‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privéeChapitre 143 sur 238 · GUR · texte numérisé non relu

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quantité d'eau albumineuse qui forme, avec les sels de cuivre, un albuminate insoluble. On peut également employer la magnésie et les solutions alcalines qui précipitent le cuivre à l’état d’oxyde. La limaille de fer a été conseillée dans le but de précipiter le cuivre à l'état métallique.

A. Lutaud.

CUMIN. — On donne ce nom à une petite plante annuelle de la famille des ombelliféres, originaire d’Égypte et^ cultivée en Sicile, à Malte et dans le midi de la France, dont les fruits, allongés, ovoïdes, d’un demicentimètre de long et de deux millimètres de large, d’une couleur jaunâtre ou fauve, d’une odeur forte, désagréable et fatigante, d’une saveur aromatique rappelant à la fois celle du poivre et de l’anis, jouissent de propriétés stomachiques , carminatives et légèrement diurétiques, et sont employés comme tels à la dose de 2 à 4 grammes en infusion dans un demi-litre d’eau. Dans certaines parties de l’Allemagne, on mélange le cumin au pain ; il sert aussi à aromatiser le fromage de Hollande ; enfin, il entre dans la composition du kummel. p. l.

CUNÉIFORME.— Nom donné par les anatomistes à trois os qui font partie de la seconde rangée des os du tarse ce mot).

CURARE. — Le curare est un poison terrible, en grande partie formé par l’extrait aqueux du vomiquier vénéneux ou strichnos toxifera dont les propriétés diffèrent complètement du strichnos- nux vomica ou noix vomique. Ce strychnos constitue une plante grimpante, enroulée autour des arbres de l’Amérique méridionale. C’est avec cette plante qu’on prépare un extrait, lequel, uni à d’autres substances d’origine inconnue, sert à la confection du curare, employé par les Indiens d’entre l’Orénoque et le fleuve des Amazones pour empoisonner les flèches destinées à la chasse ou à la guerre.

Cette préparation nous est livrée parle commerce dans des pots d’argile ou dans des calebasses. Elle se présente avec l’aspect d’un extrait solide, résineux, d’un brun noirâtre, ressemblant au jus de réglisse concret, soluble dans l’eau, l’alcool et les principaux liquides de l’économie. 11 possède une saveur excessivement amère et renferme dans sa composition chimique un principe amer alcalin, la curarine, qui n’est en réalité que du curare privé plus ou moins complètement des matières étrangères contenues dans tout extrait végétal.

La véritable composition du curare étant inconnue, Claude Bernard considère l’emploi de cette

substance en thérapeutique comme un grave danger D’après les expériences de ce savant physiologiste, l’action de ce produit , sur l’économie animale est réellement singulière. 11 éteint la contractilité des nerfs moteurs tout en conservant celle des nerfs sensitifs, comme cela se passe pour la fève de;,Calabar. Les essais qu’on en a faits contre le tétanos et l’épilepsie ont donné jusqu’ici des résultats négatifs, qu’on ait eu recours à la voie rectale ou aux méthodes endermique et hypodermique. Il est résulté toutefois de ces essais qu’il est prudent de n’injecter à la fois qu’un milligramme de curare dissous dans une suffisante quantité d’eau distillée; par la voie stomacale des doses plus considérables peuvent être supportées facilement par suite de leur élimination rapide après absorption.

Son alcaloïde, la curarine, se présente sous forme de cristaux hygrométriques, d’un jaune pâle, solubles dans l’eauetl’alcool en toutes proportions, peu solubles dans le chloroforme, insolubles dans l’éther; uni aux acides, il forme des sels solubles d’une amertume très persistante. Claude Bernard en a donné une description détaillée de laquelle il ressort que ce principe agit sur le système nerveux moteur avec une intensité vingt fois plus grande que le bon curare. 11 possède' avec l’ésérine, employée à l’intérieur, de nombreux points d’analogie, avec la différence que son action sur la pupille ne paraît pas être la même. u-- mauc. Ca.muouuves.

CURCUMA. — On donne le nom de curcuma, ou safran bâtard des Indes, à une plante de la famille des amomacées dont on emploie les rhizomes comme condiment dans les pays chauds et aussi contre les diarrhées et comme diurétiques. Le curcuma n’est pas utilisé en France par les médecins. La pharmacie seule s’en sert pour colorer en jaune certaines préparations, telles que sirops, pommades, etc. P. L.

CURE. — Ce mot est employé en médecine comme synonyme de guérison. 11 sert aussi à désigner un traitement proposé. C’est ainsi qu’on dit : cure de raisin, cure de petil-laii, etc. p. L.

CUTANÉ. — Qualificatif employé pour désigner tout ce qui concerne la peau : -maladies cutanées, etc. On donne aussi ce nom aux veines et aux nerfs qui se distribuent uniquement à la peau. p. l.

CYANHYDRIQUE (acide). — L’acide cyanhydrique, également acide -prussique, n’existe pas tout

formé dans la nature. 11 peut être retiré de quelques plantes de la famille des rosacées-amygdalées et se prépare généralement en traitant le cyanure de mercure par l’acide chlorhydrique ; on obtient ainsi un liquide incolore, très volatil, peu soluble dans l’eau, très facilement altérable, d’une odeur prononcée d’amandes amères, d’une saveur légèrement âcre. On doit le conserver dans des flacons bouchés à l’émeri et à l’abri de la lumière. Comme malgré ces précautions, il s’altère assez promptement, il est indispensable d’en vérifier le titre de temps en temps et de le renouveler dès qu’il n’a plus le titre voulu ou qu’il a pris une colora-

Fig 34o.

Cumin (fruit].

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lion bleuâtre. Il forme avec les bases des sels rarement employés en médecine, tels que le cyanure de potassium, le cyanure de zinc ou le cyanure de mercure.

Employé pur et anhydre, l’acide prussique est le |)lus violent de tous les poisons. Une seule goutte .>;uffit pour tuer en quelques secondes un chien de moyenne taille. Son action délétère sur l’homme est également instantanée.

Malgré les dangers extrêmes attachés à l’administration de ce médicament, beaucoup de praticiens l’ont essayé dans la plupart des affections rebelles que les autres moyens avaient été impuissants à améliorer. A cet effet, l’on a employé, non pas l’acide cyanhydrique pur, mais l’acide cyanhydrique médicinal du Codex qui n’est autre chose qu’une dissolution aqueuse d’acide cyanhydrique renfermant en poids une partie d’acide cyanhydrique anhydre et neuf parties d’eau distillée, c’est-à-dire un mélange au dixième d’acide cyanhydrique et d'eau. Cette solution aqueuse ainsi préparée a été préconisée, comme stupéfiante et calmante, dans l'asthme, la coqueluche, la grippe, les toux quinteuses et dans certaines affections cutanées accompagnées de vives démangeaisons. Ces divers états morbides étant peu influencés par l’administration de reipède, nous en arrivons avec Becquerel et .\ndral à cette conclusion : que l’acide cyanhydrique dilué, souvent dangereux, est presque toujours inutile et très rarement curatif.

Pour l’usage externe les lotions, injections, cérats et collyres peuvent au besoin provoquer des effets calmants de quelque utilité. Les lotions surtout rendent des services contre les affections cutanées douloureuses ou prurigineuses, comme le prurigo, l’eczéma, le lichen, l’acné, le prurit de la vulve.

Empoisonnement. — On arrive rarement à temps pour prévenir les accidents produits par cet agent toxique, à moins que la dose soit insuffisante, dans lequel cas l’économie s’en débarrasse très vite, les phénomènes morbides disparaissent dans l’espace de deux heures au plus. Les inhalations de chlore liquide ou d’ammoniaque et les aspersions d’eau froide le long de la colonne vertébrale en forment le meilleur contre-poison. D'' Marc. Camboouves.

CYANOSE. — Nom donné à une coloration bleue, quelquefois noirâtre et livide de la peau, qui constitue en symptôme commun un certain nombre de maladies, principalement à la première période du choléra.

On donne aussi le nom de cyanose ou'maladie bleue à une maladie, presque toujours congénitale, caractérisée par une coloration bleue de la peau et une apparence violacée des muqueuses, due à un vice de conformation du cœur, et surtout par la persistance du trou de Botal qui établit une communication anormale entre le système de la circulation veineuse et celui de la circulation artérielle. C’est une affection (jui est très rare et à peu près constamment mortelle. p. l.

CYANURE DE POTASSIUM. — Le cyanure de potassium est un sel incolore, ( ristallisable, déliquescent et conséquemment très soluble dans l’eau.

Sa saveur est très âcre, alcaline et amère, son action toxique est des plus énergiques et comparable à celle de la solution aqueuse d’acide cyanhydrique. Il est même inférieur, comme médicament, à cette dernière préparation à cause de l’extrême facilité qu’il a à se décomposer.

Ce sel est très rarement employé à l’intérieur. On l’a utilisé cependant contre l’hystérie, la chorée et les affections catarrhales en potion, pilules ou sirop. Son indication est plutôt avantageuse comme topique sur les tempes et le front dans les céphalalgies rebelles. A cet effet, on trempe dans la solution au 100® de cyanure de potassium une compresse que l’on applique sur la partie douloureuse et que l’on recouvre d’un moreau de taffetas ciré pour en arrêter l’évaporation.

Le professeur A. Luton, de Reims, a obtenu du cyanure de potassium des résultats excellents contre le rhumatisme articulaire aigu plutôt en pilules qu’en potion à cause de sa saveur amère désagréable. Il prescrit à cet effet deux ou trois pilules par jour de 5 centigrammes chacune qu’il fait argenter et conserver dans un flacon bouché.

D' Marc. Camboulives.

CYANURE DE ZINC. — Le cyanure de zinc se présente sous forme d’une poudre blanche, insipide, inaltérable à l’air, insoluble dans l’eau, soluble dans les acides. Son action médicale dérive du zinc et surtout de l’acide cyanhydrique.

Ilufeland le regardait comme l’un des antispasmodiques les plus puissants. On l’a vanté dans l’épilepsie, l’hystérie, les névralgies de l’estomac, à la dose de 1 à Set 10 centigrammes par jour en poudre mêlé à du sucre, à de la magnésie calcinée ou en suspension dans un véhicule quelconque. Henning l’a donné aussi aux enfants contre les vers intestinaux, à la dose de 5 centigrammes mêlé avec de la racine de jalap. C’est un médicament qu’il faut surveiller avec soin à cause de son action délétère.

. A. Luton guérit très vite le rhumatisme articulaire aigu en le donnant en potion ou en pilules, à la dose de 10 centigrammes par jour. Il a sur Le cyanure de potassium l’avantage de se conserver indéfiniment, d’être sans odeur et sans saveur et de pouvoir être pris à l’insu des malades. A part cette différence entre ces deux sels qui est toute en faveur du cyanure de zinc, ils ont à peu près les mêmes effets physiologiques et thérapeutiques.

Introduits dans l’organisme, ils sont promptement absorbés et encore plus rapidement éliminés à l’état d’acide cyanhydrique par l’expiration. Il s’ensuit de là qu’on peut faire prendre à plusieurs reprises dans la journée des doses relativement énormes du médicament sans qu’il y ait accumulation d’action comme s’il s’agissait des inhalations d’éther ou de chloroforme. A ce titre, les cyanures ne sont pas des poisons aussi redoutables qu’on pourrait le croire, pourvu qu’on les donne à des doses suffisamment réfractées. Luton va jusqu’à prétendre qu’une dose de 5 centigrammes par heure n’a rien d’excessif et ne fait courir aucun risque. Nous dirons bien mieux, pour prouver la valeur incomparable des cyanures comme antirhumatismaux, Luton soutient (lue ces médicaments, donnés à des doses modérées.

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