FAL
qu’enfin la faim est satisfaite, elle fait place à la satiété. On donne le nom à'anorexie à l’absence de la sensation de la faim (V. ces mots). p. l.
FAINE. — La faîne est le fruit du hêtre ; fraîche, elle a un goût de noisette ; torréfiée, elle acquiert une amertume assez agréable, et dans plusieurs contrées de la France, nos paysans la mangent sous ces deux formes. On retire de ce fruit une huile qui est douce, agréable, et qu’on emploie aux mêmes usages alimentaires que l’huile d’olive ordinaire. Avec les résidus de la fabrication de l’huile on fait des tourteaux qu’on donne aux ruminants et surtout aux porcs et aux oiseaux de basse-cour pour les engraisser. P. p
FAISAN. — Le faisan est un gallinacé avec ravissant plumage, qui constitue pour les gourmets un gibier très recherché, mais à la condition que la chair noire soit suffisamment faisandée, c’est-àdire, pour appeler les choses par leur nom, dans un état plus ou moins avancé de putréfaction. Les convalescents, les dyspeptiques, les gastralgiques, les personnes sujettes à la diarrhée, lieront bien de s abstenir de manger du faisan faisandé. Quant au faisan fraîchement tué, il ne vaut certes pas un perdreau, ni même une pintade. p. l.
FAIX. — Nom donné par les accoucheurs au tœtus et à ses annexes encore retenus dans l’uté-
FALSIFICATION. — On donne le nom de falsification des aliments ou des médicaments simples et composés à l’introduction volontaire dans un de ces produits, en vue de réaliser un gain frauduleux, d’une ou de plusieurs substances étrangères, qui sont par conséquent autres que ce produit, que ces substances soient d’ailleurs nuisibles ou simplement inertes.
Les falsifications des aliments et des médicaments simples et composés ont existé de tout temps, aussi bien en France qu’à l’étranger. C’est de préférence sur les substances d’un prix élevé et au moment où leur valeur renchérit par suite de mauvaises récoltes, de manque de fabrication ou d’arrivages, que les sophisticateurs, hommes cupides et dangereux, développent leur coupable industrie. Tous les moyens leur sont bons pour arriver au but qu’ils se proposent. Aussi, à côté des fraudes les plus grossières, trouvons-nous l'application des dernières découvertes scientifiques faites par la chimie; ce qui parfois rend la fraude difficile à déceler.
Les farines, les vins, les alcools, la bière, le lait, le café, le chocolat, et plusieurs autres aliments; le sulfate de quinine, l’opium, le musc, l’émétique, les essences, les baumes, et plusieurs autres médicaments d’un usage quotidien, sont journellement falsifiés de cent façons ditlérentes, au grand détriment de la santé publique.
Ces falsificaiions sont tellement nombreuses, qu'il serait impossible de reproduire dans cet article, les principales et les moyens de les reconnaître; nous les indiquerons à l’article consacré à
chacun des aliments et des médicaments qui sont le plus souvent sophistiqués. Nous rappellerons seulement ici la loi qui punit les falsificateurs.
Législation — Loi des 10, 19 et 27 mars 1851 du Code PÉNAL. — Alt 1". Seront punis des peines portées' à l’article 423 du Code pénal :
1° Ceux qui falsifieront des substances ou denrées alimentaires ou médicamenteuses destinées à être vendues.
2“ Ceux qui vendront ou mettront en vente des substances ou denrées alimentaires ou médicamenteuses qu’ils sauront être falsifiées ou corrompues.
3“ Ceux qui auront trompé ou tenté de tromper, sur la qualité des choses livrées, les personnes auxquelles ils vendent ou achètent, soit par l’usage de faux poids ou de fausses mesures, ou d’instruments inexacts servant au jiesage ou mesurage, soit par des manœuvres ou procédés tenriant à fausser l’opération du pesage ou du mesurage, soit b augmenter frauduleusement le poids ou le volume de la marchandise, même avant cette opération ; soit enfin, par des indications frauduleuses tendant à faire croire a un pesage ou mesurage antérieur et exact.
Art. 2. Si, dans les cas prévus par l’art. 423 du Code pénal ou par l’art, l*”' de la présente loi, il s’agit d’une marchandise contenant des mixtions nuisibles àfa santé, l’amende sera de 50 à 500 francs, à moins que le quart des restitutions et dommages-intérêts n’excède cette dernière somme ; l’emprisonnement sera de trois mois k deux ans.
Le présent article sera applicable même au cas où la falsification nuisible serait eonnue de l’acheteur ou consommateur.
Art. 3. Seront punis d’une amende de 16 k 25 francs et d’un emprisonnement de six k dix jours, ou de l’une de ces deux peines seulement, suivant les circonstances, ceux qui, 1 sans motifs légitimes, auront dans leurs magasins, boutiques, ateliers ou maisons de commerce, ou dans les halles, foires ou marchés, soit des poids ou mesures faux, ou auti-es appareils | inexacts servant au pesage ou au mesurage, soit des subs- . tances alimentaires ou médicamenteuses qu’ils sauront être falsifiées ou corrompues.
Si la substance falsifiée est nuisible a la santé, l'amende pourra être portée k 50 francs, et l’emprisonneiuent k quinze jours.
Art. 4. Lorsque le prévenu, convaincu de contravention k la présente loi ou k l’art. 423 du Code pénal, aura dans les cinq années qui ont précédé le délit, été condamné pour infraction k la présente loi ou k l’art. 423, la peine pourra être élevée jusqu’au double du maximum. L’amende, prononcée par l’art. 423 et par les art. 1 et 2 de la présente loi, pourra même être portée jusqu’à 1,000 francs, si la moitié des restitutions et dommages-intérêts n’excède pas cette somme ; le tout, sans préjudice de l’application, s’il y a lieu, des art. 477 et 481 du Code pénal.
Art. 5. Les objets dont la vente, usage ou possession constitue le délit, seront confisqués, conformément a l’art. 423 et aux art. 477 et 481 du Code pénal.
S’ils sont propres a un usage alimentaire ou médical, le tribunal pourra les mettre à la disposition de l’Administration pour être attribués aux établissements de bienfaisance.
S’ils sont impropres à cet objet ou nuisibles, les objets seront détruits ou répandus aux frais du condamné. Le tribunal pourra ordonner que la destruction ou effusion aura lieu devant l’établissement ou domicile du condamné.
Art 6. Le tribunal pourra ordonner l’affiche du jugement dans les lieux qu’il désignera et son insertion intégrale ou par extrait dans tous les journaux qu’il désignera, le tout aux frais du condamné.
Art. 7 L’art. 463 du Code pénal sera applicable aux délits prévus par la présente loi. i
Art. 8. Les deux tiers du produit des amendes seront j attribués aux communes dans lesquelles les délits auront été constatés. I J
Art. 9. Sont abrogés les art. 475, n” 14, et 479. n” 5 du | 1 Code pénal. j ■■
FAR
FAR
Rappelons enfin que, devant le nombre toujours croissant des falsifications des substances alimentaires, la Ville de Paris, dans l'intérêt général, a institué en 1878, un laboratoire municipal à la préfecture de police, où le public peut envoyer à analyser les produits qui lui paraissent sophistiqués. Les services rendus par le laboratoire sont considérables, aussi plusieurs villes des départements en ont créé de semblables et nous formons des vœux pour que toutes les villes de France en soient dotées. D' Paul Labarthe.
FARADISATION. — Non donné à l'application médicale des courants électriques d’induction tV. Électricité). P. l.
FARCIN. — (V. Morve.)
FARD. — On désigne sous ce nom les cosmétiques spécialement destinés à être appliqués sur la I)cau du visage et aussi des mains pour lui donner une couleur et un éclat artificiels.
S’il fallait s’en rapporter au prophète Enoch, ce serait l’ange Azariel qui aurait appris aux femmes avant le déluge l’art de se farder Sans remonter au déluge, disons que le prophète Iza’i, dans le livre des Itois parle plusieurs foi-; du sulfure d’antimoine, comme du fard le plus usité chez les Hébreux qui s’en servaient pour peindre les sourcils et pour agrandir leurs yeux en tirant une ligne noire au coin externe des paupières. Rappelons aussi que Job avait appelé une de ses filles, vase d' antimoine, à cause de sa grande coquetterie; et que le prophète Samuel, parlant de Jézabel a écrit ; 4.Depmx'1 ocu/os suns cum slibio, elle peignit ses yeux avec de l’antimoine, »
« Pour réparer des ans l'irréparable outrage »
Comme le dit Racine dans sa tragédie célèbre d'Athalie.
Chez les grecs, les femmes faisaient usage des fards blanc et rouge, fabriqués grossièrement avec de la terre de Chio ou deSamos détrempée dans du vinaigre.
Les dames roniaines se servaient aussi beaucoup des fards blanc et l ouge dont parlent très souvent les historiens et les poètes latins, Pline, Horace, Ovide, -Martial, etc. Elles employaient le blanc de céruse et la craie pour blanchir la peau, et du carmin pour la colorer en rouge. Oside nous a transmis la recette d’un fard plus compliqué que voici :
Orge de Libye mondé H livres.
Farine d'ers 2 —
Corne de cerf 1/6 de livre.
Cüinnie ... 2 onces.
Epeaulre de Toscane 2 —
Miel 18 —
OEnf n» 10
Oignons de narcisse pilés n” 12
En France les dames ont aussi de tout temps employé h* fard, beaucoup plus meme autrefois qu’aujourd’hui. .\insi, au XVIP siècle, ce n’étaient fias seulement les dames, mais les jeunes filles de 17 ans à peine qui se fardaient.
Malheureusement, et malgré tout ce qu’ont pu écrire et promettre les inventeurs des divers fards, ces cosmétiques n’ont jamais rajeuni personne.
Et les fards ne peuvent faire
Que l’on échappe au temps, cet insigne larron :
Les ruines d’une maison
Se peuvent réparer ; que n’est cet avantage
Pour les ruines du visage !
comme l’a écrit La Fontaine. Sous les couches de fard, les traits se déforment, le teint se jaunit, la peau se fane; pour vous en convaincre, vous n’avez qu’à voir la figure d’un comédien ou d’une comédienne à la ville, lorsqu’ils ne sont plus fardés comme au théâtre.
Mais ce qui est plus grave, c’est que certains fards sont nuisibles à la peau cfà la santé générale. Ce sont ceux dans la composition desquels on fait entrer des sels de mercure, tels que le sulfure rouge de mercure, déguisé sous les noms de cinabre on Aq vermillon ; des sels de plomb, tels que le sous-capbonate de plomb, déguisé sous les noms de céruse, blanc d'arpent et de blanc de perle ; des sels d’arsenic, sous les dénominations spécieuses A'orpnneni, qui n’est autre chose que du sulfure jaune d’arsenic, et de réaipar, qui est tout bonnement du sulfure rouge d’arsenic, deux poisons corrosifs (V. ces mots). Tous les fards préparés avec ces substances toxiques sont dangereux et ont occasionné des empoisonnements nombreux, principalement chez les comédiens. Et cependant combien parmi eux s’obstinent à en faire usage, sous prétexte qu’ils adhèrent et couvrent mieux!
Les seuls fards dont on devrait faire usage, comme étant inoffensifs sont les suivants:
Fards blancs. — 1° Le blanc français, qui n’est autre chose que de la craie de briançon ou talc pulvérisée que l’on passe à travers un tamis de soie très fine.
2” Le blanc de fard, qui se prépare avec
Talc pulvérisé 50 grammes.
'Vinaigre distillé 100 —
que l’on laisse en contact dans une fiole pendant une quinzaine de jours, en ayant soin d’agiter de temps a autre. .Vu bout de ce temps, on filtre et on lave la craie avec de l’eau distillée jusqu'à ce que celle ci coule n’ayant plus aucune saveur. On prend alors la poudre blanche ainsi obtenue avec un peu d’eau et
Blanc de baleine 6 grammes.
et on met dans des pots la pâte encore liquide ains obtenue, que l’on fait sécher.
3° Le blanc de perle liquide pour le théâtre, qui se prépare avec
Sous-nitrate de bismuth chimiquement pur. 60 grammes, auquel on incorpore peu à peu dans un mortier ;
Eau distillée de roses 250 grammes.
Fards rouges. — 1° Le rouge végétal composé de :
Talc en poudre fine et bien lavée au
vinaigre distillé 163 grammes.
Rouge de carthame, ou safran bâtard. 5 —
Blanc de baleine.
FAR
FAR
que l’on broie ensemble avec une très petite quantité d’eau distillée, puisqu’on fait sécher et qu’on conserve dans un pot.
2° Le vinaigre de rouge, fait avec du carmin tenu en suspension dans du vinaigre au moyen d’un mucilage de gomme adragante.
3® Le rouge de toilette, qui s’obtient de différentes manières en mélangeant à du talc, très finement pulvérisé et tamisé, du carmin de premier choix, par exemple dans les proportions de :
Talc en poudre fine 100 grammes.
Carmin 3 —
OU bien de :
Talc en poudre fine 150 grammes.
Carmin 3 —
on encore de :
Talc en poudre fine 200 grammes.
Carmin 3 —
et ainsi de suite , suivant que l’on veut obtenir une poudre rouge plus ou moins foncée.
4® Le petit pot (expression consacrée), qui n’est autre chose qu’un des mélanges précédents, additionné d’un peu de mucilage de gomme adragante destiné à lui donner la forme solide, et que l’on conserve dans un petit pot en porcelaine.
Fards bleus. — Les fards, qui servent à imiter les veines, sont faits avec un mélange de talc , de bleu de Prusse et de gomme adragante auquel on donne la consistance d’une pâte et qu’on applique à l’estompe sur la peau déjà passée au fard blanc. Ce fard est très rarement employé et presque exclusivement au théâtre, par les comédiennes qui veulent tracer sur leur cou ou leur gorge des apparences de veines et de veinules.
Fards noirs. — Ces fards, qui servent à teindre les cils et les sourcils , et qui sont sous forme de pâte, de poudre ou de crayon, sont en général à base de noir de fumée. D' Paul Labarthe.
FARINE. — On désigne sous ce nom le produit de la pulvérisation, par le moyen des meules, des graines de végétaux en général. Mais le mot farine s’applique plus particulièrement aux céréales (V. ce mot).
Les farines de céréales constituent un aliment précieux. Elles sont formées de 60 à 75 p. 100 d’etmidon, de 7 à 14 p. 100 de gluten, de 10 p. 100 d’eau, de 2 p. 100 de matières minérales environ, 4 à 8 p. 100 de glycose, de 3 à 5 p. 100 de dexlrine et d’un peu de son.
Les farines de bonne qualité sont sèches, pesantes, onctueuses au toucher, d’un blanc jaunâtre uniforme, d’une odeur particulière, d’une saveur en même temps fade et sucrée qui est assez agréable. Elles sont adhérentes aux doigts et font la pelote, comme disent les boulangers, lorsqu’on les comprime dans la main et forment, mélangées avec l’eau, une pâte d’autant plus homogène et plastique qu’elles sont de meilleure qualité. Leur valeur se mesure à la quantité de gluten qu’elles contienaent (V. Gluten).
La durée de conservation des farines peut être
évaluée à un an ; toutefois, il est plus prudent de ne pas les garder plus de six mois. Les procédés employés pour leur conservation consistent à les mettre en couche, en sacs isolés, en sacs empilés et en caisses métalliques étanches, mais toujours dans des endroits secs et à l’abri de l’humidité. Si elles sont en couche, il faut les pelleter souvent. Lorsqu’elles sont en sac, ce qui est préférable, il faut retourner les sacs de temps en temps pour mettre alternativement en contact avec le sol le dessus et le dessous. Lorsque les sacs sont empilés on refait les piles de temps en temps en mettant dessous les sacs de dessus et réciproquement. Pour ce qui est des farines à embarquer, il faut les passer à l’étuvée auparavant, sous peine de les voir promptement se gâter.
Les farines peuvent être altérées soit par le fait même que les céréales étaient avariées, soit par une mouture imparfaite, soit par l’humidité qui y développe des champignons, soit par des insectes tels que le ténébrion ou ver de farine, l’acarus de la farine, la cadelle.
Enfin les farines peuvent subir un certain nombre de mélanges et de falsifications qui seront étudiées au mot froment, la farine de froment étant de toutes les farines celle qui en subit le plus.
Farines émollientes. — On donne ce nom à un mélange par parties égales de farines de seigle, d’orge et de lin, que l’on fait cuire dans de l’eau jusqu’à consistance convenable pour en préparer des cataplasmes émollients.
Farines lactées. — On donne ce nom à une poudre composée de lait concentré dans le vide et à une basse température pour lui conserver les qualités primitives, mélangé à du pain, dans lequel, par une cuisson spéciale, le gluten est transformé en matières solubles très riches en azote, et légèrement additionnée de sucre. La farine lactée constitue un excellent et précieux aliment adjuvant pour les enfants au sein et surtout pour les enfants en sevrage et après le sevrage. Le meilleur type de farine lactée, le seul même, pourrionsnous dire, est la farine lactée de Nestlé (V. Nestlé). C’est celle qui est employée dans les hospices et asiles des enfants assistés de Paris, Londres, Vienne, Berlin, Milan, Saint-Pétersbourg, New-York, etc.
Farines résolutives. — On donne ce nom à un mélange par parties égales de farines de fenugrec, de fève, d’orobe et de lupin, que l’on fait cuire dans de l’eau jusqu’à consistance convenable pour en préparer des catasplasmes résolutifs employés contre les abcès, les adénites, les furoncles, etc.
D' Paul Labarthe.
FARINEUX — On donne ce nom générique aussi bien aux diverses farines et fécules alimentaires qu’aux différents mets dans lesquels ces farines et ces fécules entrent, en proportions considérables. Les personnes dont l’estomac est délicat, principalement les gastralgiques, ceux qui sont atteints de dyspepsie flatulente, et les diabétiques doivent, s’abstenir autant que possible des farineux, p. i..
FARNIER (POMMADE DE LA VEUVE). — Cettc pommade très ancienne et très populaire, connue aussi sous
FAU
FAU
le nom de pommade de Bordeaux, est composée, d’après Mourc et Martin, avec :
Acétate de plomb 16 grammes
Chlorate d’ammoniaque 2 —
Oxyde de zinc 1 —
Beurre frais lavé k la rose 90 —
Oxyde rouge de mercure 16 —
et s’emploie à la dose de 1 à 3 grammes en frictions sur le bord libre des paupières dans les blépharites, les ophthalmies, etc. p. l.
FâSCIA. — Mot employé par les anatomistes comme synonyme d' aponévrose (y . ce mot), p. l.
FASCINATION. — (V. Hypnotisme.)
FATALISME. — Nom donné à une doctrine philosophique qui n’admet pas le libre arbitre et déclare que tous les phénomènes matériels et psychiques sont régis par des lois nécessaires contre lesquels il n’est pas en notre pouvoir de réagir. Inutile de dire qu’appliquée à la médecine, cette doctrine en serait la suppression même. p. l.
FATIGUE. — On entend par fatigue, en physiologie, l’état dans lequel se trouve un individu, un appareil ou un organe, qui a déployé une activité exagérée et supérieure à sa moyenne normale.
FAUSSE-COUCHE. — (V. Avortement.)
FAUSSE-ROUTE. — On donne ce nom, en pathologie urinaire à l’accident qui se produit lorsqu’on pratiquant le cathétérisme chez l’homme, le bec de la sonde s’écarte de la direction du canal et s’enfonce plus ou moins dans les parties environnantes après avoir déchiré et traversé les parois de l’urèthre.
Les fausses-routes sont l'accident le plus commun du cathétérisme, qu’il soit pratiqué par le médecin et surtout par le malade.
Elles siègent le plus souvent au-dessous de la symphyse du pubis, dans la région du bulbe de l’urèthre, au commencement de la portion membraneuse, et, surtout chez les vieillards, dans la région prostatique et au col de la vessie. Cependant on les rencontre aussi dans les parties mobiles de l'urèthre, où elles sont presque toujours occasionnées par les bougies que les malades s’introduisent eux-mêmes, en vue de se guérir d’un rétrécissement.
Les fausses-routes ont plus souvent leur ouverture sur la paroi inférieure que sur la paroi supérieure. Leur longueur est très variable : tantôt elle consiste en une simple déchirure, tantôt elle mesure, 3, O, 10 et jusqu’à 12 centimètres. On trouve dans Civiale une observation de fausse-route commençant vers le milieu de la portion spongieuse de l’urèthre et longeant la face supérieure du canal jusqu’à la vessie. Quelquefois il existe plusieurs fausses-routes, elles sont d’ordinaire alors à travers la prostate et se rencontrent chez les vieillards qui ont tous cet organe plus ou moins hypertrophié.
Dans quelques cas rares, lorsqu’elles se sont produites lentement et graduellement, les faussesroutes peuvent s’organiser, se tapisser d’une membrane muqueuse de nouvelle formation et remplacer quelquefois le canal véritable. Dans la majorité des cas, elles rendent excessivement difficile, parfois même impossible, un nouveau cathétérisme ; de plus elles s’accompagnent d’accidents graves, tels que : épanchement et infiltration d'urine, abcès, fistules scrotales, périnéales, rectales, etc., fièvre urineuse, qui peut entraîner la mort (V. ces mots).
Peut-on reconnaître, lorsqu’on sonde un individu, si on s’engage dans une fausse-route? Cela est souvent difficile, malgré ce qu’ont prétendu certains chirurgiens, et il y a des cas où un opérateur, même habile et exercé, ne peut pas sentir la fausse direction que prend le bec de sa sonde. On reconnaît quelquefois que celui-ci s’engage dans une fausseroute, aux frottements rugueux que l’on perçoit, aux mouvements irréguliers et saccadés de l’instrument, au changement que l’on constate dans la direction normale, en introduisant le doigt dans le rectum, à l’hémorrhagie qui se manifeste après le cathétérisme. Mais ces signes, il faut le dire, sont malheureusement loin d’être des signes certains, l’hémorrhagie tout comme les autres, car, ainsi que l’avait déjà remarqué Phillips, le sang qui s’écoule d’une fausse-route est rarement abondant, tandis que dans certaines conditions, surtout chez les vieillards, un simple cathétérisme produit une grande quantité de sang. La seule chose dont on puisse être sûr, c’est qu’on n’a pas pénétré dans la vessie, lorsqu’on ne voit pas l’urine sortir par le pavillon de la sonde.
Lorsqu’on reconnaît une fausse-route chez un malade que d’autres chirurgiens ont sondé sans pouvoir arriver dans la vessie, il est indispensable, dans l’intérêt du malade, et dans son intérêt personnel pour éviter de se faire attribuer la maladresse commise par un autre que lui, il est indispensable, dis-je, de s’assurer du siège et de la direction de la fausse-route. Pour cela, on pratique l’exploration du canal avec une bougie à boule ou mieux avec une bougie en cire ou en gutta-percha, ramollie par la chaleur, qui en rapporte des empreintes assez exactes.
Il faut avoir soin, lorsqu’on sonde un malade qui a des fausses-routes, de se servir d’une sonde en gomme et de lui faire suivre, autant que possible, la paroi supérieure du canal.
La guérison des fausses-roules est difficile et longue, parfois même impossible, sans l’intervention chirurgicale. Paul Labartue.
FAUTEUILS MÉCANIQUES. — Afin de répondre aux besoins nombreux et divers des malades et des blessés, pour lesquels le séjour au lit est pénible et plutôt fatiguant que réparateur, ou qui, pour une cause ou pour une autre, sont dans l’impossibilité de marcher ou de mouvoir simplement leurs jambes, on s’est ingénié à inventer et à fabriquer des fauteuils à formes, à mécanismes et à translormations variés, s’appliquant à tous les cas et permettant à tous ces malheureux soit de reposer, soit de se mouvoir facilement dans les appartements et au
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