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La forme iniermiltente se présente sous forme d’accès, dans l’intervalle desquels la température redevient normale. Les fièvres palustres présentent le type le plus parfait des fièvres intermittentes, que l’on observe aussi chez les phthisiques, dans l’infection putride, etc.
La forme rémittente est caractérisée par une fièvre qui présente des rémissions très marquées, sans cependant revenir au chiffre physiologique : c’est ce qui la distingue de la forme intermittente.
La forme subcontinue est une fièvre rémittente dans laquelle l’écart entre le maximum et le minimum quotidien n’est que dequélques degrés (pneumonie, rhumatisme, etc.).
La forme continue est, ainsi que son nom l’indique, caractérisée par une température qui présente chaque soir le même degré, avec une rémission matinale à peine marquée et encore plus faible que dans la forme subcontinue (fièvre typhoïde).
Rien n’est plus facile que de reconnaître l’existence de la fièvre : l’élévation de la température audessus de 38 degrés permet à elle seule d’affirmer l’état fébrile; nous ne reviendrons donc pas sur tous les autres caractères de la fièvre.
La fièvre pouvant être l’expression de maladies fort diverses, n’est pas par elle-même la source unique des indications du traitement, c’est à la cause qu’il faut s’attaquer : « Sublatâ causa tollitur effectus. » Cependant, dans certains cas, il faut chercher à diminuer l’exagération des combustions organiques, c’est ainsi que le sulfate de quinine trouve, même en dehors des fièvres intermittentes, de nombreuses applications, que les bains froids ou tièdes prolongés, peuvent rendre dans la fièvre typhoïde de grands services, etc.
D' Léon Moynac.
FIÈVRE CÉRÉBRALE. — (V. Méningite.')
FIÈVRES ÉRUPTIVES. — (V. Yariole, Rougeole, Scarlatine.)
FIÈVRES INTERMITTENTES. — (V. Intermittente.)
FIÈVRE JAUNE. — (V. Jaune.)
FIÈVRE MILIAIRE. — (V. Miliaire.)
FIÈVRE PUERPÉRALE. — (V. Puerpérale.)
FIÈVRE PURULENTE. — (V. Infection purulente.)
FIÈVRE SYNOQUE. — (V. Synoque.)
FIÈVRE TYPHOÏDE. — (V. Typhoïde.)
FIÈVRE URINEUSE. — (V. Urineuse.)
FIGUE. — La figue est le fruit du feus carica ou figuier, arbre de la famille des ulmacées, qui pousse surtout dans le midi de la France, en Italie, en Grèce, en Asie mineure et en Algérie. A vrai
dire, la figue n’est pas un fruit, car elle est constituée par les pédoncules des fleurs femelles et leurs calices devenus charnus ainsi que la portion interne du réceptacle.
Lorsqu’elle est encore verte, la figue est rugueuse, coriace et laisse écouler un suc blanc laiteux âcre, qui, d’après des expériences communiquées en 1880 à l’Académie des sciences par Bouchut, est un véritable ferment digestif, une pepsine végétale, qui, mise en contact avec de la fibrine, la
Fig. 491. — Figuier (rameau et fruit).
digère complètement et la transforme enpeptone.
Lorsqu’elle est bien mûre, la figue se transforme : son intérieur devient rougeâtre, tandis que la peau reste verte ou prend une coloration jaunâtre ou brune; le réceptacle se ramollit, devient succulent et un suc sucré d’une saveur agréable remplace le suc laiteux âcre.
La figue sèche est presque aussi agréable à manger que la figue fraîche. Toutes deux constituent un aliment assez nourrissant, grâce à la grande quantité de matière sucrée qu’elles renferment, et de digestion facile, jouissant même de propriétés adoucissantes et laxatives. La figue sèche compte parmi les quatre fruits pectoraux. Elle sert à faire de la tisane et des gargarismes employés contre les irritations de la gorge et des bronches. On en fait aussi des cataplasmes émollients, et bon nombre de personnes atteintes d’un abcès des gencives, appliquent une moitié de ce fruit sur la partie malade.
D' Paul Labarthe.
FILAIRE DE MÉDINE. — La filaire de médine ou dragonneau, est un ver parasite, blanc jaunâtre ou rouge, filiforme, large d’un millimètre au moins, long de 60 à 75 centimètres, à bouche orbiculaire, à queue subaiguë refermée en crochet, qui existe dans l’Arabie pétrée, au Sénégal, au Congo, en Perse, dans l’Inde, dans les Antilles et dans l’Amérique méridionale.
La filaire vit plusieurs jours dans l’eau, à la température ordinaire et envahit chez l’homme les membres inférieurs, les pieds, les jambes, les cuisses. Rarement on le rencontre au tronc, aux bras, à la tête et au cou. Elle se loge sous la peau, dans
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le tissu cellulaire intermusculaire, où elle se tient enroulée dans une petite poche ou tumeur en forme de varice contournée qui finit par s’abcéder, et au milieu de laquelle on découvre la tête. La filaire atteint souvent les individus qui séjournent les jambes nues dans les eaux stagnantes et ceux qui se couchent sur la terre, les pieds et les bras nus. Chez quelques individus, on en a trouvé dans le milieu de l’œil, ou encore, entre la sclérotique et la conjonctive.
La filaire ne se rencontre en Europe que chez des individus arrivant des pays chauds.
Dès qu’on s’est aperçu de sa présence dans les
Fig. 195.
Lied droit atteint de filaire de médine ou dragonneau, a' a'. Embryons de la filaire de l’homme (grossis. 80 diamètres). — i. Ver enroulé autour d’un stylet pour son extraction.
tissus, il faut chercher à l’extraire en se conformant aux préceptes du D"" Clôt Bey, qui a eu l’occasion d’en observer un grand nombre. Aussitôt qu’une partie de la filaire se présente, dit-il, il faut la lier avec un fil de soie, qu’on attache à un petit cylindre de diachylon, autour duquel on enroule le ver en exerçant des tractions modérées jusqu’à ce qu’on éprouve de la résistance ; les deux extrémités du rouleau sont aplaties et servent à le fixer au voisinage de l’abcès sur lequel on applique un cataplasme. A chaque pansement, on fait de nouvelles tractions et l’on continue jusqu’à la sortie de l’animal. Tantôt la filaire est extraite au bout de quelques heures, d'autre fois quelques jours, de huit à seize. Quant au traitement préventif, il consiste à préserver les pieds contre l’humidité et contre les eaux, D' Paul Labarthe.
FILATURES (ouvriers employés dans les). — Hygiène professionnelle. — «Nous croyons devoir étudier dans un article commun les industries du chanvre, du lin, du coton et de la laine. Le but qu’on se propose en effet est la transformation de la matière première en fil capable d’être tissé.
Le nom général de filateurs convient donc aux ouvriers employés aux travaux qui doivent amener un pareil résultat. Toutefois, s’il est des opérations communes à ces industries, telles que le filage et le dévidage, il en est, comme le peignage et le cardage, qui varient suivant la nature de la matière
employée. Il en est d’autres aussi qui sont spéciales à chacune de ces industries. Ces dernières rentrent en général dans la préparation que la matière première doit subir avant d’être envoyée à la fabrique. Nous allons nous en occuper en premier lieu.
Les opérations préalables auxquelles le lin et le chanvre sont soumis, sont le rouissage et le treillage. La première de ces opérations, qui s’effectue encore exclusivement par les voies agricoles, est du ressort de l’hygiène publique. Rappelons ici qu'elle donne lieu à la corruption des cours d'eaux et à des émanations engendrant des fièvres paludéennes.
Le teillage a pour but de débarrasser la tige textile de ses parties ligneuses ; pour cela, elle est soumise à une succession de broyages et battages mécaniques ; opérations qui deviennent la source de nombreux accidents de ma- 3 chines et qui donnent lieu à un dégagement considérable de poussières nuisibles.
La laine brute achetée en ferme ou au marché contient habituellement de 70 à 72 p. 100 de matières étrangères qui sont principalement le suint, c’est-à-dire ce corps gras dont chaque poil de laine est revêtu, puis la terre, le sable qui a adhéré à ce corps gras ; en sorte qu’après avoir lavé complètement 100 kilog. de laine achetée en suint, il restera environ 28 à 30 kil. de laine propre à être soumise au travail des machines.
Le désuintage de la laine est une opération sale et dégoûtante qui se fait à la main, et qui expose aux furoncles, aux affections cutanées prurigineuses et aux inflammations érysipélateuses. Quelques auteurs ont parlé de pustules malignes et de charbon. Le lavage et le dégraissage de la laine soumettent les ouvriers à tous les inconvénients de l’humidité, aux douleurs rhumatismales entre autres, et à l’action des liquides caustiques sur la peau des mains et des bras. Si, pour le désuintage, on se sert d’arséniate de soude, potasse ou ammoniaque, que l’on mélange quelquefois aux carbonates alcalins, il en résulte souvent des lé.sions spéciales sur les diverses parties du corps des ouvriers (V. Arsenic). L’emploi du sulfate de carbone les expose aux accidents particuliers décrits aux articles Caoutchouc et Sulfure de carbone (V. ces mots).
Le séchage des laines donne lieu aussi à quelques inconvénients à cause des vapeurs toujours un peu malsaines qui se dégagent du séchoir. Une excellente mesure préservatrice consistera à sécher les laines en dirigeant un courant d’air de dedans en dehors. Ainsi, par exemple, à Verviers, chez MM. Ilauzem, Girard et compagnie, les laines sont étendues sur une claire-voie formant la face supérieure d’une vaste cai.sse close de toutes parts ; un ventilateur aspire énergiquement dans l’intérieur de la caisse, tandis qu’un courant d’air chaud est amené contre le plafond du local (Ch. de Freycinet. Assainiss. industr., p. 59).
Parmi les opérations qui se passent dans la fabrique même, le battage, le peignage et le cardage sont particulièrement dangereux.
Ces opérations se font soit mécaniquement, soit
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à la main. Nous dirons quelques mots plus loin des accidents variés auxquels l’emploi des machines donne spécialement lieu dans les filatures.
Le travail à la main , bien que singulièrement restreint, est encore préféré dans certaines circonstances, parce qu’il est plus sûr et plus soigné. C’est ainsi qu'il est généralement employé pour le filage du coton, enfin pour tulles et dentelles, et dans la fabrication de la ouate.
« Le battage du coton à la baguette est une opération des plus nuisibles pour la santé des ouvriers ; le coton posé sur des claies maintenues sur des tréteaux est frappé continuellement, à four de bras, avec des baguettes d’osier, et laisse échapper dans l’atelier des nuages de poussière irritante et de duvet cotonneux, qui pénètrent dans la bouche, les narines, la gorge, les voies profondes de la respiration, couvrent les vêtements, la figure et les cheveux des ouvriers ; l’on peut ajouter à ces désagréments la fatigue extrême qu’entraînent les mouvements désordonnés et violents des bras et de tout le corps, une attitude debout trop prolongée, une transpiration abondante; fatigue qui se manifeste par la pâleur du visage et l’amaigrissement. Aussi la plupart des ouvriers quittent ce travail dès qu’ils trouvent de l’ouvrage ailleurs. » (Thouvenin.) On pratique aussi le battage à la main des déchets de lin ou de chanvre pour former des étoupes.
Chez les ouvriers qui cardent les matelas, le battage à la baguette est généralement employé. On se sert encore de petites planches en bois, garnies de pointes de fer coudées, et que l’on tient au moyen d’un manche.
(L’effilochage et le battage de la ouate dégagent des poussières d’autant plus incommodes que l’on opère fréquemment sur des cotons teints. Il en est de même dans les fabriques de draps, où le triage et le tondage des laines teintes produisent des poussières plus ou moins nuisibles. Le peignage des couvertures avec des chardons est encore une opération des plus fatigantes.)
Le cardage de la laine proprement dit présente infiniment moins de dangers que toutes les opérations précédentes, non pas, ainsi que l’a prétendu Thompson, par suite du contact habituel des ouvriers avec l’huile dont on graisse la lame avant de la carder, mais parce que, pour cette raison, cette opération ne donne lieu qu’à très peu de poussières.
Il n’en est plus de même pour le peignage du chanvre et du lin. Le peignage du chanvre surtout est excessivement nuisible, parce qu’il s’en échappe, avec les filaments textiles, une quantité considérable de particules siliceuses.
Mais les opérations les plus dangereuses sous ce rapport , c’est l’aiguisage et le débourrage des cardes.
Cette action nocive des poussières est donc une des premières causes des maladies professionnelles qui se présentent à nous, et nous devons en constater les funestes effets sur la santé des ouvriers employés dans les filatures.
On a décrit, en effet, une phthisie des fileurs (Key), une phthisie cotonneuse (Van Coetsem). Cette affection est précédée et annoncée par des
symptômes d’angine et de laryngite. Il y a de l’enchifrènement, de la sécheresse de la gorge, de l’altération de la voix ; puis se présente une toux saccadée, accompagnée d’une expectoration blanche, visqueuse. L’état général languit; il y a de la dyspepsie et des troubles intestinaux. Bientôt les désordres pulmonaires s’affirment, la marche est lente et la suppuration du poumon ne vient que progressivement.
Cette phthisie professionnelle existe-t-elle réellement? ou du moins l’absorption de la poussière essentiellement végétale (coton, chanvre, lin) estelle bien toujours la cause de la suppuration pulmonaire? Nous ne le pensons pas. Si cette action irritante des poussières sur les poumons est indubitable, c’est dans le teillage et le peignage du chanvre et du lin, parce qu’il y a dégagement et absorption de particules siliceuses; c’est surtout dans l’aiguisage des cardes.
Mais les causes les plus importantes du développement de la phthisie dans les filatures sont, suivant nous, le travail prématuré de l’enfant et sa trop grande durée, les attitudes vicieuses, la fatigue du mouvement professionnel, et, par-dessus tout, les mauvaises conditions hygiéniques de l’individu et du milieu.
L’angine chronique glanduleuse et la laryngobronchite, l’asthme et la bronchorré» : telles sont les affections qu’entraîne ordinairement l’action des poussières végétales sur les muqueuses. Leur innocuité relative avait déjà été reconnue par Benoiston de Chàteauneuf chez les cotonniers et les fileurs.
Un autre effet de ces poussières, c’est l’irritation des yeux et de la peau ; les ophthalmies glandulociiiaires sont excessivement fréquentes chez les batteurs, peigneurs et cardeurs. Les érythèmes et les éruptions furonculeuses sont communes à tous ces ouvriers. Leach, médecin inspecteur des manufactures anglaises, cité par Beaugrand, a remarqué que les mains et les bras des cardeurs de coton de rinde sont souvent affectés d’une éruption analogue à l’urticaire, éruption qu’il attribue en partie à la présence d’un sable très fin et de particules cotonneuses qui, détruisant la couche épidermique, vont agir directement sur le derme.
Dans les ateliers de filage proprement dit, les ouvriers se trouvent en présence de deux grandes causes d’affaiblissement : l’extrême humidité, et la température élevée dans lesquelles ces ateliers sont maintenus, parce que ce sont là des conditions nécessaires à la dilatation des filaments textiles : — « La température élevée des ateliers de peignage de laine, de filage de coton et de filage humide de lin, dit Loiset, portée, suivant les’exigences, de 20 à 2-5°, affaiblit, étiole et prédispose à une série d’affections diverses. Son action nuisible s’accroît encore, dans l’industrie du lainage, par un grand dégagement d’oxyde de carbone et d'acide carbonique provenant de foyers où l’on chauffe les peignes en acier dont on se sert; et dans l’industrie linière, par une surabondance de vapeurs, une aspersion continuelle d’eau. L’influence des opérations qui consistent à blanchir les fils de laine par l’acide sulfureux, et du grillage des fils de coton par le gaz hydrogène, serait bien plus désastreuse encore si
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ces opérations, au lieu d’être périodiques, devenaient continuelles. » — Le filage au mouillé, pratiqué à l’exclusion de tout autre dans le Nord, est très insalubre à cause de ces vapeurs chaudes et plus ou moins nauséabondes au milieu desquelles vivent les ouvrières. Celles-ci sont en outre exposées aux gouttelettes d’eau que leur envoient continuellement les bobines et qui finissent par pénétrer tous leurs vêtements. Ce serait là, d’après Ch. de Freycinet, la plaie de la classe ouvrière de Lille.
L’anémie, et avec elle le mauvais état des voies digestives, telles sont les affections que provoque, à la longue, une telle influence du milieu. Mais il est une cause pathogénique éminemment professionnelle dont l’action incessante vient peser d’un grand poids dans la balance étiologique. Nous voulons parler des attitudes vicieuses et de l’exagération de certains mouvements professionnels.
Chez les batteurs et batteuses à la main, on constate souvent des callosités épidermiques, des ampoules et de la rétraction de l’aponévrose palmaire. Max. Vernois parle de crampes et de fatigue douloureuse dans les deux bras, dont le développement est proportionnellement plus considérable que celui des muscles inférieurs. Chez les peigneurs, il se forme par pression du pouce gauche sur la partie externe correspondante de l’index, un durillon épais, point de départ de panaris (Tardieu).
Chez les matelassiers qui travaillent à genoux, la pression et le frottement de ces parties sur le sol y provoquent le développement et l’inflammation de la bourse prérotulienne avec épanchement séreux (hygroma du genou). Max. Vernois dit encore que les rattacheuses, dans les ateliers de filage de coton et de laine, sont souvent prises de fatigue, de crampes des jambes avec engorgement des malléoles, par suite du trop grand exercice qui leur est imposé. Le mouvement et l’attitude professionnels auraient ici une action évidente sur le dérangement des fonctions utérines.
L’ouvrier qui tourne le rouet ou bobine est en général un enfant. On a remarqué que l’inclinaison continuelle du corps en avant, le mouvement exagéré des bras, les jambes demeurant immobiles, amenaient souvent des incurvations de la colonne vertébrale et des membres; les bras étaient excessivement développés, tandis que les jambes s’atrophiaient et devenaient cagneuses.
Chez les fileurs proprement dits, la main présente, le plus souvent, des bourrelets calleux et des crevasses à la face palmaire. La continuation de la station debout, et l’habitude d’appuyer sur la plante des pieds, amènerait l'épaississement de l’épiderme de ces parties, en même temps qu’une sensibilité extrême des tissus sous-jacents. D’après Picard, le phlegmon du talon n'est pas rare, et serait excessivement douloureux. « En raison des mouvements fréquents de la cuisse et de la jambe droite, dit cet observateur, les fileurs sont sujets à des douleurs musculaires et nerveuses, notamment des nerfs sciatique et crural et des muscles gastro-cnêmiens; ces dernières souvent très tenaces. — Nous citerons encore des douleurs dans l’articulation du genou, et des arthrites commençantes chez des fileurs qui poussent l’appareil avec le genou... Un autre acci-
dent assez fréquent, c’est la pénétration d’échardes sous les ongles, dans l’épaisseur des orteils, de la plante du pied et notamment du talon. »
Beaucoup moins que les ouvriers peigneurs et cardeurs, les fileurs sont soumis à l’action des poussières; mais c’est surtout dans le filage à sec des étoupes, dit Thouvenin, qu’il se dégage une quantité de poussière qui n’est comparable qu’à celle qui résulte du battage du coton à la baguette; ce qui explique la fréquence des irritations bronchopulmonaires chez les ouvriers chargés de ce travail. Une singulière affection que Toulmouche (de Rennes) a décrite le premier chez les fileurs de chanvre, c’est une inflammation spéciale des voies buccales et surtout de la langue, qui trouverait sa cause dans la mauvaise routine des fileuses qui .se servent de leur salive pour mouiller et façonner leur fil, et, dans ce but, ne cessent de toucher du bout de la langue leurs doigts ou la filasse elle-même, chargés de matières âcres et irritantes.
La plupart des inconvénients du mouvement professionnel que nous avons passés en revue peuvent être prévenus par l’usage des machines ; c’est ainsi qu on débarrasse la laine de ses impuretés au moyen de machines dites échardonneuses. L’emploi généralemcnt répandu, en Angleterre, des machines à ouvrir les paquets et à carder le coton, dites ouvreurs, épurateurs Willow ; celui d’appareils batteurs, éplucheurs et étaleurs, ont singulièrement amélioré le sort des ouvriers batteurs et cardeurs.
Le débourrage, autrefois regardé à bon droit comme une opération des plus nuisibles, ne l’est presque plus aujourd’hui, grâce à l’emploi de la débourreuse Dennery, qui, soulevant, les chapeaux à cardes, passe au-dessus, en arrache la bourre, la roule et l’emmène au dehors.
Mais une condition indispensable à remplir, sans laquelle il ne saurait en résulter des avantages bien marqués pour les ouvriers, consiste à envelopper les mécanismes dans les caisses où l’on exerce une ventilation énergique entraînant au dehors les poussières de toutes sortes qui se dégagent.
Et cependant, malgré cette précaution, l’atmosphère des ateliers reste chargée de matières pulvérulentes ; c’est que le plus souvent on se borne à les rejeter à l’air libre, dans le voisinage des salles de travail; de sorte qu’elles y rentrent inévitablement par les portes ou les fenêtres, et l’incommodité reparaît sous une autre forme. — Une excellente disposition consistera à conduire ces poussières dans des galeries ou caves appelées pour cette raison caves à poussières, et que l’on noiera toutes les fois qu’il s’agira de les vider, afin d’éviter toute dissémination de matières pulvérulentes pendant l’opération.
Avec remploi des machines marchant d’ellesmèmes (self-acting), les inconvénients de l’attitude et du mouvement professionnel disparaissent aussi, en grande partie, chez les fileurs.
Un moyen de préservation des plus simples contre l’action nocive de l’humidité, et en même temps des plus efficaces, consite à garnir chaque rangée de bobines d’un tablier en bois qui peut se relever ou s’abaisser à volonté en tournant autour d’une
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charnière horizontale. Une fois les bobines en train, l’ouvrière relève le tablier et se trouve ainsi préservée d’une grande partie des gouttelettes projetées pendant la rotation. On s’étonne qu’un moyen si simple ne se soit pas généralisé. (Ch. de Freycinet, Assainissement industriel). Mais si, avec l’introduction des machines dans les filatures, le travail professionnel est devenu moins pénible pour les ouvriers, si les attitudes vicieuses ont disparu en partie, il n’en est pas moins vrai qu’avec elles une cause nouvelle d’accidents graves apparut dans les ateliers. Cette cause nous la trouvons dans le fonctionnement lui-même des machines. — Sur 1 42 accidents relevés par Loiset dans les diverses fabriques et usines du département du Nord, '120 sont arrivés dans les filatures de coton et de lin. Ce sont, en général, des contusions, des plaies contuses, par arrachement, des fractures, etc.
Sur 120 lésions traumatiques, 91 appartiennent aux membres supérieurs (doigts et mains, 78 ; bras, 13), — 17 aux muscles inférieurs (pieds, 10; jambes, 7), 7 à la tête, 5 au tronc. Ces chiffres peuvent donner une idée du siège relatif des blessures.
Dans les filatures, les mécanismes dé.signés sous le nom de préparations fournissent un contingent plus considérable de blessures que les machines opérant le filage proprement dit. Ces préparations sont, pour le coton, le battage, l’épluchage, le cardage, le tirage et le boudinage; pour le lin, les cardes, les coupeuses, les peigneuses, les étireuses.
Certaines dispositions contribuent à multiplier les accidents ; elles consistent principalement dans l’étroitesse des allées ou passages; dans les difficultés offertes à la circulation par leur encombrement; dans la présence de trappes destinées à l’introduction des métiers aux lieux qu’ils doivent occuper ; enfin l’usage de graisser les gros rouages alors que l’ensemble du mécanisme est en mouvement, occasionne aussi des blessures graves, trop souvent suivies de mort ou de la perte d’un membre. (Loiset, Rapport au comité de salubrité du Nord).
C’est surtout sur les ouvriers et ouvrières des filatures que la fâcheuse influence du milieu confiné de l'atelier sur la santé et le développement physique de l’ouvrier se fait sentir. — Les enfants y sont généralement pâles, chétifs, amaigris, moins peut-être à cause du travail que par suite de la privation du grand air et des ébats nécessaires à leur âge. Les femmes ont le teint pâle et plombé ; la chlorose et les dérangements menstruels sont très fréquents chez elles; les avortements ne sont pas rares. Ici joue un rôle important l’influence de la station assise habituelle, ou des attitudes vicieuses qui favorisent la stase sanguine dans les organes du petit bassin.
Suivant Toulmouche, qui a observé dans une manufacture de draps à Sedan, les ouvriers âgés de plus de vingt ans, et les femmes, ont présenté un chiffre de malades de beaucoup supérieur à la moyenne ordinaire. Les plus souvent malades ont été les fileurs, qui ont présenté des affections gastro-intestinales et des rhumatismes surtout ; et parmi les femmes, lespluseuses et les bobineuses. »
L’article magistral que nous venons de reproduire est extrait du remarquable ouvrage du professeur Layet, de Bordeaux, qui a pour titre: Eygiène des professions et des industries. Notre éminent confrère nous pardonnera cet emprunt, on n’emprunte qu’aux riches. p. l.
FILET. — Mot employé en anatomie : 1“ comme synonyme de frein (V. ce mot); 2° pour désigner les petites ramifications des nerfs : filets nerveux p. l.
FILIFORME. — Qualificatif appliqué au pouls qui est tellement petit qu’il ne donne sous le doigt que la sensation d’un fil pouls filiforme, p. l.
FILTRATION. — FILTRES. — La filtration est une opération qui a pour but de rendre un liquide transparent, et de le débarrasser des parties solides hétérogènes ou insolubles, en lui faisant traverser un filtre.
Lorsqu’on veut filtrer des liquides en petites quantités, on emploie le coton cardé, la laine brute et dégraissée, l’éponge, la pâte à papier, le papier Joseph non collé, la toile, l’étamine, la flanelle, le feutre.
Lorsqu’on veut filtrer des liquides en grandes quantités, on se sert de pierre poreuse, dite pierre à filtrer, de grès poreux, de sable fin et grossier, de terre glaise calcinée et pulvérisée, de charbon en poudre grossièrement broyé, etc.
La filtration s’opère en plaçant la matière filtrante dans un récipient, ouvert à sa partie inférieure, et en versant ensuite au-dessus le liquide à filtrer. Cette disposition permet d’obtenir rapidement, dans un vase placé au-dessous du récipient, un liquide clair et limpide dégagé des parties solides qui le troublaient et qui sont restées déposées à la surface des matières filtrantes et de leurs interstices.
Pour filtrer l’eau dans les ménages on a inventé une foule de filtres ; les filtres Fonvielle portatifs, constitués par des cylindres de b ois cerclés de fer et hermétiquement fermés, divisés en neuf compartiments contenant, le 1" et le 2', des éponges divisées, et les sept autres, alternativement, du gravier et du grès pilé ; les filtres Souchon, dont la base est l’emploi de la laine tontisse dégraissée au préalable. Us ont l’inconvénient de dégager pendant les chalpurs une légère odeur d’bydrogène sulfuré provenant de la petite quantité de matières organiques que renferme toujours la laine; les (titres Ducommun, à base de charbon, etc. Sans compter les filtres domestiques ordinaires, presque tous faits avec de la terre de grès très poreuse.
Mais, en résumé, il faut bien le dire, tous ces filtres sont de simples appareils qui se bornent à clarifier l’eau, c’est-à-dire à retenir les matières en suspension, mais n’arrêtent aucunement les germes morbides contenus dans tous les liquides.
En 1884, M. Ch. Chamberland, faisant l’application aux usages domestiques d’un procédé rigoureux employé par lui, dans les laboratoires de Pasteur, pour séparer les microbes de leurs milieux de culture, est parvenu à construire un filtre qui dépouille les eaux, même les plus impures, de tous les germes
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