‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privéeChapitre 216 sur 238 · FOU · texte numérisé non relu

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comme molle à l’extrémité de laquelle est fixée un sac de baudruche.

I,e tamponnement détermine quelquefois des efforts de vomissement, de la pesanteur dans la ca-

Fig. 51-2.

Tamponnement des fosses nasales.

A. Cloison des fosses nasales. — B. Extrémité supérieure du pharynx. — C. Coupe de la langue. — D. Sonde de Belloc introduite dans la fosse nasale gauche. — I)’ Extrémité de la sonde dans le pharynx. — E. Tige sur laquelle on presse pour pousser le ressort hors de la sonde. E’. Œil du ressort dans lequel on passe les deux chefs de la ligature. — F. Bouidonnet de charpie. — G. Chefs de la ligature qui serre le' bourdonnet.

vité nasale, dans les sinus frontaux et maxillaires. Le sang sort même quelquefois par le canal nasal. Nous avons aussi observé de l’otorrhée à la suite du tamponnement. j. baratou.x,

Professeur de Laryngologie, d’Otologie et de Rhynologie. auteur d’un Traité des Maladies du Nés, du Larynx et des Oreilles (avec le D'' Miot).

FOü. — (V. Aliéné, Folie.) •

FOUGÈRE MALE. — La fougère mâle est une plante de la famille des fougères, très commune en France, où on la trouve jiarliculièrement dans les bois et dans les lieux stériles ou incultes. Elle a dos feuilles grandes, planes, oblongues, dont les folioles alternes sont larges à la base et diminuent insensiblement à la partie supérieure, de manière à former une longue pointe terminale. Le rhizome de cette plante est composé d’un grand nombre de tubercules oblongs rangés autour d'un axe commun, recouverts d’une enveloppe brune et séparés par de fines écailles soyeuses, d’une couleur dorée. Il a une odeur nauséeuse, une saveur amère et astringente.

En médecine, on utilise assez souvent les feuilles et les racines de la fougère mâle.

Les feuilles, en efliel, sont généralement substituées à la balle d’avoine pour faire coucher les enfants; outre qu’elles exhalent une odeur agréable et très saine, elles améliorent aussi la santé des enfants faibles, scrofuleux ou rachitiques, en même Dictionnaire populaire de Médeclne^dsdellf.

temps qu'elles les préservent des affections vermineuses.

Ses racines à l’état frais constituent un médicament assez efficace pour tuer le tænia inerme; mais elles échouent contre le tænia armé (so-

Fig. 513. — Fougère mâle.

lium), alors que l’écorce de grenadier et surtout le kousso réussissent bien. On emploie les racines en poudre et en extrait éthéré ou huile éthérée de fougère.

La poudre est la préparation la plus simple, la plus économique, et qui se trouve partout. On la prend à la dose de 10 à 12 grammes et, plus à jeun,

Fig. 514. — Rhizome de fougère mâle.

dans 200 grammt'S d’eau. On purge deux heures après avec le calomel, la scammonée, le jalap, le sulfate de magnésie ou l’huile de ricin. L’extrait éthéré de fougère mâle obtenu avec les rhizomes frais et verts, associé au calomel, sous ferme de capsules de Imnijug^s de Limousin, est de beaucoup préférable, car outre que ces capsules sont exactement dosées, elles sont aussi beaucoup plus faciles à avaler que la poudre. On les prend à la dose de 14 à 16, le matin à jeun, une toutes les cinq minutes, avec un peu d’eau, et l’expulsion du tænia avec la têle a ordinairement lieu 2 heures après l’ingestion de la dernière capsule. D" Marc. Gamboulutis.

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FOULURE. (V. Entorse.)

FOURCHETTE. — On donne ce nom en anatomie : 1» à l’échancrure médiane, concave transversalement, située à l’extrémité supérieure du sternum (V. ce mot); 2® à la commissure postérieure des grandes lèvres de la vulve (V. ce mot). p. l.

FOURMILLEMENT. — On donne le nom de fourmillement ou de formication à une sensation tout à fait analogue à celle que détermineraient des fourmis s’agitant sur une partie du corps. Le fourmillement est un des symptômes de l’engourdissement. 11 s’observe dans un certain nombre de maladies de peau et de la moelle épinière, p. l.

FOURREAU. — Nom donné par les anatomistes à la peau de la verge ou pénis (V. ces mots), p. L.

FOWLER (LiauEUR de). — On donne ce nom à une préparation arsenicale dont voici la formule :

Acide arsénieux 5 grammes

Carbonate de potasse 5 —

Eau distillée 500 —

Alcoolat de mélisse composé .... 15 —

que l’on administre à la dose de 5 à 10 ou 15 gouttes par jour dans un verre d’eau sucrée, dans les cas où la médication arsenicale est indiquée (V. Arsenic). p. L.

FOYER. — Mot employé : 1° en médecine pour désigner le siège d'une lésion : foyer d’une fracture, foyer purulent, foyer hémorrhagique, etc.; 2® en physique, pour désigner le point précis où se réunissent les rayons lumineux réfléchis par un miroir courbe ou réfractés par une lentille, p. l.

FRACTURES EN GÉNÉRAL. — On appelle fracture toute solution de continuité brusque et violente d’un os. Le lieu de la fracture s’appelle foyer.

On connaît un nombre considérable de variétés de fractures. C’est pourquoi on a établi les divisions suivantes :

1° Selon le degré de la fracture ; fracture complète, fracture incomplète. La première est, celle dans laquelle l’os est complètement divisé en deux fragments indépendants. Dans la fracture incomplète, la fracture n’existe que d’un côté de l’os.

On considère comme fracture incomplète : les fissures ou fentes qu’on observe quelquefois sur les os; les esquilles détachées par une violence extérieure ; enfin, les perforations des os, produites par la même cause.

2° Selon l’état des parties environnantes : fracture smpZe, îvSiCtave. compliquée. Oa appelle simple, la fracture qui n’atteint que l’os. Si les parties molles sont lésées plus ou moins profondément, la fracture est compliquée. On comprend combien ces complications doivent être variables.

3“ Selon la cause ; fracture directe, fracture mdirecte ou par contre-coup, fracture par contraction musculaire.

4° Selon le nombre des points fracturés : fracture unique, fracture multiple. La fracture unique siège

sur un seul point du squelette. La fracture multiple siège sur plusieurs points du même os, ou sur plusieurs os à la fois.

Nous nous occuperons ici des fractures simples : les complications seront décrites séparément.

Lorsqu’on étudie les fractures , il faut examiner la direction des surfaces fracturées, le déplacement des fragments, la formation du cal, et les consolidations vicieuses.

Direction de la fracture. — 1® La fracture tra7^^versale ou en rave , qui se rencontre rarement, est celle dans laquelle l’os est nettement coupé, comme avec une scie , perpendiculairement à son grand axe ; — 2° la fracture oblique coupe obliquement l’axe de l’os ; — 3® la fracture dentelée est accompagnée de dentelures qui s’engrènent les unes dans les autres; — la fracture comminutive est celle dans laquelle il y a un grand nombre de fragments dans le foyer de la fracture. C’est une sorte de fragment de l’os.

Déplacement des fragments. — Dans une fracture, les fragments se déplacent très fréquemment, et ce déplacement peut tenir à plusieurs causes : a. A la direction du choc, qui repousse les fragments de la fracture ; — 6. A la rétraction musculaire, cause très puissante de déplacement ; — c. A la position vicieuse que le malade donne au membre fracturé ; — d. A l’élasticité de la peau qui se rétracte à la manière des muscles. Cette dernière cause n’agit évidemment que dans le cas de fracture siégeant sur les segments de membre formés par un seul os : humérus, fémur; — e. Aupoids delapartiedu membre située au-dessous de la fracture.

On distingue les déplacements suivants :

1“ Déplacement angulaire ou suivant la direction de l’os. Les deux fragments sont en contact, mais ils forment un angle dont le sommet est au foyer de la fracture ;

2° Déplacement suivant l'épaisseur. Les deux fragments ont la direction normale de l’os ; seulement, les deux surfaces fracturées, un peu déplacées, sont en contact encore par un point. Ce déplacement‘rappelle une luxation incomplète.

3“ Déplacement par rotation ou suivant la circonférence. L’un des fragments, le supérieur presque toujours, reste immobile, tandis que l’autre exécute un mouvement de rotation sur son axe. Exemple: fracture du corps du fémur ;

4“ Déplacement par chevauchement. On dit que deux fragments chevauchent, lorsque les deux surfaces fracturées se sont abandonnées et que les fragments se portent l’un sur l’autre dans le sens de la longueur ; l’os paraît raccourci ;

5° Déplacement par pénétration. 11 y a pénétration, lorsque l’un des fragments s’enfonce dans l’autre. Exemple : fracture de l’extrémité inférieure du radius, fracture du col du fémur.

Ces déplacements peuvent se compliquer, et l’on peut en constater quelquefois plusieurs espèces dans la même fracture. Ainsi, il est fréquent de voir les fractures du corps du fémur présenter un déplacement par chevauchement et par rotation.

Formation du cal. — Si l’on étudie le foyer d’une fracture datant de plusieurs semaines, et même de plusieurs mois, on remarque que les fragments se

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sont consolidés. Le foyer de la fracture a été comblé par une substance dur(\ réunissant les deux fragments, et qu’on appelle cal (V. ce mot).

Les phénomènes de la formation du cal sont les mêmes dans les fractures simples, dans les fractures comminutives, et même dans les fractures compliquées de plaies qui se réunissent par première intention. Mais, si le foyer de la fracture, communiquant avec une plaie, est exposé à l’air, les choses se passent différemment. La surface fracturée s’enflamme et devient le siège du développement de bourgeons charnus qui suppurent. Ces bourgeons exhalent une lymphe qui finit par se coaguler et s’ossifier, de sorte qu’au bout d’un certain temps, la cicatrice osseuse est formée par l’ossification de cette lymphe et des bourgeons charnus euxmêmes (V. Cal).

Des consolidations vicieuses. — Dans le traitement d’une fracture, il peut arriver que les fragments ne se consolident pas, ou qu’ils se soudent dans une position anormale : dans le premier cas, on a une pseudarthrose ou fausse articulation ; dans le second, il y a cal difforme.

1“ Pseudarthrose. — Lorsqu’une fausse articulation succède à une fracture, elle peut se montrer sous trois formes différentes : — a. Ou bien les deux fragments sont unis par des ligaments irréguliers, étendus d’une surface fracturée à l’autre ; — b. Ou bien ils sont unis par un tissu fibreux, dense, formant un lien unique entre les deux fragments : fracture transversale de la rotule ; — c. Ou bien il se forme une articulation entre les deux fragments; les surfaces osseuses deviennent lisses et polies, elles sont humectées par un liquide onctueux et filant, et, autour de ces surfaces, on voit se développer une véritable capsule fibreuse, de sorte que la pseudarthrose présente l’aspect d’une diarthrose.

I.es pseudarthroses peuvent se montrer sous l’influence de causes générales ou locales. Parmi les causes générales qui prédisposent aux pseudarthroses, nous citerons : l’âge avancé du sujet, l’affaiblissement par des saignées ou par une diète intempestive, le scorbut, l’action prolongée des topiques émollients sur la fracture, le développement d’une maladie intercurrente, la syphilis et le cancer. Les chirurgiens ont invoqué d’autres causes dont l’action est loin d’être démontrée.

l.es causes locales agissent directement et indépendamment des causes prédisposantes que nous venons d’énumérer. Le défaut de coaptation des fragments est une des causes les plus efficaces. Viennent ensuite la mobilité des fragments, comme on le voit dans les factures du fémur et de l’humérus; la présence de corps étrangers entre les surfaces fracturées; le défaut de nutrition de l’un des fragments, comme on l’observe dans les fractures du col anatomique de l’humérus ; la présence d’une plaie faisant communiquer la fracture avec l’air extérieur ; enfin, les lésions osseuses siégeant sur le lieu même de la fracture ; cancer, carie, nécrose, anévrysme, etc. On n’est pas certain de l’influence qu’exercenf, sur la consolidation des fractures, la ligature de l'artère principale du membre et la position de la fracture par rapport au trou nourricier principal de l’os.

Dans le cas de pseudarthrose mobile, il faut immobiliser le membre et maintenir les fragments en contact parfait. Si ce moyen ne réussit pas, on peut appliquer des vésicatoires volants sur le point malade. Souvent on est forcé d’aller à travers les parties molles, déterminer l’inflammation des deux surfaces de la fausse articulation. Cette inflammation s’obtient ; f® en passant un séton entre les fragments, excellent moyen, peu dangereux et réussissant fréquemment ; 2“ en les frottant vigoureusement l’un contre l’autre ; 3“ en réséquant l’extrémité des deux fragments ; 4” en pratiquant l’acupuncture, c’est-à-dire en faisant traverser le foyer par de longues aiguilles ; 5° en grattant les surfaces osseuses avec une rugine ; 6° en pratiquant la suture des deux fragments. Ce dernier moyen à donné de beaux résultats.

2° Cal difforme. — Lorsqu’une fracture est vicieusement consolidée, on dit qu'il y a cal difforme. Cette difformité du cal, qui s’accuse, tantôt par la réunion anguleuse des fragments, tantôt par leur chevauchement exagéré et une déformation considérable, gênant les fonctions du membre, est due, presque toujours, an défaut de coaptation des fragments de la fracture ou à la suppression trop précoce de l’appareil contentif.

Pour remédier à cet inconvénient, on a recours à plusieurs moyens; on peut opérer le redressement, en pratiquant doucement l’extension et la contre-extension, ce qui ne peut se faire que du vingt-cinquième au soixantième jour ; car, à cette époque, le cal n’a pas encore acquis une dureté considérable. On opère quelquefois la rupture du cal. Quelques chirurgiens ont conseillé de porter un trait de scie sur le cal, et même de l'exciser ; mais ces moyens ne sont point exempts de dangers, car ils mettent le malade dans le même cas que s’il avait une fracture compliquée de plaie communiquant avec l’air.

On a observé, dans des cas exceptionnels, le ramollissement du cal, l’exubérance du cal, c’est-àdire un accroissement excessif. Des douleurs intolérables et des fongosités peuvent aussi se montrer dans le cal; mais ces accidents sont excessivement rares, et le chirurgien y remédie par des moyens appropriés à chaque cas en particulier.

Quels sont les symptômes des fractures ? — Les symptômes des fractures se divisent en

f Craquement,

Douleur,

Impuissaucc du memijre.

1 Ecchymo.se,

I)6formutioii,

Mohilité anormale,

Crépitation,

Un mol sur chacun d’eux.

1» Craquement. — Ce symptôme manque souvent. On donne ce nom au bruit qui se produit au moment de la brisure de l’os. Ce symptôme prend une certaine valeur lorsqu’il est entendu par un assistant.

2® Douleur. — Symptôme presque constant. La douleur dans les fractures est exaspérée par le moindre mouvement. Elle est très vive et di.sparait

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presque complètement pendant le repos. Elle présente ceci de particulier, qu’elle est exactement limitée au siège de la fracture, et qu’elle se manifeste avec une très grande acuité, lorsqu’on presse du bout du doigt le point fracturé.

3“ Impuissance du membre. — Dans presque tous les cas, le malade ne peut se servir du membre où siège la fracture. Cependant il n’est pas rare de voir des malades marcher, même avec une fracture du col du fémur.

5” Ecchymose, — Ce symptôme manque souvent. Lorsqu’il existe, il sert au diagnostic de quelques fractures; exemple : col de l’humérus et du fémur.

b° Défio'maiion. — Symptôme caractéristique pour certaines fractures et permettant de les diagnostiquer à distance; exemple : clavicule, extrémité inférieure du radius, col du fémur. La déformation est déterminée, surtout par le fragment, et, un peu, par le gonflement consécutif à la fracture.

6“ Mobilité anormale. — L’un des meilleurs symptômes est celui qui permet de percevoir de la mobilité dan^ la continuité d’un segment de mem blé, où il n’en existe pas à l’état normal. Ce symtôme manque assez souvent; exemple ; dans les fractures par pénétration, dans les fractures du crâne, dans les fractures qui siègent au niveau du point d’implantation des muscles ou de forts ligaments.

7“ Crépitaiion. — On appelle crépitation le bruit perçu par l’oreille, et la sensation de craquement sentie par la main, au moment où deux fragments exécutent des mouvements l’un sur l’autre, dans le f lyer d'une fracture. La manière de percevoir cette crépitation varie pour chaque espèce de fracture ; elle différé complètement dans les fractures des côtes, de l’humérus, etc. Ce symptôme peut manquer, et la fracture n’en exister pas moins. 11 faut )»rendre garde de confondre cette crépitation avec la crépitation sanguine. Celle-ci est une sensation de craquement éprouvée par le doigt qui presse un caillot sanguin. H suffit d'avoir constaté une seule fois ces deux crépitations pour ne plus se tromper. 11 est impossible de confondre la crépitation osseuse avec la crépitation gazeuse ou celle des tendons enflammés.

Quelles sont la marche, la durée et les terminaisons des fractures? — Les fractures ont une marche reguliere. Le travail de réparation et tout à fait local, (tu n’observe jamais de symptômes généraux, à ?noins de comfdications. Si aucun obstacle ne vient (Mitraver la consolidation, la marche est la même pmr chaque fracture en particulier. Dans les premiers jours, les fragments conservent leur mobilité; an bout de quinze à vingt jours, ils sont maintenus par lin tissu qui devient de plus en plus consistant.

La durée de la consolidation est plus rapide pour les fractures des membres supérieurs; trente jours suffisent en moyenne, tandis qu’il faut de quarante à (piaranle-cinq jours pour celle des membres inf rieurs. Ces chiffres varient et certaines fractures s consolident très rapidement, tandis que d’autres sont très lentes; ainsi : pour l’extrémite inférieure du radius, il faut de dix-huit à vingt et un jours; pour les côtes, vingt cinq jours; pour le col du fémur, cinquante à soixante jours, et plus.'

La terminaison des fractures simples est ordinairement la guérison; elles se consolident par un cal osseux. Quelquefois, on observe une pseudarthrose. Dans les fractures compliquées, la terminaison est placée sous l’influence de la complication.

Le diagnostic des fractures est-il facile? — Lorsque le chirurgien se trouve en présence d’une fracture qui présente l’ensemble des symptômes que nous avons Signalés, ou quelques-uns d'entre eux seulement, le diagnostic est des plus faciles, ainsi : douleur et déformation ; crépitation et mobilité anormale; crépitation et impuissance du membre, sont des symptômes qui, réunis deux à deux, suffisent pour établir l’existence d’une fracture. Mais il faut considérer que tous ces symptômes peuvent manquer, ou bien, que ceux qui existent sont tellement vagues, qu’il est impossible de se prononcer. C’est dans ce cas qu’il est possible de confondre la fracture avec une simple contusion. Dans quelques cas aussi, on peut la confondre avec une luxation. C’est dans la description de chaque fracture en particulier que sera complété ce diagnostic.

Quel est le pronostic des fractures? — Une fracture simple, survenue par violence extérieure, chez un adulte bien portant, ne présente aucune gravité et guérit assez promptement. Les fractures du membre inférieur se consolident moins rapidement que les autres. Elles se consolident moins vite chez les vieillards. Les fractures compliquées présentent ordinairement une certaine gravité, en rapport avec la nature de la complication.

Quelles sont les causes des fractures? — Les unes sont occasionnelles, les autres prédisposantes.

Causes occasionnelles. — Les causes occasionnelles sont les violences extérieures et la contraction musculaire.

Les violences extérieures, choc.s, chutes, projectiles, etc., peuvent déterminer des fractures directes et des fractures indirectes. Il y a fracture directe, lorsque l’os est brisé au niveau du point qui a été frappé. Lorsque l’os se brise dans un point plus ou moins éloigné de celui qui a été le siège de la violence extérieure, on dit qu’il y a fracture indirecte ou par contre-coup ; exemple : fracture du corps de l’humérus dans une chute sur le coude.

La contraction musculaire produit des fractures dites par arrachement : c’est ainsi qu’une violente contraction du triceps brachial ou du triceps crural brise l’olécràne ou la rotule. La contraction musculaire peut briser un os long dans sa partie moyenne. On a cité des cas de fracture dans des accès convulsifs. Souvent, l’os est altéré lorsqu’il se fracture par contraction musculaire. Nous avons vu, étant interne dans le service de Beau, une femme portant un cancer au sein, se fracturer l’humérus en essayant de se soulever sur son lit.

Causes pkédisposantes. — Les causes prédisposantes des fractures sont : la courbure de quelques os, clavicule, fémur; la position superficielle de certains d’entre eux, tibia, olécràne; la vieillesse; la diathè.se cancéreuse; la syphilis; la scrofule; la goutte; le scorbut; le rachitisme; les kystes des os; enfin, un état particulier du tissu osseux, connu sous le nom de friabilité idiopatluque.

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Quel est le traitement des fractures? — Il faut distirtguer, dans les fractures, un traitement général et un traitement local.

Traitement GÉNÉRAL. — Ce traitement peut varier avec les complications, s’il en existe. Mais, dans les fractures simples, le traitement le plus en usage est le suivant : dans des cas rares, chez des hommes très robustes, sanguins, on pourra pratiquer avec avantage une saignée. Pendant deux ou trois jours, le malade ne prendra que du bouillon, à moins que la fracture ne soit insignifiante, comme celle de l’extrémité inférieure du radius. Puis on augmentera graduellement les aliments, et, vers le dixième jour, le malade sera nourri comme en état de santé. On évitera, par des laxatifs, la constipation amenée par le séjour au lit. Enfin on administrera du lactophosphate de chaux {Vin de Dusart) pour favoriser la formation du cal et sa consolidation.

Traitement local. — Lorsqu’une fracture a été produite, le chirurgien doit prendre soin d’éviter toute espèce de mouvement des fragments, depuis le moment de l’accident jusqu’à celui où le blessé est définitivement placé jlans son lit.

Il faut ensuite : 1" réduire la fracture; 2° maintenir la réduction.

1“ liéduclùm. — On ne réduit que les fractures qui s’accompagnent de déplacement. Cependant, Malgaigne propose l'expectation : 1" dans le cas où le déplacement se reproduit aussitôt après la réduction; 2“ dans le cas où des muscles, spasmodiquement contractés, luttent contre la traction qu’on fait subir au membre dans la réduction ; il conseille, en pareil cas, les opiacés, la saignée; 3“ dans les cas où une inflammation un peu vive se sera développée autour de la fracture.

Comme dans le traitement des luxations, la réduction se compose de trois actes différents, qui sont ; Vesieiisinn, la contre-extension et la coaptation. Ordinairement, il faut employer une force peu considérable pour opérer la réduction.

L'exten-ûoii se fait sur le segment du membre situé au-dessous de l’os fracturé. Le fragment inférieur est tiré par un aide, dans l’axe du membre, après avoir été ramené dans la même direction que le fragment supérieur.

La I ontre-fxienàon est faite par un aide, vers la racine du membre qu’il rend immobile.

La roiipt ilio", opérée par le chirurgien, est l’acte par lequel il ramène les deux surfaces fracturées en regard, de manière à donner à l’os la direction qu’il avait avant la fracture.

Certains déplacements ne se reproduisent pas après la réduction. Le repos suffit pour amener leur réunion. Mais, lorsque les fragments se deplaci.-nt, un appareil de contention est indispensable.

2“ ( oiitenhon des fragments . — Lorsqu’une fracture a été réduite, il faut empêcher le déplacement des fragments. Pour cela, on a recours à des appareils particuliers, qui varient avec chaque espèce de frac'tm e.

M. Nélaton décrit six espèces d’appareils :

t’ Le bandage roulé ;

2" Le bandage à roulettes séparées, ou appareil de Scuhet ;

3" Les appareils à extension continue;

4° Les appareils hyponarthéciques ;

5° Les appareils à double plan incliné ;

6“ Les appareils inamovibles.

Règles générales. — Les bandages qui entourent un membre doivent maintenir les fragments en position, mais ne pas être trop serrés. Il ne faut pas qu’un bandage supprime les battements artériels au-dessous du point où il a été appliqué. Certains chirurgiens veulent qu’un bandage appliqué sur un membre, descende jusqu’à l’extrémité libre du membre, pour éviter la tuméfaction qui se produirait indubitablement dans la main ou dans le pied sans cette précaution. D’autres laissent la main ou le pied libre, au contraire, pour éviter la roideur des articulations, qui est inévitable, lorsque cette portion du membre a été tenue immobile pendant plusieurs semaines. Nous sommes de ces derniers.

Si la fracture est simple, il faut appliquer l’appareil immédiatement après la réduction. Si elle est compliquée, quelque légère que soit la complication, il faut attendre et amener la fracture à l’état de fracture simple, par le traitement de la complication.

Lorsque l’appareil est appliqué, il faut le défaire le moins souvent possible, et seulement vers la fin du traitement, à moins que des raisons particulières n’indiquent l’exameli du membre Âaclurc. Larrey ne levait l’appareil qu’à la fin, Loyer tous les cinq jours, Malgaigne le dixième et le vingtième. Ce sont ces deux dernières époques qu’on doit prescrire.

Le membre doit être maintenu dans le repos le plus complet, jusqu’à parfaite guérison ; on ne peut permettre que de légers mouvements de totalité du membre, si, toutefois, les fragments sont exactement maintenus, par un appareil bien appliqué.

On lève l’appareil lorsqu’on suppose que la consolidation est opérée. On ne doit permettre au malade que peu de mouvements, au début. Après la levée de l’appareil, il faut appliquer un bandage roulé, afin d’éviter la tuméfaction du membre.

B rndage roulé. — Il se compose d’une longue bande, avec laquelle on entoure le membre. Puis on se sert de la deuxième moitié de cette bande pour maintenir des attelles dont on entoure la frac-

Fig. 515.

Appareil de ScuHet à moitié appliqué.

ture. De telle sorte qu’il y a, de dedans en dehors ; 1° une couche de band3 roulée, en contact avec la

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peau ; 2“ les attelles ; 3“ une nouvelle couche de bande roulée recouvrant les attelles. Ordinairement on n’applique point d’attelles sur le trajet des vaisseaux principaux du membre.

Appareil de Scullet. — Ce bandage se compose :

Fig. 516.

Appareil de Scullet, plié.

1“ de 15 à 20 bandelettes de linge, larges de 0“,05, et longues de 0"',40 : on les applique sur la peau ;

bans destinés à fixer le tout ; ils sont au nombre de trois ou quatre ordinairement.

Appareils à extension conlimie. — Destinés à empêcher le raccourcissement du membre, ces appareils seront décrits avec les fractures du fémur, les seules dans lesquelles on les emploie aujourd’hui.

Appareils hyponarthéciques. — Peu employés aujourd’hui. Dans ces appareils, le membre est placé sur une planchette recouverte d’un coussin. Quelquefois, cette planchette est suspendue audessus du lit par des liens. Leur nom vient de ce que l’attelle est toujours sous le membre : uitô sous; vap6iri?, attelle. ,

Appareils à double plan incliné. — Ne s’emploient que rarement, dans quelques fractures du

Fig. 518. — Appereil à double plan incliné.

fémur. Ces appareils représentent une sorte de cône dont le sommet soulève le genou ; la cuisse et le mollet reposent sur la surface du cône.

Appareils inamovibles. — Très employés aujourd’hui, ces appareils ont l’avantage de maintenir les fragments pendant toute la durée du traitement, sans se déplacer. On en connaît un grand nombre.

1° Appareil de Seutin. — 11 est composé de plusieurs couches de bandelettes de linge qui entourent le membre, d’attelles de carton, de vieux linge pour remplir les creux, et de colle d’amidon que l’on applique avec un pinceau, d’abord sur les bandelettes de linge, ensuite sur les attelles de carton, enfin sur l’ensemble de l’appareil.

2° Appareil dextriné. — 11 est fort simple. On prend une bande sèche et on la roule sur le membre ; puis une deuxième bande de même longueur, qu’on imbibe d'une solution de dextrine, et qu’on roule sur la première. Au bout de quelques heures, l’appareil est sec. La solution de dextrine se fait avec de la dextrine, de l’eau-de-vie camphrée et de l’eau ; on mélange la dextrine et l’eau-de-vie camphrée, on en fait une pâte, puis on ajoute peu à peu de l’eau tiède jusqu’à formation d’un liquide sirupeux.

S’il existe des saillies osseuses, on les recouvre de ouate, de même que les creux qui entourent ces saillies.

3“ Appareil amidonné. — Cet appareil se compose de bandelettes de papier recouvertes d’empois d’amidon. On découpe un grand nombre de bandelettes de papier dit goudronné ; on les humecte d’empois et on les applique sur le membre à la manière des bandelettes de Scultet. Après dessiccation, il semble que le membre soit enveloppé dans un moule de carton. Mauvais appareil.

Fig. 517.

Appareil à extension continue.

2° d’un porte-attelles, sorte de toile carrée destinée à entourer le membre préalablement recouvert des bandelettes ; 3° des attelles ; 4° des coussins de balles d’avoine au nombre de trois : on en place deux entre le membre et les attelles latérales ; le troisième est placé sur la face antérieure du membre et recouvert d’une troisième attelle ; 5“ de ru-

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4“ Appareil plâtré. — M. Richet entoure le membre d'une bande sèche; ensuite avec une spatule il applique sur cette bande, et rapidement pour

Fig. 519. — Appareil amidonné.

éviter la dessiccation, toujours très prompte, une couche du mélange suivant : poudre de plâtre tamisée, eau albumineuse ou eau gélatineuse con-

tenant deux grammes de gélatine par litre. On fait une pâte demi-liquide. Lorsque cette pâte est étendue sur la bande sèche, on prend avec la main quelques gouttes du même mélange, et l’on polit le bandage.

5" Appareil silicaté. — Depuis quelque temps, on

Fig. 5-21. — Appareil silicaté.

emploie le silicate de soude ou de potasse. Ces liquides, dont la consistance rappelle le liquide dextriné, s’emploient comme ce dernier, sur lequel ils n’offrent que l'avantage de se dessécher plus vite.

De tous ces appareils, ceux qui méritent la préférence sont les appareils dextrinés et silicatés. Lorsqu'il existe une plaie au voisinage de la fracture, il est facile, en fabricant l'appareil, de ménager une ouverture au niveau de la plaie. On peut aussi si l’on veut, fendre ces appareils dans toute leur longueur, ou même en enlever une portion en

longueur, de manière à les transformer en une sorte de boîte qui reçoit le membre malade.

Complications des fractures. — On entend par fracture compliquée toute fracture-qui s’accompagne d’accidents locaux ou généraux nécessitant un traitement particulier.

Les accidents généraux sont les mêmes que ceux des plaies ; ils ont déjà été étudiés : tétanos, infection purulente, etc. Les accidents locaux sont primitifs ou consécutifs.

Accidents locaux primitifs : contusions ; plaies ; contraction spasmodique des muscles ; esquilles ; issue des fragments ; blessures des vaisseaux ; communication de la fracture avec une articulation et luxation.

Accidents locaux consécutifs: emphysème spontané ; phlegmon, et tous les accidents des plaies.

Dans la description des complications, nous nous contenterons de faire connaître les symptômes particuliers et les indications spéciales que ces complications nécessitent pour le traitement des fractures.

D’une manière générale, sauf quelques exceptions rares, toute complication de fracture est une contre-indication, souvent à la réduction, toujours à l’application d’un appareil.

1° Contusion. — La contusion n’est une vraie complication qu’à la condition d’être un peu violente et de déterminer un épanchement sanguin ou la tuméfaction de la région fracturée. Une simple ecchymose n’est point considérée comme une véritable complication.

Lorsque cet accident existe, les symptômes de la contusion au deuxième ou troisième degré s’ajou tent à ceux de la fracture.

Avant de songer au traitement de la fracture, le chirurgien s’occupe d’abord du traitement de la contusion, et ne doit appliquer l’appareil qu’après la guérison de cette complication. S’il existe une contusion au troisième degré, c’est-à-dire une désorganisation des parties molles qui entourent le foyer de la fracture, l’amputation immédiate peut être nécessaire.

2° Plaies. — Les plaies qui compliquent les fractures communiquent avec le foyer, ou bien elles en sont indépendantes. Les plaies indépendantes ne constituent pas une sérieuse complication, et on les traite comme les plaies ordinaires. Si la plaie fait communiquer la fracture avec l’air, il peut se faire que la guérison survienne sans accidents; mais il arrive souvent que la plaie est produite de dehors en dedans par le corps vulnérant, ou de dedans en dehors par les fragments osseux; elle s’accompagne alors d’une attrltion plus ou moins considérable des parties molles ; elle devient le siège d’une inflammation violente, et peut donner naissance à des fusées purulentes et à toutes les complications possibles des plaies.

La plaie est-elle de petite dimension, il faut en faire l’occlusion. Si elle est large, on aura recours à l’irrigation continue d’eau froide, en ayant soin de faire conserver au membre une immobilité absolue.

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Si, au bout de quelque^ jours, quatre ou cinq en moyenne, il n’est survenu aucun accident, on voit apparaître à la surface de la plaie des bourgeons charnus qui s’élèvent insensiblement, et l’on peut cesser l’usage de l’eau froide. Si la plaie s’enflamme il faudra modifier le traitement.

3° Contraction spasmodique des muscles. — Lorsque les muscles contractés spasmodiquement, s’opposent à la réduction d’une fracture, on doit attendre. Si, au bout de quelques heures cet état persiste on aura recours, avec avantage, à l’application des cataplasmes émollients ou laudanisés, ou à une saignée, ou enfin, et en dernier lieu, à l’action du chloroforme. Il serait imprudent d’abandonner le malade aux soins de la nature, car cet état est quelquefois l’origine d’accidents nerveux très graves comme le tétanos.

4° Esquilles. — Les esquilles sont libres ou adhérentes. Sont-elles libres, ou adhérentes seulement par quelques brides insignifiantes, on les en • lève, et l'on peut même, pour y arriver, pratiquer des débridements, car elles font l’office de vrais corps étrangers. Si elles sont adhérentes par de larges surfaces, on les remplace avec soin dans le point qu’elles occupaient, et l’on obtient quelquefois leur consolidation. 11 va sans dire que, s'il existe des esquilles sans plaies, on les abandonne aux efforts de la nature, et, tôt ou tard le malade en est débarrassé.

5° Issue des fragments. — Un fragment osseux fait-il saillie après avoir traversé les chairs de ded insen dehors, on se hâte de le réduire en pratiquant, au besoin, un débridement des parties molles. Si la saillie formée par l’os est trop considérable, et que sa réduction nécessite un trop large débridement, on en fait la résection avec une scie ordinaire ou une scie à chaîne, et l’on réduit ensuite. Mais, dans aucun cas, on ne doit laisser le fragment osseux au dehors de la plaie, sa nécro.se étant à peu près inévitable. Après la réduction de l’os, la fracture rentre dans le cas d’une fracture compliquée de plaie.

6® Blessure des vaisseaux. — La blessure des vaisseaux peut être ou non accompagnée de plaie. S’il y a plaie, l’hémorrhagie fournie par les vaisseaux blessés peut être capillaire ou veineuse, auquel cas on emploie les hémostatiques ordinaires. Si l’hémorrhagie est artérielle et fournie par un petit vaisseau, l’action de l’air, l’eau froide, suffisent pour arrêter le sang ; mais, si le vaisseau est d’un volume plus considérable, on a recours à la ligature, dans la plaie, du bout supérieur de l’artère ou des deux bouts, selon les cas. Si le vaisseau est très volumineux et que l'artère ne puisse pas être liée au-dessus, cette complication peut nécessiter l’amputation.

Les vaisseaux peuvent être ouverls sans qu’il y ait plaie. Si ce sont des capillaires, l’accident appartient à la contusion; si c’est une veine, il survient un épanchement sanguin auquel on est quelquefois forcé de donner issue ; si c'est une artère, il peut se former un anévrysme diffus qui met souvent le chi rurgien dans l’obligation de pratiquer l’amputation. Il faut cependant reconnaître que, dans bien des cas faciles à apprécier, la ligature de l’artère par la méthode d’Anel sera encore possible.

7“ Communication de la fracture avec une articulation. — Complication grave qui doit rendre le chirurgien très réservé sur le pronostic II peut se présenter plusieurs cas. Tantôt la communication est simple, c’est-à dire sans plaie : il peut survenir un abcès de l’articulation qui, en s’ouvrant le plus souvent à l’extérieur, met le foyer en contact avec l’air; si l’abcès ne se montre pas, le malade conserve, dans beaucoup de cas, une ankylosé, ou tout au moins de la roideur articulaire. Tantôt le foyer de la fracture articulaire communique avec l’air ; le cas est des plus graves, et le chirurgien doit se comporter comme dans le cas de plaie pénéfrante des articulations.

8° Luxation. — Lorsqu’une luxation se produit au voisinage d’une fracture, il faut, si la chose est possible, c’est-à-dire si l’on a assez de prise sur le fragment voisin de l’articulation, opérer la réduction de la luxation. Si cette réduction est impossible, il faut se comporter comme si elle n’existait pa^ et perdre à peu près tout espoir de réduction, apres la consolidation de la fracture.

9“ Emphysème spontané. — Il peut arriver qu’après une fracture il se développe une infiltration gazeuze (emphysème) au niveau du foyer delà fracture, sans complication de plaie. 11 faut attentivement surveiller le membre, car ce symptôme indique la gangrène et, selon Malgaigne et Velpeau, il faudrait en pareil cas amputer.

10® Phlegmon. — Lorsqu’un phlegmon se manifeste, on combat cet accident par les moyens connus, puis on s’occupe de la fracture.

Indépendamment de toutes ces complications, il en est quelques-unes de spéciales à chaque espèce de fracture. C’est ainsi que les fractures du crâne peuvent être compliquées de lésions de l’encéphale ou de ses membranes. De la même manière, les fractures de côtes se compliquent de lésions pulmonaires, etc. D' J.-A. Fort.

FRAISE. — La fraise e.st un fruit d’une odeur parfumée très pénétrante et d’une saveur sucrée un peu acidulée, des plus agréables. La culture est arrivée à en produire un grand nombre de variétés; mais, quoiqu’on en puisse dire, la meilleure, la plus recherchée, celle à laquelle les vrais amateurs donnent la préférence, est la petite fraise des bois.

Les fraises sont un aliment rafraîchissant, adoucissant et diurétique. Elles se digèrent en général facilement, si l’on a soin de les saupoudrer d’un peu de sucre et de les arroser d’un peu de vin ou de kirsch, au lieu de les mélanger avec du fromage à la crème qui les rend non seulement désagréables à la vue, mais aussi indigestes. Chez certaines personnes, les fraises déterminent quelquefois au cou et à la face une sorte d’urticaire. Elles conviennent aux individus pléthoriques, bilieux et goutteux; par contre, les diabétiques doivent s’en abstenir d’une façon absolue comme de tous les aliments sucrés.

On fait avec la fraise du sirop, un alcoolat et des confitures. Le sirop se prépare avec :

Sucre 6 parties

Eau 2 —

Fraises mondées 3 —

FKA

FllE

On fait fondre le sucre dans l'eau chaude, puis on ajoute les fraises et ou fait bouillir un certain temps, puis on passe et on embouteille.

I/alcoolat s’obtient en faisant macérer pendant quarante-biiit heui-es une certaine quantité de fraises mondées dans de l'alcool à 70" que l'on distille ensuite au bain-marie.

.Vjoutous en terminant que, grâce aux progrès de la ebimie, on est ariâvé à faire de l'essence de fraises sans fraises avec :

Kther nitrique t partie

Forniiate d'éthyle I —

Acétate d'éthyle .'i —

Bulyrate d’éthyle .'> —

Salicylate de méthyle I —

et que ce liquide est souvent employé par les glaciers pour faire des glaces à la fraise, sans fraises.

ü’' Paul Labarthe.

FRAMBOISE. — La framboise est un fruit d’une saveur douce acide et sucrée, très parfumée, qui jouit comtne la fraise de propriétés rafraîchissantes,

laxatives et diurétiques, et se mange comme elle, saupoudrée d’un peu de sucre ou arrosée d’un peu de vin ou de kirsch, ou encore de quelques gouttes de vinaigre. Comme la fraise, la framboise, lorsqu'on en mange une trop grande quantité, peut occasionner des coliques, de la diarrhée et parfois de l'urticaire Comiiie la fraise, enfin, la framboise convient aux individtis pléthoriques, bilieux et goutletix et est interdite aux diabétiques.

On fait avec la framboise du sirop, un vinaigre et des confitures. Le sirop de framboise se prépare comme le sirop de fraises et avec les mêmes proportions de sucre, d’eau et de fruits. Quant au vinaigre, on l'obtient en faisant macérer pendant 10 jours, deux parties de framboise dans trois parties de bon vinaigre, et en filtrant sans exprimer les fruits. p l.

FRANCK GRAINS DE SANTÉ DU nq. — Les grains de santé du 1)' Franck, à base d'aloès et de gommegutte très beureusement associés dans des proportions raiionnelles et toujours identiques, dont la formule se retrouve au Codex, existent déjà depuis bien longtemps et leur v(igue auprès du corps médical et des malades va sans cesse grandissant.

Réunissant les effets multiples de l’aloès et de la gomme-gutte : simplement stimulants, toniques et apéritifs, ou laxatifs, diurétiques, purgatifs et dé-

DlCTlO.NNAIRE POPULAIRE UE MÉDECINE USUELLE.

rivatifs suivant la dose, les grains de santé du D‘' Franck trouvent leur application dans tous les cas où ces deux médicaments remarquables sont indiqués. C'est-à-dire ([u’ils conviennent ; aux individus dont l'appétit est diminué, dont les digestions sont lentes, à tous ceux qui ont des professions sédentaires, et par suite sont très sujets à la constipation, qui engendre la dyspepsie, des migraines parfois atroces, la mauvaise humeur, riiypochondrie etc. ; aux personnes prédisposées aux congestions du foie, du cerveau et des poumons: à plus forle raison à celles qui sont atteintes d’ictère, d ascite, d'hydropisie : à celles qui ont déjà souffert de coliques hépatiques et qui ont eu une hémorrhagie cérébrale ; aux rhumatisants et aux goutteux ; aux individus chez lesquels il y a intérêt à ramener le flux hémorrhoidaire ; aux jeunes filles et aux femmes atteintes de troubles de la menstruation, etc. Leurs seules contre indications sont la gi’O-sesse, les hémorrhagies utérines et les affections de la prostate et de la vessie.

D'un très petit volume et soigneusement argentés, les grains de santé du D' Franck s’avalent très facilement sans laisser au palais le moindre goût ni la plus petite saveur désagréables, et produisent toujours leur action douce mais continue sans provoquer le moindre malaise.

On les prend toujours au moment du repas, dans la première cuillerée de potage si c’est au dîner, dans un peu d'eau si c’est au déjeuner, sans rien changer d’ailleurs à son régime habituel et à scs occupations journalières. Un seul, par jour et à un seul repas, pendant cinq ou six jours de suite, suffit lorsqu’on veut simplement exciter l’appétit. Si l'on veut vaincre un état habituel de constipation, il faut élever la dose quotidienne à deux, trois, parfois quatre, rarement cinq, pendant plusieurs jours de suite. Dans les cas où l’on veut obtenir une révulsion dérivative, c’est-à dire détourner du côté de l'intestin une inflammalion localisée dans un autre organe, foie, cerveau, poumon, articulation, etc., il est bon d’en prendre chaque jour quatre ou cinq, pendant cinq jours, de se reposer cinq ou six jours, puis de reprendre la série et ainsi de suite jusqu’à complète guérison. Quant aux jeunes filles et aux femmes atteintes de troubles et d irrégularités dans la menstruation, elles n ont qn à en prendre pendant deux ou trois jours, avant 1 époque présumée de leurs règles. D' P. l. Tarride.

FRAXINELLE. — (V. Dictame.)

FREIN. — On donne le nom de frein ou de filel, en anatomie, à des replis muqueux qui brident et retiennent certains organes : freinée la langue, frein de la lèvre, frein du prépuce, frein de la vulve (V. Langue, Lèvre, Prépuce, Vulve). p. L.

FRELON. — {y. Guêpe.)

FRÈMINT (qüassine). — La quassine Frémint est de la quassine amorphe, principe actif du Quassia aniara y. ce mot) que l’auteur est arrivé à obtenir absolument pure à l’aide de procédés et d’appareils spéciaux, et dont il a fait de toutes petites pilules.

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