‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privéeChapitre 13 sur 238 · ACH · texte numérisé non relu

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ACHE. — L'ache des marais, céleri sauvage, persil ou céleri des marais, ache puante {apium graveoleiu), de la famille des ombellifères, est une plante de cinquante centimètres de hauteur, à odeur fortement aromatique, désagréable et nauséeuse, et à saveur amère, à laquelle succède une assez grande âcreté.

On emploie l’herbe, les semences et surtout la racine qui fait partie des cinq racines apéritives, et à ce titre, du sirop de ce nom. Elle est grosse comme le pouce, blanche en dedans, grise extérieurement, allongée en fuseau et divisée en plusieurs branches. Celle qui nous arrive d’Allemagne paraît plus aromatique que celle que l'on trouve dans nos contrées à l'état sauvage, sur le hord des ruisseaux, au milieu des marais et dans les lieux salés de l'intérieur des terres.

Cultivée, l’ache perd de ses propriétés et de ses principes âcres et aromatiques, et constitue deux variétés très usitées comme aliment : le céleri ordinaire et le céleri rave. (V. Céleri).

La livèche ou ache des montagnes ressemble beaucoup, comme arôme, à l’ache des marais à laquelle on la substitue souvent, mais est plus forte et plus petite ; de plus, elle est jaunâtre à l’extérieur. (V. Livèche.) L’ache des chiens ou petite ciguë [œihusia cynapium) ne ressemble heureusement en rien à l’ache qui nous occupe, l'épithète d’ache doit néanmoins mettre en garde contre ce poison si violent et si redoutable.

Hubner et Vogel ont trouvé dans l’ache une huile volatile spéciale, une matière sucrée analogue à la mannile, une substance gommeuse, du soufre et diflérents sels.

L’ache a été administrée en infusion (30 gr. par litre) comme diurétique dans les hydropisies. On a attribué à ses feuilles des propriétés antiscorbutiques. Leur suc a été conseillé comme tonique et fébrifuge à la dose de 100 à 200 grammes.

Georges Ddché, Ph'®".

ACHILLE (TENDON D’’;.— Le tendon d’Achille est ainsi nommé parce qu’Achille fut blessé à ce tendon pendant le siège de Troie. Le héros d'Homère avait été plongé dans les eaux du Styx par sa mère Thétis, afin de le rendre invulnérable. Elle le tenait par le talon et c’est le seul endroit où il pût être blessé.

Anatomie. — Le tendon d'Achille est un tendon volumineux, représentant les insertions à l’os du talon appelé calcanéum, des trois muscles Jumeauz, soléaire et plantaire grêle. 11 commence environ au tiers moyen de la jambe, vers le départ du mollet, forme une bandelette très épaisse, occupant tout le tiers inférieur de la face postérieure de la jambe. 11 a la millimètres de large à sa partie moyenne et s’élargit en bas, à son insertion à la partie inférieure de la face postérieure du calcanéum, en formant un peu au-dessus du talon un relief très sensib'e, qui soulève la peau et semble l’écarter des tissus qui revêtent plus profondément la face postérieure des deux os de la jambe, le tibia et le péroné.

Physiologie — Le tendon d’Achille transmet au calcanéum et par l'intermédiaire de ce dernier à Tenseinble du pied, la force développée par la contraction de cette masse charnue dont le relief en

somme constitue le mollet, et est désignée par les anatomistes sous le nom de triceps curai. 11 étend le pied sur la jamhe, développant une puissance capable de faire équilibre au poids du corps entier. D’après Duchenne de Boulogne, il entraînerait de plus le pied dans une forte adduction.

Pathologie. — Le tendon d’Achille est un de ceux dont la rupture a été le plus fréquemment observée, et nonobstant les cas n’en sont point encore bien nombreux. J.-L. Petit l’observa sur un sauteur qui se ruptura les deux tendons d’Achille en sautant à pieds joints sur une table élevée d'un mètre environ. Cet exemple devenu célèbre indique bien le mécanisme suivant lequel se produit cet accident. Que ce soit en effet dans l’action de sauter, ou de retomber sur la pointe des pieds, le pied étant fortement étendu, c’est toujours une contraction exagérée du triceps rural qui le détermine. La solution de continuité siège d'habitude de 3 à 6 centimètres au-dessus du calcanéum. Les deux extrémités des frag-

Fig. 37. — Région postérieure de la jambe. — AA’ jumeaux. — B. long fléchisseur commua des orteils. — C. tendon du jambier postérieur. — D. malléole interne. — E. tendon d Achille, — F. insertion du. tendon d’Achille au calcanéum. — G. court péronier latéral. — H. soléaire.

ments sont séparées par une rainure assez profonde. Dans quelques cas où la déchirure était incomplète, cette dépression était moins considérable, et on sentait les fibres qui avaient résisté.

Ce vide est caractéristique de la lésion que nous décrivons. Les blessés ont ressenti au moment de l’accident une douleur vive accompagnée d’un bruit analogue à celui qui résulterait de l’écrasement d’une noix et d’une sensation semblable à celle que produirait l’enfoncement brusque du talon dans une excavation profonde. Quelques-uns sont tombés sans pouvoir se relever. La marche cependant, quoi

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