‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privéeChapitre 152 sur 238 · C. Fièvres · texte numérisé non relu

C. Fièvres

I). Névroses (hystérie, épilepsie, etc.).

Il est une autre classification qui consiste à diviser le délire en trois variétés :

1“ Délire symptomatique d’une altération organique du cerveau ;

2» Délire sympathique et consécutif à l’altération d’un organe autre que le cerveau ;

3° Délire essentiel ou idiopathique.

A. Altérations organiques. — Le délire s’observe

dans Ir .'Lune roule de maladies que l’on peut

diviser en deux groupes :

1» Les unes portent sur le système nerveux luimême : le délire est symptomatique ; tel est celui qui accompagne les méningites, l’encéphalite, le tumeurs cérébrales, les coups, les chutes sur la tête (c’est-à-dire les méningo-encéphalites développées sous leur influence). Ici le délire est l’expression directe de l’état de surexcitation dans lequel se trouvent les cellules nerveuses enflammées. L’état de dépression de ces cellules se traduit par la somnolence et le coma qui peuvent être regardés comme l’opposé du délire.

2“ Dans d’autres cas le délire se produit par sympathie ou action réflexe à l’occasion d’une maladie éloignée des centres nerveux : tel est le délire qui accompagne l’érysipèle du cuir chevelu, celui que l’on peut observer dans le cours des maladies des voies digestives (embarras gastrique, entérite, péritonite, etc.); dans les maladies de l’appareil respiratoire, surtout dans les pneumonies, ün a remarqué que les pneumonies du sommet, les pneumonies des alcooliques, celles survenues chez les diabétiques, les gens atteints de mal de Bright, étaient plus fréquemment suivies de délire que les autres maladies de l’appareil respiratoire; dans les maladies du cœur, surtout celles du cœur droit, mais ici le délire est la conséquence d’une gêne considérable de la circulation cérébrale ; à la suite d’opérations chirurgicales, etc.

B. Délire par altération quantitative ou qualitative du sang. — Pour que le cerveau fonctionne régulièrement, il doit recevoir une quantité déterminée d’un .sang pur ; cette quantité se trouve-t-elle augmentée ou diminuée, ou bien le sang est-il altéré, le cerveau exprime son état de soufi'rance par un trouble dans ses fonctions, trouble qui sera tantôt un état de dépression (somnolence, coma, paralysie), tantôt un état d’excitation, c’est-à-dire du délire.

Le délire s’observe donc dans les congestions cérébrales produites par n’importe quelle^ cau'Cs, par insolation, par excès de travail intellectuel, par pléthore, par gène de la circulation cardiaque etc.

On le rencontre dans les anémies produites par des hémorrhagies abondantes, par les tievres graves, l’inanition, etc.

Mais c’est surtout dans les intoxications de toute nature que le délire est fréquent : on sait combien il est ordinaire de le rencontrer chez les alcooliques; chez eux la plupart des fièvres, des plaies, s’accompagnent de délire; le delirium trente ns en est la forme la plus remarquable. Le delirium t euie 'S se présente sous forme d’accès provoqués souv' nt par un excès, une blessure, une émotion violente, etc.: le malade est en proie à la plus vive agitation, il crie, vocifère, voit sans cesse devant lui dr s rats, des bêtes féroces contre lesquelles il se détend; cet accès peut se prolonger plusieurs jours, puis il se dissipe; il est rarement mortel

On l’observe encore dans l’intoxication .saturnine, dans la plupart des empoisonnements aigus (opium et ses dérivés, belladone, etc ), dans rergolisnie, la pellagre, etc.

C. Délire dans les fièvres. — Le délire est très fréquent dans les lièvres; il n'est pas toujours le résultat de l’intensité de la fievre ni de sa nature, car il tient souvent à la disposition du su jet : ainsi, chez les enfants, le délire éclaté à l’occasiun d’une fievre même légère ; il est également tn;s fréquent chez les femmes nerveuses, impressionnables; enfin certains individus présentent à son égard une prédisposition spéciale.

Le délire est très ordinaire dans la fièvre typhoïde, dans les fièvi'es éruptives, dans les fièvres intermittentes, dans les fièvres septicémiques (infection purulente , infection putride, etc.), dans l’urémie, l’éclampsie, etc.

D. Délire dans Les névroses. — Le délire s'observe dans toutes les névroses ; il est surtout très ordinaire ches les femmes hystériques et se présente sous des formes dont la variété échappe a toute description; il est beaucoup plus rare chez les épileptiques.

Le délire est un phénomène trop vague, commun à trop de maladies, pour qu’on puisse lui accorder une grande valeur diagnostique : ce sont les circonstances dans lesquelles il se produit qui permettent de déterminer son point de départ.

Au point de vue du pronostic, sa signification n’est pas plus précise, bien qu’il doive être regardé comme un symptôme fâcheux ; on ne doit pas non plus attacher une trop grande importance à sa forme, tranquille ou furieuse, car non seulement elles ne sont pas plus graves l’une que l’autre, mais encore elles se substituent fréquemment.

W Léon Moynac.

DELIRIUM TREMENS. — (V. Alcoolisme.)

DÉLIVRANCE. — On désigne sous ce nom l’expulsion naturelle ou artificielle des annexes du fœtus apres l’accouchement ou l’avortement. De là deux sortes de délivrance ; la délivrance naturelle et la délivrance artificielle.

La dtlivrance naturelle, celle qui se pratique conimuiiéinent et qui ne demande qu’un peu d’aide de la part de la personne qui assiste la femme en couches, peut se diviser en trois temps: 1° le décollement du placenta; 2“ son expulsion de l’utcrus; 3° son expulsion du vagin.

Le placenta, organe épais, charnu, peut, pendant un certain temps, surtout quand il est inséré au fond de l’utérus, suivre les parois de cet organe, sans s’en détacher pendant les alternatives de contraction et de relâchement. Mais il arrive un moment, quand un certain volume de l’enfant, — la tète et les épaules, par exemple, — est sorti de l’utérus, cet organe revient davantage sur lui-même, et le placenta, ne pouvant plus suivre ce mouvement

Fig. 3b8. — Délivrance naturelle.

de retrait exagéré, se détache de la surface utérine contre laquelle il est appliqué.

Le centre se détache le premier, et dans la poche ainsi formée entre les parois utérines et la face placentaire, du sang, provenant des sinus utérins ouverts, s'épanche, puis un bord du délivre se détache à son tour et le sang s’écoule à l’extérieur. Knfin, à mesure que le retrait de l’utérus progresse, l’autre bord se sépare et le placenta, ayant rompu ses adhérences à l'utérus, tombe dans la cavité de l’organe, sa face fœtale se trouvant dans cette chute en rapport avec l’orifice utérin.

Quand le délivre est fixé sur une des parois de l’utérus, c’est presque toujours un bord qui se détache le premier, et la rupture des adhérences s’opère généralement de bas en haut. Le placenta, dans ce cas, s’enroule en quelque sorte sur luimême et, dans sa chute, après le décollement complet. c’est un bord, le bord inférieur, qui vient se présenter à l’orifice.

Le décollement du placenta qui commence pendant la derniere période du travail ne se complète qu'après la sortie totale de l’enfant En général, on observe alors un temps de repos du côté de l'utérus, et, si les bords du placenta n'ont pas encore été détachés, il ne s’écoule pas de sang par la vulve. Mais bientôt au bout de lü, 15 ou 20 mi nutes, quelques contractions réapparaissent, la femme accuse de nouvelles coliques et bientôt non seulement le placenta achève de briser ses adhérences mais encore il est chassé de la cavité utérine dans le vagin. Ceci constitue le second temps. Des expériences autrefois instituées par P. Dubois ont prouvé qu’on pourrait à la rigueur laisser à la nature le soin d’expulser encore le placenta à l’ex-

DlCTIONNAinE POrVLAIRE DE MÊDECLyE USUELLE.

térieur. Ce qui arrive quelquefois et constitue une délivrance spontanée Mais il faut pour cela attendre assez longtemps. Souvent à la suite de cette abstention prolongée on a vu des hémorragies se produire et comme il n’y a aucun inconvénient à venir à ce moment en aide à la nature le troisième temps, ou expulsion du placenta hors du vagin est pratiqué communément par la personne qui assiste la femme en couches.

Pour pratiquer cette extraction on doit d’abord prendre avec la main droite le cordon ombilical, et après avoir légèrement tiré cette tige pour la tendre, le doigt de la main gauche est glissé dessus jusque dans le vagin pour s’assurer que le placenta y est tombé, après quoi, cette même main gauche étant portée sur le ventre et appliquée sur le fond de l’utérus on exerce avec la main droite des tractions sur le cordon ombilical {fig. 3.58). Ces tractions sont dirigées d’abord en bas jusqu’à ce que le placenta soit venu s’appliquer sur la vulve, puis graduellement on relève la main droite tout en tirant de manière à amener la masse placentaire à l’extérieur après lui avoir fait suivre la courbe décrite par l’axe de l’excavation et de la vulve. Quand la plus grande partie du placenta a déjà franchi l’orifice vulvaire, on saisit le délivre avec les deux mains et lui imprimant un mouvement de rotation on opère ainsi le complet décollement des membranes de l’œuf qui s’enroulent comme une corde et l’on emprisonne également dans la poche formée par l’œuf retourné, au moment de la chute du placenta, le sang et les caillots qui se sont accumulés derrière, après son décollement.

Si le placenta n’est pas encore tombé dans le

Fig. 3b9. — Délivrance artificielle.

vagin, il est bon de s’abstenir d’exercer aucune traction, mais on devra provoquer des contractions utérines à l'aide de frictions sur le ventre et de pressions exercées à travers les parois abdominales sur le fond de l’utérus qu’on saisit en quelque sorte avec la main. 11 est rare qu’on ne détermine pas ainsi quelques contractions qui expulsent le délivre hors de l’utérus, ou l’engagent dans l’orifice et l’on peut alors terminer la délivrance comme nous l’avons dit plus haut.

Telle est la délivrance naiurelle qui suit l’accouchement. Quant à la délivrance après l'avortement nous avons assez indiqué quelle ligne de conduite on devait tenir pour ne pas y revenir ici.

La 'lélivrance arti fit iel le est celle qui s’opère parl’introduction de la main entière dans les organes

DEL

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