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quin, approuvées par l’Académie de médecine, réalisent un des meilleurs types.
Le copahu n'esf pas seulement appliqué au traitement de la blennorrhagie. Il s’est encore montré très utile dans le traitement du catarrhe bronchique, et le professeur Hardy en a retiré de très bons etlels dans le ti'aitementdes psoriasis.
Ce produit est sujet à de nombreuses falsifications. Les plus communes consistent à mélanger le copahu avec une plus ou moins grande quantité d’huile de ricin ou avec du gurjum ou encore avec de la térébenthine.
Berzélius a indiqué un moyen simple de reconnaître la présence de l’huile de ricin. 11 suffit de verser une ou deux gouttes du copaliu soupçonné sur du papier tenu à quelque distance de charbons allumés pour volatiliser l'huile : si le copahu est pur, il reste sur le papier une trace homogène et translucide ; s’il est mélangé d’huile de ricin, la tache est entourée d’une auréole huileuse.
Pour reconnaître le mélange de copahu et de gurjum, Fluckiger conseille de placer dans un tube dix-neuf gouttes de sulfure de carbone et une goutte de copahu douteux, d’agiter et d’ajouter un mélange d’acide sulfurique et d’acide nitrique concentré, par parties égales : on voit alors le copahu prendre une belle coloration brun rougeâtre, et de la résine se déposer sur les parois du tube, tandis que le gurjum, s’il y en a, prend une coloration rouge pourpre intense qui, au bout de quelques minutes, devient violette.
Quant à la térébenthine, sa présence dans le copaliu est facile à constater. 11 suffit de jeter une goutte de l’oléo-résine sur une pelle rougie au feu, et s’il y a de la térébenthine, l’odeur caractéristique qui se dégage, décèle la fraude. D' Paul Labarthe.
jouissance qui va toujours croissant et qui atteint son paroxysme chez l’homme au moment de l’é;aculnfioii (V. ce mot) par laquelle se termine le coït. Chez la femme, l’orgasme vénérien s’accompagne de la contraction des muscles du périnée et d’une nouvelle hypersécrétion des glandes vulvo-vaginales.
La copulation s’accomplit le plus souvent dans la position horizontale et couchée, la femme étant dessous et l’homme dessus. Cependant, dans ses raffinements de luxure, l’homme invente une foule d autres positions dans lesquelles il a toujours pour objectif principal de se procurer une plus grande somme de jouissance, oubliant que la copulation pratiquée dans la plupart de ces positions, principalement debout, est souvent suivie d’accidents graves. Une obésité très prononcée, un état de grossesse avancée, et certains vices de conformation des organes génitaux n’en permettant pas le rapport immédiat dans la position horizontale, devraient seuls justifier la copulation dans une autre position.
L acte génital ne devrait être pratiqué que par des individus nubiles, c’est-à dire dont les organes sont complètement développés. Il ne doit jamais être pratiqué après un repas et pendant la digestion, malgré l’excitation génésique qui se produit souvent à ce moment, mais de préférence le soir, avant le sommeil auquel il prédispose. La prudence recommande aussi de ne pas le répéter à de courts intervalles « la modération étant le trésor du sage », comme le disait 'Voltaire. Enfin la sagesse conseille de savoir y renoncer à temps, ordinairement après la soixantaine, car, ainsi que l’écrivait l’abbé Maury à son ami, l’illustre médecin Portai : « Chaque fois qu’un vieillard se livre au plaisir de l’amour, c’est une pelletée de terre qu’il se jette sur la tête ».
D' Paul L.\barthe.
COPULATION. — La copulation ou coït est un acte physiologique qui consiste dans l’introduction de l’organe mâle ou verge, en érection, dans l’organe femelle ou vagin, pour mettre en présence les deux éléments essentiels de la reproduction, le sperme de l’homme avec l’ovule de la femme. Le glissement du membre viril est favorisé par le mucus du vagin, surtout par la sécrétion des glandes vulvo-vaginales, liquide visqueux et filant, doué d’une odeur vive caractéristique qui a le singulier pouvoir d’exciter fortement chez l’homme les désirs vénériens. Cette sécrétion est augmentée dans de notables proportions au moment de l’excitation génésique, et lorsque la femme désire vivement le co'it, l’issue de ce liquide a lieu sous forme de jet qu’on a quelquefois appelé éjaculation de la femme. Hâtons-nous d’ajouter que cette expression est impropre et que le liquide n’a rien de commun avec le sperme éjaculé par l'homme; il sert simplement à lubrifier le vagin, à favoriser l’introduction de la verge, à adoucir ses frottements contre les parois vaginales et à rendre plus vives et plus exquises les impressions du toucher. Aussitôt après l’introduction de la verge dans le vagin, l’homme et souvent aussi la femme exécutent des mouvements alternatifs d’avant en arrière qui excitent par des frottements répétés le gland et le clitoris. Cette excitation produit une sensation indéfinissable de plaisir et de
COQUE DU LEVANT. — On donne ce nom, en
Fig. 299. — Coque du levant et son fruit.
botanique, au fruit de Yanarmita cocculus, abrisseau à tige grimpante de la grosseur du bras, ori-
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ginaire des Indes orientales et du Malabar, qui se trouve dans le commerce sons forme de coque sèche, mince, noirâtre, rugueuse, à saveur légèrement âcre et amère, renfermant un noyau blanc, ligneux, à deux valves, de la grosseur d’un gros pois ou d’une petite noi>ette, qui contient une amande blanche, grosse, amère, s’atrophiant graduellement par la dessiccation.
Ce fruit, la seule partie de la plante usitée, renferme un principe neutre, la picroloxine ou corculine, qui cristallise en petits prismes quadrilatères blancs et transparents ou en aiguilles, peu soluble dans l’eau et soluble dans trois parties d'alcool ou d’éther, inodore, d’une saveur amère très désagréable, et douée de propriétés toxiques assez énergiques.
La coque du levant et son principe actif la picrotoxine sont utilisées comme appât pour la pèche, parce que sous leur influence le poisson, pris d’une sorte d’ivresse, gagne la surface de l'eau et se jette sur les bords où il reste immobile et comme tétanisé. Les brasseurs anglais et belges font un usage journalier de la coque du levant pour falsifier la bière. En médecine, un a essayé la coque du levant contre l'épilepsie, la chorée, les convulsions des enfants. Jager l’a prescrite en pommade contre le prurigo, mais son emploi est aujourd’hui à peu près complètement abandonné. r. L.
COQUELICOT. — Le coquelicot est une plante annuelle fort commune dans nos moissons. Sa tige dressée, haute de 30 à 60 centimètres, est rude et rameuse; ses feuilles alternes, également rudes, sont très profondément et irrégulièrement dentées; ses fleurs situées au sommet des rameaux sont ti ès grandes et pourvues d’etamines nombreuses; ses fruits portés par un long pédoncule sont des capsules obovées, couronnées par un stigmate persistant étoilé; l’intérieur du fruit est muni de cloisons remplies de petites graines. Les pétales, la seule partie de la plante usitée en médecine, sont au nombre de quatre, très grands, plus larges que longs, très minces, d'un beau rouge présentant à la base une courte surface d’un noir violacé; ils contiennent des traces de morphine qui leur donnent des propriétés légèrement narcoliques.
Une attention toute particulière doit être prise pour que la dessiccation des pétales du coquelicot soit opérée dans de bonnes conditions; il ne faut pas les laisser un seul instant exposés à l’humidité, si l’on ne veut pas qu’ils éprouvent d’altération sensible; le mieux est de les faire sécher dans un grenier très chaud ou dans une étuve. On les crible ensuite afin d’éliminer les étamines elles œufs d’insectes et on les di puse dans un endroit bien sec.
l armi les diverses préparations que l’on peut faire avec les fleurs de celte plante, l'infusion et le sirop sont très utiles comme diaphorétiques et pectoraux contre la toux, les bronchites, les gripes, les catarrhes pulmonaires et les refroidissements de diverse nature. Le sirop de Briant est la meilleure forme sous laquelle on puisse administrer le sirop de coquclicoL Le coquelicot fait partie avec la mauve, la guimauve, la violette, le tusilage, le bouillon-blanc et le picd-de-chat, des espèces dites
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pectorales si souvent employées en tisane dans les maladies de poitrine. D'' Marc. Camboulives.
COQUELUCHE — La coqueluche est une maladie épi émique, contagieuse, qui atteint quelquefois les enfants à la mamelle ; assez souvent les adultes ; mais plus habituellement les enfants entre la première et la seconde dentition. Pour nous, comme pour la plupart des auteurs, la coqueluche est une névro.se greffée sur une bronchite.
La coqueluche débute [)ar une toux catarrhale ou férine qui dure plusieurs jours ; puis la période dite convulsive appai aît sous une forme saisissante bien souveiitdécrite par les auteurs.
La quinte, ordinairement précédée d’un chatouillement incommode ou d’une sensation pénible au pharynx et à l’estomac, éclate et se traduit par des secousses etdes expirations saccadées, qu’entrecoupe une longue inspiration bruyante, aigue et modulée comme le cri du coq. En même temps l’enfant trépigne, blêmit, sufi'oque; son visage cyanosé porte la double empreinte de l’angoisse causée par les douleurs thoraciques déchirantes et de l’anxiété due à l'imminence de l'asphyxie.
Enfin la quinte se termine par une abondante expectoration de mucosités filantes et souvent aussi par un vomissement glaireux ou alimentaire suivant qu’il est éloigné ou non du repas.
Bouchut fait remarquer à cette occasion que la coqueluche est peut-être la seule maladie de l’enfance, dans laquelle il y ait une véritable expectoration.
La quinte finie, les troubles violents de la respiration et de la circulation s’apaisent peu à peu ; l’enfant redevient plus calme et ne tai'de pas à reprendre ses jeux.
Les quintes ont une durée, une fréquence et une intensité variables ; elles sont plus généralement frequentes le soir, la nuit et le matin que durant le jour; cette observation a une grande utilité en ce sens qu’elle apprend le moment propice pour nourrir les enfants, sans crainte de les voir rejeter les aliments par des vomissements quinteux.
Pendant les secousses de la quinte, la langue tendue est projetée hors de la bouche, à plusieurs reprises, et vient frotter sur les dents incisives inférieures. 11 en résulte la production de petites ulcérations de forme variable, situées sur les côtés ou en travers du frein de la langue. Ces ulcérations, qui se présentent cinquante fois sur cent, existent pendant toute la durée de la coqueluche et constituent avec la toux, un caractère suffisant pour faire reconnaître la maladie.
On comprend de reste que ce signe fait défaut si le malade n’a pas fait sa première dentition.
Il me semble qu’on peut comparer, non sans quelque raison, la coqueluche à l’asthme essentiel ; ces deux maladies ont un certain nombre de caractères symétriques qui justifient la supposition d'une étroite parenté entre elles.
Bans la coqueluche, en effet, l’inspiration est enchaînée, tandis que l’expiration reste entièrement libre. Dans l'asthme, c’est le contraire qui a lieu : l’expiration est pénible et l’inspiration facile. Dans le premier cas, le malade éprouve une dif-
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ficulté extrême à reprendre de l’air; dans le second, cette difficulté consiste à chasser des vésicules pulmonaires, l’air épuisé. Dans les deux cas, par un mécanisme un peu différent, l’hématose est retardée ou suspendue, d’où il résulte un même spasme, une même angoisse et une même suffocation.
Pour continuer encore le parallèle, l’accès comme la quinte se termine par l’expulsion libératrice de mucosités filantes, ayant à peu près les mêmes caractères physiques et servant de milieu à des bactéries de même ordre.
On pourrait inférer, avec assez de raisons légitimes, que la coqueluche est une maladie dont le siège est dans les organes inspirateurs, tandis que l’asthme a sa lésion particulièrement localisée dans le système respiratoire.
La durée de la coqueluche varie de quelques semaines à plusieurs mois, sans qu’on puisse la prévoir.
La fin de la maladie est annoncée par le retour de la toux catarrhale, qui de la sorte constitue le symptôme de début et le signe de terminaison de la coqueluche. Mais cette dernière période catarrhale dure quelquefois très longtemps et peut rester rebelle aux traitements les mieux combinés, lorsque le début de cette période a été négligé.
La gravité de la coqueluche est tout entière dans ses conséquences.
Par les vomissements alimentaires longtemps répétés, elle épuise les petits malades et amène un dépérissement fort grave.
Souvent des épistaxis fréquentes, à la suite des quintes, rendent promptement les enfants anémiques.
11 n’est pas rare que ces deux accidents se compliquent et impriment à la maladie un caractère de gravité qu’on ne saurait trop tôt conjurer.
La violence des quintes peut encore occasionner des apoplexies conjonctivales, voire des hémorrhagies de l’oreille. Ainsi que l’ont observé Triquet et Gibb, ces hémorrhagies proviennent le plus souvent d’une déchirure linéaire de la membrane du tympan.
Les violents efforts produisent encore assez souvent la rupture des vésicules pulmonaires, à la suite de laquelle l’air s’infiltre à travers le tissu cellulaire des bronches et se répand en dehors de la trachée, dans la région du cou, pour former ce qu’on désigne saus le nom d’emphysème souscutané.
Une complication beaucoup plus grave de la coqueluche, est la pneumonie aiguë, avec dépôts fibro-plastiques qui engendrent ultérieurement la pneumonie caséeuse et la phthisie.
D’une façon générale, le pronostic de la coqueluche emprunte à la constitution médicale du mo ment , au génie épidémique et aux conditions individuelles, son degré de gravité.
Le traitement de la coqueluche comprend trois indications fournies par chaque période.
Dans la première période, le traitement de la coqueluclie sera celui de la bronchite simple : les vomitifs légers, les évacuants, l’application d’un révul-
sif sur la poitrine {papier Wlinsi, papier Fayard et Blayn, teinture d’iode, etc.), les bains de pieds sinapisés, sont souvent indiqués. On fait boire aux petits malades des tisanes émollientes, béchiques et sudo- < rifiques ; on leur administre des sirops opiacés {sirop de Briant, sirop de Bertiié, sirop de Gigon, etc.); s’il y a de la fièvre, on donne la teinture d’aconit à t la dose de 5 à 30 gouttes selon les cas; si la fièvre est très forte avec congestion cérébrale, on peut, ^ ainsi que le conseille Bouchut, avoir recours aux ventouses sèches ou aux sangsues.
Dans la période, dite convulsive, pendant la j quinte, il est recommandé de tenir les enfants sur | les genoux, dans les bras, la tête penchée et sou- 1 tenue avec la main ; de détacher avec le doigt les i glaires visqueuses qui obstruent les premières voies : 1 de ventiler les malades, de leur faire boire un peu j d’eau. I
On peut faciliter l’exportation en faisant prendre I au malade une petite cuiller de sulfureux Pouillet | ou une potion au Kermès, ou en lui faisant manger J des pastilles d’ipéca. Les sirops opiacés conviennent J aussi dans cette seconde période pour diminuer la j violence des quintes de toux. Les antispasmodiques, ^ oxyde de zinc, sirop d'éther, sirop de Laroze au ■* bromure de potassium, dragées du Z)*" Clin au bro- S mure de camphre, sirop de chloroforme, etc., ren- | dront de très grands services pour diminuer la fré- •* quence des quintes. i
On a conseillé les séances de respiration dans les ■ salles d’épuration de gaz d’éclairage. Nous ne som mes nullement partisan de ce moyen, parce que, comme le dit avec raison Bouchut, l’atmosphère dans laquelle se trouvent les enfants est très irritante, pique les yeux, fait tousser violemment, et provoque les vomissements. Nous préférons de beaucoup faire boire au malade du sirop phénique Vial, et faire pratiquer dans leur chambre des pulvérisations de goudron Freyssinge, de vinaigre de Pennes, de Phénol Bobæuf ou de salicol Du Saulle. Bouchut et avec lui plusieurs médecins, parmi lesquels nous citerons notre savant collaborateur E. Landrieux, les docteurs Baretty, Poulet, etc., sont très partisans de cette médication antiseptique.
La troisième période de la coqueluche ne présente aucune indication thérapeutique spéciale, à moins que le catarrhe persiste.
Tout enfant qui a la coqueluche doit porter de la flanelle sur la peau. A moins de complications on doit lui donner la nourriture habituelle et le sortir en ayant bien soin de le préserver du froid et de l’humidité. C’est à cette période qu’on peut conseiller avec avantage le changement d’air, le transport à la campagne, qui dans beaucoup de cas amènent la guérison très rapidement. Mais pour cela, ainsi que le fait très judicieusement observer Archambault, médecin de ï’Ilôpital des Enfants, il faut que la saison et la température le permettent, I car autrement cette pratique aurait plus d’incon- i vénients que d’avantages. ;
Certains médecins ont conseillé le changement d’air dans la seconde période, alors que la maladie j est dans toute sa violence. Avec Archambault, nous ' ne sommes pas partisans de cette manière d’agir, car presque toujours dans ces cas, la coqueluche continue
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sa marche sans être aucunement modifiée et subit même des aggravations si les petits malades ne sont pas transportés dans des maisons, confortablement installées et chauffées, et à l’abri de toute cause de refroidissement. D'' E. Daupley.
COQUERET. — Le coqiieret ou alkekenge est une plante de la famille des solanacées, qui croît spontanément en France, dans les champs, les vignes et les bois taillis, dont le fruit qui est une baie rougeâtre, de la grosseur d’une petite cerise, a une saveur aigrelette, un peu amère et assez agréable, et jouit de propriétés diurétiques et laxatives qu’on utilise contre l’hydropisie et la goutte. D’après Bouchardat, l’extrait de coqueret fait la base des -pilules anligouUeuses de Lavtlle. p. l.
CORACO-BRACHIAL. — On donne ce nom en anatomie à un muscle de la partie supérieure et interne du bras, peu volumineux, qui s’insère en haut au sommet de l’apophyse coracoïde et en bas au tiers moyen de la face interne de l’humérus. Le coraco-brachial élève le bras et le porte en avant
et en dedans. p. l.
CORACOÏDE. — On donne ce nom, en anatomie, à une apophyse située au bord inférieur de l’omo-
plate (Y. ce mot). p. l.
CORAIL. — Le corail est une substance d’apparence pierreuse, d’aspect rosé ou rouge, qu’on trouve surtout sur les côtes de l’Algérie, aux environs de Bône et de La Galle, en Espagne. Employé jadis en médecine comme tonique, comme absorbant et astringent, il est aujourd’hui complètement abandonné) et ne sert plus guère que pour fabriquer des poudres dentifrices. p. l
CORALINE. — On donne ce nom à une variété d’algue, plus communément connue sous le nom de mousse de Corse (V. ce mot). p. L.
CORALLINE. — Nom donné à une matière colorante rouge, très employée dans l’industrie pour teindre les bas, les chaussettes, les tricots, etc., et qui, ainsi que l’a démontré Tardieu, a l’inconvénient d'irriter la peau, sur laquelle elle détermine des éruptions, et de provoquer quelquefois de véritables symptômes d’empoisonnement. p. l.
CORDES VOCALES. — (V. Larynx.)
CORDIAL. — Nom donné à des médicaments qui ont la propriété d’augmenter rapidement la chaleur générale des corps et de stimuler l’estomac et le cœur. Le vin, l’alcool, l’éther, la cannelle, la menthe, etc., sont des cordiaux. p. l.
CORDON OMBILICAL. — (V. Ombilical.)
CORDON SPERMATIQUE. — (V. Spermatique.)
CORIANDRE. — La coriandre est une plante ombellifère, originaire de l’Orient, dont les fruits, qui dégagent à l’état frais une odeur de punaise, et
acquièrent en se desséchant une odeur aromatique et une saveur piquante assez agréable, sont employés en infusion, à la dose de 5 à 10 grammes.
Fig. 300. — Fruit de la coriandre.
comme carminatifs dans les cas de flatuosités intestinales. p. L.
CORNE. — Il se développe parfois à la surface de la peau et même des muqueuses, des excroissances analogues aux cornes et aux ongles. Ces produc-
Fig. 301. — Corne cutanée de la main.
tiens cornées sont plus fréquentes chez les femmes que chez les hommes, dans la jeunesse que dans la vieillesse; la malpropreté, les contusions, ont paru favoriser leur développement dont la véritable cause est inconnue.
La tête en est le siège le plus ordinaire, cependant on en a rencontré partout, même au niveau de la pointe du coccyx. Les productions cornées sont souvent multiples, leur forme est des plus bizarres, comparables à une corne de veau, de belier, à l’ergot d’un coq, sans avoir cependant la dureté de la corne d’un animal; souvent môme leur base est molle.
Leur structure est la même que celles des tissus cornés des animaux; brûlées, elles répandent la
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même odeur; elles sont formées de cellules épithéliules pavimenteuses, sèches, imbriquées les unes sur les autres et disposées en couches extrêmement nombreuses au-dessus des papilles du derme qui sont en général hypertrophiées.
Ces productions cornées croissent sans cesse, mais fort lentement; elles sont insensibles, mais parfois la peau qui leur sert de point d’implantation s’enflamme, s’ulcère, la tumeur se détache et tombe.
Elles ne peuvent devenir graves, mais elles entraînent des difformités parfois fort pénibles. De ïhou parle d’un paysan qui, affligé de porter à la tête une corne volumineuse, vivait caché dans les bois; il fut amené à Paris et mis en spectacle : en peu de temps il mourut de désespoir.
Comme traitement on peut se borner à scier la corne quand elle atteint une certaine longueur, mais il est plus simple de circonscrire sa base à l’aide de deux incisions semi-elliptiques, de façon à enlever à la fois la corne et la peau qui la supporte.
D'' Léon Moynac.
CORNÉE. — C’ est la membrane transparente, qui remplit l’ouverture antérieure de la sclérotique et semble enclavée dans le blanc derœilà la façon d'un
Fig. 302.
Coupe antéro-postérieure de l'œil.
3. Cornée. — 1. Nerf optique. — 2. Gaine du nerf optique. — •i, 4. Sclérotique - .'i. Canal de Fontana fi, fi. Choroïde. --
7. Portion antérieure de la membrane de l’humeur aqueuse. — 8 Portion postérieure de la membrane de l'humeur aqueuse
— 9, 9. Corps ciliaire. — 10. Procès ciliaire. — 11. Iris. — 12. Pupille. — 13. 13 Réline — 14. 14 Membrane hyaloïde — 1o, 13. Portion ciliaire de la membrane hyaloïde. — Ifi. Ifi Zone de Zinn. — 17. Adhérences de la zone de Zinn avec la capsule cristalline. — 18 Canal de Petit. — 19. Cristallin. — 20 Capsule cristalline. — 21. Corps vitré. — 22 Chambre antérieure
— 23. Chambre postérieure.
verre de lampe. Son épaisseur est de huit dixièmes de millimètre au centre et d’un millimtdre à la périphérie. On lui distingue une face antérieure convexe, d’un rayon de courbure de 7 à 9 millimètres; ce rayon est plus court chez le myope, plus long chez le presbyte. Le pourtour de cette face anté-
rieure a la forme d’une ellipse, à grand axe transversal, à petit axe vertical, ce qui tient à ce que la sclérotique empiète moins sur les parties latérales que sur la partie supérieure et la partie inférieure de la cornée. La face postérieure est concave, limite en avant la chambre antérieure de l’œil, et le contour en est circulaire.
La circonférence de la cornée est taillée en biseau aux dépens de la face antérieure. Chez le vieillard, cette circonférence se rapproche de la structure de la sclérotique ; elle perd sa transparence ; il se forme un point d’union des deux membranes, un anneau blanchâtre, plus ou moins étendu, appelé arc sénile, cercle sénile.
La cornée est formée d’une couche antérieure, muqueuse, de nature épidermique, d’une couche moyenne ou fibreuse, d'une couche interne ou séreuse. Ces couches sont séparées entre elles par des lamelles élastiques. C’est à la lame élastique antérieure qu’est dû l’aspect uni et brillant de la cornée. La couche fibreuse est formée de lames, et celles-ci de lamelles qui renferment un liquide coagulable, comme l’albumine, par l’alcool, la chaleur, les acides minéraux. La transparence de la cornée est due à l’imbibition du tissu fibreux de cette membrane par le liquide qu’il contient. Ce qui le prouve, c’est que la cornée perd sa transparence par l'évaporation de ce liquide, ce qui arrive après la mort.
I.a cornée ne reçoit pas de vaisseaux. Elle se nourrit par imbibition. Le suc nourricier lui est apporté par les extrémités des artères ciliaires antérieures, qui s’arrêtent à une petite distance de sa circonférence, et probablement aussi par l’humeur ■iqueuse. On a suivi des filets nerveux dans l’épaisseur de la cornée.
Blessures de la cornée. — Elles sont faites par dos instruments piijuants, tranchants, ou contondants. Elles sont non pénétrantes, lorsqu’elles ne dépassent pas l’épaisseur de la cornée, pénétrantes lorsqu’elles arrivent jusque dans la chambre antérieure.
lœs plaies par instruments piquants sont, en général, peu graves, qu'elles si dent accidentelles ou produites par une intervention chirurgicale. Si la blessure n'est jias pénétrante, et si aucun corps étranger n’est resté dans la cornée, la cicatrisation est pi'ompte. Toutefois, lorsque la blessure est négligée, il peut se développer consécutivement une intlammation grave. A plus forte raison, ce dernier accident est à craindre, quand la blessure est accompagnée de la piésence d’un corps étranger.
Les plaies par instruments piquants qui pénètrent plus ou moins profondément au delà de la cornée, sont suivies d'accidents plus graves, notamment do cataracte traumatique, si le cristallin est atteint.
Les plaies par instruments tranchants sont le plus souvent pénétrantes. Elles ont des directions variées, sont linéaires ou à lambeaux. Elles sont suivies de fis.sue de l'humeur aqueuse, parfois d'une hernie do l'iris. Lorsque les bords de la plaie cornéale sont bien affrontés on obtient le plus souvent une cicatrisation rapide, et il ne se développe pas d’accidents consécutifs. Si cet affrontement est
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incomplet, si l’œil n’cst pas mis à l'abri de toute irritation par l’occlusion des paupières, la plaie s’enflamme, et cette inflammation se propage à l'iris, d’où des conséquences graves pour la vision. La hernie d’une portion d’iris à travers les lèvres de la plaie cornéale n’est pas un obstacle à la guérison.
Dans toute blessure de la cornée, l’œil doit être condamné au repos absolu pendant quelques jours.
Fig. 303.
Extraction des corps étrangers de la cornée.
Si c’est une plaie par instrument piquant, on maintiendra les paupières closes, par l’application d’un gâteau de coton boraté maintenu au moyen d’un bandage monocle. En cas de blessures par instrument tranchant et surtout de plaie à lambeau, il est préférable d’exécuter l’occlusion des paupières avec des bandelettes de taffetas français, par-dessus lesquelles on dispose le coton boraté et le bandage monocle. Des instillations d’atropipe seront faites plusieurs fois dans la journée, pour prévenir une kératite et surtout une iritis consécutives.
Les corps étrangers et les hernies de l’iris, qui parfois compliquent ces plaies, motivent des indications spéciales.
Les corps contondants exercent sur la cornée des effets comparables à ceux qu’ils produisent sur les os, c’est-à-dire des solutions de continuité qui comprennent, ou bien toute l’épaisseur de la cornée, ou une partie de cette épaisseur et forment un seul ou plusieurs sillons partant d’un point central.
Les plaies contuses sont produites par des corps lancés avec violence sur l’œil; éclat de verre, ressort tranchant, fragment de capsule fulminante. Ces blessures sont généralement graves et souvent suivies, à très court délai, d’une cataracte traumatique. 11 en est ([ui sont accompagnées de l’issue d’une très grande portion d'iris, le diaphragme oculaire ayant été lui-même divisé dans une partie de son étendue par le corps vnlnérant.
P Corps étrangers de la cornée. — Ils sont de diverses natures : petits copeaux d’acier ou de Dictionnaire populaire de médecine usuelle.
fer, petits fragments de pierre, parcelles de verre, éclats de bois, dard d’abeille, épines de châtaigne, portion de fil métallique, hameçon, grains de poudre, etc.
Tous ces corps étrangers sont implantés dans la cornée à une profondeur variable. Ils produisent une sensation de gêne, de picotement, de douleur, de la photophobie, du larmoiement, lorsque le blessé cherche à écarter les paupières. La conjonctive s’injecte, la cornée se trouble dans la portion de son étendue qui avoisine le corps étranger. La plupart de ces phénomènes s’amendent après un certain nombre de jours; ils disparaissent dès que le corps étranger a été extrait. Chez quelques sujets, le corps étranger provoque, à court délai, une inflammation grave.
Pour reconnaître la présence de corps étrangers de la cornée, il est souvent nécessaire, quand ces corps ont de très petites dimensions, d’examiner la cornée à la loupe, en faisant arriver sur cette membrane un cône de lumière artificielle par l’éclairage latéral à la lampe.
Toutes les fois qu’un corps étranger a pénétré dans l’épaisseur de la cornée, il faut en pratiquer l’extraction par des moyens chirurgicaux rationnels et non par des manœuvres empiriques.
Brûlures et cautérisations de la cornée. — Il convient de rapprocher ces deux lésions l’une de l’autre en raison de la ressemblance des effets produits.
Les brûlures sont occasionnées par un fragment de coke en ignition, un cigare allumé, un morceau de fer en ignition, la poudre de canon enflammée, une fusée en ignition, de l’essence de térébenthine enflammée, une goutte de fonte en fu-
sion, du zinc fondu, du soufre fondu, de la soudure des plombiers, etc.
Les cautérisations sont produites par Tacide sulfurique, la chaux, le vinaigre, le beurre d’antimoine, le nitrate d’argent, etc.
En tenant compte de l’épaisseur de cornée compromise par ces divers agents destructeurs, on peut établir, pour les lésions, trois degrés : dans le pre-
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Extraction des corps étrangers de la cornée. — 1.2. Élévateur et abaisseur écartant les paupières. — 3. Pince fixant l’œil. — 4. Aiguille à paracentèse passée derrière le corps étranger. — 5. Couteau à. cataracte dégageant le corps étranger. — 6. Lance de l’aiguille repoussant le corps étranger. — 7,8,8. Arrêts de l’aiguille à paracentèse.
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niier, l’épithélium est atteint ; dans le second, c’est l’épithélium et une partie du tissu propre de la cornée; dans le troisième, toute l’épaisseur de la membrane.
Lorsque le corps comburant est lancé avec violence (fusée d’artifice), il peut perforer la cornée et donner lieu aux désordres les plus graves. Si le corps comburant n’est pas animé d’une grande vitesse, au moment où il arrive sur l’œil, il borne ses effets destructeurs à la cornée dont une portion plus ou moins épaisse est escharifié. Une goutte de fonte en fusion, projetée dans l’œil, a suffi pour détruire complètement la cornée. Dans les cas d’escharification complète, la partie mortifiée s’élimine au bout d’un certain temps, et il reste une perte de substance comblée par l’iris qui se recouvre d’une nouvelle cornée. Les résultats ne sont pas moins graves, alors que la plus grande épaisseur de la cornée et non la totalité de cette épaisseur, est atteinte. Dans ces cas, il se produit souvent une phlegmasie consécutive qui se propage aux parties profondes de l’œil, provoque un phlegmon de l’organe et ultérieurement son atrophie.
Les cautérisations de la cornée {)ar les agents chimiques mentionnés précédemment entraînent des désordres semblables.
Dans ces diverses lésions, il faut être très réservé pour le pronostic, parce qu’on ne peut pas juger immédiatement de leur étendue et surtout de leur profondeur.
Dans tous les cas il faut d’abord chercher à calmer la douleur produite par la vulnération. Après avoir enlevé les corps étrangers qui ont pu rester dans la cavité conjonctivale, on fait plonger l’œil dans l’eau froide, ou bien on applique sur la région orbito-palpébrale, des compresses d’eau glacée. On administre à l’intérieur des préparations hypnotiques.
La poix fondue adhère quelquefois à la cornée, avec une telle force, qu’on ne peut arriver à la détacher par des moyens mécaniques. On a quelquefois réussi à enlever cette substance en instillant dans l’œil de l’huile d’olive.
Lorsque les lésions précédentes sont suivies de réaction, on emploie le traitement antiphlogistique, les onctions hydrargyriques belladonées. Plus tard on se comporte différemment suivant les terminaisons du mal. (V. Perforations, Taches de la cornée, Phlegmon de l’œil).
Inflammation de la cornée. — (V. Kératite.)
Perforations de la cornée. — Les unes sont la conséquence d’une blessure, il en a été question précédemment; les autres, les seules dont nous ayons à nous occuper ici, sont le résultat d’une ulcération qui a envahi progressivement toute l’épaisseur de la cornée.
Toutes les fois que la cornée est perforée de part en part, l’humeur aqueuse s’écoule au dehors; l’iris, entraîné par le flot de liquide, s’engage dans l’ouverture, par une portion plus ou moins grande de son étendue, et faisant office de bouchon, s’oppose à une nouvelle issue d’humeur aqueuse. La pupille est entraînée du côté correspondant au siège de la perforation. Si la portion d’iris herniée est petite, elle peut contracter des adhérences avec le pourtour
de l’ulcération, et si cette dernière ne s’agrandit pas, il se produit une cicatrice [synéchie antérieure) avec déformation plus ou moins apparente de la pupille. La vision n’est alors que compromise. Si, au contraire, l’ulcération de la cornée fait de nouveau progrès, une plus grande portion d’iris fait saillie, il se forme un staphylôme de l’œil CV. Staphylômé) ; la pupille disparaît alors le plus souvent et la vision est gravement atteinte.
Le traitement est préventif ou curatif. Le traitement préventif consiste à combattre les ulcérations de la cornée par les moyens précédemment indiqués. Dès que la perforation est accomplie, il faut s’attacher à conserver la pupille. La conduite à tenir varie suivant le siège de la perforation. Celle-ci occupe-telle la périphérie de la cornée, il faut s’abstenir des instillations d’atropine qui, par leur effet mydriatique, entraîneraient une nouvelle portion d’iris au dehors, ce qui aurait pour conséquence de déplacer une plus grande portion de pupille. Les instillations d’ésérine sont indiquées dans cette circonstance. Si, au contraire, la perforation occupe les parties centrales de la cornée, ce sont les instillations d’atropine qui doivent être faites.
Taches de la cornée. — On désigne sous ce nom générique les opacités qui se forment dans l’épaisseur du miroir oculaire, et qui y sont depuis longtemps à l’état stationnaire. Cette dernière considération les distingue des épanchements plastiques qui se produisent pendant la durée de la kératite vasculo -plastique et qui se résorbent souvent à la période de déclin du mal.
Les taches de cornée sont distinguées, d’après leur siège par rapport aux lamelles de la membrane, en superficielles, moyennes et profondes. D’après le degré d’épaississement de la lymphe plastique, ou l’épaisseur du dépôt, on en admet trois espèces : le néphélion ou nuage, suffusion légère troublant à peine la transparence du miroir ; Valbugo dans lequel l’opacité est plus prononcée, et le leucoma qui diffère de l’albugo, en ce qu’il est accompagné d’une cicatrice à laquelle adhère le plus souvent l’iris qui s’est engagé antérieurement dans une perforation de la cornée.
On a désigné sous le nom de idiches pigmenteuses celles qui présentent, indépendamment d’une coloration blanche ou jaunâtre, des points noirs formés pur un dépôt de particules de pigment iridien. Elles se produisent consécutivement à une hernie de l’iris à travers une perforation de la cornée. Lorsque la perforation s’est cicatrisée, le tissu propre de la perforation se résorbe, mais le pigment de l’uvée reste au milieu du tissu cicatriciel, parce que ce pigment se résorbe très difficilement ou pas du tout.
Certainês taches de la cornée reçoivent des vaisseaux, on les appelle taches vasculaires.
Les troubles visuels qui sont la conséquence des taches de la cornée sont subordonnés à la situation de la tache et à l’épaisseur du dépôt plastique. Le néphélion, quelle que soit sa situation, rend seulement la vision moins nette; les malades sont obligés de rapprocher les objets [)our bien les voir, ce qui fait qu’ils se croient myopes. L’albugo et le leiicoma abolissent la vision lorsqu’ils occupent le
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centre de la cornée ; lorsqu’ils ne masquent qu’une portion de la pupille, la vision est encore possible et s’exécute mieux à une lumière modérée, parce que alors, la pupille se dilatant, cette ouverture se met en rapport, pur une plus grande partie de son étendue, avec la portion de la cornée demeurée transparente.
Le traitement est fondé sur l’indication suivante : chercher à obtenir la résorption de la lymphe plastique infiltrée entre les lamelles de la cornée, c'est-à-dire activer le mouvement organique ou nutritif dont cette membrane est le siège, à l’aide de divers topiques; collyres, poudres, pommades, qui agissent comme stimulants ou comme irritants.
Les collyres sont divers : le collyre au nitrate d’argent, à la dose de 5 centigrammes seulement ■pour 30 grammes d’eau distillée; le collyre au sulfate de cuivre, à la dose de 5 à 10 centigrammes pour 30 grammes d’eau distillée ; le collyre au borax, à la dose de 25 centigrammes pour 30 grammes d’Ocau distillée; le collyre au sulfate de cadmium à la dose de 10 à 20 centigrammes pour 30 grammes d’eau distillée, etc. Demours a préconisé les bains d’œil dans l’eau minérale de Balaruc. On a aussi employé le collyre à l'iodure de potassium à la dose de 10 à 20 centigrammes pour 30 grammes d’eau distillée.
Parmi les pommades, celles qui donnent les meilleurs résultats .sont la pommade au borax que j’ai employée à la dose de 2 grammes pour 5 grammes de vaseline; la pommade au bioxyde jaune d’bydrargyre, à la dose 10 à 20 centigrammes pour 5 grammes de vaseline.
Los poudres irritantes (calomel, sublimé, et même du sucre pur) sont employées en insufflations sur la cornée; elles ont joui d’une certaine vogue, mais ne sont guère usitées aujourd’hui. 11 en est de même de la cautérisation des taches de la cornée, médication dangereuse parce qu’elle expose à détruire les lamelles superficielles de la cornée.
L’acupuncture et l’électrisation n’ont donné aucun résultat satisfaisant. Les scarifications conviennent aux taches vasculaires ; elles doivent être faites non sur la tache elle-même, mais sur les vaisseaux qui s’y rendent.
Ku cas d’opacité épaisse et étendue de la cornée, on a pratiqué l’excision de la cornée opaque et on l’a remplacée par la cornée enlevée à un animal. Du a aussi essayé d’implanter et de laisser à demeure dans la cornée opacifiée, un fragment de verre transparent (cornée artificielle). Ces tentatives n’ont donné aucun résultat favorable.
Lorsque la tache masque la pupille, il est rationnel défaire une pupille artificielle dans un endroit correspondant à la portion de cornée demeurée transparente. Une opération Aa strabisme — ayant pour conséquence de porter l’œil dans la direction telle que la portion de pupille correspondant à la partie de la cornée, demeurée transparente, n’est plus masquée par la paupière — est aussi justifiée dans tous les cas.
En cas de tache épaisse et incurable de la cornée, on a proposé de remédier à la difformité, en pratiquant le tatouage, c’est-à-dire en insinuant, au moyen d’une aiguille cannelée, dans l’épaisseur de
la cornée de 1 encre de Chine. On arrive, en répétant plusieurs fois cette opération, à recouvrir la tache d’un pointillé noir très serré qui prend bientôt une teinte foncée uniforme. Cette opération est loin d’être inoffensive pour l’œil.
Staphylômes de la cornée. — (V. ce mot.)
D' Fano.
CORNET. — On donne ce nom en anatomie à de petites lames osseuses contournées sur elles-mêmes en forme de cornet, situées dans les fosses nasales (V. ce mot). P. L.
CORNET ACOUSTIQUE. — (V. Acoustique.)
CORNICHON. — Le cornichon ou concombre nain, est un fruit que l’on cueille encore vert, lorsque sa grosseur ne dépasse pas celle du doigt, et qu’on fait confire dans du vinaigre avec quelques oignons, du poivre en grain et de l’estragon, pour le manger ensuite comme condiment. Mangés en petite quantité, les cornichons excitent l’appétit et stimulent les fonctions digestives; leur abus au contraire irrite la muqueuse digestive et détermine de la gastralgie et de la dyspepsie. p. l.
CORONAIRE. — Ce mot sert à désigner en anatomie différentes parties du corps. On donne le nom de veines coronaires aux veines et aux artères du cœur; de plexus coronaire cardiaque, aux plexus nerveux cardiaques qui accompagnent les artères de même nom; A' artères coronaires labiales, aux branches de l’artère faciale qui naissent au niveau des commissures labiales et se portent aux lèvres : A'artère coronaire stomachique à une des trois branches de l’artère cœliaque qui se dirige vers l’œsophage ; de sinus coronaire au sinus de la duremère; de ligament coronaire un repli du péritoine qui entoure le bord postérieur du foie. p, l.
CORONAL. — Nom donné parfois à l’os frontal. (V. ce mot). p. L.
CORONOiUE. — Nom donné par les anatomi.stes : 1“ à une apophyse de la partie antérieure et supérieure du cubitus (V. ce mot), qui est reçue dans la cavité corondide de Yhumérus (V. ce mot et coude); 2“ à une apophyse de l’extrémité supéro-antérieure des deux branches de l’os maxillaire (V. ce mot).
CORPS. — Le corps humain est constitué par l’ensemble de toutes les parties de la machine humaine. Il présente dans sa conformation extérieure : la tète, comprenant le crâne et la face; le cou, dont le segment postérieur a reçu le nom de nuque; les membres, distingués en supérieurs et inférieurs; enfin le tronc ou torse, divisé en deux sections : le thorax ou poitrine et Y abdomen ou ventre.
Proportions du corps. — L’ordre, la régularité et la symétrie des différentes parties du corps constituent la beauté plastique ; le manque d’harmonie dans leurs proportions est, au contraire, le propre de la laideur. Les peintres et les statuaires ont cherché à déterminer les caractères esthétiques du beau
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au point de vue de l’art. Ne pouvant les rencontrer réunis dans la nature, ils ont emprunte à divers individus privilégiés les formes qui se rapprochaient le plus de la perfection, et ont composé, à l’aide de ces éléments hétérogènes, un être idéal qui leur sert de prototype. C’est ainsi que l’on peut dire que l’art dépasse la nature tout en l’imitant.
Ces proportions conventionnelles sont celles qui ont été fixées, comme terme moyen, par les anatomistes. Voici quelques-unes de ces proportions qui sont devenues classiques,
En prenant la tète pour unité de mesure, la hauteur du corps humain a été divisée en sept têtes par les uns, en sept têtes et demie et même en huit têtes par les autres. La mesure en sept têtes a l’avan-
tage d’offrir des points de repaire faciles à déterminer; ainsi, la première division passe au-dessous du menton; la deuxième, au-dessous des mamelles; la troisième, au niveau des hanches ; la quatrième, au milieu des cuisses ; la cinquième, au milieu des genoux; la sixième, au-dessous des mollets; la septième correspond à la plante des pieds.
La mesure en sept têtes et demie est celle qui se rapproche le plus delà nature; mais nous adoptons la mesure en huit têtes, parce qu’elle est la plus généralement admise par les artistes. C’est aussi celle qui répond le mieux au canon des grecs. Le Laocoon, la Vénus de Médicis, l’Hercule de Farnèse, l’Apollon Pythien, etc., ont, en effet, près de huit tètes. Il est vrai que cette dernière division fait paraître la tête petite par rapport à la longueur du corps ; mais si la vérité anatomique est quelque peu sacrifiée, l’art y gagne beaucoup en élégance.
On reconnaît encore qu’un homme étendant le bras horizontalement est, de l’extrémité du médius à l’autre, aussi large qu’il est long. 11 peut donc, dans cette position, être inscrit dans un carré. 11 pourra aussi être inscrit dans un cercle, ainsi que l’a fait remarquer Léonard de Vinci, à la condition que les jambes s’écarteront de manière à former un triangle équilatéral et que les bras se lèveront à la hauteur du sommet de la tête. Le point d’intersec-
tion des diagonales du carré sera placé au niveau des os du bassin appelé pubis, et le centre du cercle sera représenté par le nombril. En dirigeant les membres supérieurs au-dessus de la tête, parallèlement à l’axe du corps, l’homme mesure alors dix sections de tête, et dans cette position le centre du corps est encore le nombril.
La tête a été divisée en quatre longueurs de nez : la première contient le sommet de la tête ; la deuxième le front; la troisième le nez; la quatrième la bouche et le menton.
Si l’on prend le nez comme unité de mesure, le corps humain a trente-deux longueurs de nez.
La hauteur de la tête, vue de profil, est égale à sa largeur, c’est pourquoi elle peut aussi, dans cette position, être inscrite dans un carré.
La longueur des oreilles est égale à celle du nez, et ces différents organes se trouvent au même niveau.
La main, vue de front, les doigts étendus, a, depuis le poignet jusqu’à l’extrémité du médius, une longueur égale à celle de la face entière, c’est-àdire trois longueurs de nez.
Enfin, la longueur totale du pied équivaut à celle de la tête entière, c’est-à-dire à quatre longueurs de nez.
Taille du corps. — (V. Taille.)
Poids du corps. — Les variations que le corps éprouve dans son poids sont subordonnées à celles que la nutrition fait subir aux différents tissus de l’organisme. Les tissus osseux, musculaires et celluleux, sont ceux qui, soit par excès, soit par défaut, ont la plus grande influence sur le volume et par suite sur le poids du corps. C’est ainsi que le développement exagéré des os produit les géants; celui des muscles les athlètes, et celui de la graisse les obèses. Lorsque les trois tissus sont répartis dans de justes proportions, le corps présente un volume et un poids ordinaires.
L’enfant, à la naissance, pèse en moyenne 3 kilogrammes 20; quelquefois plus, souvent moins. Jusqu’à l’âge de six mois, il doit augmenter de 20 à 23 grammes par jour. A un an, l’enfant pèse trois fois plus qu’à sa naissance; à six ans, six fois plus, et à treize ans, douze fois plus.
Le poids de l’homme va en augmentant jusqu’à quarante ans ; à cet âge, il atteint son poids maximum, fixé en moyenne à 127 livres; il reste stationnaire jusqu’à cinquante ans, pour diminuer insensiblement à partir de cette époque.
Structure du corps. — La matière organisée qui entre dans la constitution du corps de l’homme est formée de substances organiques principes im médiats, tels que la fibrine, Valbumine, la caséine, la stéarine, etc. Ces principes immédiats, qui sont aussi ceux des végétaux, sont susceptibles d’être décomposés par l’analyse chimique en principes élémentaires, de nature inorganique, comme V oxygène, le carbone, l'hydrogène, l’azote, le soufre, etc.
La combinaison des principes immédiats entre eux donne naissance à des corps microscopiques appelés éléments anatomiques. Ces éléments se présentent sous des aspects très variés : ils affectent tantôt la forme de granulations, tantôt celle de cellule, de fibre ou de tube. Ils se développent au mi-
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lieu d’une substance organisée amorphe qui préside à leur nutrition. Ces éléments anatomiques se renouvellent sans cesse, ils sont dans une mue perpétuelle : ils naissent, se développent et disparaissent pour faire place à d’autres éléments de môme nature qui subiront, à leur tour les mêmes métamorphoses. Ce n’est donc pas tous les cinq ans que le corps humain se renouvelle , comme on le dit ordinairement, car sa forme et sa structure varient d’un instant à l’autre et d’une manière imperceptible à nos sens. On est plus près de la vérité quand on compare le corps au vaisseau des Argonautes qui, à force d’être radoubé, n’eut plus une seule des pièces qui avaient servi à sa construction.
Les éléments anatomiques s'assemblent entre eux dans un rapport invariable et sous une forme déterminée pour composer les humeurs et les tissus de l’économie.
Les tissus servent à former la charpente de nos organes. Les organes se groupent entre eux pour constituer des appareils qui président à l’accomplissement des actes de la vie nommés fondions, qui se subdivisent en fondions de nutrition qui servent à l’entretien de la vie, et en fonctions de relation qui mettent l’homme en rapport avec les êtres et les objets qui l’entourent.
L’anatomie, la physiologie et la médecine ont pour objet l’étude de la structure et des fonctions du corps humain à l’état normal et à l’état pathologique. D' G. WiTKOWSKI.
CORPS (BANDAGE DE). — On doniie ce nom à un bandage très simple qui consiste le plus souvent
en une simple serviette pliée suivant sa plus grande longueur qu’on applique autour du corps et qu’on fixe en avant avec des épingles. Pour consolider le
bandage de corps et l’empêcher de glisser sur le tronc on peut le maintenir avec une cravate fixée derrière par son milieu (fig. 30G) et devant par ses deux bouts (fig. 307). Le bandage de corps est em-
Fig. 307.
Bandage de corps (face anlérieure).
ployé pour maintenir les topiques, pour comprimer l’abdomen après la ponction ou après l’accouchement, pour maintenir les fragments, dans les fractures de côtes, et les empêcher de jouer l’un sur l’autre pendant les mouvements respiratoires, p. l
CORPS CALLEUX. — (V. Cerveau.)
CORPS CAVERNEUX. — (V. Vr'ethre.)
CORPS THYROÏDE. — (V. Thyroïde.)
CORPS VITRÉ. — Anatomie. — Le corps vitré est une masse, de forme sphéroïdale, occupant les deux tiers postérieurs de la cavité oculaire , déprimée en avant pour recevoir le cristallin, d’une transparence parfaite, d’une consistance comparable à celle du verre fondu ; d’une pesanteur spécifique de 1,005; d’un pouvoir réfringent de 1,339.
La face extérieure est entourée par la rétine qui s’applique sur elle, dans les trois quarts postérieurs de son étendue et lui est contiguë. Au niveau du quart antérieur, cette face extérieure est en rapport avec la zone Zinn. La face antérieure répond au cristallin.
La face extérieure du corps vitré se modèle sur la face interne de la rétine.
Le corps se compose d’une membrane d’enveloppe, membrane hyaldide, et d’un liquide contenu dans cette poche, humeur vitrée.
La membrane hyaldide est d’une transparence parfaite, très mince et très résistante. Au niveau du point de réunion des trois quarts postérieurs avec le quart antérieur, à l’endroit où finit la rétine, cette membrane change de caractère : elle s’épaissit
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et se plisse, pour se porter vers la circonférence du cristallin et constitue ce qu’on appelle la zone de Zinn. Celle-ci entoure le cristallin comme une collerette ; la partie moyenne en est formée de plis très prononcés qui s’engrènent avec les plis de la zone choroïdienne, et forment les procès ciliaires de la zone de Zinn ou du corps vitré qui sont reçus dans les intervalles des procès ciliaires de la choroïde. Il y en a de 60 à 70, ils se divisent en grands et en petits.
Le canal godronné ou de Petit est un canal qui
Coupe antéro-postérieure do l’œil. -- 10, Corps vitré. — 1. Sclérotique divisée, dont les lambeaux sont écartés. — 2. Coujie antéro-postérieure du cristallin. — 3. Coupe de l’iris. — l. Canal de Schlemm. — 5. Procès ciliaires choro'idiens. — 6,0. Vasa vorticosa de la choro'ide. 7. Muscle ciliaire. — 8. Nerfs ciliaires. — 9. Rétine. — 11. Cristallin.
longe circulairement la circonférence du cristallin. Il est formé par la zone de Zinn qni se porte en avant, et par la membrane hyaloïde qui se porte en arrière du cristallin. La base en est limitée par la circonférence du cristallin.
La membrane hyaloïde est dépourvue de vaisseaux et de nerfs ; elle est constituée de fibres très déliées. La face interne donne naissance à des prolongements nombreux se portant en divers sens, et circonscrivant des cellules communiquant les unes avec les autres, dans lesquelles se loge l'humeur vitrée, liquide transparent, d’une consistance un peu visqueuse.
Le corps vitré, ne recevant pas de vaisseaux, se nourrit par imbibition, aux dépens du plasma du sang charrié par les vaisseaux des membranes avec lesquelles il est en rapport : la rétine et les procès ciliaires de la choroïde.
Blessures du corps vitré. — Les instruments qui les occasionnent pénètrent à travers la sclérotique, la choroïde et la rétine, ou bien à travers la cornée et les chambres antérieure et postérieure. Le corps vitré peut aussi être lésé, alors que les membranes extérieures de l’œil restent en partie intactes : c’est ce qui arrive dans les contusions du globe de l’œil.
Lorsque le corps vitré est intéressé en même temps que les autres tuniques de l’œil, une quantité plus ou moins considérable d’humeur vitrée s’écoule au dehors. Les blessures qui se font à travers la .sclérotique et la choroïde sont parfois suivies d’un épanchement de sang dans le corps hyaloïde. Les contusions de l’œil accompagnées d’une rupture des vaisseaux de la choroïde et de la rétine, donnent lieu également, dans quelques cas, à une hémophtalmie da corps vitré. Delà un obscurcissement de la vision et des phénomènes inflammatoires consécutifs. Si le sang se résorbe, la faculté visuelle peut être en partie recouvrée. Le plus souvent celleci demeure abolie, en raison des lésions concomitantes de la choroïde et de la rétine.
Dans toute blessure du corps vitré la première indication est d’empêcher l’écoulement de l’humeur vitrée au dehors. On rapproche les paupières et on ■ les maintient fermées par des bandelettes de taffetas agglutinatif, jusqu’à l’époque où l’on suppose accomplie la cicatrisation de la plaie extérieure. On commande le repos absolu de l’œil, un régime sévère. Si du sang est épanché dans le corps hyaloïde on applique des sangsues à la tempe. S'il se développe une phlegmasie consécutive, on soumet le blessé à un traitement antiphlogistique.
Corps étrangers du corps vitré. — Ils sont de diverse nature; grains de plomb, fragments de capsule fulminante, de verre, de bois, de fer, de pierre. Ils pénètrent par la sclérotique ou par la cornée. Lorsqu’ils sont petits, ils sont situés dans le corps vitré seulement; lorsqu’ils ont une certaine longueur, ils occupent en même temps les autres milieux ou les membranes de l'œil.
En général, ils ne produisent, au moment de la pénétration que quelques troubles visuels dus à un obscurcissement des milieux réfringents. Les membranes lésées peuvent se cicatriser, et le corps étranger demeurer dans l’œil un temps plus ou moins long. Les phénomènes ultérieurs varient : tantôt le corps étranger détermine une inflammation vive, des douleurs excessives; après àme période assez courte, il fait saillie au dehors et peut être retiré assez facilement; après quoi les accidents inflammatoires cessent; mais l’œil s’atrophie. D’autres fois, le corps étranger ne donne lieu à aucune douleur ; ce n’est qu’au bout d’un temps fort long qu’il produit des symptômes inflammatoires et apparaît à l'extérieur.
Les corps étrangers d’un petit volume, tels que paillettes de métal, copeaux d'acier, portions décapsulé fulminante, peuvent séjourner dans l’humeur vitrée pendant des semaines, des mois, des années.
Le plus souvent, leur présence donne lieu à une choroïdite et à une rétinite; l’humeur vitrée s’obscurcit, des exsudats se forment au fond de l’œil.
11 se peut aussi qu’après la cessation des phéno- > mènes inflammatoires, le corps étranger s’enkyste, d’où une nouvelle difficulté pour arriver au diagnostic.
Pendant la période inflammatoire, les blessés accusent des picotements dans l’œil et des troubles do la vision. Ces phénomènes disparaissent parfois , après l’enkystement du corps étranger. Dans quelques cas, la vision se rétablit, plus souvent la phleg- I
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niasie se propage aux membranes de l’œil dont les I fonctions sont perdues sans retour. Quelquefois il se développe un abcès dans l’humeur vitrée ; tantôt la collection purulente s’ouvre en dehors, entraînant le corps étranger; tantôt l’abcès s’enkyste, ou bien encore, l'infiltration purulente envahit tout le globe i qui s’atrophie.
I Toutes les fois qu’un corps étranger a pénétré dans 1 le corps vitré, il faut l’enlever immédiatement s’il ] est accessible aux instruments nécessaires pour le saisir. En cas contraire, il est préférable de l’abandonner dans l'œil, sauf à combattre les phénomènes inflammatoires consécutifs et à agir ultérieurement I par une action chirurgicale.
Récemment on a obtenu de bons résultats, en employant une petite tige aimantée pour extraire des , corps étrangers métalliques du corps vitré.
Inflammation du corps vitré. — On la désigne sous les noms de hyalite, hyalitis ce mot).
Corps flottants du corps vitré. — Ils sont la conséquence des phlegmasies aiguës, subaiguës ou chroniques du corps vitré. Ils sont formés par une condensation de la lymphe plastique sécrétée sous l’influence de l’inflammation.
Ces corpuscules ont une figure variable, allongée, sjihérique, en croissant. Il en est qui ont l’aspect d’une sorte de poussière. Il en est de noirs, volumineux et de forme bizarre, impossible à décrire. Le plus souvent, ils ont une teinte grise noir litre.
Il est facile d’en reconnaître la présence; après avoir dilaté largement la pupille par l’atropine, on projette dans le fond de l’œil un faisceau lumineux provenant d’une bonne loupe, en se servant du miroir ophthalmoscopique; on commande au malade de faire exécuter au globe des mouvements en divers sens. On les voit alors s’agiter dans le corps vitré, monter et descendre assez rapidement, pour qu’il soit difficile, dans beaucoup de cas, d’en bien saisir la forme et la couleur. Ils parcourent le plus souvent un trajet assez étendu dans le corps vitré, ou bien, et ceci se rapporte surtout aux corpuscules, placés très profondément, ils flottent au-devant de la papille optique et de la portion voisine de la rétine, sans jamais franchir une certaine aire.
Chez le plus grand nombre de malades, les milieux réfringents demeurent transparents ; le fond de l’œil apparaît avec la couleur rosée, la papille optique est normale, l’iris et la papille sont sains. Chez d’autres, il existe une atrophie choroïdienne péripapillaire ou généralisée, un décollement de la rétine, des opacités cristallidiennes.
Les troubles, auxquels donnent lieu les corps flottants du corps vitré, sont variables : la vision est généralement moins bonne qu’à l’état normal; elle est quelquefois interceptée passagèrement dans une certaine étendue du champ visuel par l’apparition d’un scotome, c’est-à-dire d’une tache noire provenant de ce que le corps flottant intercepte les rayons lumineux qui proviennent des objets extérieurs. Quelques malades accusent, dans le champ visuel, la présence de mouches qui ne sont que des petits scotomes reconnaissant la même cause.
11 ne faut pas attribuer ces mouches accusées par les malades exclusivement à la présence de corpus-
cules flottants dans le corps vitré. Ce symptôme se rencontre dans d’autres états pathologiques de l’œil.
Les corps flottants du corps vitré étant la conséquence d’une irido-choroïdite à marche lente, il faut les combattre par les moyens indiqués à l’article choroïdite, notamment les pommades résolutives sur l’orbite, les révulsifs sur le canal intestinal. Lorsque ces corpuscules sont très nombreux, on obtient une amélioration manifeste, en pratiquant une opération d’iridectomie qui agit à la fois comme antiphlogistique local par la déplétion sanguine de l’ii’is, et en agrandissant la pupille, ce qui a pour effet de permettre à un plus grand nombre de rayons de pénétrer jusqu’au fond de l’œil, et compense, jusqu’à un certain point, l’absorption partielle de ces rayons par les corps flottants.
Synchisis du corps vitré. — (V. ce mot.)
C Fano.
CORPS DE WOLF. — On donne ce nom à deux organes volumineux, de nature glandulaire, existant chez le fœtus, au début de la vie embryonnaire, de chaque côté de la colonne vertébrale, dans la région lombaire, et disparaissant au moment où les reins se montrent. On suppose que les corps de Wolf jouent le rôle de glandes urinaires avant le développement complet des reins, et qu’ils contribuent avec la glande génitale et les conduits de Muller, à la formation des organes génitaux dans les deux sexes. P. L.
CORROBORANT. — On donne ce nom à des médicaments doués de la propriété d’augmenter les forces de l’organisme. Ce sont donc des fortifiants, des toniques. P. L.
CORROSIF. — On donne ce nom à des substances douées de la propriété de détruire plus ou moins rapidement et profondément les tissus vivants qu’ils touchent (V. Caustiques, Escharotiques). p. l.
CORS AUX PIEDS. — On donne le nom de cors à de petites tumeurs épidermiques présentant une zone périphérique d’épiderme induré et épaissi, de largeur variable, bosselée, dense et blanchâtre, et une partie centrale sèche, beaucoup plus dure, cornée et saillante, comme vitreuse, qui peut être comparée à la tête d’un clou rugueux, aplati et arrondi, dont le segment profond, plus étroit et conique, s’enfonce comme une véritable racine dans le derme. Quelquefois un seul cor présente deux et même trois racines distinctes. Ces par ces racines que les cors se différencient des oignons et des durillons, qui ne sont que de simples épaississements épidermiques.
Les cors se forment sur les orteils, au niveau des articulations des phalanges du pied, à leur face dorsale, principalement au côté externe du cinquième orteil ou petit doigt, à la face dorsale des articulations des phalanges. On les rencontre encore à la face palmaire et entre les orteils. Enfin, ils peuvent exister à la plante des pieds et au talon.
La finesse et la délicatesse de la peau, son extrême sensibilité prédisposent aux cors. Les chaus-
COR
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sures mal faites, trop étroites, trop courtes et à talons trop hauts, qui exercent une pression anormale et continue sur les parties saillantes du pied, déterminent sur les points comprimés une irritation qui est le point de départ des cors. Les difformités des orteils favorisent aussi leur formation et leur développement.
Ainsi que l’a fort bien dit Bégin, le cor débute toujours par un endurcissement et une augmentation d’épaisseur de l’épiderme sur le point frotté ou comprimé. Stimulée par la persistance d’action de la même cause, la peau rend la sécrétion épidermique plus abondante, et la callosité s’élève de plus en plus. A mesure que ce travail s’opère, la base de la callosité s’élargit par la participation d’une surface tégumentaire plus étendue à la stimulation morbide, tandis que les premières couches, pressées avec une force toujours croissante contre le derme, le dépriment, s’enfoncent dans la substance et pénètrent même quelquefois jusque dans le tissu cellulaire sous-jacent, et près du tissu fibreux qu’il recouvre et protège. 11 résulte de cette ingénieuse tliéorie, ainsi que nous l’avons dit, dans notre définition, que le cor représente bien ainsi un clou dont la tête est extérieure et la pointe enfoncée dans les tissus; que ces deux parties sont également inorganiques; que la dureté primitive était superficielle, et que c’est seulement par l’accroissement d’élévation et de largeur de sa base qu’elle s’est successivement enfoncée comme un corps étranger dans les tissus sur lesquels elle ne faisait d’abord que reposer.
Les cors occasionnent des douleurs très vives, qui deviennent vraiment atroces et intolérables, après une marche un peu longue, ou une station debout prolongée; lorsqu’un choc quelconque vient à les atteindre; enfin lorsque le temps est humide et à la pluie. Dans ces derniers cas, les douleurs sont avivées par le gonflement des cellules épidermiques qui sont très hygrométriques, gonflement qui augmente encore leur pression sur le derme.
11 n’est pas rare de voir la peau qui entoure les cors s’enflammer et même entrer en suppuration, ce qui peut entraîner des suites fâcheuses.
Le traitement des cors peut être palliatu' ou