LEUX
Le FUCUS cnispus, que les pharmaciens appellent carragaeen et le public mousse perlée ou mousse d'Ir-
Fig. 5‘23. — Fucus crispus.
lande, est une algue qui se rencontre sur les côtes de la mer du Nord et de la mer d'Irlande. De couleur rouge brun ou pourpre foncé, longue de 6 à 10 centimètres, à expension ramifiée et aplatie, le fucus crispus est fixé aux rochers par un pied presque cylindrique duquel partent des rameaux, tantôt sous forme de baguettes étroites, plates, tantôt sous celle de lames larges et comme lobées, aplaties, ramifiées en deux branches bifurquées qui se bifurquent encore à leur tour.
Dans le commerce, le fucus crispus est sec, crispé, élastique, d'un blanc jaunâtre, très faiblement odo rant et d'une saveur mucilagineuse qui n’a rien de désagréable. Si on le plonge dans l'eau froide, il se gonfle rapidement et devient blanc et gélatineux; il se dissout presque complètement dans l'eau bouillante et se transforme en une gelée très consistante et à peu près insipide. Outre cette gelée qui existe
en très grande abondance, on trouve encore dans cetle algue du mucus, de l'iode, du chlore, du brome, du soufre et du sodium.
Le fucus crispus sert de nourriture aux paysans côtiers des mers du Nord et d’Irlande, ce qui n’a rien de surprenant, puisqu’il contient, d’après Blondeau, 21 à 22 pour 100 d’azote. La médecine l’utilise en tisane et sous forme de mucilage dans la pneumonie, la phthi-ie et l’hémoptysie. Les Anglais l'emploient contre la diarrhée et la dysenterie.
Le FUCUS vÉsicuLEUx, appelé aussi chêne marin, laitue marine, très abondant sur nos côtes, dans
Fig. 524. J- Fucus vésiculeux. ■ ‘
les points qui découvrent à marée basse, est une algue, haute de 15 à 20 centimètres, de couleur olivâtre, fixée aux rochers par un certain nombre de crampons radiculaires qui partent de la face inférieure d’un plateau, tandis que de la face supérieure de ce plateau partent des tiges arrondies, à nervure longitudinale saillante, qui se ramifient en se dédoublant, présentent de distance en distance des vésicules ovales remplies d'air, et se terminent par des renflements qui ne sont autres que les organes reproducteurs. D’une odeur particulière marine, d’une saveur saumâtre et nauséeuse, le fucus vésiculeux renferme du mucilage, de la mannite, du chlorure de sodium, de l’iode, du sulfate de soude et de cbaux.
Avant la découverte de l'iode, on prescrivait le fucus vésiculeux carbonisé en vase clos, contre la scrofule, le goitre et le cancer. Aujourd'hui, on se sert surtout du mucilage abondant fourni par cette algue pour fabriquer des cataplasmes émollients.
Le D"" Duchesne-Duparc, en France, et quelques médecins Anglais ont essayé l’extrait hydroalcoolique de fucus vésiculeux, à la dose de 10 à 25 centigrammes avant chaque repas, contre l’obésité, mais sans grand succès. Alfred Chardon, Ph''“.
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