‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privéeChapitre 135 sur 238 · GOW · texte numérisé non relu

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COÜLEUVRÉE. — (V. Bryone.)

COULISSE. — Nom donné en anatomie à des rainures profondes qui existent à la surface des os et qui donnent passage aux tendons : coulisse bicipitale de l’humérus, coulisse des malléoles, etc.

COUP. — (V. Contusion.)

COUP DE FOUET. — Nom donné à la douleur vive qui se fait sentir dans un muscle, lorsqu’il se produit une rupture dans ses fibres. Ce mot est plus spécialement employé pour désigner la douleur aiguë et subite qu’on ressent au mollet, lorsqu’à la suite d’un effort ou d’un mouvement brusque, il se produit une rupture des fibres du muscle plantaire grêle. P. l.

COUP DE SANG. — Nom donné par le vulgaire à la commotion et à l’iiémorrhagle cérébrale (V. Cerveau). P. L.

COUP DE SOLEIL. — (V. Insolation.)

COUPEROSE. — (V. Acné.)

COUPURE. — (V. Plaie.)

COURBATURE. — Nom donné par le vulgaire à la fièvre éphémère (V. ce mot). p. l.

COURGE. — On donne le nom de courge ou de Citrouille au fruit énorme, globuleux, marqué de côtes peu saillantes, de couleur variée, appartenant à une plante herbacée de la famille des cucurbitacées. Ce fruit renferme des graines obovales, aplaties, lisses et blanchâtres, dont le tégument propre est crustacé, et dont l’amende est blanche.

Au point de vue de ses usages, la citrouille sert à faire des potages et des raisinés. Ses graines, dépouillées de leur enveloppe, fournissent par la pression une huile bonne à manger et à brûler. C’est cette huile fixe, renfermée dans les graines de courge, qui leur donne la propriété tænifuge qu’elles possèdent. Brunei, de Bordeaux, a obtenu de bons résultats contre le ver solitaire par l’usage de la pâte de graines de courge préparée avec parties égales de semences mondées et pilées dans du sucre, par exemple i 0 grammes de chaque, à prendre en une dose le matin. 11 faut répéter cette dose plusieurs jours et la faire suivre chaque fois d'un purgatif. Jourdanet, de Mexico, préfère l’émulsion : il prépare .son malade par un ou deux jours de diète, et le fait purger avec 40 grammes d’buile de ricin avant de lui faire prendre le médicament tænifuge; puis il fait monder et piler 50 à 60 grammes de graines fraîches de citrouilles, les réduit avec du sucre en une pâte qu’il délaye dans un verre d’eau pour la faire prendre le matin à jeun et la faire suivre, deux lieu i es après, d’un second purgatif avec 40 grammes d’huile de ricin.

D'' Marc. Camboulives.

COURONNE. — Nom donné à certaines parties

du corps qui ont la forme circulaire : couronne des dents, couronne du gland. p.

COURSE. — On donne ce nom à un genre de locomotion ou de progression qui se compose d’une suite de sauts rapides. Elle exige des contractions plus nombreuses et plus fortes que la marche. Il en résulte une rapidité plus grande de la circulation, et par suite un afflux plus considérable de sang dans les poumons, d’où l’essoufflement et l’anhélation qui accompagnent la course et qui peuvent aller jusqu’à l’asphyxie, soit par lassitude des mouvements respiratoires, soit par engorgement sanguin des capillaires pulmonaires. Le point de côté gauche qui s’observe souvent pendant la course est déterminé par une congestion de la rate. C’est pour cela qu’on dit d’un bon coureur qu’il court comme un dératé. Le maximum de vitesse que l’homme puisse atteindre dans la course, serait, d’après les frères ’Weber, de près de huit lieues par heure, en supposant — ce qui est impossible — que la course soit soutenue sans fatigue excessive. D après le colonel espagnol Amoros, qui le premier introduisit la gymnastique en France, vers 1814, le maximum de vitesse serait de 14,540 mètres environ par heure, c’est-à-dire un peu plus de trois lieues et demie.

D' G. WlIKOWSKI.

COURSEULLES (bains de mer de). — Courseulles est une petite ville de 1,600 habitants située à 27 kilomètres de Caen, à l’embouchure de la Seulles, qui possède une plage sablonneuse. p. l.

COUSIN. — ("V. Moustiques.)

COUSSIN. — COUSSINET. — On donne ces noms à de petits appareils de pansement composés d’un sac de balle d’avoine, de longueur et d’épaisseur variables, dont on se sert en chirurgie pour garantir les membres contre la pression directe des attelles dans le traitement des fractures. p. l.

COUSSO. — (V. Kousso.)

COUTELIERS. — Hygiène professionnelle. —

(V. Émouleurs).

COUTURIER. — Nom donné par les anatomistes à un mu.scle de la région antérieure de la cuisse, situé directement sous la peau, qui s’insère en haut au sommet de l’épine iliaque antérieure et supérieure, et en bas à la partie supérieure de la face interne du tibia. Le couturier est le plus long de tous les muscles. Il est fléchisseur de la jambe sur la cuisse, fléchisseur de la cuisse sur le bassin et rotateur de la cuisse en dehors. C’est lui qui donne aux membres inférieurs l’altitude que prennent les tailleurs lorsqu’ils cousent sur leur établi, d’où son nom de couturier. p. L.

CO’W-POX. — Mot anglais qui sert à désigner l’éruption varioleuse qui se manifeste sur le pis des vaches, sous forme de pustules, dont le contenu inoculé à l’homme a donné le vaccin humain ("V. Vaccin). P. I..

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COXAL (os). — Nom donné à l’os iliaque (Voyez iliaque). p. l.

COXALGIE. — Pour nous, la coxalgie est une affection caractérisée essentiellement par une inflammation chronique de 1 articulation coxo-fémorale, plus souvent désignée sous le nom d’articulation de la hanche, que cette inflammation chronique soit de nature scrofuleuse ou tuberculeuse — qu’elle ait été déterminée par une arthrite primitivement simple, de cause traumatique ou autre — qu’elle soit sous l’influence d’un état rhumatismal du sujet.

Dans tous les cas, en effet, il y a d’abord inflammation de la synoviale, puis altération des cartilages

Ualade atteint de coxalgie. — 1. Colonne vertébrale décrivant une courbe dont la convexité regarde le côté malade. — 2. Crête iliaque du côté sain, elle est élevée. — 3. Crête iliaque du côté malade, elle est abaissée. — A. Fesse aplatie du côté malade. — b. Pli fessier presque effacé ; membre abdominal, légèrement fléchi et porté dans l’abduction et la rotation en dehors, ce qui a déterminé l’abaissement du bassin et la déviation de la colonne.

des os et de tous les tissus qui environnent l’articulation. Seulement, dans les faits d’inflammation chronique simple ou d’inflammation rhumatismale l’arrêt de la maladie est beaucoup plus facile à obtenir. On peut même observer une résorption complète des produits inflammatoires, partant la guérison, ce qui doit être considéré comme très exceptionnel lorsque l’inflammation chronique est de cause tuberculeuse.

Nous ne décrirons que très brièvement les lésions anatomiques de la coxalgie. Elles atteignent les synoviales qu’elles épaississent et dont elles peuvent déterminer la fonte suppurative ; les cartilages qu’elles érodent et détruisent; les parties ambiantes qui peuvent être tranformées en foyers purulents; enfin les os dont la fonte inflammatoire est parfois portée jusqu’à la suppression complète de la tète du

fémur, du rebord cotylo’idien, etc. Inutile d’ajouter que dans ces cas extrêmes il n’y a plus d’articulation, et que la tête du fémur attirée en haut par les muscles trochantériens est luxée, et se trouve dans la fosse iliaque externe, plus rarement dans la fosse ovalaire ou dans le bassin perforé.

Quelle que soit la cause de l’aff'ection, la coxalgie présente toujours un certain nombre de symptômes que nous allons énumérer.

En première ligne, nous devons placer la douleur ; elle est d’abord sourde, profonde, exagérée par les mouvements, et souvent par l’humidité; son siège est variable. La hanche, le pli de l’aine, le grand trochanter en sont le plus ordinairement le lieu. On peut l’exagérer par la pression du grand trochanter, et mieux par des coups brusques portés sur cette éminence osseuse. Très fréquemment elle occupe le genou correspondant, si bien qu’il n’est

Fig. 319.

Malade atteinfde coxalgie de la hanche droite ; il tient habituellement la cuisse légèrement fléchie, en pressant sur le genou de façon à étendre le membre abdominal, on voit que la colonne lombaire se cambre et ne repose plus sur le lit (courbure que l’on a comparée à celle de certains chevaux dont le dos semble s’affaisser sous le poids de la selle et qui sont dits ensellés). Cette courbure lombaire tient à ce que l’articulation de la hanche étant immobile la crête du bassin s’élève lorsqu’on étend la cuisse.

pas rare devoir des malades au début d’une coxalgie soignés pour une affection de l’articulation voisine.

En même temps que la douleur, apparaissent les troubles fonctionnels. Le malade marche en fauchant du côté atteint, c’est-à-dire en imprimant à son bassin un mouvement de circonvolution, l’articulation coxo-fémorale étant dès le principe immobilisée. Il tombe souvent, se fatigue avec la plus grande rapidité. Le bruit du pas n’est plus régulier et cadencé. C'est ce que l’on a désigné sous le nom de signe de maquignon, car, lorsque les chevaux sont malades des articulations, leur trot ne produit plus le bruit cadencé et régulier qui leur est habituel. Plus tard enfin, la marche devient tellement difficile et douloureuse que le patient doit garder le lit.

Nous arrivons à l’étude d’un autre symptôme très important, celui-ci, et sur lequel nous voulons d’autant plus nous étendre que tous ceux qu’il nous reste à décrire peuvent être considérés comme sous sa dépendance ; nous voulons parler de l’immobilité de la hanche du malade.

C’est une loi de pathologie générale que toute maladie inflammatoire d’une articulation détermine une contraction des membres qui l’entourent et dans un temps plus ou moins éloigné leur atrophie (Le Fort).

La hanche n’échappe pas à cette loi dans le cours

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de la coxalgie. Toujours le membre s'immobilise dans une position variable, suivant le siège des lésions anatomiques de l’articulation. Le plus ordinairement la cuisse est.flécliie et poussée dans l’adduction et la rotation en dehors si le décubitus a lieu habituellement du côté malade, ce qui est très exceptionnel.

Cette immobilisation elle-même est facile à constater. S’agit-il d’un enfant, suspendez-le en l’air, les membres inférieurs découverts et pincez-le,vous verrez sa jambe saine s’agiter tandis que l’autre restera en repos. S’agit-il d’un adulte ou d’un adolescent, examinez les mouvements spontanés ou provoqués et vous verrez que l’épine iliaque suit les déplacements de la cuisse comme si elle faisait corps avec le fémur. C’est l’immobilisation de l’articulation qui fait que si l’on met les cuisses sur le même plan vertical, la région lombaire du côté malade est cambrée et comparable au dos d’un cheval en sellé.

De plus, le bassin présente encore une flexion latérale et une torsion sur son axe, dont le sens varie suivant l’attitude que prend la cuisse; la colonne vertébrale éprouve, elle aussi, une inclinaison qui a pour but de rétablir la situation du centre de gravité, modifié par l’attitude du bassin et de la cuisse; ces inclinaisons de la colonne vertébrale ont reçu le nom de courbures de compensation.

Enfin , toujours sous l’influence de l’immobilisation, le membre du côté malade paraît ordinairement plus court que celui du côté sain. Mais ce raccourcissement est seulement apparent le plus souvent. Si on mesure, en effet, la distance qui sépare 1 épine iliaque antérieure et supérieure de la malléole externe, les deux cuisses étant exactement placées dans la même position, on le constate facilement.

J’ajoute que l’on peut observer un raccourcissement réel quand le fémur est luxé sur le bassin ou que la maladie, par sa longue durée, a déterminé une atrophie de la cuisse malade.

Tels sont les principaux symptômes delà coxalgie. Les douleurs et la claudication ouvrent la marche. A ce moment on peut obtenir une guérison complète. Plus tard, surviennent les déformations et l’atrophie. L’ankylose alors peut être considérée comme le seul résultat enviable. A la dernière période, enfin, l’inflammation détermine de vastes suppurations qui se font jour au dehors, déterminant des abcès, des fistules, la destruction des surfaces osseuses, partant les déplacements articulaires ou luxations pathologiques, qui présentent les mêmes caractères physiques que les luxations simples. La guérison est encore possible, mais trop souvent le malade succombe à l’épuisement et h l’infection putride.

Ces caractères généraux permettent de distinguer la coxalgie de la paralysie infantile qui est double et qui laisse à l’articulation tous ses mouvements provoqués; — de la sciatique qui a des foyers douloureux spéciaux, et dans laquelle le malade marche comme en saluant, l’articulation étant d’ailleurs plus libre; — de la coxalgie hystérique que l’on voit chez les femmes nerveuses et qui disparaît entièrement sous l’influence du chloroforme; — enfin de la sacro-coxalgie qui laisse également toute leur liberté aux mouvements de la hanche.

L’examen attentif du sujet, de ses antécédents, du mode de début de l’affection, des causes qui l’ont déterminée permettent de savoir si l’on a affaire à

RAINMPER.E

une coxalgie simple, rhumatismale ou tuberculeuse.. Ce point de diagnostic est extrêmement important. De lui en effet dépend le choix du traitement géné^ ral que l’on doit instituer.

Rhumatismale, la coxalgie est attaquée par des modificateurs généraux tels que sulfate de quinine, douches sulfureuses, massage médicamenteux, etc., et par des révulsifs locaux.

Inflammatoire simple, elle appelle surtout ces derniers agents : teinture d’iode, vésicatoires, cautères, igni-puncture.

Tuberculeuse, nous ne craignons pas de le dire, elle doit plutôt être traitée par la résection des surfaces malades.

Dans tous les cas, on commencera par immobiliser le membre malade, soit dans un appareil de Bonnet, soit dans un appareil plâtré ou amidonné.

Il existe un appareil de Le Fort encore très heureux en ce qu’il permet au chirurgien par un système de crémaillères de corriger progressivement les attitudes vicieuses tout en tenant la hanche dans une position fixe et en permettant au malade de marcher, conditions à la fois locales et générales excellentes.

Nous avons aussi l’appareil de Verneuil qui répond aux mêmes indications. II se compose :

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1° d’un caleçon doublé d’ouate; 2® de trois attelles en fil de fer, l’une horizontale entourant le bassin, les deux autres verticales et descendant sur le côté externe de la cuisse et sur sa partie antérieure ; 3® d’un appareil dextriné recouvrant le tout.

Enfin l’appareil de Bouvier, en cuir moulé, est applicable soit au début de la coxalgie, soit à la fin , lorsque le redressement a été obtenu. Il a pour but de maintenir l’extrémité supérieure du fémur appliqué contre le bassin.

Au chirurgien de distinguer lequel de tous ces moyens convient au cas et au moment de la maladie ; car il est telle période pendant laquelle l’état général doit être surtout protégé, et telle autre qui permet une intervention locale beaucoup plus active. Nous avons dit que la résection de la hanche nous paraît supérieure à tout lorsque la coxalgie est nettement tuberculeuse, avec intégrité des poumons bien entendu.

C’est elle aussi qui seule peut permettre la guérison dans les dernières phases de l’affection.

Fig. 322. — Appareil de Bouvier pour la coxalgie.

Rappelons, en terminant, qu’un traitement général tonique et réparateur doit toujours accompagner le traitement chirurgical ; qu'on ne devra pas oublier de prescrire au malade les préparations de phosphate de chaux (sirop de Dusarl, vin de Baudon, etc.); enfin, que pendant la convalescence, les bains de mer, les eaux sulfureuses telles que Caute-

rets, les eaux chlorurées sodiques telles que Balaruc, sont parfaitement indiquées. d' f. Joüin.

COXO-FÉMORALE. — Nom donné à l’articulation de la tête du fémur avec la cavité cotylo'ide de l’os coxal, plus communément appelée articulation de la hanche (V. ce mot). p. l.

CRACHATS. — Les crachats sont des matières solides ou liquides qui, formées ou parvenues dans les voies aériennes, dans le pharynx, l’arrière-gorge ou la bouche, en sont expulsées par l’expectoration. Les crachats présentent entre eux des différences très nombreuses relatives à la couleur, la forme, l’odeur, la consistance, la transparence, l’abondance, les caractères chimiques et microscopiques.

Couleur. — La couleur des crachats est très variée : ils sont blancs, gris, verts, jaunes, rouillés, rouges, noirâtres, panachés de couleurs diverses, etc.

Ces colorations sont en rapport avec la nature des crachats ; ainsi, le sang leur donne la couleur rouge, rouillée, etc.; ils sont noirs lorsqu’on a respiré dans une atmosphère chargée de parcelles noirâtres; ils sont clairs lorsque le liquide qui les forme est très pur; verdâtres lorsqu’il est mêlé à de nombreux détritus épithéliaux, etc.

Forme. — Les crachats sont souvent assez fluides pour n’avoir pas de forme particulière; ils remplissent le vase d’un liquide transparent ou d’une purée opaque; cependant ils peuvent être assez visqueux pour prendre une forme arrondie; d’autres ont l’aspect de blocs nageant au milieu d’un liquide transparent ; ces blocs, dont la configuration rappelle de loin celle d’une pièce de monnaie, ont reçu le nom de crachats nummulaires (nummus , pièce d’argent); leurs bords sont souvent déchiquetés. Dans des cas rares, les crachats sont arborescents et reproduisent la configuration des divisions bronchiques qui leur ont servi de moule.

Odeur. — Ordinairement sans odeur, les crachats peuvent cependant exhaler une odeur fade et alliacée; dans certains cas, ils possèdent une odeur gangréneuse extrêmement fétide qui se répand au loin et nécessite l’isolement des malades.

Consistance. — Les crachats sont tantôt fluides comme de la sérosité (crachats séreux), tantôt ils ressemblent à une solution de gomme (crachats muqueux) , tantôt à une purée grisâtre (crachats purulents ou muco-purulents), tantôt enfin ils sont très visqueux, très adhérents, ne peuvent être rejetés que par de violents efforts de toux, filent le long des lèvres dont on ne peut les détacher qu’avec la main, et enfin s’attachent au vase à un tel point que ce vase peut être renversé sans que les crachats s’en détachent (crachats visqueux ou adhérents).

Transparence. — Les crachats peuvent être transparents comme de l’eau ou opaques comme une tumeur solide; entre ces deux extrêmes on rencontre bien des nuances; tantôt ils sont marbrés de stries plus foncées, tantôt ils sont parsemés de grumeaux blanchâtres comparables à du riz, tantôt ils sont mêlés à des bulles d’air qui leur donnent un aspect spumeux et mousseux.

Abondance. — L’expectoration est rare ou abon-

Fig. 321.

Appareil de Verneuil pour la coxalgie.

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dante : en général, elle est rare dans la première phase des phlegmasies bronchiques ; elle augmente à mesure que l’inflammation se rapproche de la période de coction, et elle devient considérable dans les catarrhes chroniques.

L’expectoration peut tout d’un coup devenir considérable, au point de faire craindre la suffocation ou même de la déterminer : c’est ce qui a lieu lorsque le sang ou une collection liquide (épanchement pleurétique, abcès pulmonaire) vient faire brusquement irruption dans les bronches (vomique).

Les crachats présentent aussi de grandes différences au point de vue de leurs caractères chimiques et microscopiques. Ils peuvent être séreux, muqueux, purulents, sanglants , ou contenir des produits spéciaux, tels que des fibres élastiques du poumon, des exsudats fibrineux, des fausses membranes tabulées, etc.

La présence de fibres élastiques dans les crachats est pathognomonique de la destruction du poumon et, par conséquent, de la phthisie, de la gangrène ou de l’apoplexie pulmonaire ; or, comme la gangrène se reconnaît aisément à son odeur spécialement fétide, que l’apoplexie pulmonaire est rare et présente des caractères spéciaux, la présence des fibres élastiques dans les crachats indique donc une phthisie pulmonaire.

Les crachats rouillés, visqueux adhérents au vase, formés par un liquide albumino-fibrineux au milieu duquel sont englobés les cellules épithéliales et des globules rouges, sont pathognomoniques de la pneumonie fibrineuse.

Les crachats fétides, sanieux, noirâtres ou veraâtres, qui, sous l’influence du repos, se divisent en trois couches, la supérieure étant muco-purulente, la moyenne séreuse, l’inférieure épaisse contenant des fibres élastiques, des débris verdâtres ou noirâtres de tissu pulmonaire, des cellules détruites, de gros cristaux, etc., sont à peu près pathognomonique de la gangrène pulmonaire.

Il est d’autres cas dans lesquels, sans avoir la même valeur, les crachats présentent cependant des caractères dignes de mention. Ainsi, pendant la période convulsive de la coqueluche, le malade rejette après chaque accès une quantité considérable d’un liquide transparent, glaireux, filant, incolore. Après les accès d’asthme, le malade rejette souvent des crachats muqueux, très consistants, pelotonnés ou ramifiés en masses grisâtres, demi-transparentes : on les a comparés à du vermicelle. Dans la dilatation des bronches, les malades rejettent chaque matin, et en très grande quantité à la fois, des crachats puriformes qui exhalent souvent une odeur alliacée, infecte, etc.

Les crachats offrent bien plus d’indications au diagnostic qu’au pronostic. Quant à leurs indications thérapeutiques, elles sont également assez restreintes. pr léon Moynac.

CRACHEMENT DE SANG. — (V. Hémoptysie).

CRAMPE. — On donne le nom de crampe à une contraction involontaire et douloureuse de certains muscles, particulièrement de la cuisse et surtout de la partie postérieure de la jambe ou mollet, résul-

tant ordinairement d’une fausse position ou de la compression directe d’un muscle ou d’un nerf, mais tenant aussi quelquefois à la fatigue ou à l’action du froid, ou encore à certaines maladies, dyssenterie, choléra, coliques de plomb, hystérie, etc., ou enfin à la grossesse ou à l’accouchement. Les muscles atteints de crampes sont durs, gonflés et tendus pendant tout le temps que persiste la crampe. La douleur ne disparaît pas avec la crampe et dure plus ou moins longtemps après sa disparition. On combat les crampes par des frictions sèches, narcotiques, laudanisées; par la compression, le massage, l’application de compresses mouillées; par l’extension forcée du muscle contracturé; enfin, par l’électricité. Les individus qui sont sujets aux crampes feront bien de s’abstenir de l’exercice de la natation en pleine eau, s’ils veulent ne pas s’exposer à se noyer. p. l.

CRAMPE DES ÉCRIVAINS. — La crampe des écrivains est une névrose caractérisée par une contraction spasmodique, involontaire et subite, très douloureuse, des muscles de la main et des doigts qu’on observe chez les gens qui écrivent beaucoup, sur* tout de ceux qui écrivent à main levée, sans appuyer l’avant-bras horizontalement sur la table, et qui font usage d’un porte-plume trop mince et de plumes trop dures.

La crampe des écrivains ne se montre pas d’emblée. L’individu commence par s’apercevoir un beau jour que ses doigts se raidissent lorsqu’il tient la plume, si bien qu’il est obligé d’interrompre son travail. La même raideur se manifeste dès qu’il veut reprendre la plume; son écriture devient tremblée, irrégulière. Malgré ses efforts pour l’empêcher, les trois doigts qui tiennent le porte-plume exercent sur celui-ci une pression tantôt exagérée, tantôt trop faible, en rapport avec les contractions brusques et les relâchements des muscles fléchisseurs et extenseurs des doigts et des muscles de l’avant-bras. Plus le malade fait d’efforts pour écrire régulièrement, et plus son écriture est irrégulière. Dans certains cas même, il est dans l’impossibilité d’écrire.

La marche de cette infirmité est continue, et quoiqu’elle ne mette pas la vie en danger, elle est cependant très sérieuse, en ce sens qu’elle peut obliger les personnes qui en sont atteintes à renoncer à la profession qu’elles exercent.

Dès que les prémiers symptômes se manifestent, le malade doit cesser d’écrire ou, s’il est obligé de le faire, il devra se servir d’un porte-plume léger, en liège par exemple, ayant au moins 2 centimètres de diamètre en bas, de façon que les doigts ne soient pas obligés de se rapprocher beaucoup, et de plumes douces et à bec large. Si malgré cela la crampe persiste, il devra abandonner les plumes métalliques et se servir exclusivement de plumes d’oie.

On a conseillé en outre les douches froides, et notre ami et collaborateur Beni-Barde a obtenu de très heureux résultats de douches froides en pluie et en jet, et des douches écossaises prolongées.

Duchenne, de Boulogne, et Onimus ont obtenu dans quelques cas, des résultats favorables au

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moyen de rélectricité. Voici comment l’applique Onimus : Il fait passer un courant ascendant, pendant 10 minutes environ, sur le bras malade, en mettant le pôle négatif sur la nuque et le pôle positif sur les muscles de l’avant-bras, surtout sur

Fig. 3-23.

Appareil de Velpeau pour la crampe des écrivains.

ceux du pouce. 11 termine la séance par un courant ascendant d’une intensité moyenne appliqué pendant une minute sur les vertèbres cervicales. 11 fait une séance tous les jours ou tous les deux jours. Il est nécessaire que. pendant toute la durée du traitement, le malade suspende ses travaux habituels et exerce, au contraire, ceux des muscles du bras qui, avant, fonctionnait peu.

Certains auteurs, entre autres, Dieffenbach et

Fig. 321

Appareil de Duchenne. de Boulogne, pour lu crampe des écrivains.

Laugenbach ont essayé de guérir la crampe des écrivains en pratiquant la section des tendons des muscles contracturés, mais cette opération n’a pas donné de résultats satisfaisants.

On a enfin conseillé d’administrer à l’intérieur l’iode, l’iodnre de potassium, l’arsenic.

Malheureusement, nous sommes forcés d’avouer que, dans la plupart des cas, les différents moyens que nous venons d’énumérer sont impuissants à amener la guérison de cette triste infirmité. Les

malades devront alors, pour pouvoir continuer à écrire, malgré leur infirmité, avoir recours à un appareil mécanique, tel que celui de Velpeau ou de Duchenne, de Boulogne. D' Paul Labarthe.

CRAMPE D’ESTOMAC. — (V. Gastralgie.)

CRANE. — Anatomie. — Le crâne est une boîte osseuse destinée à loger et à protéger l’encéphale; il domine la face et se continue en bas ei en arrière avec la colonne vertébrale.. Sa capacité proportionnée aux dimensions de l’encéphale, varie : 1® suivant les races, d’après Morton, elle est de 1,334 dans la race Germanique, et de l,2ü7 dans

Fig. 323. — Coupe verticale du crâne et de la face.

1. Sinus frontal. — 2. Sinus sphénoïdal. — 3. Sillons de l’artère méningée moyenne. - i Antre d'Higmore, sinus maxillaire.

— 5. Canal supérieur des fosses nasales. — 6. Méat supérieur.

— 7. Cornet moyen. — 8 Méat moyen. — 9. Orifice du canal nasal — 10. Voûte palatine ou plancher des fosses nasales.

— 11. Maxillaire inférieur — 12. Ligne oblique des maxillaires inférieurs. — 13. Orifice du canal dentaire. — 14. Dents .

la race Australienne; 2® suivant la race, le crâne de la femme est moins développé que celui de l’homme; 3° suivant les individus.

Le crâne a la forme ovoïde à petite extrémité tournée en avant.

Il est formé parla réunion de 8 os, 4 impairs, le frontal, Voccigilal , le sphénoïde et Veihnioïde 2 pairs, les temporaux et les pariétaux.

On distingue au crâne une voûte qui se compose du frontal, des pariétaux et de la moitié supérieure de l’occipital, et une hase qui comprend le sphénoïde, l’elhmoïde et les temporaux.

VouïE DU cuANE. — Elle est limitée par deux lignes demi-circulaires qui se rendent de la racine

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du nez à la protubérance occipitale externe, en suivant les arcades sourcillière, zygomatique et la ligne courbe occipitale supérieure.

dessous d’elle se trouve la couche sous-cutanée, dense, serrée et presque inséparable de la peau; 2® le muscle occipUo-frontal, muscle plat, dont les

teOP-RÆ T.

La voûte du crâne comprend le front, dont les dimensions et les reliefs offrent de nombreuses variétés, puis vient le cuir chcv^tv.

Fig. 326. — Base du crâne (Face inférieure ou extra-crânienne).

A. Os occipital. I. Protubérance occipitale externe.

— 2 Crête de l’occipital. — 3. Ligne courbe inférieure de l’occipital. — 4. Ligne courbe supérieure de l’occipital. — 5. Condyle. — 6. Trou condylien postérieur et fosse condylienne postérieure. — 7. Surface jugulaire. — 8. Trou occipital. — 9. Trou déchiré postérieur. — 10. Trou déchiré antérieur. — B. Rocher. — 11. Apophyse styloïde. — 12. Apophyse mastoïde. — 13. Rainure du muscle digastrique. — 14. Trou stylo-mastoïdien. — 13. Orifice inférieur du canal carotidien. — 16. Orifice de la trompe d’Eustache. — 17. Apophyse zygomatique. — 18. Cavité articulaire du temporal. — 19. Scissure de Glaser.

— C. Portion écailleuse du temporal. — D. Sphénoïde, — 20. Epine du sphénoïde. — 21. Grande aile du sphénoïde. — 22. Apophyse basilaire. — 23. Trou ovale. — E. Os maxillaire supérieur. — 24. Voûte palatine — 25. Trou incisif ou palatin antérieur. — F. Os palatin.

— 26. Trous palatins postérieurs. — 27. Fosse ptérygoïde. — G. Vomer. — 28. Ouverture postérieure des fosses nasales. — 29. Dents incisives. — 30. Dents canines. — 31. Dents molaires.

fibres, insérées sur le pourtour de la voûte du crâne, viennent se fixer sur une aponévrose centrale, l’aponévrose épicranienne, d’un tissu cellulaire

ieow.Er.

Fig. 327. — Base du crâne (Face supérieure ou intra-crânienne).

1. Crête frontale. — 2. Trou borgne. — 3. Apophyse crista-galli. — 4. Trou de la lame criblée de l’ethmoïde. —3. Selle turcique.— 6. Apophyses clinoïdes postérieures. — ■ 7. Apophyses clinoïdes moyennes. — 8. Apophyses clinoïdes antérieures. — 9. Trous optiques. — 10. Ouverture du canal carotidien. — 11. Trou déchiré antérieur. — 12. Fente sphénoïdade. —13. Trou rond.— 14. Trou ovale.— 13. Trou sphénoépineux ou petit rond. — 16. Hiatus de Fallope.

17. Trou déchiré postérieur. — 18. Trou occipital. — 19. Crête occipitale interne. — 20. Protubérance occipitale interne — 21. Crête latérale de l’occipital séparant les fosses cérébrales postérieures des fosses cérébelleuses. C. et logeant les sinus latéraux. 22* Trou mastoïdien. — 23. Trou condylien antérieur.

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