‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privéeChapitre 67 sur 238 · BAU · texte numérisé non relu

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avoir soin de bien se rendre compte exactement, lorsqu'il est consulté, soit pour décider si une

Fig! 162.

Bassin de la femme, avec ses parties molles, vu de haut en bas, et l’avant en arrière.

.V, fin de l’aortJ. — B, veine cave inférieure. — C, artère iliaque

interne naissant de l’iliaque primitive avec l’iliaque externe D.

— E, veine iliaque externe. — F,, muscle iliaque. — G, muscle

psoas. — 11, rectum. — I, Utérus avec ses dépendances. —

K, vessie dont le fond est abaissé pour laisser voir la matrice.

jeune personne peut devenir mère sans danger, soit lorsqu'il est appelé auprès d'une femme en couches. D' P.VUL Labarthe.

BASSINET. — Nom donné par les anatomistes à la partie supérieure des uretères, dans laquelle s’ouvrent les calices du rein (V. Rein). p. l.

BASSINOIRE. — On appelle ainsi un ustensile de ménage, sorte de poêlon de cuivre, dans lequel on met de la braise ou du charbon allumé pour chauffer le lit en hiver. Les malades et les convalescents devraient seuls faire usage de la bassinoire , et encore, lui préférons-nous un fer chaud ou une boule d’eau chaude placé aux pieds du lit. p. l.

BAS-VENTRE. — (Voyez Abdomen.)

BATTEMENT. — Nom donné par les physiologistes au mouvement pulsatile que produisent la contraction et la dilatation alternative du cœur et des artères (V. Cœur, Pouls, Rhythme). On donne encore ce nom en médecine aux pulsations que l’on constate dans les abcès au moment de la formation du pus. p. L.

BAÜCHE (EAUX MINÉRALES DE LA). — (V. La Bauche).

BAUDON (VIN DE). — Le vin de Baudon est un vin médicamenteux spécial, aromatique et agréable, dans lequel l’inventeur, ancien interne des hôpitaux, a associé d’une façon très heureuse deux substances particulièrement actives ; Vantimoine et le phosphate de chaux (V. ces mots) et a ainsi rendu un véritable service aux médecins et aux malades. Ce vin renferme le phosphate de chaux sous sa forme la plus directement assimilable et son union avec l’antimoine en fait un altérant de premier ordre, un véritable régénérateur du sang et réparateur des forces de l’économie.

Dictionnaire populaire de Médeclne usuelle.

Le vin de Baudon, antimonio-phosphaté, convient admirablement dans le traitement de la phthisie pulmonaire. Sous son influence, les tubercules se modifient; l’état général s'améliore rapidement. De nombreuses expériences ont été faites dans les hôpitaux de Paris, à l’hôpital Victoria, de Londres, et sur un grand nombre de malades de la clientèle privée par les docteurs Labbé, Molland, Combault, Worms, Aubrun, Moretin, Commenges, Bergeron, Kastus, de Lyon, etc., et tous les praticiens qui ont employé ce produit, sont d’accord sur les bons résultats obtenus. Ce vin rend l’appétit, arrête les vomissements et la diarrhée, diminue les sueurs, les supprime souvent, modère les crachats et, dans tous les cas, reconstitue le malade en quelque temps, à la condition de le prendre pendant un certain temps que le médecin peut seul apprécier.

Le vin de Baudon convient non seulement dans la phthisie, mais encore dans les bronchites de toute nature qui s’accompagnent d’expectoration, dans les catarrhes des vieillards; il supprime les écoulements muqueux chroniques, coryza, leucorrhée, etc.

Dans l’anémie, le lymphatisme et la scrofule chez les enfants, on obtient, par son emploi, des résultats rapides très manifestes ; il est d’autant mieux indiqué dans ces affections que la faiblesse du jeune âge n’est souvent que le prélude de la phthisie. 11 en est de même dans le rachitisme avec gonflement des extrémités osseuses, qui fait dire généralement que les enfants sont noués; dans les maladies de la colonne vertébrale et des os qui ont souvent pour origine le tubercule; enfin, dans les caries et les nécroses qui s’accompagnent, chez les enfants, de suppurations interminables.

Ajoutons que le vin de Baudon peut encore être très utilement conseillé, pendant la grossesse, à la mère, à laquelle il fournit les matériaux nécessaires au développement du fœtus, et, pendant l’allaitement, à la nourrice, dont il augmente la richesse du lait.

Agréable au goût, facile à prendre, le vin de Baudon peut remplacer l’huile de foie de morue dont il a les propriétés sans en avoir les inconvénients. 11 est préférable de le prendre au moment du repas. Quant à la dose, elle varie, pour les enfants, de 1 à 2 verres à liqueur avant chaque repas, et de 1 à 4 verres à bordeaux pour les grandes personnes.

D'’ L. Saint-.\ntonin.

BAUDRUCHE. — La baudruche, qu’on appelle aussi peau divine, est une pellicule transparente, d’un blanc jaunâtre, très mince, souple, imperméable, offrant comme aspect une grande analogie avec la pelure d’oignon, préparée avec la membrane cellulo- fibreuse des intestins du bœuf et du mouton. La baudruche sert à préparer un appareil spécial, dont les hommes font un grand usage en vue de se préserver, dans les rapports sexuels, de la contagion du pus blennhorhagique et du virus syphilitique (V. Condom). Elle est aussi employée en médecine pour le pansement des plaies, des eschares et surtout des brûlures et des coupures, sur lesquelles on l’applique après l’avoir préalablement humectée. On confectionne avec la baudruche recouverte d’une couche de teinture d’arnica, de

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baume du Commandeur ou de collodion, des taffetas, connus sous le nom de Taffetas vulnéraires Marinier (V.ce mot), excessivement commodes et de beaucoup préférables au taffetas d’Angleterre, aux sparadraps, etc., et dont toute personne prudente devrait toujours avoir un morceau dans sa poche, îii cas d’accident. D' Paul Labarthe.

BAUME. — On donne ce nom à des substances résineuses solides, demi-solides ou liquides contenant de l’acide benzoïque ou de l’acide cinnamiqiie réunis ou séparés, et une huile essentielle d'odeur agréable. Les principaux baumes naturels sont ; le baume du Pérou, le benjoin, le tolu, le styrax (V. ces mots).

On donne encore le nom do baumes à des préparations pharmaceutiques constituées par des solutions do substances médicamenteuses très variées dans l’éther, l’alcool, les huiles. Les baumes les plus connus et les plus usités en tliérapeutique sont ; les baumes du Commandeur, Fioravanti, Nerval, Opodeldoch et Tranquille (V. ces mots). p. l.

BAVE. — On donne ce nom à la salive, lorsqu’elle sort avec abondance de la bouche des petits enfants ])endant le travail de l'évolution dentaire, et de la Itouche des adultes pendant les accès convulsifs d’épilepsie, d’éclampsie ou de rage. p. l.

BAVETTE. — On appelle ainsi une des pièces du vêtement des petits enfants en nourrice. On fait des bavettes en 111, en piqué ouaté et en toile gommée imperméable. Les bavettes en piqué ouaté qui absorljent la salive au fur et à mesure qu’elle s'échappe de la bouche des bébés sont de beaucoup préférables à celles en toile imperméable qui laissent couler la salive, refroidissent le cou des enfants et déterminent une irritation de la peau. P. L.

BÉCASSE, BÉCASSINE. — Çes oiseaux de pas- ■sage, de l’ordre des échassiers, constituent sans contredit un excellent gibier, dont le goût très fin <( inonde la bouche de délices », pour employer l’expression de llrillat-Savarin, et dont la chair noire est très nourrissante. Mais, comme ils ne se mangent jamais que fortement faisandés, les convalescents, les gastralgiques, les dyspeptiques, en un mot tous les estomacs délicats feront bien de s’en abstenir, sous peine de digestions très laborieuses et même d’indigestions. p. i.

BEC-DE-LIÉVRE. — On donne le nom de bec-delièvre à la division verticale des lèvres, comprenant toute leur épaisseur et une étendue plus ou moins considérable de leur hauteur.

Le bec-de-lièvre est accidentel, lorsqu’il est le résultat d'une plaie ou d’une ulcération; le plus souvent, il est cüncémtal.

Il y a un bec-de-lièviîe, sepérieup. et un bec-delièvre iNFÉRiEL’R, selon qu'il siège sur la lèvre supérieure ou sur la lèvre inférieure.

Il est excessivement rare de voir le bec-de-lièvre sur la lèvre inférieure; il occupe, dans ce cas, la ligne médiane.

On distingue encore des divisions du bec-de-

lièvre supérieur; car celui-ci peut-être slmple ou COMPLIQUÉ de divisions plus profondes, unilatéral

ou DOUBLE.

La description suivante s’applique au bec-delièvre supérieur, qui est de beaucoup le plus fréquent.

1° Forme simple. — S’il est unilatéral, il siège au-dessous de rime des narines, plus fréquemment à gauche. Le bord interne de la division est vertical, l’autre est oblique, parce qu’il est tiraillé par les fibres du muscle orbiculaire des lèvres.

Fig. 1G3.

Degrés du bcc-de-liùvre simple.

S’il est double, les deux divisions correspondent aux deux narines, et alors il existe sur la ligne médiane une sorte de tubercule mou, souvent trop court, suspendu à la sous-cloison et se confondant quelquefois avec le lobule du nez.

Fig. IGl

liec-dc-lièvre double.

La surface de la division est dépourvue de cicatrice, et ressemble au bord libre des lèvres; elle est tapissée par une muqueuse qui se confond insensiblement avec la peau.

Ce caractère et le siège de la lésion distinguent le bec-de-lièvre congénital du bec-de-lièvre accidentel.

2" Forme compliquée. — Lorsque le bec-de-lièvre est compliqué, la division congénitale s’étend plus profondément.

Dans un premier degré, elle affecte la partie antérieure du squelette de la mâchoire supérieure, divisé entre la dent canine et la seconde incisive. Cette fente est formée par le défaut de réunion de l’os inter-maxillaire ou incisif et du maxillaire supérieur. Elle est dirigée, par conséquent, en arrière et en dedans, vers la ligne médiane, jusqu’au trou palatin antérieur.

Dans un second degré, la division du squelette se continue plus loin, et il existe une fente au niveau de la ligne médiane. Lorsque cette fente est très large, la bouche communique avec les deux fosses nasales, et l’on a le vice de conformation désigné sous le nom de gueule-de-loup.

Dans un troisième degré, la division peut affecter en outre le voile du palais. La division de ce repli membraneux peut compliquer le bec-de-lièvre sans qu’il y ait division des parties osseuses.

Dans un quatrième et dernier degré, on a vu la

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division s'étendre plus profondément, affecter la colonne vertébrale et les centres nerveux, et constituer des ditforniités incompatibles avec a vie.

Ün comprend que ces complications peuvent se montrer dans le bec-de-lièvre unilatéral et double. Dans le bec-de-lièvre double compliqué, la division de la voûte palatine et du voile du palais est médiane, mais les deux os incisifs peuvent être séparés des maxillaires. On voit alors deux fentes qui divergent d'arrière en avant, comme les deux branches d’un V, du canal palatin ant('“rieur vers l'intervallij ([ui sépare la dent canine de l'incisive, et limitant une portion d'os qui supporte les dents incisives. Cet os constitue un tubercule osseux que la langue j)ro|<dte insensiblement en avant, de sorte que les dents qui se développent sur ce tubercule osseux poussent horizontalement en avant et donnent un cachet particulier à cette difformité.

On a parlé de l'influence de l'imagination de la mère sur le développement du bec-de-lièvre. Il est inutile d'insister sur ce sujet.

Certains faits observés paraissent tenir à un état pathologique du fœtus (Cruveilhier).

Cependant, dans la majorité des cas, on peut diie que le bec-de-lièvre est une dilformité tenant à nu arrêt de développement. Il co'incide souvent avec d’autres vices de conformation, et il peut être héréditaire.

MM. Coste et Gerbe ont parfaitement étudié le mode de développement des lèvres, et ils ont fait voir que l'orifice buccal est formé chez l'embryon par la convergence de petites saillies ou bourgeons qui se soudent par leurs parties latérales. Chacun de ces bourgeons renferme les éléments des parties dures et des parties molles. M. Coste a fait des études sur de jeunes embryons de quinze à trente jours, et il a montré : 1° que la mâchoire inférieure (parties molles et dures) est formée par la soudure de deux bourgeons latéraux qui se soudent sur la ligne médiane; 2“ que la mâchoire supérieure, parties molles et dures, est formée par la fusion de trois bourgeons : un bourgeon médian ou naso-incisif et deux bourgeons latéraux ou maxillaires. Le bourgeon médian est destiné à former la partie moyenne de la lèvre supérieure, les os incisifs et la cloison du nez; les bourgeons latéraux constituent les côtés de la lèvre supérieure, le maxillaire su- I périeur, et, en se rai)prochant en arriére de l'os incisif, la voûte palatine et le voile du palais.

On comprend que, si la soudure des deux bourgeons de la h'ivre inférieure n’a pas lieu, il y aura un bec-de-lièvre inférieur et médian (rare).

' Si l’arrêt de développement frappe la mâchoire supérieure, on aura un bec-de-lièvre unilatéral ou I double, selon que la réunion des bourgeons supé- 1 rieurs manquera d’un côté ou des deux côtés. Si la I portion osseuse ou incisive du bourgeon médian ne : se soude pas aux os maxillaires, on aura la compli- , cation du tubercule osseux. Enfin, si les deux os I maxillaires ne se réunissent pas sur la ligne mé- I diane, on aura la gueule-de-loup.

11 faut traiter le bec-de-lièvre, et on ne peut le guérir qu’au moyen d’une opération. Les seules contre-indications à l’opération sont : la communication considérable de la bouche avec les fosses

nasales ; encore peut-on quelquefois améliorer l’état du malade ; et la présence d’autres vices de conformation qui ne permettent qu’une existence ort courte, hydrocéphale, etc.

Pour le traitement du bec-de-lièvre simple, à peu d’exceptions près, les chirurgiens imitent la pratique de M. Paul Dubois, qui opère vers le sixième mois après la naissance, si l’enfant est dans de bonnes conditions de santé. Pas plus tôt, parce que les tissus sont trop mous et ne résistent pas à la suture; pas plus tard, parce que le bec-de-lièvre gêne le développement physique et moral de l’enfant. On comprend qu’il sera possible de s’écarter de cette règle, de quelques semaines ou de quelques mois, selon les circonstances.

L’opération consiste à aviver les bords de la solution de continuité, c’est-à-dire à les mettre dans des

Fig. IGo.

Opération du bec-de-lièvre. — l'remier temps, avivement des deux lèvres de la division.

conditions propres à les faire adhérer, puis à les réunir. Elle exige une certaine adresse, et n’est pas ordinairement dangereuse ; mais il y a ici trois difficultés à vaincre : 1“ la déchirure des tissus par le fil de la suture; 2“ la persistance d’un petit orifice à la partie la plus supérieure de la solution de continuité ; 3° la formation, consécutive à l’opération, d’une échancrure correspondant au bord libre de la lèvre, et déterminée par la rétraction cicatricielle.

Le nombre des procédés imaginés pour remédier à ces inconvénients prouve qu'ils se rencontrent assez fréquemment. Nous indiquerons les procédés de Ilusson, de M. Cléniot et de Malgaigne, de M. Mirault, d'Angers, et de M..Nélaton.

Dans le procède de Ilusson, avec des ciseaux courbes, on avive les deux bords, qui se regardent ensuite par une surface saignant encore; en réunissant leur concavité, on détermine sur le bord libre de la lèvre une saillie due à la réunion des deux bords saillants.

Dans le procédé du D"' Clémot, et du’’ professeur

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Malgaigne,’ suG chaque bord du bec-de-lièvre, on avive en taillant un mince lambeau de liant en bas. Chaque lambeau représente une languette adhérant par sa partie la plus inférieure au moyen d’un petit pédicule. On rapproche, d’une part, les bords saignants du bec-de-lièvre, qu’on maintient par la suture, puis on affronte par leur surface saignante les lambeaux qu’on avait renversés; on les réunit à leur

Fig. ICG.

Opération du bec-de-lièvre simple par le imocédé du professeur Malgaigne.

palais ou sur la voûte palatine, il faudra avoir recours aux divers procédés autoplastiques employés en pareil cas. Lorsque la complication consiste dans la saillie en avant du tubercule osseux formé par les os incisifs, il faudra réséquer ce tubercule ou le laisser en place, selon les circonstances. Le plus souvent, on le résèque. Dans tous les cas, il faut conserver le plus de parties molles qu’il est possible de le faire. D'^ j.-A. Fort.

BÉCHIQUES. — Nom donné aux médicaments qui ont pour propriété de calmer la toux, parmi lesquels nous citerons principalement les racine de réglisse, de tussilage, de guimauve; les fleurs de guimauve, de mauve, de violette, de bouillon blanc; les dattes, les amandes, les jujubes, les raisins secs, les figues, etc. Ces divers médicaments se prennent en infusions ou en décoctions. On en fait aussi des sirops, des pâtes et des pastilles. p. l.

base par deux points de suture, et l’on excise leur partie terminale.

Quel que soit le procédé employé, il s’agit de maintenir en contact les bords de la plaie d'une manière convenable.

On peut affronter les surfaces saignantes au

Fig. 1G7.

Opération du bec-do-lièvre double. — Inei.sion.

moyen d’aiguilles ou d’épingles sur Icstpielles on fait la suture entortillée, ou au moyen de la suture entrecoupée avec des fils cirés ou des fils métalliques. Dans tous les cas, il faut éviter l'inflamniation, l’étranglement des bords de ta plaie par la suture, ainsi que la déchirure des tissus. Pour cela.

Opération du bec-de-lièvre double. — Sutures.

on doit prendre la précaution de faire passer les épingles ou les aiguilles, qui traversent toute l’épaisseur de la lèvre, à une certaine distance du bord saignant, et de ne pas trop serrer les fils. Dans l’application du point de suture le plus rapproché du bord libre de la lèvre, il faut avoir soin de faire saillir légèrement les deux angles qui réunissent ce bord libre aux bords du bec-de-lièvre. On doit enlever de bonne henre les aiguilles, épingles ou fils; généralement au bout de vingt-quatre heures.

Quant au traitement du bec-de-lièvre compliqué, si la complication porte seulement sur le voile du

BÉGAIEMENT. — Le bégaiement est une difficulté de parler qui se présente tantôt au commencement, tantôt au milieu, à tantôt la fin des mots, el qui est ordinairement accompagnée de grimaces. Cette difficulté est caractérisée, soit par un arrêt brusque dans l’émission de la parole, soit par la répétition convulsive, plus ou moins fréquente, d’une même syllabe.

D'une façon générale, on peut dire qne le bégaiement est le résultat d’une émotion violente quelconque,d’une impression cérébrale vive et inattendue. Cet ébranlement nerveux est ressenti d’autant plus vivement qu’il frappe d’ordinaire de très jeunes organismes. Le bégaiement n’apparaît, en effet, ([ue dans la première enfance, et il est très rare de le voir débuter passé la douzième année.

l.a cause déterminanlc dn bégaiement est souvent une peur, une chute, un coup violent sur la tête. Exemple ; un enfant de quatre ans, en se penchant à la fenêtre, perd l'équilibre et tombe d’un premier étage ; on le relève légî'rement meurtri, mais il lui est absolument impossible de parler, sur le moment, tant le saisissement a été grand. Le lendemain, la

parole lui revient, mais il bégaye. Un enfant

de dix ans est poursuivi dans la rue, par un gros chien; l’enfant fuit, se blottit dans un coin de mur et reste là, ti'rrifié par les aboiements du chien qui veut lui sauter dessus. On vient au secours de l’enfant, on le rassure, il sc calme peu à peu. Il raconte l’incident, mafe on constate que sa parole est hésitante; on met cette hésitation sur le compte du trouble momentané où se trouve l’enfant, mais l’hésitation se maintient, s’accentue, il bégaye, etc., etc.

Il n’y a pas que les émotions violentes qui puissent causer le bégaiement, et nombre d’enfants deviennent bègues par imitation. La chose se passe souvent de la manière suivante : un petit espiègle se moque d'un serviteur, d'un voisin, d’un camarade atteint de bégaiement, en contrefaisant sa manière de parler, tant et si bien qu'au bout de fort peu de temps cette habitude est devenue pour lui absolument naturelle. Dans d’autres cas, l imitation se produit involontairement par la fréquentation de personnes bègues.

La question du sexe n’est pas indifférente dans la

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production du bôcraionient. Et Idon qiio nous n'avons que peu d'éléments d'appréciation, il est possil)le d'affirnier cependant que le bégaiement est notablement plus fréquent dans le sexe masculin que dans le sexe féminin. Dans ma pratique personnelle, je n’ai trouvé (|u’un dixième de femmes bègues sur 3,000 observations environ.

Quant à la fré(]uence du bégaiement chez les hommes, il est facile de l'établir, au moins pour une certaine catégorie de la population masculine. Il résulte du dépouillement des procès verbaux des conseils de révision itour le recrutement de l’armée, que le nombre des conscrits exemptés pour cause de bégaiement a été de 21-, 095 sur 3, .500, 000 examinés pendant la période trentenaire de 1830 à 1880.

l.a carte ci-dessous indique la répartition géographique du bégaiement en France et nous montre du premier coup d'œil tpie les départements du Sud-est et du Nord-ouest sont les plus atteints, tandis que

Fig. ma.

Carte du bégaiement en France.

ceux de l'Est en comptent beaucoup moins. C’est ainsi que les départements de la Seine, de Meurthe-et- Moselle, de la Marne, du Nord, des Ardennes, etc., comptent 2 réformés pour cause de bégaiement sur 1,000 conscrits exatninés, tandis que le Var en compte 1.5, le Finistère 16, la Manche 17, les Cotes dn-Nord 18, la Hattte-Saône 19, le F.ot 20, les Dasses- .\lpes 22 et les Bottehes-du-Rhône 23.

Le bégaiement sttit la marche du nervosisme, il tend conslamtnent à augmenter.

Le bégaiement débute qttelquefois brusquement , il bi suite d’une de ces émotions violentes comme je viens d'en citer quelques exemples, mais, en général, il ne vient que graduellement. C’est d’abord un peu d liésitation de la parole, un bredouillement, puis le mal s'aggrave et au bout de quelque temps c'est un véritable bégaiement.

L’examen attentif d’nn bègue révèle toujours l’existence de troubles respiratoires plus ou moins accentués.

Les uns parlent pendant l'inspiration, à la manière des ventriloques, les autres pendant l'expiration, mais avec cette différence notable dans le fonctionnement normal, c’est qu'avant de parler, ils laissent échapper, soit par la bouche, soit (lar le nez.

une certaine quantité d’air. De telle sorte que la provision d'air étant épuisée lorsque le moment est venu d’articuler les sons, ilssonl dans l'impossibilité matérielle alisolue de le faire.

Les troubles de la respiration sont de beaucoup les plus importants, mais ce ne sont pas les seuls observés. Il y a encore les troubles de motilité : agitation convulsive ou au contraire, contracture tétanique des lèvi'es, de la langue, mouvements choréiformes des muscles du visage. Le bégaiement le plus grave est celui qui se produit pendant l'inspiration a\ec déperdition anticipée d'air dans le nez.

On bégaie ordinairement moins dans la lecture que dans la conversation, moins sur les voyelles que sur les consonnes, beaucoup moins au milieu des mots qu'au commencement.

11 y a deux choses qui frappent toujours les personnes qui ne sont pas habituées à voir des bègues et les bègues eux-mêmes, c’est : 1“ l'intermittence du bégaiement; 2° sa disparition complète dans le chant. Et pourtant on ne peut trouver un seul bègue chez lequel la difficulté de parler soit absolument la même, tous les jours et à toute heure du jour; l'intermittence du bégaiement est donc la règle.

C’est également la règle que de voir le bégaiement disparaître, complètement, dans le chant. Ce fait seul suffit pour affirmer d'une manière irréfutable, que le bégaiement n’est pas dû à une lésion organique quelconque. Une lésion anatomique ne pourrait exister dans la parole ordinaire et disparaître dans la parole chantée.

Qu'est-ce donc que le bégaiement, quelle en est la nature? Est-ce seulement un défaut de prononciation ? est-ce une maladie ? est-ce une infirmité ?

Le bégaiement tientà la fois del infirmité par ladifficulté et souvent même l'impossibilité pour celui qui en est atteint d'exercer la fonction vocale ; de la maladie par l'intermittence de ses manifestations et la subjectivité de certains de ses caractères ; il tient enfin des défauts de prononciation, en ce que, comme eux, ilestsouvent localisé dans certaines.combinaisonslinguistiques et que la pratiijue simple et naturelle des procédés ordinaires de l'articulation suffit, comme on le verra tout à l’heure, pour le faire entièrement disparaître à jamais.

Le bégaiement n’est donc pas le résultat d’une lésion organique, mais c’est la conséquence d’un trouble fonctionnel causé par un manque de concordance entre différents appareils qui doivent agir de concert. Or, nous l'avons vu, c’est précisément dans une sorte de manque de synchronisme que résident les troubles que nous avons notés chez les bègues. Celui-ci vent parler loi’sqn’il n’a pas d’air dans la poitrine; celui-là laisse échapper, par le nez, la plus grande partie de l’air qui devrait passer normalement par la bou(;he ; cet autre veut parler pendant l'inspiration; cet autre enfin, ouvre la bouche pour parler, puis tout à coup, il est saisi de crainte, renonce à la parole, change sa phrase et finalement reste la bouche béante.

En d’autres termes, lorsque le cerveau est disposé à commander, les organes phonateurs ne sont pas prêts à obéir et réciproquement.

Je viens de montrer que le bégaiement pro-

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vient d’un désaccord entre la pensée et la volonté et leurs manifestations veibales. Il s'ensuit qu’une méthode de traitement doit avoir principalement pour but de rétablir l’harmonie dans le fonctionnement des organes. Tel est le but de la méthode €hervin.

Pour éviter le dangereux écueil de ])arler de nousmême et d’être à la fois juge et partie dans notre propre cause, nous empruntons l'exposé de notre méthode à un rapport fait eu 1874 par l'Académie de médecine, sur la demande de M. le Préfet de la Seine.

Le rapporteur, M. le docteur E. Moutard-Martin, médecin de l’Hotcl-Dieu, s’exprime ainsi :

« Voyons en quoi consiste la méthode Chervin.

« Nous avons établi que le troulde de la fonction respiratoire au moment de la phonation constituait un des éléments principaux du bégaiement ainsi que l’état choréique de l'ajtpareil musculaire qui concourt à l'articulation des mots. Le but de la méthode doit donc consister à régularise)' la l’cspir'ation dans ses deux temps, à pi'olonger l'expii’ation de manière à permettre l'ai-ticulation d'une phrase entièi’e sans arrêt, à combattre l’état choréique de l’appareil musculaire, et enfin à enseigner les positions normales de la langue et des lèvi-es, les degrés d’ouvei'ture de la bouche dans la prononciation des letti’es, des syllabes et des phrases. Comme complément enfin, elle enseigne à donner aux phrases le ton et l’expression.

« Les bègues ne bégaient pas en chantant ; c'est que le chant est une gymnasti(jue de la respiration et des organes de la phonation qui sont soutenus et guidés par le rhythme. C'est la gymnastique qui constitue la base du ti'aitement de M. Chervin. Gymnastique respii-aloire d'abord, puis gymnastique musculaii'e ; or, la gymnastique est un des traitements les plus efficaces de la chorée.

« Api’ès un silence complet, qui doit pi’écéder le traitement, pour laisser l'eposer les organes et rompre les habitudes vicieuses, le traitement débute par des exercices de respir'alion, suivis d’exercices de prononciation des voyelles, qui commencent à propi'ement parler la gymnastique des organes de la phonation articulée, et c'est alors que commence aussi la démonsti’ation des positions que doivent occuper la langue et les lèvres, la forme que doit prendre la bouche dans l’émission de chaque lettre de l'alphabet. A ces premiers exercices, succèdent les assemblages de lettres, voyelles et consonnes, dans les difféi-entes positions respectives qu'elles peuvent occuper ; entin, les mots et les phi-ases avec l'intonatiou et l'expression ([u'elles compoi’tent.

« L)i base de ces exercices est l'imitation. Le professeur exécute tout ce qu'il demande, respire avec ses élèves, émet des sons avec eux, pr’ouonce les plirases qu'ils l'épètent en même temps que lui. il est pour eux Tinstrunicut qui guide et qui soutient le chanteur.

« Ladurée du ti'aitemcnt par la méthode de M.Chei'vin est ti'ès coui'te, et voti'c Conimission a été sui’prise des l’ésultats obtenus en aussi peu de temps; il laut ajouter toutefois que si le cours ne dure que vingt jours, ces vingt journées sont bien remplies.

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M. Chervin tient ses élèves depuis huit heures du matin jusqu’à six heures du soir; il leur donne quatre heures de leçons par jour, et, pendant quelques jours, ils doivent garder un silence cmnplet, afin de ne pas retomber dans leurs habitudes vicieuses.

« La courte durée du traitement constitue un des caractères principaux de la méthode. Elle offre un avantage ti'ès grand, c’est que, si les élèves se fatiguent un peu, par une grande assiduité continue pendant vingt jours, ils n'ont pas le temps de se, décourager, ils voient leurs progi’ès, ils les sentent, et l'espoir d’èti'e prochainenient délivrés d'une fâcheuse infirmité les maintient.

« Mais les l’echutes nesont-elles pas plus à craindre après un traitement d’aussi courte durée? Votre Commission a pu voir un certain nombre d’anciens élèves de M. Chervin, guéris depuis plusieui’s années, pai'lant parfaitement et sans hésitation.

« M. Chei'vin cotnmençait un coui'S le 6 juillet dernier (1874); vos commissaires se sont fait présenter tous les élèves qui devaient suivi-e ce cours, et ont constaté leur état avant tout ti'aitement. Nous avons observé et interrogé seize malades présentant tous les degi'és du bégaiement et même de simples vices depi'ononciation ; l'àge vai'iait de neuf à ti’cnte ans; toutes les conditions sociales étaient l’opi'ésentées, et, suivant la loi commune, il n’y avait (pie deux élèves du sexe féminin. Parmi les hommes, deux avaient été réformés pour cause de bégaiement. Une jeune fille de dix-huit ans, poi'teuse de pain, avait cette forme de bégaiement que l’on a appelé 7rmet.

« Nous avons assisté à plusieurs leçons, et le dernier jour nous avons revu et inteiTOgé chacun des élèves qui avaient suivi le cours; ils étaient restés (piinzc.

« Sur les quinze, (juatorze parlaient coui’amment, facilement, avec expression, mais quelques-uns en rhythmant les mots et les phi’ases. Une des deux fenimes, quoique ti'ès amélior'ée, n’était pas encore guérie; mais elle est alsacienne, elle comprend difficilement le fi’ançais et ne sait pas lire; ce qui complique le traitement.

« Vendi'cdi dernier, 2i août, nous avons revu sept de ces élèves, dont le cours est terminé depuis un mois, parmi eux l'alsacienne dont nous venons de parler et dont l’état s’est notablement amélioré; la porteuse de pain, qui était muette, et les cinq autres parlaient absolument bien. Les sept autres ont répondu par éci’it qu’ils étaient guéi'is et satisfaits.

« Ces résultats, très concluants, sont complètement confirmés par ceux qui sont consignés dans de nombreux rappoi’ts faits par des Commissions médicales, et quelquefois médicales et pédagogiques, sur les cours de M. Chei'vin, à Lyon, à Boi’deaux, Marseille, au Mans, à Bruxelles, etc.

« En présence des faits dont elle a été témoin, votre Commission vous propose de répondre à M. le Préfet :

1° Qu’au point de vue scientifique, la méthode de traitement des bègues de M. Chervin est l’ationnelle ;

2° Qu’elle produit des résultats ti'ès remarquables , et qu’elle peut l'endi'e des services si gnalés ;

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3* Qu'un (le sos avantages importants est la promptitude des résultats (lui 'paraissent se maintenir, comme la Commission 1 a constaté sur un certain nombre de sujets :

4° Qu'il y a lieu de l'encourager et de l’aider dans b,’ l>ien ([u'elle est appelée à accomplir.

Ces conclusions, mises successivement aux voix, ont été adoptées. »

Nous n'ajouterons rien à ces lignes. La prudence, l'impartialité et l’autorité qui sont la caractéristique de tous les travaux de r.V.cadémie, nous dispense d'insister sur la valeur de l'appréciation qu elle a portée, on connaissance do cause, sur la méthode Cliervin. Nous dirons seulement que le Conseil de santé des Armées, la Société de médecine de Lyon, de Marseille, etc., et d’une manière générale, les 39 commissions pédagogiques ou médicales, qui ont été officiellement chargées d’examiner la méthode Chervin, concluent absolument comme l’Académie de médecine.

La guérison certaine du bégaiement et de tous les autres défauts de prononciation (Voir Blésité), est donc aujourd'hui un fait acquis à la science.

D' Chervin,

Directeur de l'Institution des Bègues de Paris.

LauriS.'.t de l’Institut de France.

BEIGNETS. — Les beignets, qu’ils soient soufflés, aux fruits, au riz ou à la cervelle, ne conviennent qu'aux estomacs sains td l'obustes. Les malades, les convalescents, les gaslrulgiques et les diabétiques doivent s'en abstenir. p. l.

BELLADONE. — La belladone est une plante vivace, de la famille des solanées, qu’on trouve sur les bords des bois et des chemins, le long des vieux murs et des décombres; sa tige est cylindrique, herbacée, haute de I mètre à 1 mètre .'iO centimètres ;

Fig. 170.

Tige de belladone avec ses feuilles, ses fleurs et ses fruits.

ses feuilles sont alternes, grandes, ovales et d'un vert foncé ; ses fleurs sont axillaires, pendantes, d’un rouge vineux; ses fruits forment des baies arrondies à deux loges, de la grosseur et de la couleur d'une petite cerise noire. Cette ressemblance a donné lieu à des méprises graves ijui ont été la cause de plusieurs empoisonnements. Pourtant, il est facile

de distinguer ces deux fruits, car tandis que la baie de la belladone est munie à sa base d’un calice persistant et renferme dans son intérieur une cloison avec un grand nombre de petites graines dans chaque loge, la drupe de la cerise est unilobulaire, à calice caduc et à un seul noyau.

Parmi les diverses parties de la plante usitées en médecine, on utilise de préférence les feuilles et les racines; on emploie aussi parfois les fruits et les tiges, mais d’une façon beaucoup plus rare.

Toutes CCS parties de la plante sont toxiques, cependant il est constaté que la racine est deux fois plus active que les feuilles. Ces quatre parties , prises indifféremment, renferment, selon Brandes, dans leur composition, de la gomme, de l’amidon, de la matière colorante, du ligneux, quelques sels et surtout du malate acide d’atropine qui en est le principe actif. Plus tard Lübekind en a isolé un autre alcaloïde, la belladonine, et Uichter y a découvert l’acide atropique, voisin de l’acide henzoï’que.

Effets. — Donnée àl'intérieur à des doses thérapeutiques, la belladone est un précieux sédatif contre la plupart des affections nerveuses caractérisées par une douleur intense ou des mouvements désordonnés. Son passage à travers les voies digestives s’annonce par un peu de sécheresse à la gorge, une légère constriction du pharynx, de la soif, de la diarrhée ; puis elle est absorbée et passe dans le torrent circulatoire dont elle diminue la fréquence du pouls et produit l’abaissement de la température. Sous son influence la pupille se dilate et le cerveau congestionné tend à reprendre son état normal. Son élimination s’effectue par nos principaux émonctoires qu’elle a la propriété d’amoindrir dans leurs sécré- 'tions. Des doses plus élevées produisent la difficulté de parler, une sécheresse de la gorge plus intense, une soif plus vive, une diarrhée plus persistante, des nausées, des vertiges, des éblouissements, la dilatation plus grande de la pupille, la confusion de la vue, un délire troublé par des hallucinations pénibles ou des paroles incohérentes et le relâchement de tous les sphincters. Des doses toxiques amènent la stupeur, la prostration, la dilatation excessive du champ papillaire, l’arrêt de toutes les sécrétions, le collapsus, le coma, le refroidissement et la mort. Lorsque les symptômes de l’empoisonnement n'ont pas été portés trop loin le malade revient rapidement à lui en repassant par toutes les phases du narcotisme.

On voit, d’après ce court exposé physiologique, que la belladone diffère de l’opium en ce que pendant que celui-ci détermine de la pesanteur de tète, de l’embarras gastrique, de la constipation, un sommeil profond, le resserrement de la pupille, la congestion cérébrale, celle-là occasionne la sécheresse

Fig. 171.

Coupe de la fleur de la

belladone.

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de la gorp:e, la soif, la diarrhée, un sommeil tourmenté par des rêves pénibles, la dilatation de la pupille, l'anémie cérébrale et la diminution de toutes les sécrétions. Les enfants et les vieillards la supportent mieux que ropiiim par la raison qu’elle n'a pas de tendance à faire affluer le sang vers le cerveau, tendance si préjudiciable à ces deux âges extrêmes de la vie humaine.

Tels sont les principaux effets de la belladone prise à l'intérieur. Employée en applications topiques, elle provoquera des sécrétions abondantes qu’on doit attribuer tout simplement à un effet d'irritation locale, comme le ferait un irritant mécanique ou chimique quelconque. Ainsi l’extrait de belladone appliqué sous forme de pommade autour des sphincters d'une muqueuse (anus, col utérin) aura non seulement le pouvoir de les dilater, mais encore d’activer la sécrétion des glandes comprises sur toute la circonférence de l’anneau constricteur. Ainsi, son principe actif, l’atropine, instillé dans l’oeil à la dose de quelques gouttes aura la propriété de dilater la pupille en . même temps que de faire naître le larmoiement.

Usages. — 11 n’est peut-être pas de médicaments qui aient reçu un plus grand nombre d’applications médicales que la belladone. En effet, cette plante est si souvent employée comme stupéfiante, anodine, sédative, antispasmodique, mydriatique et calmante qu’il n’existe pour ainsi dire pas de maladie nerveuse qu'elle ne combatte avec un certain succès. Mais elle agit surtout d’une manière particulièrement efficace contre les spasmes, les névroses, les névralgies, les toux opiniâtres, les coqueluches, l’asthme, l’incontinence nocturne d'urine, l’épilepsie, l'éclampsie, l’hystérie, la chorée, les convulsions, les coliques hépatiques, néphrétiques, la colique de plomb, les arthrites, le rhumatisme, la goutte, les maladies des yeux, la salivation, la constipation, la coarctation des sphincters et les vomissements de la grossesse. Dans toutes ces maladies la belladone rend de très grands services pourvu qu’elle sort prescrite à des doses modérées, car dans le cas contraire elle devient un poison narcotico-àcre dangereux qu’il importe de manier avec beaucoup de prudence.

Des divers modes d’administration de la belladone les uns sont plus employés que les autres ; nous allons les étudier séparément :

L’infusion des feuilles est une assez bonne préparation, mais peu usitée à l’intérieur. 11 ne faut pas dépasser la dose de 30 centigrammes à 1 gramme par litre si l’on veut éviter les accidents de narcotisme. Si l’infusion est destinée à des injections, lotions ou fomentations, 20 à 30 grammes seront nécessaires.

La poudre faite depuis peu avec les racines ou les feuilles récemment séchées constitue un médicament sur l’efficacité duquel il est permis de compter. Elle se donne en paquets, ou mieux incorporée dans une masse pilulaire à la dose de 2 à 15 et jusqu'à 30 centigrammes, suivant la constitution médicale de l’individu. Elle agit admirablement bien contre l’incontinence nocturne des enfants ou des adolescents, à la dose de 1 à 2 centigrammes de poudre pour 1/2 à 1 centigramme d’extrait en une

pilule prise tous les soirs jusqu’à cessation du phénomène morbide. Si la guérison ne survient pas au bout de quelques jours, c’est que le remède n’est pas assez fort et qu’il faut en augmenter les doses pour en finir avec ce dérangement incommode.

Nous n’avons pas en la belladone une arme aussi sûre contre l’épilepsie, et Trousseau n’en a obtenu de bons -effets qu’en l'administrant pendant des mois et même des années. Aussi, son usage contre cette maladie est entièrement abandonné et, à l’époque actuelle, de l’aveu de la grande majorité des praticiens, le bromure de potassium est considéré presque comme le spécifique de Tépilepsie; il réussit ordinairement, pourvu qu’ilsoit pris à d’assez hautes doses et continué ptmdant un temps suffisamment long.

Quant aux extraits, ce sont les préparations les plus usitées. On en prépare de plusieurs sortes avec la belladone dont les principaux sont : l’extrait avec le suc dépuré, l’extrait avec le suc non dépuré, l’extrait aqueux, l’extrait alcoolique. Le premier ou extrait officinal, et le dernier ou extrait alcoolique, sont les seuls constamment prescrits ; les deux autres sont à peu près mis de côté. Ils se donnent à l'intérieur en pilules ou en potion à la dose de 1 à 10 centigrammes; ils servent aussi pour l’usage externe à la préparation des collyres, lavements, cataplasmes, cérats, pommades, glycérés, frictions, onguents mercuriels belladonés, liniments, emplâtres, suppositoires, pois médicamenteux.

Quelques-unes de ces préparations présentent une importance supérieure; de ce nombre sont : le cataplasme calmant, l’onguent napolitain belladoné et la pommade. Le cataplasme calmant se prépare avec de la mie de pain et de l’eau en quantité suffisante de chaque; on fait cuire, on ajoute 40 à 100 grammes d’alcool camphré, puis on étend pardessus une couche de bouillie faite avec 10 grammes d’extrait de belladone, o grammes d’extrait d’opium et 10 grammes de camphre en poudre. Ce cataplasme doit être tellement épais qu’il conserve sur la table la forme du vase dans lequel on l’a fait cuire. Cette condition est de rigueur. On l’applique sur le point douloureux, on l’enveloppe de flanelle et de taffetas ciré. On le laisse en place huit à dix jours jusqu’au moment où il commencerait à s’altérer. Par ce moyen Trousseau a pu calmer les douleurs atroces de la goutte, de l’arthritis aigu, des tumeurs blanches, des inflammations très graves du genou et des autres articulations superficielles qui avaient amené des déformations. L’onguent napolitain belladoné, étendu en couches épaisses sur l'abdomen, est un précieux calmant résolutif dans la métropéritonite, la péritonite, l’étranglement herniaire. Enfin la pommade à l’extrait de belladone est très souvent employée en onctions dans le traitement des hémorrho’i’des et en frictions contre les douleurs névralgiques, surtout les douleurs sus-orbitaires. Portée avec le doigt sur le col utérin ou sur le sphincter anal, elle en opère la dilatation d’une manière infaillible.

Inutile maintenant de m’arrêter sur la description du sirop, de la teinture, de l’alcoolature et des pastilles de belladone dont l’usage est assez restreint.

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Mais les H'iiilles de liolladonc ne se prescrivent pas seulement à rintérienr en infusion et à l'extérieur ])our des injections, lotions, fomentations, lavements, collyres et cataplasmes calmants, elles servent :i préparer encore avec d'autres feuilles narcotiques la pommade populéum et le baume iranquille{\. ces mots). Pliées et bouillies avec de l'imile d’olive, les feuilles de belladone forment une huile de belladone qu'on. met quelquefois dans les liniments calmants.

Karement on s'est servi de feuilles de belladone mêlées avec d'autres solanées vireuses pour en faire des fumigations à cause de leur faible efficacité et des dangers qui peuvent suivre leur aspiration par les voies respiratoires; il n'en est pas de même de l'inhalation des produits gazeux et des vapeurs qui se dégagent lorsqu’on fume les feuilles de belladone et de datura, parce qu’alors on limite à l’avance la quantité de narcotique à employer soit qu’on s’en serve sous forme de cigares ou de cigarettes [cigares Barrai, cigarettes Gicquel, etc.), dont on avale la fumée. Dans les deux cas le remède est très usité et souverainement utile contre les accès d'asthme. Marc. Cambouuves.

Empoisonnement par la belladone. — Les empoisonnements par la belladone sont presque toujours accidentels et le résultat d'une erreur. Tantôt ce sont des enfants qui s’empoisonnent en mangeant les fruits de cette plante, que leur couleur noirâtre et leur goût peuvent faire prendre pour des cerises. C’est ainsi qu'en 177.3, quatorze enfants de la Pitié s’empoisonnèrent dans le jardin du Roi. Tous les médecins connaissent la fameuse observation, rapportée par Gaultier de Claubry, de plus cent soixante soldats qui s'empoisonnèrent le 14 septembre 1813, en mangeant des baies de belladone dans les environs de Pirna.

L’empoisonnement par l’atropine peut arriver lorsqu’on a l’imprudence de laisser des collyres préparés avec cette substance à côté d’autres fioles renfermant d’autres médicaments, à la portée des malades, surtout de ceux qui, par suite d’une maladie des yeux, les ont bandés.

Au début de l’empoisonnement, il faut évacuer le poison à l'aide de la pompe gastrique ou en administrant le vomitif suivant :

Émétique 10 centigrammes.

Eau 1:25 grammes,

ou bien encore cet autre :

Pouilre (l’ipéca 2 grammes,

Eau 123 grammes,

à prendre en trois fois, à dix minutes d’intervalle. Puis, on donne un purgatif salin, 50 grammes de sulfate de magnésie, par exemple, dans un demilitre d'eau. Enfin, après les vomitifs et les purgatifs, lorsque le danger est à peu près conjuré, on fait prendre au malade du tannin, du café, du thé ou des boissons alcooliques qui agissent comme éliminateurs et diurétiques.

Autrefois, on administrait de l’opium parce qu’on croyait à un antagonisme entre ce médicament et la Dictiox.naire populaire de Médecine usuelle.

belladone. Mais comme cet antagonisme n'est rien moins que démontré, on y a renoncé. Aujourd’hui, quelques médecins administrent Yézérine, qu’ils prétendent jouir réellement des propriétés antagonistes attribuées jadis à l’opium. Les expériences n’ont pas encore suffisamment établi ce nouvel antagonisme pour que nous préconisions l’ézérine, et nous conseillons de s’en tenir à la médication indiquée plus haut. P' Paul Labarthe.

BELLE’VILLE (eaux minérales de). — Ces eaux , découvertes à Relleville, dans le 20“ arrondissement de Paris, contiennent, par litre, 1®'',82 de sulfate de chaux et o^LoO de sulfate de magnésie , et appartiennent à la classe des eaux sulfatées calciques froides. Limpides au sortir delà source, elles se décomposent et se troublent au contact de l'air, et, malgré le nouveau nom qu'on leur a donné dans ces dernières années. Eaux de l’Atlas, elles sont fort peu employées et sont destinées à retomber dans l’oubli comme celles de Hatignolles et celles qui jaillirent jadis de la rue de Vendôme, en plein Marais et à quelques mètres du boulevard du Temple, parce que leur sulfuration est due à la décomposition des détritus animaux et végétaux déposés et accumulés depuis des siècles dans le sein des terrains qu'elles traversent. P- E-

BELLINI (VIN DE). — Le vin de BelÜni est un vin médicamenteux très connu et très répandu, dans lequel le quinquina se trouve associé au Colombo, ayant tous les deux pour excipient le vin de Païenne. Parmi les diverses et nombreuses espèces de quinquina, c’est le quimpiina jaune royal du Pérou ou Calisaya qui a été choisi à cause de sa très grande richesse en principes actifs. Quant au Colombo, M. Dethan, qui prépare le vin de Bellini, le fait venir direclement et en grande quantité de l’île Ceylan, afin d’éviter la fraude si commune qui consiste à substituer au vrai Colombo une variété de gentiane très fréquemment vendue par bon nombre de droguistes et de pharmaciens peu scrupuleux sous le nom de faux colombo. Le vin de Païenne, dont tous les gourmets se plaisent à vanter le bouquet et la saveur, a été choisi de préférence au Madère, d’abord parce que le commerce ne livre guère aujourd’hui que des Madères fabriqués de toute pièce, ensuite, parce que le Palerme possède un principe amer qui n’est pas sans avantage, puisqu’il imprime une agréable stimulation aux voies digestives.

Nous ne croyons pas devoir nous arrêter ici sur les propriétés stimulantes, toniques, fébrifuges et reconstituantes du quinquina et du colombo, nous dirons seulement que l'adjonction du colombo au quinquina augmente les propriétés de ce dernier, sans en augmenter l’astringence, car, la racine de Colombo ne contient que des principes toniques amers et est tout à fait exempte de principes astringents.

Le vin de Bellini est donc un vin puissamment tonique, apéritif, stimulant, fébrifuge et stomachique ; il se prête fort bien à tous les emplois qui sont faits généralement de ce genre de préparation, soit comme agent hygiénique, destiné

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aux individus affaiblis, soit comme agent thérapeutique contre les affections de l’appareil digestif (inappétence, gastralgie, dyspepsie, fausses digestions. diarrhée et dysenterie chroniques), les fièvres intermittentes et notamment les fièvres des marais, l’anémie , la chlorose , l’aménorrhée, les pertes blanches; il convient aussi dans les convalescences des maladies aiguës.

Rigoureusement titré et toujours identique à luimême, le vin de Bellini est particulièrement agréable à boire. Il se prend de préférence au moment des repas et à des doses qui varient depuis un verre à liqueur jusqu’à un verre à Bordeaux, suivant l’àge et les cas. Dans les affections des voies digestives, on peut le prendre à toute heure de la journée, au moment où les maux d’estomac se font sentir.

I)'' c. Sarban.

BÉNIN, BÉNIGNE. — Qualificatif employé en médecine pour désigner une maladie qui n’a pas de gravité et qui suit une marche régulière dans .son évolution. Les chirurgiens s’en servent aussi pour caractériser certaines variétés de tumeurs, de bonne nature, c’est-à-dire qui n’ont aucune tendance à envahir les tissus voisins, ou à récidiver lorsqu’on les a extirpées. p, l.

BéNJOIN. — Le benjoin est un baume qui découle d'incisions faites au tronc d'une espèce d'aliboufier, le styrax benjoin, qui croît à Sumatra, à Java et dans l'Amérique méridionale. On en distingue deux sortes dans le commerce: le benjoin en larmes et le benjoin en sortes. Le premier ou benjoin amygdalo'ùie est en larmes ovo'idos, blanchâtres, agglomérées dans une pâte luisante un peu foncée ; le second est en masses solides, moins pures, d'une teinte brunâtre presque uniforme. Jeté sur des charbons ardents, le benjoin brûle et répand une fumée épaisse, blanche, d'une odeur très agréable qui n’est autre chose que de l’acide benzo'i'que. C’est cet acide qui entie dans la composition du benjoin avec l'huile volatile et la résine et qui lui donne une odeur suave en niéme temps qu'une saveur aromatique un peu acidulé.

L’action de ce baume est analogue à celle des autres balsamiques, mais plus irritante. Aussi le prescrit-on rarement à l’intérieur dans les catarrhes du larynx et des bronches, et encore faut-il qu’ils soient purement chroniques, .sans qu'il existe la moindre contre-indication soit du coté de l’estomac, soit du côté des organes pulmonaires. La préparation la meilleure est le sirop qu’on fait prendre à la dose de 30 à 60 grammes par jour. La poudre prise de 1 à 2 grammes dans du pain azyme, la teinture donnée à la môme dose dans une potion sont loin d’avoir la même valeur thérapeutique.

Mais si la poudre et la teinture sont rarement employées à l'intérieur^ on s’en sert un peu plus souvent pour l'usage externe. Ainsi le benjoin pulvérisé projeté sur des charbons ardents dégage des vapeurs d’acide benzo'ique trop irritantes en inhalations contre les catarrhes broncho-laryngés, tandis que cette vapeur dirigée par un appareil particulier et reçue sur un morceau de flanelle est très utile en frictions dans les douleurs J-luunatisniales, névral-

giques et autres. La teinture alcoolique de benjoin est également très efficace contre les gerçures du mamelon ; elle est préférable au cérat de cacao en ce que, étendue avec un pinceau sur les points crevassés, elle forme une sorte d’enduit isolant capable de produire une cicatrisation rapide. En effet, cette préparation appliquée sur le sein toutes les fois que l’enfant a tête amène la guérison au bout de quelques jours ; elle cause une légère cuisson en attendant que le liquide se sèche ; puis sans essuyer on fait tèter l’enfant et l’on applique une nouvelle couche jusqu’à guérison complète. Trousseau s’est bien trouvé d'injections faites avec la teinture de benjoin pure ou coupée d’eau par moitié dans les otorrhées purulentes survenant chez les enfants qui avaient été atteints de fièvres éruptives. Enfin, la teintui’e de benjoin, versée goutte à goutte dans l’eau pure, forme un liquide blanc opaque nommé lait ^irginal, très employé comme cosmétique par les dames élégantes. Le benjoin entre dans l'huile balsamique, les cigarettes de benjoin, le baume du Commandeur, les clous fumants, l’encens d'église et plusieui’s parfums. D' Marc Camboulives.

BENOITÉ. — La benoîte, vulgairement appelée herbe de Saint-Benoît, herbe bénite, gariot, grippe, est une plante herbacée de la famille des rosacées, de 50 à 60 centimèti’es de hauteur, à fleurs jaunes terminales, s’épanouissant en juin et juillet, qu’on rencontre un peu partout, en France, dans les lieux ombragés et humides, dans les bois et sur leur lisière, le long des haies et des murs. Sa racine, grosse comme un crayon ordinaire, de couleur brune, d’une saveur astringente et amère due à l’huile essentielle et au tannin qu’elle renferme, exhalant une odeur de girofle très marquée, est seule utilisée en médecine. On l’emploie, sous forme de poudre, comme stomachique et stimulante des fonctions nutritives, comme astringente dans la diarrhée et la dyssenterie, et en décoctions pour faire des injections vaginales astringentes. Certains médecins allemands ont voulu attribuer à la racine de benoîte une action fébrifuge supérieure à celle du quinquina, mais l’expérience a complètement démenti leurs assortions. D' Paul l.abarthe.

BENZINE. — On donne ce nom, en chimie, à une substance obtenue pour la première fois en 1825, par Faraday, parla distillation de la houille et des schistes bitumineux, et fabriquée en grand dans l’industrie, d'après les travaux de Pelouze, en 1855. C’est un liquide très mobile, limpide et incolore, d’une odeur particulière forte et pénétrante, fort peu soluble dans l’eau, très soluble dans l’éther et l’alcool, se solidifiant par le froid, très inflammable à toutes les températures, brûlant avec une flamme très éclairante lorsqu’on le mélange à deux volumes d’alcool à 90° (il constitue alors ce qu’on appelle le naz liquide ou gazogène).

La benzine jouit de la propriété de dissoudre facilement les résines, les essences, la cire, les matières grasses fixes (ce qui lui a valu un si grand succès dans l’industrie du dégraissage des étoffes), la quinine, la cantharidine, l’Iode, le soufre et le phosphore.

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La benzine a reçu quelques applications thérapeutiques. lille constitue un parasiticide excellent, et d’après les expériences du professeur Reynal, de l’école vétérinaire d’.\lfort, elle agit mieux sur les parasites des animaux que l’onguent mercuriel et l’essence de térébcntliine. Le docteur Lambert, de Poissy, a guéri des individus galeux depuis des mois entiers, avec deux ou trois frictions de pommade à la benzine, d’après la formule suivante :

Henzinc 30 grammes.

Axonge 12.3 grammes.

suivies d'un bain terminal. Son efficacité est aussi très remarquable contre les pediculi pubis.

Les professeurs Notlmagel et Rossbach ont administré avec succès la benzine à l’intérieur contre les vomissements. Quelques médecins l'ont aussi administrée en inhalations et en émulsions dans la coqueluche, mais avec des résultats variables et très inconstants. Enfin, on a essayé la benzine contre la trichinose mais sans succès, puisque malgré son administration par la bouche en capsules, et par l’anus émulsionnée en lavements, les trichines continuaient à vivre dans le tube intestinal. Rappelons pour mémoire, en terminant, qu’en 1848, le professeur Simpson, d’Edimbourg, essaya d’obtenir l’anesthésie par la benzine en inhalations, mais y renonça à cause de son infériorité marquée sur l’éther et le chloroforme.

Nitro-benzine. — Conibinée avec l’acide azotique, la benzine forme le nitro-benzine, substance huileuse, de couleur ambrée, à saveur douceâtre et à odeur d’amandes amères, peu soluble dans l’eau, soluble dans l’éther et l'alcool, très employée dans l’industrie des parfumeurs pour aromatiser les savons et les pommades, sous les noms à'es-seiice d'amandes amères artificielle et d'essence de mirbane. Le professeur Réveil l’avait jadis employée avec succès comme désinfectant ou du moins pour masquer les mauvaises odeurs. La nitro-benzine est sans usage en médecine.

Hygiène professionnelle. — Les ouvriers employés à la fabrication de la benzine et de la nitrobenzine, sont exposés à une série d’accidents qui ont été décrits au mot aniline (y. ce mot).

D'' Paul Ladabthe.

BENZOATE. — On donne ce nom en chimie aux sels qui résultent de la combinaison de l’acide benzoïque avec une base. Les plus usités en médecine sont le benzonte de lithine et le benzoale de soude (V. Lithine, Soude).

BENZOÏQUE (ACIDE). — On donne ce nom en chimie au produit actif du benjoin qui se présente sous la forme de paillettes blanches ou d’aiguilles brillantes nacrées, transparentes et incolores, d’une odeur balsamique agréable, d’uné saveur chaude, acerbe et un peu âcre, presque pas soluble dans l’eau froide, très peu soluble dans l’eau bouillante et très soluble dans l’éther, l'alcool, les essences et les huiles fixes.

m L’acide benzoïque, administré à l’intérieur, détermine dans l’arrière-gorge et l’estomac une sensation de chaleur âcre; il stimule la circulation, élève

la température et est éliminé par les reins. On le retrouve dans les urines métamorphosé en acide hippurique (V. ce mot), ainsi que l’ont constaté Wohler, Relier et Ura. D’après Garrod, l'acide benzoïque se transforme en acide hippurique en décomposant l’acide urique des urines. Ainsi, ce savant clinicien ainsi que le professeur Rouchardat ont constaté que des urines qui, par le refroidissement, laissaient déposer de l’acide urique et des urates, ne donnaient plus de dépôt après l’administration de 1 gramme d’acide benzoïque dans un litre d’eau. Aussi Garrod considère-t-il ce médicament comme un des agents les plus précieux dans la diathèse urique et l’a-t-il préconisé avec succès ainsi que le professeur Rouchardat et bon nombre de médecins contre la goutte, le rhumatisme et la gravelle urique. D’un autre côté, les urines devenant très acides sous l’influence de l’acide benzoïque, ce médicament se recommande encore dans la diathèse phosphatique. On l’emploie avec succès chez les individus dont les urines sont alcalines ou ammoniacales. Sous son influence, les urines deviendraient acides et les calculs de phosphates-ammoniaco-magnésien, les calculs de phosphate de chaux et de magnésie qui se seraient formés dans la vessie, se dissoudraient rapidement.

L’acide benzo'ïque s’administre à la dose de 50 centigrammes à 1 gramme et même 2 grammes par vingt-quatre heures, suivant les cas, soit en dissolution, soit en pilules. Nous donnons la préférence à cette dernière forme et nous avons recours habttuellemeut aux pilules benzoïques de Rocher, qui constituent, à tous les points de vue, une excellente préparation. D' Paul Labarthe.

BERBERIS. — Le berberis, vulgairement appelé épine-vinette, est un arbuste épineux de la famille des berbéridées, très commun en France, où on le rencontre dans les lieux incultes, le long des haies, au bord des chemins. Ses fruits oblongs, lisses, d’un beau rouge quand ils sont mûrs, d’une saveur acide assez agréable qui les rapproche de ceux du groseiller, servent à faire un sirop qui est rafraîchissant et diurétique , grâce à l’acide citrique et l’acide malique qu’ils renferment. De l’écorce de sa racine qui est très amère ,

M. Buchner a extrait une substance particulière, appelée bevbérine, qui cristallise en prismes soyeux aiguillés, d’une couleur jaune, d’une saveur très amère, peu soluble à froid dans l’eau et l’alcool, plus soluble dans ces liquides bouillants, insoluble dans l’éther et qu’on considéra longtemps à tort comme étant le principe actif de cet arbrisseau. Ce n’est qu’après une

Fig. 173. — Berberis.

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longue série de recherches faites sous la direction du professeur Piorry que M. Moulin est arrivé à isoler tous les principes actifs contenus seulement dans la seconde écorce de la racine. Sous le nom de Berberis- Moulin, il a préparé une liqueur qui renferme tous ces principes actifs, et avec laquelle ont été faites toutes les expériences de Piorry dans son service de la Charité en 1863 et plus tard à l’IIôtel-Dieu.

De ces nombreuses expériences et des observations publiées dans les divers journaux de médecine et, pour la plupart, communiquées à l’Académie de médecine, il résulte que le berberis possède une action manifeste sur l'atonie des organes digestils. mais jouit surtout de propriétés fébrifuges incontestables, si bien que sa principale indication est dans les fièvres intermittentes, dans les fièvres produites par le séjour prolongé dans les pays chauds et humides, bas et marécageux. Sous l’influence de deux cuillerées à soupe de berberis- Moulin, Piorry a vu la rate diminuer rapidement en quelques minutes chez les individus atteints- de fièvres intermittentes. En peu de temps les phénomènes fébriles s’apaisent, le pouls tombe, la chaleur diminue, et si le médicament a été donné au premier accès, il n’est pas rare de voir la fièvre disparaître sans retour. Il est bon, cependant, d’en prendre encore deux cuillerées pendant quelques jours. Du reste, dans certaines localités, les paysans atteints de fièvre font usage d’une décoction d’écorce de berberis pour s’en débarrasser. D'^ c. Sarran.

BERCEAU. — On appelle ainsi le lit des enfants du premier âge. La forme en est indiquée par le mot même, mais cette forme varie beaucoup suivant les pays. En France, on fait généralement usage des berceaux de treillis en osier et de ceux à tringles en fer montés sur un pied, le premier en bois, le second en métal, haut d’environ un mètre. Quelle que soit la forme du berceau, il importe qu’il ne soit pas plein, c’est-à-dire que si le pourtour est en vannerie, en bois, ou en fer, il est indispensable que des jours y soient ménagés , afin que les miasmes provenant des déjections de l’enfant ne s’y trouvent pas emprisonnés, et le berceau de fer est préférable à celui d’osier, parce qu’il préserve des punaises.

Quel que soit le berceau, sa literie reste la même : deux paillassons ou sacs de toile remplis de balle d’avoine ou de varech ou bien encore de feuilles de fougère, mais pas trop bourrés afin que l’enfant puisse y être placé assez profondément, et qu’on aura soin de faire sécher chaque fois qu’ils seront mouillés par l’urine, et de renouveler tous les mois ; une couche en toile pour recouvrir les paillassons ; un feutre dit absorbant placé par-dessus pour empêcher l’urine de pénétrer dans les paillassons, ou bien une toile imperméable destinée au même usage ; un petit oreiller demi-circulaire rempli de balle d’avoine, ou mieux de crin, de grosseur moyenne afin que l’enfant n’ait la tête ni trop basse, ni trop haute et par suite ne se trouve pas incommodé ; enfin des couvertures en laine ou en coton, suivant la saison et la température de la chambre, mais toujours très légères. Les couvertures de piqué ouaté sont préférables à l’édredon. Quant à la ques-

tion des rideaux elle est diversement jugée; certains médecins sont pour, d’autres contre. Nous croyons qu’il y a avantage pour l’enfant à avoir des rideaux à son berceau, à la condition qu’ils soient légers, en mousseline, par exemple (V. Nouveau-nés).

D' A.-L. Labarthe, père.

BERCK-SUR-MER (bains de mer de). — Berck est un petit village du Pas-de-Calais, situé à quatre kilomètres de Vorton, connu comme station de bains de mer, depuis qiie l’administration de l’Assistance publique de Paris y a fait construire un magnifique hôpital pour les enfants scrofuleux qu’elle recueillait avant dans ses hospices. Il serait à désirer, vu les résultats merveilleux obtenus, que l’Etat fit construire plusieurs établissements analogues sur différents points de nos côtes françaises. La santé publique et l’amélioration de la race y gagneraient. p. l.

BERGAMOTE. — On appelle ainsi une variété d’oranger ressemblant beaucoup à l’oranger amer, cultivée d’abord à Bergame, qui fournit une huile essentielle d’une odeur suave, très employée dans la parfumerie. Cette essence est sans usage en médecine. Cependant un certain nombre de médecins l’ont introduite, depuis quelques années, dans un Uniment dont voici la formule :

Essence de bergamote 5 grammes,

Essence de menthe S grammes.

Camphre 2 grammes.

Huile de ricin fraîche 100 grammes,

qu’ils recommandent en frictions sur le sein, deux ou trois fois par jour, aux nourrices qui veulent faire passer leur lait. p. l.

BERLUE. — On donne ce nom à une hallucination passagère ou permanente de la vue, sans que l’œil présente aucune modification apparente, qui fait que l’on croit voir des objets que l’on n’a réellement pas devant les yeux : mouches volantes, toiles d’araignée, flocons de neige, etc. Ce phénomène se produit souvent au début de l’amaurose; il est quelquefois un signe précurseur d’apoplexie, p. l.

BERTHÉ (SIROP ET PATE DE). — Le sirop et la pâte de Berthé sont deux préparations pharmaceutiques à la codéine pure. Ce qui a poussé ce savant pharmacien à spécialiser ces deux produits qui portent son nom, ce sont les fréquentes sophistications de la codéine, à laquelle certains industriels peu scrupuleux substituent des doses plus ou moins variables de chlorhydrate de morphine, ainsi que cela résulte d’un rapport authentique des professeurs Réveil, Chevallier et O. Henry. Ces messieurs ont constaté, en outre, que sur 100 échantillons, dits de Codéine et vendus comme tels, soumis à leur analyse, 23 n’en contenaient pas un atome !

Or, ainsi qu’on le verra aux articles consacrés à la codéine et à la morphine, ces deux principaux dérivés de l’opium, tandis que le sommeil produit par la morphine est agité et qu’au réveil les malades ont la tête chaude, les paupières pesantes, et se plaignent d’engourdissement et d’accablement,

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