‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privéeChapitre 209 sur 238 · TION · texte numérisé non relu

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A. Désordres de la calouieication. — Lavoisier a démontré que la vie est une combustion de nos tissus aux dépens de l’oxygène qui, brfilé, est exhalé également par les poumons, sous forme d’acide carbonique.

La température de notre corps est la résultante de cette combustion, diminuée de la chaleur perdue par évaporation à la surface de la peau et des poumons; cette température est, à l’état normal,

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presque constamment la même ; elle est de 37°, 2 dixièmes à 37°, 5 ; elle peut, pendant le travail digestif ou à la suite de violents efforts musculaires, atteindre 38°,8 ; mais une température de 38 degrés indique un état fébrile. Cette température est appréciée à l’aide d'un thermomètre spécial placé dans l’aisselle ou, plus rarement, dans le rectum : la boule du thermomètre doit être bien engagée dans le fond de l’aisselle, le bras rapproché du corps, le thermomètre doit être laissé en place au moins dix minutes et on le consulte sans le déranger ; il faut toujours se servir du même instrument chez le même malade, et inscrire les résultats recueillis autant que pos^ible deux fois par jour.

Le cycle thermique présente trois périodes: ascension, état, terminaison. Ces trois périodes sont souvent désignées sous les noms de période d’invasion ou d'augmentation, de période d'état, et de période de déclin ou de défervescence, remplacée dans les cas funestes par la période agonique.

1° L’ascension de la température peut se faire brusquement, en quelques heures ou en un jour et demi elle atteint le degré le plus élevé auquel elle doit arriver (c’est ce que l’on observe dans les fièvres intermittentes, la scarlatine, la variole, la pneumonie franche) ; graduellement, mais d’une façon régulière (fièvre typhoïde) ; graduellement et d’une façon irrégulière (rhumatisme, pleurésie, péricardite).

2° La période d'état présente les plus grandes variétés : tantôt la température maxima n’est observée qu’une, deux ou trois fois (fièvre éphémère, intermittente, érysipèle, etc.); tantôt on constate chaque soir, pendant plusieurs jours de suite, à peu près la même température, avec, chaque matin, la même rémission de quelques dixièmes de degré (pneumonie franche, variole), tantôt enfin les oscillations quotidiennes sont de plusieurs degrés (fièvre hectique, pyémie, etc.).

3° La période terminale diffère suivant que le malade guérit ou meurt.

I S’il guérit, la décroissance peut être brusque : en I vingt-quatre heures la température tombe de plusieurs heures et revient ainsi au chiffre physiologi- , que (37°) ou même au-dessous : c’est la défervesj cence qui correspond aux crises des anciens ; ou bien elle est graduelle, et c’est par des oscillations I rétrogrades, qui comprennent de six à neuf jours,

I que le malade revient a sa chaleur naturelle.

] Pendant la convalescence, la température est I normale, mais très sujette à s’élever fortement sous l’influence de la fatigue, de la nourriture.

Si le malade doit mourir, la température s’élève j constamment, au point d’atteindre 41°, 42° et même

Après la mort, la température s’abaisse rapidement pour se mettre de niveau avec celle de l’at- I mosphère; mais, dans quelques cas (tétanos, cho- I léra), elle continue à s’élever pendant au moins une ! heure.

; L’étude de la température, mise en honneur par I Wunderlich, fournit au pronostic et même au dia- I gnostic de très utiles renseignements; on sait, par e.xemple, que si la chaleur se maintient à 40 ou I 41 degrés avec une très faible rémission matinale,

I Dictionnaire populaire de Médecine usuelle,

la mort est certaine en peu de jours; la vie se prolonge davantage si la rémission matinale est très accentuée; une température de 42 degrés amène fatalement la mort. Enfin la température étant le miroir le plus fidèle de la fièvre, les renseignements qu’elle fournit ont plus de valeur que ceux tirés de la fréquence du pouls.

H. TaouBLEs DE LA ciKCüLATioN. — L’augmentation dans la fréquence et la force des battements du cœur et du pouls a été longtemps considérée comme étant le symptôme le plus important de la fièvre; la fréquence du pouls, qui de fiO à 65 pulsations, chiffre normal chez l’adulte, s’élève à 80, 100, 140, est en effet un signe facile à constater et d’une grande valeur, mais moins positif que celui fourni parla température. On sait, eu effet, qu’une foule de circonstances peuvent déterminer l’accélération du pouls (émotion, exercices musculaires, boissons alcooliques, etc.).

G. Troubles de la nutrition. — Ils se révèlent par l’amaigrissement, ([ui est la consé([uence forcée de la fièvre et qui tient à deux causes: l°àdes troubles digestifs, car l’individu atteint de fièvre n’a plus d’appétit {anorexie), souvent même il est atteint de nausées et de vomissements; 2° à l’activité spéciale de la combustion organique : les tissus brûlent plus qu’ils ne réparent, et cela à un tel point que le malade peut perdre un kilogramme de son poids en vingt-quatre heures.

Les sécrétions sont troublées, l’urine est rouge, rare, sa densité est accrue, elle renferme plus d’urée (de 33 à 50 grammes en vingt-quatre heures au lieu de 30 grammes, chiffre physiologique) et beaucoup moins de chlorures (de 1 à 5 grammes au lieu de H grammes, chiffre normal): ces altérations sont la conséquence directe de la combustion fébrile.

La sécrétion de la salive, du suc gastrique et du suc intestinal est diminuée, aussi la bouche est sèche et la constipation habituelle; la sueur, diminuée dans la première période^ est ensuite accrue souvent au moment où la température diminue. Les sueurs abondantes constituent un caractère important de la fièvre, soit qu’elles terminent l’accès, comme dans les fièvres intermittentes, soit qu’elles se manifestent vers le malin, c’est-à-dire au moment où la température fébrile s’abaisse, comme chez les phthisiques.

D. Troubles de l’innervation. — La fièvre s’accompagne à divers degrés de frissons, courbature, malaise, céphalalgie, insomnie, de délire, de 'soubresauts dans les tendons, de convulsions.

l.e frisson fébrile est une sensation subjective, car il coïncide avec l’élévation de la température ; il ne SC produit même que lorsque cette élévation est longue et très notable. Les convulsions sont surtout fréquentes chez les enfants.

Ces divers phénomènes, fort variables d’ailleurs dans leur intensité et même dans leur existence, sont le résultat de la perturbation que la fièvre jette dans les fonctions du système nerveux.

Quelle est la .aiarche de la fièvre. — La fièvre présente des types variés et en rapport avec la na ture de sa cause. Sa marche est intermittente rémittente, subconlinue ou continue.

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