‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privéeChapitre 12 sur 238 · ACE · texte numérisé non relu

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insensibles explique la diminution de volume du corps chez le vieillard.

La puissance d’assimilation diminue dans les éléments anatomiques, parce que : 1° les éléments primitifs des organes ne peuvent fournir qu’un nombre limité de générations successives et qu’il arrive une époque où cette puissance s’arrête ; 2° les éléments en vieillissant, se modifient dans leur structure ; ils deviennent cornés et s’incrustent de sels minéraux, de sorte qu’ils deviennent plus ou moins impropres au passage, à la manière d’un filtre dont les pores seraient obstrués par des parcelles étrangères.

J.-A. Fort,

Professeur libre d’anatomie et de physiologie à l’École pratique de la Faculté de médecine de Paris, ancien Interne

des hôpitaux.

ACËDIA. — Nom donné à une espèce de mélancolie observée chez les jeunes moines dans les couvents, occasionnée par l’ennui de la solitude, les lectures trop assidues, les jeûnes, etc. P. L.

ACÉPHALE. — Nom donné à un monstre spécial. Ce monstre, dit M. Lancereaux, dans son remarquable Traité d'anatomie pathologique, est composé d’un corps privé uniquement de la tête et des organes qui manquent généralement avec elle. Outre le bassin^ et les membres inférieurs, il existe chez lui un thorax surmonté d’une ou plusieurs vertèbres cervicales rudimentaires et auquel se trouvent attachés un ou deux membres supérieurs. Ceux-ci sont, la plupart du temps incomplets, et les doigts sont presque toujours en nombre inférieur.

Le monstre acéphale représenté par la figure 36 n’a même pas de membres supérieurs. P. L.

ACÉPHALOCYSTE.— Nom donné à un genre de vers vésiculaires ou IIydatides. (V. Hydatides.) P. L.

ACERBE. — Qualification donnée aux substances qui produisent sur l’organe du goût une astriction plus ou moins grande, mêlée d’acidité et d’amertume. P. L.

ACÉTATE. — On appelle acétate un sel résultant de la combinaison de l’acide acétique avec une base soit minérale soit organique. Les acétates sont tous très solubles dans l'eau, à l’exception de trois ou quatre des moins usités, qui le sont très peu; beaucoup se dissolvent également dans l’alcool.

Ils sont tous décomposables par une forte chaleur et par les acides forts. Ainsi en mettant un acétate en contact avec de l'acide sulfuriipie, on le décompose, et l’acide acéti([uc remis en liberté se dégage et se reconnait facilement à son odeur spéciale.

Au point de vue thérapeutique les acétates n’ont

pas tous la même action, leurs vertus sont différentes ; on ne peut donc pas établir de généralités sur leurs propriétés médicales ; les plus usités sont l’acétate d’ammoniaque (stimulant et sudorifique), les acétates de potasse et de soude (diurétiques et fondants), et surtout l’acétate de plomb liquide (extrait de Saturne), dont on connaît l’usage, étendu d’eau (eau blanche), pour les entorses, contusions, rougeurs, etc. (V. Ammoniaque, Cuivre, Potasse, Soude, Plomb). Alfred Chardon,

Pharmacien de 1” classe, ancien Interne lauréat des hôpitaux de Paris.

ACÉTIQUE (ACIDE). — Chimie. — Du latin acetum, vinaigre. Cet acide, principe essentiel du vinaigre, est un des acides les plus anciennement connus et aussi l’un des plus importants de la chimie organique.

11 est composé de trois éléments divers, carbone, hydrogène, oxygène, comme l’indique sa formule, C‘ H» 0^ HO.

Dans la science ou dans le commerce on en connaît plusieurs variétés, selon le degré de pureté et de concentration ou selon le mode de préparation. On en peut réduire le nombre à quatre : I’acide acétique pur, ou cristallisable, le vinaigre radical, l’.v-

CIDE PYROLIGNEUX et le VINAIGRE PROPREMENT DIT.

L’acide acétique cristallisable est l’acide pur. 11 est incolore et liquide au-dessus de 170 ’; au-dessous de cette température, il se solidifie en cristaux transparents, affectant la forme de lames ou de tables hexagonales. Son odeur est vive et très piquante; son pouvoir caustique est très grand. Il se dissout dans l’eau en toutes proportions; il bout à 120“ et répând alors des vapeurs inflammables, qui brûlent avec une flamme bleue. 11 distille sans se décomposer. 11 existe en grande abondance dans la nature végétale, mais à l’état de combinaison avec des alcalis, potasse, soude, chaux.

Pour préparer cet acide, on distille un mélange d’acétate de soude et d’acide sulfurique. L’acide acétique, chassé de sa combinaison avec la soude, vient se condenser dans le récipient, et on a comme résultat de l’opération du sulfate de soude.

Plusieurs distillations sont nécessaires pour le purifier. Ainsi préparé, il est pur et à son plus grand degré de concentration.

Dans cet état, il contient toujours un équivalent d’eau, lequel ne peut lui être enlevé sans que ses propriétés ne soient modifiées d’une façon sensible. L’acide acétique anhydre C‘IPO^ est un corps peu stable, à cause de sa -grande avidité pour l’eau. 11 n'est intéressant qu’au point de vue scientifique.

Le vinaigre radical est un acide acétique concentré, obtenu en distillant de l’acétate de cuivre [verdet). Il est coloré en vert et demande plusieurs distillations pour être purifié. Mais, malgré cela, il contient toujours de l’acétone qui en modifie l’odeur. Il est abandonné dans la pratique et est remplacé par l’acide cristallisable. C’est donc celui-ci que l’on emploie dans les laboratoires de chimie. La médecine l'emploie comme puissant caustique; il sert également dans les syncopes, les malaises; pour cet usage, on l’enferme dans un flacon avec du sulfate de potasse et on fait respirer ce mélange connu sous le nom de sel de vinaigre ou sel anglais.

Fig. 36. — Monstre acéphale.

(Professeur Depaul.)

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L’acide pyroligneux ou vinaigre de bois est un acide acétique plus ou moins concentré, obtenu par la distillation sèche du bois. Dans cette opération, on recueille un liquide complexe composé d’eau, de goudron, d'esprit de bois, d’acide acétique et d’acétate de méthyline. On sépare le goudron par décantation et on distille de nouveau. Les premières parties qui distillent sont de l’esprit de bois ou alcool de bois, l’acide acétique ne passe qu’en second lieu. 11 est encore impur et coloré et garde la saveur du goudron ; mais on peut le purifier complètement et pour cela on emploie des procédés chimiques, qu’il serait trop long de développer ici.

Le VINAIGRE, PROPREMENT DIT, est la forme sous laquelle l’acide acétique est le plus usité. C’est le produit de la fermentation acide, subie par un liquide alcoolique.

I/acétification est basée sur la propriété que possède l'acool de s’assimiler de l’oxygène de l’air sous certaines influences, l’influence des corps poreux et celles des matières azotées.

Donc, pour faire du vinaigre, il suffit de mettre un liquide alcoolique en contact avec l’air et de faire intervenir un troisième corps qui favorise la réaction. On se sert pour cela, dans la pratique ordinaire, d’une substance spéciale, nommée mère du vinaigre. C’est un ferment acétique, d’un aspect muqueux et filant, qu’on retrouve au fond des vases où s’est acétifié du vin.

Dans l’industrie, d’après les travaux de M. Pasteur, on se sert, pour fabriquer le vinaigre, du mycoderma acéti ou fleurs du vinaigre, espèce d’algue cryptogame, qui se développe sur le vin mal bouché. On sème celte fleur du vin sur la surface du liquide à acétifier; elle se développe et recouvre bientôt cette surface d’une membrane plissée, composée de pellicules rosées ou blanchâtres, réunies ensemble. Cette membrane est l’agent intermédiaire qui favorise rabsor|)tion de l’oxygène de l’air par l’alcool contenu dans le liquide. Ce procédé a un grand avantage sur les anciens, c’est d’éviter les pertes d’alcool et d’acide, parce qu’on peut opérer en vases clos.

On peut faire du vinaigre avec tous les liquides alcooliques, le vin, la bière, le cidre, le poiré, etc. ; mais on se sert généralement de vin blanc ou rouge, car le produit est meilleur et plus riche.

Dans le commerce, on vend sous le nom de vinaigre de l’aci e pyroligneux bien pur, suffisamment étendu d’eau et aromatisé avec des épices.

Pour les préparations pharmaceutiques on ne doit se servir que du vinaigre de vin et de préférence du vinaigre blanc. Les préparations les plus usitées sont le vinaigre et Yoxymel scillitiques, le vinaigre camphré et surtout le vinaigre de toilette, qui n’est autre que de l’alcool parfumé et additionné d’acide acétique. (\. ces mots.) Alfred Chardon, Ph''“.

Effets. — L’acide acétique cristallisable, lorsqu’il est appliqué sur la peau, détermine de la rougeur, de la v ésication et va même jusqu’à produire la cautérisation suivant qu’il est plus ou moins longtemps en contact avec elle. Un contact d’une minute suffit pour déterminer la vésication, accompagnée d’une douleur très vive et qui persiste plusieurs heures.

Ingéré dans festomac, l'acide acétique en dé-

pouille la muqueuse et produit ainsi une violente irritation de cet organe, suivie de vomissements qu’accompagnent une fièvre intense, le collapsus et, enfin, la mort.

Les vapeurs d’acide acétique concentré ont une action très irritante sur la membrane pituitaire et sur la conjonctive, qu’ont pu constater tous ceux de nos lecteurs qui ont respiré des sels anglais si employés contre les malaises et les syncopes.

L’acide acétique affaibli ou vinaigre proprement dit, agit comme l’acide acétiquè pur, mais d’une façon bien moins énergique. C’est ainsi qu’appliqué sur la peau il en détermine simplement la rougeur; en contact avec les muqueuses, il les blanchit, fait facile à vérifier en regardant les lèvres d’une personne qui vient de manger de la salade trop vinaigrée.

Usages. — L’acide acétique concentré a été utilisé en chirurgie à cause de ses propriétés caustiques. Le professeur Cloqiiet en a retiré d’excellents effets contre les verrues. Les D" Blachez, Alph. Guérin et Siredey ont fait disparaître des végétations vulvaires rebelles, par des applications d’acide acétique. Un médecin de Moulins, le D’’ Méplain a fait disparaître un polype muqueux de la voûte palatine en pratiquant dans son épaisseur, à l’aide d’une seringue de Pravaz, deux injections d’une goutte d’acide acétique chacune.

Plusieurs chirurgiens anglais ont essayé l’acide acétique contre le cancer, et notre savant ami, le chirurgien Tillaux a rapporté en 1867 une observation de cancer de la face sensiblement amélioré par un pansement fait deux fois par jour avec une solution d’acide acétique au cinquième. Enfin, un médecin belge, le D'' Janson a publié en 1876 plusieurs observations de psoriasis guéris par des applications d’acide acétique. Rappelons aussi que certains médecins, s’appuyant sur l’action de l’acide acétique sur la membrane pituitaire, ont préconisé les inhalations de vapeur d’acide acétique comme moyen abortif du rhume de cerveau ou coryza.

Le vinaigre proprement dit, étendu d’eau, constitue une excellente boisson qui donne une sensation de fraîcheur très agréable. Je ne parlerai pas de son emploi comme condiment dans la cuisine. Je dirai seulement qu’à dose modérée il excite l’appétit, mais que pris en excès, il occasionne des irritations de la muqueuse de l'estomac et des désordres gastriques parfois très graves. C’est ainsi que Desault rapporte l’observation d’une demoiselle douée d’un trop bel embonpoint qui, en buvant immodérément du vinaigre, réussit très bien, il est vrai, à se faire maigrir, mais en devenant phtisique.

A l’extérieur, le vinaigre étendu d’eau est employé pour arrêter les saignements de nez, coniine gargarisme dans les angines communes, en lotions sur la peau dans les fievres graves. Certaines personnes ajoutent du vinaigre à la moutarde quand elles prennent des bains de pieds sinapisés pour augmenter l’effet de la moutarde. Nous croyons devoir les prévenir qu’elles commettent une erreur i complète, attendu que loin d’activer faction de la moutarde le vinaigre qu elles ajoutent à leur pédiluve la diminue bien au contraire.

D' Paul Labarthe.

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