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tomate rend de grands services aux estomacs paresseux. C’est ainsi également que l’état lactique contenu dans la choucroute rend cet aliment si lourd de réputation et d’allures, digestible même pour le dyspeptique. C’est probablement ainsi à la faveur de ce dernier acide (qui entre dans la composition du suc gastrique), que la diète lactée rend de si éminents services dans le traitement des affections aiguës et chroniques de l’estomac.
D’autres agents, considérés généralement comme indifférents ou utiles aux dyspeptiques, leur sont souvent nuisibles. Ce sont les eaux gazeuses et les boissons chaudes (thé), dont l’abus détruit peu à peu l’irritabilité musculaire de l’estomac; — le tabac qui, en supprimant en partie la déglutition de la salive, prive la digestion de l’un de ses auxiliaires les plus utiles ; — les purgatifs et les vomitifs, dont les personnes qui souffrent de l’estomac abusent si souvent, et qui troublent profondément la mécanique et la chimie de la digestion. L’abus du bouillon est également nuisible; on peut rendre son usage utile en l’administrant tiède, deux heures avant le repas. On sait, en effet, que le bouillon n’agit que comme stimulant de la muqueuse gastrique ; au point de vue alimentaire, «c’est une fleur parfumée, une madone de Raphaël, une symphonie de Beethoven,» pour employer les poétiques expressions d’un physiologiste d’outre-Rhin.
Quant aux boissons alcooliques, leur action sur l’estomac est des plus désastreuses et cause (on doit le dire) les trois quarts des dyspepsies. Ce sont surtout les liqueurs dites (par antiphrase probablement) apéritives, qu’il faut incriminer. Leur usage répété habitue à l’irritation la muqueuse de l’estomac et la rend peu à peu inerte et incapable de réagir aux excitations ordinaires de l’acte digestif.
Le même effet est produit par l’ingestion de la bière en dehors du déjeuner et du dîner. Cette boisson, fréquemment utile aux repas, est toujours nuisible pour la digestion et l’appétit, lorsqu’elle est prise en certaine quantité pendant la journée.
Quant aux liqueurs prises après le repas, elles n’ont généralement pas d’inconvénients quand leur qualité est bonne et leur quantité modérée : souvent même la chartreuse, l’anisette de Bordeaux, et le kummel, rendent des services aux dyspeptiques, surtout lorsqu’il y a tendance à la forme flatulente, c’est-à-dire au développement des gaz.
Non seulement l’estomac affectionne la variété dans la régularité ; il aime absolument l’harmonie. Chacun sait que la joie, la peur, les émotions de tout genre coupent l’appétit et paralysent la digestion. Certaines personnes ne peuvent digérer sans musique. Le docteur Louis Véron était de ce nombre et tel était le secret de son assiduité à l’Opéra.
Un sujet qui a l’estomac sensible doit dîner avec des gens gais, et éviter surtout les discussions et les querelles à table. C’est principalement aux discussions politiques et d’économie sociale que l’on doit infliger la fameuse comparaison de Brillat- Savarin, qui déclare que la colère à table produit à l’estomac l’effet de la déglutition d’une petite pelotte d’aiguilles.
Il faut se reposer après le repas, et non pas
comme beaucoup de personnes le croient, prendre de l’exercice.
Il s’agit, bien entendu, d’un repos relatif, d’une heure environ. Quant à la sieste proprement dite, elle ne se comprend que dans les pays chauds. Au bout d’une heure, il faut se livier à un exercice modéré, en plein air, pour favoriser les mouvements de la digestion : « On digère avec ses jambes, a dit Chomel, autant qu’avec son estomac. »
Il faut bien diviser et bien mâcher les aliments ; pour cela, l’art, à défaut de la nature, doit assurer le fonctionnement de la mastication.
Les gens qui souffrent de l’estomac, se trouveront bien de mener une vie active et d’éviter la réclusion, le désœuvrement, l’inertie, la tristesse et surtout les émotions si violentes du jeu ; s’il en est besoin, les fonctions organiques seront vivifiées chez eux, par la gymnastique, les frictions, l’eau froide, les bains de mer.
Enfin, nous ne saurions trop insister sur la nécessité de manger à des heures régulières, afin de discipliner l’estomac et de lui donner de bonnes habitudes, celle, entre autres, de résister à ces fausses sensations de faim, si funestes lorsqu’on y succombe.
Les quelques préceptes que nous venons d’exposer sont évidemment loin d’exclure l’intervention de divers agents médicamenteux, variables selon les symptômes objectifs et fonctioflnels des affections de l’estomac. Mais nous croyons que l’application de ces préceptes est la base de tout traitement. D' E. Monin.
ESTRAGON. — L’estragon est une plante de la famille des composées, originaire de la Tartarie, cultivée dans nos jardins potagers, dont les feuilles fraîches et les jeunes pousses, d’une odeur et d’une saveur aromatiques très agréables, sont employées comme condiment pour assaisonner les sauces et les salades, et pour aromatiser le vinaigre, les cornichons et la moutarde. L’estragon est apéritif et stomachique. On le dit aussi propre à exciter les sueurs. P. L.
ÉTABLISSEMENTS INSALUBRES. — Hygiène publique. — On donne ce nom à des établissements qui sont nuisibles à la santé des ouvriers qui y travaillent ou incommodes pour les habitants du voisinage, par les odeurs, les vapeurs, les fumées, les résidus, les eaux vannes, le bruit, etc. Aussi leur exploitation est-lele soumise à des restrictions et à des mesures de précautions variables selon le genre et le degré des inconvénients qu’ils présentent.
La loi divise les établissements en trois classes.
Première classe. — Elle comprend les établissements qui doivent être éloignés des habitations particulières à raison de l’odeur qu’ils répandent ou des accidents auxquels ils peuvent donner lieu (abattoirs, voiries et immondices, allumettes chimiques, acide sulfurique, artificiers, rouissage, engrais, etc). Ces établissements sont autorisés par le préfet de police dans le département de la Seine et par les préfets dans les départements. La demande d’autorisation doit être adressée au préfet, affichée
pendant un mois dans toutes les communes à 3 kilomètres de rayon, et soumises à une enquête de commodo et incommodo, à laquelle il est procédé par le maire de la commune où l’établissement doit être installé. S’il y a des oppositions, elles sont jugées en premier ressort par le conseil de préfecture, sauf recours au conseil d’Etat. L’autorisation peut être accordée ou refusée par le préfet après enquête et avis du conseil d’hygiène. Dans le premier cas, ceux qui ont à se plaindre de l’autorisation accordée, peuvent former opposition devant le conseil de préfecture qui statue sauf recours au conseil d’Etat. Dans le deuxième cas, c’est-à-dire quand l’autorisation a été refusée, le demandeur peut se pourvoir au conseil d’État contre l’arrêté de refus.
Deuxième classe. — Elle comprend les manufactures et ateliers dont l’éloignement des habitations n’est pas rigoureusement nécessaire, mais qui néanmoins ne doivent être autorisés qu’à la condition de ne causer au voisinage ni incommodité ni préjudice. ( .\midonnerie, asphaltes et bitumes, caoutchoucs, fours à chaux, fours à ciment, corroieries, cuirs verts et peaux fraîches, faïenceries, verreries, forges, chaudronneries, etc.) Ces établissements sont également autorisés par les préfets. La demande est adressée au sous-préfet et soumise à une enquête de commodo et incommodo. Les voies de recours sont les mêmes pour les établissements de première classe.
Troisième classe. — Elle comprend les établissements qui peuvent sans inconvénient rester auprès des habitations, mqis’ doivent rester soumis à la surveillance de la police. (Teintureries, toiles peintes, tôles et métaux vernis, vacheries dans les villes de plus de o.OOO habitants, distilleries d’alcool, bougies, brasseries, buanderie, céruse, dépôts de chiffons, huileries, mégisseries, etc.) Ces établissements n’ont besoin que de l’autorisation des sous-préfets en province, et à Paris du préfet de police.
Paul Labarthe.
ÉTAIN. — L’ étain est un métal qu’on employait autrefois en médecine, sous forme de poudre ou de limaille à la dose de 5 à 10 et même 13 grammes comme vermifuge, et qui est aujourd’hui complètement abandonné.
En revanche, comme ce métal est à peu près inattaquable dans les conditions ordinaires, il est employé pour la confection de divers ustensiles de cuisine ou pour l’étamage des bassines, casseroles, cuillers, fourchettes, etc., en cuivre ou en fer battu Pour que ces ustensiles en étain ou étamés soient inotfensifs pour la santé, il faut que l’étain employé soit fin, et ne renferme que de très minimes quantités de plomb, c’est-à-dire 4 à 5 p. 100 au grand maximum.
Il est cependant des industriels assez peu consciencieux pour employer de l’étain contenant 23, 38, 43 p. 100 de plomb. Il en est même d’assez canailles et voleurs pour fabriquer de l’étain ne renfermant pas un atome d’étain, ce métal étant remplacé par de l’aniimoine allié à 70 et 80 p. 100 de plomb 1 Or on verra au moi plomb les accidents produits par ce métal et ses composés, introduits dans l’organisme.
[Quelques rares fabricants, enfin, remplacent l’étain par le zinc qui, s’il n’est pas nuisible par lui-même comme le plomb, a l’inconvénient de se laisser attaquer et détruire par les acides, ce qui rend les étamages peu solides et expose à des accidents lorsqu’on fait usage de vases de cuivre étamés avec cet aliage d’étain et de zinc. Aussi, je suis d’avis que l’autorité, au nom de la santé publique, devrait rendre obligatoire le contrôle ou marque d’alliage et la signature des fabricants sur tous les ustensiles d’étain. D' Paul Labarthe.
ÉTERNUEMENT. — On donne ce nom à un acte, le plus souvent involontaire, déterminé par une irritation vague du voile du palais, mais surtout de la muqueuse qui tapisse l’intérieur des fosses nasales et qui o?,\. opçoléo membrane pituitaire . L’éternuement est une expiration brusque et sonore, survenant après une inspiration profonde, expiration qui se fait en même temps par la bouche et par les fosses nasales et qui entraîne au dehors les sécrétions de la muqueuse buccale et de la membrane pituitaire. Souvent l’éternuement est précédé par une contraction spasmodique des muscles de la face, qui donne à la figure un caractère particulier. Dans certains cas, il est suivi d’ébranlement dans la tête et de douleurs assez vives dans la poitrine.
Lorsque l’éternuement est trop répété, il constitue une réelle incommodité. On peut le suspendre en empêchant l’air de pénétrer dans les narines, soit par la compression des ailes du nez, soit en plaçant au-dessous un mouchoir qui intercepte l’air.
Quelques auteurs prétendent que, pour empêcher l’éternuement, il suffit de comprimer fortement avec le doigt le grand angle de l’œil vers la racine du nez au moment où l’on fait l’inspiration qui précède l’éternuement.
Considéré comme un signe favorable, lorsqu’il survient au déclin des maladies aigués, l’éternuement annonce, lorsqu’il est très fréquent, l’invasion d’un rhume de cerveau ou coryza.
D' Paul Labarthe.
Ether. — On donne ce nom en chimie à des liquides obtenus par la réaction des acides avec l’alcool. Les principaux sont : Véther sulfurique, formé d’alcool et d’acide sulfurique; Véther acétique, formé d’alcool et d’acide acétique; Véther chlorhydrique, formé d’alcool et d’acide chlorhydrique, etc. Mais le plus employé est Véther sulfurique (V. ce mot). p. L.
Ether sulfurique. — L’éther sulfurique est le seul des liquides obtenus par la réaction des acides sur l’alcool qui soit constamment employé en médecine. Il se présente sous l’aspect d un liquide incolore, excessivement volatil, d une odeur vive, pénétrante et suave, d’une saveur chaude, piquante, suivie bientôt d’un sentiment de fraîcheur assez agréable. Il est facilement inflammable et sa vapeur répandue dans l air atmosphérique constitue un mélange détonant ; ce qui fait qu’on ne saurait apporter trop de prudence dans le maniement de ce liquide et dans sa conservation.
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En raison de sa grande volatilité et de la chaleur qu’il absorbe en se transformant en vapeur, l’éther est utilisé pour produire des refroidissements intenses momentanés. On le projette à cet effet en filet liquide ou mieux divisé à l’aide d’un appareil pulvérisateur sur la partie qu’on veut anesthésier localement dans le but d’obtenir un effet curatif ou de pratiquer une petite opération, telle que l’avulsion d’une dent, l’ouverture d’un abcès, etc.
L’éther est soluble dans 9 parties d’eau et en toutes proportions dans l’alcool. Son pouvoir dissolvant s’exerce, en outre, sur une foule de substances parmi lesquelles il convient de citer le soufre, le phosphore, l’iode, le brome, les matières résineuses, les corps gras, les huiles volatiles, le camphre, le caoutchouc, et quelques alcaloïdes. Versé sur la main, il doit s’évaporer complètement sans laisser la moindre trace d’une odeur étrangère ; essayé au papier réactif, il doit rester entièrement neutre.
Effets. — Maintenant parlons de l’action physiologique de l’éther, elle mérite d’être connue, car c’est d’elle que découlent tous ses effets thérapeutiques. En met-on quelques gouttes sur la peau, ;e produit s’évapore très vite et donne lieu aussitôt à une sensation de froid avec une modification à peine marquée de la sensibilité. En verse-t on sur le tégument sain une plus grande quantité en favorisant son évaporation, la surface du corps prise pour expérience pâlit, devient blanche, exsangue, très froide, la sensibilité y est diminue, abolie, la température y est descendue à 15°, 10" et plus bas; elle peut même s’abaisser au point de produire des phénomènes de congélation avec eschare. On se garde d’atteindre ce degré extrême lorsqu’on veut pratiquer une opération par anesthésie locale avec ce produit.
Un phénomène semblable se passe pour l’éther pris à l’intérieur. De petites doses produisent sur le moment une sensation de froid à l’épigastre, mais elle est suivie bientôt d’un sentiment de chaleur à la suite duquel on observe un calme relatif, un apaisement des désordres nerveux s’il en existe. De hautes doses agissent à la manière de l’alcool dont il est un dérivé, c’est-à-dire en produisant de l’excitation d’abord, de la torpeur, de l’affaissement ensuite, pouvant aller jusqu’à la mort si l’on est allé trop loin. Il existe en Amérique des individus qui se grisent avec l’éther, comme on se grise en France avec l’alcool; l’abus de ce liquide détermine à la longue un état pathologique connu sous le nom d’éthérisme chronique, très analogue à l’alcoolisme chronique que nous observons chez nous parmi les buveurs de profession.
Les effets thérapeutiques de l’éther sont très différents suivant qu’on le prescrit en aspirations, en inhalations, par la bouche, ou en applications topiques.
Utilisé en aspirations, l’éther est d’un usage fréquent dans la syncope, les défaillances, les pâmoisons, les convulsions, les attaques de nerfs, les accès d’asthme. On approche et on présente à plusieurs reprises un flacon rempli de ce produit à la muqueuse buccale et nasale jusqu’à ce que l’on ait obtenu une amélioration sensible. Il faut toutefois I
se garder de persister trop longtemps sur les mêmes aspirations de crainte que le remède ne devienne pire que le mal.
Les inhalations d'éther inaugurées par le docteur américain Jackson constituent l’une des plus belles conquêtes de la médecine moderne. Ce savant chirurgien a trouvé le moyen, grâce à sa découverte, de pratiquer les plus grandes opérations sans la moindre douleur. Huit à dix minutes suffisent ordinairement à produire ce résultat. Cette action anesthésique de l’éther en inhalations si rapide et si prompte peut se diviser en trois périodes successives. Au début, le malade éprouve des phénomènes d’excitation consistant en picotements, chaleur, gêne de la respiration, toux convulsive, lesquels provoquent de l’agitation et des efforts désordonnés pour éloigner l’appareil et se soustraire à l'influence des vapeurs sporifiques : c’est la première période, période d’excitation ou d’ébriété. Puis les phénomènes changent, la tolérance s'établit, la respiration devient plus facile, l'état de malaise cesse, le délire avec paroles incohérentes diminue. Mais la respiration de nouvelles quantités d’éther continuant, la pensée s’éteint, la vue s’obscurcit, les pupilles se dilatent et sont tournées en haut, le pouls se ralentit, les muscles volontaires entrent dans un complet relâchement, la sensibilité s’émousse et finit par se perdre. Telle est la seconde période ou période de stupeur. C’est le moment de commencer l’opération et de suspendre les inhalations éthérées. Les symptômes restent un moment stationnaires, cinq à dix minutes par exemple, puis le réveil a lieu par degrés, à moins qu’on ne fasse inhaler quelques autres gouttes d’éther pour achever l’opération. Le patient revient peu à peu à lui en parcourant en sens inverse les phases du narcotisme. Enfin si par mégarde ou autrement on continue encore les inhalati- ns, le pouls devient plus lent, petit et imperceptible, la respiration haletante, profonde et stertoreuse, se ralentit de plus en plus, les fonctions de la vie végétative sont menacées, l’hématose est enrayée, la calorification s’abaisse très vite, les mouvements respiratoires s’éteignent et la paralysie du cœur se termine par la mort. Cette période ou période de collapsus est la dernière période de l’éthérisme aigu.
Le professeur Longet, étudiant les propriétés de l’éther, au point de vue purement physiologique divise l’éthérisme en quatre périodes suivant qu’il atteint le cerveau ou le cervelet, la protubérance, la moelle ou le bulbe. A l’éthérisme du cerveau et du cervelet se rattachent les troubles de l’intelligence et du mouvement; à celui de la protubérance la perte du mouvement et du sentiment volontaire ; à celui du bulbe, l’arrêt de la respiration, de la circulation et l’extinction de la vie.
Habituellement les phénomènes se passent comme je l’ai exposé ci-dessus, mais l’éthérisme se complique parfois de divers accidents qu’il est important de connaître. Ainsi, des vomissements surviennent dans un bon nombre de cas, des convulsions très fortes, une stupeur profonde, une dé-; pression excessive peuvent mettre la vie en danger et la mort survenir, non par asphyxie, parce qu’on a soin de laisser un libre accès à l’air atuiosphcri-
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que, mais par syncope, c'est-à-dire par une sorte de sidération anesthésique résultant de l’envahissement du bulbe ou nœud vital par les inhalations de vapeurs éthérées.
L’éther, le seul médicament employé avant le chloroforme, ne compte aujourd'hui qu’un petit nombre de partisans qui lui soient restés fidèles, entr’autres les Lyonnais et les Américains, le plus grand nombre accorde la préférence au chloroforme dans la grande chirurgie et des accouchements. Malgré son infériorité anesthésique, je devrais dire malgré son délaissement, l’éther sulfurique n’en est pas moins resté l’un des produits les plus employés de la matière médicale comme antispasmodique.
Usages. — Pris par la bouche et mis dans potion calmante à la dose de dix à trente gouttes jusqu’à deux et trois grammes par jour, il est journellement employé contre l’hystérie, les spasmes, les convulsions, les hoquets et les diverses manifestations morbides de la plupart des névroses. Il ressemble en cela aux autres antispasmodiques, tels que la valériane, le musc, le castoréiim, pour les.quels il devient, dans certaines combinaisons, un auxiliaire puissant. Comme eux, en effet, il stimule légèrement le système nerveux pour en apaiser ensuite les désordres sensitifs et moteurs. Trousseau et Pidoux ont prétendu qu’il pouvait rendre d’immenses services, conjurer une mort prochaine, dans les cas de métastase goutteuse et de localisation de ce principe sur le cœur, le cerveau et les centres nerveux splanchniques. On voit, disent ces auteurs, des syncopes menaçantes, des cardialgies atroces, des délires, des apoplexies inopinées disparaître en peu d’instants par de hautes doses d’éther prises tout d’un coup.
Les applications topiques de l’éther déterminent comme réfrigérantes une anesthésie et une anémie locale qu’il est bon de produire dans un certain nombre de cas. Ainsi les congestions et les phlegmasies de l’encéphale et des méninges, les céphalalgies, la migraine, quelques névralgies, les engouements herniaires, les hémorrhagies nasales, les brûlures au premier degré, les odontalgies sont des affections morbides que l’éther, en applications topiques faites avec une compresse ou dirigées sur le point malade au moyen de l’appareil pulvérisateur de Richardson, est destiné à soulager ou à guérir. On lui a cru même une efficacité réelle contre la surdité ; mais si des injections répétées de ce liquide dans le conduit auditif agissent contre cette affection, ce ne peut être qu’en qualité d’antispasmodique ou de dissolvant du cérumen et nullement dans le cas de lésion de la caisse du tympan ou de l’oreille interne.
Quant aux formes pharmaceutiques propres à l’éther, elles sont variées. Un des moyens les plus simples de l’administrer chez les personnes qui n’ont pas de répugnance pour sa saveur consiste à en verser quelques gouttes sur un morceau de sucre, ou bien à en mettre 5 ou 6 gouttes, soit dans un peu d’eau sucrée, soit dans une infusion aromatique. C’est un médicament très commode, très actif, qu’on peut avoir toujours sous la main lorsque le cas l’exige. 11 n’a que l’inconvénient, à cause de
son extrême volatilité, de se répandre dans la bouche, les fosses nasales et le pharynx où il exerce des picotements incommodes. Pour y obvier, on peut le prendre enfermé dans de petites capsules gélatineuses, faciles à avaler et qui ne se rompent que dans l’estomac qu’on sent comme inondé d’une sensation de fraîcheur agréable. On peut en prendre de 2 à 10 jusqu’à 20 et 30 par jour dans les états nerveux. Ce mode d'administration de l’éther est un des meilleurs. L’eau éthéree (eau distillée 80, éther 10) se prend à la dose de 20 à 200 grammes dans les vingt-quatre heures; elle est peu employée à l’intérieur et à l’extérieur. A l’intérieur, elle se donne seule ou en potion ; à l’extérieur elle sert en lotions, affusions ou injections, comme dissolvant du cérumen de l’oreille, calmant et agent conservateur des principes organiques.
On fait un usage beaucoup plus fréquent du sirop qui est une excellente préparation que l’on administre par cuillerées à café aux enfants atteints d’accès convulsifs. 11 entre ainsi que Téther pur dans la plupart des potions antispasmodiques. La liqueur d’Hoffmann composée de parties égales d’éther et d’alcool se met à la dose de 10 gouttes à 5 grammes dans un julep calmant.
Mais il arrive parfois que l’éther ne peut pas être pris par la vole gastro-intestinale, il faut alors le prescrire en lavements qui produisent un effet analogue. L’éther pulvérisé est un réfrigérant souvent utilisé pour les petites opérations. Si l’on n’a pas de pulvérisateur, on verse le liquide sur la surface que l’on veut refroidir, et l’on active l’évaporation en soufflant à l’aide de la bouche, d’un soutflet ou d’un appareil spécial. Pour calmer une douleur de dent ou d’oreille, on en imbibe une boulette de ouate que l’on porte sur la dent cariée ou dans le conduit auditif. Enfin si l’on veut obtenir l’anesthésie par les inhalations d’éther sulfurique, il faut un appareil assez compliqué, 20 à 30 grammes de liquide en moyenne, cinq à dix minutes de temps ; tandis que pour le chloroforme une compresse imbibée et deux à cinq minutes suffisent, sans que les risques à courir soient plus dangereux. Telles sont les raisons qui ont fait adopter les inhalations chloroformiques par l’immense majorité des chirurgiens. D*- Marc. Camboüuves.
ÉTHÉRISATION. — L’éthérisation n’est autre chose que l’administration de l’éther en inhalations pour arriver à obtenir l’anej'f/iéjîe (V. ce motj.
ÉTHMOIDÉ. — Nom donné par les anatomistes à un os impair, de forme carrée, lamelleux, percé de trous comme un crible, qui occupe la partie antérieure de la base du crâne, au-dessus des fosses nasales, dans Tiutervaile qui sépare les deux yeux. 11 contribue à former non seulement la base du crâne, mais aussi les parois des cavités orbitaires et la cloison des fosses nasales. 11 s’articule avec tous les os de la face sauf le maxillaire inférieur et les os molaires (V. Crâne, Fusses nasales). p L.
ETHNOGRAPHIE. — On donne ce nom à cette partie de la science anthropologique qui s’occupe
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de l’étude des races, de leurs caractères extérieurs, de leurs mœurs et coutumes, etc. (V. Anthropologie). P. L.
ÉTIOLOGIE. — Nom donné à cette partie de la médecine qui s’occupe de l’étude des causes des maladies (V. Causes). p. l.
ÉTOUFFEMENT. — (V. Suffocation.)
ÉTOURDISSEMENT. — (V. Vertige.)
ÉTRANGLEMENT. — (V. Strangulation, Hernie, Occlusion.)
ÉTRETAT (BAINS de mer de). — Étretat est un bourg pittoresque de 1800 habitants, situé sur les bords de la Manche, dans la Seine-Inférieure, abrité entre deux falaises de 90 mètres de hauteur, découpées par la mer en arches immenses et en aiguilles gigantesques, qui possède une plage à fond de galets et un établissement de bains de mer chauds et de bains d’eau douce. p. l.
ÉTRIER. — Nom donné par les anatomistes au plus interne des osselets de l’oreille moyenne, à cause de sa forme qui rappelle celle d’un étrier (V. Oreille, Tympan). p. l.
ÉTUVE. — On donne le nom d’étuve à des salles spéciales dans lesquelles les malades sont soumis au contai;t de vapeurs humides ou sèches, simples ou chargées de principes médicamenteux, l'étuve
Appareil portatif pour étuve humide et bains de vapeur humide. — (Cet appareil se compose d'un réchaud à charbon de bois ou à esprit-de-vin, d'un bouilleur sphérique en cuivre avec soupape de sûreté et robinet, d'un bouchon à vis dans lequel on introduit l'eau, d'un tuyau en caoutchouc sur lequel s'adapte une boite à aromates,)
limitée est une sorte de caisse dans laquelle le patient est placé de telle sorte que sa tête reste libre pendant que tout son corps est soumis à l’action
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de la vapeur. L’étuve limitée est préférable à l’étuve générale, parce qu’elle permet au médecin de localiser et de doser les effets qu’il veut produire.
Étuve humide. — L’étuve humide comprend le bain de vapeur et le bain russe.
Bain de vapeur. — Pour administrer un bain de vapeur, on introduit le malade dans une chambre où l’on fait pénétrer des courants de vapeur dont
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Malade dans l'étuve limitée ou caisse à sudation
la température varie de 36° à 75°, le plus souvent elle est de 45° centigrades. En entrant dans cette atmosphère saturée, la première impression qu’on éprouve, est celle d’une chaleur difficile à supporter; mais peu à peu cette impression s’efface et, au bout de quelques minutes, tout sentiment de malaise a disparu; la respiration devient libre et régulière ; la tête, congestionnée au début, se dégage, la sueur commence à perler et finit par recouvrir toute la surface de la peau.
Le bain de vapeur constitue un agent d’une énergie si puissante et il est si facile à supporter, qu’il n’y a pas, pour ainsi dire, de personnes qui lui soient réfractaires. Il a toutefois une action limitée, par cette raison qu’on ne peut pas souvent en renouveler les applications sans exposer l’organisme à un épuisement rapide; d'où la nécessité de joindre au bain de vapeur l’action de l’eau froide qui, sous une forme ou sous une autre, combat la débilité occasionnée par le calorique.
La durée du bain de vapeur oscille entre quelques minutes et une demi-heure; elle ne doit, dans aucun cas, durer plus de trois quarts d'heure.
Bain russe. — l.e bain russe consiste en une étuve humide auprès de laquelle se trouvent deux salles : l’une, dans laquelle on pratique des applications plus ou moins froides, et l’autre où les malades restent quelque temps au repos avant d’aller à l’air libre.
Dans l’étuve humide sont disposés des gradins qui permettent de se trouver au contact d’une quantité de'vapeur plus ou moins chaude suivant le degré sur lequel on se place. Sur ces gradins se trouvent des lits où l’on peut s’étendre et se faire frictionner. En sortant de l’étuve, on reçoit une douche en pluie, où l’on entre dans une piscine alimentée par un double réservoir d’eau chaude et d’eau froide ; l’on pénètre ensuite dans la salle de
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