‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privéeChapitre 35 sur 238 · AN · texte numérisé non relu

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plus lourde, et ses bords sont à pic et non pas taillés en biseau; sa cassure est grise; elle est inodore, et son amertume est plus grande et plus persistante, quoique sans àcreté. Sa poudre est d’un blanc jaunâtre. Enfin une goutte d’acide azotique versée sur sa face interne détermine une tache rouge vif, ce qui n’a pas lieu pour la vraie. (V. Strychnine et Brucine.) Alfred Chardon, Ph''“.

ANHÉLATION. — Nom donné à la respiration courte et précipitée, accompagnée d’un mouvement très prononcé des parois de la poitrine, comme l’est par exemple celle de quelqu’un qui vient de courir rapidement, ou celle des asthmatiques pendant l’accès. P- L.

ANHYDRE. — Qualificatif donné en chimie aux sels qui ne renferment pas la plus petite quantité d’eau de cristallisation. P. l.

ANIDE. — On appelle ainsi un groupe de monstres qui comprend les formes les plus dégradées des monstruosités humaines. Voici comrhent les

Monstre anide.— A. Cordon ombilical. — B. Rudiments d’oreille.

(Dessin du professeur Depaul).

décrit le professeur agrégé Lancereaux, dans son Traité d'anatomie pathologique : « Les monstres anides sont des masses plus ou moins globuleuses, recouvertes d’une peau bien conformée, avec des glandes ou même des poils ; ces masses sont constituées par un tissu cellulo-adipeux, des poches contenant un liquide séreux , des fragments d’os ou des rudiments de colonne vertébrale et des branches vasculaires aboutissant à un cordon ombilical composé d’une artère et d’une veine. Le corps des monstres n’est parfois qu’une bourse cutanée dont on aurait peine à déterminer la nature sans le cordon ombilical à l’extrémité duquel cetie masse est suspendue. » P. l.

ANILINE (OUVRIERS employés a la fabrication de L’.). — Hygiène professionnelle. — L’aniline est un produit chimique dérivé de la nitrobenzine, que l’on obtient en distillant celle-ci avec du fer et de l’acide acétique. L’aniline sert dans l’industrie à la préparation de nombreuses substances tinctoriales et colorantes (fuschine, violet et bleu de Lyon, rouge Magenta, rouge Solférino, etc.) employées aujourd’hui sur une grande échelle pour teindre les soies et autres tissus, et pour colorer une foule d’objets (savons, encres, pains à cacheter, bonbons, liqueurs, vinaigres, ivoire, cornes, etc.).

Les ouvriers employés à la fabrication de l’aniline sont exposés à un certain nombre d’accidents, fort bien décrits par le D' Jules Bergeron, dans un savant mémoire lu à l’Académie de médecine en 1865. Nous ne saurions mieux faire que d’en reproduire la partie essentielle.

« Les ouvriers qui débutent dans la fabrication de la nitrobenzine et de l’aniline accusent, dès le premier ou le deuxième jour, une céphalalgie orbitaire gravative compliquée parfois de nausées et de vomissements. Cet état de malaise, si pénible pour quelques-uns qu’ils abandonnent la fabrique, se dissipe, en général, après une ou deux semaines d’apprentissage, pour ne plus se reproduire qu’accidentellement, soit à l’occasion d’un travail forcé, soit pendant les chaleurs de l'été. La plupart éprouvent aussi pendant leur noviciat des vertiges qui disparaissent facilement au grand air. Dans d'autres cas, aux vertiges succède la perte de connaissance, qui cède plus ou moins promptement à l’action de l’air frais et laisse quelquefois une sorte d’hébétude, laquelle se dissipe par degrés et laisse une grande pesanteur de tète. D’autres fois, l’ouvrier est pris d’un sentiment de torpeur, sa face se congestionne, il vacille, chancelle et tombe, comme un homme ivre, dans un état semi-comateux ; ses yeux sont entr’ouverts ; il bégaye quelques paroles incohérentes et fait à peine quelques mouvements automatiques; la respiration est pénible, irrégulière. Au bout d’une heure et quelquefois plus, l’intelligence se réveille, l’individu sort do cette crise, conservant seulement un sentiment de fatigue générale avec un irrésistible besoin de sommeil. Chez d’autres, il survient de véritables convulsions épileptiformes des membres, des spasmes tétaniques de la région cervicale postérieure, alternant avec des accès de délire et un tremblement général. Les mouvements respiratoires sont irréguliers, la peau est froide, insensible, le visage pâlit ; les lèvres, la langue, les extrémités prennent une teinte bleuâtre ; les pupilles sont dilatées ; les battements de cœur fréquents, et surtout d'une violence extrême, se ralentissent et deviennent irréguliers ; cet état alarmant peut durer plus d’une heure, et l’ouvi ier en sort brisé de fatigue et avec de violentes douleurs de tête. Mais, à la longue, il finit par s’établir chez les ouvriers en contact habituel avec les vapeurs d’aniline une véritable chloro-anémie, avec diminution de globules et augmentation des leucocylhes. Il y a le plus souvent de l’embarras gastro-intestinal avec un état habituel de constipation. 11 s'y ajoute un certain degré d'insensibilité aux membres supérieurs et de langueur des fonctions génitales. »

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On conçoit, en présence de pareils accidents, combien il est indispensable que des précautions sérieuses soient prises par les fabricants et par leurs ouvriers.

Les industriels auront soin de toujours pratiquer une ventilation énergique des ateliers, qui ne seront jamais clos, afin d’entraîner rapidement au dehors les vapeurs nuisibles. De plus, comme les fabriques d'aniline sont très exposées aux incendies, ils auront toujours en réserve une grande quantité de sable, celui-ci étant de beaucoup supérieur à l’eau pour éteindre le feu produit par la combustion des substances maniées.

Quant aux ouvriers, avant d’entrer dans les ateliers, ils mettront devant leur bouche et leurs narines une compresse ou mieux une petite éponge imbibée d’une légère solution alcaline, afin que l’air, en la traversant avant d’étre respiré, se dépouille de l'acide dont il est chargé. Aussitôt qu’un des accidents énumérés plus haut se produira, l’ouvrier atteint devra quitter l’atelier pendant quelques jours, faire usage d’alcool et respirer plusieurs fois par jour des vapeurs d’ammoniaque. Si, à son retour à l'usine, les accidents se renouvellent, il fera bien de l'abandonner et de changer de métier.

Les fabriques d’aniline sont rangées dans la "première classe des établissements insalubres et dangereux. Les enfants ne peuvent pas y être admis.

D"' Paul Labarthe.

ANIMISME. — Nom donné à une doctrine médicale qui fait dépendre de « l’âme » le jeu de tous les organes, dans l’état de santé aussi bien que dans les maladies. L’inventeur est un certain Stahl, médecin allemand, né à Anspach en 1660, professeur à léna, puis surtout à Halle, enfin, appelé près du roi Frédérick-Guillaume D' à Berlin, où il mourut en 1734. Voici l’exposé, nécessairement succinct, d’un système important à connaître, en raison de l’influence détestable autant que retentissante qu’il a eue sur le développement du vitalisme, de l’homéopathie et autres doctrines mystiques encore en vogue aujourd’hui.

Pour Stahl et pour les « animistes » le corps est un mélange de matières inertes et corruptibles; il ne se conserve que grâce aux efforts de l’âme, sentinelle vigilante qui intervient continuellement pour empêcher sa décomposition. C’est bien de l’âme proprement dite, au sens métaphysi({ue du mot, qu’il est question ici : c’est l’ànie de Platon, de Descartes et des théologiens, qui veille à tout et pré.side aux actes de la volonté comme à l’accomplissement des besoins les plus humbles ; installée dans le corps qu’elle a construit, elle en dirige les fonctions.

Elle a pour agent intermédiaire le mouvement, celui de la circulation d’abord, puis un autre, plus génital, le motus Umico-vitalis, qui se surajoute au précédent. Ainsi, dans l’organe corps, Vâme entretient la vie par le mouvement. D’où il suit que la principale cause des maladies, c’est l’immobilité, et par conséquent la pléthore, la stase du sang, qui facilite la corruption. La fièvre est un acte bienfaisant, une réaction de l’âme qui entreprend de purger le corps des matières nuisibles. Il faut donc se borner à l’expectative et supprimer la thérapeutique,

même dans le cas de fièvre intermittente, qu’on doit bien se garder de traiter par le quinquina. La pratique est à la hauteur de la théorie.

On a prétendu que la doctrine de l’animisme avait sa source dans les archées de Van Helmont. Je ne parle pas d’Hippocrate, que des gens intéressés ou mal informés ont voulu, sans raison, compromettre dans cette affaire. En réalité Stahl, comme Hoffmann, son adversaire, a puisé son système dans Descartes, ce génie étonnant, mais si fertile en contradictions, qui renferme à la fois l’absurde et le sublime, Malebranche et Spinoza. De la même façon, l’auteur du Discours de la Méthode, se dédouble au point de vue de la bio’ogie, enfantant Hoffmann et Stahl. Le premier, apr(!S avoir invoqué l’âme, la cause première, le priMiiier moteur, etc., pour donner l’impulsion iniiiah', laisse tout cela de côté et s’attache à expliquer la vie, comme Descartes, par les seules forces de la mécanique. Le second, ayant lu très certainement le Traité des Passions et observé les allures de l’âme qui se livre à tant d’évolutions étonnantes dans cette petite glande pinéale où le maître l’a logée, le second, dis-je, n’a trouvé rien de plus facile que de la tirer de là pour la disséminer partout et la faire présider à toutes les fonctions.

Et avec tout cela, Stahl, piétiste, c’e.'it-à-dire chrétien fanatique, Stahl, fondateur d’une doctrine aussi quintessenciée, a été accusé d’athé'ismepar Hoffmann et de matérialisme par Leibnitz. C’était vraiment jouer de malheur! On lui reprochait de compromettre le principe immatériel et « divin « dans des fonctions peu relevées. Car, enfin, on a beau dire qu’il n’y a pas de sot métier, tout est relatif et l’idée de « l’émanation de la divinité » présidant à l’acte de la défécation, n’était pas précisément d’accord avec les sublimes notions qu’il s’agit d’inculquer au vulgaire. D’un autre côté, Leibnitz l’accusait de matérialiser l’âme en raison de la facilité avec laquelle il la faisait agir sur le corps.

Que Stahl soit arrivé à des inconséquences et à des conclusions absurdes, c’est le cas de tous les spiritualistes qui ont essayé de faire de la physiologie. Mais le matérialisme scientifique n’a rien à voir ici : il y a un abîme entre les aberrations de l’animisme et la doctrine qui considère les éléments organisés comme ayant eux-mêmes les activités propres d’où résultent les fonctions. (V. Arne, Vitalisme.) A. Regnard.

ANIS VERT. — Nom donné à une plante annuelle, de la famille des ombellifères, principalement cultivée au centre et dans le midi de la France. Elle a une tige cylindrique, rameuse, haute de 30 à 40 centimètres, des feuilles dentées, des fleurs blanches et petites, à ombelles terminales, un fruit ovo'ide, de la dimension d’une tête d’épingle, d’un vert plus ou moins foncé, supporté par un pédicule très petit et plus long que le fruit lui-même. Il est plus arrondi à son extrémité supérieure qu’a l’extrémité opposée; il est sillonné par cinq côtes filiformes, très peu saillantes, qui convergent toutes vers son sommet. , L’odeur des fruits d’anis, agréable et très prononcée, estdue à l’huile volatile qu’ils renferment dans leur composition; leur saveur est sucrée, aromatique, un peu chaude et stimulante.

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Si l’on porte à la bouche et qu'on mâche quelques grains d’anis, ils agissent si vite sur ht muqueuse buccale qu’ils amènent aussitôt un afffux abondant de salive et répandent a leur suite une sensation de fraîcheur des plus agréables, due à l’essence qu'ils contiennent et qui se dégage par l'effet de la mastication. Dans l’estomac, ils ex' itent la muqueuse et les fibres musculaires de cet organe : dans le premier cas, ils facilitent la sécrétion du suc gastrique ainsi que les actes chimiques de la digestion; dans le second, ils déterminent des contractions péristaltiques capables d’expulser les gaz contenus dans ce viscère. Ceite action se prolonge jusqu’au moment où ils sont absorbés et portés, en essence du moins, dans l’appareil circulatoire qu’ils stimulent au point de rendre le pouls plus fort, la chaleur plus vive, l’énergie vitale plus intense. I s sont ensuite éliminés par les voies respiratoires dont ils activent l’excrétion des’ mucosités , par les mamelles dont ils augmentent la sécrétion lactée, parles urines et la sueur qu’ils modifient d’une manière insensible, en leur communiquant une odeur désagréable.

Si toutes les douleurs intestinales et les dyspepsies se rattachaient à une irritation ou à une phlegmasie du tube digestif, nul doute que les excitants spéciaux et les carrainatifs ne dussent être à peu près bannis de la thérapeutique. Mais que de cas

ng. Al 1

Anis vert.— Fruit rniir. intermédiaires où l’on est en présence de douleurs abdominales très vives qu’on ne peut attr bu' r à aucun état inflammatoire manifeste et qui ne peuvent être soulagées ou guéries que par les siimulanls L’expérience la plus vulgaire a consacré depuis longtemps cette manière de voir. Une légère infusion d’anis, d’angélique, de coriandre, etc., dissipe les flatuosités, les spasmes, les gastrodynies, les dyspepsies atoniques et flatulcntes, les coliques venteuses et spasmodiques. Les femmes hystériques, les hommes hypocondriaques, maniaques, mélancoliques, les gens de lettres, les individus tourmentés par les chagrins, affaiblis par des pertes sanguines ou par des excès retirent les meilleurs effets d’une boisson chaude et aromatique.

Que dirai-je maintenant sur la propriété qu’aurait l’anis de modifier la sécrétion lactée et de diminuer l’expectoration bronchique, si ce n’est que cette action est si peu mai'quée qu’elle a élé mise en doute par la majorité des praticiens. Les préparations d’anis les plus employées sont: la tisane, la teinture alcoolique avec laquelle on fait l’anisette de Bordeaux, l’essence, l’anis de Verdun du nom de la ville où l’on perfectionne le plus cette sorte de sucrerie. Wahc Camboulives.

ANIS ÉTOILÉ. — L’anis étoilé, ou badiane, est le fruit du badian anisé, arbre de la famille des magnoliacés, qui croît en Chine et au Japon, et dont

Fig. ii3. Fig ai

Anis étoilé. — Fruit mûr. Graine entière.

le fruit, la seule partie employée en matière médicale, a absolument la même propriété que celui de l’anis indigène et est employé aux mêmes usages.

D'' Marc Camboülives.

ANISETTE. — Nom donné à une excellente liqueur de table, stomachique et digestive, que l’on peut facilement préparer soi-même, suivant une des trois foriiiules suivantes :

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