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Griesinger et Guitard, tout en aj'ant trouvé du sucre dans le sperme des diabétiques, ont constaté la parfaite vitalité des spermatozoaires.
A une période plus avancée, il survient des troubles du côté de la vue, qui consistent tantôt dans une diminution de l’acuité visuelle, sans altération des milieux et du fond de l’œil : tantôt dans une amblyopie par paralysie du muscle de Brucke, ou par atrophie de la rétine ; plus souvent c’est une cataracte molle.
Les furoncles et les anthrax sont très fréquents chez les diabétiques ; de plus, ce sont des accidents de début qui peuvent mettre sur la voie de la maladi3. 11 en est de même des éruptions diverses, lichen, impétigo et surtout herpès sur les parties qui sont en contact avec l’urine. Elles s’accompagnent de prurit de la vulve chez la femme. Ghez l’homme, on observe souvent de la balano-posihite rebelle, qui, dans bon nombre de cas, aboutit à des végélations.
Les gangrènes sont très fréquentes chez les diabétiques. D’après Marchai de Galvi, elles frappent souvent les orteils. L’un de nous a eu l’occasion d’observer dans sa pratique trois gangrènes du prépuce. On a vu la gangrène envahir chez des diabétiques tout le membre inférieur à la suite de l’excision d’un cor, d’une piqûre, de la morsure d’un animal, d’une simple chute ayant déterminé une contusion (Verneuil), de l’application d’un vésicatoire (Demarquay).
Les maladies de l’appareil respiratoire (6roac7ji<ej, pneumonies) sont également très communes et ont une grande tendance à se terminer par gangrène, sans odeur spéciale.
La polyurie engendre la constipation et la sécheresse de la peau. Aussi les sueurs sont- elles rares. Enfin, la déchéance vitale dans laquelle tombent les diabétiques, favorise singulièrement chez eux l'éclosion de tubercules pulmonaires dont la marche rapide enlève en peu de temps les malades. D’après Jaccoud, la tuberculose entre pour près de moitié dans le chiffre de la mortalité des diabétiques.
Quelles sont la marche et la terminaison du diabète? — Extrêmement variable, la durée du diabète est toujours difficile à préciser, car la maladie peut passer longtemps inaperçue; on est parfois averti de son existence par une circonstance fortuite (dépôts cristallisés sur les vêtements touchés par l’urine, éruption d'herpès sur les organes génitaux, anthrax, gangrène, etc.).
On a vu des diabètes intermittents, d’autres qui alternaient avec des manifestations rhumatismales ou goutteuses. Gependant la marche du diabète est habituellement continue, mais très lente. Cette maladie dure plusieurs années et le régime a une grande influence sur son évolution. Lorsque le malade commence à maigrir, le pronostic devient très fâcheux.
La mort est souvent le fait d’une complication (lésions pulmonaires, anthrax, érysipèle, etc.) ; plus rarement le malade succombe dans le marasme.
Le diabète peut aussi se terminer par mort subite. Ainsi, sur 400 cas de diabète observés par Frerichs, un certain nombre se sont terminés par la mort subite. Le trait commun à tous ces cas est le coma termin il : l’évolution diffère sensiblement. I
Ainsi dit l’éminent professeur, dans son mémoire sur ce sujet publié en 1883, l’on voit des malades être pris, généralement après des efforts prolongés, de faiblesse générale et mourir en peu de temps. D’autres fois, la marche est moins rapide : après quelques symptômes prémonitoires, on voit suivre la céphalée, le délire, l’angoisse, des attaques de manie, une dyspnée spéciale avec ou sans cyanose ; riialeine répand une odeur de fruit qui rappelle celle du chloroforme , et le malade succombe au bout de trois à cinq jours.
Le coma est plus fréquent qu’on ne croit et constitue avec la phthisie le grand danger pour les diabétiques. Gomme Frerichs, S. Mackensie signale sa fréquence relative, et dans un article publié le 7 avril 1883 dans le British medical journal, il dit que sur 37 cas mortels de diabète observés à London-Hospital, le coma existait 19 fois, et sur 43 cas, à Guy’s Hospital, 26 fois. Cet accident, ajoutait-il, est fréquent, surtout chez les jeunes sujets et dans les cas à évolution rapide, et coïncide fréquemment avec la phthisie confirmée au début.
Quel est le traitement du diabète ? — Ce traitement doit être diététique et pharmaceutique.
1° Traitement diététique ou Régime alimentaire. — Le régime a une importance capitale dans le traitement du diabète. Nous ne croyons pas pouvoir mieux faire que d’en reproduire l’exposé d’après l’éminent professeur Bouchardat.
PuÉCEPTES GÉNÉRAUX. — « Manger modérément et lentement, bien digérer, bien mâcher tous les aliments. Tant que la quantité des urines rendues en vingt-quatre heures sera supérieure à un litre et demi, boire le moins possible et prendre peu d’aliments liquides, tels que bouillons, soupes, etc. Pour faire des potages gras ou maigres, il faut employer la farine de gluten, ou la semoule de gluten. Combattre le sentiment de la soif, en mâchant des olives, des graines de cacao torréfiées ou du café torréfié. Éviter le repos et le sommeil après le repas ; pour cela, une bonne promenade en sortant de table est très utile. Ne se coucher que quatre à cinq heures après le dernier repas. S'abstenir de tabac ou fumer le moins possible.
« La première règle qu’on doit observer, cest la suppression aussi radicale que possible des aliments féculents et sucrés, tant qu'ils ne sont pas complètement utilisés. Cette suppression, avec un exercice de chaque jour en rapport avec les forces, constitue la base du traitement.
Aliments détendus. — 'Voici la liste des aliments féculents ou sucrés les plus usuels qui doivent être proscrits tant qu’ils ne sont pas utilisés.
a Pain, pâtisserie, riz, maïs et autres graines farineuses; les pommes de terre, les fécules de pomme de terre, d’arrow-root, de sagou, de tapioca et autres fécules alimentaires ; les pâtes farineuses, telles que semoule, macaroni, vermicelle, etc.; les haricots, pois, lentilles, fèves; les marrons et les châtaignes ; les radis, les carottes, les navets et autres racines féculentes ou sucrées ; tous les fruits et particulièrement les fruits sucrés, tels que les raisins, les figues, frais ou secs, les prunes et les pruneaux, les pommes, les poires, les ananas, les melons, etc.; le sucre, le miel, les confitures et
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autres aliments et boissons sucrés ; le lait, la bière, le cidre, les limonades et les boissons acides, surtout lorsqu'elles sont sucrées. Dans leè sauces, la farine et la chapelure doivent être remplacées par la farine de {■luten, on ne doit pas y faire intervenir le caramel, les oignons, les navets, les raves.
.\mments i'EUmis. — Les aliments qui peuvent être permis sont très nombreux, nous allons en faire une énumération aussi complète que possible ;
« Il n’est pas nécessaire d’adopter une nourriture exclusivement animale, il est de beaucoup préférable de choisir une alimentation mixte qui est plus complète.
« Tant que les urines contiendront du sucre, remplacer le pain ordinaire par le pain de gluten, ou par les biscuits de gluten toi'rétîés, et en manger le moins possible, car tous ces produits contiennent encore de la farine.
« Les viandes de toute nature, aussi bien les viandes blanches que les viandes noires, peuvent être conseillées, celles d’animaux adultes sont préférables, le gibier convient très bien, ainsi que les quartiers de porc, surtout ceux qui sont gras. Parmi les différentes parties des animaux, on doit éviter les foies et les morceaux gélatineux. I.a cervelle, les rognons, la fagoue, les boudins, de même que les viandes fumées ou saléi s, telles que jambon fumé, bœuf de Strasbourg, mortadelle d’Italie, saucissons de Lyon, conviennent; tous les assaisonnements qui stimulent l’appétit, tels que moutarde, sel, poivre, raifort, conviennent; on peut même essayer le radis noir, quoiqu’il contienne de la fécule; pour les fritures ou les sauces, il faut employer la farine de gluten, pour les croûtes rôties, du pain de gluten.
« Tous les poissons d’eau douce comme les poissons de mer, frais, salés ou fumés, oflrent une ressource variée et très précieuse. Les autres animaux alimentaires, tels que les huîtres, moules, écrevisses, langoustes, homards, crevettes, escargots, grenouilles, etc., peuvent être permis.
M Les œufs, sous toutes les formes si variées qu’a imaginées l’art culinaire, sont d’une grande utilité.
« Si le lait est défavorable, la crème fraîche de bonne qualité convient, il en est de même du beurre, dont nous recommandons spécialement l’usage journalier, les fromages de toute sorte, frais, salés, fermentés, etc., offrent une précieuse ressource alimentaire.
« Les légumes qui peuvent être permis sont assez nombreux ; on doit observer seulement que les corps gras (huile, beurre, graisses, lard) doivent entrer en quantité plus élevée que de coutume dans leur préparation ; et quoi qu’il en soit, comme certains légumes, tels que les choux , contiennent encore de la fécule ou du sucre, ils doivent être pris en quantité modérée, et leur influence dans l’alimentation devra être appréciée par l’essai des urines rendues deux à quatre heures après leur usage. Quand ils augmentent la quantité de glycose, il faut en u.ser modérément. Tous les légumes doivent être blanchis à grande eau bouillante et bien égouttés. Voici la liste des principaux légumes qui peuvent être permis :
« Épinards, chicorée, laitue, artichauts, choux, Dictionnaire popclaire de Médecine usuelle.
choux-fleurs, choux de Bruxelles, choucroute, haricots verts, asperges, salsifis, cardons, céleri, champignons, truffes. Les jaunes d’œufs et la crème doivent remplacer la farine dans les sauces. On peut manger les salades de feuilles et particulièrement les suivantes: laitue, romaine, escarole, chicorée, barbe de capucin, pissenlit, mâche, scorsonnère, cresson. On peut essayer l’usage de céleri, mais on doit apprécier son influence sur la composition de l’urine. Peu de vinaigre et beaucoup d’huile ou de crème, dans les salades.
« Pour le dessert, outre les fromages, les olives, les amandes, les noix, , les noisettes fraîches ou sèches, les pistaches peuvent être permises. On peut accorder du chocolat au gluten ou à la glycérine, sans sucre ni farine, qui peut être préparé à l’eau et à la crème. »
Boissons. — En ce qui concerne les boissons, les diabétiques devront boire des bons vins rouges vieux de Bourgogne ou de Bordeaux, une bouteille par repas ne sera pas de trop pour les individus vigoureux et qui dépensent beaucoup. Ils devront le couper avec de l’eau de Vichy, de Pougues, de la Bourboule, d’IIeucheloup, etc. La bière leur est absolument interdite, nous en dirons autant du cidre, des vins blancs ordinaires et des vins de champagne sucrés. Ils pourront prendre du café on du thé à la fin du repas, mais sans sucre ou bien sucré avec delà glycérine chimiquement pure, telle que la glycérine de Catillon ou la glycérvie h’ocher. En ce qui concerne le thé, Bouchardat •« préféré le pékao à pointes blanches, associé au thé de fleurs d’oranger» ; on peut ajouter au thé et au cafu un peu de cognac, d’Armagnac, de rhum ou de kirsch, mais en très petite quantité. Toujours selon Bouchardat « on fera bien de s’abstenir de liqueurs fortes ou d’en user avec une grande modération. »
Par quels aliments faut- il revenir au régime
COMMUN, après la DISPARITION DU SUCRE DANS LES
urines ? — Lorsque l’urine ne contient plus de sucre , il faut commencer à revenir au régime de la vie commune, et faire usage à nouveau des sucres et des fécules. Il faut commencer, dit Bouchardat, par « les échaudés, le pain de son, le pain ordinaire, mais toujours en quantité modérée, et préférer lu croûte ou le pain légèrement torréfié au four, les pommes de terre frites, la semoule de gluten ordinaire. On peut accorder les fruits suivants : fraises, pêches, ananas, framboises, groseilles, cerises, mais toujours sans sucre et en quantité modérée. On peut essayer les pommes et les poires crues et sans sucre. On peut boire de la bière de garde, mais vieille, non gazeuse, pure ou étendue d’eau. »
Il est presque superflu de recommander de faire analyser fréquemment ses urines, pour voir si, sous l’influence du nouveau régime, elles contiennent à nouveau du sucre et, dans ce cas, de reprendre aussitôt le régime sévère des diabétiques, comme précédemment.
Exercice. — L’exercice est l’indispensable adjuvant du régime dans le traitement du diabète. Nous conseillons aux diabétiques la marche, la gymnastiqiié, l’escrime, l’équitation, et en même temps l’hydrothérapie, les douches, le massage, les bains
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de Pennes, les bains de mer, etc. Ceux qui, pendant la mauvaise saison, pourront séjourner dans une station hivernale et surtout dans les villes maritimes, Nice, Cannes, Menton, Biarritz, Arcachpn, etc., retireront de ce séjour les plus sérieux bénéfices pour leur santé générale.
Hygiène mouale. — Nous recommanderons enfin aux diabétiques d’avoir toujours une tranquillité morale aussi grande que possible. Ils n’oublieront pas que les lésions du système nerveux peuvent produire la glycosurie, et que les émotions vives, par conséquent, aggravent le diabète. Bouchard rapporte l’histoire d’un diabétique, guéri depuis longtemps, qui vit son diabète se reproduire à la suite d’une grande colère. Les diabétiques devront donc éviter non seulement les emportements, mais encore le désœuvrement, la tristesse, l’ennui et les soucis, de quelque nature qu’ils soient. Ils éviteront aussi de se livrer à des travaux intellectuels trop assidus.
Traitement pharmaceutique. — Les substances les plus diverses ont été préconisées contre le diabète. Nous nous bornerons à dire quelques mots des principales, en répétant avec Bouchardat, Hardy, Jaccoud et la plupart des cliniciens, que, dans le traitement du diabète, les médicaments doivent occuper un rôle secondaire, parce qu’ils ont une action moins efficace que le régime alimentaire et l’hygiène.
L’opium a été conseillé par Bouchardat, Lécorché, Pécholier, à cause de la propriété qu’il a de diminuer sensiblement la polyurie, et l’excrétion de l’urée. Sous son influence, les malades résistent mieux à la soif, la glycosurie devient moindre; elle peut même cesser momentanément. La valériane produit les mêmes effets. Thomson, Salomon, Traube, ont employé avec avantage l'huile de foie de morue.
Si l’activité digestive devient languissante, il faut avoir recours aux préparations de pepsine animale [pepsine Boudault, pepsine CaliLlon, pepsine Chapotaut, etc.), de pepsine végétale {papaine Troueite- Perret), de pancréatine {pancréatine Defresné), à X élixir de Tisy, qui réunit les trois ferments digestifs : pepsine, diastase et pancréatine. Jaccoud se trouve fort bien de la strychnine à la dose de 5 milligrammes à 1 centigramme et demi. « Je suis certain, dit-il, que ce médicament améliore l’état des malades, maintient les fonctions digestives dans la plénitude de leur activité, diminue la polyurie et peut amener la disparition de la glycosurie ». Deux fois, il a vu celle-ci cesser complè tement. Le savant professeur a aussi à se louer de l’acide arsénieux. Grâce à ce médicament, uni à un régime convenable, il a « plusieurs fois guéri des diabétiques gras ».
La gl}œérine, ainsi que cela résulte des expériences de Catillon, a la propriété de ralentir la fonction glycogénique et d’abaisser le chiffre de l’urce. On peut donc y avoir recours sous forme de glycérine pure ou associée au quinquina [vin de Catillon à la glycérine et au quinquina, Quina de Rocher anti-diabétique à la glycérine, etc.X
Dans un mémoire communiqué à l’Académie de Médecine, Felizet a proposé de traiter le diabète par le bromure de potassium, et il a rapporté quelques cas de guérison obtenus à l’aide de ce
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médicament qu’il semble prôner comme spécifique, ce qui est absolument contestable, puisqu’on même temps que le malade prend le bromure il est indispensable qu’il suive un régime très rigoureux; si bien qu’on ne sait pas au juste, la part qui revient à chacun dans les succès obtenus. De plus le bromure qui doit être administré à doses massives, a le grave inconvénient de déprimer les forces du malade qui le sont déjà bien assez, et d’annuler complètement les fonctions génitales déjà suffisamment affaiblies chez lui. Aussi repoussons-nous absolument ce médicament que du reste, bien avant Felizet, avaient employé Begbie, Cantani, Furbringer et Kulz.
On a proposé les inhalations d’oxygène pur, contre le diabète. Elles sont tout à fait rationnelles, puisqu’il est démontré que le diabétique absorbe moins d’oxygène qu’à l’état normal. On pourra faire ces inhalations à l’aide de Yappareil Limousin.
Contre la constipation, fréquente chez les diabétiques comme nous l’avons dit plus haut, on emploiera les purgatifs salins, le sulfate de soude ou de magnésie, l’eau de Rubinat, de Chatelguyon, etc.
S’il y a dépérissement, diminution trop grande des forces, paresse trop grande de l’appareil digestif, il faut avoir recours aux préparations de peptones [peptone Catillon, peptone Chapotaut, peptone Defresne, etc.), qui permettent au diabétique de rester uniquement diabétique, sans consomption.
Si des accidents pulmonaires se montrent (bronchite pulmonaire, phthisie), on aura recours à la médication spéciale à ces diverses affections.
Nous terminerons cet article en répétant avec le professeur Hardy; « La guérison du diabète est rare, mais par un traitement hygiénique bien dirigé, par des médicaments sagement administrés, on soulage et on soutient longtemps les malades.
D" Léon JIoynac et Paul Labarthe.
DIABÈTE INSIPIDE. —(V. Polyurie.)
DIABÉTIQUE. — Individu atteint du diabète.
DIACHYLON. — On donne ce nom à un emplâtre et à un sparadrap dont voici la formule ;
Emplâtre simple 1,500 grammes
Cire jaune 250 —
Poix blanche purifiée 100 —
Térébenthine 130 —
Résine élémi purifiée 100 —
Huile d’olive 50 —
Gomme ammoniaque purifiée. ... 30 —
Galbanum purifié 30 —
Sagapénuni purifié 30 —
On met toutes ces substances dans un bassin et on les lait fondre à une douce chaleur.
C’est cet emplâtre étendu sur des bandes de calicot qui constitue le sparadrap diachylon, journellement employé comme adhésif, pour rapprocher les bords d’une plaie, pour recouvrir et comprimer les ulcères variqueux, pour fournir un bandage de corps dans les cas de fractures des côtes, pour fixer les pièces de pansements, etc. p. l.
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DIACODE (SIROP). — Le sirop Diacode est un sirop compose d'après la formule du Codex avec :
Extrait d’opium 0,50 centigr.
Eau distillée 4-, 50 —
Sirop de sucre 995 grammes
Une cuillerée à soupe (ou 30 grammes) de ce sirop représente 1 centigramme et demi d’extrait d’opium. Le sirop Diacode est un calmant très
doux, fréquemment employé avec avantage chez les enfants. p. l.
DIAGNOSTIC. — l.e diag nostic est cette partie de la pathologie qui s’occupe de la distinction des maladies, de l’appréciation de leurs caractères et de leurs périodes, etc. Dans le langage clinique on se sert fréquemment d'expressions défectueuses que l’usage a cependant consacrées : ainsi le diagnostic simple consiste à énumérer les symptômes caractéristiques présentés par un malade et à en déduire la nature de la maladie ; le diagnostic différentiel (véritable pléonasme) consiste à mettre en parallèle les maladies qui offrent entre elles quelques points de contact et à en faire ressortir les différences ; le diagnostic par exclusion peut s’appliquer à ces états morbides qui, n’ayant par eux-mêmes rien d’absolument caractéristique, offrent cependant dans leur physionomie des traits qui les distinguent de toutes les maladies, sauf d’une seule ; le diagnostic de celle-là se trouve donc fait par exclusion des autres.
Le diagnostic d’une maladie est un problème dont la solution est plus ou moins difficile ; parfois il se fait d'emblée et avec certitude sur l’existence d'un signe tellement caractérisque, qu’on lui a donné le nom de pathognomonique. Souvent il ne peut s'qppnyer que sur des symptômes communs à des états morbides très divers, n 'ayant par conséquent qu’une signification secondaire. Ce sont ces derniers cas, infiniment plus fréquents que les premiers, qui réclament de la part du médecin l’usage de toutes ses qualités d’observateur et l’application de toutes ses connaissances médicales.
Tout diagnostic se compose de deux parties :
A. La constatation de l’état organique et fonctionnel du malade ; — B. L'interprétation des désordres physiques et fonctionnels que l’on a constatés.
A. Constatation de l’état organique et fonctionnel du malade. — Cette constatation nécessite : 1“ des qualités de la part de l'observateur; 2“ des conditions particulières chez les malades ; 3° de la méthode et des agents spéciaux d’exploration.
1° Qlalités xéckssaip.ks a l'obseuvateuk. — Pour apprécier rigoureusement l'état organique et fonctionnel du malade, le médecin doit être doué de sens fidèles, car la vue, le tact, l’orne, l’odorat sont indispensables à celle observation ; il faut encore que son esprit droit et pénétrant régularise l’action des sens; qu’étranger aux préjugés, aux passions, au parti pris, il ne soit pas disposé à envisager les faits sous un faux jour: que, doué d’une patience à toute épreuve, il procède minutieusement à un examén complet, et qu’enfin ses interrogations ne dirigent pas le malade suivant des idées précon-
çues. Il doit encore posséder ce je ne sais quoi désigné sous le nom de tact médical, précieuse faculté d’inspiration (qui est souvent le fruit de l’expérience et de l’observation méthodique) qui dirige dès l'abord l’esprit du praticien vers la nature véritable du mal qu’il observe.
A ces qualités, plus ou moins innées, le médecin doit joindre une connaissance parfaite de la pathologie tout entière et l'habitude pratique de l’examen des malades.
2“ Conditions pauticuliêbes au malade. — Les difficultés de l’examen peuvent être augmentées par le défaut d’intelligence du malade, qui ne peut rendre un compte exact de ce qu’il éprouve, par cette singulière obstination qui porte certains malades à ne jamais répondre directement aux questions qu’on leur adresse, plus rarement par leur désir de tromper. Enfin les malades privés de connaissance, les jeunes enfants, sont incapables d’exprimer leurs impressions ; dans ces dernières circonstances, c’est par un examen métfiodique que l’on arrive à porter un diagnostic.
3° Méthode et agents spéciaux d’explouation.
— Lorsque le médecin est appelé auprès d’un malade, il arrive souvent qu’à première vue son attention est appelée sur une circonstance ou sur un symptôme assez significatifs pour diriger immédiatement ses recherches vers un but déterminé ou pour circonscrire son diagnostic entre deux ou trois hypothèses ; cette facilité du diagnostic ne doit jamais lui faire négliger un examen méthodique, qui pourra, il est vrai, porter rapidement sur certains points.
En résumé, l’examen du malade se fait: 1° par la vue', 2° ]}a.r V interrogation ; 3° par Y exploration directe des organes.
1° La simple inspection du malade fournit des renseignements sur son âge, son sexe, sa physionomie, son embonpoint, son tempérament, les conditions hygiéniques dans lesquelles il vit ; souvent aussi elle renseigne sur sa profession ; vous reconnaissez sans peine un homme de la campagne, un peintre dont les ongles sont garnis de céruse, etc. ; souvent l’inspection révèle de prime abord l’existence d’une tumeur, d’une éruption, d’une lésion chirurgicale, etc.
Ces diverses circonstances vont naturellement donner une direction particulière à l’interrogation.
2° L'interrogation doit être faite avec prudence, convenance, d’une façon simple, intelligible et méthodique : sans influencer les réponses du malade, elle doit cependant modérer un bavardage inutile.
A une jeune tille on s’abstiendra de parler de la ^ menstruation ; c’est auprès des parents qu’on recueillera les renseignements nécessaires à cet égard ; auprès d’un poitrinaire on ne s'informera pas de l’existence de cette maladie dans sa famille; il faut toujours éviter de prononcer cei lains noms (cancer, phthisie), de laisser paraître son inquiétude, etc.
Le malade renseignera le médecin sur son état de santé liabituel, sa position sociale, ses habitudes, ses maladies antérieures, le début précis de son mal actuel, son siégé, son intensité, les troubles fonctionnels qu’il provoque, etc.
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3° \ ' exploration des organes sera guidée par les renseignements acquis par la vue et l’interrogation ; ils dirigeront les recherches du côté de la poitrine, du ventre, des organes génito-urinaires, etc., etc.
B. Interprétation des désordres physiques et fonctionnels que l’on a constatés. — L’examen du malade ayant donné des renseignements précis sur les troubles physiques et fonctionnels dont il est atteint , il s’agit de les interpréter et d’arriver à formuler un diagnostic.
Parmi ces signes on en a peut-être constaté un dont la valeur était pathognomonique ; dans ce cas ■ le diagnostic est fait de prime abord (mobilité anormale pour une fracture, odeur fétide des crachats pour la gangrène pulmonaire, etc.) ; souvent c’est un ensemble de traits particuliers dont la réunion constitue un signe suffisant; dans d’autres cas le diagnostic est plus difficile, soit en raison de l’absence de certains symptômes, soit en raison de la physionomie particulière imprimée à ces symptômes par les influences étiologiques ou individuelles, soit enfin parce que ces symptômes sont communs à des maladies diverses. Dans ces cas, ou bien on peut arriver par exclusion à formuler un diagnostic, ou bien il faut le réserver jusqu’à ce que la marche de la maladie ait apporté avec elle quelques éclaircissements. D" Léon Moynac.
DIAPALME fEMPLATRE). — L’emplàtre Diapalme, dont voici la formule :
Emplâtre simple 80 grammes
Cire blanche 6 —
Sulfate de zinc 2,50
et qui se prépare en faisant fondre ensemble l’emplàtre ordinaire et la cire blanche, puis en y ajoutant le sulfate de zinc préalablement dissout dans un peu d’eau, est résolutif, astringent et dessiccatif, P, L.
DIAPASON. — On désigne sous ce nom un instrument de physique composé d’une tige d’acier recourbée vers son milieu en deux branches, dont les extrémités libres convergent l’une vers l’autre, une petite tige de fer qui termine une sorte de petit timbre en cuivre lui sert de pied.
Le diapason sert à régler et à accorder ensemble les divers instruments de musique et les voix humaines, en donnant toujours le la de la gamme lorsqu’on le met en vibration, en écartant brusquement ses deux branches au moyen d’un cylindre de fer passé de force entre elles. En 1 839, à la suite d’un congrès de musiciens de tous les pays, on a , décidé que dans le diapason normal, le la devait faire 4.33 vibrations doubles ou 870 vibrations simples à la seconde, à une température de 15 degrés centigrades, l^ar arrêté du 16 février 1839, ce diapason a été déclaré diapason officiel obligatoire pour le Conservatoire de musique et les théâtres de chant subventionnés.
Le diapason sert aussi en médecine. Les médecins qui s’occupent des maladies des oreilles l’emploient pour éclairer le diagnostic de certaines d’entre elles, principalement de la surdité.
D' Paui. Lauarthe.
DIAPHORÈSE. — (V. Sueur, Transpiration.)
DIAPHORÉTIQDES. — Nom donné parfois aux substances employées en médecine comme diurétiques (V. ce mot). P. L
DIAPHRAGMATIQUE. — Nom donné par les anatomistes aux artères, aux veines et aux nerfs qui se distribuent au diaphragme.
Les ARTÈRES DIAPHRAGMATIQUES sout au nombre de quatre : — deux sxipérieures ou sus-dinphragmatiques, qui prennent naissance à la partie supérieure de l’artère mammaire interne, au niveau du sternum, se portent en bas et en arrière, s’insinuent entre la plèvre et le péricarde, s’accotent au nerf phrénique, et descendent avec lui jusqu’au diaphragme, à la face supérieure duquel elles viennent se distribuer; — Les artères diaphragmatiques inférieures, au nombre de deux, qui naissent de l’aorte, immédiatement après son passage au travers du diaphragme, se ramifient à la face inférieure de ce muscle, et s’anastomosent avec les artères diaphragmatiques supérieures et les intercostales.
Les VEINES DIAPHRAGMATIQUES sont au nombre de quatre : — les deux diaphragmatiques inférieures, qui s’ouvrent dans la veine cave inférieure ; — la diaphragmatique supéiieure droite, qui s’ouvre dans la veine cave supérieure; — la diaphragmatique supérieure gauche, qui s’ouvre dans la sous-clavière gauche.
Le NERF DIAPHRAGMATIQUE OU phrénique, situé entre les poumons et le cœur, naît par plusieurs filets des quatrième et cinquième paires cervicaes; souvent aussi de la troisième paire. Il contourne les faces externe et antérieure du muscle scalène, et descend dans le thorax, en dedans de la première côte; il s’insinue entre la plèvre et le péricarde, et arrive jusqu’au diaphragme, où il se ramifie en plusieurs rameaux qui vont à la face supérieure et à la face inférieure de ce muscle. D" j.-a. fort.
DIAPHRAGME. — Le diaphragme est certainement, après le cœur, un des muscles les plus importants du corps huu ain, qu’il divise en deux parties inégales, l’une supérieure ou sus diaphragmatique, l’autre inférieure ou sous-diaphragmatique. C’est donc comme une vaste et large cloison, en forme de voûte qui sépare le thorax de l’abdomen.
Le diaphragme s’insère sur toute la circonférence de la base du thorax : I» en avant et sur les côtés, à l’appendice xiphoïdedu sternum, à la face interne et au bord supérieur des sept ou huit dernières côtes, par des digitations qui s’entre-croisent avec celles du muscle transverse de l’abdomen ; 2“ en arrière, sur le corps des vertèbres lombaires, l'apophyse transvèrse de la première lombaire et le ligament cintré du diaphragme. L’insertion au corps des vertèbres se fait par deux faisceaux appelés piliers. Le pilier droit, plus long, s'insère sur les trois ou quatre premières vertèbres lombaires. Le pilier gauche, plus court, ne s’insère que sur les deux ou trois premières. Les piliers s’envoient réciproquement un faisceau qui s’entre-croise sur la ligne médiane avec celui du côté opposé. Les deux faisceaux réunis séparent les deux orifices œsophagien
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et aorlique. Indépendamment des faisceaux que chaque pilier envoie sur la ligne médiane, il en existe un second qui se porte en dehors pour s’insérer au sommet de l’apophyse transverse de la première vertèbre lombaire, eu formant l’arcade
Fig. 3a.
1. Diaphragme vu par sa face inférieure. — 2. Œsophage. — 3. Ouverture aortique du diaphragme. — 3. Trou par lequel passe la veine cave inférieure. — O Muscle carré des lombes. — 6. Muscle transverse de l’abdomen.
— 7. Portion iliaque du muscle psosas iliaque: on voit qu'elle tapisse toute la face interne de la fosse iliaque : la longue portion descend sur les côtés de la colonne lombaire. — 8 Muscle pectiné. — 9. Muscle couturier.
— 10. Muscle tenseur du fascia lata. — 11. Muscle triceps fémoral. — 12. Aorte. — 13. Artère iliaque primitive droite. — 14. Artère iliaque interne ou hypogastrique. — lo. Artère iliaque externe. — 16. Tronc coeliaque. — 17. Artère mésentérique supérieure. — 18. Artère rénale. — 19. Artère spermatique. — 20. Artère mésentérique inférieure. — 21. Artère circonflexe iliaque. — 22. Artère épigastrique. - 23. Artère et veine sacrée moyenne. — 2 t. Veine cave inférieure. — 23. Veine rénale. — 26. Veiné iliaque primitive du côté gauche. — 27. Veine spermatique. — 28. Reins. — 29. Capstde surrénale. — .30. Uretère. — 31. Rectum. — 32. Vessie. — 33. Canal déférent. — 34. Veine saphène interne. — 33. Ligament suspenseiir de la verge. — 36. Arcade crurale. — 37. Nerf crural placé entre les deux portions du muscle psosas iliaque. — 38. Nerf fémoro-cutané.
du muscle psoas. F.e ligament cintré du diaphragme, encore appelé arcade du mu.scle carré des lombes, est une bandelette fibreuse étendue du sommet de l’apophyse transverse, où se termine l’arcade du psoas, au sommet de la douzième côte.