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Ces pilules ont toutes les propriétés de la quassine : elles sont apéritives, toniques, stomachiques , laxatives et diurétiques , et trouvent leur indication dans l’inappétence, les digestions lentes, les dyspepsies alonique et flatiilente, la constipation occasionnée par la faiblesse de la tunique musculaire de l’intestin, les diarrhées, les coliques hépatiques, etc.
D'un très petit volume, très exactement et très rigoureusement dosées, d’une solubilité parfaite, ne donnant pas la moindre sensation d’amertume à la bouche lorsqu’on les avale— ce qui suffirait seul à les faire préférer à la macération si atrocement amère et désagréable du quassia, — les pilules de Frémint se prennent à la dose de une ou deux avant le déjeuner ou le dîner. On peut élever cette dose à quatre et six par jour, maximum, selon les cas, et alors il est préférable d’en prendre une le matin, deux avant le déjeuner, deux avant le dîner et une au moment de se mettre au lit (V. Q iassia et Quassine). D’’ L. Saint-Antonin.
FRÉMISSEMENT. — Nom donné à un mouvement spasmodique qui se fait ress''ntir par tout le corps, caractérisé par un tremblement général accompagné d’un sentiment de froid, que l’on observe surtout avant le frisson précurseur delà fièvre. P. L.
FRÊNE. — Le frêne est un arbre très commun en Europe, dont l’écorce était employée en poudre ou en décoction comme fébrifuge avant la découverte du quinquina, dont les feuilles en infusion à la dose de 15 grammes pour 250 grammes d’eau purgent comme le séné, et ont aussi été employées contre la goutte et le rhumatisme, mais sans grand succès. La propriété purgative du frêne est due à la manne qui s’écoule des incisions pratiquées dans son écorce pendant l’été (V. Manne). p. l.
FREYSSINGE (goudron). — Le goudron Freyssinge est une liqueur normale concentrée de goudron, contenant dans leur intégrité tous ses principes actifs et solubles, et pouvant ainsi reproduire exactement l’eau de goudron véritable, que, le premier, M. Freyssinge a eu l’idée de substituer aux anciennes liqueurs impures de goudron.
Ce savant pharmacien prépare sa liqueur par un procédé, que le nouveau Codex a adopté dans son principe, et qui consiste à triturer le goudron végétal avec de la sciure de bois de sapin, puis de l’eau, dans les proportions suivantes :
Goudron végétal de Norwège. . . 15,000
Sciure de bois de sapin 10,000
Eau distillée 100, 0(X)
dans un appareil, ressemblant absolument, sauf les dimensions, à une baratte à beurre, fort tonneau en bois, dans lequel un agitateur à palettes, mû avec une extrême rapidité par un engrenage et une manivelle situés au-dessous du couvercle, opère le mélange.
Eu égard au temps et à la température (60 degrés), les principes solubles du goudron sont entièrement dissous dans l’eau, et M. Freyssinge obtient une liqueur acide, suffisamment colorée, d’une
odeur franche et très aromatique qu’il filtre après l'avoir laissée reposer quelques jours et qui ne contient que du goudron.
Par ce proc' dé et les doses de goudron employées, la liqueur est titrée de telle sorte que deux cuillerées à soupe contiennent environ un gramme d’extrait de goudron.
A la dose de deux cuillerées à soupe dans un litre d’eau, la liqueur concentrée de Freyssinge donne une eau de goudron ambrée, très agréable, qui peut se boire pure ou avec le vin, la bière, les tisanes , sans craindre qu’aucùn de ces divers liquides se décompose comme cela a lieu avec les liqueurs alcalines, et qui peut être administrée non seulement sans danger mais encore avec une très grande efficacité dans les divers cas où le goudron est indiqué (V. Goudron). D'' l. Saint-Antonin.
FRICTIONS. — Les frictions consistent en des frottements plus ou moins forts et plus ou moins prolongés d’une partie quelconque de la peau. Elles s’exercent avec ou sans addition de substances médicamenteuses et constituent d’excellents moyens révulsifs à l’aide desquels on calme la douleur ou l’on amène la résolution des tumeurs, des engorgements et des parties enflammées. Les frictions sont ou sèches ou humides; les premières se font avec les mains, une brosse, du molleton, de la flanelle ou un tissu de fil, les autres avec des huiles, des graisses, des pommades, des onguents, des éthers, des alcools, etc., .etc. Ce sont les plus nombreuses.
Qu’on ait recours à l’une ou l’autre de ces deux sortes de frictions, le but qu’on se propose, c’est de favoriser les fonctions de la peau, de régulariser les mouvements des organes, de réveiller la vitalité des tissus, de transformer les éléments morbides de l’économie en éléments nouveaux physiologiques et réparateurs. Leur emploi est excessivement fréquent et il n’est pas de maladies où elles n’aient été utilisées d’une manière plus ou moins efficace. Les névralgies, les douleurs rhumatismales, les affections cutanées, les entorses, les contusions, les luxations, les gonflements douloureux et autres, sont heureusement influencés par ces agents précieux de rubéfaction locale.
Les frictions sont encore recommandées lorsque certains médicaments inspirent trop de dégoût pour être pris par la bouche; on se sert alors de la surface cutanée comme moyen d’absorption, l.e creux de l’aisselle, le pli de l’aine et la face interne des cuisses sont les lieux de prédilection où les médicaments agissent avec la plus grande activité. Ainsi, les frictions d’onguent napolitain sur les cuisses dans la syphilis, les frictions de pommades iodurées au pli de l’aine dans les affections scrofuleuses, les frictions avec la pommade de quinine au creux axillaire dans les fièvres intermittentes sont autant de moyens curatifs pour les maladies que je viens de mentionner. d-- Mauc. Cami)ouuve.s.
FRIGIDITÉ. — On donne ce nom à l’état d’inertie des fonctions génitales que l'on observe chez les individus atteints de pertes séminales (V. Impuissance, Pertes séminales). p. l.
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FRINGALE. — (V. Faim.)
FRISSON. — On donne ce nom à un tremblement passager involontaire, spasmodique, irrégulier, qui débute ordinairement par les muscles du dos et des lombes, gagne les membres, s’accompagne d'une sensation plus ou moins vive de froid périphérique qui donne à la peau l'apparence de celle d’une volaille fraîchement plumée {d'où l’expression populaire «roir /a chair de poule), et qui aboutit au claquement des dents.
Le frisson peut être occasionné par l’impression subite du froid, par la frayeur, par une digestion un peu difficile et laborieuse, par un pressant besoin d’uriner, etc., et dans ces cas il n’ofifre aucune gravité. Le plus souvent il est causé par l invasion de la fièvre et signale le début de plusieurs maladies plus ou moins graves.
Dès qu’on se sent pris d’un frisson, la prudence exige qu'on se mette au lit, sous des couvertures bien chaudes, qu’on boive des boissons chaudes, excitantes et aromatiques, telles que vin chaud, grog à l’eau de vie, infusion de lhe, de tilleul, de camomille, de menthe, etc., pour ramener au plus vite la chaleur normale (V. Fiècre). p. l.
FROID. — Le froid est la sensation que nous éprouvons lorsque notre corpsest misencontactavec un autre corps dont la température eslmoins élevée que la sienne. Le froid n’est donc pas absolu mais seulemetit relatif. Ses effets sur notre organisme sont étudiés au mot froidure (S . ce mot). p. l.
FROIDURES. — On désigne sous ce nom les lé- , sions produites par le froid, lésions qui ressemblent sous plusieurs rapports à celles des brûlures.
Le froid peut déterminer des accidents locaux ou généraux : les premiers sont souvent désignés sous le nom A'enijelures et de congêlaliou (V. ces mots).
11 est difficile de déterminer le degré de froid auquel on peut résister; un adulte vigoureux supporte impunément — 2o“, mais il est une foule de conditions qui diminuent cette force de résistance; de plus, si les accidents généraux ne surviennent que sous l’influence d’une température très basse, les accidents locaux peuvent être pioduits par quelques degrés de froid.
La mauvaise nourriture, l’alcoolisme, l’affaiblissement, les grandes fatigues, le découragement diminuent la force de résistance au froid, et à ces causes doit être rapportée la mortalité énorme de nos soldats pendant la retraite de Moscou; la brusque transition d’une température à une autre est également très fâcheuse.
Les accidents locaux s’observent plus souvent chez les gens faibles, lymphatiques, chez les enfants, les vieillards, et ils frappent de préférence les -parties en relief et éloignées du centre de la circulation, tels que les doigts, les orteils, le nez, les oreilles.
Ils présentent des différences d’intensité qui conduisent à en distinguer plusieurs degrés; on peut, avec Callisen, en décrire trois.
1" degré. — Simple rubéfaction de la peau (V. Engelure).
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2' degré. — Formation de phlyctènes et d’ulcérations superficielles (V. Engelures ouvertes).
3' degré. — Il présente deux variétés bien distinctes : dans l’une les tissus congelés sont viplacés ou bien pâles et décolorés, ils sont insensibles; mais dès que la température s’élève, la circulation se rétablit, les tissus deviennent rouges, chauds, et reprennent leur vitalité ordinaire.
La seconde variété est beaucoup plus grave ; ici les tissus congelés sont morts; ils sont livides, gonflés, ramollis, noirâtres, et après une réaction trop vive ils présentent tous les signes de la gangrène sèche ou humide et passent par tous les phénomènes d’élimination et de réparations habituels au sphacèle
Ces gangrènes par le froid frappent surtout les orteils, les doigts; on ne les observe guère que sur les soldats, les marins, etc. ; elles déterminent des douleurs très vives, une réaction générale des plus intenses, et fréquemment les malades succombent emportés par la dysenterie, la diarrhée, le scorbut.
Accidents généraux. — L’exposition prolongée à un froid très intense détermine des accidents généraux souvent mortels.
Les parties exposées à l’air s’engourdissent et deviennent douloureuses, l’intelligence s’affaiblit, la sensibilité s’émousse et, en proie à un sommeil invincible, le malheureux patient s’endort pour ne plus se réveiller.
Dans des récits navrants sur la retraite de Moscou, Larrey rapporte que les soldats les plus vigoureux suppliaient leurs compagnons de leur laisser goûter quelques instants de repos, de leur pei mettre de s’arrêter ; souvent ils titubaient comme des gens ivres et tombaient morts la face contre terre. Sur les rivages glacés de la Terre-de-Feu, Copland répétait à ses compagnons : « Quiconque s’assied s’endort, et quiconque s’endort ne se réveille plus », et quelques instants après il les suppliait lui-même qu’on le laissât se coucher.
La mort est parfois précédée d’épistaxis, d’incontinence d’urine, de convulsions épileptiques, d’une dyspnée intense.
Le traitement doit s’adresser aux accidents locaux et généraux.
Accidents locaux. — Frictionnez les parties engourdies avec un liquide excitant (vin, alcool camphré) ou avec une pommade composée de farine de moutarde et de pâte d’amandes. S’il existe des ulcérations ou crevasses, recouvrez-les de collodion, cautérisez-les avec le nitrate d’argent et protégez-les avec du diachylon ou mieux du taffetas Marinier.
Dans le troisième degré, il faut bien se garder de rappeler trop rapidement la circulation, car la gangrène serait la conséquence d’une réaction trop brusque; frictionnez les parties engourdies avec de la neige ou de l’eau très froide; lorsque la chaleur et la sensibilité reviennent, les frictions seront faites avec de la flanelle chaude. Si les tissus sont morts, le traitement sera celui de la gangrène (V. ce mot).
Accidents généraux. — Lorsqu’un malheureux engourdi par le froid est sur le point de céder à ce sommeil léthargique, préludé de la mort, il faut le forcera marcher, lui faire boire un peu de vin, lui faire prendre quelques aliments; mais on se gardera de l’approcher brusquement du feu, de lui ad-
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ministrer des boissons alcooliques, car on pourrait déterminer ainsi une réaction mortelle par son intensité. On le frictionnera avec de la neige, on le plongera dans uti bain froid dont on élèvera progressivement la température, puis on le placera dans un lit et on lui administrera les boissons diaphorétiques ; si la respiration est embarrassée, on approche des narines des substances volatiles sternutatoires (Richter). pr lé'on MoynaC.
FROISSEMENT. — Nom donné à la contusion des tissus produite par un frottement rude et énergique. P. L.
FROLEMENT. — Nom donné par les médecins à une variété de bruit de frottement, perçu par l'auscultation, qui se produit dans les inflammations du péricarde ou de la plèvre (V. Auscultation, Péricardite, Pleurésie). P. L.
FROMAGE. — Le fromage est un aliment riche, un albuminoïde de premier ordre. On peut le définir : une préparation, ordinairement moulée, faite avec la caséine et la substance grasse du lait des animaux. C’est un produit univer.sellement répandu et essentiellement variable. Chaque contrée presque a son fromage, comme elle a sa flore et sa faune. Connu des Hébreux, aimé des Crées et des Romains, cet aliment, aussi ancien que le lait luimême, est l'un des plus usités dans nos pays. Paris en consomme, annuellement, plus de 6 millions de kilogrammes ; et pendant que, chaque année, la France exporte environ 2 millions de kilog. de fromages, elle en reçoit de l’étranger plus du triple.
Dans cette industrie comme dans bien d’atitres, l’Amérique nous réserve pour un avenir prochain, la surprise de la plus terrible concurrence. A. Hiisson poussait dernièrement, à ce sujet, un cri d’alarme. Le lait, en Amérique, e.st abondant et peu cher; aussi voyons-nous la Californie, par exemple, fournir aux marchés des Etats-Unis des parmesans, limbounjs, gorgonzolas, stiltons, etc., meilleurs assurément que ceux qui sont importés d’Europe, et des fromages de Hollande absolument analogues (chose étonnante) à ceux que l’on peut manger à Amsterdam. Que sera-ce quand l’Amérique du Sud verra prospérer définitivement son in,dustrie agricole.
Au point de vuede leurs variétés, nous diviserons les fromages on trois catégories: les/raw,les salés et les fermentés. Les fromages odorants, en général, ont les avantages d’un aliment qui se con.serve: plus digestifs, plus excitants, ils semblent jouer le rôle d’assaisonnements plutôt que le rôle vraiment alimentaire. Au contraire, rien de plus nutritif, mais aussi rien de plus lourd, que les fromages dits à la pie. Quant aux vieux fromages, fermentés, avancés, rances, et dont le gofit est à la fois salé, piquant et aromatique, ils sont fort utiles aux gros mangeurs, et très appréciés des gourmets, auxquels ils permettent de déguster les vieux vins.
Notre grand chimiste Fourcroy, qui attribue à Aristée l’invention du fromage, dit que les gourmets devraient une statue à ce héros des Céorgi-
gues; « Sa découverte ne leur évite-t-il pas, s’écriet-il, une indigestion par repas?» Fourcroy, comme tous les grands penseurs, devait être dyspeptique : le mauvais estomac suit le savant comme l’ombre suit le corps.
Le type du fromage frais est le fromage à la crème appelé petit suisse, probablement par suite d’un jeu de mots, parce qu'il se prépare en grand à Neufchâlel (Seine-ln férié lire). Très altérable, il se digère aisément, surtout pendant la saison chaude: mais il faut l’assaisonner de sucre ou de sel. Les fromages salés se préparent tantôt par cuisson, et alors ils sont durs, compactes, comme le Gruyère, le Hollande, le Cliesler ; tantôt, comme le Brie, le Camembert, le Port-Salut, le Munster, le Murolles, ils ne sont soumis à aucune cuisson.
Quant à la troisième classe de fromages, les fermentés, ils doivent leur goût spécial à des acides gras odorants [Pont-Lévêque, Livarot, Vantai) ou bien à des fermentations alcalescentes, qui leur donnent un goût aromatique et âcre : tels sont le Stdton, le Seplinoncels et surtout le Roqurfort. Le Roquefort doit ses propriétés particulières à un champignon nommé pénicillium, et dont on sème artificiellement les spores. Il est chaud et irritant pour la bouche, irritant aussi pour le tube digestif. C’est à lui surtout que s’applique le vieux proverbe : « Chiche main, bon fromage », et le précepte salernien :
« Caseus ille bonus quem dat avara manus. »
Le Roquefort se fabrique, depuis la plus haute antiquité, dans l’Aveyron, l’Hérault et le Tarn : on dit qu’il doit surtout sa valeur 'aux caves de ces pays. Ce qu’il y a de certain, c’est qu’Antonin-le- Pieux, 161 ans après J.-C., mourut d’indigestion pour avoir mangé un fromage de Montpellier dans son entier. Il ignorait probablement le précepte d'Hippocrate, recommandant d’user avec modération de cet aliment robuste, mais échaufi'ant. Et Hippocrate ne parlait que des fromages liés dpux de l’ancienne Grèce : il ne connaissait rien d’analogue à nos Sassenage et à nos Roquefort.
In medio sial virtus. C’est dans la catégorie des fromages salés que nous rencontrons les types les plus digestibles. C’est surtout pour le gruyere, le brie et le port-salut qu’ont été écrits le surnom de biscuit des ivrognes, et la phrase bien connue de Drillat-Savarin, assurant que, sans fromage, un dessert est une belle à laquelle il manque un œil. Les fromages frais et les fermentés, au contraire, donnent lieu, si l'on en use indiscrètement, à des coliques, à des gaz, à des irritations de l'estomac et de l’intestin. Quant aux fromages exclusivement de chèvre, comme le Mont-Dore, le Saint- Marcellin, ils sont ordinairement légers à digérer, et font apprécier les vins les plus ordinaires; mais leur abus cause fréquemment des aigreurs et des indigestions.
Au point de vue économique général, le fromage aliment précieux, nutriment complet, rend les plus grands services aux classes laborieuses. Sa production mérite les encouragements de tous les gouvernements, même des gouvernements monarchiques, malgré le mot si profondément vrai de J. de Millier :
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« Partout où l’on fait le fromage fleurit la libert»'>. »
Fromàge et pain Hepas de vilain
disait un proverbe du seizième siècle. Telle est en effet par excellence, encore aujourd'hui, la nourriture du paysan français et l'habituel assaisonnement de son dur labeur. On peut même dire que le jour où chaque ouvrier des villes et des campagnes pourra ajouter à son morceau de pain un morceau de fromage, ce jour-là, la question sociale sera bien près d’èfre résolue. On devrait aussi chercher à introduire cet aliment de haut goût dans la nourriture militaire, l.a réforme serait aisée; et comme un morceau de fromage rehausserait agréablement l'insipide monotonie alimentaire du soldat ! D' e. Momn.
FROMENT. — Le froment est une plante annuelle de la lamille des graminées dont la graine, connue sous le nôm de 6/é, tient le premier rang parmi les céréales, parce qu’elle renferme le plus de farine et la farine la plus agréable au goût, la plus nourrissante et la plus propre à la panification.
« Les bons froments, dit Michel Lévy, se reconnaissent à leur couleur blanche, soit d’un jaune légèrement doré, soit d’un gris glacé argenté, soit d’un brun très clair et brillant. Leur rainure est peu profonde; ils sont bombés, bien remplis et sonores; ils glissent aisément entre les doigts ».
On peut toujours préjuger, d’après la force seule de l’épi sur pied, quel sera le produit de la récolte : si l’epi sort vigoureux de son fourreau, s'il est gros et bien nourri, il portera de 50 à 60 grains; s’il est maigre et sans énergie, au contraire, ils n’en portera que 40 à 50, et môme que de 20 à 30, si, en même temps qu’il paraît débile, il est lent à se développer.
Voici quelle est la composition immédiate du froment : sur 100 parties, on trouve ;
Amidon
.Matières azotées
Dextrine
.'latières grasses
(lellutose
Matières minérales
On voit, d’après cette analyse, que le blé est riche en matière azotée ou gluien (V. ce mot). Aucune autre céréale n’en renferme autant; aussi sa farine est-elle celle que l’on emploie le plus habituellement pour faire le pain, les gâteaux et les pâtes alimentaires.
La farine de froment comme toutes les autres farines peut subir des altérations tV. Farine). Elle peut aussi être falsifiée par le mélangé de farines provenant de diverses autres céréales (pomme de terre, feve, fèveroles, ma'is, seigle, orge, riz). On reconnaît les diverses farines en employant le piocédé de llriois, qui consiste* à mettre un gramme de farine en contact avec un trente-deuxième de litre d'eau contenant 0,01 de potasse caustique, on obtient alors les colorations suivantes ;
Froment gris.
.Mais gris jaunâtre.
Seigle jaune faible.
Orge jaune.
Sai-vazin jaune foncé.
Hiz incolore.
Si on prend 2 grammes d’un mélange de blé avec 0,30 des diverses farines, et si on le mélange* avec 0,-25 d’eau distillée contenant 0,03 de potasse caustique, on obtient :
Froment presque incolore.
Riz gris.
Maïs jaune.
Sarrasin jaune foncé.
Orge jaune foncé.
Seigle jaune orangé.
On peut encore reconnaître les mélanges de farine avec des graines étrangères par l’examen du gluten fourni. Le gluten de la farine de blé est blond jaunâtre, élastique, s’étalant en jtlaque lorsqu’on le pose sur une surface plane, d’une odeur et d’une saveur fade, il prend en se desséchant un aspect feuilleté et se casse facilement. Le gluten des farines mélangées d’avoine est jaune noirâtre ; mélangé d’orge, il est brun rougeâtre sale ; mélangé de seigle, il est noirâtre ; mélangé de ma'i’s, il ne s’étale pas ; mélangé de farine de fèveroles, il est rose ; mélangé de larine do vesces, il a une teinte noire verdâtre ; mélangé de farine de pois, il a une teinte verte, etc.
II existe bien d'autres procédés pour reconnaître les différentes farines mélangées au froment, mais comme ils nécessitent des manipulations chimiques compliquées qui ne peuvent être laites que par des hommes spéciaux, nous n’en dirons rien ici, renvoyant aux traités spéciaux les lecteurs qui voudraient étudier la question à fond.
D*^ Paul Labarthe.
FRONDE. — Nom donné à des bandages qui ressemblent assez à la fronde dont se servaient les anciens guerriers et qu'on emploie pour la tète, l'œil, le menton, l’épaule, le genou, etc. p. L.
FRONT.— On donne ce nom à la partie antérieure de la tète et supérieure de la face, qui s’étend des sourcils à la racine des cheveux et d’une tempe à l’autre. P. b.
FRONTAL. — Qualificatif donné par les anatomistes à différents organes qui ont rapport au iront : Os frontal, artère et veine frontale, nerf Iront al, siuus frontal.
Os frontal. — L’os frontal, appelé aussi coronal, est un os impair, médian, symétiique, dont la forme générale rappelle jusqu à un certain point lacoquille du pèlerin, situé a la partie antérieure du crâne et supérieure de la face, composé d’une partie supérieure convexe et très développée constituant la portion antérieure de la voûte du crâne, et d’une partie inférieure distincte de l’autre, beaucoup plus petite, horizontale, qui présenté les arcades sourcilières et forme une partie de la paroi supérieure de l’orhite. Los frontal s’articule avec douze os : les deux pariétaux, le sphénoïde, rethmoide, les deux 03 unguis , nasaux , malaires et maxillaires