‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privéeChapitre 31 sur 238 · AM Y · texte numérisé non relu

AM Y

l'impossibilité où selrouvclcmalaclecrécarterles mà- 1 choircs, on remarque d'abord une tuméfaction plus I ou moins considérable de l une des amygdales. Il ' est en effet extrêmement rare que les deux tonsilles soient prises en même temps. Au début 1 amygdale se présente sous forme de tumeur rouge, arrondie, luisante, sèche. Bientôt, on la trouve recouverte de 1 mucosités visqueuses, et si on est en présence d’une inflammation superficielle, on ne tarde pas à voir sur la surface un exsudât blanchâtre, peu adhérent, qui peut faire croire au médecin peu exercé qu'il se trouve en présence d'une angine couen- . neuse. Cet exsudât n’est composé que de mucus, de débris d’épithélium et de quelques globules de pus.

I II s’enlève avec la plus grande facilité, soit avec un j gargarisme, soit avec un pinceau.

Dès le troisième jour, il se forme sur la surface de ; l’amygdale une série de petites excoriations, d’ulcé- I rations quelquefois, qui ne disparaissent qu’après ( sept ou huit jours, à mesure que l’inflammation I rétrocède.

i Si, au contraire, on est en présence d’une inflam- ' mation profonde ou parenchymateuse, pendant les I six premiers jours, la tuméfaction de l’amygdale ne fait qu'augmenter, elle conserve sa couleur rouge I vineuse, le voile du palais lui-même, la luette s’in- ! filtrent, tout l'isthme du gosier se trouve bouché par la tumeur qui est luisante, tendue, recouverte de I mucosités gluantes.

Dès les premiers jours, si on porte le doigt sur i elle, on lui trouve une consistance comme cartilagineuse; petit à petit, elle se ramollit et enfin, vers le septième jour, on peut, dans beaucoup de cas,

I percevoir la fluctuation, signe que le pus s’est formé et collecté. D'ailleurs, cette formation du pus s’accompagne toujours de frissons et de battements dans la région, battements que le malade ne néglige jamais de signaler à son médecin.

, Dans cette forme de l’amygdale, les ganglions du j cou sont presque toujours tuméfiés ; dans tous les I cas, en portant le doigt deî’rière l'angle de la mâchoire, on trouve toute la région engorgée, dure et I douloureuse.

I Dans les deux formes d’amygdalites l’haleine du I malade prend un caractère de fétidité particulier, dù très probablement à la fermentation du mucus I sécrété par l'amygdale.

L’amygdalite, qu’elle qu’en soit la forme, se termine toujours en l’espace de huit à quinze jours. Si elle est superficielle, au bout de huit jours, le malade peut reprendre ses occupations. Si elle est pro- I fonde, elle ne se termine que par l’ouverture de l'abcès, et ce n’est que vers le septième jour que le pus se trouve être réuni en foyer. Il est alors indiqué de lui donner issue, car, on a cité des cas, ou ce pus a fusé dans la poitrine ou s’est fait jour à l’extérieur au niveau de l’angle de la mâchoire.

Malgré les quelques cas de terminaison fâcheuse, cette affection peut être regardée comme bénigne. La seule gravité consiste en ceci, que après une première atteinte, on est exposé à en voir survenir d’autres presque périodiquement, atteintes qui vous laissent toujours affaibli.

Le diagnostic même de l’affection est facile à établir, elle rte pourrait être confondue qu'avec l'hyper-

trophie chronique des amygdales ou avec l’angine couenneuse ou diphthérie. Ce sont surtout les symptômes généraux, la tuméfaction considérable des ganglions du cou, l’épaisseur et l'adhérence des fausses membranes dans le cas de diphthérie, qui permettent de différencier les deux maladies.

Est-il possible au début de l'affection d’enrayer le mal? Oui, sans contredit. Les médecins anglais préconisent et regardent comme un spécifique le ga'iac, pris sous forme de pastilles (une pastille contenant 20 centigrammes de résine, prise toutes les deux heures). N'ayant jamais employé ce médicament, je me contente de le signaler.

Pour moi, il m’est arrivé bien souvent d’enrayer l’amygdalite au début en appliquant sur la région amygdalienne du cou, de trois à siîÿ sangsues.

Malheureusement, on n’est guère appelé que vers le trois ou quatrième jour de la maladie. Dans ce cas, si on est en présence d’une amygdalite superficielle, on se trouvera bien d'insuflations d’alun, de poudre de nitrate d'argent, de pastilles au chlorate de potasse {Pasti les de Uethan, Pastilles de Palangié, etc.) et de gargarismes émollients, très fréquemment répétés. Nous conseillons le suivant :

Décodé de guimauve et de pavôt . . . fiOO grammes

Chlorhydrate de morphine 0,10 centig.

Le malade devra garder la chambre, se nourrir le mieux que cela lui sera possible, prendre des bains de pieds sinapisés, appliquer des sinapismes aux jambes et aux cuisses.

Si l’amygdalite est profonde, et menace de se terminer par suppuration, on doit favoriser la formation du pus en appliquant sur le cou des cataplasmes arrosés de laudanum, des compresses trempées dans de l’eau de sureau.

Si les douleurs sont très vives et que l’écartement des mâchoires le permette, on soulagera beaucoup le malade en faisant dans le parenchyme de l’amygdale une injection de 2 centigrammes de chlorydrate de morphine. Celte injection peut encore être faite dans la région du cou. Aussitôt qu’on le pourra, on devra donner issue au pus en se servant du bistouri, sans oublier que l’artère carotide est là, et en portant le tranchant de l’instrument en haut et en dedans. Quelquefois les efforts occasionnés par un vomitif suffisent pour rompre l’abcès. D' G. Poyet,

Ancien interne des hôpitaux de Paris, Professeur de Laryngologie et Rhynoscopie.

AMYGDALOTOME. — Nom donné à un instrument de chirurgie spécial destiné à sectionner les amygdales, inventé par le D" Fahnestock, chirurgien américain. Dès que cet instrument fut connu en France, tous les chirurgiens s’empressèrent de le modifier et cherchèrent à le rendre plus pratique. Qu’il nous suffise de dire que 'Velpeau, Chassaignac, Maisonneuve, Robert et Collin, Charrière, Mathieu trouvèrent tour à tour des modifications importantes. Mathieu entre autres, fut le premier à construire un amygdalotome pouvant se manier d’une seule main. C’est à son instrument que nous donnons la préférence ; il se compose de quatre pièces distinctes :

1° La guillotine ou couteau en forme d’anneau ovalaire, terminant une tige à l’autre extrémité de

AMY

AMY

il8

laquelle se trouvent deux anneaux pour engager le médius et l’index ;

2° La fourchette terminée à son autre extrémité par un anneau où s’engage le pouce;

3° Deux tiges protectrices de la guillotine pour permettre l’introduction sans aucun danger. Sur l’une de ces pièces se trouve une coulisse qui permet de faire glisser la fourchette pour embrocher l’amygdale. Sur cette pièce se trouve en outre une

Fig. 79. — Amygdolotome à une seule main.

rainure dans laquelle glisse une tige métallique qui donne à la fourchette un mouvement d’élévation. Toutes les pièces étant réunies par une vis, l’instrument présente l’aspect représenté par la figure.

Page 1