‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privéeChapitre 233 sur 238 · GO U · texte numérisé non relu

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entre autres les gouttes amères de Baume, à base de fève de Saint-Ignace, préparées d’après la véritable lorinule de Baumé, par son successeur Gigon, qu’on emploie à la dose de 3 à 9 avant les repas, comme apéritives et stimulantes et dans les dyspepsies gastro-intestinales flatulentes. p. l.

GOUTTE. — La goutte est une maladie constitutionnelle, caractérisée j)rincij)alement : parla présence constante d’acide urique et d’urate de soude en excès dans le sang ; par un gonflement excessivement douloureux des orteils et des petites articulations, se produisant par accès, et suivi à la longue de déformations et de dépôts calcaires ou tophus, à base d’acide urique; enfin, par des lésions \iscérales diverses dont les plus fréquentes sont la gravelle et la dyspepsie.

Quelle est l’étiologie de la goutte ? — La goutte ])('ut être héréditaire ou acquise.

La goutte héréditaire est excessivement fréquente: il résulti' des statistiques de plusieurs auteurs, entre autres Scudamore, Gairdner etGarrod, qu’elle l’est dans plus de la moitié des cas.

La goutte acquise reconnaît pour cause toutes celles qui tendent à augmenter la production d’acide urique dans l’organisme et à diminuer sa combustion ou son élimination. Ces causes peuvent tenir au régime alimentaire et à l’hygiène individuelle.

.\insi les boissons fermentées exercent sur la production de la goutte une influence très grande; si grande, que Garrod se demande si l’homme privé de ces boissons eut jamais eu la goutte. Et il place en première ligne, le porto, le kérès et le madère, « d’autant, ajoute-t-il, que ceux qui font de ces vins un usage habituel peuvent se procurer en même temps d’autres jouissances et en particulier It* luxe de la table, circonstances additionnelles bien propres à aider au développement de la goutte. » Viennent (‘usuite, toujours d’après Garrod, les bières fortes, le porter, le stout, et les bières amères ordinaires que Tood avait déjà appelées « l’aliment par excellence de la goutte. » Parmi les vins français, il faut citer en première ligne le Bourgogne et le Champagne:

Notre orteil est ton but, adversaire divin,

Et constamment, hélas ! tu nous vaines dans la lutte :

Ce qu'Hugo dit de l’eau peut se dire du vin ;

— Perle avant de tomber, et goutt>‘ — après la chute !

Le cidre, bu en trop grande quantité, peut aussi aider au développement de la goutte.

Voilà potir les boissons fermentées. Quant aux boissons distillées, il semble qu’elles soient impuissantes à engendrer la disposition goutteuse, car la goutte est très rare en Russie, en Irlande, en Écosse, dans r.Vllemagne du nord, pays où l’on consomme d’énormes quantités d’eaux-de-vie de toute nature.

Quant aux aliments, nous dirons avec Lécorché :

« qu’une alimentation trop azotée d’une part, une alimentation trop épicée d’autre part, telles sont les deux conditions qui favorisent le développement de la goutte. » En effet, l’abus de la viande, très riche en principes azotés, agit en produisant dans le sang un excès d’acide urique et nous avons vu, en commençant, que c’est de cet acide que dérivent toutes

les manifestations goutteuses. D’autre part l’excès d’assaisonnement, détermine une irritation chronique de l’estomac et du foie, et nous savons que c’est par ces deux organes que se déroule tout le fil de la diathèse urique.

Aussi les hommes politiques, les hommes de lettres, les magistrats, les médecins, sont-ils fréquemment atteints de la goutte, la gourmandise ayant de tout temps été regardée comme leur péché mignon.

Les habitudes sédentaires ont aussi une influence incontestable sur la production de la goutte; il en est de même de l’abus des travaux intellectuels, et Sydenham a eu raison lorsqu’il à écrit : Articulis hicce morbus quod mihi aliisque solatio esse possit, sapienfes plures interemit quam. fatuos ; ce qui veut dire qu’il se console d’être goutteux en pensant que la goutte sévit davantage sur les gens d’e.sprit que sur les imbéciles. L’abus des plaisirs vénériens prédispose également à cette terrible affection et Hippocrate en avait déjà fait l’observation, car il a écrit : Eunuchi non laborant podagra, les eunuques ne souffrent pas de la goutte.

Très exceptionnelle dans l’enfance, puisque Trousseau ne Ta observée qu’une fois chez un enfant de six ans, et Debout chez quelques enfants de 10 à 15 ans, la goutte ne se montre guère avant 25 ans ou 30 ans lorsqu’elle est héréditaire, et c’est de 30 à 50 ans qu’elle est la plus fréquente. Elle est excessivement rare chez la femme, puisque, dans une statistique faite par l’Académie de médecine et portant sur 80 cas, on comptait 78 hommes et seulement 2 femmes. Cependant à Rome, à l’époque de la décadence et de la plus immense débauche, les femmes, qui dépassaient en luxure tous les débordements possibles des hommes, furent frappées de goutte en masse, ainsi que le constate Sénèque dan» ses lettres.

Disons enfin, pour en finir avec l’étiologie que, très fréquente en Angleterre , moins fréquente en France, beaucoup moins en Allemagne et en Russie, la goutte est très rare en Écosse, en Irlande, en Espagne et en Italie, et presque inconnue dans les pays chauds.

Quelles sont les variétés de la goutte ? — Avec la plupart des auteurs, nous diviserons la goutte en : 1“ goutte articulaire aiguë ; 2“ goutte articulaire chronique; 3° goutle irrégulière ou anomale.

1“ Goutte articulaire aiguë. — La goutte articulaire aiguë ou franche est constituée par des attaques d’unedurée moyenne, dedix àquinze jours, séparées par des intervalles plus ou moins longs, pendant lesquels le malade jouit en général d’une bonne santé.

D’ordinaire, la première attaque de goutte aiguë s’annonce par quelques signes prodromiques auxquels on ne fait généralement pas assez attention. Le malade qui couve son attaque devient moro.se, susceptible, rageur et coléreux ; il accuse de la pesanteur de tète et se plaint de ne pouvoir travailler; son appareil digestif fonctionne mal; il a de la dyspepsie flatulente,... enfin l’attaque dégoutté éclate.

Voici, empruntée presque en entier à l’admirable Traité de la goutte de Sydenham, l’illustre goul-

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teux, la description de l’attaque de goutte aiguë : L’attaque de goutte aiguë débute brusquenient, en général les douleurs apparaissent pendant la nuit. Vers deux heures du matin le malade est réveillé par une douleur qui se fait sentir dans l’un des gros orteils, quelquefois aussi au cou-de-pied ; cette douleur ressemble à celle qui accompagne la dislocation des os, avec la sensation d’une eau tiède répandue sur la partie malade; bientôt après, il survient une fièvre légère. La douleur, d’abord supportable, augmente peu à peu ; vers le soir elle parvient à son plus haut degré ; etle ressemble tantôt à une tension violente ou à un arrachement des ligaments, tantôt à celle que cause la morsure d’un cbien, ou encore à celle qui est produite par une violente compression. La partie malade est sensible à ce point que le poids même des couvertures est insupportable; les veines sont gonflées, saillantes; le malade fait mille efforts infructueux pour trouver une position qui diminue ses souffrances. La douleur ne cesse que vers les deux ou trois heures du matin, après avoir duré vingt-quatre heures ; alors le malade éprouve tout à coup un soulagement qu’il attribue à la position dans laquelle il est parvenu à mettre la partie souffrante; il lui prend ensuite une douce moiteur et il se laisse aller au sommeil. A son réveil, la douleur est encore fort diminuée; la partie malade est tuméfiée, la peau présente à ce niveau une teinte rouge, violacée, et pendant quelques jours il reste de la douleur qui augmente le soir et diminue le malin; peu de jours apres l’autre pied se prend à son tour, d’autres articulations peuvent aussi devenir douloureuses. Chez les sujets vigoureux, l’attaque de goutte ne dure que douze on quatorze jours; chez les vieillards et chez les sujets affaiblis par des attaques antérieures, elle peut se prolonger pendant deux mois et plus. Lorsque l’attaque est finie, la tuméfaction du pied se dissipe, et il survient, particulièrement au niveau des orteils des démangeaisons insupportables et l’épiderme s’exfolie.

La fièvre, que Bouchard a appelée fièvre goutteuse, accompagne l’accès , entraînant de la soif, de l’anorexie, de la constipation. Les urines sont rares, troubles, très rouges, chargées d’acide urique et d’urates, parfois légèrement albumineuses, la miction s’accompagne d’une sensation de cuisson plus ou moins vive.

Lorsque l’attaque est terminée, tout rentre peu à peu dans l’ordre : les articulations reprennent leurs mouvements, mais leur souplesse ne redevient complète qu’au bout de plusieurs jours, quelque fois plusieurs semaines ; le malade retrouve ses forces en même temps que son appétit, et son état général devient excellent, meilleur même qu’avant l’accès.

Une première attaque de goutte reste rarement isolée. La diathèse goutteuse peut bien sommeiller pendant plus ou moins longtemps, quelques mois ou quelques années, grâce à un régime approprié et à une hygiène rigoureuse; mais, chez bon nombre d’individus, de nouvelles attaques peuvent se produire au bout de quelques semaines à peine sous l’influence d’une excès de table, d’une indigestion, d’un refroidissement, d’une émotion, ou

encore d’une violence extérieure, d’un choc, d’une entorse, ou même simplement d’une chaussure trop étroite.

Ces nouvelles attaques, en se rapprochant, augmentent de durée et en même temps diminuent d’intensité. Elles envahissent plusieurs articulations; celles-ci subissent des déformations ; des dépôts tophacés se forment sur leur pourtour, et tout cela aboutit à la goutte chronique.

Goutte articulaire chronique. — La goutte chronique n’atteint en général que les gens âgés. Elle est caractérisée par des attaques plus ou moins franches, de longue durée, ne laissant jamais les malades complètement libres dans leurs intervalles. Un grand nombre d’articulations sont envahies. Celles-ci se déforment, grâce à des dépôts tophacés qui se produisent autour d’elle ; chez plusieurs malades, ces dépôts se forment, non seulement autour des articulations, mais encore dans les bourses séreuses de ces articulations qui se déforment et s’ankilosent, et parfois jusque dans le tissu cellulaire des membres.

Les tophus, constitués par des concrétions d’urate de soude, d’urate et de phosphate de chaux, durs, blanchâtres, non douloureux à la pression, si ce n’est pendant les accès, prennent la forme de petites tumeurs bosselées, irrégulières dont le volume varie de celui d’un petit pois à celui d’une noisette ; ils se déposent de préférence aux mains, symétriquement de chaque côté des articulations des doigts ; ils peuvent atteindre aussi la peau qui, alors, rougit, s’amaincit, s’ulcère et donne issue à une matière ayant l’aspect de la couleur blanche à l’huile, ainsi qu’à des fragments durs de ces dépôts calcaires. Trousseau a donné la dénomination aussi ingénieuse que pittoresque de gravelte de la peau à cette élimination des concrétions tophacées à travers les ulcérations cutanées.

En dehors des lésions locales dont nous venons de parler, la goutte chronique exerce sur la plupart des fonctions et sur l’état général un retentissement fâcheux. Les malades ont des troubles gastriques , de la dyspepsie , des hémorrhoïdes, des douleurs hépatiques et néphrétiques; ils digèrent mal, s’anémient, s’affaiblissent; leur caractère change ; ils deviennent tristes, maussades, acariâtres, grincheux, insupportables à eux-mêmes et aux autres. Leurs urines sont abondantes, pâles, assez souvent abumineuses, et les proportions d’acide urique qu’elles contiennent sont sensiblement diminuées.

Goutte irrégulière ou anomale. — La goutte, dans l'intervalle de ses attaques articulaires, peut faire explosion sur différents organes, sans qu’on puisse préciser sous quelle influence; sur les reins, elle détermine les néphrites albumineuses; sur les bronches, elle donne lieu à un catarrhe chronique; sur le cœur, elle affecte les gros vaisseaux et la membrane séreuse qui tapisse les cavités internes; sur le cerveau, elle amène des congestions et des hémorrhagies cérébrales; quelquefois, enfin, elle peut se transformer en névroses comme l’asthme, la sciatique , l’angine de poitrine. 11 est facile de comprendre, d’après cela, combien la goutte régulière qui se fixe sur les articulations cjt pi'éférable

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à la i>oiilte irrégulière qui frappe les organes les plus fragiles et les plus essentiels de la vie. La première est douloureuse, elle paralyse les articulations ; la seconde est faUiL'ment dangereuse et amène toujours brusquement, à un moment donné, une terminaison funeste. C’est ce qu’on appelle la goutte remontée.

Quel est le traitement de la goutte? — Il comprend : k. le traitement de l’accès de goutte aiguë franche; — B. le traitement de la goutte chronique; — C. le traitement de la diathèse goutteuse.

A. Traitement de l'accès de goutte aiguë franche. — Plusieurs modifications ont été proposées contre l’accès de goutte aiguë franche : 1° les antiphlogistiques locaux; 2° les analgésiques; 3° les médicaments dérivatifs; 4® les médicaments arthritiques.

1° Axtiphlogistiques locaux. — Parmi les antiphlogistiques locaux, nous citerons les vésicatoires, les sangsues, le froid.

Les vésicatoires ont été préconisés par Garrod et Charcot comme un moyen efficace pour enrayer l’inflammation goutteuse et d'un emploi inoffensif, pourvu qu’ils soient de petites dimensions.

Les sangsues appliquées sur les articulations envahies par la goutte aiguë sont un moyen efficace, mais dont nous ne sommes pas trop partisan, à cause de la rigidité plus ou moins prononcée de l’articulation qui suit leur application.

Quant au froid, sous forme de compresses imbibées d’eau froide, ou sous forme de glace pilée, il est incontestable qu’il calme sensiblement les douleurs, mais son application est parfois suivie d’accidents graves qui nous font rejeter son emploi.

2° Analgésiques. — Parmi les médicaments analgésiques préconisés contre les douleurs terribles de la goutte, nous citerons l’opium, la belladone, la morphine et la quinine. L’opium a l’inconvénient de diminuer l’activité sécrétoire, aussi la belladone est-elle préférable, ainsi que le dit Garrod. Quant à nous, avec plusieurs médecins, nous conseillons plutôt les injections hypodermiques de morphine pratiquées loc"dol nli,q^ü'\ arrêtent presque instantanément les douleurs articulaires. La quinine, administrée sous la forme si commode des c iiisalesde quinine Pelletier, rend aussi de très grands services comme analgésique, mais son effet est moins rapide que celui des injections hypodermiques de morphine.

3* Médicaments DÉuiVATiFS. — Quelques médecins sont partisans d’administrer des purgatifs dans l’attaque de goutte aiguë. Pour nous et pour la grande majorité, ils sont absolument contre-indiqués, les uns, comme le dit avec raison le D‘‘ Souligoux, parce qu’ils ne peuvent que faire dériver de son évolution normale l'inflammation goutteuse de la jointure envahie, les autres, comme exposant à des accidents d'intoxication dues à l’insutlisance des fonctions éliminatrices du rein, chez les goutteux frappés de néphrite chronique atrophique.

4” Médicaments arthritiques. — Le colchique ,1e salicylate de soude, le carbonate de lithine, tels sont les principaux médicaments arthritiques, dont l’efficacité contre la douleur des accès de goutte est de beaucoup la plus remarquable. Le colchiiiue peut être administré seul sous forme de teinture, ou bien sous forme de sirop anti-goulleux Boubée, Dictionnaire populaire de médecine csdelle.

dont il fait la hase ; le salicylate de soude sous forme do solution du D' Clin ; la lithine sous forme de carbonate de lithine effervescent de Le Perdriel (V. ces mots).

B. Traitement de la goutte chronique. — Dans la goutte chronique, c’est aux médicaments déjà employés contre la goutte aiguë qu’on doit s’adresser, lorsque des excurbations douloureuses surviendront du côté des articulations.

C. Traitement de la diathèse goutteuse. — « On ne saurait mettn* en doute, dit Garrod, la grande importance de l’hygiène et d’un régime sagement réglé pour prévenir le retour des accès de goutte chronique, » et il ajoute qu’il ne manque pas d’exemples de goutteux qui ont été débarrassés de leurs attaques à partir du jour, où tombés dans la misère, ils ont été obligés de subvenir à leur existence par un travail soutenu. Notre maître et ami le professeur Germain Sée attribue une influence prépondérante à l’alimentation de luxe dans le développement de la goutte. L’individu en puissance de diathèsegoutteuse devra donc suivre ce que nous appellerons un régime mixte, ni trop nourrissant, ni trop débilitant; ses repas seront réguliers et la quantité d’aliments substantiels proportionnée à sa faculté digestive et à la somme de travail physiqu qu’il fournit chaque jour.

Aliments défendus : — comme viandes, le porc, les volailles, le gibier, les viandes de haut goût ; — comme poissons, les poissons de mer en général (à l’exception de ceux dont la chair est reconnue de digestion facile), les crustacés (crevettes, homards, langoustes); — comme légumes, les asperges, les tomates, l’oseille et les légumes secs; — comme fruits les pommes et les poires; — comme boissons, les vins alcooliques (Madère, Xérès, Porto, Champagne, Bourgogne), les bières fortes telles que les bières anglaises et les bières du nord, toutes les eaux-devie et les liqueurs (kirsch, chartreuse, kummel, etc.).

Aliments permis : — comme viandes, les viandes de boucherie seules, préparées sans sauces et sans aucun raffinement culinaire, mais simplement rôties ou grillées; — comme poissons, tous les poissons d’eau douce à volonté, y compris le saumon, quoique Garrod le proscrive, à la condition toutefois de n’en pas manger souvent, les huîtres; — comme légumes, les épinards, la chicorée, les navets, les haricots verts, et en général les légumes verts dits rafraîchissants ; — comme desserts, les prunes, les raisins et autres fruits diurétiques; — comme boissons, les vins blancs ou mieux rouges de Itordeaux, légers, coupés d’eau de Fougues, de Royat, d'Ileucheloup, de la Preste, de Sainl-Galmier, de 'Vichy, etc.; les bières légères; le café et le thé, en infusions peu concentrées; enfin, le lait, qui est en même temps un diurétique très puissant et inoffensif et le meilleur sédatif de l’eslomac.

Le goutteux, chaque fois que son mal le laisse tranquille, doit faire beaucoup d’exercice, en plein air autant que possible, des promenades à pied ou à cheval, plutôt qu’en voiture, chasser pendant la saison, mais toujours sans surmenage et sans aller jusqu’à la fatigue. Il se trouvera bien, également, des frictions sèches sur la peau, et de l’hydrothérapie. D' Paul Labahthe.

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GOUTTE MILITAIRE. — (V. Blennorrhagie.)

GOUTTE SEREINE. — (V. Amaurose.)

GOUTTIÈRE. — Nom donné par les anatomistes aux rainures creusées sur la surface des os, qui sont destinées soit à faciliter le glissement des tendons, soit à loger des vaisseaux sanguins, principalement des veines.

En chirurgie, ou donne le nom de gouttière à des appareils en bois, en tôle, en fil de fer étamé ou galvanisé, articulés ou non, destinés à maintenir immobiles les membres fracturés, ou les articulations luxées ou atteintes d’affections chroniques, telles que coxalgie, tumeur blanche, etc. (V. fracture, luxation, coxalgie, etc.). p. l.

GOYAVE. — On donne ce nom au fruit du Psidium on goyavcr, arbuste des tropiques. De la grosseur d’une nèfle, à pulpe charnue succulente, blanche verdâtre ou rosée, à saveur sucrée, légèrement acide, rappelant qelle de nos framboises, les goyaves sont fort estimées en .\mérique et aux Antilles où on les mange crues, ou en compotes et en confitures. p. l

GRAAF (VÉSICULE de). — On donne le nom de vésicule de Graaf à des petites cavités closes disséminées en quantités innombrables dans la partie superficielle du stroma de ïoeaire (V. ce mot), p. L.

GRAISSE. — On donne le nom de graisse à des corps gras naturels, formés par le mélange de [)lusienrs substances neutres, de consistance variable, de couleur blanche ou blanc jaunâtre, peu sapides, douces au toucher, insolubles dans l’eau, solubles dans l’alcool chaud et dans l’éther, fondant à une température peu élevée, brûlant avec une flamme peu colorée, et présentant à l’analyse chimique un mélange iVoltine, de margarine et de stéarine.

La graisse existe dans les mailles de nos tissus en plus ou moins grande quantité et forme entre la peau et les muscles une couche plus ou moins épaisse suivant les individus.

L’homme utilise la graisse pour son alimentation ; principa'cment la graisse de porc, d’oie et de veau. 11 en ajoute à presque tous les plats de viande ou de légumes qu’il mange. Sa digestion s’opère d’une manière toute spéciale. Elle est en partiecmulsionnée et en partie saponifiée par son mélange avec le suc pancréatique, puis absorbée par les vai.sseaux lymphatiques qui la portent dans le sang et celui-ci la dépose dans les mailles du tissu cellulaire destinées à la recevoir. Ajoutons que la graisse est d’une digestion difficile et ne convient nullement aux individus atteints de dyspepsie gastro-infesi inale.

En pharmacie, on utilise la graisse ou axonge (V. ce mot) pour préparer des pommades, des cérats, des onguents.

On falsifie souvent la graisse destinée à l’alimentation par l’addition de graisses inférieures, de suif, etc., et par l’incorporation d’une certaine (inantilé d’eau qui peut aller jusqu’à 20 pour fOO. Le moyen le meilleur et le plus facile d’avoir tou-

jours de la graisse absolument pure consiste à la préparer soi-même avec de la panne.

Félix Cagnart.

GRAISSEUX (TISSU). — Le tissu graisseux, ou adipeux, est constitué par du tissu cellulaire ou conjonctif qui forme des cloisons entre-croisées limitant de grands espaces ou aréoles qui contiennent de petits grains jaunâtres ou lobules graisseux. Ces < lobules graisseux sont eux-mêmes constitués par un l amas de petits corpuscules ou vésicules contenant 1 un liquide huileux, transparent, et par des vaisseaux I entourés d’une couche de tissu cellulaire. Le tissu J graisseux n’existe donc que dans les régions où se trouve en même temps du tissu cellulaire. On le , trouve principalement dans la peau, très développé surtout à la partie postérieure du cou, autour des mamelles, :m niveau du pubis, etc.; sous les aponévroses, où il sépare les muscles, les vaisseaux, les nerfs, dans les cavités splanchniques, etc. p. l.

GRAND OS. — Nom donné par les anatomistes au troisième os de la seconde rangée du carpe, à cause de ses dimensions relativement grandes (V. Carpe). p. l.

GRANULATION. — On donne ce nom ; — en histo- % logie, à des éléments anatomiques, corps sphériques f extrêmement fins, dont les plus gros ne dépassent 'Jj pas trois millièmes de millimètre, que l’on rencontre j partout dans nos tissus, et dont la structure et la t composition intérieure sont très variables; — en pathologie, à de petites inégalités granuleuses qui se forment à la surface des membranes muqueuses et séreuses affectées d’inflammation aiguë ou chronique. p. L.

GRANULES. — On donne ce nom, en pharmacie, à de très petites pilules, composées de gommes, de sucre et d’une très minime quantité de principe actif (toujours un alcalo'nle), variant entre un quart de milligramme et 1 milligramme, et dont le poids total ne dépasse pas 5 centigrammes. p. l.

GRATIOLE. — La gratiole, communément appelée petite digitale, séné des prés, herbe au pauvre homme', est une petite plante herbacée, vivace, de la famille des scrofulariées , haute de 33 centimè- , très environ, à tige couchée et rampante à sa base, à feuilles alternes, à fleurs d’un blanc rosé, très commune dans les prés humides, les marais et au bord des ruisseaux, inodore, d’une saveur amère et i nauséeuse, qui jouit de propriétés purgatives très , énergiques, analogues à celles de la coloquinte, 3 dues à une substance neutre appelée gralioline. 4 Très rarement ordonnée par les médecins, la gra- I tiole sert assez souvent aux paysans pour se purger. I Nous leur conseillons de ne jamais dépasser la dose I de 3 à 3 grammes, en infusion, sous peine de voir f se produire des accidents très graves, qui peuvent A être suivis de mort. p. l. K

GRA'VELLE. — On donne le nom de gravelle ou i de Uihiase rénale, à la formai ion dans les reins et à l’évolution à travers les voies urinaires, de petites

Fig. o48. — L'rate di’ soude.

grains très petits et amorphes qui se dissolvent dans l’eau bouillante, ce qui les distingue des phosphates terreux; tantôt ce sont des lamelles rhomboédriques (acide urique); tantôt et lorsque le sable est formé d'urate de soude, il constitue au fond du vase un dépôt rouge brique composé de granulations amorphes ou de petites étoiles roses.

On peut encore rencontrer dans l’urine de l’urate d’ammoniaque, mais pour cela il faut que l’urine

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soit alcaline; tandis que l’acide urique et l’urate de soude ne se rencontrent que dans une urine acide.

Fig. 549.

Urafe d'ammoniaque (d’après Robin et Verdeil).

Les cristaux d’urate d’ammoniaque se présentent sous l’aspect de petites sphères toutes hérissées d’aiguilles longues et pointues.

2° Gravelle PHOseuATiQUE. — La gravelle phosphatique, ou gravelle blanche, est le résultat d’une inflammation de la muqueuse qui tapisse les voies urinaires. En effet, le muco-pus produit par cette inflammation agit comme ferment sur l’urée et la dédouble en eau et en carbonate d’ammoniaque ;

Fig. 550.

Cristaux de phosphate ammoniaco-magnésieii.'

or, en présence de l’ammoniaque, le phosphate de magnésie, qui se trouve normalement dans l’urine et qui y est dissous, passe à l’état de phosphate de chaux ammoniaco-magnésien qui, étant insolub e

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concrétions urinaires de volume assez petit, que les malades rendent par le canal de l'urèthre.

Variétés de gravelle.— On admet principalement trois genres ou variétés de gravelle : 1“ la gravelle urique; 2° la gravelle phosphatique; 3® la gravelle oxalique.

1° Gravelle urique. — La gravelle urique, ou gravelle rouge, est le résultat d’une diathèse, de la diathèse urique, c’est-à-dire d’un vice général de la nutrition par suite duquel les matériaux azotés de notre organisme, au lieu d’être convenablement brûlés, de manière à former de l’urée, ne le sont que d’une façon incomplète et forment de l’acide urique, produit d’élimination moins brûlé que l’urée. Quant à déterminer la cause de ce vice nutritif, on n’y est pas encore arrivé.

Le sable et les concrétions formées par l’acide

Fig. 547. — Acide urique.

urique et les urates sont d’un rouge brun ou jaunâtre. Ils sont formés par l’acide urique presque pur, soit par des urates d’ammoniaque, de soude, dr chaux, de magnésie.

Le sable formé par l’acide urique ou l’urate de soude se présente au microscope sous l’aspect de

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dans les liqueurs alcalines, se précipite; caries urines catarrhales ont une réaction alcaline. Le phosphate de chaux, qui se trouve normalement dans l’urine, mais qui n’y reste dissous qu’en raison de l'acidité de ce liquide, se précipite dès que l’urine devient alcaline.

La gravelle phosphatique est donc formée de phosphates ammoniaco-magnésiens et de phosphates de chaux, et son point de départ est une inflammation primitive des voies urinaires et surtout de la vessie.

Le sable et les concrétions formées par les phosphates présentent une couleur blanchâtre [qravelle blanche). Ils ne peuvent se rencontrer que dans l’urine alcaline, puisque les acides dissolvent les phosphates terreux. Les sédiments de phosphate de chaux ont souvent l’aspect de flocons blancs transparents, à limites peu précises, mais les phosphates ammoniaco-magnésiens sont au contraire remarquables par leur netteté ; les sédiments qu'ils forment dans les urines ammoniacales sont blanchâtres , et au microscope on voit qu’ils sont constitués par des prismes à base rhombo'idale ayant la forme des pyramides tronquées ; ils se dissolvent aisément dans les acides.

3° Gravelle oxalique. — La gravelle oxalique, beaucoup plus rare que les précédentes, pacciît dépendre en grande partie de l’alimentation ; plu-

Fig.

Cristau.\ d’oxalate de chaux.

sieurs végétaux, surtout l’oseille, le cresson, la tomate, certains médicaments tels que la rhubarbe, renferment de l’acide oxalique, qui ne se détruit qu’imparfailement dans l’organisme, et qu’on retrouve dans l’urine à l’état d’oxalate de chaux. Mais cette origine n’est probablement pas la seule, et plusieurs auteurs croient que la gravelle oxalique peut se former sous des influences étrangères à l’alimentation et qui nous sont inconnues.

Généralement formées d’oxalate de chaux, les concrétions oxaliques forment un sédiment blanchâtre, et, au microscope, on voit qu'ils ont une forme octaédrique, qu’ils sont marqués d’une croix, formée de deux diagonales, ce qui les a fait comparer à une enveloppe de lettre.

Quelles sont les causes de la gravelle ? — La gravelle est l’expression d'une prédispusiiion organique spéciale désignée sous le nom de diathèse unqae, diathèse qui est innée, on acquise sous l’influence des conditions qui déterminent la production de l’acide urique, c’est-à-dire alimentation trop fortement azotée et vie sédentaire. Les manifestation de cette diathèse, dont la nature intime nous échappe, se développent sous l’influence de certaines conditions que nous allons expliquer.

Age et sexe. — Bien que les calculs de la vessie soient fréquents dans l’enfance, la gravelle proprement dite est rare à cet âge ; on l'observe bien plus fréquemment dans l’âge adulte et surtout chez les vieillards. L’influence du sexe est encore bien plus accentuée que celle de l’âge ; ainsi la gravelle est très rare chez la femme. Sur 380 observations, Durand-Fardel n’a trouvé que 63 femmes pour 263 hommes.

La gravelle est héréditaire comme la goutte, avec laquelle elle présente d’ailleurs de telles affinités, qu’on peut les considérer comme les expressions d’une même diathèse ; or, de même que’ la goutte héréditaire se révèle de dix-huit à trente ans, tandis qu’il est rare que la goutte acquise apparaisse avant quarante ans, de même la gravelle se manifeste beaucoup plus tôt lorsqu’elle est héréditaire que lorsqu’elle est acquise.

L’influence héréditaire peut encore se présenter sous des aspects divers : ainsi le fds d’un goutteux sera atteint de gravelle ou de diabète et réciproquement. La gravelle est plus fréquente dans certains pays que dans d’autres ; la température n’est probablement pour rien dans ces diflérences, puisque les graveleux sont aussi nombreux à Moscou qu’en Egypte, et que, d’ailleurs, notre corps a sous tous les climats la même température ; il est plus probable que ces différences sont en rapport avec la nature de l’alimentation.

L’alimentation et l’hygiène ont sur la production de la gravelle une énorme influence; on sait en effet que l’acide urique, dont la présence en excès constitue le caractère anatomique essentiel de la gravelle urique et de la goutte, est le résultat d’une combustion imparfaite des matières azotées qui, incomplètement oxydées, donnent de l’acide urique au lieu de produire de l’urée, ainsi que cela a lieu normalement. 11 tant donc s’attendre à trouver un excès d’acide urique chez les gens qui, d’une part, se nourrissent avec des substances azotées, et d’une autre part, mènent une vie sédentaire, très défavorable à l’activité de la respiration et des combustions ou oxydations organiques.

Aussi la gravelle urique est-elle commune chez les gens riches qui font abus d’aliments azotés (viande, gibier), de vins généreux, de liqueurs spiritueuses, et en même temps mènent une vie oisive et sédentaire : elle est au contraire très exceptionnelle chez les gens de la campagne qui mangent peu de viande et font beaucoup d’exercice.

Quant à la gravelle 'phosphatique, nous avons répété qu’elle se rattachait au catarrhe des voies urinaires; ses causes se confondent donc avec celles de ce catarrhe.

Quels sont les symptômes de la gravelle ? — Il

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suffit d'examiner l’urine pour reconnaître l’existence de la gravelle ; en effet, vous trouvez au fond du vase du sable qui est rouge si la gravelle se compose d’acide urique ou d’urates, blanchâtre et ffoconneux et mêlé à du muco-pus si la gravelle est phosphatique, et également blanc si la gravelle est formée d’oxalate de chaux. Dans le premier cas, l’urine est acide ; dans les deux derniers elle est alcaline (vous reconnaissez cet état de l’urine à l’aide du papier de tournesol). Enfin l’examen microscopique vous révéle la forme spéciale des grains formés par ces différents sels.

La gravelle peut exister pendant longtemps sans occasionner le moindre trouble fonctionnel, mais en général les malades éprouvent des douleurs sourdes dont le rein est le foyer et qui s’irradient en divers sens (les douleurs sont ordinairement unilatérales). Ces douleurs surviennent spontanément ou à l’occasion d’un écart de régime, d’un excès, d’un exercice un peu violent; souvent elles s’apaisent lorsque le malade expulse une certaine quantité de sable. Par exception, elles peuvent provoquer des nausées et des vomissements (mais ceux-ci appartiennent plus spécialement aux concrétions d’un certain volume) et déterminent un sentiment d’ardeur dans le canal de l’urèthre; l’urine peut être teintée de sang, parfois même le malade rend du sang et du pus (V. Hématurie).

Ceci s’observe surtout dans la gravelle urique. Quant à la gravelle phosphatique, ses symptômes se confondent avec ceux du catarrhe des voies urinaires qui l’engendrent (V. Cystite).

La lithiase rénale est une maladie essentiellement chronique présentant de longues périodes d’apaisement et d’exacerbation, et alternant, ainsi que nous l’avons vu, soit avec des attaques de goutte, soit avec diverses éruptions cutanées : le traitement exerce d’ailleurs une très favorable influence sur ses manifestations et sa durée, qui cependant est presque toujours indéfinie, tant il est difficile de transformer complètement cet état de l’organisme dont elle est l’expression.

Colique néphrétique. — Lorsque les concrétions urinaires se sont agglomérées de manière à former dans les reins des calculs d’un certain volume, leur passage à travers l’uretère détermine des accès douloureux désignés sous le nom de coliques néphrétiques.

La colique néphrétique peut éclater brusquement chez une personne qui ne souffrait point des voies urinaires; le fait est rare. Il est bien plus ordinaire de voir ces coliques se produire chez des gens déjà atteints de gravelle et qui depuis un certain temps souffrent des reins.

L’accès s’annonce par une douleur presque toujours unilatérale qui occupe la région lombaire ; cette douleur acquiert très vite un haut degré d’acuité ; elle s’étend vers les cuisses, vers le testicule qui est rétracté; il survient, par action réflexe, des nausées, des vomissements et quelquefois même des convulsions : la douleur devient affreuse, car le calcul, poussé par l’urine, déchire de plus en plus la muqueuse de l’uretère, le malade se roule par terre, gémit et ne sait comment exprimer ce qu’il souffre.

La sécrétion de l’urine n’est pas suspendue, car il est bien exceptionnel que deux accès viennent simultanément obstruer les deux uretères, qu’une action réflexe détermine la contraction spasmodique de l’uretère opposé, ou que le malade n’ait qu’un seul uretère. Le malade rend avec effort quelques gouttes d’une urine tantôt claire, tantôt trouble et sanguinolente. Pendant l’accès, le pouls reste calme.

L’accès peut durer plusieurs heures, parfois vingt-quatre heures; la douleur peut disparaître brusquement et être remplacée par un sentiment particulier de bien -être ; ce signe permet d’affirmer que le calcul a franchi l’uretère et qu’il est tombé dans la vessie. Presque aussitôt le malade rend une grande quantité d’urine, et au fond du vase se trouve le corps du délit; parfois il n’est rendu qu’après plusieurs mictions. S’il n’est pas expulsé, son séjour dans la vessie peut devenir fort fâcheux et être le point de départ d'une pierre vésicale.

Au lieu de se terminer brusquement, l’accès peut se calmer peu à peu; mais si le calcul reste enclavé dans l’uretère, il en résulte unepyélo-néphrite extrêmement violente avec ses conséquences possibles de rupture, d’hydronéphrose, d’infiltration urineuse, de péritonite, etc.

Il peut se faire que l’accès ne se reproduise pas, mais le fait est rare.

Quel doit être le traitement de la gravelle et des coliques néphrétiques ? — ^ Les indications que présente le traitement de la gravelle doivent se grouper sous deux chefs: A. Les unes comprennent les moyens hygiéniques et thérapeutiques propres à prévenir la formation du sable urinaire B. Les autres comprennent le traitement des coliques néphréliques.

A. Traitement de la gravelle proprement dite. —

11 faut d’abord distinguer la gravelle rouge et la gravelle blanche. [Procédant de points de départ très distincts, elles présentent des indications thérapeutiques très différentes.

A. Gravelle rouge ou urique. — La gravelle rouge se rattuche à l’excès d’acide urique dans le sang, il faut donc pour la combattre : 1“ diminuer la quantité de substances albuminoïdes dont l’oxydation incomplète engendre l’acide urique ; 2° activer l’oxydation de ces substances; 3° favoriser la dissolution et l’élimination du sable déjà formé.

1» Pour diminuer la quantité des substances albuminoïdes, le graveleux doit se soumettre à un régime alimentaire spécial, il s’abstiendra autant que possible de viandes noires, des œufs, des liqueurs, des vins de Bourgogne et du Midi, et il choisira de préférence les légumes, les viandes blanches, le lait, les vins légers de Bordeaux.

2" Pour activer l’oxydation des substances albuminoïdes il faut recourir à tous les moyens qui favorisent les fonctions respiratoires et circulatoires, c’est-à-dire à l’exercice musculaire sous toutes les formes , marches prolongées , gymnastique, frictions énergiques, hydrothérapie.

3“ Pour dissoudre le sable et favoriser son élimination on a recours à l’usage des lithontriptiques, des dépurateurs et des diurétiques.

Parmi les lithontriptiques, nous citerons le bi-

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carbonate de soude et le carbonate de lithine, et encore le premier de ces sels agit-il probablement comme simple diurétique. Le carbonate de lithine paraît avoir une action lithontriptique plus certaine, ainsi que cela résulte des beaux travaux de Garrod ; on l'administre à la dose de 10, 20, 30, 30 centigrammes et même 1 gramme par jour. Les sels granulés effervescents de lithine de Le Perdriel, constituent une excellente préparation de lithine.

Dans le groupe des dépurateurs, se rangent les agents capables d'activer l’élimination des urates ; le principal de ces agents paraît être le salicylate de soude, à la dose de .3 à 10 centigrammes par jour, que l’on peut administrer sous forme de solution du D'' Clin. Viennent ensuite les eaux minérales de Contrexeville, Heucheloup, Capvern, Bigorre, La Preste, Royat, Fougues, etc., qui ont 1 avantage de pouvoir être administrées indistinctement dans toutes les espèces de gravelle ; de plus elles sont si bien tolérées par l’estomac qu’on peut en prendre sans fatigue plusieurs litres par jour et déterminer ainsi dans tout l’appareil urinaire un véritable lavage, très propre à le débarrasser du sable et du gravier.

On peut encore recourir à la dépuration du sang en activant les fonctions de la peau, car on sait que la transpiration cutanée débarrasse l’organisme d’une notable quantité de sels excrémentitiels. C’est dans ce but qu’il convient de recourir aux frictions énergiques, au massage, à l’hydrothérapie, aux bains sulfureux, etc.

Quant aux diurétiques, ils ne doivent jamais être négligés dans le traitement de la gravelle, et leur indication est des plus nettes ; ils augmentent la quantité d’acide urique éliminé dans les 24 heures, et ils facilitent la sortie des concrétions déformées. Les eaux que nous avons énumérées plus haut, celles de Vichy (Célestin), de Vais, etc., le régime lacté, sont de bons diurétiques.

2° Gravelle oxalique. — La gravelle oxalique présente les mêmes indications que la gravelle urique.

3“ Gravelle blanche ou phosphatique. — La gravelle blanche ou phosphatique étant bien moins l’impression d’une diathèse que le résultat d’un état catarrhal des voies urinaires, c’est à reconnaître la cause de ce catarrhe qu’il faut d’abord s’attacher, et les indications se trouvant ainsi posées : 1“ Traiter la cause du catarrhe; 2“ l’attaquer directement par les résineux, les balsamiques et des injections intra-vésicales (Voir au mot Cystite chronique les détails du traitement); 3° soutenir les forces défaillantes de l’organisme,

B. Traitement des coliques néphrétiques. — Au moment de l’accès, il faut calmer la douleur. Pour cela on administre aussitôt l’opium à haute dose (10 centigrammes) par la bouche et en lavements; on recouvre la région douloureuse de longs cataplasmes arrosés de laudanum ; on plonge le malade dans de grands bains dont on prolonge la durée, et on lui fait boire en abondance du lait pur ou mieux, coupé avec une des eaux minérales qui ont été citées plus haut.

Les vomissements seront calmés par l’emploi

de boissons gazeuses et glacées. On a conseillé de faire boire beaucoup de tisanes diurétiques pour augmenter la sécrétion urinaire et favoriser la progression du gravier, mais souvent les vomissements ne permettent pas de recourir à cette méthode. Dans les cas où elle sera applicable, on fera boire au malade du lait ou une des eaux minérales citées plus haut. D" Léon Moynac.

GRAVIDITÉ.— Mot employé en obstétrique comme synonyme de grossesse (V. ce mot). p. l.

GREFFE. — On donne ce nom à une opération chirurgicale par laquelle, après avoir détaché une partie vivante d’un individu on la transplante sur une autre partie soit du même individu, soit d’un individu différent, où elle continue à vivre, grâce aux adhérences qu’elle y contracte (V. Autoptastie, Hétéroplastie). La greffe animale sert principalement à restaurer des parties détruites ou gravement déformées. Depuis 18fi9, époque où Reverdin démontra que de très petits lambeaux de la couche superficielle ou épidermique de la peau, détachés d’une partie quelconque du corps et appliqués simplement sur la surface d’une plaie en suppuration, se greffaient sur celte surface suppurante, et formaient des îlots de tissu cicatriciel qui tendent à grandir et à couvrir toute la plaie ; on emploie la greffe épidermique pour hâter la cicatrisation des plaies. P. L.

GRÊLE (intestin). — (V. Intestin grêle.)

GRENADIER. — Le grenadier, originaire de l'Afrique, cultivé dans l’Europe méridionale et qui pousse spontanément en Espagne et en Portugal,

Fig. 532. — Grenadier.

est un arbuste de la famille des myrtacées atteignant parfois les dimensions d’un petit arbre, remarquable par ses racines pivotantes, fusiformes, ramifiées, d’un brun rougeâtre à l’extérieur et d’un jaune presque blanc à l’intérieur ; par son tronc

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tordu, noueux, rabougri, grisâtre; par ses jolies fleurs d’un beau rouge écarlate et par ses fruits superbes aux innombrables graines rouges.

Les fleurs sèches sont quelquefois employées en infusion ou en macération, comme astringentes.

Les fruits, qui ont une saveur aigrelette et sucrée agréable, sont rafraîchissants et recherchés comme tels par les malades en proie à la fièvre ; on les mange aussi en dessert, mais il servent surtout à fabriquer la yreuadine, qui n’est autre chose qu’un sirop de grenade se préparant comme tous les autres sirops.

T.'écorce est la partie la plus employée, surtout l’écorce de la racine, à cause des propriétés tamifuges remarquables dont elle jouit. Ces propriétés, que les anciens connaissaient et qu’on trouve signalées dans Dioscoride, Pline, Celse, après être restées dans l'oubli pendant des siècles, ont été remises en évidence vers 1820 par Buchanan, de Calcutta, par Cornés, de Lisbonne, et par nos compatriotes .Âlérat et Delens, les deux éminents thérapeutistes. Aujourd’hui, l’écofce de la racine de grenadier peut être considérée comme un des meilleurs remèdes contre le iænia ou ver solitaire; malheureusement il est désagréable à avaler, et les malades le supportent diflicilement à cause des coliques, des vomissements, de la diarrhée, quelquefois des étourdissements et des syncopes qu’il détermine.

L’écorce de racine grenadier s’administre, soit en poudre à la dose de 4 à 8 grammes dans un cachet médicamenteux de Limousin ; soit, ce qui est préférable, en décoction, à la dose de 60 grammes dans 750 grammes d’eau que l’on fait bouillir sur un feu doux jusqu’à réduction de 500 grammes et que l’on passe. On fait prendre toute la dose en 3 fois à une demi-heure d’mtervalle, le lendemain d’un jour où le malade aura rendu quelques anneaux de tænia dans ses garde-robes. Deux heures après l’ingestion de la décoction, on administre 30 grammes d’huile de ricin pour activer son effet, et le plus souvent le ver entier, y compris la tête, est expulsé au bout de trois ou quatre heures.

En généial, les médecins préfèrent employer l’écorce de racine fraîche. Cependant, nous croyons pouvoir affirmer que la racine sèche produit d’aussi bons résultats, à condition qu’on ait le soin de la faire macérer préalablement pendant 12 heures dans de l’eau froide.

La propriété lænifuge du grenadier est due à un alcaloïde découvert en 1876 par Tanret et appelé par lui PtHeliérine. Celle-ci peut-être employée seule, sous forme de lannate de Pelletiérine, à la dose de 30 à 50 centigrammes dans 30 grammes de sirop simple. D'Paul Labakthe.

GRENOUILLE. — La grenouille, très commune dans les eaux stagnantes, les étangs et les prairies humides, est un peiitanimaldu genre des batraciens, à chair blanche, agréable au goût et de digestion facile, que l'on mange frit, en fricassée ou à la sauce blanche, ün faisait autrefois avec la grenouille un bouillon auquel on attribuait la vertu de guérir les rhumes. Inutile de dire que celte vertu était purement imaginaire. p. l.

GRENOÜILLETTE. — La grenouillette est une tumeur liquide enkystée du plancher de la bouche. Son nom lui vient de ce qu’on a trouvé quelque ressemblance entre cette tumeur et les goitres aériens de la grenouille, ou de ce que le malade semble imiter, lorsqu’il veut parler, le coassement de cet animal.

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