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GI.O

GLOSSO-PHARYNGIEN. — Nom donné par les anatomistes à un nerf qui naît dans le sillon latéral du bulbe, entre le nerf auditif qui est au-dessus de lui et le pneumogastrique qui est au-dessous, sort du crâne par le trou déchiré postérieur, descend vers la langue et arrive jusqu’à sa base, où il se termine par un grand nombre de filaments qui s’anastomosent entre eux et constituent le plexus lingual. Ce nerf est mixte, c’est-à-dire moteur et sensitif. Comme moteur, il préside à la contraction de presque tous les muscles du voile du palais et du pliarynx, qui prennent ut)e action plus ou moins directe à la déglutition ; comme sensitif, il donne aux muqueuses de l’isthme du gosier, du pharynx, de la caisse du tympan et de la trompe d’Eustache, une sensibilité générale, et une sensibilité spéciale à la muqueuse de la langue, organe du goût. P. L.

GLOTTE. — On donne généralement le nom de glotte à l’espace triangulaire, limité à la base par la muqueuse interaryténoïdienne du larynx et sur les côtés par les cordes vocales inférieures ou vraies cordes ou encore rubans vocaux, et par les cartilages aryténoïdes.

La glotte intercartilagineuse correspond à ceux-ci et la glotte interligamenteuse ou vocale est comprise entre les rubans vocaux.

Quelques auteurs ont appelé, à tort, glotte toute la partie supérieure du larynx.

La glotte sert au passage de l'air dans les voies respiratoires et surtout à la phonation.

Pendant la respiration, la g'otte se dilate légèrement, tandis que, pendant l’émission du son, elle exécute une série de mouvements produits par les muscles du larynx qui lui permettent ainsi, grâce à différentes combinaisons de longueur, de tension et d’écartement de ses côtés, de produire les diverses nuances de la voix et du chant.

Dans l’acte de l’effort, les lèvres de la glotte se rapprochent de manière à s’opposer à l'issue de l’air préalablement inspiré par les poumons (V. Laruns).

Œdème de la glotte. — Observé pour la première fois en 1818 par Bayle, l’œdème de la glotte a été assez mal défini jusqu’à ce jour, car on a compris sous ce nom différents états morbides qui n’ont aucun caractère de l’œdème.

L’œdème est une infiltration séreuse du tissu cellulaire sous-muqueux du larynx. Suivant qu'il siège au-dessus, au-dessous ou au niveau de la glotte, on l’appelle œdème sus-glottique, sous-glottique ou glotlique. Mais comme le tissu cellulaire est serré dans h-s parties glottiques et sous-gloltiques, on n'ohserve généralement que Tœdenie susglotlique que l’on appelle habituellement glottique. 11 occupe alors l’épiglotte, les cartilages aryténoïdes et les replis aryléno-épiglottiques.

Cet œdème peut être primitif ou secondaire, aigu ou chronique.

La forme primitive nique est rare. On ne l’observe qu’à la suite de l’ingestion d’une substance corrosive, telle que les acides sulfurique, azotique, etc , ou d’un liquide bouillant, comme on l’a noté quelquefois chez les enfants qui essayaient de boire au bec d’une théière. Trousseau en a aussi vu quelques cas par suite d’un refroidissement brusque.

La forme secondaire aiguë ne se présente que rarement dans le cours d’une laryngite catarrhale, d’un érysipèle du pharynx, de la fièvre typhoïde, de la variole, de la scarlatine ou de l’albuminurie.

La forme secondnire chronique est un accident dù aux lésions ulcéreuses ou nécrosiques du larynx dans la syphilis, le cancer ou la phthisie; mais ici la plupart du temps ce n’est autre chose qu’une infiltration de matière tuberculeuse, ce n’est donc plus de l’œdème véritable.

Le malade atteint d’œdème de la glotte a la sensation de corps étranger à l’entrée du larynx; aussi fait-il les efforts de déglutition pour s’en débarrasser. Il est pris d’accès de suffocation qui durent de dix à quinze minutes. Sa face est livide, sa bouche ouverte, ses narines béantes, ses yeux humides et saillants. Ces accès sont dus à un spasme de la glotte et non aux replis œdématiés qui viendraient obstruer la glotte comme une soupape au moment de l’inspiration. Celle-ci est sifflante et bruyante. La voix et la toux sont rauques et voilées; la déglutition est difficile et douloureuse.

A l’examen laryngoscopique, on constate que les cartilages aryténoïdes, les épiglottes et les replis qui les unissent (replis aryténo-épigloltiques) sont gonflés et ont l’aspect de deux bourrelets qui se présentent sous forme de poire au niveau des aryténoïdes. La coloration et la consistance de l’œdème varient suivant son siège. L’œdème mou que l’on remarque sur les aryténoïdes est pâle; c’est chez les albuminuriques et les tuberculeux qu’on le rencontre. L'œdème dur apparaît sur l’épiglotte. Il est rose ou rouge, il est moins foncé chez les tuberculeux que chez les syphilitiques.

On peut confondre l’œdème de la glotte avec un corps étranger, un polype, le croup, la laryngite striduleuse, un abcès du pharynx, ou une paralysie des dilatateurs de la glotte. L’examen laryngoscopique dévoile facilement la lésion.

La maladie abandonnée à elle-même amène presque toujours une terminaison fatale.

Dans les cas aigus, il faut recourir à la médication révulsive ou antiphlogistique (vésicatoires autour du cou, sangsues, ventouses scarifiées). Il sera utile d’administrer un vomitif ou un purgatif, suivant les cas. Le malade fera usage de gargarismes émollients.

Dans les formes chroniques, des attouchements des parties malades avec des solutions au tannin, à l'alun, au chlorure de zinc, au nitrate d’argent .seront indiqués, de même que les .pulvérisations avec les mêmes substances.

S’il y a menace d’asphyxie, on ne devra pas hésiter à pratiquer la trachéotomie et cela plus tôt

Fig. 0 11.

Œdème de la glotte et de la muqueuse de l’épiglotte.

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