‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privéeChapitre 139 sur 238 · G RO · texte numérisé non relu

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suffisent pour faire naître une éruption vésiculeuse confluente.

Administrée à l’intérieur à la dose de 1 à 3 gouttes, diluée dans 20 ou 30 grammes d’huile d’amandes douces, ou emprisonnée dans une pilule de mie de pain, elle détermine presque toujours dans le gosier un sentiment d’ardeur qui dure très longtemps. Arrivée dans l’estomac, l’huile de croton y produit de la chaleur et des nausées, rarement, quoi qu’on en ait dit, des vomissements ; puis elle passe dans l’intestin sur lequel elle agit d’une manière toute spéciale; elle y développe des coliques.

Fig. 338.

Croton tiglium. — Tige fleurie, fruit, graine.

des tranchées et des évacuations alvines très nombreuses, fécales d’abord, suivies ensuite d’une diarrhée aqueuse abondante, généralement accompagnée de fortes cuissons à la marge de l’anus.

La dose nécessaire pour avoir une purgation énergique est de t à 3 gouttes. Si on les donne d’emblée , elles produisent tantôt une superpurgation immédiate, tantôt à peine une garde-robe plus ou moins éloignée. Des doses plus fortes peuvent déterminer des symptômes cholériformes et la mort. D’où le précepte de Trousseau de ne prescrifè ce médicament qu’à des doses fractionnées, par exemple à celles de 5 centigrammes (une goutte) toutes les heures ou toutes les deux heures jusqu'à ce que les coliques fassent juger que l’action purgative va se produire. Sans cette précaution, on risque de donner lieu à de graves accidents ou de ne pas obtenir l’effet désiré.

On a employé l'huile de croton comme révulsif à l’extérieur dans les bronchites, les arthrites, les

rhumatismes articulaires. On l’a essayée en frictions sur la poitrine dans la phthisie pulmonaire, mais sans avantage. Ladreit de Lacharrière et Cadet de Gassicourt s’en sont servis avec succès comme moyen épilatoire dans la teigne tonsurante, non en frictions, mais en applications topiques à l’aide des crayons préparés par Limousin avec

Beurre de cacao 1 partie

Cire 1 —

Huile de croton 2 —

qui permettent de ne toucher que les parties malades. Les cheveux tombent avec la croûte qui succède à l’éruption déterminée par l’huile de croton. Disons enfin que l’huile de croton, associée à la teinture de cantharides, constitue la base de bon nombre de pommades prônées contre l’alopécie, et qui, d’après Hardy, ne sont efficaces que contre la chute des cheveux survenant à la suite des maladies graves. D’’ marc. Camboulives.

CROTOY (BAINS DE MER DD). — Le Crotoy est un petit village de la Somme, situé à 28 kilomètres d’Abbeville, sur la baie de la Somme, dont la plage est à fond de sable et où on trouve un petit établissement. P. L.

CROUP. — (V. Diphthérie.)

CROUTE. — On donne ce nom à des plaques jaunâtres plus ou moins solides qui se forment sur la peau ou sur les membranes muqueuses par le dessèchement des humeurs dans la variole, l’herpès, l’eczéma, les gourmes, etc. (V. ces mots). D’une manière générale, on ne doit jamais arracher les croûtes, mais faciliter leur chute par l’application de cataplasmes ou par des lotions tiedes émollientes. P. L.

CRURAL. — Nom donné par les anatomistes à la région de l’aine, à celle de la cuisse et à des muscles, artères, veinés et nerfs de ces régions (V. Aine, Cuisse], P. L.

CRYPTORCHIDE. — Nom donné à un individu dont les testicules ne sont pas descendus dans les bourses et sont restés arrêtés et cachés dans l’abdomen ou dans l’anneau ingunial (V. Testicule), p. L.

CUBÈBE. — Le poivre cubèbe originaire de Java, de Bornéo et de Sumatra, oû on le cultive spécialement, est un plante de la famille des pipéracées, à tiges aériennes, ligneuses et grimpantes qui peuvent atteindre une hauteur de 5 à 6 mètres, dont le fruit globuleux, d’une couleur grise, brune ou noirâtre, assez semblable à celle du poivre noir dont on se sert pour la cuisine, est la seule partie utilisée en médecine.

Le cubèbe possède une odeur aromatique, une saveur âcre et amère persistante. Il contient une huile volatile, grasse, un principe particulier cristallisable appelé cubébine, une résine renfermant de l’acide cubébique, de la gomme et quelques sels.

Administré à l’intérieur, à la dose de 1 à 3

GUB

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grammes en poudre, le cubèbe stimule l'appétit; à doses élevées, de 10 à 15 grammes, il produit une sensation de chaleur à l’estomac, et parfois des douleurs gastriques suivies de nausées, de vomissements, de légères coliques et des évacuations alvines diarrhéiques. Les urines se chargent des principes actifs du médicament que leur commuquent une odeur spéciale, moins forte que celle de l’urine copahique , mais encore bien désagréable. .\u bout de plusieurs jours de son administration, le cubèbe, ainsi que le dit fort justement le profes-

Fig. 339. — Poivre cubèbe.

seur Thiry, de Bruxelles, détermine « de la constipation avec ténesme rectal très douloureux, des hémorrhoïdes, des éruptions cutanées assez semblables à celles produites par le copahu, et enfin de véritables empoisonnements. » Je dois dire cependant que les éruptions à la peau sont bien moins fréquentes à la suite de l’administration du cubèbe qu’après celle du copahu. Le cubèbe a encore l’in- , convénient grave, signalé par Debout, de donner quelquefois des vertiges et des éblouissements. En somme le cubèbe présente, mais à un degré moindre, la plupart des inconvénients du copahu. Comme lui, il s’élimine par les reins, les bronches et la peau.

Importé en Angleterre par un officier anglais, au commencement de ce siècle, le cubèbe y a été préconisé dès 1816 contre la blennorrhagie, par Crawfort et Barcley, et deux ans plus tard le professeur Delpech fit connaître en France les propriétés spéciales de ce médicament qui, dès lors, entra franchement dans l’arsenal thérapeutique de la chaude-pisse. Nous avons dit au mot blennorrhagie ce que nous pensions de cette application thérapeutique du cubèbe. Nous ne pouvons qu’y renvoyer, en rappelant que le meilleur mode d’administration de ce médicament est sans contredit la capsule au glu-

ten, dont les capsules de Raqiiin, approuvées par l’Académie de médecine, réalisent un des meilleurs types.

La blennorrhagie n’est pas la seule affection contre laquelle on administre le cubèbe. Bergeron, Cadet-Gassicourt ont essayé ce médicament contre la diphthérie, et ont obtenu plusieurs succès. Mais il résulte de la discussion qui eut lieu en 1874, à la Société de thérapeutique et à laquelle prirent part Gubler, Moutard-Martin, Gadet-Gassicourt et Martineau, qu’il ne faut pas plus compter sur le cubèbe dans la diphthérie, que sur la plupart des autres médicaments préconisés contre cette terrible affection.

Le cubèbe est souvent l’objet de falsifications. Les plus habituelles consistent à mélanger le cubèbe avec diverses substances végétales brunes, surtout avec de la chicorée torréfiée ; ou à revendre comme cubèbe pur du cubèbe dont on a déjà extrait les principes actifs par l’alcool. Ge cubèbe se reconnaît facilement à son odeur presque nulle et à sa saveur insipide. d'' paül labauthe.

CUBITAL. — Nom donné par les anatomistes à deux muscles, à une artère, à trois veines et à un nerf de l’avant-bras (V. Avant-bras). r. L.

CUBITUS. — Le cubitus est un des deux os qui forment le squelette de l’avant-bras dont il occupe le bord interne (côté du petit doigt).

Plus volumineux supérieurement qu’inférieurement, il offre à étudier un corps et deux extrémités. Le corps, un peu concave en avant, est prismatique et triangulaire. On doit donc lui distinguer trois faces : antérieure, interne et postérieure ; et trois bords : antérieur, postérieur et interne. Ace dernier, se fixe le ligament interosseux compris entre les deux os dont il complète ce plan transversal qui sépare nettement l’avant-bras en deux régions distinctes. Sur les faces s’insèrent les nombreux muscles qui communiquent à la région les mouvements variés que ses fonctions nécessitent.

Nous ne dirons que quelques mots de l’extrémité inférieure du cubitus, sorte de petite tête dont la cupule reçoit un ligament qui la sépare de l’os pyramidal de la main, et dont la face externe convexe est reçue dans la concavité de l’extrémité inférieure du radius. Les mouvements de rotation qu’elle présente, grâce à cette disposition, permettent à la main de passer très facilement de la pronation à la supination. En dedans et un peu en arrière de la tête du cubitus, on trouve à sa partie terminale l’apophyse stylo'ide que le doigt sent facilement à l’exploration et qui constitue un point de repaire excellent pour le diagnostic des fractures de l’extrémité inférieure du radius.

Supérieurement, c’est-à-dire dans la partie la plus volumineuse de l’os, le cubitus entre en rapport avec l’extrémité inférieure de l’humérus. On y remarque deux saillies, l’une supérieure verticale connue sous le nom d’olécràne, l’autre inférieure horizontale appelée apophyse coronoïde. De leur union résulte en avant une grande cavité articulaire dans laquelle se meut la partie de l’humérus. G’est la grande cavité sygmo'ide. La petite cavité syg-

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