‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privéeChapitre 52 sur 238 · ARR · texte numérisé non relu

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élevés, les montagnes de Suisse, des Vosges et de l’Allemagne. Elle croît aussi en Amérique.

La racine est fibreuse, brune à l’extérieur et blanchAtre à l'intérieur ; les feuilles sont larges et radicales ; une tige s’élève du milieu de ces feuilles et se termine par des fleurs jaunes radiées, ayant à leur centre des graines noires, surmontées d'une aigrette grise; ces fleurs ont une saveur âcre et aromatique et une odeur particulière provoquant l’éternuemeut.

La fleur est la seule partie usitée aujourd'hui. Les paysans des montagnes la fument en guise de taiiac, d'où le nom de tabac des Vosges, qu’on lui donne quelquefois.

l/aiialyse chimique a trouve dans ces fleurs une résine, de l’acide gallique, du tannin, une matière colorante jaune, une huile blene, une huile essen-

Fig. 113. — Arnica Montana.

tielle jaune, de la gomme, de la cire et enfin un principe amer particulier nommé arnicine.

En thérapeutique les fleurs d’arnica s’emploient comme stimulantes et fébrifuges, mais surtout comme vulnéraires dans le traitement des coups et des blessures. L’usage de sa teinture alcoolique est populaire pour le pansement immédiat des accidents occasionnés par les chutes. Cette teinture se prépare en faisant macérer pendant 10 jours 200 gr. de fleurs d'arnica dans 1 kilog. d’alcool à 60“. L’alcoolature qui se prépare avec des fleurs fraîches, est plus active mais moins usitée M. Leperdriel, pharmacien distingué de Paris, prépare le Tnffetas vulnéraire -l/urini^r à l’arnica, épiderme factice bienipréférable à la teinture pour les coupure et les brûlures.

Dans les contusions, on applique des compresses de teinture d’arnica quelquefois pure, mais le plus souvent mélangée de partie égale d’eau. Elle empêche la cnai;ulation du sang extravasé dans les tissus sous-cutanés et facilite sa résorption : aussi importe-t-il d’en faire l'application le plus tôt possible après l’accident. Quand on veut panser une plaie ou

une blessures ayant saigné, il faut mélanger la teinture avec 3 ou 4 fois son volume d’eau.

Dans les mômes cas on donne à l'intérieur comme stimulant et vulnéraire, soit une infusion de 2 ou 3 grammes de fleurs d’arnica, soit une vingtaine de gouttes de teinture dans un peu d'eau, l/infusion de fleurs d’arnica doit être passée avec beaucoup de soins, pour bien séparer les parties de l’aigrette, qui sont extrêmement ténues et qui en s’attachant à la gorge occasionneraient une toux pénible. Du reste on doit se servir avec prudence des fleurs d’arnica comme médicament interne, car elles produisent souvent des nausées et du vertige.

On l’utilisait autrefois contre les fièvres, ce qui lui avait valu le nom de quinquina des pauvres, contre les rhumatismes, la dyssentrie et la tendance à l’apoplexie ; aujourd’hui on s’en sert surtout comme vulnéraire, résolutif, antispasmodique et sternutatoire. Alfred Chardon, Ph‘'“.

AROMATE. — On désigne sous ce nom toute substance de laquelle se dégage une odeur suave et pénétrante. La plupart de ces substances appartiennent au règne végétal, quelques-unes cependant font partie du règne animal comme le musc, le castoréum, la civette, l’ambre gris. Parmi les familles botaniques qui produisent le plus de substances aromatiques on peut citer les labiées, et les hespéridées.

On appelle arôme le principe odorant de ces substances. Il est généralement volatil. Dans la plupart des végétaux il réside dans l’huile essentielle qu’ils contiennent et qu’on peut facilement isoler. Dans les uns, cette huile est fournie par les fleurs comme dans l’oranger et le rosier ; dans d’autres, c’est par les feuilles, le laurier cerise ; par la plante entière, les labiées et les synanthérées ; par les fruits, le citron, la bergamotte, le cédrat, l'orange, l'amande amère, etc. ; par l’écorce et le bois, la cannelle et le santal.

Souvent le principe odorant d’un aromate est difficile à fixer ; on doit avoir recours soit à une infusion, soit à une distillation dans l’eau, soit à une solution alcoolique ou à une trituration dans un corps gras.

Les aromates sont excitants comme le thé, le café, le poivre, le girofle, la cannelle, la muscade et en général tous ceux qui servent comme condiments culinaires ; d’autres sont de puissants antispasmodiques, tels que le musc, le castoréum, la valériane et les gommes résines.

Mais c’est surtout dans l’art de la parfumerie que les aromates sont utilisés et l'on peut dire que presque tous y tiennent une place utile.

Alfred Chardon, Ph'®".

ARRIÈRE-BOUCHE. — (Voyez Pharynx).

ARRIÈRE-FAIX. — (Voyez Délivre, Placenta).

ARRIÈRE-GORGE, — Voyez Pharynx).

ARROMANCHES (bains de mer d’). — Village du Calvados de oOO habitants environ, situé à 12 kilomètres de Dayeiix, où l’on trouve un établissement de bains de mer et une belle plage sablonneuse. P. L.

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ARROW-ROOT. — Nom donné par les Anglais à une fécule alimentaire provenant des racines d'une plante herbacée de la famille des amomacées, connue sous le nom de Marania, originaire des Antilles et cultivée dans les Indes. Pour obtenir cette fécule, on râpe les racines et on lave minutieusement la pulpe sur des tamis, de façon à entraîner toute la fécule dans un courant d’eau ; puis on laisse cette eau déposer l’arrow-root obtenu, on retire celui-ci et on le fait sécher au soleil. Lorsqu’il est bien sec, il se présente sous forme d’une poudre blanche, ressemblant sensiblement à l’amidon, mais un peu moins blanche, plus fine et plus douce au toucher. Examinée au microscope, cette poudre semble être constituée par des points sphériques ou anguleux, irréguliers, d'un diamètre de 2 à 6 millièmes de millimètre, avec des lignes concentriques, nombreuses et fines autour d’un hile circulaire ou simplement linéaire. Lorsqu’on les jette dans de l’eau bouillante, ces grains acquièrent un volume 20 à 30 fois plus considérable.

L’arrow-root cuit dans du bouillon, fournit un potage très agréable et nutritif qui a une certaine analogie avec ceux de sagou et de tapioca. Bouilli dans du lait, il constitue un très bon aliment pour les petits enfants et les convalescents. Les Indiens préparent avec l’arrow-root des gâteaux secs analogues aux biscuits de nos pâtissiers.

Nous n’avons parlé ici que de l’arrow-root vrai. On le falsifie souvent avec de la fécule de pomme de terre. Celle-ci se reconnaît au microscope, en ce que les grains sont plus gros et moins translucides que ceux de l’arrow-root. Elle se reconnaît encore à la cuisson. D’après Pfaff, dix grains d’arrow-root bouillis dans 30 grammes d’eau ne donnent qu’un liquide mucilagineux, tandis que la même quantité de fécule de pomme de terre donne une masse gélatineuse. D'' Paul Labarthe.

ARSÉNIATES. — Nom donné à un certain nombre de médicaments â base d’arsenic, tels que Varséniate d’ammoniaque, Varsémate d’antimoine, Varséniate de cuivre, Varséniale de fer, Varséniaie de -potasse, Varséniale de quinine et Yarséniate de soude. Les cinq premiers, sauf Varsémate de fer, sont très peu employés, le dernier seul est d’un usage très fréquent en thérapeutique.

Arséniate de soude . — L’arséniate de soude est un sel très soluble dans l’eau, cristallisable en prismes héxahèdres régulièrs et efflorescents. Comme les composés arsenicaux en général, il est vénéneux pour toutes les classes animales. Il faut l’employer à faibles doses et en user avec circonspection. Ses propriétés physiologiques et thérapeutiques sont à peu près les mêmes que celles de Vacide arsénieux qu’il est destiné à remplacer souvent dans la médication interne, à cause de la facilité de son dosage et de sa moindre irritation sur les organes de l’économie. Il est utile surtout contre les maladies de peau chroniques, les humeurs froides, les diathèses scrofuleuses et herpétiques, la phtisie, le catarrhe suffocant, les accès d’asthme.

11 se prescrit ordinairemant en solution plus ou moins étendue et l’une des plus employées est la liqueur de Pearsou, dont voici la formule :

Arséniate de soude 0,03 centigr.

Eau distillée 30 grammes.

et qui se prend à la dose de 1 à 5 et 10 grammes par jour (20 à 100 et 200 gouttes) dans un peu d’eau ou une potion gommeuse. La poudre se prescrit quelquefois en paquets mêlée à du sucre, on en fait aussi des granules et des pilules dosées à 1 milligramme chaque. On en prépare encore des cigarettes que Trousseau faisait fumer aux asthmatiques. Enfin on l’emploie aussi sous forme de bains.

Arséniate de soude 2 à 10 grammes.

Eau Q. s. pour un bain

que Guéneau de Mussy et bon nombre de praticiens recommandent contre les maladies de peau.

D'.JIarc Cambouuves.

ARSENIC. — L 'arsenic est un corps simple, solide, d’une couleur gris d’acier, à texture grenue et fragile. Chauffé à l’air, il en absorbe l’oxygène et donne naissance à de l’acide arsénieux, en répandant une odeur alliacée caractéristique. L’arsenic métallo'idique n’est pas employé en médecine; on le vend dans le commerce sous les noms impropres de Cobalt ou Poudre aux mouches. On s’en sert en effet pour détruire ces insectes. Pour cela, il est réduit en poudre, mis dans de l’eau et placé sur des assiettes où les mouches le prennent avec avidité.

ARSENIC (ODVRiERS QDi TRAVAILLENT L’). — Hygiène professionnelle. — Les ouvriers qui sont employés â l’extraction du minerai arsenifère dans les galeries souterraines, au broyage ou bocardage de ces minerais, à leur grillage et à la sublimation de l’oxyde formé, ainsi qu’à la préparation des divers acides arsenicaux, sont sujets à une série d’accidents plus ou moins graves, suivant qu’ils sont attachés à l’une ou à l’autre de ces diverses opérations.

Les ouvriers employés à l’extraction ne sont pas sujets à des accidents sérieux; on observe seulement chez eux des éruptions papuleuses à la peau, localisées plus spédialement au pli du coude, à la tête et aux intervalles des doigts, et qui cèdent facilement à l’emploi de simples précautions hygiéniques.

Ceux qui sont préposés au broyage du minerai, surtout lorsqu’ils le pratiquent à sec et à la main, sont sujets à des accidents cutanés plus accusés. On observe chez eux des ulcérations, des pustules, mais rarement des phénomènes d’intoxication.

Les plus mal partagés sont ceux qui se livrent au grillage du minerai, à la sublimation de l’oxyde foripé et au raclage de l’acide arsénieux, qui s’est déposé dans les chambres de condensation. Ils sont exposés, en effet, à la double action nocive des vapeurs arsenicales et des poussières qui se dégagent pendant les divers temps de la fabrication.

Disons tout d’abord que chez ces ouvriers on n’a jamais observé d’empoisonnement aigu, sauf lorsque la chaudière dans laquelle se fait la sublima-

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tion de l’acide arsénieux vient éclater accidentellement. Celui-ci tombant alors dans le foyer, donne naissance à d’épaisses vapeurs arsenicales , qui inondent l’atelier, et dont l’absorption en grande quantité par les ouvriers produit l’intoxication aiguë. (Pour la description de l'empoisonnement aigu, nous renvoyons à l’article spécial que lui a consacré plus bas notre éminent collaborateur le docteur A. Lutaud.)

Quant à l’empoisonnement chronique, il est assez rare dans les usines construites et dirigées selon les règles hygiéniques voulues. Cependant, on observe parfois chez certains ouvriers de l’anorexie, des vomissements, de la diarrhée. Plus fréquemment chez eux les yeux sont irrités ; les fosses nasales sont enflammées, il y a des saignements de nez, le pourtour des narines se couvre d’excoriations croûteuses, produites par le séjour des poussières arsenicales, favorisées par les poils du nez, et qui peuvent, à la longue, déterminer une perforation de la cloison ; les bronches participent à cette inflammation, qui s’accompagne d’un enrouement de la voix et d’une toux sèche. Au bout d’un certain temps, surviennent les douleurs rhumatismales, des vertiges, un affaiblissement des membres inférieurs, qui, dans certains cas, va jusqu’à la paralysie et s’accompagne d’un amaigrissement sensible.

Mais les accidents les plus communs et aussi les plus tenaces, sont ceux qui se manifestent du côté de la peau. En voici l’énumération par ordre de fréquence : 1® Ulcérations aux doigts et aux orteils; 2® Pustules suivies d’ulcérations indurées à fond grisâtre, qui finissent par se couvrir d’une croûte jaunâtre, laissant après elles des cicatrices indélébiles, siégeant surtout aux bourses et à la verge; 3® Érythème au pli de l’aine, au creux de l’aisselle, au pli du coude et du genou ; 4® Éruptions papuleuses rouges au cou et à la figure, accompagnées de vives démangeaisons ; 3® Éruptions vésiculeuses, qui peuvent faire croire à la gale etàl’ecxéma; 6® Enfin, à une période plus avancée du mal , gonflement de la face et des paupières, ecchymoses et gangrène du scrotum.

Pour éviter et atténuer autant que possible de pareils accidents, il faut que les chefs d’usine, d’une part, et les ouvriers, de l’autre, prennent un certain nombre de précautions sérieuses.

Avoir dans les usines plusieurs chambres de condensation des vapeurs arsenicales, bien closes et disposées de telle sorte que ces vapeurs ne puissent pas se répandre dans l’atelier, et disperser au moyen d’une très haute cheminée d’appel, dans les couches élevées de l’atmosphère, tout ce qui pourrait échapper à la condensation ; rendre le sol des ateliers imperméable au moyen de dalles posées sur un lit de ciment; traiter les eaux de lavage renfermant de l’arsenic par la chaux, afin d’obtenir une combinaison de l’acide arsénieux, puis l’évaporer par l’ébullition dans des cheminées à long tirage ; enfin, placer près des ateliers des baquets contenant de l’eau acidulée avec de l’acide hydrochlorique d’après la formule suivante :

Acide hydrochlorique 1 partie

Eau 13

DlCnONNAUlE POPULAIRE DE MÉDECINE USUELLE

et recommander aux ouvriers de se laver les mains dans ces baquets d’abord, puis ensuite à l’eau pure avant de quitter l’atelier et avant leurs repas; voilà les mesures à prendre par les industriels.

Quant aux ouvriers, ils auront un pantalon et une blouse de travail, exactement fermée au col et aux manches autour des poignets; ils porteront des sabots ou de forts souliers, de préférence à de vieilles chaussures ou à des chaussures perméables à la poussière arsenicale; ils éviteront de respirer les vapeurs arsenicales en plaçant devant leur bouche des appareils d’interception, connus sous le nom de masques respirateurs ; ils se garderont bien de déposer des aliments dans les ateliers et d’y prendre leurs repas; enfin, ils auront soin de se laver le visage et les mains à chaque sortie des ateliers.

Dès qu’un ouvrier aura une éruption sur les mains, la figure ou quelque autre partie du corps, dès qu’il se plaindra d’envies de vomir, de mal de tête ayant pour siège constant le front et les tempes, il devra cesser le travail. 11 soignera les éruptions de la peau avec des lotions d’eau salée, immédiatement suivies d’application de poudre de calomel à la vapeur, ainsi que le recommande notre collaborateur le docteur Pietra Santa. Contre les accidents généraux, il emploiera les moyens indiqués plus bas à l’article consacré à l’empoisonnement par l’acide arsénieux, et dans tous les cas, il ne reprendra son travail dans les ateliers que lorsque tous les accidents auront complètement disparu.

Les fabriques d’arsenic et de ses diverses combinaisons sont comprises dans la première ou la deuxième classe des établissements industriels incommodes et insalubres, suivant les procédés mis en usage, et la loi interdit aux patrons d’y employer les enfants.

Rappelons en terminant que l’arsenic et ses composés sont journellement employés dans un certain nombre d’industries importantes, telles que les industries des abat-jour, des feuillagistes, des fleuristes, des papiers peints, des fabricants de couleurs, des peintres en bâtiment et en décors, des teinturiers, etc. (Voyez ces mots.) D' Paul Labarthe.

ARSENICOPHAGES. — Nom donné aux mangeurs d’arsenic. Ceux-ci se rencontrent surtout parmi les paysans de la Basse-Autriche et de la Styrie, et parmi les montagnards du Tyrol. Les premiers font un usage quotidien de l’acide arsénieux pour se donner de la fraîcheur et de l’embonpoint. Les seconds en prennent pour se rendre, comme ils disent, plus volatils, c’est-à-dire plus aptes à l’ascension des montagnes. A chaque longue course qu’ils ont à faire, ils se munissent d’un tout petit morceau d’arsenic qu’ils laissent fondre dans la bouche; l’effet en est merveilleux et instantané ; ils gravissent aussitôt et sans la moindre difficulté les hauteurs les plus inaccessibles. Que ce soit dans l’un ou l’autre but, les arsenicophnges commencent toujours par la minime dose d’une très petite lentille, qu’ils avalent plusieurs fois par semaine, le matin à jeun, pour s’y habituer. Ils augmentent ensuite progressivement au fur et à mesure du besoin. On en voit beaucoup avaler de 25 à 30 centigrammes d’acide arsénieux par jour.

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Dans les pays que nous venons de citer, on donne aussi de l’arsenic aux animaux. Les bœufs, les cochons engraissés en mêlant dans leurs breuvages un peu de poudre d’arsenic, augmentent très vite de volume, mais chose bizarre, ils ne gagnent pas en poids dans de semblables proportions.

Un peu partout, les palefreniers, les cochers, les maquignons, mêlent souvent à la ration d’avoine une prise de poudre d’arsenic (du volume d’un gros pois) afin de procurer à leurs chevaux de la souplesse, de l’agilité, un aspect luisant et l’écume à la bouche. Les chevaux poussifs en retirent les meilleurs effets. Mais, chose remarquable, et qui prouve bien l’efficacité de la substance toxique, dès qu’on cesse le remède, l’animal maigrit, perd la gaieté et n’acquiert plus la même apparence qu’il avait auparavant, pour si bonne que puisse être la nourriture qu’on lui donne, ainsi que l'ont fort bien observé et constaté Trousseau et Pidoux. D' Marc Cambouuves.

ARSÉNIEUX (AciDEi. — Chimie. — L’acide arsénieux se présente sous deux états différents : l’état amorphe sous lequel il constitue l’arsenic vitreux, et l’état cristallisé sous lequel il constitue l’arsenic porcelaine: mais, avec le temps, il devient opaque de la périphérie au centre, cristallise, semblable à de la porcelaine, et c’est sous cette dernière forme seulement que les médecins en font un fréquent usage. L’acide arsénieux est volatil, inodore, insipide, laissant après lui un arrière goût d’âpreté. Il exhale, lorsqu’on le projette sur des charbons ardents, une forte odeur d’ail caractéristique. Peu soluble dans l’eau froide, un peu plus dans l’eau bouillante, ce corps est beaucoup plus soluble dans l’alcool et dans les huiles.

Effets. — Considéré au point de vue de son usage ■externe, l’acide arsénieux présente ceci de particulier, qu’il n’agit pas de la même manière sur les tissus vivants et sur ceux qui sont privés de la vie. Tandis qu’il momifie le cadavre et le conserve indéfiniment, témoin ces terres arsenicales qui conservent les morts intacts pendant de longues années, il désorganise les tissus vivants avec lesquels il est mis en contact, à moins qu’il ne soit dissous dans une grande quantité de liquide et, dans ce dernier cas, il agit comme stimulant et est prescrit le plus souvent en bains contre diverses maladies de la peau.

Mais il ne faudrait pas croire qu’employé à l’état de pureté, il cautérise brutalement et de la même manière tous les éléments constitutifs de notre organisme. comme le font le fer rouge et les acides concentrés. Il est un fait d’observation que son action escharotique sera d’autant plus prononcée que la vitalité du tissu à traiter sera moindre. Ainsi, il produira des désordres plus profonds et plus rapides dans les tissus exsangues que dans ceux qui sont pourvus d’un riche réseau vasculaire sanguin. D’où le nom de Caustique intelligent qui lui a été donné par certains auteurs. Les cellules naturellement caduques, comme celles du cancer encéphalo’ide, du lipôme, des tumeurs fibro-plastiques, seront radicalement brûlées jusque dans les profondeurs des régions affectées, alors que les parties environnantes resteront intactes.

I Administré par la bouche, l’acide arsénieux agit différemment, suivant qu’il est donné à des doses ! altérantes, à des doses fébrifuges ou à des doses f toxiques. Les doses altérantes sont les mieux supportées et pendant un plus long espace de temps. Elles stimulent l’appétit, facilitent la digestion, produisent de l’embonpoint, de la fraîcheur, de l’agilité. Sous leur influence, la respiration devient plus lente, plus facile, le pouls moins fréquent, la température s’abaisse, la chaleur animale diminue, ainsi que la production de l’urée et de l’acide carbonique; en d’autres termes, les oxydations se ralentissent, ce qui prouve que l’arsenic est un médicament d’épargne, un vrai modérateur de la nutrition, comme l’alcool et le café, ainsi que l’ont écrit les professeurs Germain Sée et Gubler. Il s’élimine par les urines, par la peau, par les glandes salivaires où on le retrouve dans ces excrétions au moyen de l’appareil de Marsh. La tolérance pour ce médicament dépend de la maladie que l’on a à traiter. Un sujet sain n’en supporte ordinairement que de très faibles doses ; il en est de même du plus grand nombre des sujets malades. On doit faire une exception cependant pour les individus atteints de fièvres intermittentes qui retirent de bons effets de doses relativement assez fortes. Toutefois, si l’on va un peu trop loin, on observe tous les symptômes de l’empoisonnement. (Voir plus bas).

Usages. — Si donc l’arsenic agit en diminuant les oxydations, la calorification, le pouls et la température, on conçoit qu’il rendra des services contre l’exaltation de la combustion respiratoire, et tous les états de congestion et d’inflammation, avec ou sans mouvement fébrile. C’est ce qui arrive en effet et c’est ce qui fait qu’en s’en sert tous les jours avec avantage contre la phtisie pulmonaire, l’angine de poitrine, l’asthme, la congestion cérébrale, le rhumatisme noueux, l’herpétisme, les dartres, la chlorose, la chorée, le diabète et les cachexies. Mais si l’on veut réussir dans le traitement, l’on ne doit pas dépasser les faibles doses de 2 à 5 et 10 milligrammes donnés à plusieurs reprises dans le courant de la journée. On peut continuer ainsi pendant des mois entiers, avec quelques jours de repos seulement, et donner ce remède au début du repas.

Il est pourtant une exception à cette règle qui réclame ordinairement des quantités plus fortes d’arsénic, c’est lorsqu’on a à se rendre maître promptement d’un accès de fièvre maligne ou d’une fièvre intermittente rebelle à tout autre traitement. Il est bon alors de faire prendre 2 à 5 centigr. d’emblée dans les vingt-quatre heures, par doses fractionnées, dont la dernière doit être ingérée au moins deux heures avant le moment présumé de l’accès, ainsi que le recommandent Boudin, Maillot, Frémy et nombre de médecins français et étrangers. 11 faut, toutefois, avec de telles doses, ne pas se départir d’une cer- ^ taine prudence pour éviter les symptômes toxiques.

L’emploi de l’acide arsénieux n’est pas seulement usité à l’intérieur, il est encore prescrit à l’extérieur I pour détruire les tumeurs cancéreuses superficielles, guérir les lupus, les ulcères invétérés, les dartres , rongeantes. 11 est en outre usité, sous forme de I bains, contre un certain nombre de maladies de I peau rebelles aux traitements ordinaires.

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A l’intérieur, les modes d’administration de l’acide arsénieux sont assez variables. La poudre se prescrit mélée à du sucre par paquets que l’on fait prendre dans de l’eau, du café ou de la tisane. La solution se prescrit d’ordinaire sous forme de Liqueur de Füwler, dont voici la formule :

Acide arsésicux 0,50 centigr.

Carhonate de potasse 0,50 —

Eau distillée 50 grammes.

Alcool de mélisse composé 1 gr. 50

et s’administre à la dose de 5 à 10 et 15 gouttes dans le courant de la journée, dans un verre d’eau. Les granules, décorés par Trousseau du nom de Granulff de Dioscorides, pour que les malades pusilla- ^ mines les prennent sans se douter de leur contenu, ces granules, dis-je, contiennent 1 milligramme chacun de principe actif et sont très usités, soit comme altérants, soit comme fébrifuges à la dose de 2 à 10 et 30 par jour.

A l’extérieur, les lavements sont le meilleur moyen de faire supporter l’arsenic, lorsque l’estomac est d’emblée d'une irritabilité excessive et lorsqu’il a cessé de tolérer même de faibles doses. On peut l’administrer d’après la formule suivante :

Acide arsénieux 0,05 centigr.

Eau tiède 50 grammes.

Une cigarette de papier arsénié dont on avale la fumée peut rendre des services contre l’asthme et le catarrhe pulmonaire chronique. Les bains sont utiles contre le proriasis, le lichen et les maladies de peau rebelles aux autres traitements. La pommade a été essayée, mais rarement contre les dartres invétérées. La poudre arsenicale faible de Rousselot et la poudre forte du frère Côme, la première contenant 1/23°, la seconde 1/8 ' de leur poids d’acide arsénieux sont de puissants escharotiques capables de détruire les petites tumeurs et de cicatriser les surfaces ulcérées. D' Marc Caubouuves.

Empoisonnement. — Médecine légale. — Cette substance redoutable a été de tout temps employée dans l’empoisonnement criminel, c’est à l’aide de l’acide arsénieux que le pape Alexandre VI et sa fille, la trop célébré Lucrèce Borgia, commirent les nombreux crimes qui leur sont imputés. Dans ce siècle, l’arsenic a fait un nombre de victimes considérable. Sur 617 empoisonnements criminels observés en France de 1851 à 1864, 232 ont été causés par cette substance (Tardieu).

Ces faits justifient pleinement l’importance qu’on accorde, en médecine légale, à cet empoisonnement et les mesures administratives pri.ses par l’autorité pour empêcher la vente du poison. D’après les ordonnances du 26 octobre 1846 et du 28 mars 1848, l’arsenic et ses composés ne peuvent être vendus par les pharmaciens que combinés avec d’autres substances (si ce n’est pour l’usage de la médecine), et les formules de ces préparations ont été rédigées par les professeurs de l’École de pharmacie, pour celles qui servent à la destruction des animaux nuisibles et, par les professeurs de l’École d’Alfort, pour

' celles qu’on emploie dans la médecine vétérinaire. La vente de l’arsenic et de ses composés est interdite pour le chaulage des grains, l’embaumement des corps et la destruction des insectes. Depuis l’appli cation de ces mesures, le chiffre des empoisonnements par l’arsenic a considérablement diminué; ce chiffre qui atteignait 33 pour l’année 1834, est descendu à 3 en 1860.

C’est le plus souvent l’acide arsénieux qu’emploient les criminels. Cette substance se prête d’autant plus à leurs desseins qu’elle est incolore et n’a qu’une saveur peu prononcée qui permet de la mélanger aux aliments solides ou liquides sans produire de changements notables. 11 est difficile de déterminer d’une manière précise la dose nécessaire pour produire l’empoisonnement. Abstraction faite de l’habitude [araenicophagps), on peut admettre avec M. Lachèse, que 6 milligrammes d'acide arsénieux peuvent produire des accidents légers, 1 à 3 centigrammes, des symptômes d’empoisonnement, 3 à 10 centigrammes, la mort.

Le poison arsenical est toujours administré par les voies digestives dans les empoisonnements criminels, mais il peut être absorbé par les plaies (emploi des caustiques arsenicaux), par la peau (pommades), par les voies respiratoires (poussières, papiers peints, etc.).

On cite quelques cas dans lesquels le poison a été introduit par la muqueuse vaginale et, d’après Zacchias, Ladislas, roi de Naples, aurait été empoisonné par son membre viril qui aurait absorbé de l’acide arsénieux introduit dans le vagin de sa maîtresse.

Nous allons d’abord étudier l’intoxication produite par le type des poisons arsenicaux : Y acide arsénieux.

Tardieu admet quatre formes distinctes dans l’empoisonnement par l’arsenic au point de vue de la marche des symptômes : les formes suraiguë, latente, subaigue et lente. Nous pensons, avec M. Rabuteau, que cette division peut être simplifiée et qu’il n’y a en réalité à considérer que deux formes d’empoisonnement par l’arsenic : une forme aiguë et une forme lente.

Dans l’empoisonnement aigu, le malade éprouve une sensation d’àcreté et une constriction spasmodique de la gorge accompagnée d’une déglutition douloureuse et d’une ardeur qui s’étend d’une extrémité à l’autre des voies digestives. Viennent ensuite des vomissements abondants composés d’abord des substances alimentaires qui ont pu être ingérées et dans lesquelles on trouve quelquefois de l’acide arsénieux, puis des matières blanchâtres. La soif est intense et l’on observe souvent de la diarrhée cholériforme ou dysentérique.

A mesure que l’absorption s’effectue, les symptômes s’aggravent ; abattement, prostration, altération des traits, refroidissement de la peau, petitesse du pouls, crampes dans les membres, suppression des urines. Le ventre est dur, ballonné, la langue devient rouge et sèche, la cyanose survient, la respiration s’embarrasse, la face et les extrémités bleuissent et la mort arrive au bout de peu de jours. On observe vers le deuxième jour des accidents du côté de la peau par laquelle le poison s’élimine en

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partie et qui consistent en des taches pétéchiales, des élevures vésiculeuses ou papuleuses, quelquefois de l’ictère. Si le malade ne succombe pas, ces phénomènes diminuent, mais la douleur dans les membres, la gêne dans les mouvements, la paralysie persistent encore et rendent la convalescence extrêmement longue et difficile.

« La forme lente de l’empoisonnement, dit Tardieu, résulte le plus souvent de l’administration des doses répétées et successives du poison. » On observe des alternatives de malaise et de santé après chaque ingestion de poison, qui finissent par jeter le malade dans un état de maigreur considérable et par produire une apparence de vieillesse anticipée. Vomissements fréquents, digestions difficiles, coliques violentes, vertiges, lassitude, hémorrhagies variées, taches pétéchiales, éruptions miliaires ou pustuleuses, contracture des doigts et des orteils, rachialgies, arthralgies, tremblements, tels sont les symptômes variés et complexes de l’empoisonnement lent par l’arsenic.

Les lésions cadavériques portent principalement sur le tube digestif, les organes parenchymateux, la peau et le sang.

L’estomac porte les traces d,une inflammation plus ou moins violente; la membrane muqueuse est rouge et présente des plaques arrondies d’un rouge violacé formé par une infiltration sanguine sous-muqueuse. La muqueuse de l’intestin grêle présente des lésions analogues, mais moins prononcées et qui sont généralement limitées au duodénum.

Le foie et les reins présentent souvent les altérations caractéristiques de la stéatose (V. ce mot). Les poumons sont engorgés ou parsemés,à leur surface, d’ecchymoses sous -pleurales larges et diffuses; ces mêmes taches ecchymotiques se rencontrent fréquemment sous le péricarde et l’endocarde (Tardieu).

On croyait autrefois que l’arsenic accélérait la décomposition des cadavres; mais une opinion contraire a été soutenue récemment par plusieurs observateurs, notamment par Tardieu. On peut admettre que si l’arsenic a été absorbé en quantité notable, il retarde la décomposition du cadavre; mais, dans le cas contraire, il est probablement sans action sur les phénomènes de la putréfaction.

Le traitement de l’empoisonnement par l’arsenic consiste à favoriser l’évacuation du poison par les vomissements. Pou\‘ cela, il faut faire ingérer une jrande quantité d’eau tiède ou d’eau albumineuse; idmini.strer la magnésie à haute dose : elle précipite l’acide arsénieux à l’état d’arsenite insoluble, )uis elle purge sans irriter. Le sesquioxyde de fer lydraté, le sesquisulfure de fer hydraté ont donné le bons résultats. Lorsque le poison est absorbé, il faut le chasser le plus rapidement possible par les urines et par la peau. Orfila a proposé pour cela le mélange suivant : •

Eûu 3 litres.

Vin blanc 1^2 litre.

Eau de selz 1 litre.

Nitrate de potasse 30 à 40 grammes.

On frictionnera ensuite le malade, afin d’activer la circulation.

Parmi les autres composés arsenicaux employés à divers usages dans l’industrie et pouvant donner lieu à des accidents toxiques qui se rapprochent de ceux que nous venons de décrire à propos de l’acide arsénieux, nous signalerons seulement le bisulfure d'arsenic (réalgar), le trisulfure d'arsenic (orpiment) et Yarsenite de cuivre (vert de Schweinfurt, vert de Scheelle).

Nous ne croyons pas devoir parler ici des moyens à employer pour la recherche de l’arsenic dans les expertises médico-légales, lorsqu’on soupçonne qu’un individu a été empoisonné par l’arsenic, l’exposé technique des procédés chimiques usitées ne rentre ni dans l’esprit, ni dans le cadre de ce dictionnaire.

D' A. Lütaod.

ARTËRES. — Nom donné par les anatomistes à des canaux élastiques et contractiles, destinés à porter le sang qui vient du cœur, dans tous les organes de l’individu. Toutes les artères du corps humain proviennent de deux troncs principaux qui sont ; Yartère pulmonaire et Yartère aorte.

Vartère pulmonaire a son origine dans le ventricule droit du cœur et se ramifie dans les poumons;, eUe porte le sang noir ou veineux du cœur aux poumons. Vartère aorte a son origine dans le ventricule gauche du cœur et porte dans tous les organes du corps le sang rouge ou artériel, vivifié par l’oxygène de l’air dans les poumons. Chacun de ces deux troncs se subdivise en canaux dont le calibre devient de plus en plus petit et qui ont reçu les noms de branches, rameaux, ramuscules et capillaires.

Les artères ont une forme cylindrique et sont constituées par trois couches concentriques appelées : tunique externe, tunique moyenne et tunique interne, à raison de leur position. La tunique externe est formée de tissu conjonctif mêlé à des fibres élastiques, qui s’entrecroisent et forment une espèce de feutrage, résistant à la traction dans tous les sens, et susceptible de conserver une dilatation considérable lorsqu’elle a été longtemps distendue. C’est dans son épaisseur que se ramifient les vasor vasorum ou petits vaisseaux nourriciers des artères. La tunique moyenne, d’un blanc jaune, est formée de tissu musculaire et élastique, qui permet à l’artère de se dilater comme se dilaterait un tube en caoutchouc et qui, comme lui, revient sur luimême. Seulement, la dilatation est moins étendue dans le sens longitudinal que dans le sens transversal. Cette tunique est très fragile, elle se déchire avec la plus grande facilité, soit dans l’extension forcée de l’artère, soit surtout lorsqu’une ligature trop serrée a été faite autour de celle-ci. tunique interne est de nature séreuse, mince, transparente, fortement adhérente à la tunique moyenne, se déchirant facilement en long et difficilement en travers. Chez les vieillards, cette tunique devient épaisse et très rigide, et c’est sur ses parois que se forment les dépôts athéromateux et calcaires, dans les cas d’ossification des artères.

La plupart des artères sont plus profondément situées que les veines, ce qui les protège contre les

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violences extérieures. Quelques unes, telles que l’artère temporale à la tempe et l’artère radiale au poignet, du côté du pouce, sont superficielles. C’est même la situation superficielle de cette dernière qui l’a fait choisir pour examiner le pouls (y. Circulation, Pouls).

Les artères sont sujettes à plusieurs maladies ; plaies (v. Hémorrhagies)-, anévrismes (v. ce mot), inflammations (v. Artérite), ossification (v. Alhérome).

D' Paül Labarthe.

ARTÉRIOTOMIE. — Nom donné à la saignée pratiquée sur une artère ; très fréquente dans l’antiquité, cette opération est aujourd’hui à peu près complètement abandonnée. Cependant, on a tout récemment proposé la saignée de l’artère temporale dans les apoplexies, (v. Saignée.) p. L.

ARTÉRITE. — On appelle ainsi l’inflammation partielle ou générale, circonscrite ou diffuse d’une artère, c’est-à-dire affectant une ou plusieurs des membranes qui en constituent les parois. C’est une affection assez rare. P. L. .

ARTHRITE. — L’arthrite est l’inflammation des articulations. C’est une affection qu’on rencontre fréquemment dans la pratique et qui se présente sous les formes les plus variées. Elle peut être AIGUE ou CHRONIQUE.

Arthrite aiguë. — Un traumatisme peut la provoquer, comme elle peut aussi survenir sous l’influence d’une cause interne, de la diathèse rhumatismale par exemple, ou dans le cours d’une maladie grave telle que la fièvre typhoïde ; mais qu’elle soit primitive ou consécutive, traumatique ou spontanée, les symptômes qu’elle présente sont à peu de chose près les mêmes.

L’inflammation est le plus souvent bornée à la membrane synoviale de l’articulation. 11 y a au début une simple congestion, puis bientôt apparaît un épanchement séreux, quelquefois séro-sanguinolent. Ces altérations ne restent pas bornées à la synoviale mais s’étendent aux gaines tendineuses et se propagent même au tissu cellulaire environnant. C’est Varthrite aiguë avec épanchement, celle que l’on observe le plus fréquemment. Mais il est une autre forme dans laquelle l’épanchement n’a pas lieu, c’est Varthrite aiguë sèche. Enfin ces deux variétés peuvent, l’une comme l’autre, se terminer par suppuration, et alors on a l’arthrite purulente, dans laquelle la synoviale ne tarde pas à s’ulcérer, à se perforer et livrer passage au pus qui s’infiltre dans le tissu cellulaire et donne naissance à des abcès de voisinage.

Les premiers symptômes sont la douleur, la gêne dans les mouvements de l’articulation. La douleur est le plus souvent atroce, intolérable et s’exaspère à la moindre pression. Puis l’épanchement venant à se produire, l’articulation est déformée, surtout si elle est superficielle, et l’on peut alors percevoir de la fluctuation. Cette déformation provoquée par la distension de la synoviale varie, du reste, avec chaque articulation. Si le tissu cellulaire a participé à l’inflammation, la peau devient rouge, sinon elle conserve ses caractères nor-

maux; mais de toute façon, il y a une notable élévation de température, appréciable même à la main.

La présence de cet épanchement fait que le malade prend instinctivement une position telle que la douleur puisse être supportée : de là ces variétés d’attitude dans lesquelles s’offre aux yeux du médecin le membre malade, mais qui se trouvent toujours rangées dans une moyenne entre la flexion et l’extension. Cette position est même, dans certains cas, maintenue fixe par une sorte de contraction musculaire qui s’accentue davantage et s’exaspère si on tend à redresser la jointure Comme phénomènes de voisinage on trouve du gonflement, de l’œdème s’étendant plus ou moins loin au-dessus et au-dessous de l’articulation et pouvant même envahir le membre entier.

Si l’arthrite est peu intense, il n’y a pas pour ainsi dire de symptômes généraux, mais pour peu qu’elle soit aiguë, elle s’accompagne de fièvre, de frissons, en un mot d’une réaction générale plus ou moins violente et qui peut même aller jusqu’au délire.

L’arthrite aiguë est une affection de longue durée. 11 faut souvent attendre des mois entiers avant que la résolution n’arrive, et on passe alors par des alternatives de diminution et d’aggravation des symptômes, survenant quelquefois sans cause apparente. Quant à ce qui est de la disparition de la raideur articulaire et du retour complet de l’intégrité des mouvements, il faut une période de temps bien plus longue.

Mais je ne parle ici que des cas, heureusement assez fréquents, où la maladie a une terminaison favorable; car, dans certains autres, l’ankylose est encore un résultat qu’on ne doit pas dédaigner. Quelquefois l’acuité de l’inflammation est telle qu’elle détermine rapidement la suppuration. Or, lorsque l’arthrite suppure, il peut se foire que le pus perfore la synoviale et se fasse jour à l’extérieur, en se traçant un trajet presque direct à travers les téguments ; l’articulation alors se vide, comme le fait un abcès ordinaire, et on ne voit survenir aucun accident général fâcheux. Mais il peut se faire aussi que la synoviale s’étant déchirée, rompue, par le travail ulcératif que produit toujours le pus quand on ne lui donne pas issue au dehors, ce pus, au lieu de continuer son trajet à travers le tissu cellulaire jusqu’à la peau, fuse dans ce tissu cellulaire et aille porter plus ou moins loin des ravages toujours sérieux, disséminant de ci, de là, des foyers d’abcès, déterminant des décollements plus ou moins étendus, abcès qu’il faut ouvrir, décollements qu’il faut réparer à grand’peine, et mettant ainsi la vie du malade en danger ou par la menace toujours pressante de l’infection purulente, ou par l’épuisement lent et progressif causé par une suppuration intarissable.

De toutes façons on voit donc que l’arthrite aiguë est une grave maladie.

Le diagnostic en est aisé. La douleur, le gonflement, la gêne limités aux mouvements de l’articulation, les circonstances qui ont présidé au développement de l’inflammation suffisent pour lever toutes les difficultés et différencier l’arthrite de l’inflammation du tissu cellulaire sous-cutané, des inflammations qui ont pour point de départ les

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bourses séreuses ou les synoviales tendineuses avoisinantes. L’erreur pourrait se faire à la rigueur avec les ostéites, car de prime abord toute l’articulation paraît tuméfiée. Mais là encore le siège de la douleur et du gonflement n’est plus le même. Le gonflement a son maximum au-dessus et au-dessous de l’interligne articulaire, il existe sur l’os et non pas au niveau de l'articulation proprement dite. Quant à la douleur, on ne la détermine pas en pressant la synoviale, mais bien en touchant l’os lui-même; certains mouvements articulaires s’accomplissent aisément, sans la provoquer, et de plus le membre ne prend pas cette position caractéristique que j’ai signalée et qui le met dans une sorte d’attitude moyenne entre la flexion et l’extension.

Reste à établir la cause de l’arthrite, et pour ce faire c’est aux antécédents et à l’ensemble des symptômes généraux qu’il faut avoir recours.

Quant au traitement, c’est le traitement chirurgical dont nousallons parler surtout, n’ayant pour ainsi dire en vue que l’arthrite aiguë traumatique, car, pour les autres, c’est un traitement spécial qui convient et qui sera décrit aux articles goutte, rhumatismf', etc.

Ce que l’on doit rechercher, c’est de faire cesser les accidents inflammatoires, diminuer la douleur, redresser le membre, le mettre dans sa position normale et rétablir les mouvements assez à temps pour que l’ankylose, ou tout au moins les raideurs consécutives, ne soient pas à redouter. Ce sont des indications multiples, mais qui, cependant, rentrent à peu près dans le même cadre.

Tout d’abord, il faut redresser le membre et l’immobiliser. Le redressement est souvent tellement douloureux qu’on doit endormir le malade pour l’effectuer. Une fois opéré, dans quelle position faut-il placer le membre, pour n’avoir pas à redouter de complication? Cela dépend évidemment des articulations, et pour ne prendre que deux exemples, le coude et le genou, qui sont les articulations les plus fréquemment attaquées, nous croyons qu’il sera bon de mettre le coude à angle droit et de donner au genou une extension non pas forcée, mais presque complète. De la sorte, si par malheur l'ankylose venait à s’établir, la déformation ne serait point par trop gênante.

D faut alors immobiliser le membre dans la position qu’on a choisie et qu’on lui a assignée, car sans cela le malade reprendrait instinctivement la position anormale qu’il occupait auparavant. Or rien n’est préférable au bandage inamovible pour le coude et à la gouttière pour le genou. Ces appareils doivent être assez bien assujettis pour qu’aucun mouvement ne puisse être effectué et doivent être établis de telle sorte que l’articulation soit toujours à découvert, dans le but de surveiller si des complications menaçaient de surgir et dans le but non moins important d’appliquer sur cette articulation des topiques, des émollients, des antiphlogistiques qui deviennent le complément des manœuvres auxquelles on vient de se livrer.

Si l’arthrite est purulente, il faut se hâter d’agir, car ici l’intervention chirurgicale prompte et énergique est la, seule chance que l’on ait d’échapper sinon à la ir ort, du moins à l’amputation ou à la ré-

section. L’indication primordiale est de donner issue au pus et d’ouvrir largement l’articulation, car aujourd’hui, grâce aux progrès de la chirurgie antiseptique, l’ouverture d’une articulation, même celle du genou, n’est plus chose grave. Si l’inflammation s’est étendue trop loin, si des fusées, purulentes et des décollements existent en trop grand nombre , il faut réséquer , surtout si les désordres osseux remontent trop haut, et dans certains cas il faut même ne pas hésiter et pratiquer l’amputation du membre.

Arthrite chronique. — Nous dirons peu de chose del’arthrite chronique qui souvent n’est qu’une suite i de l'arthi ite aigue, car lorsque elle se montre dès le début avec son caractère propre, elle constitue le plus souvent V hydarthrose et la tumeur blanche qui seront décrites en leur place. (V. Coxalgie, Hydarthrose, Tumeur blanche.) Nous ne parlerons ici que de la variété connue sous le nom d^arthrite sèche ou déformante.

L'arthrite sèche ou arthrite déformante peut occuper toutes les articulations, mais c’est surtout à la hanche et au genou qu’on l’a signalée. Sur un même sujet, plusieurs articulations peuvent être atteintes ou bien une seule est affectée. Il est malaisé d’établir la nature de l’arthrite sèche, bien que la diathèse arthritique paraisse en être la cause la plus fréquente.

Les lésions attaquent toutes les parties constituantes de l’articulation et modifient d’une manière remarquable la forme et les rapports des surfaces articulaires. L’altération principale de la membrane synoviale consiste, d’une part, dans une tendance générale à la destruction, et d’autre part en la production de végétations, sortes de papilles développées aux dépens des franges synoviales hypertrophiées. La synovie est presque complètement tarie et alors les cartilages articulaires s’altèrent, s’usent sous l’influence des frottements et des pressions réciproques que rien ne vient amortir. En d'autres points, ces mêmes cartilages sont le siège d’épaississements, d’ossifications et ces surfaces articulaires ne tardent pas à s’éburner. Les os sont, eux aussi, profondément modifiés dans leur forme et dans leur volume, et il n’est pas rare de constater des luxations ou plutôt des subluxations. Ces changements que subissent les os résident surtout dans la formation de produits nouveaux qui se déposent autour des surfaces articulaires, productions nouvelles qui, d’abord molles et comme gélatineuses, subissent graduellement la transformation osseuse.

Ces altérations restent limitées à l’extrémité et, ne se propageant jamais au reste de l’os, ne s’accompagnent ja.niais ni de ramollissement, ni de suppuration.

Les ligaments et les capsules fibreu.ses s’altèrent également, se détruisent, ou subissent des transformations cartilagineuses et osseuses.

Les symptômes de cette affection, sont pendant très longtemps bien difficiles à apprécier et à caractériser, car l’arthrite sèche a une marche lente et insidieuse. La douleur irrégulière au contraire, n’apparaissant, qu’à des intervalles souvent très espacés et sans cause connue, est fréquem-

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ment mise sur le compte d’une diathèse rhumatis- I male. Ce|)endant elle offre cette particularité iiité- I ressante d'ètre spontanée et d'être indiftérente à la [ pression et aux mouvements de l’articulation. Quant à la déformation, elle survient aussi très lentement et, comme la douleur, elle affecte les formes les plus variables. Elle est occasionnée, ainsi que nous l’aTOns fait pressentir, par le développement des stalactiques osseux qui se forment autour de l’articulation ; mais une fois qu’elle a commencé, elle a la plus grande tendance à s’accroître.

Un des n)eilleurs signes est la conservation des mouvements, malgré la déformation et malgré la douleur, conservation des mouvements qui s’accompagne d'un autre symptôme presque aussi précieux que le premier, je veux parler de bruits par- I ticuliers que l'on perçoit aisément, pendant le temps même que ces mouvements s’effectuent. Au début, ces bruits ont de l’analogie avec celui que produirait, par exemple, le frottement de deux morceaux de I velours rugueux. Puis, il' deviennent plus râpeux,

I plus rudes, jusqu’à ressembler à une véritable crépitation et à une sorte de craquement. Cette crépitation, ces craquements sont également perçus I par le malade et par le chirurgien et sont dus à I l’éburnation des surfaces articulaires.

. La marche de l’arthrite sèche est, ainsi que je l’ai dit, lente et insidieuse, mais jamais elle ne rétrograde.

Comme on vient de le voir, la meilleure ma- ; nière d’établir un diagnostic, c’est de ne s’apj puyer que sur deux signes, la déformation et les I bruits de craquements quand on fait exécuter les I mouvements à l’articulation. Le premier de ces signesest apparent pour les articulations superficielles ; (coude, genou) ; mais pour la hanche, par exemple, j il est a4é de pressentir qu’un seul signe sera de t quelque"^ utilité, c'est la présence de la crépitation et des craquements.

Maladie lente et progressant toujours, l’arthrite ! sèche ne peut être guérie par aucun traitement. C’est donc aux palliatifs qu’il faut avoir recours et surtout aux eaux minérales de Plombières, de Néris, de Cauterets, et Barèges , par exemple.

D' Albert Beugeron.

ARTHRITIS ou ARTHRITISME. — On donne le I nom d’arthritis ou arthritisme à une maladie cons- I titutionnelle, générale, non contagieuse, mais pres- 1 que toujours héréditaire, donnant naissance à la goutte et au rhumatisme, qui se manifestent du côté (les articulations par la tendance à la formation de dépôts appelés topkus\ du côté des viscères, par de la dyspepsie, des inflammations du foie, des reins (gravelle) de la vessie, des poumons (asthme, bronchite chronique); du côté du système nerveux, par des migraines, des névralgies; du côté de la peau, par des arthritides sèches ou humides (herpès, urticaire, zona, etc.). (V. ces différents mots.) P. L.

ARTICHAUT. — Plante de la famille des cynorocéphales, dont le calice charnu constitue un légume vert qui joue un certain rôle dans notre alimentation. L’artichaut est un aliment sain, agréable, d’une saveur relevée et légèrement âcre, d’une di-

gestion facile et qui, par suite, convient à tous les estomacs, même à celui des convalescents.

On a jadis vanté le suc d’artichaut en médecine comme diurétique, antirhumatismal et antifébrile. En réalité, ce légume ne possède aucune de ces propriétés thérapeutiques. P- L-

ARTICLE. — Nom donné quelquefois par les anatomistes aux articulations mobiles. P- L.

ARTICULATION — Anatomie. — Nom donné parles anatomistes aux divers modes d’union ou d’assemblage des os du squelette, qu’ils soient ou non mobiles l’un 'sur l’autre. On distingue trois sortes d’articulations : les diarthroses, les syvarthroses et les airiphiarthroses.

Les diarthroses sont des articulations mobiles qui comprennent toutes les articulationss qui peuvent exécuter des mouvements étendus. Ce sont les plus nombreuses, puisqu’elles comprennent les articulations des membres et d’une grande partie du tronc, i telles que celle de la cuisse avec le bassin, du bras avec l’épaule, etc.

Les synarlhroses sont les articulations à surfaces contiguës qui sont immobiles, telles que celles des os du crâne et de la face.

Les amphiari hroses sont des articulations mixtes, en partie continues et en partie contiguës, grâce à du tissu fibreux interposé entre les surfaces articulaires, telles que les articulations des vertèbres et des os du bassin.

Les articulations mobiles sont constituées par divers éléments, qui sont : 1“ les extrémités osseuses, 2° les membranes synoviales •, 3° les ligaments.

Les extrémité.^ osseuses présentent pour les articulations des renflements très prononcés, et leur configuration varie selon les points où elles se mettent en contact. Les deux extrémités qui concouren à former une articulation ont deux surfaces de forme inverse : ainsi, une tête est reçue dans une cavité dont la profondeur mesure généralement le volume de cette tête osseuse.

Les surfaces osseuses articulaires ne frottent pas directement les unes sur les autres ; elles sont garnies d’une couche plus ou moins épaisse d’une substance élastique et résistante, appelée cartilage par les anatomistes et croquant par le vulgaire, qui permet aux extrémités osseuses de se mouvoir et de tourner ou glisser les unes sur les autres avec plus ou moins de facilité.

La membrane synoviale est une membrane séreuse, spéciale, lisse et résistante, qui sécrète un liquide légèrement jaunâtre, filant, appelé synovie, à cause de son analogie avec le blanc d’œuf, destiné à lubréfier les cartilages et à faciliter le glissement des surfaces articulaires les unes sur les autres. C’est ce liquide qui manque dans l’arthrite sèche, et toutes les fois que des craquements particuliers se produisent dans les articulations.

Les ligauients, qui vont d’un os à l’autre et qui ; les assujettissent en limitant leur écartement, sont formés de fibres blanches, nacrées, très résistantes, flexibles et en même temps dépourvues d'élasticité. Ils affectent des formes variées suivant les articulaj tiens. Ils sont disposés en capsule comme dans

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l’articulation de la hanche et de l’épaule, ou en bandelettes comme aux doigts et aux pieds. La face interne des ligaments est en rapport avec la cavité articulaire et tapissée par la membrane synoviale ; leur face périphérique adhère très intimement aux muscles, au tissu cellulaire et aux tendons; enfin, leurs extrémités sont fortement adhérentes au périoste qui recouvre les os.

Lorsque, par suite d’une violence extérieure, les ligaments sont fortement distendus, ils donnent lieu à des déplacements plus ou moins prononcés des surfaces articulaires, qui ont reçu les noms d’entorse et de luxation. Quelquefois même, si la distension est trop considérable, les ligaments peuvent se rompre. L’habitude finit par donner aux ligaments, chez certains individus, tels que clowns et acrobates, une très grande souplesse. Tout le monde a vu dans les cirques ou sur les champs de foire des hommes-cerceau et des hommes-serpent, ainsi nommés à cause de leur prodigieuse agilité.

Les articulations immobiles sont en général dépourvues de synoviale et de cartilages articulaires, car elles se font par suture des pièces osseuses les unes avec les autres.

Anomalies et vices de conformation des articulations. (V. Luxations.)

Contusion des articulations. (V. Entorse.)

Inflammation des articulations. (V. Arthrite, Coxalgie, Hydarthrose, Tumeur blanche.)

Plaies des articulations. — Les plaies des articulations peuvent être pénétrantes ou non pénétrantes.

Les PLAIES NON PÉNÉTRANTES ne présentent le plus souvent aucune indication particulière et doivent être traitées comme toutes les autres plaies. Si la plaie est simple, occasionnée par un instrument piquant ou tranchant, il faut immobiliser l’articulation pour tâcher d’obtenir la réunion par première intention, au moyen de bandelettes de diachylon ou mieux de taffetas Marinier, et, si les bords sont très écartés, par des points de suture. Si la plaie est contuse, produite par une arme à feu, accompagnée de perte de substance, il faut aussi immobiliser la jointure et surveiller la cicatrisation pour prévenir une cicatrice vicieuse qui serait gênante pour les mouvements de l’articulation.

Les PLAIES PÉNÉTRANTES, c’est-à-dire celles qui ouvrent la cavité articulaire, peuvent être produites par des instruments piquants (clous, alênes, fleurets, épées, bayonnettes),par des instruments tranchants (sabres, haches, faux, serpes), par des fragments de verre ou de faïence, par des projectiles d’armes à feu, par le passage d’une roue de voiture sur l’articulation, par une chute d’un lieu élevé. Parfois, elles peuvent aussi être produites de dedans en dehors, à la suite d’une fracture, un des fragments de l’os fracturé ouvrant l’articulation.

Les symptômes immédiats des plaies pénétrantes des articulations sont : 1° la douleur; 2* l’écoulement de sang dont l’intensité varie et qui peut se faire à l’extérieur si la plaie est large, ou à l’intérieur même de l’articulation si la plaie est très étroite ; 3° l’écoulement à l’intérieur de la synovie. Ce dernier signe est une preuve certaine de la pénétration.

La marche des plaies pénétrantes des articulations est très variable. Dans certains cas, une large plaie guérit vite, quelquefois même par réunion immédiate; mais, le plus souvent, leur marche est très grave, et dès le quatrième ou cinquième jour on voit apparaître de redoutables complications, telles que l’hydarthrose, l’arthrite suppurée, qui entraîne après elle l’ankylose, la septicémie, le tétanos et la mort.

Devant de pareilles complications possibles, on comprend combien le traitement doit être sérieux.

La première précaution à prendre consiste à empê- 1 cher l’entrée et le séjour de l’air dans la cavité de l’articulation, car sa présence seule peut entraîner de graves accidents. Pour cela, après s’étre assuré qu’il n’y a pas de corps étranger et l’avoir extrait, s’il y en a un, avec les plus grandes précautions, on réunira les bords de la plaie avec des bandelettes agglutinatives de diachylon ou mieux de taffetas Marinier; et si les bords sont trop écartés, par des points de suture; puis, on entourera l’articulation de charpie ou de ouate, maintenue par un bandage roulé, et on placera le membre dans une gouttière pour le maintenir dans l’immobilisation absolue. Si malgré ces précautions l’inflammation survient, il faudra enlever tout le pansement (bande, ouate, bandelettes, points de suture; et, laissant toujours l’articulation dans l'immobilisation, on aura recours aux cataplasmes Hamilton, à l’irrigation continue de la plaie ; on fera observer la diète au malade, on lui fera prendre des boissons acidulées, et on lui administrera des préparations opiacées, sans oublier de toujours tenir le ventre libre à l’aide de purgatifs légers. Enfin si la suppuration s’est établie dans l’articulation, il faut ouvrir largement les abcès, pratiquer des contre ouvertures et appliquer des tubes à drainage pour empêcher le séjour du pus, pratiquer des injections antiseptiques et soutenir les forces du malade par l’usage du bon vin, des préparations de quinquina, du café et des grogs à l’eau de vie.

Disons en terminant que dans les cas de plaies pénétrantes par une balle, lorsque celle-ci est perdue dans l’articulation après avoir occasionné de graves désordres, telles que broiement des extrémités osseuses, déchirure des nefs et des vaisseaux principaux du membre, il ne faut pas hésiter à avoir recours à l’amputation ou à la résection.

D' Padl Labarthk.

ARTIFICIERS (Hygiène professionnelle). — (V. ^

Poudre.)

ARTISTES ET GENS DE LETTRES (Hygiène professionnelle). — (V. Chanteurs, Gens de lettres, Peintres, Sculpteurs.)

ARUM. — Plante herbacée, de la famille des aracées, nommée aussi gouet, pied de veau, herbe à pain, qui croît dans les lieux humides et ombragés.

Les feuilles sont d’un beau vert, grandes et longuement pétiolées, souvent parsemées de taches noires ; les fruits sont de petites baies rouges rangées en épis ; le rhizome est un tubercule blanchâtre, féculent, et s’employait autrefois en médecine.

Cette racine contient, à l’état frais un suc laiteux

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