DÉM
génitaux. Je dis, la main entière, car il est évident que deux doigts simplement glissés dans la vulve afin de saisir un bord du placenta et suppléer ainsi à la faiblesse d'un cordon ombilical ne constitueraient pas une véritable délivrance artificielle.
La délivrance artificielle se pratiquera dans les cas suivants :
1® Quand après avoir attendu un temps assez long, une heure au moins après la sortie de l’enfant, le placenta ne se décolle pas malgré les frictions pratiquées sur le ventre pour déterminer les contractions utérines et quelques tractions prudentes opérées sur le cordon dans le même but. On peut craindre, en effet, que le placenta ne soit alors retenu par quelques adhérences fibreuses à la paroi utérine;
2“ Quand à la suite de tractions pratiquées sur le cordon, cet organe s’est rompu soit qu’il fut grêle, soit plutôt que ses attaches au placenta fussent vélamenteuses. Cet accident arrive surtout lorsque on fait les tractions trop tôt apres l’accouchement, alors que le délivre est encore retenu en entier dans l’utérus ;
3° Quand on sait qu’une portion du placenta est restée dans l’utérus-,
4" Quand entre l’expulsion du fœtus et celui du placenta, se produit une hémorrhagie.
Pour pratiquer la délivrance artificielle, la main dont la face dorsale a été convenablement enduite d’huile, de vaseline ou de cérat, est introduite d’abord dans tes organes génitaux externes, puis bientôt dans le col utérin en se présentant en forme de cône. Pendant l'introduction de la main dans l’utérus et les manœuvres exécutées par cette main pour rechercher et décoller le placenta, l’antre main devra être appliquée sur le fond de la matrice pour soutenir cet organe et éviter les déchirures. Quand la main qui se présentera devant le col pour y pénétrer trouvera cet organe imperméable, il faudra attendre que la contraction utérine ait cessé, en laissant la main en place, afin de profiter d’un moment de relâchement pour glisser peu à peu les doigts de la main. Celle-ci ayant pénétré dans l’utérus devra saisir le placenta, en décoller le bord tout autour en glissant la main entre la paroi utérine et ta face placentaire (/?,</. 360), puis saisissant la masse à pleine main, engager la femme à pousser en même temps qu’on entraîne ce qu’on a saisi à l’extérieur. On s’empresse aussitôt d’examiner les pièces, et si l’on pense qu’il reste encore quelques fragments placentaires, il est préférable «l’aller aussitôt les chercher en réintroduisant la main dans l’utérus.
Si le col utérin, après avoir attendu un certain temps, est resté imperméable, le mieux est de s’abstenir et de laisser à la nature le soin de l’expulsion du délivre (V Accimehement, Avo/ terne' i, OEu/, Placenta). D'^ Ant. de Sovre.
DÉLIVRE — (V. Placenta.)
DELPHINIUM. — (V. S/aijhunigre.)
DELTOÏDE. — Nom donné par les anatomistes à un muscle qui ressemble à un triangle ou à un
delta et qui forme tout le modelé de la partie saillante de l’épaule ou moignon, c’est-à-dire de sa face supérieure et externe. C’est un muscle court, large, épais, recouvert par la peau, qui s’unit en haut, au tiers externe du bord antérieur de la clavicule, au bord externe de l’acromion et à la lèvre inférieure du bord postérieur de l’épine de l’omoplate ; en bas, à la partie moyenne et externe de l’humérus. Il élève le bras en l’écartant du tronc et en le portant dans la direction horizontale. Déplus, par ses fibres antérieures, il concourt à porter l’humérus en avant et par ses fibres postérieures, en arrière. p. l.
DÉMANGEAISON. — (V. Prurit.)
DÉMENCE. — La démence, ditEsquirol, est « une affection cérébrale ordinairement sans fièvre et chronique, caractérisée par l’affaiblissement de la sensibilité , de l’intelligence et de la volonté » et pour bien distinguer la démence de l’idiotie, il ajoute : « l’homme en démence est privé des biens dont il jouissait autrefois ; c’est un riche devenu pauvre ; l’idiot a toujours été dans l’infortune, dans la misère.
La démence peut être 'primitive ou consécutive. La démence primitive est celle qui est due aux progrès de l’âge {démence sénile „ ou à des altérations organiques du cerveau {démence apoplectique, paratytiqiie, etc.); la démence consécutive est celle qui termine les diverses folies.
La démence a une marche progressive et sa terminaison est toujours fatale. Son traitement ne peut être que palliatif.
Le Code n’envisage pas la démence au même point de vue que la médecine. Pour lui la démence n’est pas un affaiblissement intellectuel, mais tout ,étHt mental qui enlève à un individu son libre arbitre. L’article 489 du Code civil dit que « le majeur qui est dans un état habituel d’imbécilité, de démence ou de fureur, doit être intirdil, même lorsque cet état présente des intervalles lucides ».
DEMI -MEMBRANEUX. — Nom donné par les anatomistes à un muscle de la région postérieure de la cuisse, long, aplati et mince, qui s’insère en haut à la tubérosité de l’ischion, en bas à la partie postérieure de la tubérosité interne du tibia. Il est fléchisseur de la jambe qu’il tourne en dedans, et extenseur de la cuisse. p. L.
DEMI-TENDINEUX. — Nom donné par les anatomistes à un muscle de la région postérieure de la cuisse, situé à côté du demi -membraneux, qui s’insère en haut, à la tubérosité de l’ischion, en bas, à la partie supérieure de la face interne du tibia et à la tubérosité antérieure de cet os. Il est fléchisseur de la jambe qu’il tourne en dedans, et extenseur de la cuisse. p. L.
DEMODEX. — Nom donné à un petit parasite long d’un dixième à un trentième de millimètre que l’on rencontre dans les follicules pileux et dans les petites glandes sébacées de la peau du nez, chez les individus atteints d'acné ponctuée (V. Acné), p. L.
DEN
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DÉMOGRAPHIE. — On donne ce nom à cette science qui applique la statis ique à l'étude collective de l'homme et de ses divers attributs, p. l.
DENSITÉ. — On donne ce nom au rapport du poids d'un corps solide ou liquide à son volume.
DENT. — Anatomie. — Les dents sont de petits corps blancs, extrêmement durs, implantés solidement dans les alvéoles des arcades dentaires. Ces arcades sont disposées de telle façon que les dents de la partie profonde se correspondent comme les mors d’une pince, tandis que celles de la partie antérieure s’entrecroisent comme les branches d’une cisaille, parce que l’arcade dentaire supérieure empiète un peu sur l'infériem'e. Lorsque les arcades dentaires s’inclinent en avant, les dents suivent la même inclinaison. Cette anomalie de direction, qui se rencontrait chez Démosthènes, s’appelle proqnnihisine ; elle est le trait caractéristique dans la physionomie des races inférieures de l'Afrique et de l'Australie.
Nombre et division des dents. — L’homme adulte a trente-deux dents : liuit incisives placées sur le devant des mâchoires; quatre canines, implantées sur les côtés, et vingt molaires situées en arrière. Parmi les molaires, la fdus postérieure a reçu le nom de dent de sai/e^se, parce qu’elle vient la dernière : son éruption a lieu de vingt à trente ans. Les deux canines supérieures sont appelées dents le l'œil, bien que ces organes n’aient aucun rapport direct avec l'appareil de la vision.
L’enfant n’a que vingt dents ; on les appelle dents de lait, de première dentition ou temporaires, parce qu'elles font leur apparition pendant l'allaitement, et qu'elles sont remplacées à partir de sept ans par les trente-deux dents permanentes de la seconde dentition.
Conformation des dents. — On distingue dans chaque dent une partie libre, la couronne; une partie cachée dans l’alvéole, la racine; cl une partie étranglée intermédiaire aux deux autres, le collet. Les caractères de ces diverses parties varient suivant les groupes de dents ; ils se modifient selon le rôle que ces organes ont à remplir dans l’acte de la mastication.
1® CoLuoN.NE. — La couronne des incisives, qui coupent, est taillée en biseau; celle des canines, qui déchirent, est pointue; et celle des molaires, qui broient, est suruiontée de plusieurs tubercules ou cuspi'ies.
On a cité des cas exceptionnels où toutes les couronnes des dents de chaque arcade étaient soudées entre elles et ne formaient, pour ainsi dire, a chaque mâchoire qu’une seule et même couronne : Plutarque rapportel’exemple de Pyrrhus, roi d'Epire, et Pline celui du tils de Prusias, roi de Bithynie; maison ne doit accorder à ces faits que peu decon fiance.
2® U.vciNES. — Le nombre des racines et la profondeur de leur implantation est en rapport avec la résistance qu’elles ont à supporter. Les incisives, les canines et les deux premières molaires, dites petites molaires, ont une racines unique; les trois
dernières molaires, dites grosses molaires, ont des racines multiples. I.a dernière cependant, c’est-àdire la dent de sagesse, présente, en général, une seule racine.
11 arrive souvent que les pointes de deux racines, d’une même dent se recourbent l’une vers l'autre
Fig. 3G0.
Dents et nerfs du côté droit chez l’adulte (D*^ Fcrt).
1. Nerf maxillaire supérieur — H. Nerf sous-orhitaire. — 3. Nerf dentairi' inféideur dans l’épaisseur de l’os. i. Nerfs dentaires postérieurs dans l’épaisseur de l'os. - 5, Nerf dentaire inférieur dans le canal dentaire - G. Kanieau mentonnier coupé.
7 Terminaison du nerf dentaire dans les racines et les incisives (nerf incisif).
en embrassant une partie de la mâchoire : on dit alors que la dent est hnrrée, et pour en faire l’extraction il faut fracturer les racines ou le maxillaire.
Structure des dents. — 1® Ivoire. — Les dents sont formées d’une subslance dure, de couleur légèrement jaunâtre, appelée denline ou ivoire. Vue au microscope, celte substance, paraît criblée, comme le tissu osseux, d'une quantité innombrable de canalicules qui s’anastomosent entre eux et se dirigent du centre à la périphérie. 11 servent à nourrir et à reproduire l’ivoire.
L’ivoire e^t recouvert, au niveau de la couronne, d’une couche de matière vitrée de couleur blanche diti’ émail, et, au niveau de la racine, d’une couche de substance calcaire et opaque appelée cément.
2® Le,cÉ.MEXT présente une structure analogue à
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celle des os. Chez l’homme, cette substance ne recouvre que la racine des dents et s’arrête au niveau de leur collet: chez les ruminants et les pachydermes, le cément enveloppe totalement l’organe dentaire.
3» L’émail est d’une telle dureté qu'il fait feu sous le briquet; il est constitué par des fibres translu cides et prismatiques, juxtaposées les unes aux autres et dirigées transversalement comme les canalicules dentaires. Leurs extrémités forment à la surface des dents une sorte de mosaïque. L’émûl est recouvert d'une membrane protectrice qui lui adhère solidement et que l'on nomme cuticule. Cette membrane disparaît chez l’adulte.
4® Bulbe dentaire. — Les dents ont dans toute leur étendue une cavité qui renferme une substance rouge pulpeuse analogue au bulbe des poils, et que pour cette raison on appelle bulbe dentaire. Avec l’âge, cette cavité tend à disparaître, et les parties molles qu’elle contient sont remplacces par des dépôts d’ivoire de nouvelle formation : la dent meurt alors d’inanition et tombe sans être gâtée.
8® Nerfs et vaisseaux dentaires. — Le sommet de chaque racine est percé d’un orifice par lequel passent les nerfs et les vaisseaux qui vont se ramifier dans le bulbe dentaire pour présider à la nutrition et à l’innervation des dents. C’est la rupture de ces filaments qui produit, d'une part, 1 hémorrhagie, et de l’autre, la douleur au moment de l’extraction des dents.
Grâce à leur sensibilité, les dents évitent les plus petits corps étrangers, qui, mélangés aux aliments, pourraient user ou briser ces organes. L’action de certaines substances, telles que l’oseille, le sucre et le tabac, etc., sur les nerfs de la pulpe dentaire détermine cette sensation particulière qui constitue Yagacement des dents.
À l’état normal, la membrane fibro-vasculaire dite périoste alvéolo-den taire, qui tapisse les parois alvéolaires, maintient les racines des dents en position et empêche la compression des nerfs au fond des alvéoles pendant les miuivements de mastication. Mais, lorsque l’inflammation s’empare de cette membrane, les dents sont alors ébranlées, les nerfs comprimés, et il en résube une douleur atroce qui empêche de se servir d’une dent malade.
Les filets nerveux des dents sont des rameaux d’un nerf appelé trijumeau, qui se distribue au cuir chevelu, à la peau et aux muqueuses de la face : aussi son endolorissement s’irridie-t-il à toute la sphère de distribution de ce nerf.
Les vaisseaux qui pénètrent par l’extrémité des dents ne doivent pas être les seuls agents de nutrition de ces organes, et il est probable qu’il faut compter parmi ces agents la membrane alvéolodenlaire, puisqu’on peut réimplanter des dents saines ou malades e.vtraites de leurs alvéoles, soit par maladresse, soit pour les traiter. On a même effectué avec le même succès la transplantation des dents d’un individu à un autre.
Usages des dents. — Le principal usage des dents est de couper, broyer et déchirer les substances alimentaires. Les dents servent encore à la modulation de la voix, dans la prononciation des con sonnes dentales et sifflantes. Elles concourent aussi,
pour une grande part, à l’ornement de la physionomie, et l’on sait que les personnes qui ont dejolis dents ont le rire facile. Ces divers attributs des dents expliquent l’utilité et la vogue des dents artificielles.
Les Tonquinois et les habitants des îles Mariannes considèrent les dents noires comme un ornement : aussi s’empressent-ils de se les noircir avec des herbes spéciales. En Chine, quelques mandarins recouvrent leurs dents de lames d’or ou d’argent. Cette coutume existait sans doute chez les Romains, car Pline prétend avoir vu des hommes ayant des dents formées de ces métaux. D' g. Witkowski.
Anomalies. — Les dents ayant un certain nombre de caractères fixes, tout changement du type normal est une anomalie. Ces caractères, et par conséquent ces anomalies, sont relatifs : t“ à la forme; 2“ au volume ; 3° au nombre ; 4“ au siège ; 5° à la direction ; 6° à la structure ; 7“ à la nutrition ; 8° à l’époque d’éruption ; 9° à la disposition.
Les anomalies dentaires ont pour cause des troubles survenus pendant le développement des mâchoires; elles sont donc congénitales et le plus souvent héréditaires.
Les anomalies de forme affectent soit la totalité de la dent, soit la couronne ou la racine seule. Elles co'încident souvent avec une anomalie de volume, de siège ou de nombre. La dent devient conique ou prend la forme d’une voisine. A la couronne, l’irrégularité dépend du groupement anor mal et des variations dans le nombre des tubercules, de la profondeur des sillons. Portent-elles sur les racines, celles-ci peuvent être aplaties, courbées, déviées en tous sens (Barrure), divisées ou en nombre anormal.
Iæs anomalies de roïu7n? consistent soit dans une augmentation, soit dans une diminution qui porte tantôt sur la racine seule, tantôt sur la dent entière; lorsque la couronne est prise, la racine l’est également.
I.e nombre des dents peut être augmenté ou diminué. Il n’y a pas d’exemple authentique d’absence totale, il y en a beaucoup de dent surnuméraire.
L’anomalie de présente les variétés suivantes : f“ deux dents échangent réciproquement leur place, Iransgosition fréquente pour les canines et les premièresprémolaires supérieures; 2“ une dent se trouve placée hors rang sur l’arcade, cas fréquent pour les canines, les dents de sagesse, les prémolaires, qui trouvent des obstacles à leur placement régulier; 3" une dent est implantée sur les mâchoires hors de l’arcade {migration) ; ces deux cas sont souvent justiciables d’un traitement ; 4“ une dent apoaraît par genèse d’emblée, sur un point éloigné du corps {vessie, kgste).
Vérupiion peut se faire trop tôt (avant la naissance) ou trop tard, aussi bien pour les dents temporaires que pour les permanentes. Le retard de la chute des dents temporaires entraîne souvent poulies dents permanentes en même temps qu’un retard dans l’éruption, des anomalies de siège et de direction. Le retard de l’érnption des dents permanentes a fait croire à tort, chez les vieillards, à
l’éruption de dents de troisième ou même de quatrième dentition.
La dirpcti'm des dents peut atteindre toute une mâchoire, de façon, par exemple, à ce que l’arcade inférieure passe devant la supérieure et donne ainsi lieu à une variété de prognatisme (menton de galoche) D'autres fois plusieurs dents se portent isolément en avant ou en arrière de l’arcade (antéversion, rétrovexion), en avant ou en arrière des dents voisines latéroversion), ou encore la dent a tourné autour de son axe, de manière à présenter les bords en avant (rotation sur l’axe). La plupart de ces déviations sont curables prises en temps opportun (10 à li ans).
Les aiiO'tiulies de nutrifion sont constituées par l'atrophie du follicule, qui entraîne l’absence de la dent; par l’hypertrophie d’un ou de plusieurs de ses éléments, qui donne lieu à l’odontome, par la dégénérescence kystique dece follicule, qui donne naissance aux kystes foiliculaires des mâchoires.
La structure des dents présente des altérations survenues pendant leur évolution intra-folliculaire sous l’influence de diverses maladies, toutes celles ^e l'enfance, le scorbut, la coqueluche, la scrofule,
le rachitisme, la syphilis héréditaire, l’éclampsie infantile. Ces altérations sont diverses et nombreuses. La plus connue est caractérisée par une usure, une échancrure du bord libre de la dent, ou par des sillons horizontaux en nombre variable et sur différents points de la couronne (érosion en nappes* en étages).
La lispositinn des dents donne lieu à des anomalies de la continuité quand deux ou plusieurs dents voisines sont réunies dans toute ou partie de leur étendue ; — de disjonction, quand la séparation des racines est trop étendue ou trop prononcée; — par atrésie du maxitlaire , qui donne lieu à une diminution de diamètre des arcades dentaires et ])ar suite, à des dispositions vicieuses des dents; — par augmentation du iliamètre transversal des mâchoires;— enfin une disposition vicieuse des arcades dentaires, l’une par rapport à l’autre, résulte de la coïncidence de plusieurs anomalies de siège et de direction.
Dentition ou évolution des dents. — On désigne communément sous ce nom la phase ultime de l’évolution dentaire, l’éruption. Il n’est pas sans intérêt de savoir dans quel ordre et à quelle date les dents apparaissent hors des gencives.