‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privéeChapitre 38 sur 238 · ANN · texte numérisé non relu

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Lorsqu’on a redressé une ankylosé incomplète, il faut imprimer des mouvements à l’articulation, si l’on ne veut pas voir l’articulation s’ankyloser de nouveau. Pour cela on se sert surtout des mains. Bonnet voulait qu’on commençât à mobiliser l’articulation vingt à trente jours après le redressement. Qu'on se serve des mains ou d'une machine, il faut avoir soin de fixer très solidement le segment du membre situé au-dessus du point ankylosé, et d’imprimer des mouvements au segment sous-jacent. On renouvelle les séances tous les jours, et, s’il n’existe pas de douleur vive, deux ou trois fois par jour. Dès qu’il existe quelques mouvements, le mas-

Fig. !)t).

Appareil pour détruire les ankylosés du genou.

sage et les frictions finissent par amener la guérison.

Lorsqu'on redresse une ankylosé complète, il est exceptionnel d’observer des mouvements dans l’articulation, après la guérison. Nous avons vu cependant un malade opéré par M. Maisonneuve, et posj sédant des mouvements dans la fausse articulation ! qui résulta de l’opération.

On redresse l’ankylose complète par une rupture de l'os, lorsque la conformation de celui-ci s’y prête, comme le col du fémur. Le plus souvent, on fait la : section de l’os ou la résection. On comprend que s’il existe une soudure osseuse, le membre puisse être redressé après la section de l’os. La résection de l’os a été surtout employée dans les cas d ankylose du ' genou avec flexion forcée. D' j.-a Fort.

ANKYLOSTOME. — Nom donné à un petit ver, long de 6 à 10 millimètres, cylindrique, dont la bouche, située sur la face ventrale, est armée de huit d mts (4 en haut et 4 en bas) très aiguës, et qui habite les deux portions de nos intestins connus sous le nom de Duodénum et Jégunum. p. l.

ANNEAU. — Nom donné en anatomie à diverses ouvertures naturelles, le plus souvent triangulaires ou ovales, qui permettent aux veines, aux artères et ' aux nerfs de passer d’une région du corps dans une autre. Les anneaux les plus importants sont l’an- ! neau crural, l'anneau iwjuinal, Tanneau ombilical, \ l’anneau dinphragmafique. (V. Crural, Inguinal, I Ombilical, Diaphragmatique.) P. L.

ANNEXES. — Qualificatif par lequel on désigne en anatomie certaines parties qui dépendent d’un organe principal. Ainsi les trompes et les ovaires sont les annexes de l’utérus ou matrice. P. L.

ANNULAIRE. — Nom donné en anatomie au quatrième doigt de la main, parce que c’est à celui-là que l’on met d’ordinaire les bagues ou anneaux. On donne encore ce qualificatif à certains organes ou portions d’organes, à cause de leur conformation en forme d’anneaux. Ainsi, on trouve dans le corps humain : le ligament annulaire du radius; les ligaments annulaires du carpe au poignet, et du tarse au pied; le cartilage annulaire du larynx; la protubérance annulaire du cerveau. (V. Doigt, Radius, Carpe, Larynx, Cerveau.) P. L.

ANODIN. Qualificatif donné en thérapeutique aux médicaments et remèdes, administrés à l'extérieur ou à l'intérieur, propres à combattre et à faire diminuer ou disparaître lu douleur (V. Calmant.)

ANOMAL. — Qualificatif donné en anatomie, à un organe qui, par sa structure et sa fonction, s’écarte du type régulier et normal, et en médecine, à une maladie dont les symptômes, la marche ou la terminaison, présentent quelque chose d'irrégulier, d’insolite. P. L.

ANOMOCÉPHALE. — Nom sous lequel E. Geoffroy Saint-Hilaire a réuni tous les monstres dont la tête présente quelque vice de conformation, {y .Acéphale, Anencéphale, etc.) P. L.

ANORCHIDE. — Nom donné à un individu atteint d’un vice de conformation congénital, consistant en l’absence des testicules. (V. Testicule.) P. L.

ANOREXIE. — Mot employé en médecine pour désigner le manque d’appétit. (V. Inappétence.) P. L.

ANOSMIE. — Mot employé en médecine pour désigner ladiminution ou la perte del’odorat. L’anosmie se rencontre souvent chez les personnes qui ont l'habitude de vivre dans une atmosphère surchargée d’odeurs fortes et pénétrantes. Elle est constante chez les indi\idus atteints de coryza ou rhume de cerveau. On l’observe aussi chez ceux qui sont atteints de fièvre pernicieuse, de fièvre typhoïde ou d’une des affections du cerveau qui peuvent amener la paralysie des nerfs de l’olfaction. Enfin, l’anosmie s'observe chez certaines femmes hystériques, à la suite de troubles nerveux. P- L.

ANSE. — Nom donné par les anatomistes aux portions de quelques organes longs, recourbés en forme d’anse de panier. Ainsi on dit ; anse intestinale, anse nerveuse. p. l.

ANTAGONISME. — Mot qui sert à désigner la résistance que s’opposent deux forces ou deux puissances contraires. Ainsi, en anatomie, il y a antagonisme entre les muscles extenseurs et fléchisseurs, entre les muscles abducteurs et adducteurs, entre

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les muscles droit externe et droitinterne de l’œil, etc., qui produisent tous des mouvements opposés et contraires. En médecine, certains ont prétendu et prétendent encore, qu’il y a antagonisme entre certaines maladies, par exemple entre la pthisie et les maladies organiques du cœur, entre le diabète et l’albuminurie, entre la fièvre typhoïde et le choléra, etc. ; mais aucun de ces antagonismes n’est encore aujourd’hui réellement démontré. Enfin, en thérapeutique, on compte quelques médicaments antagonistes, c’est-à-dire produisant des effets opposés, comme par exemple, l’opium et la belladone.

D' Paul Labarthe.

ANTÉCÉTENT. — Qualificatif par lequel on désigne, en médecine, l’ensemble de toutes les circonstances, concernant le malade lui-même, qui ont précédé une maladie, et dont la connaissance est utile au médecin pour l’aider à en établir les causes et la nature véritable. Ainsi, les habitudes, le genre de vie, les maladies antérieures d’un individu, et, dans certains cas, de ses ascendants directs, sont des antécédents.

Le public ne se rend généralement pas assez compte de l’importance qu’il y a pour lui, à ce que le médecin connaisse bien ses antécédents ; et il n’est pas rare de voir des malades refuser absolument de répondre à toute question qui, à leurs yeux, ne semble pas avoir directement trait à leur maladie. Aussi, nous ne saurions trop recommander, à tout individu qui vient réclamer les soins d’un médecin pour une maladie présente, de bien faire connaître tous ses antécédents, car le plus souvent, nous le répétons, de leur connaissance exacte et complète, dépend l’institution du traitement le mieux approprié et, par suite, la guérison plus prompte et plus sûre. Labarthe.

ANTÉFLEXION. — Nom donné à un état particulier de l’utérus, dans lequel le col et le corps de cet organe forment un angle plus ou moins ouvert qui regarde en bas et en avant. (V. Utérus.) p. l.

ANTÉPHÉLIQUE. — Nom donné à certaines préparations pharmaceutiques et à des produits de parfumerie employés contre les éphélidee ou taches de rousseur du visage. (V. Éphélides.) p. l.

ANTÉVERSION. — Nom donné à un état particulier de l’utérus, dans lequel cet organe est incliné en avant, le corps se rapprochant de la symphyse du pubis, tandis que le col tend à se placer dans la concavité du sacrum. (V. Utérus.) p, l.

ANTHÉLIX. — Nom donné par les anatomistes à la portion du cartilage qui forme l’éminence du pavillon de l’oreille. (V. Oreille.) p. i.

ANTHELMINTIQUES. — On désigne ainsi les substances et préparations pharmaceutiques jouissant de la propriété de détruire ou d’expulser les vers intestinaux. On divise généralement les anthelmintiques en vermifuges proprement dits, dont les plus connus sont la moiise de corse, Yarmoise, la tanaisie, la santonine, le semen contra, Yarsenic, le ca-

fomeZ, etc.; et en tænifüges, parmi lesquels on connaît la racine de grenadier, la fougère mâle et le kousso. (V. ces mots.) p. l.

ANTHRACOSIS. — Nom donné à une maladie caractérisée par la pénétration dans les poumons de la poussière de charbon venue du dehors en suspension dans l’air respiré, particulières aux ouvriers qui travaillent dans les mines de houille. D’après Dechambre, les plus exposés à cette affection sont ceux qui isolent et abattent la houille ou hareurs; ceux qui conduisent la houille dans les galeries de roulage ou bouteurs, et les chargeurs et boiseurs d'aérage. Les chauffeurs de locomotive et les charbonniers sont aussi sujets à l’anthracosis.

Voici en quelques mots la marche de cette maladie. Au bout de quelque temps, lorsque les poumons commencent à être emcombrés par la poussière de charbon, on constate que le malade tousse, surtout le soir ; il s’essouffle rapidement, il ressent des douleurs vives dans la poitrine, et est sujet, principalement pendant la saison froide, à des accès d’asthme. Il crache abondamment et les crachats sont noirs. A l’auscultation, l’oreille perçoit des râles secs répandus dans les deux poumons, et des râles humides en arrière et en bas.

A mesure que la maladie fait des progrès, l’oppression devient permanente, la toux opiniâtre, les accès de suffocation de plus en plus fréquents, les crachats sont plus nombreux et toujours noirs. On constate une déformation de la poitrine. Le malade a la figure pâle, anxieuse, la démarche affaissée ; les poumons sont envahis par les cavernes tuberculeuses, et le malade qui ne mange plus, arrive à une cachexie extrême et succombe à la pthisie,

L’anthracosis étant une maladie essentiellement professionnelle, les individus qui en sont atteints ne parviendront à s’en guérir qu’en abandonnant la profession dès l’apparition des symptômes.

D' Paul Labarthe.

ANTHRAX. — Nom donné à une maladie chirurgicale caractérisée par une inflammation limitée de la peau, des glandes sébacées et du tissu cellulaire sous-jacent, présentant à son début le même aspect qu’un furoncle, mais ayant des proportions beaucoup plus grandes, s’accompagnant très souvent de symptômes généraux graves et ayant une tendance à la gangrène.

L’anthrax est plus fréquent chez l’homme que chez la femme, chez l’adulte que chez le vieillard et l’enfant. La malpropreté de la peau et les irritations qu’elle entraîne peuvent donner naissance à l’anthrax. Celui-ci affecte plus spécialement les individus dont le tempérament est affaibli par la fatigue ou les excès; les convalescents. Toutefois, on l’observe aussi assez souvent chez des individus vigoureux et bien portants. Certaines maladies, telles que le diabète, qui sont favorables à la production de la gangrène, prédisposent à l’anthrax. Ce fait, signalé pour la première fois par Marchai de Calvi, est aujourd’hui établi d’une façon indéniable.

Les régions du corps qui sont le plus spécialement affectées d’anthrax sont la nuque, le cou, les parois du ventre et du thorax, les fesses. On

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observe aussi l’anthrax à la face, aux lèvres et quelquefois môme à la langue.

A son début, l'anthrax présente le même aspect qu’un furoncle, et si ses proportions ne deviennent pus trop grandes, on dit que l'anthrax est /woncul>‘ux. Celui-ci se manifeste par de la tuméfaction et de la rougeur, accompagnées d'une douleur qui s'augmente avec elles. Quelquefois celle-ci est supportable, elle n'empêche pas les personnes qui en sont affectées de vaquer à leurs affaires, même lorsque les dimensions de la tumeur sont un peu grandes. Cette douleur est parfois sourde, parfois aiguë, lancinante ; le malade ressent comme des coups d'aiguilles dans la région envahie et il éprouve une sensation de cuisson très vive. Lorsque l'anthrax arrive à la fin de son développement, on voit la peau sc soulever et au centre de cette tumeur apparaissent un ou deux points de la grosseur d'une tête d'épingle qui ne tardent pas à blanchir, ce qui prouve que l'épiderme est soulevé par du pus. De nouveau points prennent naissance, la peau ! s'ouvre et laisse échapper, par chacun d'eux, un mélange de pus et de sajig.

Avant cette ouverture de l’anthrax, la rougeur est la même dans toute son étendue, le tour seulement est un peu plus pâle. La peau est tendue, brillante, et si on presse la tumeur, elle est résistante, solide. .\près l'ouverture, les conditions changent : au fur et à mesure que le pus s'écoule, la tumeur devient ; pâteuse sans cependant être jamais fluctuante. C’est alors que la rougeur de la peau disparaît et les limites de l’anthrax prennent une teinte jaunâtre. Dans ce cas, on peut être sûr que l’inflammation ne prendra pas un nouvel essor et que l’anthrax est un anthrax avorté, un anthrax furoncnleux.

En dehors de cet anthrax, il y a l’anthrax vrai. Contrairement au premier qui ne détermine qu'une lièvre peu appréciable, celui-ci donne lieu à des troubles digestifs graves, à de pénibles maux de tête ; il détermine des frissons, et le malade se sent accablé, il est sans forces. Quelques jours avant l'apparition de l’anthrax, un vague malaise se fait sentir, puis ces symptün)es se déclarent trois ou quatre jours après l’apparition de la rougeur.

Les débuts de la tumeur sont les mômes que dans le cas précédent, rougeur, chaleur, cuisson ; puis, au centre, apparaît une petite poche, formée par le soulèvement de la peau, une phlyctène, qui, en crevant, laisse écouler un liquide poisseux ou glutineux. L’évacuation de ce liquide ne diminue en rien ni ta rougeur ni la douleur et n’empêche en rien le développement de l'anthrax. La douleur, au contraire, devient presque insupportable; c’est une sensation analogue à celle que produirait une pince avec laquelle on tordrait la partie malade ou bien celle d’une profonde brûlure. La rougeur devient tuméfaction et la partie envahie prend la nuance lie de vin. Les veines, les artères et les ganglions avoisinants s’enflamment eux-mêmes.

Le malade ne commence à avoir du soulagement que lors(jue la peau se mortifie au centre de l’anthrax; il y a gangrène et on voit apparaître une eschare noirâtre. C’est sur la limite de cette partie mortifiée, tout autour de cette eschare, que le pus tend à sortir avec une abondance d'autant plus

DlCTIONWniE POPL’LXinE DE MEDECINE USEEI.LE.

grande que la quantité de tissu cellulaire malade est plus considérable. Puis bientôt ce tissu cellulaire gangrené se fait jour au dehors par les différents orifices de l’anthrax. C’est ce que l’on appelle le bourbillon.

Si l’eschare se détache avec assez de rapidité, le pus et les lambeaux de tissu cellulaire sont expulsés, si au contraire la marche est lente, le pus peut former un abcès tout autour de l'anthrax et produire des décollements.

Lorsque les, matières mortifiées ont été expulsées, l’anthrax entre dans sa période de réparation ; ses bords sont très irréguliers, la peau est décollée dans un espace plus ou moins grand et conserve une teinte violacée Le fond de la plaie qui a été produite par la perte de substance se couvre progressivement de bourgeons charnus et la cicatrisation s’opère.

La durée et la gravité de l’anthrax dépendent de

Fig. 100,

Incision sous-cutanée d'un anthrax de la nuque. — A. Centre de l'anthrax. B. Doigt pesant sur le dos du bistouri à travers la peau.

son siège, do son étendue et de l’état général du malade. Des anthrax que l’on a abandonnés à euxmêmes se sont gtiéris en dix ou quinze jours, parct' que leur valeur était peu considérable et que le pus s’écoulait au dehors par plusieurs ouvertures de la peau Mais dans la plupart des cas, dans l'anthrax vrai, qui a formé une large eschare et, par suite, une grande perte de substance, la cicatrisation ne se fait que lentement. Il faut dans certains cas plusieurs semaines, et la durée moyenne, pour arriver à complète cicatrisation, est de deux mois au moins. La cicatrice conserve pendant longtemps une coloration brunâtre.

11 ne faut pas confondre l’anthrax avec lapusiule maligne et le c/io'-ôozi. (V. ces mots.)

Le traitement de l’anthrax doit être général et local.

Dès le début, lorsque le malade ressent les premiers malaises, accompagnés de frissons, d’inappétence, de troubles digestifs, nous conseillons un purgatif salin avec de l’eau de Rubinat ou du sulfate de magnésie. Dans certains cas, on pourra même, ainsi que le recommande M. Alph. Guérin, administrer un vomitif.

Comme traitement local, certains chirurgiens ont proposé d’appliquer des sangsues sur la tumeur;

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