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tretenue par les lavages à grande eau nécessaires pour séparer le gluten de l’amidon.
L'humidité provoque chez les ouvriers employés dans les amidonneries, des rhumatismes et de la diarrhée. Les poussières produisent au pourtour des commissures des lèvres, sur le pavillon de l’oreille une éruption herpétigineuse et de l’irritation des paupières et des conjonctives. De plus, leur absorption détermine de la sécheresse de la gorge et l’expulsion de crachats rendus gommeux par la présence de l’amidon qui a fermenté. Disons toutefois qu'on observe très rarement la phtisie pulmonaire chez les amidonniers. D' Paul Labarthe.
AMMONIAQUE. — Chimie. — L’ammoniaque est un gaz résultant de la combinaison de l'azote et de l’hydrogène, dont la formule est AzlP. On l'appelle aussi alcali volatil, parce que c’est le seul gaz qui se comporte comme les bases énergiques. En effet, il verdit le sirop de violettes, ramène au bleu le tournesol rougi par les acides, et enfin il forme avec ceux-ci des sels bien définis.
L’ammoniaque est un gaz incolore, d’une odeur très vive, pénétrante et caractéristique. C’est le gaz le plus léger après l’hydrogène. 11 est impropre à la respiration et à la combustion ; ainsi une bougie allumée, plongée dans le gaz ammoniac, s’éteint de suite. On peut liquéfier ce gaz sous la pression ordinaire en l’exposant à 40° de froid, ou à 10° sous une pression de 6 atmosphères 1/2. Faraday l’a même obtenu solide sous l'influence combinée d’un grand froid et d’une haute pression.
L’ammoniaque est très soluble dans l’eau, qui peut en dissoudre 670 fois son volume ; ce n’est même que sous forme de solution concentrée qu’on l’emploie en chimie et en médecine sous le nom d’ammoniaque liquide.
L’ammoniaque liquide est incolore, plus légère que l’eau, d’une saveur âcre et caustique, d’une odeur urineuse, très pénétrante, très piquante et asphyxiante. Ce liquide possède les mêmes propriétés alcalines que l'ammoniaque à l’état gazeux. Chauffée à 65®, elle perd tout le gaz ammoniac qu’elle contient, et exposée à l’air elle le perd lentement en grande partie. On doit donc la tenir dans des flacons hermétiquement bouchés.
L’ammoniaque liquide du commerce marque généralement 22°, et contient environ 654 fois son volume de gaz.
Dans l’industrie, on retire surtout l’ammoniaque des eaux ammoniacales provenant de la fabrication du gaz d’éclairage. Ces eaux contiennent du chlorhydrate et du sulfhydrate d’ammoniaque que l’on traite par la chaux éteinte. Alfred Chardon, Ph"”
Effets. — Appliqué sur la peau ou sur la muqueuse, l’ammoniaque agit comme un excitant local ou un escharotique, et peut même produire la vésication et la destruction des tissus, selon la quantité employée et la durée de son contact avec les organes. Les vapeurs d’ammoniaque irritent les yeux et provoquent le larmoiement. Lorsqu’on les respire, elles déterminent sur la muqueuse nasale un picotement vif et cuisant et une abondante sécrétion de liquides, comme si l’on avait un rhume de cerveau. Elles produisent un effet semblable sur les muqueuses
des bronches et peuvent amener des malaises, des spasmes et même la suffocation. Ingérée à petites doses, l’ammoniaque agit comme excitant local et en neutralisant les acides, accélère la circulation et détermine des excrétions et des sueurs abondantes. Ingérée à fortes doses, l’ammoniaque est un poison irritant d’une grande violence dont les effets caustiques se font sentir immédiatement.
Usages. — L’ammoniaque est d’un emploi fréquent en chimie et en médecine. A l’extérieur, on l’emploie comme caustique, contre. les morsures et les piqûres des animaux venimeux; comme rubéfiant de la peau dans les affections rhumalismales, associé le plus souvent à d'autres médicaments : le Uniment volatil simple ou camphré, le baume opodeldoch, etc. C’est l’ammoniaque qui est la partie active de Veau sédative. On peut obtenir un vésicatoire instantané au moyen d’un morceau de feutre ou d’amadou imbibé d’ammoniaque, que l’on tient appliqué sur la peau en ayant soin de le recouvrir.
En inhalation, elle est utile pour le coryza, les maux de tête et même les syncopes; à cet effet, il faut avoir soin de ne la faire respirer que légèrement.
Le docteur Libermann a préconisé les inhalations de vapeurs naissantes d’ammoniaque contre les angines granuleuses et les bronchites chroniques. Le D' Bourguet emploie l’ammoniaque dans le croup pour favoriser l’expulsion des fausses membranes.
La potion suivante :
Ammoniaque 1 gr. 50
Laudanum Sydenham ... t 50 Eau 125
prise par cuillerées de tO en tO minutes, rend des services dans la coqueluche, l'asthme, les spasmes de la glotte. On donne aussi l’ammoniaque à la dose de tO à 20 gouttes dans un verre d’eau pour dissiper l’ivresse. L’art vétérinaire l’administre étendue d’eau dans les cas de météorisme des animaux ; elle agit alors en neutralisant l’acide carbonique produit par l’excès des légumineuses fraîches absorbées.
Empoisonnement. — Malgré l’emploi fréquent de l’ammoniaque en médecine, et quoi qu’elle soit vendue librement à tout le monde, sans ordonnance, les empoisonnements, par cette substance très toxique, sont assez rares, et lorsqu’on en rencontre, ils sont plus souvent accidentels que volontaires. Orfila et les médecins légistes en rapportent un certain nombre. Tardieu cite plusieurs empoisonnements par Veau sédative, qui n’est toxique que par l’ammoniaque qu’elle renferme.
L’individu empoisonné par l’ammoniaque est pris, aussitôt l’ingestion du poison, d’une angoisse atroce et de suffocation. Il éprouve des douleurs affreuses; son estomac lui fait l’effet de se déchirer. Les lèvres et toute la cavité buccale sont rouges et tuméfiées, ainsi que sa gorge, ce qui rend la respiration très difficile. Le malade vomit des matières glaireuses, striées de sang; sa voix est éteinte, étranglée; son pouls est lent, irrégulier; presque toujours l’intelligence reste intacte. Dans quelques cas il y a de la constipation, mais le plus souvent il y a des selles involontaires, liquides et sanguinolentes. Si les secours tardent, la suffocation devient de plus en plus
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forte et le malade meurt assez rapidement, surtout lorsque le poison a atteint les voies respiratoires.
Aussitôt qu’on se trouve en présence d’un individu empoisonné par l’ammoniaque, il faut lui administrer du jus de citron ou de l’eau vinaigrée, de la limonade citrique ; le faire vomir en lui titillant la luette, et lui donner un mélange d’huile d’olives et d’eau tiède. Ensuite on le fera gargariser avec
Chlorate de potasse. ... 10 grammes.
Eau loO —
et on lui donnera à boire en même temps du lait ou de l’eau albumineuse. Enfin, on le frictionnera avec de l’alcool camphré ou de l’alcool simple, et on le réchauffera en plaçant à ses pieds des cruchons d’eau chaude. 0'' Labarthe.
AMNÉSIE. — On donne ce nom à l’absence plus ou moins complète, ou bien à la diminution notable et à la perte totale de la mémoire.
Elle n’est, pour ainsi dire, jamais essentielle ; presque toujours, au contraire, elle est symptomatique d’une affection cérébrale, ou d’une maladie générale, plus ou moins grave. Elle peut être temporaire, et disparaître au bout d’un temps variable, sans laisser de traces, ou bien permanente. Elle peut encore être générale, c’est-à-dire que l’altération pathologique peut porter sur la totalité de la mémoire; ou bien partielle, et dans ce dernier cas, certaines catégories spéciales de souvenirs sont abolies, ou encore une période plus ou moins longue de l’existence du malade lui échappe, qu’il ait eu ou non conscience de cette période. L’amnésie est quelquefois congénitale. C’est ce qu’on voit chez les idiots, qui sont souvent affligés d’une amnésie assez complète pour leur rendre étrangers les actes les plus nécessaires à la vie. Quelquefois cependant leur mémoire n’est pas nulle, et l’on peut même arriver à développer beaucoup certaines de ses aptitudes partielles.
Les amnésies dites essentielles sont toujours temporaires. Elles peuvent dépendre de diverses causes, soit morales : excès de travail, contention d’esprit, accès de colère, joie trop vive, grande douleur morale, grande frayeur ; soit physiques : grandes fatigues, exposition à un froid trop vif ou à une chaleur trop intense, abaissement ou élévation considérable de la pression atmosphérique (ascensions de montagnes ou descentes dans les mines). Les amnésies produites par ces diverses causes peuvent être générales ou partielles ; mais, quelle que soit leur forme, elles cèdent au bout d’un temps variable à un régime tonique associé au repos et au séjour dans un climat sain.
Il en est presque toujours de même pour celles qui succèdent aux maladies infectieuses, au typhus ou à la fièvre typho’ide, par exemple.
Certaines névroses, comme l’extase, la catalepsie, le somnambulisme, qui ne sont en somme, que des modalités de l’hystérie, sont accompagnées de troubles variés de la mémoire. Chose curieuse, non seulement le somnambule perd tout souvenir de ce qui s’est passé et de ce qu’il a fait pendant son accès, mais encore il peut se faire qu’un deuxième accès efface tout souvenir de la période normale intermé-
diaire au premier et au second; on voit même certains somnambules présenter le phénomème bizarre du dédoublement de la personnalité : ils ont deux mémoires, la mémoire des accès, et la mémoire du temps intermédiaire aux accès. Ces faits, communs du reste, au somnambulisme naturel, et au somnambulisme provoqué par les manœuvres hypnotiques, sont beaucoup plus communs qu’on ne pense.
Dans les diverses névroses de l’intelligence qu’on réunit sous l’appellation commune de vésanirs, la mémoire est habituellement conservée, soit pendant l’accès, soit après sa terminaison. C’est ce qu’on observe dans la manie aiguë simple, dans le délire mélancolique et dans le délire de persécution, ainsi que dans la folie à double forme ou folie circulaire. Cependant le délire aigu fébrile et la manie, suite de couches, font exception à cette règle. Mais dans les autres cas, l’apparition de l’amnésie doit faire craindre le passage à la démence.
Chez les épileptiques, les altérations de la mémoire sont subordonnées à l’intensité et à la fréquence des attaques, et de même que le petit mal physique souvent répété, anéantit plus vite cette faculté que les grandes attaques, de même aussi le petit mal intellectuel lui est plus nuisible que les grands accès de manie épileptique. Indépendamment de l’amnésie générale et graduelle, l’épilepsie produit des amnésies partielles, limitées aux accès pendant lesquels les malades peuvent commettre les actes les plus étranges et même les plus criminels, sans en conserver ensuite le moindre souvenir.
Les affections cérébrales, soit traumatiques, soit organiques, sont très souvent accompagnées de troubles de la mémoire. Il est commun de voir des malades, atteints de commotion cérébrale à la suite de coups, de chute sur le crâne, etc., perdre tout souvenir de l’accident et d’une période variable de temps écoulé avant l’accident. Cette amnésie disparait assez vite ; tandis que les affections organiques du cerveau entraînent des amnésies durables et progressives ; c’est ce qu’on observe toujours dans la paralysie générale, et très souvent dans l’hémorragie et le ramollissement du cerveau. Dans ces affections redoutables, les troubles de la mémoire sont la plupart du temps associés à des troubles du langage, et cet ensemble prend le nom d'aphasie. Il faut remarquer que l’amnésie transitoire, survenant chez des personnes d’âge mûr, et suivie bientôt du retour complet des souvenirs, doit faire craindre l’imminence d’une de ces dernières maladies.
Dans la démence sénile, encore plus que dans le ramollissement cérébral, l’amnésie est la règle. D’abord partielle et incomplète, elle finit par devenir générale et absolue. Elle offre dans ces cas des caractères particuliers qui lui donnent une haute valeur séméiologique : les malades oublient d’abord les noms propres, puis les dates, puis les mots en général. Ils emploient souvent l’un pour l’autre, se servent continuellement de périphrases, ou des mots chose et machin, s’irritent lorsqu’on ne les comprend pas, et manifestent au contraire la plus grande satisfaction lorsqu’on les aidant on leur indique le mot qu’ils cherchent. La mémoire des noms peu-
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quelquefois être abolie au point que le malade oublie le sien propre, et l’on cite le fait d’un vieillard, homme autrefois très distingué, qui accostait les gens dans la rue en leur disant : « Pour l’amour de Dieu ! dites-moi qui je suis »; ou ; « Dites-moi où je demeure. » Quant à l’amnésie des faits, elle porte surtout sur les plus récents, et il n’est pas rare d’entendre des vieillards raconter avec la plus grande exactitude des faits datant de leur enfance, tandis qu’ils ont oublié de déjeuner. Plus tard, ils oublient tout, ne reconnaissent plus personne, et conservent à peine quelques souvenirs relatifs aux choses les plus usuelles de la vie.
Le traitement de l’amnésie variera nécessairement selon la cause qui l’aura produite. L’amnésie congénitale qui existe dans l’idiotisme et le crétinisme, celle de la vieillesse ainsi que celle de la démence sont incurables et ne comportent par suite aucun traitement. Cependant, certains idiots ayant une lueur de mémoire, les D" Delasiauve et Félix Voisin pensent qu'il est du devoir du médecin de tenter de développer en eux les germes qui peuvent en être conservés. Les amnésies essentielles consécutives aux excès de travail ou de fatigues, cèdent au repos, à un régime tonique et au séjour dans un climat sain. De même les amnésies qui succèdent aux maladies aiguës. Quant au traitement de l’amnésie qui accompagne les névroses et les affections cérébrales traumatiques et organiques, ce sera celui de ces affections mêmes. (V. Aphasie, Catalepsie, Epilepsie, Hystérie, Somnambulisme, Vésanie.)
D' Alu. Ruaült, ancien interne de Charenton.
AMNIOS. — Nom donné à la plus interne des membranes qui enveloppent le fœtus. Mince, diaphane, sa face externe l’unit au chorion par l’intermédiaire de Vallantdide, tandis que sa face interne, lisse et polie, n’est séparée du fœtus que par l’eau de l’amnios.
L’eau de l’amnios est un liquide clair et transparent qui devient opale, à la fin de la grossesse, et possède une odeur analogue à celle du sperme et une saveur légèrement salée. Le poids du liquide amniotique ne dépasse guère 500 grammes à la fin de la grossesse, quoi que sa quantité varie d’une femme à l’autre. Dans certains cas, les eaux de l’amnios manquent à peu près complètement, et on dit alors que la femme a un accouchement sec. Et, dans ce cas, l’enfant est ordinairement vigoureux, car, en général, le poids des eaux de l’amnios est inversement proportionnel au poids du fœtus. Les eaux de l’amnios sont destinées à préserver le fœtus des chocs et des pressions extérieures pendant la gestation, et pendant l’accouchement à empêcher d’une part le fœtus d’être comprimé directement par les contractions de la matrice, et, d’autre part, à faciliter la dilatation du col utérin et humecter le vagin. (V. Accouchement, Embryon, Fœtus, Gestation.)
D'' Ant. De Soyre.
ÂMPHIARTHROSE. — (V. Articulation.)
AMPHYON (EAUX minérales D’). — Amphyon est un petit bourg de la Haute-Savoie, situé sur la rive
septentrionale du lac Léman, à quelques minutes d’Evian, dont les eaux alcalines et ferrugineuses, mais très faiblement minéralisées, sont très peu usitées. P. L.
AMPOULE. — - Nom donné à de petites tumeurs, en forme de cloches, remplies de sérosité, qui se forment entre le derme et l épiderme qu’elles soulèvent. Ce nom est surtout réservé à celles de ces petites tumeurs qui siègent à la paume de la main, à la plante et au-dessous des pieds. Les ampoules des mains se produisent à la suite des travaux rudes ou de froissements réitérés, comme après l’usage prolongé d’un marteau, des instruments dejardinage, des avirons d’un bateau, etc., chez les piu-sonnes qui n’en ont pas l’habitude. Les ampoules des pieds sont occasionnées par la pression trop forte des chaussures neuves ou par une marche forcée. On prévient ces dernières en portant de la chaussure large et souple, en graissant ses pieds avec du suif et en mettant des chaussettes de laine.
Lorsqu’on a une ampoule, il faut bien se garder de jamais déchirer et enlever la peau soulevée. On la pique simplement avec une aiguille à sa partie lapins basse, pour en faire écouler tout le liquide qu’elle contient, puis on recouvre toute sa surface avec une couche épaisse de collodion qu’on laisse en place jusqu’à ce qu’une peau nouvelle se soit formée.
Si, faute de ce traitement immédiat, l’ampoule s’est enflammée et contient du pus, il faut enlever l’épiderme tout entier avec des ciseaux et panser la petite plaie avec un linge cératé, ou mieux, avec un un morceau de baudruche gommée, véritable épiderme factice, dépassant un peu les limites de la plaie et recouvrir cette baudruche d’une couche de collodion. D’’ Paul Labarthe.
AMPUTATION. — On donne ce nom à une opération chirurgicale, dont le but est de retrancher un membre ou un segment de membre plus ou moins important. Par une extension qui est un abus de langage, des chirurgiens ont encore désigné ainsi l’extirpation totale de quelques organes (pénis, mamelle, testicule). Dans le présent article, il ne sera question que de l’amputation des membres.
Les amputations sont des opérations très sérieuses à un double point de vue. Elles mutilent, en effet, toujours les individus, et dans l’hypothèse la plus favorable (guérison et formation d’un beau moignon), elle le prive d’un organe d’une importance physiologique souvent considérable, que rien ne peut remplacer. Aussi les efforts des chirurgiens tendentils à restreindre de plus en plus le nombre des cas où il devient indispensable d’avoir recours à cette nltimu ratio, véritable aveu de l’impuissance de l’art.
Le but que se proposent les chirurgiens en amputant, est donc de remplacer une affection inguérissable ou extrêmement dangereuse, par une plaie restreinte, de guérison facile et rapide, laissant après cicatrisation un moignon bien disposé, pour recevoir les appareils prothétiques destinés à réparer autant que l’art le peut la mutilation infligée à l’individu.
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De là découle ce grand précepte qui domine toute 1 la médecine opératoire des amputations, de couper I les parties molles, de sorte qu’elles recouvrent complètement et largement l'os. Si le chirurgien ne tenant pas un compte suffisant de la rétractilité des tissus, incise ceux-ci à une distance trop rapprochée du point où il sciera l’os, celui-ci sera ou laissé à 1 nu au centre de la plaie par insuffisance des parties molles, ou tout au moins difficilement recouvert.
La rétraction musculaire continuant à s’exercer ' longtemps après la section des muscles, l'os primitivement caché, mais d'une façon trop parcimo- ! nieuse, sera mis à découvert pendant la cicatrisation. S'il ne rend pas ainsi la guérison tout à fait impossible, il fera une saillie au centre de la cicatrice ; le I moignon revêtira la forme d’un cône dont il repré- I sentera le sommet. L'application des appareils est i presque impossible sur les moignons présentant cette conformation, notamment aux membres infé- I rieurs (cuisse). Des douleurs, des ulcérations, sans I cesse renaissantes, des ostéites à répétitions, revé- I tant souvent la forme chronique, telles seraient les ' suites inévitables d'un tel état de chose qui parfois I conduit à la nécessité d’opérations secondaires sérieuses, nouvelle amputation ou résection.
L’os doit donc être recouvert, et nous insistons à ; dessein sur ce point, non seulement par la peau, mais par les muscles, quand cela se peut. Ajoutons cependant que la conicité du moignon ne tient pas I toujours à une mauvaise exécution opératoire, et I que ce résultat se montre du reste à deux périodes I bien différentes des amputations. On le voit en effet I survenir ou pendant la cicatrisation même de la plaie d’une amputation faite suivant toutes les règles classiques, ou bien encore très tard, à une époque très éloignée de la cicatrisation.
D’autre part, les amputations font toujours cou- ; rir, même dans les cas les plus simples, des dan- 1 gers parfois considérables.
I 11 est à prine besoin de rappeler que fort bénignes j quand elles portent sur certaines régions (phai langes, doigts, métarcarpiens, métatarsiens), leur gravité augmente à mesure qu’elles atteignent des parties plus rapprochées du tronc, ce qui revient à dire que les dangers auxquels elles exposent, sont 1 en raison directe de l’étendue de la plaie qu’elles i laissent après elles, et de l’importance des organes I qui ont dû être lésés (artères, veines volumineuses, I nerfs, os importants, large canal médullaire, etc.).
I L’âge, l’état constitutionnel des individus, la gra- ! vite des maladies pour lesquelles on a du intervenir,
I leur nature (affections constitutionnelles, sarcomes,
1 cancers, etc.), les milieux dans lesquels ont a dû I opérer, les méthodes dont on s’est servi, l'époque I de l’année imposée par les nécessités pathologiques,
1 les divers pansements employés, enfin, il n’est pas I jusqu’aux qualités individuelles des chirurgiens,
! qui ne doivent entrer en ligne de compte.
Causes et indications des amputations. — 11 nous semble utile de rappeler rapidement les causes pour lesquelles on est amené à amputer. A ce point de vue les amputations peuvent être divisées en iraumatiques et pathologiqupx, les premières rendues nécessaires par les désordres parfois successifs, causés par certains traumatismes ; les
secondes, remédiant aux désordres produits par la maladie, ou détruisant localement certaines affections organiques de nature essentiellement malignes.
Au nombre des blessures qui autorisent le sacrifice d'un membre se rangent :
1° Les contusions au quatrième degré d’une certaine étendue, ou qui atteignent tout un membre ou segment de membre ;
2° Les plaies contuses accompagnées de délabrements excessifs des parties molles et des os, ou des parties molles seulement (peau, tissu cellulaire, muscles). Dans cette catégorie se rangent les lésions produites par les gros projectiles de guerre (obus, bombes, corps étrangers mus par une grande force, etc., etc.) ;
3° Les fractures compliquées, lorsque les dégâts osseux sont considérables (comminution des os avec ou sans pénétration dans une cavité articulaire du foyer de la fracture, avec ou sans déplacements articulaires). La chirurgie moderne a restreint beaucoup les indications de l'amputation dans ces derniers cas; les méthodes conservatrices tendent à prévaloir aujourd'hui, et on peut avancer qu’à moins de lésions étendues des parties molles, d’attrition considérable des os, de lésions concomitantes des gros vaisseaux et des troncs nerveux des membres, la conservation est de règle;
4° Les destructions étendues et profondes causées par la brCilure (brûlures au quatrième degré et au cinquième degré) ;
5“ Les luxations compliquées de plaies. A ce sujet il faut encore faire remarquer que l'amputation ne sera pratiquée que très exceptionnellement, s’il existe des co'incidences fâcheuses, telles que des traumatismes vasculaires et nerveux importants; l’irréductibilité indiquerait tout au plus la résection de l’articulation déplacée. 11 ne faut point perdre de vue, du reste, que si parfois l’état des parties parle assez éloquemment de lui-même pour qu’il ne puisse rester aucun doute dans l’esprit au sujet de la détermination à adopter, très souvent une expérience consommée, un tact chirurgical parfait ne sont pas de trop pour décider en dernier ressort.
Les amputations pathologiques sont indiquées lorsqu’une affection a causé des dégâts au-dessus des ressources de la nature, ou bien lorsqu’elle est absolument incurable et met directement en péril, par sa seule existence, les jours du malade. Dans cette catégorie se rangent :
1“ Les diverses gangrènes, lorsqu’elles sont étendues en surface ou en profondeur ;
2® Les destructions étendues causées par certaines inflammations graves, destruction de la peau dans les phlegmons diffus, ostéopériostites, ostéomyélites, compliquées de suppurations articulaires, pourriture d'hôpital, etc. ;
3° Certains anévrismes qui ont déterminé des lésions osseuses ou articulaires étendues;
4" Les suppurations articulaires chroniques, avec dégâts considérables, surtout chez les adultes ou les individus avancés en âge ;
5 Certains ulcères des membres inférieurs, qui ont rongé de vastes étendues de peau (notamment lorsque ces destructions sont circulaires);
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6° Les tumeurs diverses dont le point de départ est connu, ou dont les connexions rendent l’extirpation impossible (cancers, sarcomes, enchondronies, etc.);
7° Enfin nous mentionnerons sans les recommander ou les désapprouver absolument les amputations de complaisance (doigts surnuméraires, situation vicieuse de certains membres, cicatrices douloureuses et très gênantes, etc., etc.).
Ici encore la sagacité lapins parfaite, l’expérience a plus accomplie sont souvent indispensables pour (écider de l’opportunité des amputations, et apprécier vec exactitude les limites des ressources de la naure.
Différentes méthodes d’amputations — Toutes
Aujourd’hui ces méthodes sont rejetées pour ce qui concerne la pratique générale des amputations. Les avantages qu’elles pouvaient offrir en effet étaient longuement compensés par d’immenses inconvénients sur lesquels il serait trop long d’insister.
Aujourd’hui, et pour longtemps encore, le couteau mérite la préférence, sauf des cas bien exceptionnels. Il agit rapidement, d’une façon précise, donne une plaie nette bien disposée pour la réunion par première intention, et qui ne favorise pas plus que les autres l’introduction dans l’économie des ferments pathologiques. La division des os se pratique avec les diverses scies usitées en chirurgie. La scie à amputation ordinaire est d’un maniement très
tig. "1 Amputation de la cuisse. — Positions du chirurgien et des aides.
les méthodes dont on se sert en chirurgie pour diviser les tissus (méthodes de diérèse), ont été tour à tour proposées, prônées même souvent, par quelques chirurgiens. Au moyen âge. la crainte de 1 hémorragie, qui si longtemps arrêta les mains des chirurgiens, avait fait adopter la section des chairs au moyen de couteaux rougis au feu. Après 1 admirable invention d Ambroise Paré, une pareille crainte devenant sans objet, la section sanglante au moyer des instruments tranchants fût seule et longb mps pratiquée.
A une époque voisine de la nôtre, des chirurgiens parmi lesquels nous citerons principalement Maisonneuve, Girouard, Chassaignac, dans le but d’éviter toute perte de sang aux malades ou d’obtenir des plaies absolument aseptiques, proposèrent à nouveau les méthodes de diérèses, dites oblitérantes (cautérisations potentielles, écrasement linéaire, section par Vanse galvanique, le thermocautère, etc.).
facile, pour peu que l’on ait un peu d’habitude.
Suivant 1 époque de la maladie à laquelle l’opération est pratiquée, on divise les amputations en primitives, intermédiaires, secondaires et tardives.
L’amputation primitive est celle qu’on pratique dans les heures qui suivent l’accident qui a rendu l’opération inévitable. On doit attendre que le blessé se soit relevé de l’état de collapsus qui accompagne souvent les traumatismes graves, sans attendre toutefois que les accidents fébriles aient éclaté. Cette période comprend approximativement les trente-six heures qui suivent l’accident.
On donne le nom d'intermédiaires à celles que quelque accident particulier, comme une gangrène étendue, une hémorragie secondaire, contraint à exécuter pendant une période fébrile. Ces opérations sont toujours d’une gravité exceptionnelle, et le chirurgien doit avoir la main forcée par les circonstances pour s’y décider.
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Les amputations pratiquées pendant la période de suppuration, après la cessation des accidents fébriles primitifs, sont dites secondaires. Cette période correspond en j^énéral de la troisième à la sixième semaine qui suit le traumatisme.
Enfin les amputations tardives sont pratiquées à
Fig. 72. — Amputation de la cuisse par la méthode circulaire (incision de la peau).
une époque plus ou moins éloignée et pour des accidents survenus tardivement, tels que suppurations interminables, séquestres multiples impossi-
Fig. 7i. — Amputation de l’index par la méthode ovalaire.
Fig. 73. — Amputation de la cuisse par la méthode circulaire (section des muscles).
blés à extraire, affaiblissement progressif des individus, qui deviennent inaptes à fournir les matériaux suffisants pour la réparation de grandes pertes de substance, etc.
Suivant la forme que l'on donne à l’incision des parties molles, les amputations sont divisées en
deux grandes catégories
1“ Les amputations circulaires ou dérivées de la circulaire, telles que les ovalaires, obliques, elliptiques; — 2° Les amputations à lambeaux.
Méthode circulaire. — La peau divisée circulairement ainsi que les tissus qui lui sont sous-jacents, jusqu'à l’aponévrose d’enveloppe exclusivement, est disséquée et relevée en manchette. Les muscles sont coupés ensuite, de façon à ce que les muscles profonds, adhérents à l’os, ne soient entamés par le couteau qu’après la rétractation des muscles superficiels, et cela au niveau du point où ces derniers se sont réti’actés. Les muscles profonds divisés, je juge encore utile, comme le conseille Malgaigne, de détacher avec la pointe du couteau les fibres immédiatement adhérentes à l'os. Le périoste est ensuite incisé et l’os scié.
Méthode ovalaire. — Cette méthode n’est point applicable d’une façon générale à l'amputation des segments de membres un peu volumineux. On la réserve pour l’amputation des doigts, pour la désarticulation des phalanges et notamment des articulations métacarpo-phalangiennes ou métatarso-phalangiennes.
Méthodes à lambeaux. —
Elles sont caractérisées par la formation de lambeaux qui comprennent non seulement la peau, mais tous les tissus, muscles, tissu cellulaire, vaisseaux, etc.,, intermédiaires à cette membrane et au squelette.
Les lambeaux sont de hauteur et de’ largeur variables, suivant le diamètre du membre et aussi le choix que l’on fait du procédé, de la méthode {deux lambeaux, grand lambeau iniique, grand lambeau et petit lambeau opposé id ayant que le quart de ta longueur du lambeau principal). La longueur sera calculée, dans le procédé à un lambeau, de façon à égaler celle du diamètre du membre au point de section. Dans le procédé à deux lambeaux égaux , la longueur de chacun d’eux sera au moins celle d’un rayon.
Les lambeaux taillés et relevés, les muscles qui n’ont point servi à leur confection sont tranchés circulairement au niveau du point où l’os sera sectionné, suivant le mode que nous avons indiqué pour l’amputation circulaire.
Je ne juge pas utile d’entrer dans le détail des procédés de la méthode elliptique. Elle n’est appliquée qu’à un petit nombre d’amputations (poignet, sus-malléolaire , métacarpo-phalangienne du pouce et du gros orteil), et les préceptes sur lesquels nous venons de nous étendre lui sont en tout point applicables.
Quelle que soit la méthode employée pour l’opéra-
Dictionnaihe populaire de Médecine usuelle.
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lion, une fois le membre amputé, le chirurgien lie avec soin l'artère principale, puis les artères collatérales du membre (V. igature)-, il attend quelques instants pour bien s’assurer que des hémorrhagies secondaires ne sont pas à redouter, puis il procède du pansement définitif de la plaie qui variera selon qu'il voudra obtenir, soit la réunion immédiaie ou
. Fig 75 — Amputation de la jambe par la méthode à un lambeau (formation du lambeau externe) .
par 'première intention, soit la réunion médiate ou parA''CO?t/e intention. (V. Plaie, pansnment.)
Soins et précautions avant, pendant et après les amputations. — Lorsqu’une amputation est décidée, il faut prendre aussitôt certaines mesures importantes. A moins d'indications urgentes, elle sera pratiquée le matin. On fera choix d’une pièce bien éclairée, chauffée en hiver de façon à ce que la température y soit de 18" à 22" centigrades. On disposera au milieu dii la pièce, vis-à-vis d’une fenêtre bien éclairée, un lit assez étroit et assez élevé pour que l’opérateur et les aides n’éprouvent aucune gène. Une table un peu longue, une commode recouverte d’un matelas, sont très propres à cet usage.
Sur un meuble portatif, et à proximité du lit, seront étalés les instruments dans l’ordre où ils doivent servir. Ce sont : l’appareil à anesthésie, des couteaux, des bistouris, de longueur et de force en rapport avec l’opération, une ou plusieurs scies, des pinces à hrcipressur‘‘, une compresse fendue à deux ou trois chefs pour retrousser et protéger les chairs pendant la section des os, des fils à ligature (soie phéniquée, catgut), une pince incisive, des ciseaux, des éponges fines bien lavées à l’eau phéniquée en nombre suffisant, des cuvettes, des vases contenant de l’eau chaude, de l’eau froide, un seau pour recueillir les eaux sales; enfin, les objets de pansement, charpie, ouate, diachylon, compresses, ban-
des , etc. Eau phéniquée, alcool , alcool camphré, cérat, etc., suivant la méthode à laquelle on aura donné la préférence.
On aura soin de nettoyer la partie du membre sur laquelle on doit pratiquer l'opération ; on la lavera avec soin et on la rasera dans une assez grande étendue s'il y a des poils. La portion du membre qui doit être amputé sera enveloppée avec des compresses recouvertes d’un bandage peu serré, autant pour la soustraire à la vue de l'opéré que pour être plus facilement et plus sûrement tenue par l’aide qui en sera chargé.
Les aides, en nombre suffisant, intelligents et adroits, auront chacun leurs attributions. Le premier administre le chloroforme pour anesthésier le patient, tandis que le second surveille attentivement le pouls et la respiration. Un troisième est chargé de comprimer l’artère. Placé près de la rainure du membre, il cherche l'artère, et lorsqu’il l’a trouvée, il la comprime avec ses doigts assez fortement pour ne plus laisser une goutte de sang, et en évitant tout mouvement qui pourrait faire glisser ses doigts à côté du vaisseau. Un quatrième aide soutient et embrasse le membre au-dessous du point où se fait la compression et au-dessus de la partie qui doit être enlevée. C’est lui qui pendant l’opération doit relever les lambeaux. Un cinquième sou-
Fig. 76. — Amputation de la jambe par la méthode h lambeau (section circulaire des chairs, le lambeau externe déjà formé étant relevé par un aide).
tient et embrasse la partie qui doit être enlevée. 11 doit avoir soin d’exercer sur elle une traction légère mais continue dans la direction de l’axe du membre sans jamais l’élever ni l’abaisser, principalement au moment où le chirurgien sciera l’os. Car, dans le premier cas, il entraverait les mouvements de la scie au point de les rendre impossibles, et, dans le
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second, l'os éclaterait en laissant une saillie esqullleuse qu'il faudrait réséquer avec soin au moyen de tenailles incisives : ce qui compliquerait inutilement l’opération. Un autre aide est spécialement chargé de passer les instruments au fur et à mesure qu'ils deviennent nécessaires. 11 doit toujours en présenter le manche, en tenant le dos du couteau tourné du coté de la pomme de la main et le
tranchant en bas, pour éviter d’être blessé. Enfin d’autres aides s’emparent des diverses parties du corps du patient dont les mouvements pourraient gêner l’opération.
Pendant l’opération, toute personne inutile ou susceptible de se trouver mal, ne doit pas rester dans la chambre.
Après l’opération et le pansement, on fait prendre
au malade quelques cuillerées de bouillon ou du vin sucré pour relever ses forces, puis on le transporte dans un lit convenablement chauffé et préparé. Pour cela, un aide, vigoureux et fort, le prend du côté sain, par dessous les épaules d’une main et par dessous les jarrets de l’autre, de manière à ne lui imprimer aucune secousse, aucun ébranlement, et le dépose dans le lit, sur le dos, la tête modérément élevée, en ayant soin de maintenir le membre opéré à demi fléchi, de manière à ce que tous les muscles soient dans le relâchement. Le moignon est placé sur un coussin de baie d’avoine recouvert d’une alèze pliée en plusieurs doubles, ou dans une sorte de hamac qui a l’avantage de permettre les mou-
vements du reste du corps. 11 arrive parfois que le moignon est tourmenté de soubresauts, de tremblements convulsifs, contre lesquels il faut se tenir en garde. Le plus souvent, une bride en linge, fixée par ses extrémités au bord du coussin ou du matelas, après avoir croisé la partie, suffit pour les arrêter ; dans certains cas, un aide est forcé de les modérer, en comprimant assez fortement avec la main la racine du moignon. 11 est indispensable de placer au dessus du membre opéré un cerceau, en bois ou fer, destiné à soutenir les couvertures et à les empêcher de porter directement sur le moignon.
Cela fait, on laisse le malade tranquille, on évite de lui parler et de le laisser parler, et on place auprès de lui un aide pour surveiller les suites de l’opération.
Plusieurs amputés croient éprouver des douleurs dans la partie du membre qui a été enlevée. Ces douleurs tout à fait nerveuses ou imaginaires n’ont rien qui doive les inquiéter.
Quant au régime de l’amputé et aux accidents consécutifs de l’amputation, hémorrhuyie, inflammation, Jièvre traumatique, gangrène, érysipèle, phlébite , ostéomyélite, injection purulente, tétanos et pourriture d'hôpital, voyez ces mots. (Voyez aussi : Anesthésie, ligature, membres artificiels, pansements , plaies. Prothèse, Régime). D*' A. -H. Maüchand.
AMULETTES. — Nom donné à tout objet, image, figure, ou écrit quelconque que les gens superstitieux portent sur eux, dans le but soit de prévenir ou de guérir certaines maladies, soit d’éviter quelque autre malheur. Aussi ancien que le monde, l’usage des amulettes en a f^ait le tour, et aujourd’hui ce n’est pas seulement chez les sauvages qu’il s’est conservé, il règne encore dans une grande partie de notre France, pays de Voltaire et de Diderot!
On ferait un volume rien qu’avec l’énumération des innombrables amulettes de toutes sortes qui ont été tour à tour prônées et recherchées. A titre de simple curiosité voici — sans parler de reliques — quelques-unes des amulettes en honneur jadis et — hélas ! — encore aujourd’hui.
L’émeraude portée au doigt ou suspendue au cou préserve de l’épilepsie ; la matière fécale de l’éléphant, mélangée au miel et introduite dans le vagin d’une femme, empêche celle-ci de concevoir; le cœur d’un crapaud mis sous la mamelle d’une femme fait revenir le lait perdu; un crapaud desséché placé sous l’aisselle arrête les saignements de nez ; une dent d’un chien enragé portée attachée dans un morceau de cuir préserve de la rage; l’excrément de loup porté dans sa poche préserve des coliques ; la racine d’asperge appliquée sur une dent malade la rend insensible et permet de l’arracher sans douleur; un collier de liège autour du cou des chiens ou des chats leur fait pas-
Fig. 77. — Amputation de la jambe par la méthode à deux lambeaux (incision circulaire et formation du premier lambeau).
Fig. 78. — .\mi)utation de la jambe par la méthode à deux lambeau: (formation du second lambeau).
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ser le lait ; un sachet de safran suspendu sur l’estomac préserve du mal de mer; dans le Finistère, lorsqu’on va faire baptiser un nouveau-né, on lui met un petit morceau de pain noir pour éloigner de lui les maladies ; l’enfant né coiffé auquel il ne faut pas enlever la fameuse coiffe qui n’est autre que Yamnios ; les dents de loup, de chien, du renard, avec lesquelles on fait encore des colliers pour aider à la pousse des dents des jeunes enfants, etc., etc. Enfin, et ceci est le bouquet, à Paris, à Paris même, au centre du foyer des lumières et de la civilisation, au sein même de l’Institut, un membre de cette illustre compagnie, M. A. D., de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, frère d’un de nos plus jélèbres auteurs dramatiques et lui-même littérateur très distingué, n’a-t-il pas affirmé s’ètre guéri d'hémorrhoïdes opiniâtres et excessivement douloureuses en portant simplement cinq marrons d’Inde dans sa poche! (Voir le Dictionnaire des sciences médicales, t. XX, p. 632)!!!
En vérité, dirons-nous avec notre savant ami le B’ Chéreau, de l’Académie de médecine, on est profondément surpris devant ce cortège sans fin d’absurdités, de délirantes extravagances, et de folies de toutes sortes. Mais, lorsqu’on songe que cela a été reconnu, prôné, défendu par des rois, par des princes, par de grands prélats, et, ce qui mieux est, par des hommes que leurs travaux, leur savoir et leur autorité, nous ont appris à respecter, la surprise fait place à la stupéfaction, et l’on se demande ce qu’est en réalité cet être à deux jambes qui a la prétention de régner sur l’univers entier et de soumettre à sa tyrannique autorité des êtres assurément moins parfaits que lui, sous le rapport de l’intelligence, mais que leur raison, comme passive, affranchit au moins de ces monstruosités ! D'- Paul Labarthe.
AMYGDALE. — Nom donné par les anatomistes à deux corps glandulaires, placés au fond de la gorge, sur les côtés de l’isthme du gosier, dans la fossette limitée par les piliers antérieur et postérieur du voile du palais. Leur forme ovoïde un peu aplatie de dedans en dehors et leur volume rappellent ceux d’une amande, de là leur nom d’amygdales. Leur surface libre présente une douzaine d’orifices qui s’ouvrent dans des petites cavités qui sécrètent un produit particulier, rappelant par son aspect et sa consistance le fromage blanc. Ce produit a une odeur désagréable chez les personnes atteintes d’engorgement chronique des amygdales et c’est à lui qu’est due chez elles la fétidité de l'haleine.
On trouve aussi dans l’épaisseur des amygdales, et autour des cavités dont nous venons de parler, des petites glandes folliculaires qui sécrètent un noucus visqueux et transparent destiné à favoriser la déglutition du bol alimentaire en lubrifiant le passage de la bouche dans le pharynx.
A l’état normal, les amygdales ne sont pas visibles au fond de la gorge. Lorsqu’elles sont engorgées ou hypertrophiées, elles forment deux saillies arrondies qui s’avancent l’une vers l’autre et peuvent, dans certains cas, se rejoindre et intercepter ainsi l’ouverture de l’isthme du gosier. (V. Amygdalite et Amygdalotomie.) c paul Labarthe.
AMYGDALITE. — On donne ce nom à l’inflammation des amygdales, inflammation qui peut être superficielle ou profonde et se terminer, soit par résolution, soit par suppuration, soit par induration.
Les causes de l’amygdalite, quelle qu’en soit la forme, peuvent être divisées en causes prédisposantes et en causes déterminantes. Parmi les causes prédisposantes, il est juste de signaler en première ligne l’âge des sujets. 11 est en effet extrêmement rare de trouver des amygdalites avant l’âge de seize à dix-huit ans, et après l'âge de quarante ans. Il est bien entendu que nous ne parlons pas ici des amygdalites, que nous appellerons toxiques, et qui se développent au début ou pendant le cours de fièvres éruptives, rougeole, variole et souvent scarlatine.
L’hypertrophie chronique des amygdales, une première atteinte d’amygdalite est encore une cause prédisposante dont on ne saurait nier l’influence. Enfin nous devons encore signaler comme causes prédisposantes le tempérament lymphatique des sujets, les diathèses arthritiques et herpétiques, et les écarts de régime.
Parmi les causes déterminantes, nous passerons sous silence les épidémies d'amygdalites pour signaler les deux causes principales, les variations brusques de température (chaud et froid), et l’irritation directe des amygdales, soit par un corps étranger (arête de poisson, fragment d’os, etc.), soit par une manœuvre opératoire, soit même par des vapeurs ou des poussières irritantes.
11 n’est pas rare non plus de voir l’amygdalite être causée par la rétention, dans une des cryptes de l’amygdale du produit de la glande, qui agit alors dans ce cas comme le ferait un corps étranger.
Les symptômes de l’amygdalite varient un peu selon que l’on a à faire à une inflammation superficielle, ou à une inflammation profonde, qui dans ce cas se termine toujours par suppuration.
Les symptômes qui caractérisent le début de l’affection sont un malaise général, qui s’accompagne souvent de douleurs de tète, d’une soif plus ou moins vive occasionnée par une sécheresse, une ardeur très violente du fond de la gorge. La peau devient sèche et le plus souvent un frisson assez violent suivi de vomissements indique un accès de fièvre caractérisé par une élévation très sensible de la température (39-’-40”), et par l’apparition, dès le deuxième jour, de poussées d’herpès labial ou du voile du palais. La gêne de la déglutition qui est apparue dès le début ne fait qu’augmenter en raison de l’accumulation dans la gorge et dans la bouche de mucosités visqueuses et gluantes; à mesure que la tuméfaction de l’amygdale augmente, la respiration devient de plus en plus gênée, la voix prend un timbre particulier, nasonné, qui est tellement caractéristique, qu’il nous est arrivé bien souvent de diagnostiquer une amygdalite en entendant simplement le malade répondre à notre première question.
Tels sont les symptômes généraux de l’affection qui nous occupe, symptômes qui s’accentuent avec la gravité même de l’amygdalite.
Les symptômes locaux ne sont pas moins caractéristiques. Si on examine la gorge, examen rendu toujours très difficile par la difficulté et même par
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