‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privéeChapitre 177 sur 238 · DYN · texte numérisé non relu

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il y plus de soixante ans et qui eut le rare bonheur de la voir approuvée par l’Académie de médecine en 1841, à la suite d’un rapport de Guéneau de Mussy et Ossian Henry, basé sur de nombreuses observations cliniques prises par le premier dans son service de l’Hôtel-Dieu, et sur l’examen analytique du second au point de vue de sa composition chimique et de sa préparation. Dans ce rapport, les deux savants déclarent formellement que le sirop du D’' Dusourd est « d’un usage très avantageux dans la pratique médicale » parce que « le fer qui s’y présente à l’état de protoxyde est plus apte à être absorbé par les voies digestives, et plus tard assimilé par l’économie animale ».

Cette préparation, qui a l'avantage de ne pas irriter l’estomac et de pouvoir être prise pendant très longtemps et à forte dose sans causer d’accidents, trouve son application dans tous les cas où le fer est indiqué, dans l’anémie, la chlorose, sous toutes leurs formes et dans tous les accidents qui les accompagnent, névralgies, palpitations, maux d’estomac, inappétence, etc., dans l’aménorrhée, la leucorrée, etc.

Le sirop de Dusourd, dont chaque cuillerée à soupe contient 25 centigrammes de principe actif, se donne à la dose de 2 à 6 cuillerées par jour au moment des repas. D’’ c. Sarran.

DYNAMOMÈTRE. — On donne ce nom à des instruments destinés à mesurer la force musculaire d’un individu. On fabrique des dynamomètres de

Fig. 408 — Dynanomètre.

formes diverses. Le plus simple se compose d’un ressort d’acier de forme elliptique, qui plie plus ou moins suivant la pression à laquelle il est soumis, ce qui rapproche les deux branches du ressort et fait marcher une aiguille qui indique, sur un cadran adapté à l’appareil, la valeur de la force musculaire de l’individu en kilogrammes.

Pour se servir du dynamomètre, on le prend dans la main, dans le sens de sa largeur, en ayant eu soin au préalable de placer l’aiguille à 0 ; on le serre en déployant toute sa force, puis on regarde jusqu’à quel chiffre cette pression a fait avancer l’aiguille sur le cadran. Ce chiffre indique en kilogrammes la force musculaire de l’individu.

11 résulte d’un grand nombre d’expériences qu’un homme bien portant de 25 à 30 ans, à une force moyenne de pression égale à 50 kilogrammes. Cette force diminue généralement à partir de la cinquantaine. Chez la femme la force de pression peut être évaluée aux deux tiers environ de celle d’un homme. p,

DYSCHROMATOPSIE. — (Y. Daltonisme, Achromatopsie.) p. l

DYSENTERIE. — La dysenterie est une inffammation ulcéro-membraneuse du côlon, épidémique, contagieuse, caractérisée par du ténesme, des selles muco-sanguinolentes et un état général plus ou moins grave.

La dysenterie est engendrée par un poison spécial dont certains animalcules ou bactéries, découverts depuis longtemps par Lebert, représentent la partie saisissable. La genèse de ce poison nécessite plusieurs conditions, dont les principales sont une température élevée, de brusques variations atmosphériques et l’encombrement. Aussi voit-on la dysenterie régner constamment dans les pays chauds, se montrer dans nos climats sous certaines influences atmosphériques, enfin se développer dans les armées, les villes assiégées, etc.

De plus, la dysenterie est contagieuse ; la contagion s’effectue surtout par la déjection; les personnes affaiblies ou débilitées par n’importe qu’elle cause offrent au développement de ce poison un terrain très favorable. Quelle est la nature de ce poison? Elle nous est inconnue, mais il est probable qu’il est engendré par les matières animales en putréfaction.

La dysenterie se présente sous trois formes : 1“ Elle est endémique, c’est-à-dire qu’elle règne constamment dans les pays chauds, où se trouvent toujours réunies les conditions favorables au développement du poison.

2° Elle est épidémique. — L’épidémie éclate dans la réunion des conditions qui peuvent produire la maladie, telles sont : l'encombrement qui amène l’accumulation des déjections alvines et le défaut de propreté, les fatigues excessives, la mauvaise alimentation, qui débilitent l’organisme. C’est ce qui nous explique pourquoi la dysenterie frappe les armées, les équipages; elle se généralise d’autant plus vite qu’à l’influence épidémique se joint la contagion.

3” Elle est sporadique, c’est-à-dire qu’elle frappe isolément un individu qui s’est refroidi, qui a bu des eaux de mauvaise qualité, mangé des fruits verts, etc.

Que la dysenterie soit légère ou grave, ses symptômes sont de même nature et ne diffèrent que par leur intensité. Ce sont : 1 ° des douleurs affreuses vers le fondement et le sacrum ; 2“ un besoin incessant d’aller à la garde-robe (ténesme rectal) ; 3° des selles muco-sanguinolentes, avec des fausses membranes, etc.; 4° un état général plus ou moins grave.

La dysenterie légère débute souvent sans prodromes; lorsqu’elle va être plus sérieuse, elle peut, pendant deux ou trois jours, être précédée de malaise, de courbature, de frissons et de diarrhée. Dans certaines épidémies, le début est foudroyant, le malade peut être emporté en quelques heures.

Ce sont d’abord des douleurs abdominales assez vagues ; elles ne tardent pas à se localiser dans la fosse iliaque gauche et surtout dans le rectum ; c’est un sentiment de pesanteur, de corps étranger qui éveille au plus haut degré le besoin d’aller à la

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garde-robe. Mais c’est en vain qne le malade cherche à le satisfaire; ses tentatives réitérées ne calment ni les souffrances qui deviennent atroces, ni les besoins qui deviennent constants : c’est ce que l’on nomme ténesme rectal ou épreinles; plus tard, le ténesme vésical peut se joindre au ténesme rectal.

Les premiers efforts exonèrent l'intestin des matières qui s’y trouvent, puis commencent les véritables selles dysentériques; elles sont formées par un mucus transparent, mousseux, jaune ou verdâtre, comparable à du frai de grenouille ou à de la graisse et bientôt coloré en rose ou en rouge par du sang : ce sang est souvent parsemé de pellicules blanches, fournies par la desquamation épithéliale de la muqueuse; chaque épreinte en produit une quantité variable, mais souvent fort petite. Dans les dysenteries légères les selles n’offrent pas d'autres caractères; mais si les ulcérations se produisent, vers le cinquième ou le septième jour les selles deviennent presque complètement sanglantes, elles ont une couleur iie de vin et renferment des lambeaux membraneux ou seulement de petits grains blanchâtres comparables à du sagou, ces lambeaux sont constitués par la muqueuse elle-même ou par les exsudais déposés à sa surface, les petites granulations sont les follicules muqueux.

Plus tard encore, les selles deviennent très fétides, elles ont l’aspect de la lavure de chair et sont formées par un liquide séreux au milieu duquel flottent des débris de fausses membranes et des exsudais. Dans un degré plus gra.ve encore, et presque spécial aux pays chauds, l’intestin se gangrène, le malade expulse de longs cylindres noirâtres et succombe.

La fréquence des selles est très variable, mais toujours considérable, 10 à 12 dans les cas légers ; dans les cas graves, il est presque impossible de les compter ; les malades sont constamment en proie aux plus affreuses épreintes, la peau de l’anus est rouge, excoriée, le passage des déjections détermine un sentiment de brûlure, bientôt le sphincter perd sa contractilité et les matières sont rendues involontairement.

Les cas légers sont apyrétiques, c’est à peine si l’appétit est diminué ; si la dysenterie est plus sérieuse, elle s’accompagne de fièvre et même de nausées et de vomissements ; enfin, dans les cas graves, le pouls faiblit, le teint s’altère profondément, les yeux sont excavés, les lèvres fuligineuses, la prostration extrême, toutefois l’intelligence se conserve jusqu’à la fin.

Dans nos climats, la dysenterie sporadique guérit en quelques jours ; épidémique, elle est plus sérieuse et peut faire de nombreuses victimes ; dans les climats chauds, c’est une des causes de mort les plus communes. La mort survient de plusieurs façons : parfois le malade succombe épuisé, ou bien il est enlevé par un abcès du foie, un érysipèle gangréneux, une pneumonie, etc.

Une dysenterie grave laisse après elle des complications plus ou moins fâcheuses : non seulement une première atteinte prédispose à de nouvelles, mais encore les ulcérations intestinales

peuvent persister, la maladie devient chronique, les douleurs et le ténesme se calment, mais les selles se reproduisent encore plusieurs fois par jour, elles sont sanguinolentes et, malgré un appétit vorace, le malade reste pâle, maigre et d’une faiblesse extrême ; ses membres s’infiltrent et il succombe dans le marasme. Ce n’est pas là assurément le terme fatal de toute dysenterie chronique, mais elle doit toujours être tenue pour très grave. A la suite de la dysenterie, on a encore signalé la paralysie du sphincter anal et celle des membres, les typhlites et pérityphlites, les parotidites, les occlusions intestinales, etc.

Suivant la prédominance de tel ou tel symptôme, on a établi plusieurs formes de dysenteries ; les principales sont ; la forme bilieuse, presque spéciale aux pays chauds et remarquable par les accidents hépatiques, ictère, vomissements bilieux, abcès du foie, etc. ; la forme adynamique ou putride caractérisée par un ensemble des symptômes typho’i’des.

Le pronostic de la dysenterie, léger dans la forme sporadique, devient grave dans les épidémies, très grave dans les pays chauds.

En quoi doit consister le traitement de la dysenterie? Si elle est légère, bornez-vous à prescrire la diète, le repos, les lavements amidonnés avec quelques gouttes de laudanum, des cataplasmes laudanisés, et à l’intérieur une pilule d’extrait théba’ique de S centigrammes ; parfois il est utile de débuter par un purgatif léger. Si elle est plus sérieuse, on peut recourir à l’ipéca, désigné sous le nom de racine antidysentérique. La méthode brésilienne consiste à faire avec 4 à 6 grammes d’ipéca une infusion dans 250 grammes d’eau, on l’avale le même jour en deux fois ; le second jour, nouvelle infusion avec l’ipéca qui a servi la veille, et ainsi de suite pendant cinq à six jours avec le même ipéca.

Les purgatifs peuvent rendre de grands services, surtout le calomel à la dose de 1 ou 2 grammes par jour en dix paquets.

On a préconisé le sulfate de quinine, qui n’est indiqué que lorsque la dysenterie revêt la forme pernicieuse, l’administration du blanc d’œuf en potion ou en lavement.

Si la dysenterie se prolonge, il faut modifier l’état de la muqueuse ; on le peut, soit par l’emploi du nitrate d’argent (à l’intérieur ou en lavement), soit par des lavements de teinture d’iode (10 grammes pour 200 grammes d’eau) avec addition de 1 ou 2 grammes d’iodure de potassium.

D' LÉON Moynac.

DYSMÉNORRHÉE. — On désigne sous ce nom la menstruation difficile et douloureuse, caractérisée par le retard et l’insuffisance de l’écoulement sanguin, et dépendant de causes différentes.

Les symptômes ordinaires de la dysménorrhée peuvent se diviser en trois groupes : 1“ ceux qui sont liés à la congestion utéro-ovarienne ; 2» les symptômes généraux ; 3» les symptômes fournis par le sang menstruel.

Quelques jours avant l’apparition des règles, la femme éprouve un sentiment de chaleur et de pe-

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santeur dans le bas-ventre, qui se gonfle et devient sensible ; elle ressent des douleurs de reins souvent intermittentes, des coliques et des tranchées utérines qui peuvent atteindre une intensité des plus pénibles.

La vulve est tuméfiée, le vagin chaud, baigné de mucosités blanchâtres ; la matrice est lourde, gonflée. Souvent la miction est difficile, les urines rares et foncées; la femme éprouve de fréquents besoins d’aller à la garde-robe, de la diarrhée ou de la constipation.

A ces symptômes locaux se joint un état général particulier et bien caractéristique : l’expression de la physionomie est celle de la souffrance; les yeux cerclés de noir, le regard humide et languissant, la lace pâle et abattue, expriment un sentiment d’ennui, de langueur et de tristesse portée à un tel point que les larmes coulent pour le moindre motif ou bien, et ces variétés dépendent des caractères, la femme devient irascible, emportée, exigeante, acariâtre, et elle est prise d’une attaque de nerfs, etc.

11 existe fréquemment des troubles digestifs , de 1 anorexie, la langue est sèche et grisâtre, l’haleine forte ou fétide, parfois même il se produit des nausées et des vomissements qui ont pu faire croire au développement d’une métrite ou d’une péritonite.

Ces symptômes locaux et généraux se prolongent plus ou moins longtemps; mais dès que le sang s’écoule des parties génitales, il est ordinaire de les voir se dissiper rapidement. Ils peuvent cependant persister avec la même intensité jusqu’à la cessation définitive des règles.

Le sang présente des différences : 1“ dans son écoulement; 2° dans son aspect; 3“ dans sa qualité.

1“ L’écoulement du sang présente des différences souvent en rapport avec la nature de la dysménorrhée : ainsi, une fois établi, il peut se continuer avec abondance et sans douleurs vives, c’est surtout ce que l’on observe dans la dysménorrhée congestive ; ou bien le sang ne sort que goutte à goutte après de vives coliques, puis il s’arrête : dysménorrhée mécanique. Parfois on croit l’écoulement arrêté, et cependant le sang continue à fluer; mais il se coagule dans le vagin , s’accumule derrière ce caillot , et s’échappe tout d’un coup à l’occasion d’un mouvement, etc.

2“ Le sang se présente sous divers aspects, il est souvent pâle, décoloré et fait sur le linge des taches rouges ou rosées à leur centre et d’un blanc jaunâtre à leur périphérie; tantôt il est rendu sous forme de caillots irréguliers ou rappelant plus ou moins par leur forme (triangle isocèle) la cavité de l’utérus dans lesquels ils sont moules.

3“ La quantité du sang expulsé est très variable, parfois elle se rapproche de la ménorrhagie tant elle est abondante, et parfois elle est si faible qu’on ne sait s’il y a dysménorrhée ou aménorrhée ; entre ces deux extrêmes se trouvent tous les intermédiaires.

Caractères spéciaux à chaque variété de dysménorrhée. — Au point de vue pathogénique, la dysménorrhée présente quatre variétés distinctes; ces différences se retrouvent dans leurs caractères

cliniques, aussi allons-nous chercher à mettre en relief les traits qui accentuent la physionomie de chacune de ces variétés.

1° Dysménorrhée nerveuse ou chloro-anémique.

— Celte variété est la plus ordinaire, car c’est elle que l’on rencontre chez les jeunes femmes chloroanémiques et nerveuses ; elle s’annonce par de vives douleurs rénales, un changement dans le caractère, des manifestations hystériques (tristesse, pleurs, rires, crampes d’estomac); ces symptômes vont en augmentant jusqu’à ce que le sang s'écoule ; dès ce moment, les phénomènes pénibles s’effacent, ils peuvent reparaître à l’époque menstruelle suivante, mais présentent souvent une marche très capricieuse. Celte variété de dysménorrhée est, de même que l’état chloro-anémique et hystérique, auquel elle est si étroitement unie, bien plus fréquente à la ville qu’à la campagne; souvent le mariage la modifie heureusement.

2° Dysménorrhée congestive. — Elle est caractérisée non seulement par une exagération des phénomènes congestifs habituels aux règles (pesanteur hypogastrique, tension dans les aines, douleurs utérines), mais encore par une augmentation notable du volume de l’utérus, par une élévalion dans la température du vagin, etc.

Souvent aussi les symptômes de congestion ne se limitent pas à la région utéro-ovarienne, ils s’étendent aux mamelles qui sont gonflées et tendues, au cerveau, aux poumons, etc. : ainsi la face est animée, les yeux sont vifs et brillants, la respiration gênée, etc.

Lorsque ces phénomènes congestifs sont arrivés à leur plus haut degré, le sang commence à couler avec une telle abondance qu’il en résulte une véritable ménorrhagie, assez souvent salutaire, car elle dissipe les phénomènes congestifs.

En général, la dysménorrhée s’observe chez les femmes pléthoriques; cependant, et c’est un fait important au point de vue thérapeutique, elle survient parfois chez les femmes anémiques et chez celles qui sont arrivées à la dernière période de la cachexie, chez celles qui se livrent à un co'it exagéré.

3» Dysménorrhée mécanique. — Résultant d’un obstacle au libre écoulement du sang menstruel, elle est caractérisée par des coliques et des tranchées absolument semblables à celles d’un avortement ou d'un véritable accouchement; ces douleurs, souvent très intenses, sont intermittentes ; elles se dissipent lorsque l’obstacle n’est pas insurmontable, et, dans le cas contraire, se prolongent pendant toute la durée de la période menstruelle, qui d’ailleurs présente les plus grandes irrégularités dans sa durée et la fréquence de ses retours.

Cependant, le sang s’écoule (si l’obstacle est insurmontable, il y a aménorrhée et non dysménorrhée) d’abord sous forme de caillots, puis à flots. La dysménorrhée mécanique est une cause fréquente de métrite interne avec dilatation de la cavité et hypertrophie des parois de l’utérus.

4° Dysménorrhée membraneuse. — Cette variété est caractérisée par l’expulsion de la totalité ou d’une partie de la muqueuse du corps de l’utérus.

La dysménorrhée membraneuse n’est pas une en-

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lilé morbide, elle est toujours symptomatique d’autres altérations de rutérus, altérations fort diverses, telles que catarrhe utérin (Bernutz), congestion trop forte de la mu(|ueuse (Courty), rétrécissement de l’orifice interne du col utérin, etc.

La muqueuse utérine se présente sous divers aspects : tantôt elle est expulsée en entier, tout d’une pièce, sous forme d’une petite poche triangulaire avec un orifice à chacun de ses angles, sa surface externe, rougeâtre, tomenteuse, est hérissée de filaments chevelus, sa surface interne, au contraire, est lisse, régulière, percée de petits orifices visibles à la loupe et qui sont les orifices des glandules.

L’épaisseur des parois varie de 1 â 3 millimètres, elles présentent la texture de la muqueuse utérine (tissu conjonctif avec fibres fusiformes et noyaux, glandes en tubes, épithélium à cils vibratiles). — 11 est assez rare que la muqueuse soit éliminée en entier, souvent elle l’est sous forme de lambeaux plus ou moins étendus.

Il faut rechercher : 1® le mécanisme de l’exfoliation de la muqueuse ; 2» les phénomènes qui accompagnent son expulsion.

1® On peut admettre que l’exfoliation de la mu queuse se rattache à des contractions exagérées de l’utérus qui revient sur lui-même et décolle la muqueuse comme il décolle le placenta après l’accouchement ; or ce décollement de la muqueuse détermine un épanchement de sang entre elle et le tissu musculaire de futérus, ce foyer sanguin ainsi placé devient une nouvelle cause de décollement, etc.

2° Lorsqu’elle est détachée et libre dans la cavité utérine, la muqueuse provoque des contractions expultrices semblables à celles de la parturition, et sous leur influence elle s’engage dans le conduit cervico-ulérin , l’obstrue, et arrête l’écoulement sanguin jusqu’à ce que, chassée par des contractions de plus en plus énergiques, elle soit expulsée au milieu d’un flot de sang ; dès lors les contractions et les tranchées qui en sont le reflet s’apaisent et l’écoulement s'établit régulièrement.

On conçoit les variétés que peuvent présenter ces symptômes suivant les dimensions de la muqueuse qui est expulsée en totalité ou par lambeaux, suivant la durée plus ou moins longue de son expulsion, etc.

La dysménorrhée détermine souvent la stérilité; cette fâcheuse conséquence s’observe plutôt dans les dysménorrhées congestive, membraneuse et mécanique, que dans la dysménorrhée chloro-anéniique.

Les causes diverses de la dysménorrhée donnent lieu à des indications si différentes, qu’il faut, au point de vue thérapeutique comme sous celui des symptômes, étudier à part les quatre variétés de dysménorrhée.

A. Dysménorrhée anémique et nerveuse. — Elle doit être traitée dans l’intervalle des règles et pendant l’époque menstruelle.

Dans l’intervalle des règles, il faut s’attacher à modifier l’état nerveux et chloro-anémique par la médication de l'anémie (V. ce mot).

Au moment des règles, il faut prescrire le repos, les fomentations narcotiques et calmantes, la bella-

done, l’opium; en même temps on active l’apparition du sang par l’usage de Vapiol de Joret et Homolte (une à trois capsules chaque jour jusqu’à ce que le sang coule librement).

D. Dysménorrhée congestive. — Dans l’intervalle des règles, on diminuera l’état congestif de la matrice par les scarifications du col ou par l’application directe de sangsues sur cet organe, la pléthore sanguine par des purgatifs salins répétés, eau de Rubinat, etc.; par l’usage de l’eau de Vichy, du bicarbonate de soude, par une nourriture légère, etc.

Si la congestion est passive, c’est-à-dire s’il y a atonie des organes génitaux, on cherchera à les exciter par l’usage des emménagogues (rue, sabine, seigle ergoté, douches froides, etc.). Aran conseillait les badigeonnages à la teinture d’iode pratiqués sur le col.

Au moment des règles, il faut éloigner toutes les causes [capables d’augmenter l’état congestif de la matrice, et l’on y arrive par le repos absolu, les lavements laudanisés, la médication alcaline à haute dose, et particulièrement l’acétate d’ammoniaque.

C. Dysménorrhée mécanique. — Le traitement est entièrement chirurgical, il s’adresse à l’obstacle qui gène l’écoulement du sang et varie par conséquent suivant la nature de cet obstacle.

S’agit-il d’un rétrécissement? Il faut le dilater progressivement avec des tiges de laminaria ou de petits cônes d’éponges préparées. — En général, ces moyens employés avec persévérance pendant plusieurs mois remplissent le but qu’on se propose; cependant le rétrécissement peut rester rebelle, et alors faut-il l’inciser ou l’abandonner à lui-même? On peut s’arrêter à ce dernier parti, si la dysménorrhée n’est pas très douloureuse; dans le cas contraire, on peut pratiquer le débridement avec un instrument qui rappelle le lithotome de frère Côme. Pendant longtemps, il faut surveiller le pansement et introduire entre les lèvres de la plaie des bourdonnets de charpie imprégnés de glycérolé de tannin, afin de prévenir leur cicatrisation.

S’agit-il d’une flexion? Il y a avantage à obtenir un certain degré de redressement, du moins lorsque la déviation est simple, sans complications inflammatoires et qu’elle est réductible.

S’agit-il d’une tumeur, d’une hypertrophie de la muqueuse, d’un polype, d’un kyste? Le traitement varie avec chacune de ces lésions, cependant l’introduction de l’hystéromètre, souvent indispensable au diagnostic, peut agir très utilement comme moyen palliatif.

D. Dysménorrhée membraneuse, — Nous avons

vu qu’elle se rattache souvent à d’autres altérations de l’utérus, altérations qui réclament des soins spéciaux, qu’elle peut ainsi être directement attaquée par des cautérisations intra-utérines pratiquées avec du nitrate d’argent. D" Léon Moynac.

DYSPEPSIE. — La dyspepsie n’est autre chose qu’une digestion lente, difficile, incomplète et douloureuse. L’homme bien portant ne doit pas avoir conscience de l’acte digestif ; le jour où il perçoit la sensation digestive, il peut dire qu’il y a dyspepsie.

Nous avons vu au mot Digestion, que cet acte est

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complexe, et qu’il y a une digestion stomacale et une digestion intestinale. Suivant que les désordres porteront sur l’une ou l’autre de ces deux digestions, il y aura dyspepsie stomacale ou dyspepsie intestinale.

I. Dyspepsie stomacale. — La dyspepsie stomacale présente plusieurs variétés, tantôt elle est due à des troubles fonctionnels de la muqueuse de l’estomac et de ses annexes, et peut être putride, ACIDE ou PITUITEUSE ; tantôt elle est due à des troubles fonctionnels de la couche musculaire et peut être atonique et flatulente.

a. — Dyspepsie putride. — La dyspepsie putride est celle qui résulte de la diminution de sécrétion du suc gastrique. Voici à quels symptômes on la reconnaît: après avoir pris son repas, le malade éprouve de la gêne, une sensation de barre dans la région épigastrique; son repas ne passe pas, comme il dit. Pendant tout le temps que dure la digestion stomacale, son haleine exhale une odeur repoussante, il a des éructations sulfhydriques ; au bout d’un temps assez long, il a des coliques plus ou moins fortes, qui annoncent que le bol alimentaire a enfin franchi l’orifice pylorique de l’estomac et est passé dans l’intestin. 11 se produit quelquefois des contractions énergiques de l’estomac et des vomissements.

Ces diftérents symptômes s’expliquent par la présence des substances alimentaires azotées qui, par suite du manque de sécrétion du suc gastrique, ne sont pas transformées en peptones, et agissent alors à la façon de corps etrangers.

Dans certains cas, il y a non seulement diminution de sécrétion du suc gastrique, mais encore diminution de son acidité.

Le traitement de la dyspepsie putride consiste à remédier artificiellement à la diminution de sécrétion du suc gastrique d’abord, puis à augmenter l’acidité de ce suc.

On compensera le défaut de suc gastrique, en administrant à l’intérieur un médicament physiologique qui jouit des mêmes propriétés digestives que le suc gastrique, je veux parler de la pepsine animale (Pepsine de Boudault, Elixir de pepsine Calillon à la glycérine, pepsine Chapolaut, Elixir eupeptique de Tisy , etc.) ou encore de la pepsine végétale fournie par le suc du carica papaïa (Papaïne Trouette-Perret). « A côté de la pepsine et peut-être même au-dessus, comme le dit avec raison notre savant ami Dujardin- Beaumetz, il faut placer les peptones. « Celle de Catillon et celle de Chapotaut obtenues avec la pepsine, celle de Defresne obtenue avec la pancréatine, sont d’excellentes préparations françaises, bien supérieures, dit encore Dujardin-Beaumetz, aux peptones d’origine hollandaises, les premières fabriquées, grâce aux travaux de Sanders.

Quant au défaut d’acidité du suc gastrique, on le corrigera en administrant l'acide chlorhydrique ou l’acide lactique. On aura recours de préférence à ce dernier, pur ou même sous forme de phosphate acide, comme dans le vin de Dusart par exemple.

Inutile de dire que le traitement pharmaceutique ne suffit pas pour guérir les dyspepsies putrides ; il faut encore suivre un régime spécial.

On fera usage d’aliments très peu azotés, n’exigeant qu'un faible travail de l’estomac (viandes blanches, œufs, gibiers faisandés, etc.) et on fera dominer les féculents et les légumes ; on boira du vin pur ou légèrement coupé avec l’eau de Saint- Galmier, de Vichy, de Fougues, d’Orezza, de Renlaigue, etc., et à la fin du repas un petit verre de vieille eau-de-vie d’Armagnac ou de Cognac, adoucie par l’addition d’un morceau de sucre. Au déjeuner du matin et dans la journée, en cas de soif, on boira du lait.

On se livrera à un exercice actif, au grand air; on fera de l’hydrothérapie, on prendra des bains aux sels de Pennés, et pendant l’été deS bains de mer.

b. — Dyspepsie acide. — La dyspepsie acide est celle qui résulte d’une exagération de la sécrétion du suc gastrique, dont l’acidité alors devient exagérée.

Les individus qui en sont atteints ont un sentiment de chaleur à l’estomac pendant la digestion ; ils ne peuvent pas faire le moindre excès de table, boire un peu plus que d’habitude sans être malades. La chaleur de l’estomac augmente pendant la nuit, ils ont des régurgitations de matières acides jusqu’au niveau de l’orifice supérieur du pharynx, quelquefois même jusque dans la bouche, régurgitations qui s’accompagnent d’une sensation de chaleur, de brûlure même, tout le long de l’œsophage, et qui ont reçu le nom de pyrosis. Certains malades éprouvent en outre de la cardialgie, d’autres, une douleur vive à la région dorsale. Le vin, l’alcool, les aliments sucrés augmentent tous ces symptômes, et les malades ont sans cesse dans la bouche un goût sûr particulier très désagréable. A une période plus avancée, ils vomissent de temps en temps des matières glaireuses, puis ces vomissements deviennent quotidiens et constituent ce qu’on appelle la pituite, que les buveurs connaissent si bien.

Quel doit être le traitement de la dppepsie acide? Il doit consister à neutraliser l’acidité du suc gastrique et à diminuer sa sécrétion. Les alcalins et les poudres inertes répondent à ces deux indications. Les alcalins, en effet, ainsi que l’a démontré Charles Richet, jouissent à haute dose de la propriété de neutraliser l’acidité du suc gastrique, et les poudres inertes telles que magnésie, bismuth, atténuent la sécrétion du suc gastrique, ainsi que cela ressort nettement des expériences de Claude, Bernard, Blondlot, Schiff, Trousseau, Odier, Patterson, etc. On pourra donc administrer le bicarbonate de soude à la dose de 1 à 2 grammes avant le repas ; ou bien l’associer au sous-nitrate de bismuth, comme le faisait Trousseau. Une excellente préparation, qui jouit d’une réputation universelle, est la poudre de Patterson, composée d’un mélange de sous-nitrate de bismuth et de magné-^^ie calcinée, que dans les cas légers on peut remplacer par les pastilles de Patterson plus commodes à prendre.

Quant au régime alimentaire à suivre, le voici en peu de mots ; les malades atteints de dyspepsie acide boiront du vin rouge de Bordeaux, léger, très peu alcoolisé, naturel autant que possible, et coupé avec de l’eau de Vichy, Fougues, Royat, etc. ; ils

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mangeront des aliments fortement azotés, puisque l’abondance de leur suc gastrique fait qu’ils sont facilement digérés, mais très peu épicés ; ils supprimeront tous les condiments en général, et ne prendront jamais d’alcool ni de vin blanc, pas plus à jeun qu’à la fin des repas.

A la médication et au régime que nous venons d’indiquer, les malades pourront ajouter l’exercice, et même, dans certains cas, comme le conseille Üujardin-Reaumetz, des bains de vapeur, comme les bains turcs par exemple.

c. — Dyspecsie riTLiTEusE. — Cette dyspepsie n’est que la dyspepsie acide, arrivée à son degré le plus grave. Elle exige impérieusement un régime très sévère, difficile à obtenir des malades qui sont tons buveurs endurcis et quelquefois même alcooliques. Nous leur conseillons pac-dessus tout, le lait, qui modère l’acidité exagérée du suc gastrique et laisse reposer leur estomac, tout en les nourrissant suffisamment. II pourront en boire 2, 3 et même 4 litres par jour, coupé avec de l’eau de Vichy, ou simplement additionné par litre de 1 à 2 grammes de bicarbonate de soude. Nous leur recommandons expressément d’en continuer l’usage pendant longtemps, jusqu’à ce que les symptômes d'irritation gastrique soient presque disparus; alors seulement, ils reviendront peu à peu à une alimentation normale, en commençant par des soupes au lait, des semoules, des crèmes, des œufs, pour ne revenir que peu à peu à la viande et au vin rouge. Ajoutons que les eaux de Vichy, de Royat, de Chatelguyon (source Cubler), de Saint-Calmier, de Poug ues, rendent aussi de très grands services.

d. — Dyspepsie atoniql'e et flatulente. — La I dyspepsie atonique est due à des troubles fonctionnels de la couche musculeuse de l’estomac. Cette couche, dans l'acte physiologique de la digestion, a pour rôle de brasser en quelque sorte les aliments et de les imprégner de suc gastrique par une série de mouvements. A l’état normal ces mouvements

> sont rbythmiques et s’exécutent d’une façon réguj lière et constante de la grande courbure de l’esto- I mac vers son orifice pylorique, c’est-à-dire de gauche à droite. Lorsque par une cause ou une autre il y a atonie de la couche musculeuse, il en résulte I un affaiblissement des mouvements péristaltiques I et, comme conséquence, une dyspepsie atonique.

L’individu atteint de dyspepsie atonique, au dé- I but éprouve après le repas une sensation de lour- ! deur, de plénitude de l’estomac, il est forcé de 1 déboutonner son pantalon et son gilet, dont la pression occasionne de la douleur. Au bout d’un certain temps, la maladie faisant du progrès, pen- ' dant chaque digestion, il se produit un gonflement très notable de l'estomac, on voit cet organe se i distendre par les gaz qui s’y développent, se dessiner sous les parois abdominales. La dyspepsie ato- I nique se complique de dyspepsie flatulente, le ma- ! lade bâille, a des éructations nombreuses ; s’il remue et s’agite, il entend dans son estomac un bruit de glouglou dii au choc des liquides et des ' gaz. A la longue, l’estomac n’effectuant que des contractions de plus en plus incomplètes, se disi tend chaque jour davantage et le malade est atteint ' de dilatation de l’estomac.

Le traitement de la dyspepsie atonique consiste à exciter les contractions des fibres musculaires de l’estomac. Dans ce but, on aura recours, dans les cas légers, à la quassia amara sous forme de quassine Frémint, aux préparations de Colombo et de quinquina, telles que le vin de Bellini, Vélixir de Gigon, le liin de Séguin, etc. Dans les cas plus avancés on prendra les préparations strychniques telles que : les gouttes amères de Baume, à la dose de 2 à 5 ; la poudre de noix vomique, à la dose de 5 centigrammes ; la strychnine, sous forme de granules de sulfate ou d’arséniate de strychnine, à la dose de f à 2 milligrammes, à la fin de chaque repas.

Quant aux gaz qui se développent dans l’estomac, dans la dyspepsie flatulente, on les combattra par l’usage des poudres absorbantes dont la poudre de Patterson représente un des meilleurs types.

Dans les cas où la dilalation de l’estomac est trop prononcée, on a proposé l’emploi de la pompé stomacle, mais ce procédé n'a pas donné de -bons résultats et on l’a presque complètement abandonné, pour le remplacer par le lavage de l’estomac qui réussit fort bien dans bon nombre de cas. Le lecteur trouvera à l’article Estonot-, à l'alinéa' consacré à la ditatation de cet organe, tous les détails nécessaires sur le lavage de l’estomac.

Depuis que Furstner et Neffel ont démontré qu’on peut réveiller les contractions de l’estomac en employant des courants induits et intermittents faibles, plusieurs médecins ont employé l’électricité contre la dyspepsie atonique et flatulente, et en ont retiré de bons effets, à la condition, comme le recommande Onimus, de renouveler les séances tous les jours. On place d’abord le pôle positif sur la paroi abdominale au niveau de l’estomac et le pôle négatif au niveau de la troisième vertèbre dorsale, et on fait passer pendant quelques minutes un courant de 30 éléments. Puis on place le pôle positif sur la grande courbure de l’estomac et le pôle négatif sur la petite courbure, et on fait passer encore le courant pendant quelques minutes, en lui faisant subir des interruptions, pour exciter les contractions des parois de l'organe.

On a aussi conseillé l’hydrothérapie, et notre savant collaborateur et ami Beni-Barde a obtenu de bons résultats de la douche épigastrique froide ou alternative. On peut en même temps conseiller utilement aux malades l’usage quotidien de ht ceinture humide.

Outre les moyens thérapeutiques que nous venons d’énumérer, il faut encore recommander aux malades un régime sévère. Ils devront faire usage d’aliments qui, sous un petit volume, soient bien nutritifs et très digestibles, tels que les viandes noires rôties et saignantes, le gibier faisandé, etc. Ils boiront du vin et de-l’eau en très petite quantité. Ils éviteront de s’endormir après les repas et se livreront au contraire à un exercice régulier en plein air et auront bien soip. d’entretenir la liberté du ventre.

Dyspepsies intestinales. — On a vu au mot digestion que trois éléments concourent à la digestion intestinale ; le suc intestinal et le suc pancréatique qui, ce dernier surtout, émulsionnent les corps gras, transforment les féculents en glucose et les

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aliments azotés en peptone et en albuminose, et la bile qui par sa présence excite les contractions intestinales et joue un rôle excrémentitiel.

Lorsqu’il y a diminution de sécrétion d’un de ces trois principes, il y a dyspepsie intestinale. Celle-ci peut aussi résulter soit d’une digestion incomplète des substances amyloïdes et amylacées, soit d’une trop grande abondance de matières grasses dans le bol alimentaire. La dyspepsie stomacale putride, dans laquelle, comme nous l’avons vu, la sécrétion du suc gastrique est insuftisante, peut aussi être une cause de dyspepsie intestinale. En effet, les matières albuminoïdes, par suite de celte diminution du suc gastrique, n’étant pas peptonisées dans l’estomac, passent non digérées dans le tube digestif où, vu leur trop grande quantité, les sucs intestinaux et pancréatiques ne peuvent les digérer en entier.

Les malades atteints de dyspepsie intestinale éprouvent des douleurs abdominales plus ou moins vives, des borborygmes, des coliques plus ou moins fortes, une distension plus ou moins grande des anses intestinales, et parfois une diarrhée d’intensité variable.

Le traitement consiste à fournir à la masse alimentaire le surplus de suc pancréatique qui lui manque pour être digérée. Pour cela, on fait usage de la pancréatine, principe retiré par Defresne du suc pancréatique, possédant toutes les propriétés de celui-ci et qui est connu sous le nom de pancréatine Defresne. Uélixir eupeptique de Tisy à base de pancréatine de pepsine et de diastase peut aussi être employé. Les flatuosités seront combattues par les poudres absorbantes, comme dans la dyspepsie flatulente stomacale.

Quant au régime alimentaire, il devra se composer d’aliments azotés, très nourrissants, sous un petit volume, et ne compter que peu de graisses, puisque celles-ci ne sont digérées que par le suc intestinal et le suc pancréatique.

Telles sont les principales variétés de dyspepsies de l’estomac et de l’intestin. Elles s’observent rarement séparément, et chez bon nombre de malades il y a en même temps dyspepsie de l’estomac et dyspepsie de l’intestin, avec prédominance de Tune ou de l’autre.

Ajoutons en terminant que, indépendamment des diverses variétés de dyspepsies dont nous venons de parler, il y a encore ce qu’on peut appeler les dyspepsies secondaires , c’est-à-dire des dyspepsies liées tantôt à un état particulier des principaux organes abdominaux : foie , vessie, utérus, qui ont reçu les noms de dyspepsie hépatique, dyspepsie urineuse, dyspepsie utérine-, tantôt liées à un état général ou diathésique de l’individu, anémie, chlorose, goutte, rhumatisme, etc., et dans ces cas on dit qu’il y a dyspepsie chlorotique, goutteuse, rhumatismale, etc. Dans toutes ces dyspepsies secondaires, est-il besoin de le dire, on devra joindre au traitement de la dyspepsie même, celui de l’affection spéciale à laquelle elle est liée.

D' Paul Labarthe.

DYSPHAGIE. — Mot employé en médecine pour désigner la difficulté de la déglutition. La dysphagie

peut être due à différents obstacles siégeant dans la bouche, dans le pharynx ou dans l’œsophage, tels que sécheresse de la bouche et diminution de la salive, perforation de la voûte palatine, glossite, hypertrophie des amygdales, polypes naso-pharyngiens, angine diphthéritique, spasmes et paralysie des muscles du pharynx, rétrécissement de l’œsophage, etc. P. L.

DYSPNÉE. — Mot employé en médecine pour désigner la fréquence et la gêne de la respiration. La dyspnée est un symptôme qui s’observe dans un certain nombre de maladies, telles que la pleurésie, la pneumonie, l’emphysème, l’angine de poitrine, le spasme de la glotte, le croup, etc. p. l.

• DYSTOCIE. — La dystocie est la partie des sciences médicales qui traite des accouchements laborieux. En effet , bien que l’accouchement soit une fonction naturelle, des circonstances peuvent se présenter qui nécessitent l’intervention plus ou moins active de l’accoucheur.

Les difficultés à l’accouchement peuvent provenir : 1° de la mère ; 2° du fœtus ou de ses annexes.

Du côté de la mère, on peut observer des contractions utérines trop lentes, irrégulières, ou au contraire trop énergiques, qui obligeront le médecin à recourir à la rupture prématurée des membranes, à la saignée, aux inhalations de chloroforme ou à l’application du forceps (V. ces mots).

Le bassin mal conformé, rétréci dans ses dimensions par rachitisme, par ostéomalacie, par luxation coxo -fémorale, par cyphose, par soudure d’une articulation sacro-iliaque ou par une tumeur osseuse, est une des causes les plus fréquentes d’accouchement laborieux nécessitant l’emploi de l'avortement provoqué, de l'accouchement prématuré artificiel, du forceps, du céphalotribe et du crâniotome ou de l'opération césariemie.

Une trop grande résistance des parties molles et plus particulièrement de la vulve et du périnée. Les vices de conformation, les tumeurs de la vulve et du vagin, \' oblitération partielle ou complète du col de l'utérus, les tumeurs développées sur l’une ou l’autre des lèvres du col, enfin le cancer de cet organe obligent à des débridements et à l’emploi du forceps.

Les tumeurs fibreuses de X utérus , quand elles plongent dans l’excavation au point d’obstruer plus ou moins complètement le canal pelvien, et qu’elles ne se déplacent pas sous l’influence des contractions utérines, pendant le travail de l’accouchement, peuvent contraindre l’accoucheur à recourir soit au forceps, soit à la version , ou même à l'embryotomie ou à l'opération césarienne.

Les ruptures de l’utérus nécessiteront l’emploi du forceps ou de la version, ou la gastrotomie. Celles du vagin le forceps.

L'hémorrhngie grave dont la cause est presque toujours pendant la grossesse ou le travail de l’accouchement, Xinsertion vicieuse du placenta, sera combattue d’abord par le tamponnement, tant que l’orifice utérin ne sera pas dilaté , puis, quand on le pourra, la version podnlique ou l’application du forceps permettront de terminer l’accou-

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