‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privéeChapitre 53 sur 238 · A SA · texte numérisé non relu

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très âcre et très caustique, qui, appliqué sur la peau, produit une vésication assez forte. Par la dessiccation ce principe caustique disparaît complètement à cause de sa volatilité, à tel point que l’on peut se servir de cette racine sèche pour l’alimentation, ce

qui a lieu en Suède, en Dalmatie et dans d’autres pays. On peut en retirer aussi de l’amidon de bonne qualité. Cette racine a été utilisée en médecine j comme purgatif, antiasthmatique et antiscorbuî| tique, mais aujourd'hui on l’a abandonnée, à cause !■ des accidents que son àcreté peut déterminer.

I Alfred Chardon, ph’'“.

J ARYTHÉNOÏDE. — N om donné par les anato- 1 mistes à deux cartilages du larynx. (V. Larynx.)

ASA-FŒTIDA. — Nom donné à une gomme résine produite par plusieurs plantes de la famille des [ ombellifères, principalement la Jerula asa-fætida et la Jerula narthex, qui croissent abondamment ; en Perse et dans le Turkestan. Cette gomme résine s’extrait de la racine des plantes et se présente sous I forme de masses irrégulières, solides, un peu molles,

I rougeâtres, parsemées de larmes blanchâtres et opaj line.s, dégageant une forte odeur alliacée et d’un ' goût amer et nauséabond insupportable ; ce qui ' n’empèche pas les Persans de s’en servir journellei ment pour assaisonner leurs aliments, à l’instar des ! Romains de l'antiquité qui en frottaient le fond des plats pour relever la saveur de leurs mets, comme on le fait aujourd’hui avec de l’ail en Provence.

. L’asa-fœtida exerce sur les fonctions digestives une action stimulante ; elle agit aussi comme an- ' tispasmodique en modérant l’activité du système I nerveux et en ralentissant la circulation. On lui il attribue enfin une action spéciale sur les voies res-

OlCTlONNAIRB POPULAIRE DE MÉDECINE USUELLE.

piratoires, grâce à laquelle les sécrétions bronchiques se trouvent modifiées par son emploi.

En médecine on emploie l’asa-fœtida contre un certain nombre d’affections. Trousseau et Pidoux la conseillent contre les flatuosités, les coliques venteuses, la constipation des vieillards et des hypochondriaques, sous forme de lavement d’après la formule suivante :

Asa fœtida 5 grammes.

Jaune d’œuf N" 1.

Décoction de guimauve 250 grammes.

On l’ordonne souvent contre l’asthme, la toux spasmodique, le faux croup, le spasme de la glotte; contre les accidents si variés de l'hystérie ; le docteur Lombard, de Genève, l’a préconisée contre les palpitations avec état spasmodique et étouffement, suite d’un commencement de lésion organique du cœur. Dans ces divers cas on peut administrer ce médicament en lavement d’après la formule précédente, ou en pilules, ainsi dosées :

Asa-fœtida i grammes.

Sulfate de morphine 0,15 centigr.

Mucilage de gomme q. s.

Pour 30 pilules, soigneusement dorées pour masquer leur goût désagréable, dont on prendra 1 à 4 par jour. D' Paul Labarthe.

ASARET. — Nom donné à une petite plante de la famille des aristolochiées, à feuilles larges portées par de longs pétioles, à fleurs rouges pourpre foncé, qui pousse dans les bois ombragés et humides, et dont la racine, petite et fibreuse, d’une odeur et d’une saveur fortement aromatique, possède des propriétés purgatives et vomitives remarquables.

Depuis la découverte de l’ipéca l’asaret a été abandonnée par les médecins ; mais, dans nos campagnes, les paysans, qui l’appellent oreillette, oreille d'homme, rondelle ou cabaret, l’emploient encore en infusion pour se purger ou se faire vomir.

D"- Paul Labarthe.

ASCARIDES LOMBRICOÏDES. — Nom donné à une variété de vers intestinaux de la famille des ascaridés, d’une longueur de 13 à 20 centimètres et d’une grosseur de 3 à 8 millimètres, blancs ou un peu rosés, cylindriques, affilés à leurs deux extrémités. Leur bouche triangulaire, pourvue de dentelures microscopiques, est entourée de trois nodules convexes pouvant s’écarter et se rapprocher, et leur extrémité caudale, outre un anus tranversal, présente chez le mâle deux spiculés, et chez la femelle un étranglement génital avec orifice sexuel [fig. 113). Les mâles sont plus petits que les femelles.

Très communs chez les enfants, principalement dans la période de la seconde enfance, et surtout chez ceux qui sont mal nourris, débiles, lymphatiques et scrofuleux, les lombrico'ides sont plus fréquents chez les fillettes que chez les garçons. Ils séjournent ordinairement dans la portion de l’intestin appelée intestin grêle, où leur nombre peut s’élever à plusieurs centaines. Quelquefois, ils remontent le tube intestinal jusqu’à l’estomac. On les a vus même

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remonter dans le pharynx, les fosses nasales, et être rendus par la bouche, dans un vomissement.

Les ascarides lombricoïdes, d'après Davaine, pénètrent dans le tube intestinal à l’état d’œufs déposés sur les fruits et les légumes crus, ou contenus dans les eaux non filtrées.

Très souvent la présence des ascarides lombricoïdes dans l’intestin pas.se inaperçue. D’autres fois, celle-ci se manifeste par différents symptômes. Les enfants éprouvent dès picotements autour du nombril, leur ventre est ballonné, sensible au palper; ils n’ont plus d’appétit, leur langue est blanche, leur haleine fétide ; ils ont des vomissements et passent par des alternatives de diarrhée et

Fig. 115. — Ascaride lombricoïde. — 1 Ascaride. — 2. a. Extré- ■ mité céphalique avec les trois nodules de la bouche —

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