‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privéeChapitre 37 sur 238 · AN K · texte numérisé non relu

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surtout lorsqu’il existe une affection locale, éviter de laisser prendre au membre une position vicieuse dans le cas de plaie, et lui imprimer des mouvements de bonne heure. S’il existe une luxation, imprimer des mouvements cinq ou six jours après la réduction ; si c’est une fracture, mobiliser l’articulation, aussitôt que la douleur, l’inflammation et diverses circonstances qu’on ne peut prévoir à l’a-

Fig. 97.

•Vppareil à levier pour détruire les ankylosés commençantes de l’épaule.

vance le permettront. Il est bien entendu qu’il faut excepter certaines fractures articulaires.

Lorsqu’on est en présence d’une arthrite ou d’une tumeur blanche, on doit le plus tôt possible donner au membre une bonne direction, s’il est dans une position vicieuse. Bonnet voulait qu’on eût recours au redressement immédiat, à moins d’inflammation très aiguë. Lugol redressait le membre pendant la convalescence. Malgaigne distinguait deux phases : dans la première, il recommandait l’immobilité; dans la seconde, qui coïncidait avec la diminution de l’intensité des symptômes, il recommandait d’imprimer des mouvements.

Le traitement curatif dépend de la cause et de 1 espèce d’ankylose. S’il s’agit d’une cicatrice, on la traitera par l’incision et l'immobilité. Si c’est une rétraction musculaire peu prononcée, on aura re-

cours au massage ; si elle est très accusée, à la section du muscle. (V. Ténotomie.)

Dans les cas d’ankylose incomplète tenant à la lésion des parties constituantes de l’articulation, il faut redresser l’articulation ankylosée et la mobiliser.

Le redressement de l’ankylose incomplète peut être graduel, successif ou immédiat.

Le redressement graduel peut s’obtenir avec des machines très variées ; mais il est préférable de se servir des mains, qui permettent de mieux apprécier les changements qui se produisent dans l’articulation. On augmente graduellement le degré de flexion ou d’extension, selon que l’articulation ankylosée est fléchie ou étendue.

Le redressement successif, préconisé surtout par Malgaigne, qui se servait des mains, consiste à faire

tous les jours une séance dans laquelle on force le mouvement de l’articulation ankylosée jusqu’à la limite de la douleur supportable, limite qui est annoncée par un cri de douleur que le chirurgien ne confond pas avec les gémissements que poussent certains malades. Si ces mouvements déterminent la formation d’une arthrite, on arrête celle-ci par le repos et les antiphlogistiques. On recommence les séances après la guérison de l'ai-tlirite, et l’on continue ainsi jusqu’à la guérison.

Le redressement immédiat a été obtenu avec des machines ; machines de Louvrier) qui n’ont pas amené les résultats qu’on aurait pu en espérer. Bonnet a préconisé le redressement manuel immédiat. L’opération se compose de cinq temps : 1“ chloroformer le malade; 2® assouplir l’articulation en exagérant tous les mouvements; 3° faire la ténotomie sous-cutanée, s’il existe des obstacles musculaires ou fibreux; 4" continuer les mouvements, les tractions et les pressions, jusqu’à rétablissement de la forme normale de l’articulation; 5° appliquer un appareil inamovible.

Fig. 98.

Appareil à engrenage pour le traitement de l'ankylose du genou.

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