‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privéeChapitre 41 sur 238 · AUR · texte numérisé non relu

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sales surrénales, au rein, à la rate et an testicule.

On voit que l'aorte obéit à la loi générahî des artères qui i‘e cnchf'nl d’autant plus qu'elles sont plus volumineuses. Située profondément, en arrière do tous les organes du tronc, en avant du puissant rempart que lui ofl're la colonne vertébrale, cette artère, merveilleusement protégée, écliappe aussi complètement que. possible, aux agents vulnérants extérieurs, qui, en la lésant, porteraient ainsi atteinte à l'une des bases de l’économie.

Cependant, on a vu l'aorte être blessée par des objets extérieurs. Les plaies les ])lus dangereuses ont été produites par des armes à feu, tandis que des malades ont pu guérir à la suite de blessures faites par des instruments piquants. Bérard cite l'exemple du domcsti(}ue de Gattuani, qui vécut très longtemps après avoir reçu un coup d’épée à l'aorte, au niveau de la région lombaire. Par contre, des piqûres d'épingle ont parfois provoqué une mort immédiate.

On a encore vu les parois de l'aorte se déidiirer après un grand traumatisme, une chute, un effort violent pour traîner un fardeau : Trousseau raconte qu'il a vu mourir un cheval d'une rupture de l'aorte, en traînant une charrette très lourde. Ces ruptures sont plus fréquentes chez les individus épuis(’>s par des excès vénériens, par l'alcoolisme : on les rencontre aussi chez les vieillards, et dans tous ces cas, elles sont le résultat d'une dégénérescence des parois.

Morgagni parle d'un homme de cinquante-neuf ans qui, ayant abusé de la vie sous foutes ses formes, fut pris d'éternuments incoercibles et mourut en quelques heures ; son aorte, ossifiée, s'était rompue à un doigt de son origine.

Enfin, parfois, des corps durs avalés par mégarde, des noix, des pierres, des objets pointus, ont pu per-

forer Tœsophage et l’aorte. Jaccoud mentionne le fait d’un jeune homme qui, pendant la nuit, avala f deux fausses dents et succomba rapidement : à l’au- ’ topsie, les dents furent retrouvées dans le cœur.

Pour toutes ces lésions, le traitement, s'il est possible, sera celui des hémorragies artérielles, c'est-àdire compression, réfrigérants, etc. (V. Htmorragie.)

Anévrisme de l’aorte. — L’anévrisme de l’aorte, rare avant l’àge de 33 à 40 ans, s’observe surtout chez les individus âgés de 30 à 60 ans, et plus fréquemment chez l’homme que chez la femme. Certaines jii'ofessions y prédisposent d’une façon évidente. Ils sont très fréquents chez les postillons, les jockeys et les individus qui sont souvent et longtemps à cheval. On l’observe souvent chez les individus qui jouent des instruments à vent et qui font de grands efforts de respiration. Les accès de toux violentes, les efforts répétés de vomissements, une chute d’un lieu élevé, un coup reçu sur la poitrine, ont déterminé des anévrismes de l’aorte. Les vii'illards, les malades atteints d’aortite, les personnes qui ont fait des excès alcooliques sont prédisposés à cette horrible maladie.

L’anévrisme siège le plus souvent à la portion ascendante de la crosse de l'aorte; on le rencontre rarement à l’aorte descendante. Son volume peut varier do celui d’une noisette à celui d’une tète de fœtus.

« Peu de maladies , a écrit fort justement l’immortel Laennec, sont aussi insidieuses que l'anévrisme de l’aorte; on ne le reconnaît que lorsqu’il se prononce à l’extérieur. On peut à peine le soupçonner lorsqu’il comprime quelque organe essentiel et en gêne les fonctions d’une manière grave; et, lorsqu'il ne produit ni l’un ni l’autre de ces effets, souvent le premier indice de son existence est une mort aussi subite que celle qui a été donnée par un

Fig. 109. — Artëre aorte.

1. Artères cardiaques. — 2. Crosse de l’aorte. — 3. Aorte thoracique. — 4. Aorte abdominale. — 5. Artère sacrée moyenne. 6. Tronc brachio-céphalique — 7. Artère carotide primitive droite. — 8. Artère sous-clavière droite. 9. Artère sousclavière gauche. ~ 10. Artère carotide primitive gauche — — Il, 11. Artères iliaques primitives. — 12, 12. Artères iliaques externes. — 13. 13. Artèi’es iliaques internes ou hypogastriques. — 14. .Artère bronchique. — 15. Artère œsophagienne. — 16. Artères intercostales du côté gauche. — 17, Artères intercostales du côté droit. — 18. Artères diaphragmatiques. — 19. Tronc cœliaque. — 20 Artère mésentérique supérieure. — 21, 21. Artères rénales. — 22. Artère mésentérique inférieure. — 23. Artère hémorrhoïdale supérieure. — 24, 24. Artères spermatiques. — ".S, 2.5. Artères circonflexes. — 20 Artère épigastriques,— A . Corps thyroïde. — B. Trachée-artère. — C. Bronche droite — D. Bronche gauche. — E. OEsophage. — F. Rein. — G. G. Uretères. — H. Valvtdes aortiques. — R. Rectum. — V. Vessie.

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