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Tcnt beaucoup, sont généralement anémiques, pâles, bouffis, sujets aux maux de tête, aux vertiges, aux congestions. Leur appétit est presque nul, ils sont dyspepsiques et gastralgiques. Beaucoup ont des éruptions d’eczéma ou d’érythème aux mains et aux avant-bras. La station debout prolongée les prédispose aux ulcères atoniques des jambes et l’exposition à nn feu ardent fatigue leur \ue et les prédispose à des affections des yeux. Comme ils boivent généralement beaucoup, ils ont une tendance plus ou moins grande à l’alcoolisme chronique et à toutes ses conséquences.

La parfaite aération des cuisines, de bonnes cheminées tirant bien, les fourneaux allumés seulement pendant le temps indispensable, la plus grande sobriété, les sorties quotidiennes en plein air, dès que la cuisine est finie, en un mot une bonne hygiène, voilà les conditions qui peuvent préserver cette classe intéressante et nombreuse, de tous les accidents que nous venons d’énumérer.

D' Paul Labarthe.

CUISSE. — Dans le langage vulgaire on désigne ordinairement sous le nom de cuisse toute la partie supérieure du membre abdominal depuis sa racine jusqu’au genou. Mais pour l’anatomiste le mot cuisse indique seulement le cône tronqué compris entre la région de la hanche et la partie supérieure de l’articulation fémoro-tibiale, à 4 centimètres environ au-dessus de l'interligne articulaire.

La cuisse a donc poui; limites :

Supérieurement et en arrière, le pli de la fesse, en avant une ligne artificielle qui continuerait en dedans le pli de la fesse et viendrait horizontalement se terminer deux ou trois travers de doigt au-dessous du grand trochanter sur le bord externe du membre (V. le mot Hanche).

Inférieurement un plan idéal passant au niveau du cul-de-sac supérieur de la grande synoviale du genou, c’est-à-dire à 4 centimètres environ, comme nous le disions de l’interligne articulaire.

La cuisse est, en un mot, le bras du membre inférieur.

Que l'homme jirenne la position du quadrupède le coude autant que possible tourné en avant, laface palmaire de la main reposant sur le sol, les doigts en avant et l’on verra combien juste est notre comparaison. Au lieu de l'épaule la hanche, l'olécràne donnant au tissu brachial les points d’insecUon que le biceps fémoral trouve sur la rotule. Et cette analogie de disposition devient d’autant plus évidente que l’on entre plus complètement dans l’analyse des éléments constitutifs de la région.

Comme.au bras, un seul os volumineux, le fémur {V. ce mot).

Les muscles de la cuisse, comme ceux du bras, sont enveloppés dans une forte aponévrose, l’oponévrose fémorale ou fascia lala. ’ Son épaisseur est considérable, surtout en dehors où elle se concentre en une bandelette rubanée très distincte, de trois travers de doigt de largeur, qui s’étend par l’intermédiaire d’un muscle contenu dans son épaisseur, le tenseur du fascia lata, depuis l'épine iliaque anterieure jusqu'au niveau de la tubérosité externe du tibia. Cette couche fibreuse enveloppe ^donc tous les Dictio.n.naire populaire de Médeci.ne usuelle.

muscles de la cuisse quelle maintient ainsi dans un état de compression permanente. Aussi lorsqu’elle vient à être déchirée, voit-on les fibres musculaires faire hernie entre les lèvres de la solution de continuité.

De la face profonde du fascia lata se détachent

Fig. 341. — Cuisse (Muscles de la région antérieure)

A. Muscle moyen fessier. — B. Tendeur du fascia lata. — C. Droit antérieur. — D. Vaste externe du tneeps. — F. In sertion rotulienne du droit antérieur. — F. Vaste interne du triceps. — G. Couturier. — 11. Troisième adducteur. — 1. Droit interne. — J. Premier adducteur. — K. Pectine. — L. Psoas. — M. Iliaque.

de minces cloisons qui subdivisent la gaine principale en autant d'autres gaines secondaires qu’il y a démuselés; de plus, les vaisseaux fémoraux sont eux-mêmes renfermés dans un canal spécial, dépendance de cette aponévrose. Deux de ces cloisons ont une importance particulière et méritent une mention spéciale, tant à cause de leur résistance qu’à cause de leur insertion directe au squelette. Ce sont

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les cloisons intermusculaire interne et externe. En se portant de la face profonde de l’aponévrose commune jusqu’au fémur elles divisent la grande gaine en deux gaines secondaires désignées sous le nom de gaine antérieure et game "postérieure.

La gaine antérieure comprend le muscle triceps,

Fis. 342. — Cuisse (Muscles de la région postérieure).

A. Muscle grand fessier. — B. Troisième adducteur. — C. Demitendineux. — D. Demi-membraneux. — E. Droit interne. — F. Couturier. — G. Plantaire grêle. — II. Triceps. — I. Biceps fémoral — J. Grand pochanter. — C; Tenseur du fascia lata. — L. Moyen fessier.

le droit antérieur, le couturier, le tenseur du fascia lata, les vaisseaux fémoraux, le nerf crural et la presque totalité An fémur.

Dans la gaine postérieure se trouvent les muscles adducteurs, le pectiné, le droit interne, le biceps, le droit interne, le semi-membraneux, le semi-tendineux et le nerf sciatique.

Comme on le voit, les vaisseaux de la cuisse ne, sont pas compris dans la même gaine que les nerfs, le nerf sciatique se tenant à la partie postérieure de la cuisse où l’artère et la veine vont le rejoindre plus bas, au creux poplité. Cette disposition est exceptionnelle dans l’organisme.

I.’artère de la cuisse suit une ligne oblique en bas et en dedans qui s’étend de l’union du tiers interne de l’arcade crurale avec son tiers moyen et vient aboutir à quatre travers de doigt au-dessus du tubercule du troisième adducteur.

C’est sur cette ligne que l’on va chercher le vaisseau lorsque l’on en en veut pratiquer la ligature.

Les branches fournies par la fémorale sont peu volumineuses. Ce sont : la sous-cutanée-abdominale, la honteuse supérieure et externe, la honteuse inférieure et externe, la fémorale profonde. La grande musculaire, enfin la grande anastomotique ou première articulaire supérieure interne.

Les nerfs de la région antérieure delà cuisse viennent tous du plexus lombaire sont les émanations de Vinguino-cutané, du g énito- crural, de l'obturateur, enfin et surtout du nerf crural. A la région postérieure les nerfs sont fournis par le petit sciatique, l'obturateur, quelques rameaux du crural. Nous avons déjà dit qu’on y trouve également le grand nerf sciatique qui est non seulement le plus important de la région, mais encore le plus gros de l’organisme.

Entre l’aponévrose et la peau de la cuisse existe la couche sous cutanée d’une texture peu serrée en général, ce qui explique la rapidité avec laquelle les phlegmons diffus l’envahissent, très adhérente pourtant à l’aponévrose en dehors, et en bas, disposition qui rend difficile sa dissection dans les amputations de cuisse par la méthode circulaire. C’est dans cette couche que chemine la veine saphène interne, si fréquemment atteinte de dilatation variqueuse.

La peau de la cuisse, épaisse en dehors, plus fine en dedans , et généralement peu extensible , est pourvue à la partie interne de follicules sébacés abondants qui sécrètent cette humeur âcre, si fatiguante pour les malades en appareil trop fermé. Elle est assez mobile et glisse facilement grâce à la couche sous-cutanée, ce qui permet d’y obtenir facilement des réunions immédiates.

« Une excellente manière d’étudier l’ordre de superposition des plans de la cuisse, c’est de pratiquer une section au-dessous du muscle tenseur du fascia lata, c’est-à-dire à la partie moyenne du membre. A la région antérieure, en procédant de dehors en dedans, on rencontre successivement la peau, la couche graisseuse sous-cutanée et l’aponévrose ; le droit antérieur et le vaste externe sur le môme plan, en dedans le couturier, la saphène, la gaine ou canal des vaisseaux fémoraux et le premier adducteur ; en dehors, encore le vaste externe; puis sur un plan plus profond, le vaste interne et le crural, et au centre le fémur. Dans la région postérieure, en allant toujours de la peau aux parties profondes, on trouve successivement les trois couches communes, puis le grêle interne, le troisième adducteur, le demi-tendineux, le biceps et le demi-membraneux; sur un plan plus profond se voient le

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deuxième adducteur, les vaisseaux fémoraux profonds ou artères perforantes, le grand nerf sciatique, et enfin, au centre, le fémur (Richet), Fractures de la cuisse. — Malgré sa grande résistance, le fémur est souvent brisé. Nous exposerons à l’article Fémur ce qui a trait aux fractures

Fig. 3l3.

;Cuîsse (Vaisseaux et nerfs de la région antérieure).

A. Muscle couturier écarté pour laisser voir l’artère fémorale qui est au-dessous. — 2. M. droit antérieur. — 3. M. vaste interne. — l. Anneau du M. adducteur. — 5. Artère fémorale. — 6. Artère fémorale profonde, — 7. Terminaison de l’artère fémorale profonde constituant le troisième perforante. — 8. Terminaison de la fémorale s’engageant dans îanneau du M. troisième abducteur. — 9. Veine fémorale. — 10 Veine saphène interne. — 11. Nerf crural. — 12,13. Nerf saphène interne.

du col et de la partie inférieure. Nous ne voulons parler ici que des fractures du corps de l’os.

Dans les premières le fragment supérieur a de la tendance à se porter en avant et en dehors, attiré en ce sens par le psoas et le grand fessier. De même le fragment inférieur se portera en avant et en dehors, les muscles fléchisseurs de la cuisse, si puissants, attirant en arrière et relevant son extré-

mité inférieure. La'résultante, donc, sera un déplacement tel que les deux fragments réunis formeront un angle ouvert en arrière. C’est ce que démontre et la clinique et l’examen des pièces du musée Dupuytren. Quelquefois pourtant on voit le fragment postérieur attiré en arrière et en haut par le troisième adducteur. Il y^a^alors chevauche-

Appareil de Scultet pour les fractures de cuisse, modifié par Adolphe Richard.

ment plus ou moins considérable et par suite raccourcissement du membre.

On a préconisé contre ces fractures des appareils nombreux. Ceux de Desault, de Boyer, la gouttière de Bonnet, le double plan incliné de Malgaigne, comptent encore beaucoup de partisans. Le simple bandage de Scultet , avec ou sans l’attelle immédiate de Dupuytren, a également ses indications indiscutables; mais à tous ces appareils nous préférons l’appareil américain.

Il faut, on le comprend après ce que nous venons de dire, pour obtenir un résultat aussi satisfaisant que possible.

1® Eviter le chevauchement des fragments, partant la diminution de longueur du membre.

2® Eviter un déplacement triangulaire, antéro* externe.

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3® Obtenir la guérison en immobilisant le foyer de la fracture et les deux articulations voisines.

4® Éviter l'irritation de la peau, trop souvent déterminée par les appareils à occlusion complète.

L’appareil américain répond, ainsi qu’on va le voir, à toutes ces conditions.

Une attelle externe allantfle l’aisselle au talon, un coussin de même dimension que l’attelle, un bandage de corps, un système à extension continue, telles sont les pièces fondamentales de cet appareil.

L’attelle est appliquée à la partie externe du membre, corrigeant le déplacement angulaire externe. On peut lui annexer, si besoin, une petite attelle antérieure avec son coussin, directement appliquée sur le foyer de la fracture, pour corriger le déplacement antérieur. Des courroies simples fixent ces attelles au niveau du membre. Le bandage de corps fixe l’attelle externe au-dessus de la hanche, immobilisant ainsi l’articulation coxo-fémorale.

L'articulation du genou est immobilisée par une des petites attelles du membre.

Pour lutter contre la tendance au raccourcissement, nous avons le système à extension continue. Voici comment on l’établit. De grandes et larges bandes de dyachylon sont appliquées sur la face externe du mollet, amenées sous la plante du pied qu’elles débordent, constituant une sorte d’étrier, puis appliquées sur la face interne. On en met plusieurs, que l’on fixe avec d’autres bandes circulairement appliquées. Une corde est attachée à fétrier, passée sur une poulie, placée au pied du lit et chargée à son extrémité libre d’un poids que l’on augmente progressivement. On comprend facilement maintenant l’action de l’appareil. Le poids tire sur la corde qui tire elle-même sur le membre, combattant d’autant plus efficacement l’action musculaire que la traction est continue, et finit par vaincre le chevauchement du fragment. On peut exagérer encore l’action de la traction en élevant à l’aide de briques le pied du lit du blessé. Dans ce cas, en effet, il y a non seulement extension par l’appareil, mais aussi contre-extension par le seul poids du corps.

Les fractures du corps du fémur se consolident généralement du quarante au quarante-cinquième jour. A partir du trentième jour, on peut appliquer un appareil inamovible. D' F. Jouin.

CUIVRE. — Le cuivre est un métal rouge des plus malléables et des plus ductiles, extrêmement tenace, d’une densité de 8,85. Ce métal, exposé à une température ordinaire, se couvre, sous l’influence de l’eau et de l’acide carbonique, d’une couche de vertde-gris qui est un véritable poison pour l'homme et les animaux. A une haute température, il absorbe l’oxygène de l’air et se transforme successivement en protoxyde et en deutoxyde. Il existe dans les trois règnes de la nature, savoir : dans les eaux minérales d’Aulus, de Ludion, de Balaruc, de Labassère, dans les cendres de certaines plantes, dans le sang de l’homme et des animaux.

Appliqué en plaques (armatures) sur la peau, le cuivre a été affecté par Durcq au traitement de la chorée, des crampes, de la contracture et d'une

foule de névroses. Ce moyen si simple ne doit pas être dédaigné lorsque les médicaments ordinaires ont manqué leur effet, La limaille de cuivre essayée à plusieurs reprises différentes n’a jamais exercé sur l’économie aucune action appréciable. En définitive, le cuivre métallique est plus souvent employé à la confection des piles électriques que de tout autre manière.

Oxydes de cuivre. — Parmi les oxydes de cuivre, le protoxyde se présente sous la forme d’une poudre rouge, le deutoxyde sous la forme d’une poudre noire; ils sont tous les deux inusités.

Chlorures de cuivre. — Le protochlorure et le bichlorure de cuivre sont aussi à peu près inusités 4 l’un est en petits cristaux incolores, l’autre est en aiguilles prismatiques vertes.

Sulfate de cuivre. — Le sulfate de cuivre est un sel prismatique, transparent, d’une belle couleur bleue, d’une saveur styptique, métallique et désagréable, très soluble dans Peau, insoluble dans l’alcool. Ses cristaux s’effleurissent légèrement et blanchissent superficiellement par leur exposition à l’air sec. Le sulfate de cuivre est très employé dans les arts ; il sert pour les teintures en noir et la fabrication de l’encre.

C’est un des sels cuivriques les plus actifs et u» des poisons les plus redoutables. On l’a cependant employé et on l’emploie encore comme vomitif dans l’angine couenneuse, la diphthérie, les empoi.sonnements et toutes les fois qu’il est nécessaire d’agir d’une manière énergique. La dose est de 10 centigrammes pour les enfants, de 20 à 40 centigrammes pour les adultes, en trois paquets donnés chacun de dix en dix minutes dans un quart de verre d’eair sucrée; on favorise l’action vomitive par l’emploi d'une certaine quantité d’eau tiède.

Le sulfate de cuivre appliqué localement, produit une action astringente qui devient cathérétique et même caustique si le contact du remède se prolongeau delà de certaines limites ou si la solution est un peu trop concentrée. Ingéré à faibles doses, il n’occasionne aucun dérangement pour les voies digestives, si ce n’est parfois une légère tendance à la constipation; il est absorbé, et, à la manière des autres altérants du même ordre, il produit une action tonique générale capable de modérer les désordres déterminés par quelques affections nerveuses essentiellement chroniques. Ingéré à hautes doses, il occasionne des nausées, des vomissements, de vives contractions dans la région épigastrique. Ces symptômes sont exagérés par des doses toxiques qui amènent des coliques insupportables (colique de cuivre), des convulsions ou bien la paralysie (paralysie cuivrique), le coma, l’insensibilité et la mort.

D’où il s’ensuit que ce sel peut être employé en médecine à trois titres différents : à hautes doses, comme vomitif dans les empoisonnements, l’angine couenneuse et le croup ; à faibles doses, comme altérant dans fépilepsie, la chorée et les spasmes nerveux; à l’usage externe, comme substitutif dans les maladies chroniques des yeux, du vagin et de l’urèthre. C’est surtout sous ce dernier point de vue (ju il rend les plus utiles services.

A l’intérieur, le sulfate de cuivre se donne habituellement en pilules, quelquefois en lavements, le

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plus souvent en paquets dissous dans une certaine quantité d’eau; niais de ce que ses effets sont incertains comme altérant, dangereux comme vomitif, il se prescrit plutôt en applications topiques soit à l'état solide, soit en dissolution. Le sulfate de cuivre solide s’utilise pur ou mitigé. Pur, on en taille un fragment sous forme de crayon avec lequel on touche les yeux et les paupières affectés d’inflammations granuleuses. Mitigé, c’est-à-dire mêlé à d’autres substances moins irritantes (poudre de sulfate de cuivre 10 grammes, poudre d’alun 5 grammes, poudre de nitrate de potasse 5 grammes), on le fait fondre avec ces substances et on le coule dans une lingotière pour l’utiliser également sous forme de crayon dans les mêmes affections morbides. La pierre divine, composée des mêmes substances que le crayon mitigé, avec le camphre en plus, peut servir aux mêmes usages. Le sulfate de cuivre pur et la pierre divine sont encore très tréquemment employées en solution, le plus souvent en collyre contre les maladies chroniques des yeux, plus rarement en injections contre les leucorrhées, les blennorrhées et les diarrhées anciennes. La pommade et le glycêrolé servent ; la première en onctions sur les paupières contre les kératites granuleuses, le second en pansements sur tes ulcérations rebelles. La pâte caustique au sulfate de cuivre consiste à faire avec le sulfate en poudre et des jaunes d’œufs une masse de consistance molle qu’on étend sur une rondelle de sparadrap ou de linge. Cette pâte a l’avantage de ne pas former d’eschai-e profonde et par suite de ne pas donner lieu à des cicatrices vicieuses.

Sulfate de cuivre ammoniacal — Le sulfate de cuivre ammoniacal se présente en prismes d’une magnifique couleur bleu foncé, d’un goût métallique désagréable comme tous les sels cuivriques, mais facilement soluble dans l’eau. 11 est moins irritant pour les voies digestives que le sulfate de cuivre simple et se donne intérieurement à la dose de 5 à 25 centigrammes par jour dans les grandes névroses: hystérie, épilepsie, chorée, asthme ner- \eux, en pilules ou en solution. La dose doit être d'autant moindre que le médicament sera continué plus longtemps.

Burcq a conseillé le cuivre contre le choléra. 11 a défendu avec une persévérance à toute épreuve : 1® que le cuivre assurait une immunité contre le choléra aux ouvriers qui travaillaient ce métal sous ses diverses tonnes ; 2® que le cuivre administré à l’intérieur, ou appliqué en plaques sur l’é- |)igastre, constituait le plus énergique des spéciii(|ues. « L’enquête personnelle que nous avons faite, sur une grande échelle, dit notre collaborateur de l’ielra-Santra dans son remarquble article sur le choléra (V. ce mot), nous permet de contester ces deux affirmations. Le choléra ne respecte pas les ouvriers bronzeurs, zingueurs et autres; et malgré l’usage des pilules de cuivre de Burcq, l’infortuné riiuillier, de la mission Pasteur, a succombé à .Mexandrie au choléra d’Égypte. »

Son usage externe réclame les mêmes doses et ^'applique aux mêmes affections morbides que le sulfate de cuivre simple. Il entre dans la composition de l'eau céleste (sulfate de cuivre 5 cent.,

eau distillée 30 gr. ammoniaque liquide 3 gouttes), liqueur d’une couleur bleue magnifique qu’on utilise à la dose de 10 à 40 centigrammes pour 100 grammes d’eau en lotions, injections ou collyres.

Acétate neutre de cuivre. — L’acétate neutre de cuivre pu verdet cristallisé, cristaux de venus, est de forme prismatique, de couleur vert foncé, soluble dans l’eau. 11 a les mêmes propriétés, peut servir aux mêmes usages que le sulfate de cuivre et n’est du reste presque jamais prescrit.

Acétate basique de cuivre. — L’acétate basique de cuivre, verdet de Montpellier, vert-de-gris est susceptible de cristalliser en aiguilles prismatiques d’une couleur bleue verdâtre. 11 est inusité à l’intérieur à cause de son action toxique ; mais à l'extérieur il forme la base de diverses préparations autrefois fort employées ; V onguent vert, V onguent ægyptiac, aujourd'hui à peu près inutiliSCS. D"' Marc. Cambouuves

Empoisonnement par le cuivre. — Les sels de cuivre occupent le troisième rang dans la statistique de l’empoisonnement criminel. L’empoisonnement se produit accidentellement dans des cas nombreux, par suite de l’emploi d’ustensiles de cuivre. On observe également un empoisonnement professionnel par les sels de cuivre.

A l’état de métal pur, le cuivre n’a par lui-même aucune action sur l’économie. Les composés les plus employés comme poison sont : le sulfate de cuivre (couperose bleue), le sous-carbonate et le sous-acétate (vert-de-gris).

L’action vénéneuse des sels de cuivre a été contestée. On a prétendu que les propriétés vomitives de ces agents empêchaient leur absorption ; mais la clinique n’a pas confirmé cette manière de voir. Les sels de cuivre, quoiqu’étant le plus souvent rejetés , déterminent néanmoins des symptômes et des lésions dont la gravité ne peut être niée.

Une demi heure au plus après l’ingestion du poison surviennent des vomissements violents accompagnés de coliques atroces, de cardialgie, d’évacuations alvines répétées , de ténesme. Le malade éprouve une violente céphalalgie, un sentiment do constrlction à la gorge et une saveur cuivreuse extrêmement pénible. Le pouls est petit, fréquent, irrégulier; l’abolition de la fonction rénale constitue un symptôme constant à l’approche de la mort, qui survient après des mouvements convulsifs et tétaniques.

Ces symptômes appartiennent à la forme aiguë. L’intoxication lente se manifeste parles symptômes de dépression générale, qui appartiennent à tous les empoisonnements par des substances minérales administrées à doses faibles et répétées.

Les signes fournis par l’autopsie ne sont pas constants. On observe généralement sur tout le trajet du tube digestif des rougeurs et des taches ecchymotiques noirâtres, et ces lésions sont d’autant plus prononcées, que le poison se trouvait en solution plus concentrée. Les matières contenues dans l’estomac ont quelquefois une couleur verdâtre, et la peau présente souvent une teinte ictérique prononcée.

Le traitement consiste à administrer une grande

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