‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privéeChapitre 178 sur 238 · LYS · texte numérisé non relu

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clieinent au plus vite dans l’intérêt de la mère et de l’enfant.

Les vo'iiissements incoercibles obligent souvent à interrompre la grossesse par Vavorieiiient provoqué, et Véclamiisie nécessitera après la saignée une déplétion rapide de l’utérus soit par une version, soit par une application du forceps. Je ne parle pas ici des divers médications qui ont été proposées contre l’éclampsie V. ce mot).

Enfin, après la naissance de l’enfant, l'hémorrhagie post partum sera presque toujours arrêtée par la délivrance artificielle suivie de l’administration du seigle ergoté.

L’enfant peut être d’un volume exagéré tout en étant régulièrement constitué. Dans ce cas, le forceps trouvera encore une fois son emploi. La présenta'ion est quelquefois irrégulière, et, bien que généralement ces irrégularités au début, disparaissent graduellement à mesure que le travail avance, il en résulte souvent une certaine lenteur, et une fatigue telle pour la mère qu’on est obligé de terminer par l’application du forceps.

Il peut arriver que le temps de rotation interne ne s’accomplisse pas, malgré des contractions utérines énergiques. C’est encore au forceps qu’on s’adressera pour hâter l’accouchement.

Dans les présentations du tronc, la version soit

céphalique par manœuvres externes, soit podalique par l’introduction de la main et la recherche des pieds, est une opération indispensable, sitôt que l’orifice utérin est assez dilaté. Si le travail a duré trop longtemps et que la partie du tronc qui se présente est trop engagé dans le bassin pour permettre le passage de la main de l’accoucheur, on devra, si le fœtus est trop gros pour exécuter une version spontanée, recourir à l'embryotomie.

L'hgd) océphnlie, l'ascite, la rétention d’urine, nécessitent souvent la ponction.

Si le cordon ombilical vient faire procidence on tâchera d’abord de le remonter au-dessus de la tête fœtale, puis, sitôt que l’orifice sera assez dilaté on s’empressera de terminer l’accouchement par le forceps ou la version. On agira de même dans le cas de procidence d’un ou de plusieurs membres avec la tête (V. tous ces mots). D' a. de Soyre.

DYSURIE. — Mot employé en médecine pour désigner la difficulté d’uriner, que l’émission des urines soit lente, pénible ou douloureuse. La dysurie s’observe dans certaines maladies de l’appareil urinaire, telles que blennorrhagie aiguë, rétrécissements de l’urètlire cystite, calculs urinaires, paresse vésicale, etc. On l’observe aussi dans plusieurs maladies générales graves. l. p.

niCTIONNAIRE POPULAIRE DE MÉDECINE USUELLE.

EAUX' BONNES (eaux minérales des). — Eaux- Bonnes est un village des Basses-Pyrénées, situé à 750 mètres au-dessus du niveau de la mer, au fond de la vallée d’Ossau, qui possède des sources minérales sulfurées sodiques qu’on emploie contre les affections de l’appareil respiratoire, laryngites pharyngites chroniques, asthme, phthisie, etc.

EAUX-CHAUDES (Eaux minérales des). — La station des Eaiix-Cliaudes, voisine des Eaux Bonnes, dont elle n’est séparée que par une distance de 6 kilomètres, à l’extrémité de la vallée d'üssau, possède des eaux minérales sulfurées sodiques qui ont les mêmes applications que les Eaux-Bonnes.

EAUX MINÉRALES. — Définition. — Pour nous, une bonne définition des eaux minérales serait celle qui concilierait les exigences de la physique, de la chimie, de la géologie et de la médecine, appelées à un concours simultané dans leur étude. Or parmi les nombreux auteurs qui ont écrit sur les eaux minérales, un seul, M. Jules Lefort, a donné une définition remplissant ces quatre conditions. Nous dirons donc avec ce savant hydrologue : On doit entendre par eaux minérales toutes celles qui, en raison soit de leur température, bien supérieure à celle de l’air ambiant, soit de la quantité et de la nature spéciale de leurs principes salins et gazeux, sont ou peuvent être employées comme agents médicamenteux.

Caractères. — Les caractères que présentent les eaux minérales, en général, peuvent être divisés en trois grandes classes : 1° les caractères physiques; 2° les caractères chimiques ; 3° les caractères physialoifiques et t hérapeidiques.

1° Caractères physiques. — Les principaux caractères des eaux minérales qui frappent nos sens sont : la couleur, \ odeur la saveur, la limpidité, Youctuosité, la densité, la thermalité QiV électricité.

Cauleur. — Les eaux minérales sont en général incolores, lorsqu’on les examine en petite quantité et au moment où elles arrivent à la surface du sol. Vues, lorsqu’elles sont en grande quantité dans les

baignoires ou les piscines, elles présentent quelquefois une couleur verdâtre que les auteurs attribuent presque toujours à un effet d’optique. Cependant, dans certains cas, cette couleur est due à la présence, dans les bassins, de plantes aquatiques, de conferves, etc. Enfin, il est certaines eaux minérales qui présentent des colorations particulières dues à la nature de leur principes minéralisateurs.

Odeur. — Presque toutes les eaux minérales répandent une odeur quelconque, variable suivant les principes qui entrent dans leur composition. Ainsi, elles dégagent toujours une odeur d'œufs pourris, quand elles contiennent du soufre. Elles ont une odeur piquante, lnrs(|u’elles renferment de facide carbonique ; bitumineuse et marécageuse, quand elles ont traversé un sol marécageux ou bitumineux, etc.

Saveur. — Leur saveur est encore plus variable que leur odeur, et diffère avec les principes qui les constituent. Quelquefois tout à fait nulle, elle est dans d’autres cas agréable ou nauséabonde, salée ou saumâtre, aigrelette ou piquante et amère, styptique, etc.

Limi'idité. — Presque toutes les eaux minérales, au sortir des griffons, sont d’une limpidité parfaite, surtout celles qui ont traver>é des terrains volcaniques ou primitifs. On trouve quelquefois des parcelles de matières minérales en poudre fine dans les eaux qui viennent des terrains secondaires ou tertiaires; enfin, certaines eaux ferrugineuses bicarbonatées ont leur limpidité altérée par foxyde de fer qu’elles renferment en suspension.

Oiictui'sité. — De toutes les eaux minérales, celles des Pyrénées, qui sont les plus riches en matières organiques, sont les plus onctueuses; ce qui semblerait prouver que c’est à la matière organique qu’est dû ce caractère des eaux. Telle est du moins l’opinion de certains auteurs. Telle n’est pas celle de M. Filhol, qui prétend que les eaux sulfureuses d’une température très élevée ne sont pas onctueuses, et que, par conséquent, la matière organique pas plus que les sels minénuix n’ont aucune influence sur la production de ce phénomène.

Densité. — Toutes les eaux minérales possèdent une densité plus grande que l’eau distillée. Toute-

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fois la différence est très minime et varie de 1 à O millièmes.

TherinalUé. — La chaleur naturelle des eaux minérales est un de leurs caractères physiques les plus curieux, .\ussi, a-t-il de tout temps excité les recherclies des savants. Les uns, avec Aristote, expliquent la thermalité des eaux minérales par la chaleur solaire qui pénidre dans l’intérieur du globe et est absorbée par les eaux situées dans des couches profondes. Les autres, avec Sénèque, Agricola, .Vpulée, etc., prétendent que la chaleur des eaux miné'rales a son point de départ dans les foyers souterrains; Mileus l'attribue à l’action des vents chauds qui existent dans le centre de la terre; enfin, Albert le Lrand, La Place, Herzélius et presque tous les auteurs modernes expliquent l’origine des eaux thermales de la façon suivante : pour eux, elles sont le résultat de courants aqueux souterrains qui, échauffés par l’action de la chaleur centrale de la terre, viennent enfin jaillir à la surface du sol. C’est à cette dernière théorie iiue nous nous rallions.

La température des eaux minérales varie de 80“ centigrades(Chaudesaigues)à 7“centigrades(Forges). Elle peut être influencée par les tremblements de terre, les éruptions volcaniques, le mélange des eaux mal captées avec des eaux froides, les variations atmosphériques, les changements de saisons, etc., etc.

Élpctricitfi. — De certaines expériences auxquelles s’est livré Scoutetlen devant plusieurs médecins hydrologues, dans plusieurs stations thermales, et (jui ont été présentées à l'Académie des sciences en 1865, il semblerait résulter : 1“ que rélectricité se développe dans toutes les eaux minérales, proportionnellen)ent aux actions chimiques que déterminent les éléments chimiques, lorsqu’ils existent dans des rapports favorables à des combinaisons nouvelles; 2“ que l’électricité est d’autant plus grande que la température est plus élevée.

2“ CAiiACrèitES CHi.MiQUES. — Les caractères chimiques des eaux minérales varient avec les substances miiiéralisatrices qu’elles renferment. "Voici la liste de celles que l’on a rencontrées jusqu’ici dans les diverses eaux minérales:

SiiOsiaiices indijférentes aux réactifs. — Gaz azote, gaz oxygène et air atmosphérique, hydrogène carbone, gaz ammoniac.

SuO.fti.nces acides. — .Acides cabonique, sulfurique, sulfureux, sulfhydrique, chlorhydrique, phosphorique, boritjue, silicique, azotique, crénique, apucrenique, géique, mellitique g?) acétique ?).

Substances .salmes. — Carbonates de chaux, de magnésie, de soude, de potasse, de fer, de manganèse, destrontiane, de lithine, d’ammoniaque. — Bicarbonates et sesquicarbonates : de chaux, de magnésie, de .sonde, de potasse, de fer, de manganèse, de cobalt, de nickel, d’ammoniaque, de strontiane, de cuivre, de lithine. — Sulfates de chaux, de magné- .sie, d’alumine, d’alumine et de potasse, d’ammoniaque, de fer, proto et sesquioxyde de manganèse, de strontiane, de cuivre, — Phosphates de chaux, d'alumine. — Sulfites de chaux, de soude, de magnésie, de potasse. — Ilyposultites de chaux, de soude, de magnésie, de potasse. — Borates de chaux, de soude.— Silicates de potasse, de soude, de chaux,

d’alumine, de fer, d’yttria, de glucine, de zircone, de lithine. — Azotates de potasse, de soude, de chaux, de magnésie. — Arséniates de soude, do chaux, de fer, de manganèse. — Arsénites de soude, de chaux, de fer. — Acétate de potasse.

Sels hatdidps et sulfo>els. — Sulfures de calcium, de sodium de potassium, de magnésium, de fer, de manganèse, d’arsenic. — Arséniures de fer, de nickel, de cobalt? — Chlorures de calcium, de manganèse, de sodium, de potassium, de lithium, d’ammonium, de gliicynium. — Bromures de calcium, de magnésium, desodium, de potassium. — lodures de calcium, de magnésium, de potassium, de sodium, de fer, de manganèse.

A’ bshnice.'i orf/anK/ups. — Bitumes, pétrole... conferve.s, animaux infusoires. — Matière organique de l’h umus.

Substances indiquées, mais encore douteuses. ■ — Acide titanique, tungstène, tantale, molybdène, cérium, yttria, étain, argent, acide mellitique, mercure.

Ainsi, jusqu’à présent, grâce à l’analyse chimique, on a découvert dans les eaux minérales 127 substances, dont 112 minérales, 8 organiques et neuf encore douteuses. Toutefois, le nombre des principes minéralisateurs qui se trouvent en proportions suffisantes pour produire des effets physiologiques et thérapeutiques, est assez minime, et l’on peut dire hardiment que les éléments essentiels que l’on rencontre dans les eaux minérales sont le chlore, le carbone, le soufre et leurs combinaisons avec la soude, la magnésie et la chaux, le fer, le manganèse, l’iode, le brome, la silice et l’arsenic.

Parmi les principaux modificateurs des eaux minérales, il faut placer la température, qui joue un rôle important dans les opérations chimiques et exerce une influence réelle sur la densité de l’eau. Viennent ensuite le captage des sources, le mélange de celles-ci avec des eaux étrangères provenant de neiges fondues, de pluies ou de sources voisines, enfin les variations atmosphériques et météorologiques, les tremblements do torre, etc.

3“ Car.vctèi’.es physiologiques et théuapku tiques. — 11 est aujourd’hui incontestable pour tout le monde que les eaux minérales jouissent de vertus médicamenteuses. Le principe de ces vertus touche à tous les éléments qui constituent le vaste problème des eaux minérales, c’est assez dire qu'il est complexe. 11 faut donc chercher l’explication des effets thérapeutiques des eaux minérales dans un ensemble de conditions qui se rapportent, soit aux propriétés dynamiques des eaux, soit à leurs propriétés physiques, soit enfin à leurs propriétés chimiques. Nous parlerons plus loin de l’influence du mode d’emploi des eaux sur leur puissance médicatrice. Nous devons nous occuper de la triple action médicamenteuse des eaux minérales qui résulte naturellement de leur nature intime.

1“ Action dynamique. — On sait que les malades qui se rendent aux diverses stations thermales absorbent une grande quantité d’eau par l’estomac ou par la peau Cette quantité s’élève en moyenne à 2 kilogrammes par jour, si l’on pense aux diverses circonstances qui favorisent l’absorption. On sait, en effet, que les malades boivent beaucoup, pren-

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nent des bains répétés et prolongés; que certaines eaux sont d’une digestion facile, grâce à leur thermalité, aux sels et à l’acide carbonique qu’elles contiennent, toutes conditions qui sont en faveur de notre appréciation.

Celte grande quantité d’eau, abstraction faite des principes minéralisateurs qu’elle peut contenir, introduite chaque jour dans l’économie et pendant un temps plus ou moins long, exerce bien évidemment une action dont il faut tenir compte : « Absorbée par les vaisseaux veineux, dit Herpin , cette eau passe dans le sang, se mêle à lui, le délaye, le fluidifie; en circulant dans le sang, elle pénètre dans l’intérieur des viscères, des organes, et jusque dans les plus petites ramifications des vaisseaux et des tissus les plus fins; elle les lave, les nettoie; elle dissout et entraîne les substances hétérogènes, morbides ou normales qui s’y trouvent accidentellement déposées. Reprise ensuite par les organes excréteurs, l’eau est rejetée au dehors de l’économie par toutes les voies excrétoires, soit par le canal intestinal; soit parles reins et la vessie, avec les urines; soit par la peau sous la forme de sueurs abondantes, d’éruptions; soit enfin par l’expectoration même, entraînant avec elles les substances utiles ou nuisibles, dont elle s’est chargée pendant son parcours à travers les tissus des divers organes, et dont l’économie générale se trouve ainsi purgée et débarrassée. »

Un grand nombre de sources ne possèdent d’autre propriété médicamenteuse que cette action mécaniquement dépuralive de l’eau.

A côté de cette expulsion de tous les matériaux nuisibles qui encombrent l’économie, il faut placer l’assimilation des éléments consiitutifs pleins de vie, de force et de santé , s’opérant sous l’influence de conditions d’hygiène et de salubrité parfaite, et alors on comprendra aisément les résultats surprenants que donnent certaines sources qui n’ont qu’une minéralisation très faible et nulle.

2" Action physique. — Nous ne voulons parler que de la thermalité, c’est à-dire de la température des eaux minérales supérieure à la température ordinaire. Cette thermalité favorise beaucoup les propriétés dissolvantes des eaux indiquées plus haut. Elle facilite leur pénétration et rend la circulation du sang plus active et plus rapide en dilatant les solides et les liquides de l’économie. De plus, à l’intérieur, elle porte dans l’estomac une chaleur qui le stimule, éveille sa vitalité, et concourt ainsi à la réparation des forces de l’organisme Enfin, à l’extérieur, en bains, elle détermine sur la peau une réaction qui attire à sa surface des éruptions et des exanthèmes, et occasionne ainsi une dérivation souvent très importante dans certaines affections.

3° Action chimique. — « Entraîné par l’absorption, dit {'Annuaire des eaux de la France , jusque dans les ramifications les plus dél ées du système vasculaire, le liquide minéral pénètre tous h‘S tissus de l’économie et leur communique un nouveau mouvement, une nouvelle vie, d’où résulte une excitation plus ou moins marquée de tout l’organisme ; vers le cinquième ou le sixième jour de la cure thermale, il survient des lassitudes, du dégoût, de 'insomnie, et un mouvement fébrile; les douleurs

anciennes se réveillent, les affections chroniques, telles que le rhumatisme, les névralgies et les dermatoses, passent à un état momentanément aigu, transformation le plus souvent favorable à leur amélioration. Le malade ne doit pas s’inquiét-r de ces recrudescences, qui se dissipent ordinairement en peu de jours, même en continuant les eaux. Elles sont parfois suivies de crises par les urines, les selles, les sueurs, ou par des éruptions cutanées ; c’est donc dans l’excitation de l’organisme et de la partie malade que réside la principale force médicatrice des sources sanitaires; lorsque cette excitation est lente, modérée, elle facilite la solution des maladies chroniques; mais, trop forte, elle les exaspère, ranime les inflammations latentes, et précipite les progrès des dégénérescences organiques.

« Le talent du médecin des eaux consiste principalement à maintenir cette excitation dans des limites convenables, à la doser suivant la nature, la période de la lésion morbide et le tempéramment du malade. Ce mode excitant, commun à la plupart des sources, est facile à constater en étudiant leurs effets physiologiques, soit en boissons, soit en bains ; mais les eaux qui renferment un principe actif prédominant, tel que le soufi-e, le fer, le bicarbonate de soude, etc., possèdent, outre l’action excitante, une action spéciale, altérante, qui modifie nos humeurs dans les maladies diathésiques ; ainsi les eaux sulfurées se montrent plus aptes que celles d’une autre classe pour guérir les dermatoses, le rhumatisme, les scrofules, etc., les eaux acalines diminuent la plasticité du sang, impriment un caractère alcalin aux sécrétions acides, liquéfient la lymphe, la bile, et sont favorables pour résoudi-e les engorgements passifs des viscères abdominaux ; les eaux ferrugineuses agissent sur l'hématose, donnent au sang plus de plasticité et aux tissus plus de tonicité. En résumé, les eaux minérales, par leur mode excitant, relèvent graduellement les forces singulièrement affaiblies dans les maladies de long cours, et substituent à un état chronique, un état momentanément aigu, qui réveille les organes engourdis, active les sécrétions et provoque des crises salutaires par les urines, les sueurs, etc. ; tandis que leur mode altérant ramène, par un travail lent, insensible, mais continu, les liquides altérés à leur état normal. De cette simultanéité d’action résulte une puissance curative à nulle autre pareille, pour le traitement des affections chroniques. »

11 résulte de ce que nous venons de dire des actions dynamique, physique et chimique des eaux minérales que, bien que par des voies différentes, elles concourent toutes au même but.

Toutefois, nous devons ajouter, pour être complet, que certaines conditions étrangères aux eaux elles-mêmes secondent d’une manière remarquable leur action spécifique. Ces conditions sont météorologiques , hygiéniques et morales. Parmi les premières, nous citerons le climat et l’altitude de la staiion thermale, le degré d’humidité ou de sécheresse de l’air, les courants d’air, les variations plus ou moins brusques de la température, la saison à laquelle on prend les eaux, etc. Parmi les

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secondes, figurent les conditions hygiéniques qui se rapportent aux habitudes extérieures, telles que la promenade, l’exercice, le repos, etc., et celles qui se rattachent plus particulièrement au régime alimentaire. Enfin les conditions morales sont l’ab sence de toute préoccupation, soit de son mal, soit de ses affaires, et une tranquillité absolue jointe à une grande confiance.

Mode d’administration des eaux minérales. — Nous avons dit plus haut ctimbien était grand le rôle que joue le mode d’administration des eaux dans les manifestations de leurs effets thérapeutiques. Nous allons donc passer en revue les principaux modes d’administration des eaux minérales.

Les eaux minérales se prennent de six manières différentes: 1“ en boisson; 2“ en bains ; .3° en douches; 4° en inhalation ; 5° en vapeurs; 6“ en boues.

1“ Eaux minérales en boisson. — Presque toutes les eaux minérales se prennent à l’intérieur. Il en est même un certain nombre qui sont exclusivement employées en boissons. Les eaux se prennent à des doses variables, La quantité prescrite varie entre un quart de verre et six à huit verres. Toutefois, on a vu des malades arrivera tolérer cinquante verres par jour pendant quinze ou vingt jours, et M. Auphand rapporte le cas d’un individu auquel il a vu boire impunément loO verres par jour des eaux sulfurées d’Euzet.

La plupart des baigneurs se figurent que plus ils boivent, plus ils seront soulagés promptement. C’est là un préjugé absurde qu’il importe de détruire. Lorsque la quantité d’eau minérale ingérée est trop grande, l’absorption du liquide se fait mal, et incomplètement. De plus, et ceci s’observe surtout dans les maladies des voies digestives et respiratoires, il arrive que l’on provoque sur le tube intestinal une fluxion permanente qui a pour première conséquence l’inflammation Les baigneurs devront donc préférer les doses modérées, et, ce qui vaut mieux, s’en rapporter à ce que leur dira à ce sujet le médecin des eaux.

Les eaux se boivent le matin à jeun, parce que l’estomac est alors vide d’aliments et depuis ass^'Z longtemps en repos, deux conditions très bonnes pour une absorption sûre et rapide. Il faut de plus, et ceci est très important, boire les eaux à la source. C’est là, en effet, et là seulement, qu’elles contiennent tous les principes rninéralisateurs. Enfin il faut boire chaque verre doucement, lentement, de façon à ne pas surprendre l'estomac et à ne pas le distendre subitement, comme cela arrive lorsqu’on avale tout d’un trait et précipitamment. Beaucoup de personnes ont l’habitude de faire entre chaque verre une petite promenade. C’est là une bonne pratique. Nous n'en dirons pas de même de celle qui consiste à mêler des sirops ou des essences aux eaux dont le g"ùt est désagréable, afin de le masquer. On doit toujours boire les eaux telles qu’elles sortent de la source, quels que soient son odeur et son goût. D'ailleurs on s’accoutume vite, et, au bout de quelques jours, on finit par trouver agréable une eau qui vous répugnait tout d'abord.

2* Eaux minérales en baies. — Les eaux minérales sont prises le plus habituellement sous forme de bains.

La température des bains influe d’une manière remarquable sur leur action physiologique et thérapeutique. Ainsi, lorsqu’elle descend au-dessous de 30“ à 35“ l’exhalation cutanée s’arrête et l’absorption commence: lorsqu’au contraire la température s’élève au-dessus de 30“, l’absorption s’arrête, et l’exhalation se manifeste avec une activité qui est en raison même de la chaleur du bain, comme l’a justement écrit le docteur Roubaud. Donc, suivant que le médecin voudra activer l’absorption ou l’exhalation cutanée, il ordonne.'’a des bains au-dessous ou au-dessus de 35°. Toutefois, il devra tenir compte de la constitution et des forces du malade.

On peut dire, en règle générale, que la température des bains d’eau minérale ne doit pas dépasser 30“ à 35".

Dans certaines stations thermales où les eaux n’atteignent pas ou dépassent cette température moyenne, on est obligé soit de chauffer les eaux, soit de les laisser refroidir ou de les mélanger avec de l'eau froide. Nous ne saurions trop nous élever contre ces diverses opérations, qui enlèvent aux eaux quelques-uns de leurs principes minéralisateurs, et par conséquent les empêchent de produire les effets thérapeutiques que leur composition chimique faisait espérer.

Comme la température, la durée des bains exerce une influence sur leur action thérapeutique, et, comme elle, elle doit être subordonnée aux mêmes conditions. Cependant, pour le plus grand nombre des malades, la durée doit être d’une heure environ.

Quant aux heures des bains, il est évident que les plus propices sont celles qui précèdent les repas. Or comme en France on mange vers dix heures du matin et six heures du soir, les malades feront bien de prendre les bains entre huit et neuf heures, le matin, et quatre et cinq heures, le soir.

Les bains peuvent se prendre dans une baignoire ou dans des piscines. Le médecin devra, suivant les cas, prescrire les uns ou les autres.

Dès les premiers jours, les bains d’eau minérale produisent presque toujours une rougeur de la peau, bientôt suivie d’une éruption assez semblable à celles de la fièvre scarlatine ou de la fièvre miliaire. Cette éruption particulière a reçu le nom de poussée. Elle disparaît très promptement, et le malade ne devra pas s’en inquiéter.

.j" Eaux minérales en douches. — La douche est un moyen thérapeutique très employé, aussi bien dans les établissements thermaux que dans les établissements ordinaires d’hydrothérapie. La douche, que l’on peut définir le choc, plus ou moins violent, d’une colonne liquide sur une partie ou la totalité du corps, agit par sa température, son diamètre, sa direction et sa force de projection.

La température de la douche peut passer par tous les degrés de chaleur. Toutefois elle dépasse rarement 4o“.

Son diamètre est aussi très variable et se fixe au moyen d'ajutages de différentes grandeurs.Toutefois nous devons dire que l’action de la douche sera d’autant plus vive que son diamètre sera plus grand.

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Sons le rapport de la direction, la douche peuêtre descendante, latérale et ascendante.

Cette dernière ne se pratique que dans les deux ouvertures naturelles de l’extrémité inférieure du tronc qui sont, chez la femme, le vagin et le rectum, et, chez l'homme, le rectum seulement. On subdivise donc la douche ascendante en douche vaginale pour la femme, et en douche rectale pour les deux sexes.

La douche vaginale, que l’on appelle aussi douche d’injeclion, ou douche d'irrigation, se prend soit dans le bain, soit dans une salle spéciale comme à Aix les Bains. Elle exige de la part de la malade de grandes précautions ; aussi est il indispensable qu’elle puisse elle-même en régulariser le jet au moyen d’un robinet spécial qui reçoit des canules de formes diverses suivant la personne elle cas.

La douche rectale est un lavement. Seulement, dans la douche, la colonne de liquide a un diamètre plus grand et est lancée avec plus de force que dans le lavement ordinaire. A celte occasion, nous ferons remarquer avec le docteur Félix Roubaud que nos établissements thermaux ne font pas suffisamment usage des lavements d’eau minérale ; c’est un tort; le gros intestin est une voie précieuse d’absoi'fition pour les principes miuéralisaleurs, et cette voie est quelquefois plus sûre que celle de l'estomac, où les substances médicamenteuses éprouvent toujours, sous l’influence des fluides gastriques, une certaine altération (jui ne saurait avoir lieu dans le gros intestin

La force de projection de la douche exerce sur elle une grande influence: l’action de celle-ci est d’autant plus violente que la force est plus é ergique. Inutile de dire que cette force varie avec la longueur de la colonne liquide, et la pression qu’on exerce sur e'ie.

l.es auteurs du Dictionnaire général des- eaux minéral a, considérant le but recherché, ont divisé les douches en percutantes, résolutives, révulsives, de lotion, de reaction.

La douche percutante a pour objet principal un effet de massage général ou partiel. Elle est ordonnée sous une pression généralement forte et à une température soutenue (38 a 43 degrés). Sa durée est de 10 à 20 minutes.

La douche résolutive, indiquée pour résoudre les tumeurs, pour exciter ou modifier les sécrétions, peut être, selon le cas ou selon la nature des eaux, forte ou faible. Sa température e-t le plus fréquemment de 37 à 38 degrés. Sa durée est de 15 à 25 minutes

La douche est révulsive quand l’effet à obtenir doit se traduire par une révulsion, par un appel des forces vitales sur un ou sur des points déterminés. Elle affecte la forme partielle et s’administre sous pression soutenue (5 à 8 mètres et plus) et à une température de 38 à 43 degrés. Sa durée est de 10 à 15 minutes.

La douche de lotion est le plus souvent partielle ou locale. Sa température est modérée, de 30 à 36 degrés, et sa pression faible. On l’applique notam ment sur les ulcères, sur les plaies de mauvaise nature, pour en déterminer ou en activer la clcatrisa-

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tion. Sa durée est de 15 à 25 et quelquefois 30 minutes.

La douche de réaction est appliquée dans le cas où l’on a à obtenir des effets devant résulter, soit de l'action rapide de tcmipératiiresextrèouis, chaude ou froide, soit aussi de l’action successive de ces temiiératures. La durée en est le plus souvent limitée de 3 à 6 et 8 minutes, moindre quelquefois.

4“ Eaux minérales en. inhalation. — L’inhalatiou des eaux minérales, qu’il ne fautpas confondre avec l’inhalation des vapeurs d’eaux minérales, est une méthode thérapeutique qui a été proposée pour la première fois, par le I)'' Salles-Girons, rédacteur en chef de la lievne nadicale. Elle consiste à introduire dans les bronches de l’eau minérale fragmentée à l’infini ou réduite à l’état de pnnss è e au moyen d’un appareil particulier qui a recule nom de pulréi isateur. Cette méthode do traitement par les eaux minérales, fortement critiquée à son origine, a reçu aujourd’hui la consécration de l’expérience et est appliquée sur une large échelle dans les villes d’eaux minérales sulfureuses, dans le traitement des affections des bronches et de l’appareil respirtitoire.

5° De' eaux minérales en. vapeurs. — F.,es vapeurs que dégagent les eaux minérales thermales soni utilisées depuis longtemps en thérapeutique. Ces vapeurs sont naturelles ou artificiel les suivant qu’elles se dégagent naturellement par suite de la température élevée des eaux, ou qu’il faut pour les produire chaufi'er ces eaux lorsque leur calorique naturel est insulfisaut. On les emploie en bains, en douches et en inhalai ions.

6" Des eaux minéiales en boue. — Pour en finir avec l’exposé des diverses manières dont se prennent les eaux minérales, il nous reste à dire quelques mots de l’emploi des eaux minérales en boue.

Les boues minérales sont naturelles ou artificielles. Un ne les emploie qu’en bains. Celles don! on fait usage en France sont toutes naturelles, et produites par le suintement des eaux minérales à travers un terrain argileux. Les malades se plongent pendant un temps variable dans ces boues, à l’endioit même où elles se trouvent.

Classification des eaux minérales. — Presque tous les auteurs qui ont écrit sur les eaux minérales en ont donné des classifications différentes. Cela tieni à ce que chacun les a considérées a un point do vue différent. Usent fait des classifications gigues, géographiques, physiques , chimiques ou médicales.

Classifications néologiqnes. — Brongniart et Chevreul ont essayé de faire une classification des eaux minérales suivant un ordre géologique, et ont admis cinq grandes classes d’eaux minérales correspondant aux cinq grandes divisions géologiques : ter^ rains primitifs, terrains de sédiments inférieurs,' terrains de -'édiments supérieurs, terrains de transilion, terrains Irachitiques anciens et modernes, mais leur classification n’a pas été admise.

Classifications géologiques. — Géographiquement, on peut diviser les eaux minérales de France en quatre grands groupes qui sont : 1° le groupe des Pyrénées; — 2" le gr upe de l'Auvergne; — 3* legroupe du versant occidental des Alpes, du Jura et-

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I des Vosges ; — 4° le groupe des couirées voisinesde la SHiie et de lu Loire.

Ci(i.\si fictif ions plig^igites. — Les classifications ^ physiques (les eaux iiiincrales ne peuvent être basées 1 que sur la température; on a donc divisé les eaux l minérales en chaudt-s ou Ironies.

C/ti.v.'ii /icalions chiniigues. — Les classifications , chimiques des eaux minérales sont les plus nombreuses, et leur nombre s’est accru a mesure que la cliimie a fait des progrès p'us grands. Pâtissier, Alibert, Pétrequin et Socquet, Chenu, Durand Fardel, Félix Rouhaud, ont proposé chacun leur classification. La plus sim[)le est sans contre dit celle ' de Félix Rouhaud qui fait rentrer les eaux minérales dans les cinq classes suivantes, subdivisées en huit genres :

4® Eaux suHuriqws (a. Sodiques, b. calciques); — 2® Eaux chlorurées sud'qne^ ; — 3® Eaux sulfatées (a. sodiques, 6. magnésiques, c. calciques); i" Eu'X curbonatées (a. sodiiiues, b. calcaires); 5“ Eaux ferriujiueuses.

C/n.vï ficafimt-'t médirales-, — Les classifications médicales des eaux minérales peuvent etre séparées en deux catégories distinctes : les unes sont purement médicales et les autres chimico-médicales. Dans la première catégorie rentrent la classification de Kreysig, qui divise les eaux en trois classes:

fort i fiait tes ou toniques', 2" iiltirnules ou correct iV‘ S ; ’i" mixtes ■. et celle de Pâtissier, qui ne reconnaît que deux grandes classes; 1“ les eaux tigper.'/’ «(J .///e-, recommandéi'S dans les maladies atoniques, torpides et indolentes: 2° les eaux huposthéii /sautes applicahb^s aux alfeclions .v/(6azf/Mës, érétiques des systèmes cutané, musculaire, ly m pbatique, nerveux et sanguin.

Dans la seconde catégorie, trouve place la classification proposée par les auteurs de V Au//uaire. Ces messieurs divisent les eaux en six classes, dont voici le tableau ;

1° Eaux acidulés alpalines: — tliormales et froides;

2“ Eaux calcaires ou acidulés simiilc> ; — toutes froides;

.3“ Eaux ferrugineuses: — thermales et froides;

4° Eaux sulfureuses, ou plutôt sulfurées: — thermales et froides;

6° Eaux salines sulfatées: — thermales et froides;

6° Eaux salines chlorurées: — thermales et froides.

Parmi toute ces classifications nombreuses et variées, c’est celle de Rouhaud qtie nous accepterons. Comme lui donc nous formerons cinqgrandes classes d’eaux minérales se stibdivis.ant elles-mêmes, d’après les combinaisons de leurs principes constitutifs en huit genres dont nous reproduisons ici le tableau :

Classes.

t° Eaux sulfurées

2" Eaux chlorurées

3“ Eaux sulfatées

4° Eaux carbonatées ....

.')• Eaux ferrugineuses.

Genres.

sulfurées sodiiiues.

sulfurées calciques, chlorurées sodiques.

sodiques.

magnésiques.

calciques, sodiques.

calcaires.

t" clas.se. Eaux sun unÉES. — Les eaux minérales sulfurées forment la première classe de notre clas-

sification. Elles se reconnaissent principalement à l’odeur de gaz hydrogène sulfuré qu’elles exhalent. Elles se subdivisent en eaux suUurées s'idigues et en eaux sulfurées calciques, suivant la nature du terrain qui leur donne naissance, et les diverses combinaisons que forme le soufre avec les substances qu’elles y rencontrent.

Li'S eaux sulfurées so Hques émergent des terrains primitifs. Elles sont presque toutes thermales. Le soufre qu’elles contiennent est presque toujours à l’état de sulfure de sodium. Elles contiennent en outre, en dissolution, et en assez grande quantité, une substance azotée et gélatineuse appelée indifféremment barégine ou glairine. Leur réaction est alcaline, d'une saveur franchement sulfureuse ; leur odeur varie selon leur état de décomposition. Presque inodores à leur origine, où elles ne dégagent que de l’azole, elles exhalent bientôt une odeur sulfureuse très accentuée, qui est due à la décomposition facile et prompte par l’air du sulfure qu’elles renferment.

Les principales stations d’eaux sulfurées sodiques sont ; Amélie-les-Bains, Ax, Ragnols, Barèges, Cauterets, Eaux-Bonnes, Eaux-Chaudes, Escaldas, Guagno , Guitero , Luchon, Moligt, Olette, Pietrapola, la Preste, Saint-Honoré, Saint-Sauveur, le Vernet.

Les eaux .sulfurées calciques émergent des terrains de transition. Elles sont presque toutes froides. Le soufre qu’elles contiennent primitivement est à l’état des sulfates de chaux qui se décomposenl en passant dans les terrains chargés de matières organiques. Par suite de cette tranformation, elles renferment de l'hydrogène sulliiré libre, qu’on no rencontre pas dans les eaux sulfurées sodiques. Leur réaciion est très faiblement alcaline. Leur saveur est saumâtre, et leur odeur analogue à celle de l'acide suli hydrique , qu’elles laissent dégager du reste mêlé à de l’acide carbonique.

Les principales stations d’eaux sulfurées calciques sont: Allevanl, Gambo, Castera-Verduzan, Enghien, Euzet, Gréoulx, Guillon, Montmirail, Pierrefonds, Uriage.

Les eaux sulfurées ont une double action générale et locale. Elles excitent la circulation et augmentent la vitalité de l’organisme : voilà pour l'action générale; elles stimulent les tissus sur lesquels elles sont appliquées : voilà pour l’action locale.

Elles conviennent, en général, dans les affections chroniques du tube digestif, les engorgements abdominaux, les affections catarrhales, la leucorrhée, l’aménorrhée, les névralgies, les douleurs rhumatismales, certaines paralysies essentielles, le lymphatisme, la chlorose, les plaies par armes à feu, les ulcères, les tumeurs blanches, enfin la diathese herpétique et les maladies parasitaires de la peau.

2® classe. Eaux ciiLor.unÉF.s. — Les eaux minérales chlorurées, que plusieurs auteurs appellent alcalines, forment la seconde classe. Elles sont plus souvent thermales ou tempérées que froides. Le chlorure de sodium est leur élément dominant viennent ensuiie les chlorures de calcium et de magnésium. On y trouve aussi une grande quantité de principes minéralisateurs; des sulfates et des

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carbonates à bases diverses, du fer, du soufre, de Ijiode, ud brome et de l’acide carbonique. Quoique ce dernier y soit en quantité très variable, sa présence est très heureuse, car sans lui , il serait presque impossible de boire les eaux chlorurées , les chlorures étant supportés très difficilement par l'estomac.

Les eaux chlorurées sont limpides, incolores et sans odeur. Quelques-unes, cependant, dégagent une légère odeur d’hydrogène sulfuré. Elles ont une saveur salée et amère. Leur action est purgative, stimulante et tonique.

Les principales stations d’eaux chlorurées sont : Balaruc, Bonrbon-Lancy, Bourbon-l’Archambault, Bourbonne-les-Bains, la Bourboule, Luxeuil, Néris, Ps’iederbronn , Saint-Nectaire, Salins, Soultz-les- Bains, la mer et les eaux mères des salines.

On traite avantageusement par les eaux chlorurées, les engorgements indolents , les douleurs articulaires, l’iedème, l’infiltration , les paralysies et certaines affections cutanées.

3' classe Eaux sulfatées. — Cette troisième classe des eaux minérales est caractérisée par la prédominance des sulfates. Les principales bases de ces sels sont la soude, la magnésie et la chaux, ce qui nous a permis d'établir dans les eaux sulfatées les trois genres: t“ sulfuiées odiques ; 2" sulfatées magnésiques ; 3“ sulfatées calciques.

Les eaux sulfatées se rencontrent principalement dans les terrains de sédiments inférieurs, moyens et supérieurs. Elles ont une température variable, et leur degré de minéralisation est d'autant plus élevé que leur température est plus basse.

Les eaux sulfatées sadiques sont très peu nombreuses en France. lien est de même des eaux sulfatées mngiiesiques. Ces deux genres d'eaux minérales ont les mêmes propriétés. Elles sont laxatives, apéritives et quelquefois sédhives. On les ordonne dans les engorgements des organes abdominaux, dans les affections chroniques du tube digestif, du foie, de l’utérus, dans la goutte, les catarrhes urinaire-, et certaines dermatoses

Parmi les principales eaux qui rentrent dans ces deux genres, nous citerons : Bains, Cliatelguyon, Allers et Plombières, qui sont sulfatées sodiques; Saint-Félix, Montmirail, Sermaise et Soulieux, qui sont sulfatées magnésiques.

Les eaux sulfatées calciques sont nombreuses en France. Elles exercent, suivant M. Pélrequin, une influence évidente sur les voies urinaires; elles sont diurétiques et impressionnent la muqueuse vésicale. Plusieurs agissent sur la muqueuse des voies respiratoires ; elles sont purgatives ou calmantes suivant leur degré de minéralisation. On les emploie avec avantage dans les névroses et les afl'ections spasmodiques, dans les dysenteries chroniques et dans les calarr 'es urinaires.

Les principales stations d’eaux sulfatées calciques sont: Audinac, Aulus, Bagnères-de-Bigorre, Bagnols, Capvern, Heucheloup, Contrexeville, Dax, Encausse, Lssat, Vittel.

4“ classe. Eaux carbonatées. — Les eaux ca'bonatées, qui sont très nombreuses en France, sont caraclérisées par la prédominance des carbonates alcalins. On y rencontre cependant d’autres élé-

ments tels que des sulfates, des chlorures, du fer, du soufre, etc. La température de ces eaux est très variable, puisque les unes sont chaudes et les autres froides. Elles sont transparentes, limpides, sans odeur bien marquée, insipides ou à saveur alcaline, présentant un goût aigrelet ou d’œufs couvés, suivant qu’elles dégagent plus abondamment de l’acide carbonique ou de l’acide sulfhydrique.

Les eaux carbonatées sadiques peuvent se résumer dans ces quelques lignes, que nous empruntons au rapport fait, à l’Académie, par Pâtissier, en 1831 : « Ces eaux sont éminemment altérantes, c’est-à-dire qu’elles ont la propriété de changer la constitution des liquides et des solides de l'économie ; elles diminuent la plasticité du sang, rendent plus fluides nos humeurs et impriment un caractère alcalin aux sécrétions acides, particulièrement aux urines et aux sueurs. Leur principale vertu thérapeutique se déploie dans les maladies chroniques des viscères du bas-ventre, dans la dyspepsie, la gastralgie, l’entérite et la colite chroniques, les engorgements passifs du foie, delà rate les coliques néphrétiques, la grave'le, la goutte. Le plus ordinairement, l’amélioration ou la guérison de ces maladies s’effectue d’une manière insensible, sans qu’il apparaisse de mouvement critique. »

Les principales sources carbonatées sodiques sont: .Avène, Chateauneuf, Chaudesaigues, Leboulou, Mont-Dore, Royat, Saint-Alban, Sail-sous-Couzan, Soultmatt, Vais, Vichy.

Les eaux carbonatées calcaires, dans lesquelles le bicarbonate de chaux domine, mais accompagné d’une assez grande quantité de bicarbonate de soude, jouissent des mêmes proprié tés que les eaux carbonatées sodiques. Toutefois ces propriétés sont plus faibles.

Quelques sources présentent si peu de carbonates qu’elles n’ont aucune propriété médicatrice. On ne les emploie alors qu’en boisson à cause de l’acide carbonique qu’elles contiennent.

Les principales sources carbonatées calcaires sont : Aix, Alet, Chateldon, Clermont, Condillac, Fougues, Kenaison, Saint-Galmier, etc.

3“ classe. Eaux ferrugineuses. — De toutes les eaux minérales répandues sur le sol français, les eaux ferrugineuses sont les plus nombreuses. Elles sont presque toutes froides. Le fer n’existe dans aucune à l’état de métal pur. Il existe tenu en dissolution par l’acide carbonique, l’acide crénique et l’acide sulfurique. C’est donc à l’état de carbonate, de crénate et de sulfate, que le fer se renèontrc dans les eaux minérales. Les autres substances que l’on trouve dans les eaux ferrugineuses sont des chlorures de calcium et de sodium, des carbonates et des sulfates de chaux, de soude, etc. Enfin, on trouve encore dans les eaux ferrugineuses des gaz, tels que l’acide "carbonique, l’acide sulfhydrique, etc.

L’action physiologique et thérapeutique des eaux ferrugineuses et les maladies contre lesquelles on les emploie sont si connues des médecins et des gens du monde, que nous ne croyons pas utile d’y insister. Nous rappellerons seulement, pour la forme, qu’elles sont essentiellement toniques et rc-

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constituantes et qu’on les emploie avec succès contre l’anémie, la chlorose, les gastralgies, l’aménorrhée, la leucorrhée, la blennorrhée, les convalescences, etc.

Les principales sources d’eaux ferrugineuses françaises sont ; Ândabre, Auteuil, Pussang, Forges, Lamalou, Neyrac, Orezza, Oriol, Passy, Fougues, Provins, Rennes, Renlaigue, Saint-Pardoux, Sylvanès, Versailles, etc. D' Paul Labarthe.

EAUX POTABLES. — L’eau est indispensable à l’alimentation et à la nutrition : elle est la boisson habituelle de l’homme et des animaux. Elle existe dans tous les liquides de l’économie, sang, lymphe, sécrétions diverses, etc., et dans les tissus solides où elle est à l’état de combinaison. L’eau constitue à elle seule les deux tiers du poids total du corps, puisque Burdach a calculé qu’elle entrait pour 50 kilos dans le poids total d’un individu pesant 75 kilos. Ainsi :

Sur 1000 parties d’os, il y a

— de muscles —

— de cerveau —

— de lait —

— de sang —

— de lymphe —

— de sueur —

130 parties d’eau,

ce qui a fait dire au grand Bordeu : « Nous ne sommes qu’un amas, une espèce de brouillard épais enfermé dans quelques vessies. »

L’eau ne sert pas seulement à la nutrition, en devenant partie essentielle des tissus et des liquides du corps humain, elle est encore l’intermédiaire indispensable de toutes ses fonctions, puisque la plupart des aliments ingérés doivent être dissous dans l’eau avant d’être absorbés ; et pour que cette absorption s’exécute normalement, il est néces.saire que ces dissolutions alimentaires soient très étendues. L’eau est aussi l’agent qui propage et équilibre la chaleur dans tout le corps et donne aux membres la souplesse, l’élasticité et la perméabilité sans laquelle les organes ne pourraient pas remplir leur rôle.

On peut évaluer en moyenne à 2 kilogrammes ou ^ 2 litres la quantité d’eau qu’un homme adulte doit prendre par 24 heures dans ses aliments et dans ses boissons, car c’est à peu près la quantité perdue et éliminée dans le même temps , sous forme liquide par les appareils sécréteurs au premier 1 rang desquels il faut placer les reins, et sous forme I de vapeur par les poumons et par la peau.

L’eau est donc bien réellement indispensable à la nutrition. L’homme peut se passer de tout autre I liquide, mais il ne peut se passer d’eau ; il peut I remplacer le pain par d’autres aliments, il ne peut : pas remplacer l’eau.

On conçoit dès lors toute l’importance qu’il y a, ) au point de vue de l’hygiène et de la salubrité, à I avoir dans les villes et les campagnes des eaux abondantes et pures.

.\vant de nous occuper des diverses qualités que 1 doivent avoir les eaux utilisées pour l’alimentation, i de dire comment on les reconnaît, enfin, d’indiquer ] les moyens auxquels on doit avoir recours pour les 1 clarifier, les rectifier, les conserver et les distribuer,

DlCnONNAlRE POPULAIRE DE MÉDECINE USUELLE.

rappelons les préceptes relatifs à la quantité d’eau que l’homme doit ingérer, en moyenne, pour conserver la santé.

« Pour la conservation de la santé, dirons-nous avec Bouchardat, il est mieux d’ingérer habituellement la quantité d’eau nécessaire à l’accomplissement régulier des fonctions, que d’en prendre en excès ou en trop faible quantité. Bien que les inconvénients soient souvent faibles ou nuis, qu’ils passent plus souvent encore inaperçus ou ne se manifestent qu’à la longue et par une observation attentive de la santé, il est mieux de se tenir dans une juste mesure.

« Voici les principaux inconvénients d’une quantité d’eau trop faible ingérée journellement et habituellement: la sécrétion de la salive ne le produit que d’une façon intermittente aux repas ; la sécrétion du mucus buccal est continue; l’alcalinité de la salive ne saturant pas l’acidité du mucus ; le liquide buccal est habituellement acide ; les dents sont attaquées et se carient, d’où cette observation: que les personnes qui boivent infiniment peu d’eau perdent ordinairement leurs dents dans un âge peu avancé.

« Quand toutes les conditions favorables de la polyurie se trouvent réunies chez un individu, et quand il ne boit pas la quantité d’eau nécessaire pour amener ses urines à une densité au-dessous de 1.020 en moyenne, il est menacé de gravelle ou de calculs uriques.

« L’habitude de boire de trop grandes quantités d’eau présente des inconvénients qui ne se manifestent le plus souvent qu’à la longue, et qui consistent surtout en troubles digestifs et en un affaiblissement général prématuré.

« La distension de l’estomac que détermine l’ingestion simultanée de beaucoup d’aliments mal mastiqués et d’une grande quantité d’eau, est, d’après une longue observation, cause de gastralgie et de difficultés dans la digestion ; c’est encore une prédisposition à la glycosurie.

« Les polydipsiques qui boivent de grandes masses d’eau, quoiqu’il ne perdent aucun aliment important par la sécrétion urinaire, sont cependant généralement faibles. On mesure la quantité de liquide que doivent ingérer journellement les boxeurs soumis à l’entraînement ; malgré la violence de leurs exercices, ils ne doivent boire qu’une quantité d’eau modérée. D’après ces faits je regarde comme fondée l’opinion qui considère comme nuisant au développement de la force, l’abus des boissons aqueuses. »

Quelles sont les qualités requises pour une eau potable ? — L’homme emprunte l’eau nécessaire à son alimentation, soit aux eaux pluviales ou de citerne, soit aux puits, soit aux sources, soit aux rivières ou aux fleuves.

Avant de passer en revue les eaux de ces diverses provenances, voyons qu’elles sont les conditions que doit remplir une eau pour être potable et bonne. Elle doit être limpide, légère, aérée, tempérée en hiver, fraîche en été, inodore et d’une saveur agréable. Elle doit tenir en dissolution un certain nombre de gaz provenant de l'air atmosphérique et des substances minérales en proportions conve-

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nobles ; elle doit dissoudre les savons sans former de grumeaux, cuire les légumes secs; enfin, elle doit être exempte de matières organiques ou n'en contenir qu'en proportions infinitésimales.

Quelques mots sur les principales de ces qualités.

Limpidité. — Parmi les caractères essentiels de la potabilité de l’eau, celui de sa limpidité doit être impérieusement exigé. En général, et cela est ordinairement suffisant, on le constate en s’assurant, par un simple examen, de la transparence du liquide. Mais on obtient un renseignement plus complet, lorsque, employant le procédé préconisé par Marchand, on fait traverser par un rayon de soleil l’eau renfermée dans un flacon de cristal entouré de papier noir portant deux ouvertures rectangulaires opposées, dont l’une est destinée au passage du fluide lumineux, tandis que l’autre reçoit le regard de l’observateur. Lorsque le liquide est optiquement pur, dit Marchand, la lumière le traverse sans obstacle ; mais, pour peu qu’il soit chargé de particules maintenues en suspension, chacune de ces particules, en s’éclairant, devient appréciable à la vue, lorsque, sans cet artifice, elles restaient invisibles.

Légèreté, aération. — L’eau doit être légère et aérée, c’est-à-dire qu’elle doit tenir en dissolution une proportion convenable de gaz, sous peine d’être fade et indigeste. On s’assure de l’aération en faisant chauffer l’eau ; on voit alors s’en dégager des bulles de gaz. Il est très facile d’aérer l’eau en la battant ou en la faisant tomber de haut dans un vase.

Qaz en dissolution. — Les gaz contenus en dissolution dans l’eau potable sont l’oxygène, l’azote et l’acide carbonique qu’elle emprunte à l’air atmosphérique, La quantité moyenne varie de 30 à 50 centimètres cubes par litre. On y trouve aussi une très minime partie d’ammoniaque combinée.

L’oxygène est utile à la digestion et sa présence en quantités notables est incompatible avec celle des matières organiques de la nature des ferments. Quant à l’acide carbonique, il donne à l’eau de la sapidité, il excite l’appétit et favorise la digestion. t)e plus, comme le carbonate de chaux est le principe calcaire le plus utile dans les eaux potables, et que ce sel n’est soluble que dans une eau qui renferme un excès d’acide carbonique, on voit combien la présence de ce gaz est indispensable.

Substances minérales en dissolution. — Nous avons dit qu’une eau potable doit contenir un certain nombre de substances minérales en dissolution, celles-ci, qui s’y trouvent à l’état de sels, sont les bicarbonates de chaux et de magnésie, les fluorures, les chlorures de magnésium et de calcium, la silice. Ces sels doivent y figurer en proportions faibles et telles qu’ils ne doivent pas fournir par l’évaporation de l’eau, plus de 20 à 40 ou 50 centigrammes de résidu total fixe par litre. Quant aux sulfates , ils donnent à l’eau une saveur douceâtre désagréable, et se décomposent facilement sous l’influence des matières organiques en donnant naissance à de l’hydrogène sulfuré. Ils sont donc inutiles, pour ne pas pas dire nuisibles.

Dissolution des savons. — Les eaux potables

doivent dissoudre les savons sans former de grumeaux. Lorsqu’elles ne les dissolvent pas , cela prouve qu’elles contiennent une quantité de sels calcaires dépassant plus ou moins la proportion de 50 centigrammes par litre que nous venons d’indiquer comme dose moyenne d’une bonne eau. Ces grumeaux, en effet, qu’on observe dans les eaux chargées de chaux, ne sont autres que des savons insolubles à base de chaux dus à une double décomposition. Les oléates, margarates ou stéarates de potasse ou de soude qui constituent les savons, forment avec les sels de chaux des oléates, des margarates et des stéarates de chaux insolubles qui surnagent à l’eau.

Cuisson des légumes. — Nous avons dit aussi que les eaux potables devaient cuire les légumes secs, haricots, pois, lentilles, etc. Lorsque ces eaux renferment des sels calcaires en excès, ces sels se décomposent par l’ébullition, le carbonate et le sulfate de chaux se précipitent et forment autour des légumes une sorte de croûte qui ne laisse passer la chaleur qu’avec beaucoup de difficultés et empêche leur cuisson.

Matières organiques. — « Les eaux essentiellement saines, — dit le rapport de la commission d’enquête sur les projets d’assainissement de la Seine, nommée en 1876, et présidée par notre illustre maître et ami le professeur H. Bouley, — les eaux essentiellement saines et potables comme celles d’un grand nombre de sources, ne contiennent presque jamais de matières organiques; au contraire, les eaux malsaines en contiennent une quantité notable, à moins qu’elles ne doivent leur insalubrité à des matières minérales vénéneuses ou à -la surabondance de certains sels. Donc, il faut rejeter, au moins comme suspectes et dangereuses, toutes les eaux où la matière organique atteint certaines doses. Quant à l’insalubrité de la matière organique, on lui reconnaît plusieurs causes. La première atteint le maximum d’insalubrité , et peut être fatale lorsquelle est vivante, c’est-à-dire sous forme d’êtres organisés : tel est son état, au moins partiel dans l’eau des marais. On attribue à certains de ces êtres le pouvoir de se multiplier dans l’organisme humain et d’apporter un trouble funeste dans son fonctionnement. Le danger est moindre lorsque la matière n’est point organisée ; cependant il ne faut pas perdre de vue qu’alors elle est dans la période de sa décomposition; il lui faut de l’oxygène; elle consomme d’abord celui qui est dissout dans l’eau ; puis, à moins de conditions spéciales, favorables à la diffusion de l’oxygène de l’air, la décomposition putride s’en empare. Si la matière organique est végétale , l’eau prend le plus souvent l’odeur de croupi; si la matière est animale, l’odeur est plus prononcée et plus infecte. En même temps, les germes partout répandus d’organismes végétaux ou animaux se développent au sein de 1 eau corrompue , soit directement aux dépens de la matière organique, soit en assimilant les produits de sa décomposition ; alors la matière inerte est redevenue vivante et insalubre au premier chef. Rien ne prouve, d’ailleurs, que cette transformation^ soit nécessaire pour que l’eau soit malfaisante; 1 existence des ferments solubles à côté des ferments

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figurés autorise à penser que l’organisme humain peut être atteint par des matières simplement solubles, aussi bien que par des microzoaires ou des microphytes.

a Ainsi la matière organique peut être insalubre directement, surtout si elle est organisée, ou indirectement en consommant l’oxygène de l’eau et en servant d’aliment à des êtres organisés. »

Moyens de reconnaître les eaux potables. — Pour établir la différence qui existe entre les eaux saines et celles qui ne le sont pas, M. Gérardin, dans un mémoire adressé à l’académie des sciences en 1875, donnait les indications suivantes : « Une eau est saine lorsque les animaux et les végétaux, doués d’une organisation supérieure peuvent y vivre. Au contraire, une eau est infectée lorsqu’elle fait périr les animaux et les végétaux doués d’une organisation supérieure, et qu’elle ne peut nourrir que des infusoires ou des cryptogames, et Dumas, en communiquant ce mémoire à ses collègues ajoutait : « 11 n’existe pas de meilleur moyen pour fixer le caractère d’une eau que de constater si dans cette eau peuvent vivre les poissons et les plantes aquatiques. Les poissons y meurent-il ? les plantes dépérissent-elles ? le caractère est certain, l’eau est infectée et ne peut servir aux usages domestiques; dans le cas contraire, on peut considérer l’eau comme bonne. »

Lorsqu’on veut examiner une eau au point de vue de sa composition, on peut arriver facilement et assez vite à reconnaître si elle peut servir aux usages domestiques de la manière suivante :

On prend un ou deux litres d’eau, on les évapore lentement à moitié, puis on filtre. Il faut avoir soin, comme le recommande Riche, à qui nous empruntons la description du procédé, de ne chauffer le liquide que par le fond, pour qu’il n’y ait pas calcination de la matière qui se dépose sur les parois au fur et à mesure de l’évaporation ; on recueille un précipité de chaux et de magnésie qu’on lave, qu’on sèche et qu’on pèse.

On évapore le reste de l’eau presque à sec, on filtre et on recueille le sulfate de chaux dont on prend le poids.

Ordinairement ces deux essais suffisent. On peut évaporer le reste de l’eau et peser le résidu.

On peut aussi évaporer lentement un ou deux litres d’eau dans une capsule de porcelaine, et, quand on approche de la fin, décanter le résidu dans une petite capsule de porcelaine tarée. On a soin de laver avec précaution la grande capsule et de réunir les eaux de lavage dans la petite. On évapore ensuite à sec : l’augmentation du poids de la capsule fait connaître le résidu sec.

Souvent on dose approximativement dans ce résidu le carbonate et le sulfate de chaux par le moyen suivant : on le traite par un peu d’acide acétique et d’alcool ; le carbonate est attaqué, et le sulfate reste inaltéré. Si on lave la capsule à l’alcool puis qu’on la sèche à 100°, le nouveau poids fait connaître par la différence le carbonate enlevé, et par suite, le sulfate.

On reconnaît la présence des matières organiques lorsque l’eau, portée à ébuUition avec quelques gouttes de chlorure d’or, prend une couleur brune

due à la réduction du sel d’or. Robinet préférait employer le nitrate acide d’argent qui décèle la présence de la matière organique avec laquelle il donne une coloration rouge kermès d’autant plus intense que la proportion de cette matière est plus grande.

Moyens pratiques de purifier, de rectifier et de conserver les eaux potables. — La purification des eaux se fait par épüp.ation et par filtration.

L’épuration s’obtient en faisant reposer l’eau. A Marseille où les eaux de la Durance arrivaient toujours limoneuses, on a disposé sur le parcours du canal quatre grands bassins d’épuration, d’où, grâce à leur pente insignifiante, l’eau s’écoule lentement, laissant déposer dans chacun, la plus grande partie de son limon. Mais, comme le constatent MM. Maurin et Roussin, dans leur Étude sur les eaux potables de Marseille, « pendant les jours d’orage, de pluie ou de tempête, moment où la décantation est surtout utile, l’eau n’abandonne pas dans les bassins d’épuration les matières qu’elle tient en suspension. »

Pour arriver à une dépuration suffisante, il faudrait que l’eau séjourne et repose péndant plusieurs jours dans les bassins. Cela résulte des expériences faites à Lyon sur les eaux du Rhône par M. Termes, et à Bordeaux sur les eaux de la Garonne par M. Leupold. Ces messieurs n’ont obtenu une eau limpide et entièrement dépouillée de toute matières en suspension qu’après 10 jours de repos.

Ce repos de 10 jours est même insuffisant pour certaines eaux, comme celles de Versailles, par exemple, que le repos le plus prolongé n’arrive jamais à débarrasser complètement des substances qui en troublent la limpidité et leur donnent leur teinte blanchâtre.

En somme : « le repos ne peut donc pas être adopté comme méthode définitive de classification de l’eau destinée à l’alimentation des grandes villes, dirons-nous avec Arago ; il peut, toutefois, être considéré comme un moyen de la débarrasser de tout ce qu’elle renferme en suspension de plus lourd et de plus grossier. C’est sous ce point de vue seulement que des bassins, que des récipients de dépôt ont été préconisés en Angleterre et en France, et qu’ils rendent de grands services. La filtration serait impossible sans eux dans les crues. »

La FILTRATION, soit naturelle soit artificielle est un moyen de purification des eaux bien supérieur- Une filtration parfaite, dit Bouchardat, débarrasse l’eau : 1" des matières morganiques en suspension ; 2° des ovules des helminthes ; 3° des ferments organisés vivants, et particulièrement des ferments moteurs de la putréfaction. La filtration est impuissante pour séparer de l’eau les ferments solubles : ce n’est donc pas un mode absolu de purification des eaux potables, mais il faut reconnaître que celles qui contiennent ces ferments solubles nuisibles sont très rares.

En Chine, pour obtenir la purification des eaux destinées à l’alimentation, on fait usage de l’alun. Ce sel en effet, à la dose de 10 centigrammes par litre, a la propriété de précipiter les matières terreuses dont l’eau est chargée, et à cette dose, il est absolument inoffensif pour la santé.

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Le véritable moyen pour purifier complètement l’eau consiste à la faire bouillir.

La rectification des eaux crues ou dures, qui ne dissolvent pas le savon et ne cuisent pas les légumes, c’est-à-dire dans lesquelles les sels calcaires sont en proportions trop fortes, s’obtient en les faisant bouillir. L’acide carbonique qui rendait ces sels solubles se dégage et ceux-ci se déposent au fond et sur les parois du vase.

On peut aussi détruire la dureté et la crudité des eaux en additionnant celles-ci de t à 2 grammes environ de carbonate de soude par litre. Le carbonate de soude et le sulfate de chaux sont décomposés, il se forme un carbonate de chaux (craie) insoluble et inerte, et un peu de sulfate de soude qui est absolument inoffensif à cette dose.

Certaines personnes remplacent le carbonate de soude par le carbonate de potasse. Ce dernier est dangereux, car la décomposition de ce sel et du sulfate de chaux donne, avec un carbonate de chaux inerte, un sulfate de potasse qui est vénéneux, même à dose peu considérable.

Distribution des eaux. — Cette question si importante dans les villes est plutôt du domaine de l’ingénieur que de celui du médecin. Toutefois, comme médecin et comme hygiéniste, nous dirons que l’eau ne doit être distribuée qu’après avoir été purifiée, que cette distribution doit être très large, et que les tuyaux destinés à la porter à domicile doivent être inoff'ensifs, c’est-à-dire ne l’altérant pas.

.Jusqu’à ces dernières années on a employé d’une manière presque exclusive les tuyaux de plomb. Or il est aujourd’hui démontré que l’eau dissout une quantité appréciable de ce métal, et que l’usage alimentaire de ces eaux peut être suivi d’accidents toxiques plus ou moins graves, sans qu’il soit nécessaire que la dose de plomb absorbée soit forte, au contraire ; car on a observé plusieurs cas de paralysie saturnine consécutifs à l’usage d’une eau qui renfermait environ 1 milligramme de plomb par litre. M. llamon, dans une brochure intitulée .* les Eaux 'potables et le plomb, publiée en 1884, propose de leur substituer des tuyaux de plomb doublés à l’intérieur d’un véritable tube d’étain pur faisant corps avec la gaine d’enveloppe. On peut aussi se servir de tubes en fonte ou en fer forgé dont l’intérieur peut être recouvert d’un enduit vitreux, ou encore de tubes de gutta-percha, mais ils sont trop dispendieux. En somme, les meilleurs tuyaux seraient les poteries en grès ; malheureusement leur extrême fragilité s’oppose à leur emploi.

Valeur des diverses eaux potables. — Nous avons dit plus haut que les eaux employées pour l’alimentation de l’homme, provenaient principalement des eaux de pluie, de citerne, de mares, de puits, de fontaines, de sources et de rivières. Pour juger la valeur des eaux de ces diverses provenances nous renvoyons le lecteur aux mots : Citerne, Pluie, Mare, Puits, Fontaines, Sources, Rivières {y. aussi Filtration, Filtre, Égouts). D' Paul Labarthe.

ÉBLOUISSEMENT. — On donne ce nom à un malaise passager, caractérisé par un trouble momentané de la vue, causé par l’impression subite d’une

lumière trop vive, ou par quelque cause pathologique telle que anémie, chlorose, congestion cérébrale, etc. P. L.

Ebullition. — Nom donné au passage d’un liquide à l’état de vapeur sous l’influence du calorique. La température nécessaire pour produire l’ébullition varie avec les liquides. p. l.

ECCHYMOSE. — On donne ce nom à l’infiltration du sang dans les mailles du tissu cellulaire ; les ecchymoses sont d’autant plus étendues que la région est plus vasculaire et le tissu plus lâche.

Une ecchymose reste rarement circonscrite dans la partie où elle s’est formée ; le sang obéissant à l’action de la pesanteur s’infiltre dans les parties déclives en suivant les gaines aponévrotiques, et les interstices celluleux qui lui offrent le moins de résistance.

C’est surtout dans les fractures que ces ecchymoses sont remarquables. Produites graduellement par le suintement du sang provenant de l’os fracturé, elles obéissent à l’action de la pesanteur, à la disposition anatomique de la région, se montrent dans des lieux déterminés et constituent un signe diagnostique important.

. Leur couleur est noire, bleuâtre, violet foncé, jaune paille, rouge vif sous la conjonctive et sous les muqueuses, probablement par l’action de l’air sur le sang à travers la couche épithéliale. D’ailleurs ces couleurs se modifient et passent des teintes foncées aux teintes claires.

La durée des ecchymoses est très variable et en rapport avec l’abondance de sang épanché et la densité du tissu cellulaire.

La forme des ecchymoses dépend souvent de celle des agents vulnérants : un coup de poing produit une ecchymose arrondie; un coup de fouet, longitudinale. Sur le cadavre on ne peut produire d’ecchymose , circonstance importante en médecine légale; la putréfaction détermine seulement des vergetures sur le trajet de certaines veines. Sous l’influence d’une vive succion, on peut également produire des ecchymoses allongées.

Le traitement de l’ecchymose est celui de la contusion, dont elle n’est, somme toute, que le premier degré (V. Contusion, Blessure).

D' Léon Moynac.

Echalote. — On donne ce nom à une plante potagère de la famille des liliacées, originaire de la Palestine et que l’on prétend avoir été importée en France par Philippe 1" à la suite de la première croisade. Le bulbe de la plante, qui ressemble à celui de l’ail commun comme forme, mais qui est recouvert d’une tunique rougeâtre, a une odeur et une saveur fortes, rappelant celles de l’ail, mais moins désagréables toutefois qu’elles. Elle est employée comme condiment, cuite ou crue suivant les plats auxquels on la mêle. Coupée en morceaux, avec de l’eau, du sel et du poivre, l’échalote constitue la sauce si connue sous le nom de sauce pauvre homme. D’une digestion difficile, communiquant à l’haleine une odeur fétide, excitant la soif, les échalotes ne conviennent ni aux femmes, ni aux en-

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