang de la tumeur, et l’on a un abcès sanguin. Cet abcès se comporte comme les abcès phlegmoneux, car il détermine l’amincissemenl et la perforation de la peau. Lorsque la contusion occupe une grande étendue, on voit quelquefois ce mode de terminaison être très funeste au malade. En effet, le pus destructeur dissèque les muscles et les vaisseaux.
ouvre les articulations, et, après l’ouverture naturelle ou artificielle de l’abcès, il continue à s’écouler avec abondance, et finit, dans certains cas, par épuiser le malade. C’est dans ces conditions qu’une contusion sans complication peut amener la mort.
Tantôt on voit la collection sanguine se modifier de la manière suivante : le tissu cellulaire, refoulé par le sang épanché, forme sur les parois do la collection liquide une sorte de membrane de nouvelle formation. En même temps, le sang peut se conserver intact pendant un laps de temps plus ou moins considérable, tout en prenant une coloration noire, ou bien se transformer; et alors il se décolore et se divise en deux parties, une partie solide, une partie liquide. La partie liquide disparaît ou s’accroît pour former un kyste. La partie solide, formée par la fibrine, se dépose sur les parois de la tumeur ou forme des masses de volume variable pouvant, selon quelques chirurgiens, devenir l’origine de tumeurs de mauvaise nature.
3® DEGRÉ. — 11 est extrêmement rare de voir la contusion au 3' degré se terminer par résolution. Le plus souvent, on voit la partie lésée devenir chaude; rouge, tuméfiée et douloureuse. Le malade est pris d’une fièvre intense, accompagnée 'fréquemment de délire, et l’on peut constater tous les symptômes d’un phlegmon diffus q'ui amène souvent la mort. D’autres fois, c’est un érysipèle qui envahit le point contus et qui s’étend rapidement. Cet érysipèle, presque toujours phlegmoneux, est d’une grande gravité. Enfin, dans d’autres cas, la peau se mortifie, l’eschare tombe, et la suppuration de la plaie, mise ainsi à nu, dure un temps variable, mais ordinairement fort long.
4' DEGRÉ. — (V. Gangrène).
Les contusions sont rarement simples, surtout lorsqu’elles sont violentes. Dans les membres, et même sur le tronc, elles s’accompagnent fréquemment de fractures et de luxations, de lésions plus ou moins considérables de troncs nerveux se traduisant par de la paralysie ou de la névralgie sur le trajet du nerf affecté. Plus rarement on observe la contusion d’une artère d’un certain volume et la formation d’un anévrisme traumatique. Sur le tronc, une violente contusion peut déterminer une lésion des viscères, telle que rupture du cœur, contusion et déchirure du poumon amenant l’hémoptysie, déchirure du foie et épanchement de sang et de bile dans le péritoine, déchirure d’un kyste de l’abdomen, hématocèle rétro-utérine, hématocèle du testicule et de la tunique vaginale, commotion cérébrale, etc., etc. Combien de diagnostics restent incomplets, dans les cas de contusion, parce que le chirurgien ne songe pas à la recherche des complications !
Le traitement des contusions varie suivant leur degré.
La contusion est-elle peu étendue et peu douloureuse? La nature est le meilleur chirurgien; mais si elle a été violente ou étendue, on se trouve bien de l’emploi de liquides résolutifs, compresses imbibées d’eau-de-vie camphrée, d’eau blanche, de teinture d’arnica, etc. Les ventouses scarifiées, appliquées sur l’ecchymose' même, font disparaître la douleur et abrègent peut-être la durée de l’infiltra-
CON
CON
tion sanguine. Lorsque, dans ce degré, on n'a recours à aucun traitement, la guérison est aussi certaine, mais elle se fait attendre plus lonfftemps.
Dans la contusion au second degré, l’indication est de chercher à obtenir la moins grave des terininaisons, la résorption. Pour l’obtenir, il faut d abord essayer de transformer la bosse sanguine du deu,\ième degré en une ecchymose du premier degré. Pour cela, on a recours à la compression : au moyen d une plaque dure, une pièce de monnaie, par exemple, on comprime la tumeur, de manière à forcer le sang à. s’extravaser dans les tissus voisins. On se comporte ensuite comme dans le cas de contusion au premier degré.
Lorsque le sang se coagule, on est dans l’habi tude d’écraser le caillot sanguin, afin de faciliter son absorption graduelle.
Si le foyei' sanguin s’enflamme et suppure, si, en un mot, il se forme un abcès sanguin, on ne doit point hésiter à débrider largement; ensuite, on traite 1 état inflammatoire local par les moyens ordinaires, cataplasmes, lotions émollientes, etc.
Enfin, que faut-il faire dans les cas de vastes collections sanguines que l'on ne peut point espérer guérir par la compression ? Dans quelques circonstances, on a vu ces collections disparaîlre à la longue ; mais, en raison de leur terminaison plus ou moins immédiatement fâcheuse, on est dans l’habitude d'en extraire le sang. I.e foyer est-il peu étendu? une ponction avec un bistouri droit sera suffisante. Après la ponction, on exercera sur la tumeur une pression graduelle pour faire sortir le sang, et l’on évitera l’entrée de l'air dans la cavité. Dans les vastes foyers, qu’ils contiennent du sang ou de la sérosité, il est préférable de faire une ponction sous-cutanée, carc’est dans des cas semblables qu’on a vu l’introduction de l’air dans le foyer être suivie des symptômes d’infection purulente ou de résorption putride.
Il ne suffit point de diriger ses soins vers la contusion elle-même; le chirurgien doit encore, dans le traitement, s’occuper des complications,’ lorsqu’elles existent. Dans la plupart des contusions violentes profondes, on se trouve bien de pratiquer une large saignée, mais seulement anrès que les organes sont revenus de cet état de'stupéfaction que Trousseau a bien désigné pour le cerveau sous le nom à'élonnemenl. U» j
CON'VALESCENCE. — La convalescence est un état intermédiaire entre la santé et la maladie; cest un état de faiblesse transitoire survivant plus ou moins de temps à l’état morbide disparu. La convalescence ne s’observe donc que lorsque la maladie s’est prolongée assez pour affaiblir les forces du malade; les indisiiositions de courte durée n’ont point de convalescence, le retour à la santé se fait immédiatement sans état intermédiaire.
Les phénomènes de la convalescence se manifestent du coté de l’organe malade et des principales fonctions; mais nous ne pouvons étudier ici que les phénomènes généraux de la convalescence.
La convalescence s’annonce par la disparition de la fièvre, de la douleur, des troubles fonctionnels,
en un mot des symptômes locaux et généraux qui caractérisaient la maladie.
L’appétit se ranime, faible d’abord, il ne tarde pas à devenir impérieux, mais le peu d’activité de l’estomac prédispose aux indigestions, d’où le précepte de manger peu et souvent; le malade est pâle, ses muqueuses sont décolorées, il est plus amaigri que dans le cours de la maladie, cet état paraît être en rapport avec la disparition de la fièvre qui donne lieu à une certaine tuméfaction des tissus; il est très sensible au froid, aux émotions, mais il éprouve un sentiment de satisfaction intime et de bien-être intérieur des plus agréables.
Ses forces musculaires et intellectuelles sont très affaiblies, le moindre effort lui est pénible, sa démarche est vacillante, il souffre aisément de la tête, etc.
La peau est souvent le siège d’une légère desquamation; les cheveux tombent ou blanchissent; les urines sont abondantes et souvent chargées de principes albumineux.
La température des convalescents est la température physiologique, mais elle se modifie sous l’influence des causes les plus légères, des moindres fatigues physiques ou intellectuelles, des écarts de régime, et surtout après le repas elle présente une élévation (2 à 3 degrés) qui pourrait effrayer le médecin non prévenu de ce fait ; mais si la digestion est bonne, la température redevient rapidement normale; toutefois, il faut se rappeler que chez les convalescents l’indigestion est fréquente et facile.
La durée de la convalescence est très variable suivant la nature de la maladie, Tàge, le sexe, la constitution du patient : en général, elle est courte chez l’enfant, très longue chez le vieillard.
Pendant la convalescence, il n’est pas très rare de voir se développer certaines maladies secondaires, telles que paralysies partielles (fréquentes surtout dans la convalescence de la diphtérie, mais pouvant survenir aussi dans la convalescence d’un grand nombre de maladies aiguës : spasmes, convulsions, névralgies, hydropisies (si fréquentes dans la convalescence de la rougeole), bronchites chroniques, phthisie (assez ordinaire dans la conwlescence de la rougeole, etc.). D"' Léon Movnac.
CONVALLARIA MAÏALIS. — (V. Muguet.)
CONVULSIONS. — Les convulsions consistent en une augmentation morbide, en une perversion par excès de l’activité musculaire ; elles peuvent frapper les muscles de la vie de relation et les muscles de la vie organique. Dans ce second cas, elles prennent le nom de spasmes (V. ce mot).
Les convulsions sont : 1“ ioniques, lorsqu’elles donnent à la partie art’ectée une position immobile, une raideur continue ; 2'’ cloniques , lorsqu’elles ui impriment une succession de déplacements plus ou moins étendus.
Les convulsions peuvent être générales ou partielles, c’est-à-dire étendues à tous ou presque tous les muscles, ou limitées à certain nombre d’entre eux. Elles sont passagères ou permanentes ; parfois, chez le même malade, les convulsions sont alternativement cloniques ou toniques, c’est-à-dire que
GON
GON
tantôt ses muscles sont dans un état de contraction permanente qui donne aux membres une rigidité spéciale (convulsion tonique) ; tantôt, au contraire, ils s’agitent en tous sens dans le plus grand désordre (convulsion clonique).
Toutes les lésions organiques des centres nerveux peuvent être le point de départ de convulsions. Citons les méningites cérébrales et rachidiennes ; les encéphalites et les myélites; les congestions cérébrales et spinales ; les hémorrliagies ayant leur siège soit dans les méninges soit dans la substance nerveuse ; les traumatismes, les tumeurs de toute nature.
Les lésions des nerfs (compressions, tumeurs, sections , irritations diverses) peuvent déterminer des convulsions, mais elles sont beaucoup plus rares.
L’anémie donne lieu, lorsqu’elle est portée à un certain degré, à des convulsions plus ou moins fortes. L’exemple le plus remarquable est fourni ^ar les animaux que l’on fait mourir par hémorrhagie; dans les derniers moments, ils sont agités de violentes convulsions. Et ces convulsions résultent bien certainement de l’anémie des centres nerveux, car si l’on vient à injecter du sang ou même de l’eau dans les veines de ces animaux, les convulsions cessent.
Les altérations du sang qui donnent lieu aux convulsions les plus remarquables, sont les intoxications. Parmi ces intoxications, les unes se produisent par le fait de la rétention dans l’organisme do produits destinés à l’élimination, tels que l’urée, le carbonate d’ammoniaque, etc.; c’est à cela que doivent être attribuées les convulsions de l’urémie, du mal de Bright, etc.; les autres, et de beaucoup les plus nombreuses, sont le fait de la présence de poisons; le plus remarquable des poisons convulsivants, c’est la strychnine, la plupart des poisons narcotico-àcres (opium, - tabac, jusquiame, belladone).
On observe encore des convulsions dans l’empoisonnement par l’alcool [delirium tremeiis) , chez les hydrophobes, les saturnins, dans l’asphyxie, l’empoisonnement par l’ergot de seigle, etc.
Il est plusieurs névroses dont les convulsions constituent le symptôme capital ; telles que l’épilepsie , l’hystérie , le tétanos, la chorée , l’éclampsie puerpérale.
Un grand nombre de fièvres comptent les convùlsions parmi leurs symptômes. Ces convulsions sont surtout fréquentes lorsqu’il s’agit d’un enfant (lièvres éruptives, continues, intermittentes, simples ou éruptives).
Les convulsions se produisent souvent par action réflexe sous l’influence de la lésion d’un organe éloigné (vers intestinaux, éruptions dentaires, etc.).
Le traitement des convulsions sera évidemment aussi variable que les causes qui les produisent.
D' Léon Moynac.
CONVULSIONS DES ENFANTS. — Les enfants sont prédisposés aux convulsions d’une façon toute spéciale, elles surviennent chez eux à tout propos, au début et à la fin de la plupart de leurs maladies. Chez le jeune enfant les convulsions sont pour
ainsi dire la seule expression des troubles nerveux, et chez l’enfant à la mamelle elles constituent le seul délire possible (Trousseau).
Les convulsions s’observent surtout chez les enfants très jeunes, un peu plus souvent chez les petites filles que chez les garçons; un tempérament nerveux et irritable, de violentes émotions éprouvées par la mère soit pendant la grossesse, soit pendant l’allaitement, constituent une prédisposition puissante aux convulsions. Chose étrange, les émotions violentes éprouvées par une nourrice peuvent avoir la plus fâcheuse influence sur son nourrisson. Certaines familles perdent tous leurs enfants d’éclampsie.
Les causes occasionnelles sont fort nombreuses ; signalons d’abord les difficultés de la dentition, la présence de vers dans l’intestin, souvent une frayeur, une colère, un trouble digestif, l’impression du froid, la trop grande chaleur, une piqûre, etc... Enfinla plupart des maladies de l’enfance, mais surtout lesfièvres éruptives, s’accompagnent de convulsions.
Celles-ci se manifestent souvent d’une façon inopinée; cependant si l’enfant a déjà quelques mois et s’il a déjà eu des convulsions, on peut présager leur retour à un changement dans le caractère qui devient triste et irritable, à l’aspect fixe et brillant du regard, etc..., mais ces prodromes sont rares.
Les convulsions sont générales ou partielles.
Convulsions générales. — La face prend un air de douleur et d’effroi, les yeux sont fixes, le corps se renverse en arrière, les membres se raidissent, la respiration s’accélère, le visage se congestionne. Cette immobilité ne dure que quelques instants et les convulsions éclatent, le visage devient livide, les yeux roulent dans l’orbite, se cachent sous les paupières alternativement ouvertes et fermées, les muscles de la face convulsés en divers sens donnent à la physionomie un aspect bizarre et horrible, les membres habituellement portés dans la pronation se fléchissent et s’étendent avec force; assez souvent les convulsions alternent avec des contractures, les muscles du thorax participent à cet état et la poitrine est soulevée par des mouvements convulsifs. L’enfant, insensible à tout ce qui l’entoure, se couvre de sueur, mais bientôt l’accès se calme et un sommeil réparateur termine la scène : bien souvent, il est vrai, de nouvelles attaques se succèdent à de courts intervalles et le malade en est assailli pendant plusieurs jours consécutifs. Si les convulsions ne se produisent qu’une ou deux fois par jour, l’enfant peut, dans leurs intervalles, revenir complètement à lui, mais si elles le frappent coup sur coup il reste affaissé et somnolent.
Convulsions partielles. — Au lieu de se généraliser, les convulsions peuvent ; 1“ frapper isolément un seul muscle ou un groupe de muscles, principalement ceux du cou et de la face ; 2“ rester en quelque que sorte localisées dans le domaine du grand sympathique (convulsions internes); ceci s’observe surtout chez le nouveau-né : la respiration s’accélère, le regard prend une fixité étrange, la face devient pâle, les lèvres violacées, puis tout se dissipe en quelques secondes çGuersant et Blache).
Lorsque les crises sont terminées, l’enfant revient complètement à la santé, l’accès a duré quelques minutes, un quart d’heure au plus, et l’attaque un
GOP