A. .\PPAREILS ÉLECTRO- MAGNÉTIQUES, OU
volta-électriques ou volta-faradiques. — Ces appareils, dans lesquels l’induction est développée par le cornant de la pile, se composenttous : f“ d’une ' pile(\.ce mot); 20 d’une bobine en bois ou en car- I ton, sur laquelle sont enroulés les fils inducteur I et induU; 3» d’un faisceau de fer doux, placé dans ! la cavité de la bobine; 4“ d’un trembleur ou vibra-
teur ; 5° d’un graduateur. Ce sont ceux qui sont le plus généralement employés en médecine. Les appareils de Trouvé et de Chardin sont les plus simples, les plus commodes, les plus portatifs et les plus facilement maniables.
Appareil de Trouvé {Jig. 418). — 1» Manière de préparer les piles pour faire marcher l’appareil. — Lorsque le moment d’opérer est venu, on enlève de la boîte la pile A, et on en dévisse le couvercle. On verse dans son étui 4 à 5 grammes de bisulfate de mercure, contenu dans le tube C. On remplit d’eau l’étui de la pile jusqu’à la moitié, ou jusqu’au trait gravé extérieurement. On remet en place le couvercle, après avoir pris soin de bien essuyer le pas-de-vis. Puis on agite, pour bien mêler le sel et l’eau, et alors la pile est prête à fonctionner.
On sort les cordons noirs contenus dans l’appareil, et on les fixe au côté gauche de l’appareil, dans les trous 4 et 5.
On sort les deux tampons FG de leur compartiment, on imbibe d’eau avec une éponge la partie recouverte de peau, et on les assujettit au côté droit de l’appareil par leurs cordons : le vert au trou n“ t, marqué N, ou pôle négatif ; le cordon rouge au trou n" 3, marqué P, ou pôle positif. Ces cordons tiennent aux tampons par des crochets
pressés entre les deux parties métalliques, dont le tampon sert de tête de vis.
La pile ayant été chargée et les fils disposés comme nous venons de le dire, on fixe les pinces des cordons noirs sur les boutons ou pôles de la pile, en ayant bien soin que les deux pinces ne se touchent pas, car autrement l’appareil s’arrêterait
Fig. 418.
Appareil électro-médical d’induction de Trouvé.
B. Bobine à armature articulée et extensible, dont les vibrations sont réglées par une aiguille mobile K et dont le nombre est indiqué en chiffres sur un limbe gradué. — L, L' Limbe gradué indiquant le nombre de vibrations de l’armature ou trembleur. — K. Aiguille indicatrice. — A. Pile hermétique Trouvé à renversement. — C. Tube en verre contenant du bisulfate de mercure pour la faire fonctionner. — F, G. Tampons. — E. Balai métallique, — D. Olive, etc., ou réophores et électrodes variés pour l’application des courants. — H. Deux petits tubes d’argent se plaçant l’un au bout de l’autre sur le trembleur pour en ralentir considérablement la vibration. L’appareil complet est renfermé dans une boîte.d’acajou verni, du volume d’un portefeuille ordinaire.
Les courants induits se recueillent comme suit ; 1-2. Extra-courant seul dont l’un représente le pôle négatif, indiqué par la lettre N. — 2-3. Courant induit seul. — 1-3. Extra-courant et courant induit réunis.
4-3. Contacts pour faire marcher l’appareil avec une pile quelconque dans le cabinet du médecin, afin d’économiser la pile hermétique pour une pratique extérieure.
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subitement. On renverse cette dernière la tète en bas, dans un verre, par exemple, et on ramène l’aiguille indicatrice K sur le limbe ou cercle, portant des numéros indiquant le nombre des vibrations du trembleiir par seconde.
Dès que l'aiguille sera arrivée sur le milieu du limbe, l’appareil entrera en fonction.
2» Mimière de se servir de l'appareil. — L’appareil fonctionnant donc, comme nous venons de l’indiquer, on recueille et on gradue les courants induits de la manière suivante :
Le cordon vert au trou n" 1 ou pôle négatif et le cordon rouge au trou n“ 2 donnent l’extra-courant seul pour les organes sensibles;
Le cordon vert au trou n’ 2 et le rouge au trou n° 3, donnent le courant induit seul;
Le cordon vert au trou n” 1, le rouge au trou n" 3, donnent l’extra-courant et l’induit pour la généralité des cas.
Pour augmenter l’intensité des courants induits ci-dessus fournis par la bobine, il suffit de sortir de la bobine le tube graduateur, dont la tète affleure la boîte et apparaît sous la lettre B de la figure. Les courants seront d’autant plus forts que le tube sera plus sorti.
Si l’on désire régler et connaître le nombre des battements du trembleur par seconde, ou autrement dit, le nombre des courants envoyés dans l’organisme, par chaque seconde de temps, on s’y prendra comme suit :
On monte sur le trembleur les deux petits tubes d’argent dont celui à boule est le prolongement de l’autre, et alors, les battements très ralentis, correspondent exactement aux chiffres inscrits sur le cercle qui se trouve sous la pointe de l’aiguille K.
Si l’on ôte successivement le premier tube à boule et le second qui ont été calculés pour doubler et quadrupler exactement les nombres inscrits sur le cercle ou limbe, le nombre des vibrations ou battements du trembleur sera également double ou quadruple, et l’on obtient ainsi les nombres suivants pour chaque seconde de temps, en supposant le n" 6 à la première division.
*1'’ Trembleur muni des deux tubes, ü, 7, 8, 9, lü, 11
Trembleur muni d’un seule tube. 12, 14, 1(5, 18, 20, 22 3° Trembleur démuni des deux tubes. 24, 28, 32, 36, 40, 44
Dans ce dernier cas, le trembleur rendu libre par la suppression des deux tubes, vibre rapidement.
3“ Soins à donner à l'appareil. — L’électrisation ■terminée, on remet le tout en place, après avoir pris soin d’essuyer les électrodes et de bien nettoyer la pile hermétique qui ne doit jamais entrer qdeine dans la boîte de l’appareil; dans le cas contraire, elle se porte dans la poche du gilet, enveloppée dans du papier, le couvercle en haut. Lorsqu’on la nettoiera, il faudra avoir soin de bien enlever le dépôt du sel en grattant au besoin avec un petit morceau de bois s’il était adhérent au fond de la pile, et jeter les résidus.
Nous recommandons aussi, comme précaution indispensable, d’agiter la pile hermétique toutes les fois qu’on voudra l’ouvrir, ou qu’on cessera de la faire fonctionner (en la redressant), afin que tout ■le sel soit bien dissous et entraîné dans le liquide
au fond de la pile, lorsque celle-ci sera debout. Dans ces conditions, la pile sera dans un repos complet.
Appareils de Chardin. — Les appareils de Chardin [fiy. 419 et 420) d’un volume et d’un poids su-
Fig. 410.
Appareil électro-médical d’induction de Chardin.
. Pile hermétique en porcelaine émaillée. — B. Bouton secousses. — C. Bouton du trembleur. — A. Bornes de prise du courant. — M. Bobine d’induction, — F. Ressort mobile qui réunit la pile à l’appareil. — L. Accessoires. — I. Porte renfermant les accessoires. — II. Crochet. — N. Boulon maintenant le bouchon P en place quand l’appareil est fermé
périeurs à l’appareil de Trouvé, ont l’avantage de ne demander aucune manipulation pour la mise en ^ marche de la pile (au bichromate de potasse) qui
Appareil électro-médical d’induction de Chardin.
A. Borne de prise du courant. — 0. Graduateur du courant à son minimum. — B. Bouton suspendant l’action du Ireinbleur. — II'. Bouton donnant des intermittences à volonté. — I. Ressort de contact de la pile avec l’appareil. — H, G. Pile en porcelaine émaillée hermétique fonctionnant. — U. Bouchon fermant le trou capillaire — V. Guide de la pile dans la boîte. — S. Bobine dans l’appareil.
est instantanée par le simple renversement de la pile II. G. (/iy. 420), aucun entretien, et surtout pas de nettoyage quand on a terminé une séance d’électricilé.
L’appareil représenté parlafigure 419 peut servir
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pour les oleclrisaliüiis générales; l'appareil représenté parla figure 420, en même temps qu'il répond aux indications du premier, donne tous les courants : inducteur et induit; il possède de plus un interrupteur H du courant, qui permet d’obtenir des secousses à volonté. Ces courants sont gradués avec une précision remarquable et leur division est telle que deux des bornes A permettent d'obtenir un courant induit d’une faiblesse extrême, dont les spécialistes des organes délicats, larynx, yeux, etc., font un usage fréquent. Le maximum du courant est d'une ijuissance rarement utilisée.
n. Aei’AUEit.s MAGNÉTü-Ki.ECTUiQUES. — Ccs appareils dans lesquels les courants sont induits au moyen non plus de la pile comme dans les précédents , mais par les aimants, reposent sur le principe suivant ; « un aimant en fer à cheval est fixe ; devant lui tourne une bobine de fer doux, également en fer à cheval ; l’axe de ce mouvement tournant est dans le même plan que celui de l'aimant. Lorsque les deux extrémités de la bobine sont en regard des deux pôles de l’aimant, le fer doux s’aimante, et cette aimentation qui commence fait naître un courant induit; si par le mouvement de rotation on éloigne les extrémités de la bobine des pôles de l’aimant, le fer doux se désaimante et un nouveau courant induit se produit ; cette désaimentation a lieu après un quart de tour. Lorsque la bobine a fait un demi-tour, elle s’aimante de nouveau. Au second demi-tour les mêmes phénomènes se produisent, en sorte qu’après un tour complet la bobine a été aimantée et désaimantée deux fois, ce qui produit quatre courants induits » (licrlioz).
Les courants induits fournis par ces appareils sont suffisamment forts, mais ils sont plus volumineux, plus lourds, moins portatifs que les appareils électro-magnétiques et nécessitent toujours un aide qui tourne la manivelle. Aussi sont-ils moins employés en médecine que les précédents.
Appareils à courants continus. — Les appareils à courants continus ont presque tous une disposition à peu près semblable, c’est-à-dire que d’un côté il y a l'agencement des éléments et de l'autre le moyen de graduation. Les uns sont fixes, les autres sont portatifs. Les appareils fixes ne se trouvent guère que chez les médecins électriciens spéciaux. I.es appareils mobiles sont plus répandus. Ceux dont on fait principalement usage sont ceux de Trouvé et de Chardin.
L'appareil de Chardin {fig. 421) réunit les qualités essentielles. Il fonctionne au moyen de piles au bisulfate de mercure, sel facile à trouver, d’un prix insignifiant, également facile à employer, et la disposition des piles est telle que l’on peut les charger, les vider àx'olonté. Les éléments sont, au repos, complètement séparés du liquide excitateur. Ces appareils peuvent donc rester indéfiniment chargés sans aucun inconvénient.
La mise en action est instantanée; il suffit de soulever la tige de l’anneau A {ftg. 421) ; le casier C suit le mouvement; le liquide baigne les éléments fixés sur la planchette M ; l’appareil fonctionne. Ils peuvent rester ainsi tant que dure l’ap-
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plication. La mise au repos se fait par le mouvement contraire.
Ces appareils sont portatifs en toute circonstance
Fig. 42 1.
Appareil à courants continus de Chardin.
A. Tige qu’il suffit de soulever pour obtenir le fonctionnement de l’appareil, elle est fixée au casier C. — B'. Goupille formant axe avec la tige et le support en gouttière B. — R Pièce en forme de gouttière qui contient le système A,C. Quand ij est en l’air fcette pièce glissant sur une crémaillère, peut s’arrêter en divers points et avec elle le mouvement ascensionnel du casier C. Les éléments trempant ainsi plus ou moins dans le liquide , la quantité d’électricité produite peut donc être facilement modifiée). — C. Casier contenant les flacons. — M. Planchette mobile formant boîte, dans laquelle sont disposées toutes les communications et les vis qui retiennent les zincs et les charbons. — I. Boutons qui permettent d’enlever facilement la planchette M. — L,R. Renverseur du courant N. Bornes de prise du courant. — T. Tampons d’application. — 0. Place occupée par le casier au repos. — P. Eprouvette en verre.
et leurs applications sont donc ainsi économiques et pratiques.
Accessoires des appareils électriques. — Quels que soient les appareils auxquels on a recours, il est nécessaire, pour appliquer les courants électriques aux divers organes malades, de se servir d’instruments spéciaux appelés réophores et dont la forme varie suivant les organes externes ou internes que Ton veut électriser (V. Réophore).
Action physiologique des courants électriques. — Nous indiquerons successivement cette action sur la circulation, le système nerveux, le système musculaire et la nutrition.
1® Action sur la circulation.— Cette action varie suivant que Ton emploie les courants d'induction ou les courants continus.
Les courants d'induction rétrécissent les vaisseaux, diminuent la circulation et parviennent même à l’arrêter complètement par suite de la contraction des artérioles. Par contre, aussitôt que l’électrisation cesse, il y a dilatation des vaisseaux, et augmentation de la circulation.
Les courants continus, au contraire, augmentent en général la circulation, ainsi que l’ont démontré les premiers Robin et Hiffelsheim. Après eux. Le-
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gros et Oninms ont établi cette règle que le courant centrifuge ou descendant dilate les vaisseaux, tandis que le courant centripète ou ascendant les resserre.
2“ Action suu le système nerveux. — Ici encore l’action varie suivant les courants employés.
Les courants d'induction, d’après Legros et Onimus, influencent les nerfs périphériques de la façon suivante : — a. L’excitation d’un nerf mixte par un courant induit donne lieu à des contractions musculaires et à des phénomènes de sensibilité. La direction des courants n’a pas en général d’influence bien marquée. — b. Une excitation électrique portée sur un nerf est d’autant plus forte, que le changement est plus rapide. — c. Un nerf parcouru pendant quelque temps par des courants d’induction, perd complètement son excitabilité à la fermeture comme à l’ouverture du courant.
Les courants continus exercent sur les nerfs périphériques une influence que Legros et Onimus résument ainsi. — a. Le courant descendant est celui qui agit le plus énergiquement sur les nerfs moteurs.— b. Le courant inverse ou ascendant est celui qui agit le plus énergiquement sur les nerfs sensitifs. — c. L’excitabilité des nerfs est diminuée par un courant direct ou descendant, elle est augmentée par un courant inverse ou ascendant.
Les mêmes auteurs ont vu aussi, en recherchant l’influence de la direction des courants sur la moelle : — a. Que le courant descendant appliqué sur la moelle agit directement sur les nerfs moteurs et non par action réflexe. — b. Que le courant ascendant augmente l’excitabilité de la moelle et qu’il agit sur les nerfs moteurs par action réflexe. — c. Que le courant descendant empêche les actions réflexes et qu’un courant ascendant les exagère au contraire.
3. Action sur le système musculaire. — Les co?zrants d'induction déterminent la contraction brusque et permanente des muscles striés. Ils mettent le muscle dans un état de contraction tétanique due à la rapidité des interruptions; aussi le muscle se fatigue-t-il rapidement. Sur les fibres musculaires lisses, les courants d’induction donnent une contraction sur les points en contact avec les pôles.
Les courants continus appliqués directement sur les muscles, déterminent des contractions au moment de la fermeture et de l’ouverture du courant, et la contraction la plus forte est celle qui se produit par la fermeture.
4° Action sur la nutrition. — Les courants d'induction augmentent la tonicité des fibres musculaires des vaisseaux. D’une manière générale, on peut dire qu’ils produisent un resserrement de tous les tissus, une espèce de contracture ; mais quand leur action est faible, ils produisent les mêmes effets que les autres excitants.
Les courants continus, par leur action sur les mouvements moléculaires et sur les combinaisons chimiques, influencent les phénomènes de nutrition. Ils font, de plus, cesser toutes les irritations locales et les contractures.
De plus, d’après Legros et Onimus, les courants induits et les courants continus centrifuges dimi-
nuent la quantité d’urée, tandis que celle-ci est augmentée par les courants continus centripètes.
Applications thérapeutiques des courants électriques. — Voici sous forme de tableau la liste des nombreuses maladies des différents organes ou appareils dans lesquelles les courants électriques ont été employés avec succès. Le signe -f indique le courant ou les courants qui ont été utilisés. Dans une grande partie des maladies énumérées, les deux sortes de courants ont été employés avec succès. Les deux signes -f dans une colonne indiquent quel est celui des deux courants qui a agi avec le plus d’efficacité.
maladies diverses traitées par les
induits 1 g
continus ) S
Maladies du système nerveux